Apocalypse now

| Mercredi 25 avril 2007

Musique / À trois jours du premier tour de l'élection présidentielle, on ne sait trop si le retour de Silver Mount Zion dans une salle de concert lyonnaise (le Grnd Zero, en plus !) est un bon ou un mauvais présage... Véritables trompettes d'une apocalypse imminente, ce big band canadien pratique un rock du chaos aux relents messianiques et aux accents inquiets ; ses membres s'époumonent à scander dans des micros volontairement déréglés des rengaines désespérées. Pour leurs premiers disques (enregistrés à l'époque sous le nom de A silver mount zion), majoritairement instrumentaux, la beauté complexe des compositions, leur durée stupéfiante et hypnotique, et la puissance de leurs crescendos évoquaient du Michael Nyman sous peyotl. Dans des paysages que l'on imagine vides et désolés, cette fanfare d'un millénaire mal barré faisait pleurer violons, pianos et guitares lors de symphonies qui n'avaient pas à rougir face aux plus grandes œuvres de musique contemporaine. Ils disputaient amicalement à l'époque le titre de groupe le plus déchirant du monde à leurs homologues (et frères de luttes) Godspeed you black emperor. Depuis qu'ils ont troqué le A pour un Thee et choisi de se produire avec ce qu'ils nomment le «Tra-la-la band», leurs morceaux ressemblent aux lamentations d'une communauté hippie folk, faisant maintenant la part belle à des textes aux paroles résolument abstraites qui appellent au sursaut moral face au désastre prochain. Le 11 septembre et la guerre en Irak sont une fois de plus passés par là, et en guise de réponses aux débordements patriotiques et à la boucherie belliciste, Silver Mount Zion répond dans God bless our dead marines, «Canada, Canada, I'm not your son !». Et après ce concert, le déluge...CCThee Silver Mount Zion and tra-la-la bandÀ Grnd Zero-Vaise Jeudi 19 avril

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