La grande rencontre

Pascale Clavel | Jeudi 27 novembre 2008

William Kraft, compositeur américain de 85 ans fera le déplacement de San Francisco pour entendre Benoît Cambreling jouer son œuvre. Kraft considère d'ailleurs Cambreling comme l'un des meilleurs timbaliers au monde. Lyon peut être fier, ce percussionniste de haute volée est membre de l'Orchestre National de Lyon depuis 36 ans. Le Concerto pour timbales et orchestre de Kraft, créé une première fois en 2005, n'a pas complètement satisfait le compositeur. Il l'a donc remanié pour accoucher d'une sorte d'ovni où le percussionniste doit se prendre pour Shiva, gérant 15 timbales à lui tout seul. Malgré tout, il ne s'agit pas de performance mais bel et bien d'une œuvre rare qui rend un bel hommage à un instrument peu connu.

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Noblesse de la timbale

MUSIQUES | Rencontre / Benoît Cambreling, le génialissime timbalier de l’Orchestre National de Lyon, fera sonner en deuxième audition mondiale le Concerto pour timbales et orchestre du compositeur contemporain William Kraft. À quelques jours de la création, pression et enthousiasme se mêlent. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Jeudi 27 novembre 2008

Noblesse de la timbale

Au mieux, le grand public confond la timbale avec la cymbale ; au pire, ne voit aucune image qui puisse se rattacher de près ou de loin à cet instrument. Ce constat nous conduit à parler de l’un des plus grands timbaliers contemporains. Benoît Cambreling est en pleine répétition du concerto de Kraft. Un événement inouï pour qui sait le peu d’œuvres écrites pour la timbale. Depuis bientôt six mois, à raison de trois à six heures par jour, il se bat avec cette œuvre monumentale. Il jubile devant les quinze timbales. Pour le percussionniste, c’est une tout autre histoire. Le concerto est ardu, remarquablement difficile : «c’est du ‘note à note’, mesure par mesure, pour arriver à trouver comment je vais faire. J’avance pas à pas, c’est très long. Et puis, il faut jouer par cœur». Entré dans la dernière ligne droite avant le concert, Benoît Cambreling est concentré. Au sol, autour de lui, six timbales. Il doit effectuer des changements d’accords avec le pied, tout en comptant les mesures, en écoutant les répliques à l’orchestre, en se rappelant quel est le prochain accord… Et, comme en lévitation au-dessus de lui, neuf petites timbales accordées du do dièse au la. Benoît Cambreling avou

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