Pro-Anti

Jerôme Dittmar | Lundi 26 janvier 2009

Musique / Disturb the equilibrium : le mantra obsessionnel du groupe new-yorkais Anti-Pop Consortium n'a pas dévié d'un iota depuis sa formation en 1997 dans les entrailles brumeuses de la Grosse Pomme, là où l'on scande du spoken word et où l'on pratique un rap affranchi et aventureux. Les MC's Beans, High Priest et M.Sayyid et le beatmaker Earl Blaize — les quatre membres du groupe — ont repris en route ce que Kool Keith avait engendré en plein bouillonnement hip-hop dans les années 90 : la bannière du rap expérimental. Celle qui unit dans son lit slam alambiqué, attrait abstrait pour la production lourde, rimes hallucinogènes sinon anxiogènes, et emballement interplanétaire lorsque la fine équipe voit ses albums abrités par le mythique label électronique Warp — maison mère d'Aphex Twin, Squarepusher, Boards of Canada ou Autechre. Quelques chefs-d'oeuvre plus tard (Ends Against The Middle, Arrhytmia…), le groupe se sépare en 2002 pour divergence artistique et quelques questions d'ego mal placé. Chacun part de son côté avec plus ou moins de succès : M.Sayyid et High Priest fondent le groupe Airborn Audio, Earl Blaize sort quelques mixtape et Beans — le plus prolifique de l'équipe — trois albums solos : l'excellent Tomorrow Right Now, le passable Shock City Maverick et l'introuvable Thorns. Mais voilà : expérimental et cérébral ou pas, on n'est jamais aussi bien qu'avec ses vieux potes. En 2007, Anti-Pop Consortium renaît de ses cendres, remonte sur scène et a même dans les tuyaux l'album de la réunification : Fluorescent Black prévu dans le courant de l'année. Antoine AllègreAnti-Pop Consortium
Samedi 31 janvier aux Abattoirs (Bourgoin-Jallieu)

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Retour vers le futur

MUSIQUES | Hip-hop / Au-delà de nos espérances, Anti-Pop Consortium revient bousculer le hip-hop après sept ans d’absence. Un retour en forme de claque, assénée par le magistral Fluorescent Black. On tend l’autre joue. Stéphanie Lopez

Dorotée Aznar | Jeudi 29 octobre 2009

Retour vers le futur

Il fut un temps, au tournant du troisième millénaire, où Anti-Pop Consortium nous causait si bien du futur qu’on n’imaginait pas un futur sans Anti-Pop. Remettons le compteur de la Delorean à la fin des années 90, en cette période où la scène hip-hop est sévèrement plombée par les postures gangstas et les discours moralistes. Là, dans les souterrains du slam et en contrepoint des pointures new-yorkaises, M. Sayyid, Beans, High Priest et leur producteur Earl Blaize émergent avec un leitmotiv : «bouleverser l’équilibre». Leur premier titre, Desorientation, en dit déjà long sur leur capacité à faire sauter le hip-hop hors de ses gonds, à le propulser vers un futur aux airs de révolution. Soubresauts arythmiques, déviances digitales, surprises électroniques… Quand en 2002 sort l’iconoclaste Arrhythmia, petit chef-d’œuvre de dissections rythmiques et d’avant-garde surpersonique, il n’en faut pas plus pour faire d’Anti-Pop un groupe culte, adulé par tous ceux que les poses B-Boy et bling-bling irritent. Hélas, cette même année 2002 le futur d’APC semble soudain compromis : après avoir tourné avec Dj Shadow, le Consortium splitte au sommet de son art, bouffé par ses conflits d’egos. Six a

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