Fin de cycle

MUSIQUES | Entretien / Thierry Escaich est un compositeur qui dilate le temps, joue avec les couleurs et expose une œuvre visionnaire. Pour sa dernière saison en résidence à l’Orchestre National de Lyon, il compose un concerto pour violon et orchestre. Rencontre fascinante avec un véritable créateur. Propos recueillis par Pascale Clavel

Pascale Clavel | Jeudi 1 octobre 2009

Petit Bulletin : Pouvez-vous faire un court bilan de cette résidence de trois ans à Lyon ?
Thierry Escaich : Avoir expérimenté l'écriture vocale soliste, ce que je n'avais que fort peu fait antérieurement, fut un des points importants de mon travail. Ce furent mes "Nuits Hallucinées" pour Mezzo et orchestre. Cela me prépare pour un prochain opéra qui se dessine peu à peu. Mais aussi j'ai eu le plaisir de travailler avec un orchestre au potentiel énorme, tant techniquement que musicalement. L'énergie avec laquelle tous les instrumentistes ont défendu mon ‘Double Concerto' ou encore mon ‘Concerto pour orgue' restera une émotion très forte. Et puis ces concerts de musique de chambre où l'on a cherché ensemble - les musiciens de l'orchestre et moi-même au piano ou à l'orgue - du répertoire, où l'on a monté des programmes avec des formations souvent originales restent des moments inoubliables. Ce sera un beau souvenir musical mais aussi humain.Que dire par avance au public lyonnais de votre dernière création ? Comment s'est formée l'idée d'un concerto pour violon ?
C'est une pièce en un seul mouvement, mais où l'on entend clairement quatre épisodes : d'abord une sorte d'ouverture ample et puissante avec des basses obstinées. Puis, un épisode de scherzo plus fantasque où les motifs virevoltent dans tout l'orchestre (un peu à l'image des scherzos mendelssohniens). Suite à ces deux mouvements, un épisode plus lent où le violon se dégage un peu de l'orchestre dans une écriture plus cadentielle et méditative. Enfin, se déroule une Passacaille qui reprend les basses obstinées initiales dans une lente montée finale où tous ces motifs s'entrechoquent.Quels sont vos projets après cette résidence, comme compositeur, comme organiste ?
La résidence se poursuit encore toute la saison avec, entre autres, la reprise de ma ‘Chaconne' et plusieurs concerts de musique de chambre... Je suis par ailleurs déjà dans un projet de ballet à New York pour les 50 ans du Lincoln Center et de nombreux autres projets, y compris un opéra. Mais après cette résidence forte avec l'Orchestre National de Lyon, je reviendrai avec plaisir à l'instrument soliste ainsi qu'à l'électronique que j'aimerais développer. Je souhaite par ailleurs prendre du temps pour expérimenter d'autres formes afin d'allier le plus possible la musique et d'autres pratiques artistiques.

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L’opéra se fait justice

MUSIQUES | De tous les festivals qu’il a tricoté depuis son arrivée à la tête de l’opéra, Serge Dorny livre le plus spectaculaire, le plus visionnaire et le plus culotté : Justice/Injustice, qui réunit une création mondiale, trois œuvres contemporaines, des metteurs en scène au geste pur et des chefs faisant entendre une musique aux partis pris insensés et jubilatoires. Explications avec l'intéressé. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Lundi 25 mars 2013

L’opéra se fait justice

Le festival Justice/Injustice ne devrait-il pas s’appeler Festival Robert Badinter ?Serge Dorny : Non. J’ai une estime énorme pour Robert Badinter, je le vénère, je suis un "Badinterâtre", à la fois au niveau de l’engagement, de l’éthique, de la personne même. Mais l’opéra Claude, dont il signe le livret, est une œuvre parmi plusieurs. Quand je vois le festival, je vois quatre œuvres : Le Prisonnier de Dallapiccola et Erwartung de Schoenberg, Fidelio de Beethoven et une création mondiale, une nouvelle commande, à partir d'un texte de Victor Hugo, écrite par Robert Badinter et composée par Thierry Escaich. Bien évidemment le librettiste Badinter est une personne immense. Il a une place importante, le personnage est fascinant, intellectuellement et humainement. Sa détermination et son engagement sont exceptionnels. J’ai eu le privilège de travailler avec lui depuis quelques années et au-delà de la commande, j’ai rencontré un être à part.Comment s'est monté Claude ?C'est lors d’un dîner qu'il m’a pa

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Concerto contemporain

MUSIQUES | L’Auditorium de Lyon programme le Concerto pour clarinette de Thierry Escaich, œuvre contemporaine, fraichement écrite par un compositeur hors cadre. De l’émotion en abondance, du spirituel en ligne de fond. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Jeudi 7 février 2013

Concerto contemporain

Thierry Escaich est une figure incontournable et inclassable de la scène musicale contemporaine dont l'œuvre, savante et charnelle, profonde et joyeuse, tempétueuse et consolante, s’inscrit dans son temps. Le critique musical Gérard Condé a des propos radicaux pour définir son univers : «Sa musique est de celles, assez rares, qui parlent immédiatement. Dès lors, à quoi bon en parler ?». Une fois dit cela, on peut rappeler tout de même que sa musique est défendue à travers le monde par les plus grands solistes, de Bertrand Chamayou à Gautier Capuçon, du Quatuor Ysaÿe aux ensembles vocaux A Sei Voci ou Sequenza. Elle ressemble souvent à un dialogue interne où des voix s’entrechoquent, s’entrelacent, où le tout se mue en polyrythmies complexes et d’une grande virtuosité. A d’autres moments, le vide s’y installe comme un contrepoint urgent.   Le compositeur et le clarinettiste Thierry Escaich, le compositeur ; Paul Meyer ; le clarinettiste. De cette amitié est né le Concerto pour clarinette, comme l'aboutissement évident d'une collaboration de longue date. Par la suite, la résidence d'Escaich à l’Auditorium de Lyon a permis d’envisager la

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Claude et Robert en tête

MUSIQUES | Peut-on dire, sans tomber dans le clin d’œil historique trop appuyé, que cette deuxième partie de saison est marquée du sceau de Robert Badinter ? L’Opéra de (...)

Pascale Clavel | Dimanche 6 janvier 2013

Claude et Robert en tête

Peut-on dire, sans tomber dans le clin d’œil historique trop appuyé, que cette deuxième partie de saison est marquée du sceau de Robert Badinter ? L’Opéra de Lyon vient de réussir l’exploit le plus impressionnant de ces dernières années, en choisissant comme clef de voute du prochain Festival Justice/Injustice Claude, premier opéra du compositeur Thierry Escaich. L’ancien garde des Sceaux en a écrit le livret d’après le court roman de Victor Hugo. Lorsqu’on sait que Jérémie Rhorer est à la baguette et Olivier Py à la mise en scène, on jubile par avance. N’en oublions pas le reste de la programmation musicale lyonnaise, riche et diversifiée, savoureuse et délicatement construite autour de quelques pépites à déguster sans modération. Le Festival de musique baroque notamment, qui fête ses 30 ans et fait pour l’occasion venir Marc Minkowski, le baroqueux qui résiste le mieux au temps. Il nous livrera en avril une Messe en ut de Mozart des plus inspirées. Les Journées Grame quant à elles, s’étirent dans le temps pour que nos oreilles puissent enfin s’installer dans leur siècle. De janvier à mai, elles nous invitent

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Baisers à la française

MUSIQUES | Festival French Kiss deuxième mouture à l’Auditorium. Le directeur général Laurent Langlois y tient comme à la prunelle de ses yeux et promet un "festival qui embrasse tout le répertoire de la musique française". Pascale Clavel

Pascale Clavel | Jeudi 5 janvier 2012

Baisers à la française

Voici un Festival qui décline la musique française de tous les temps, de tous les univers, de tous les styles. Le public risque de ne pas trop savoir où il met les pieds et pour s’y retrouver, quelques pistes sont nécessaires : tout d’abord se concentrer sur un programme dense et décousu puis choisir un peu à l’aveuglette. Par prudence, nous attendrons de voir ce que la deuxième proposition va donner. Cette saison, le concept est simple et peut être vu sous la forme d’un grand patchwork où il faut aller piocher pour que de petits bijoux apparaissent de-ci, de-là. La présence du Requiem de Maurice Duruflé sur le programme suffit à elle seule pour donner envie d'y être. Cette œœuvre contemporaine aux accents grégoriens et aux mélismes envoûtants est une pure merveille d’écriture, un vrai bouleversement pour les oreilles d'une beauté musicale rare. Bernard Tétu à la direction, ses solistes au chant, Vincent Warnier à l’orgue et c’est toute une salle qui pourrait croire en Dieu durant quelques heures. Autour du Requiem de Duruflé, dans cette même soirée, ce sont des œuvres de Fauré, Caplet et Thierry Escaich qui viendront amplifier le discours quasi mystique et d’u

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Miroir, mon beau miroir

MUSIQUES | Classique / Thierry Escaich va faire de l’ombre à Fauré, Sibelius et Bizet dans la même soirée. Son Miroir d’ombres pour violon, violoncelle et orchestre éblouit tant qu’on en oublierait le reste. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Dimanche 8 juin 2008

Miroir, mon beau miroir

Le reste, parlons en. Le concert proposé deux soirs de cette semaine par l’Auditorium est de belle constitution avec deux Pelléas et Mélisande de factures très différentes. Celui de Fauré, suite pour orchestre presque immatérielle, comme une incroyable histoire en suspens, et le Pelléas de Sibelius, venu du froid, plus charnel et terriblement mélancolique. À ces œuvres rarement programmées, viennent s’ajouter de larges extraits de l’incontournable Arlésienne de Bizet. Faut-il toujours rassurer le public ? Est-il toujours nécessaire de programmer un «tube» – certes plaisant - parce que dans la même soirée ce public va entendre une œuvre contemporaine et qu’il a encore peur de son propre temps. Pourtant, avec Miroir d’ombres, Thierry Escaich a composé une œuvre à la fois ancrée dans son temps et tellement en dehors. Une œuvre bouleversante de tendresse et d’humanité. Il est bon de le signaler lorsque souvent les créations contemporaines paraissent âpres, inatteignables et incompréhensibles. Commandé à Thierry Escaich par l’Orchestre National de Lille en 2005 lors d’une résidence, Miroir d’ombres est un double concerto pour violon, violoncelle et orchestre aux teintes inquiétantes. To

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«Une approche instinctive et poétique de la création»

MUSIQUES | Portrait / Thierry Escaich, compositeur, organiste, improvisateur, poursuit sa résidence à L'Orchestre National de Lyon avec délectation et sérénité. Pascale Clavel

Dorotée Aznar | Mercredi 21 mai 2008

«Une approche instinctive et poétique de la création»

Aller à la rencontre d'un compositeur français actuel des plus inspirés est une expérience singulière. Thierry Escaich arrive des États-Unis, part en répétition dans une heure, a un concert ce soir, un autre demain et pourtant, l'homme est accueillant, prêt à nous parler de la création artistique en toute simplicité. La porte est ouverte, on entre sur la pointe des pieds, on est avec Bach, Mozart et Brahms tout à la fois, on se sent en équilibre fragile au bord de cet incroyable univers qu'est la création artistique. Thierry Escaich est un musicien boulimique d'apparence tranquille et il suffit de lire la longue liste de ses premiers prix de conservatoire pour être déjà dans un total éblouissement : harmonie, contrepoint, fugue, orgue, improvisation, analyse, composition et orchestration. Lui n'en parle pas, c'est sa force tranquille, son bagage obligé pour un compositeur aux œuvres plutôt intranquilles. On apprend par bribes, au fils d'un entretien qui rappelle ses compositions - un peu hors du temps, un peu morcelé - le temps qu'il faut pour écrire. De Bach à lui-mêmeL'œuvre de Thierry Escaich, colossale et éclectique, prend ses sources à des endroits aussi divers qu

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