Interprétation des rêves

MUSIQUES | Entretien / Renaud Capuçon, violoniste. Malgré lui peut-être, il a réussi à starifier son instrument et la musique classique tout à la fois. Interprète brillant, il se produit à Lyon en trio avec son frère, le violoncelliste Gautier Capuçon, et le pianiste turc Hüseyin Sermet au jeu élégant et suave. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Vendredi 4 décembre 2009

Petit Bulletin : Est-ce toujours une évidence de faire de la musique avec son frère ? La connivence est-elle vraiment toujours au rendez-vous ?
Renaud Capuçon : Il n'est pas forcement évident de partager la musique avec un des membres de sa famille. Pourtant, mon frère, Gautier et moi avons eu cette chance. Nous jouons ensemble depuis 1997 et je dois dire que nous avons vécu de très beaux moments musicaux. La constante entre nous, c'est cette facilité à marier nos sonorités, à mettre en commun nos univers artistiques (si différents pourtant) et à unir nos énergies. Mais ça n'est pas toujours une évidence. Il faut travailler avec acharnement, s'écouter constamment, réfléchir et se remettre sans cesse en question. Sinon, l'intérêt ne serait que de courte durée.Dans ce duo fort que vous décrivez, comment peut s'inscrire le troisième instrumentiste ? Quelle place réelle peut-il prendre ?
Souvent, lorsque nous jouons en trio, le pianiste (ou l'altiste, quand il s'agit d'un trio à cordes) doit dialoguer avec deux personnes et avec une vision personnelle, une sonorité bien à lui. Ce qui est à la fois séduisant pour un partenaire extérieur qui doit s'investir et trouver une porte d'entrée. Au fil du temps, Gautier et moi sommes tout de même de plus en plus différents. Lui est violoncelliste et mène sa propre carrière et nous nous dissocions souvent pour servir en priorité la musique. Il est vrai que nous aimons jouer ensemble avec des pianistes à la forte personnalité comme Nicholas Angelich, Frank Braley ou Martha Argerich et, pour le concert de Lyon, Husseyin Sermet.Comment avez-vous fait votre programmation pour le concert lyonnais ? Est-ce un véritable travail à trois ?
Nous avons choisi les trios de Fauré, Chostakovitch et Ravel ensemble. Pour des raisons purement de cœur... Le trio de Fauré n'est que très peu joué, et c'est bien dommage. Les deux autres sont deux chefs d'oeuvres du XXe siècle à découvrir absolument.À l'invitation de Jérôme Chabannes, vous revenez jouer à Piano à Lyon. Cette manifestation a-t-elle un charme particulier ?
Il est certain que Piano à Lyon a totalement conditionné notre venue. Cette série de concerts de haut vol qu'organise Jérôme Chabannes est devenue une importante manifestation et donne toujours envie de revenir. Je suis ravi de m'y produire pour la deuxième fois.Renaud & Gautier Capuçon, Hüseyin Sermet
À la Salle Molière, mardi 15 décembre.

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter