Suite impérieuse

Dorotée Aznar | Jeudi 21 octobre 2010

Rock / Liars fête dix ans d'embardées post-punk, no-wave et krautrock ce mois de novembre et c'est Grrrnd Zero Vaise qui aura le privilège d'allumer les bougies du trio new-yorkais, pour leur second concert lyonnais. Un retour attendu comme celui du messie après que la bande d'Angus Andrew a déjà incendié le Marché de Gros au mois de mai, en assurant pour Nuits Sonores un pur moment psychédélire, une grand-messe de bruit blanc où le chanteur sorti de ses gonds réincarnait d'un seul homme la transe épileptique de Ian Curtis et le grunge épique de Kurt Cobain. La set list faisait alors la synthèse de cette décade menée tambour battant, alternant punk-rock supersonique (The Garden Was Crowded And Outside), zones de turbulences aux foudres volcaniques, jusqu'aux ambiances anxiogènes du récent Sisterworld, un cinquième album qui quitte New York pour Los Angeles. «Cette ville donne en permanence l'impression d'être au bord de l'apocalypse, confiait récemment Angus aux "Inrocks", je n'ai jamais vécu dans un endroit plus effrayant». Si Sisterworld reflète à merveille l'envers des étoiles qui s'assombrissent sur Hollywood Boulevard, si ses mélodies dantesques sont le miroir Lynchien d'un Mulholland de cauchemar, le dernier album de Liars est aussi la B.O rêvée pour prolonger la lecture de "Suite(s) Impériale(s)". Un grand disque sombre pour un pur roman noir, même si on souhaite à Julian (le batteur) un bien meilleur sort que celui de Julian (le personnage d'Ellis) dans ce polar dévastateur.
Stéphanie LopezLIARS
À Grrrnd Zero Vaise, mardi 2 novembre

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Menteurs démonteurs

MUSIQUES | Musique / Caprices d'un calendrier bancal, la semaine passée était tellement chargée qu'on n'a même pas pu vous parler de Liars, de passage à Grrrnd Zero Vaise (...)

| Mercredi 28 novembre 2007

Menteurs démonteurs

Musique / Caprices d'un calendrier bancal, la semaine passée était tellement chargée qu'on n'a même pas pu vous parler de Liars, de passage à Grrrnd Zero Vaise dès ce mercredi (et tant pis pour ceux qui attendent le jeudi pour lire le Petit Bulletin). Le trio devrait normalement démonter le Rail Théâtre jusqu'au dernier écrou. Leur premier gros concert français, à la Cigale en novembre 2002, avait été une boucherie au cours de laquelle ils avaient mis les redoutables The Rapture minables. Mais Liars, entre punk, indus, et hip-hop east-coast, avait deux atouts majeurs : un single, Mr You're on Fire Mr, assaisonné au Plutonium et un chanteur, le gigantesque Angus, sorte de Nick Cave hypertrophié, persuadé d'être le fils naturel du Marsupilami et de Skippy le kangourou. Résultat, la Cigale, en fusion intégrale, faillit bien comme dans la fable ne pas passer l'hiver et Liars devenir le roi du retour en grâce de l'after-punk. Sauf que non, car les new-yorkais, tenants d'une conception de l'avant-garde qui meurt mais ne se rend pas, se sont souvent enferrés dans des albums nébuleux (Drum's not dead notamment) livrés sans mode d'emploi pour mieux cacher leurs honteuses dispositions à comp

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