L'oeuvre ultime

Pascale Clavel | Vendredi 14 janvier 2011

Le Requiem de Mozart reste entouré de légendes plus ou moins savoureuses et de mystères fort étonnants ; des circonstances bizarres de la commande de cette partition jusqu'à la mort du compositeur au beau milieu du Lacrimosa. Dès les premières mesures du Kyrie, c'est un véritable séisme interne qui se produit. Une pulsation lancinante ne nous quitte plus, les cors de basset étirent un phrasé qui semble hors du temps pendant que les cordes installent une puissante et hypnotique rythmique. Et voilà le génie de Mozart, du spirituel et du terriblement terrestre au même instant. Bien sûr, on connaît les tubes de l'œuvre comme l'explosif Dies Irae ou le merveilleux Lacrimosa. Des interprétations du Requiem, il en existe tant qu'on peut se demander pourquoi aller écouter celle du chef d'orchestre Ton Koopman plutôt qu'une autre. Pourtant, pour qu'une partition se réveille et se révèle, il faut des hommes comme lui, capables de faire entendre le sens du texte, la puissance spirituelle par delà un phrasé ou une harmonie. À la tête de l'Orchestre national de Lyon, Ton Koopman saura sans nul doute faire entendre la beauté totale du Hostias ou encore faire émerger les questions existentielles qui jaillissent du Recordare. Koopman, guidé par une ferveur perceptible dès les premières notes du Kyrie, offre toujours une direction généreuse, puissante, jamais mièvre. L'Orchestre national de Lyon et les Solistes de Lyon/Bernard Tétu connaissent maintenant bien ce chef baroqueux et se laissent aller à ses savoureuses interprétations. Pascale ClavelRequiem de Mozart
Direction : Ton Koopman - Solistes de Lyon-Bernard Tétu
Jeudi 20, samedi 22, et dimanche 23 janvier à l'Auditorium de Lyon.

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