À pleins tubes

Dorotée Aznar | Jeudi 21 avril 2011

Musique / Demandez à Nadine Morano ce qu'elle pense de Frank Williams & the Ghost Dance et elle vous répondra qu'elle regrette beaucoup l'époque où ce milliardaire écossais alignait les titres de champion du monde de formule 1 avec sa mythique écurie Williams-Renault (où il était alors associé avec l'auteur de Mistral Gagnant, un fou d'automobile). C'était l'époque des Nelson Monfort Piquet, des Alain Proust (qui trouvait entre deux grands prix le temps d'écrire La Recherche) ou Jacques Villeneuve (qui excella ensuite à la télévision avec son divertissement policier Le Droit de Savoir). Allez, c'est quasiment ça Nadine. Disons que Frank Williams & the Ghost Dance est effectivement du genre à démarrer au quart de tour et à enchaîner les tours de pistes (33 ou 45) à pleins tubes (mais alors pleins). Sauf qu'il s'agit d'un quatuor parisien bien rock n'roll dont l'album Temptation of Yours laisse du souffle dans les oreilles après son passage. On pense à des Pixies radoucis ou à des anti-folkeux endurcis où une voix masculine inquiète appelle son pendant féminin plus serein. Et pour ce qui est des fantômes, on en croise aussi pas mal : comme sur la seule chanson en français de l'album, Les Habitants du fleuve, étrange blues mystique sur la solitude des champs de coton... des bords de Seine. À plusieurs reprises, comme sur le finale de l'album, Sinnerman, Frank Williams ranime même celui, de fantôme, d'un précieux chamane country : le grand David Eugene Edward de Woven Hand et 16 Horsepower, qui d'ailleurs n'est pas mort. Voix profonde comme un canyon, tonalité incantatoire, rythmique à réveiller les (mauvais) esprits, tigre dans le moteur et soudain, les ombres se mettent à danser. Et Nadine Morano aussi probablement. SD

Frank Williams & the Ghost Dance
Au Toï Toï le zinc
Samedi 30 avril
«Temptation of Yours» (La Fugitive)

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