Ready To Rumble

MUSIQUES | Festival / Cette année, pas de Nuits sonores en mai, mais un nouveau festival qui se positionne sur le versant vrombissant de l’électro : basses fréquences, grime, dubstep et autres secousses qui agitent plus fréquemment les clubbers anglais. R.U ready to rumble ? Stéphanie Lopez

Dorotée Aznar | Mercredi 27 avril 2011

Parce qu'un bon verbe vaut mieux qu'un long discours, to rumble – qui signifie littéralement gronder, gargouiller – est certainement plus explicite pour le néophyte que toutes ces dénominations ultra-spés (dubwise, grime, dubstep, future garage…) qui englobent peu ou prou la même substance sous l'étiquette : à savoir le grondement sourd des basses fréquences. To rumble, donc, résonne des mêmes infrabasses que le roulement du tonnerre, charrie la même tension dans les baffles que l'électricité dans l'air. Vous voyez ces sons qui rentrent directement dans le bide, sans passer par le cerveau ? Eh bien ce sont ces vibes typiquement viscérales que l'association Totaal Rez décline cette semaine en festival. Jusqu'ici, les Lyonnais connaissaient les soirées Puzzle Rumble, Bass Rephlex et Jungle Calling, autant de rendez-vous ponctuels qui défendaient déjà la vision «ouverte et festive» de Totaal Rez sur la Bass Music. Depuis 2008, l'association s'applique de fait à créer une voie express entre Lyon et Londres, en important dans nos clubs ce grondement endémique des dancefloors britanniques. L(y)ondon Connexion
«Le berceau de la bass music est en Angleterre et les Français la vivent à leur manière, résume Julien Bouvier, le programmateur du Rumble. Nous tenons donc à offrir au public un aperçu aussi large que possible de cette musique. Il s'agit de montrer aux gens que la bass culture ne se limite pas au dubstep et à la drum'n'bass, en proposant une vue d'ensemble, historique, des premiers sound systems jusqu'aux producteurs les plus pointus du moment.» Une approche pédagogique, donc, pour le premier festival français qui ose décliner sur trois soirs ce que l'Angleterre vit chaque week-end depuis les débuts de Prodigy. À un mois de Nuits sonores, le Rumble se risque ainsi sur une affiche complémentaire, en proposant tout un pan d'électro rugissante (Ruckspin, MJ Cole, Dj Hype, Mala, Buraka Som Sistema…) que l'équipe d'Arty Farty ne programme pas – ou peu. «Je ne pense pas que le Rumble soit en concurrence avec Nuits sonores, poursuit Julien. Nos programmations se recoupent par certains côtés, mais je ne crois pas que l'une fasse de l'ombre à l'autre. (…) Et puis avec deux festivals comme ça, le reste de la France doit nous envier !» C'est sûr, cette année, le printemps est un peu chaud de l'électro à Lyon, et la petite Flore qui se sentait souvent seule sur la scène locale doit être ravie de voir éclore tout un crumble de basses, de La Marquise au Transbordeur. Reste à souhaiter au Rumble «to rumble on», c'est-à-dire, littéralement : continuer à faire parler beaucoup de monde… Et pour longtemps.

RUMBLE FESTIVAL
À La Marquise, jeudi 5 mai
Au Transbordeur, vendredi 6 et samedi 7 mai

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