Little Big Man

Stéphane Duchêne | Vendredi 20 mai 2011

Musique / Actuellement, l'homme le plus grand du monde est, officiellement, Sultan Kosen, 2, 47m. On n'est pas certain que Kristian Matsson, 28 ans, petit suédois à la bouille de panda roux, atteigne 1, 70m. Ce qui le place à peu près à équidistance de l'homme le plus grand du monde et du plus petit. Mais allez donc prendre comme nom d'artiste «L'homme à la taille la plus moyenne du monde». Ça fait tarte. Alors Matsson a choisi d'assumer : il serait The Tallest Man on Earth, ce que quiconque aura accès à sa musique, ne cherchera pas à lui contester. Mais c'est vers un autre grand homme que les comparaisons le portent depuis ses débuts : Bob Dylan lui-même. Matsson le Suédois a développé comme le chanteur de Duluth (Minnesota) un truc probablement provoqué par la rudesse des hivers nordiques  : une voix nasillarde et un timbre nourri à la sciure qui permettent à ses chansons d'arracher le cœur tout en frottant les oreilles (comme on le faisait en hiver aux potes qui n'avaient pas de bonnet). Musicalement, c'est davantage le Dylan des débuts auquel on pense, ne serait-ce que par le dépouillement des arrangements et la simplicité (apparente) des chansons. Mais Matsson y met une telle vista, parfois teintée d'espagnolades (comme sur le fantastique King of Spain, sur son dernier album en date The Wild Hunt), qu'on oublie rapidement l'ombre imposante du grand Bob. The Tallest Man a cette capacité à vous emporter sur ses arpèges à la vitesse de la lumière et à vous y faire voyager comme les oies de Nils Holgersson. A vous faire visiter à la fois la Suède mais aussi l'Americana qui irrigue son œuvre, comme nombre de folkeux suédois. Et même à vous tirer des larmes avec un morceau enlevé. Un homme, une guitare, une voix. Il n'est parfois point besoin de plus. Et c'est ainsi que The Tallest Man on Earth est grand. Stéphane DuchêneThe Tallest Man on Earth + Francis
A l'Epicerie Moderne Dimanche 29 mai

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Pourquoi la Suède ignore-t-elle Jay-Jay Johanson ?

MUSIQUES | Avant le concert du Suédois au Transbordeur, on pose cette question capitale.

Stéphane Duchêne | Mercredi 7 octobre 2015

Pourquoi la Suède ignore-t-elle Jay-Jay Johanson ?

The Hives ; Loney, Dear ; I'm from Barcelona ; Jose Gonzales ; The Knife ; Peter Björn and John ; The Tallest Man on Earth ; Peter Von Poehl ; Frida Hÿvonen ; The International Noise Conspiracy... Même en ne s'en tenant qu'aux artistes déjà cités dans ce journal (on en oublie sûrement et on vous épargne les mastodontes passés et présents toutes disciplines confondues – ABBA, Roxette, Ace of Base, Don et Neneh Cherry, Robyn, EST...), les Suédois sont aussi présents dans nos oreilles que les Anglo-Saxons. D'ailleurs c'est simple, la Suède est le troisième exportateur de musique au monde. Et c'est à Stockholm que l'on compte le plus de studios d'enregistrement par habitant, abritant une armée de faiseurs de tubes pop que les plus grandes stars US s'arrachent pour transformer une mélodie en son de tiroir-caisse. Sauf qu'à vivre et produire dans un pays d'exportation, on en vient à n'être pas soi-même importé. Tel un Patrick Devedjian victime collatérale de l'« ouverture » sarkozyste, Jay-Jay Johanson, qui connut ses premiers succès en France (au point d'y vivre un temps, à Strasbourg, et de constater qu'on ne s'y ennuyait pas assez pour écrire) et a toujours enre

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