Just rock & folk

MUSIQUES | Musique / Débuts en douceur pour la cinquième édition du festival Just Rock ? sous la forme d'un savoureux parcours folk en guise d'amuse-gueule. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 7 octobre 2011

Pour sa cinquième édition, Just Rock ? a décidé de resserrer les rangs. Là où les éditions précédentes étaient plus éparses, cette année, le festival lyonnais ne s'étendra plus que sur les deux dernières semaines d'octobre, histoire de maintenir l'attention du public. Mieux, il débute par là où il s'était achevé l'an dernier, à savoir le parcours folk. Un événement qui tient particulièrement à cœur aux organisateurs et qui pour le coup visite, au gré d'une déambulation sur le thème du folk, des lieux qui ont l'originalité de sortir du cadre de la musique. La chose se tient le 15 octobre dans le 1er arrondissement et on pourra une après-midi durant aller d'un appartement lyonnais à la Mairie du 1er, en passant par le Passage Thiaffait sur les pentes de la Croix-Rousse. Et assister ainsi dans ces lieux inhabituels aux prestations de toute une pléiade d'artistes folk au sens très large. Qu'il s'agisse du poupon Clermontois bien implanté Zak Laughed (Mairie du 1er arrondissement, 13h30) ou de son homologue Ronan Siri, pour l'instant moins connu mais dont le talent d'auteur-compositeur n'attend plus qu'un album pour exploser pour de bon.

Demi-folk

Dans le genre antagoniste, on notera la présence de gens aussi différents que la lituanienne Alina Orlova dont la musique dépasse d'assez loin le concept de folk tel qu'entendu au sens traditionnel (Grand Salon de l'Hôtel de Ville à 21h, avec Ronan Siri, à confirmer à l'heure où l'on écrit ces lignes) et le groupe Fake Oddity (Condition des Soies, 14h30). Sur leur album à venir, les Lyonnais, tenants jusque-là d'un rock 70's habité, ont en effet opéré un virage stylistique qui lorgne davantage vers l'acoustique folk. À découvrir également au gré de cette ballade, qui risque fort de se transformer en course de demi-fond (de demi-folk ?) si l'on souhaite tout voir, Tachka (4 rue Grognard, en appartement, 16h), Greenshape (Passage Thiaffait, 17h30), et Marie Flore (Friperie «Chez les Morues», 18h30). Passée cette entrée en matière, le festival se poursuivra le lendemain avec le concert de Fredrika Stahl et le retour sur scène, avant un nouvel album, du plus Lyonnais des crooners indiens, Slow Joe & the Ginger Incident. Puis le 19 par une soirée nettement plus rock mettant en scène les «Noir Désir québécois» de Karkwa et les Bordelais de Mars Red Sky.


Just Rock ?
Parcours folk, samedi 15 octobre.
Fredrika Stahl + Slow Joe & The Ginger Incident, au Kao, dimanche 16 octobre.
Karkwa + Mars Red Sky, au Sirius, mercredi 19 octobre.

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Les chansons de Ronan

MUSIQUES | Ronan Siri a des airs d'adolescent mais une voix qui fait largement plus que son âge. A vingt-quatre ans, le jeune Lyonnais a déjà pas mal de bouteille. (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 10 juin 2014

Les chansons de Ronan

Ronan Siri a des airs d'adolescent mais une voix qui fait largement plus que son âge. A vingt-quatre ans, le jeune Lyonnais a déjà pas mal de bouteille. Ce qui ne l'empêche pas, au prétexte que vous l'avez interviewé une fois à ses débuts, de vous envoyer de temps en temps l'une de ses nouvelles chansons pour avis, ou de quémander quelques conseils d'écoute pour étoffer ses références.  Découvert par Benjamin Biolay, qui l'a immédiatement invité à ouvrir pour lui lors d'un concert caladois en 2011, Ronan Siri a fait parler de lui avant même d'avoir enregistré le moindre disque. Ce qu'il a fini par faire avec très bel EP To Be Twin Sides, un coup d'essai qui, pour les amateurs de folk léché façon Ray LaMontagne/Vandaveer, est un petit coup de maître en matière de songwriting.     Il fau

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The Delano Orchestra

MUSIQUES | EITSOYAM (Kütü Folk/Differ-ant)

Stéphane Duchêne | Lundi 4 février 2013

The Delano Orchestra

A sa manière, le label Clermontois Kütü Folk a toujours été l'équivalent français de son collègue canadien Constellation. Au sens où chez l'un, Kütü, comme chez l'autre, Constellation – qui ajoute une dimension résolument politique à sa raison d'être –, l'on ne voit la pratique musicale et tout ce qui l'entoure que comme un artisanat. Ce qui, outre la découverte de quelques talents bien salés, a longtemps valu à Kütü Folk, d'être le label-où-l'on-coud-ses-pochettes-à-la-main – un usage de l'aiguille alors bien peu répandu dans l'univers du rock. Xxx De ce collectif devenu label qui abrite aujourd'hui joyaux locaux (St Augustine, également membre fondateur, Zak Laughed) aussi bien qu'« estrangers » (Hospital Ships, SoSo), The Delano Orchestra tire depuis toujours plus ou moins les ficelles. Longtemps celles-ci son restées résolument folk. Mais comme le label, TDO a opéré avec l'énigmatique EITSOYAM une mue esthétique aussi impressionnante que légèrement entrevue sur leur précédent disque Will anyone else leave me. Dans une atmosphère amniotique et une lumière de nuit américaine qui vire au crépuscule islandais avorté –

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Summertime

MUSIQUES | «Voilà l'été, voilà l'été, voilà l'été-é-é», chantaient les Négresses Vertes. Certes, mais une fois qu'on a dit ça, comment étancher sa soif de musique estivale quand justement on n'a ni l'intention de chanter tout l'été, ni l'intention de quitter la région lyonnaise. Éléments de réponse. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 13 juillet 2012

Summertime

Chaque année, l'Onisep publie un ouvrage intitulé «Que faire sans le bac ?». C'est un peu la même vaste question qui se pose l'été venu : «Que faire l'été quand, rapport à l'augmentation de la recrudescence, à la crise, ou tout simplement du fait de l'absence de vacances, on est coincé à Lyon tel le renard dans un piège de braconnier ?». Se ronger la patte n'étant pas la solution – ce sont des choses qu'on regrette vite dès lors qu'on doit courir derrière un bus, rare en été –, l'amateur de musique aura quand même le loisir, s'il se remonte les manches, de se mettre quelques concerts sous les esgourdes. Pour cela, il peut commencer par remercier les Nuits de Fourvière qui ne remballent pas le matos avant la fin du mois de juillet. Et ô miracle, la plupart des concerts restant ne sont pas (encore) complets – exception faite de l'Éclat Final avec Brigitte et Arthur H et du hobo Charlie Winston. Summer session Voilà donc qu'il reste au programme de quoi bien combler sa fin de mois de juillet avec les bluesmen touaregs de Tinariwen (23 juillet), l'un des meilleurs groupes du monde – et on ne plaisante pas – ; l'ex-ministre de la Cu

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French Oddity

MUSIQUES | Il existe en Turquie – la patrie d'origine de Faik Sardag, chanteur de Fake Oddity – des bassins d'eaux thermales où l'on se plonge au contact de (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 23 mars 2012

French Oddity

Il existe en Turquie – la patrie d'origine de Faik Sardag, chanteur de Fake Oddity – des bassins d'eaux thermales où l'on se plonge au contact de poissons-guérisseurs dans le but de régénérer sa peau. Ou, autrement dit, pour en changer. On ne sait si lors de ses tournées au pays d’Atatürk, Fake Oddity en a profité pour aller se plonger dans les bassins de Kangal. Toujours est-il que, quatre ans après RunFast, le groupe en est ressorti comme doté d'une nouvelle peau. Oserait-on dire méconnaissable ? Sans doute pas. On reconnaîtrait entre mille la patte rythmique du quartet et entre millions, la voix élastique de son charismatique frontman. Pour le reste, Fake Oddity a effectivement fait peau neuve, s'est fait une (French) Beauté. Des précédents Pinkstrasse et RunFast, il reste une énergie inaltérable, mais pas grand-chose de ce rock aux influences très doorsiennes, de ces élans progressifs qui corsetaient parfois la créativité du groupe davantage qu'ils ne l

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Young folk

MUSIQUES | Coqueluche lyonnaise depuis près de deux ans, Ronan Siri sort enfin son premier disque, "To be twin sides", un EP 6 titres qui témoigne de la belle évolution musicale de ce musicien autodidacte et annonce le meilleur pour l'album à venir. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 20 janvier 2012

Young folk

Il y a quelques jours, Ronan Siri a posté sur le net une reprise d'Heart of gold de Neil Young. Un événement considérable quand on songe qu'il y a encore quelques temps, on moquait gentiment lors d'une discussion informelle le jeune musicien lyonnais, fan de Bon Iver ou Ray Lamontagne, qui avouait mal connaître ses classiques, dont Neil Young. La preuve s'il en fallait une que sa trajectoire de météorite n'a pas empiété sur l'évolution musicale du bonhomme. Tout commence avec l'envoi d'un morceau pour un concours musical comme il y en a des centaines, sauf que le prix est un peu particulier : «Ma maquette a été sélectionnée parmi 80 autres et j'ai gagné le droit de faire la première partie de Benjamin Biolay.». La fée Biolay flaire le talent et le prend alors sous son aile mais sans l'étouffer, sans même qu'une éventuelle collaboration ne soit envisagée comme c'est souvent le cas avec ce compositeur-producteur : «Benjamin", argumente Stéphane Thien, directeur artistique de BeMyEvents, éditeur et ange gardien du jeune musicien, "est conscient que Ronan a suffisamment de talent pour voler de ses propres ailes. Il sent un potentiel musical tel qu'il

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Deus in machina

MUSIQUES | Festival / Deuxième semaine et les choses sérieuses commencent pour le festival Just Rock ? qui dégaine les têtes d'affiche en sortant de son chapeau une poignée de revenants, parmi lesquels les Belges de Deus. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 14 octobre 2011

Deus in machina

Pour cette cinquième édition, le désormais bien installé festival lyonnais nous rejoue le mythe du retour. D'abord l'éternel retour en la personne de Nina Hagen ; non qu'elle soit jamais vraiment partie ou sortie de notre mémoire, juste que plus grand monde ne s'intéressait à son travail et à ses grimaces. Trop touche-à-tout (et trop maquillée) pour que l'on puisse lui attribuer une œuvre qui dise quoi que ce soit à quiconque, hormis un art consommé (périmé ?) de la provocation. Nina sera, comme nous le disions dans notre panorama de rentrée il y a quelques semaines, en tant qu'authentique allumée, la caution culte du festival. D'un point de vue plus strictement lyonnais et puisqu'il faut bien défendre un peu la boutique, on sait d'ailleurs gré aux organisateurs (et au Transbordeur) de renouer avec cette antique tradition, un temps devenue caduque, de faire jouer des locaux en première partie de stars internationales (ici Taïni & StroNgs pour leur première grande scène). On passera, pour mieux ne pas y revenir, sur la catégorie du retour plus anecdotique avec Stupeflip (la semaine prochaine) qui nous a bien fait rire à une époque, mais depuis que nous non plus "on fume pu d'

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Les chansons de Ronan

MUSIQUES | Musique / Depuis que la musique folk n'est plus une musique de vieux accrochés à leur colline, c'est peu dire qu'il est devenu une musique de jeunes à part (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 7 janvier 2011

Les chansons de Ronan

Musique / Depuis que la musique folk n'est plus une musique de vieux accrochés à leur colline, c'est peu dire qu'il est devenu une musique de jeunes à part entière, chée-bran, «cablée» même comme disait le très bath Frankie Mitterrand. Bref, un laboratoire de recherche et développement pop, planqué ici dans un grenier à foin, là dans une chambre de bonne. De là, surgissent des talents qui arpègent jusqu'à trouver la note juste et s'échinent à accoucher de mélodies qui les mèneront jusqu'au ciel, fusse à dos de baleine en mousse, comme dans le dernier disque de Cocoon, ou dans les tréfonds de l'âme humaine emportée par une avalanche de tourments existentiels comme l'Américain Bon Iver. Un de ces spécimens sévit à Lyon depuis quelques temps, que certains auront pu remarquer en première partie de Benjamin Biolay lors de son récent retour en terre caladoise, ou de Hey Hey My My à Just Rock ?. Il a pour nom Ronan Siri, porte la chemise à carreaux de rigueur et le joli minois ténébreux de ceux qui voudraient paraître moins évidemment lumineux (raté). Et surtout, il n'oublie pas de composer (et d'arranger finement) de splendides petits morceaux folk. Du genre qui sautillent entre les roch

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Festival Nouvelles voix

MUSIQUES | À l'heure du Beaujolais nouveau, Villefranche, Gleizé, Limas et Arnas, villes du célèbre vignoble, font place aux "nouveaux venus" de la chanson française. (...)

Nadja Pobel | Lundi 15 novembre 2010

Festival Nouvelles voix

À l'heure du Beaujolais nouveau, Villefranche, Gleizé, Limas et Arnas, villes du célèbre vignoble, font place aux "nouveaux venus" de la chanson française. Avec notamment la lauréate du prix Constantin décerné la semaine dernière : Hindi Zara. La chanteuse folk partagera le plateau du théâtre de Villefranche jeudi 18 novembre avec Alina Orlova dont on vous chantait les louanges récemment et le Versaillais Arnaud Fleurent-Didier, auteur de la très habile et chanson pour trentenaires, "France Culture". Le vendredi soir se fait plus pop rock avec Revolver et I come from pop. Et le lendemain, la bonne surprise du printemps dernier, Camelia Jordana viendra prouver que l'on n'est pas obligé d'être mièvre à 18 ans. Enfin, côté concerts gratuits, ne pas manquez les douces boucles (musicales) de songwriteuse stéphanoise Raymonde Howard (vendredi 19 au bar du Théâtre de Villefranche à 19h). NP

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Complètement à l'Est

MUSIQUES | Musique / On vous a déjà présenté à plusieurs reprises l'excellente Scout Niblett, dont chaque lecteur du Petit Bulletin possède déjà tous les disques et un (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 5 novembre 2010

Complètement à l'Est

Musique / On vous a déjà présenté à plusieurs reprises l'excellente Scout Niblett, dont chaque lecteur du Petit Bulletin possède déjà tous les disques et un poster dans ses toilettes. Intéressons-nous donc à sa cothurne d'un soir à l'Epicerie Moderne, qui mérite pas moins d'égards. Alina Orlova, puisque c'est d'elle qu'il s'agit, est une fille de l'Est comme Patricia Kaas mais en mieux, et en réalité beaucoup plus à l'Est. Car Alina Orlova, 22 ans, est lituanienne, ce qui fait d'elle une double anomalie : d'abord dans un paysage rock archidominé par la veine anglo-saxonne, ensuite dans un pays, la Lituanie donc, où le seul moyen de se faire connaître à l'international (et encore pas tant que ça) est de jouer au basket. C'est dire si Alina Orlova est un ovni. Plus que cela même, elle est, à l'image de quelques consoeurs (Joanna Newsom, Fryda Hÿvonen...) un freak musical. Peut-être parce qu'elle a grandi au pied d'une centrale nucléaire dont l'UE a fini par obtenir la fermeture. Mais surtout parce que sa musique, elle, vient de nulle part. Un peu pour s'occuper, la belle rousse s'est très tôt mise au piano pour accoucher de chansons mutantes, aux formes étranges, empreintes de cabare

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Soirée Let’s Build The Bridge

MUSIQUES | Le temps de deux soirées au Sirius (l’une ce 18 février, l’autre très exactement un mois plus tard) Mediatone a choisi de bâtir un pont entre Lyon et (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 11 février 2010

Soirée 
Let’s Build The Bridge

Le temps de deux soirées au Sirius (l’une ce 18 février, l’autre très exactement un mois plus tard) Mediatone a choisi de bâtir un pont entre Lyon et Istanbul. Un pont musical évidemment symbolisé par leurs poulains turco-lyonnais Fake Oddity et matérialisé par un «affrontement» musical entre groupes français et stambouliotes. Une idée nourrie tout autant par les attaches du chanteur Faik à Istanbul que par la Saison de la Turquie en France, qui s’achève en mars. L’occasion pour Fake Oddity de se produire, lors de ce premier concert, en acoustique et en turc pour mieux mettre à l’aise ses pairs stambouliotes DDR et Dinar Bandosu. SD

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Le Kid

MUSIQUES | Portrait / Zak Laughed, musicien. Du haut de ses 15 ans, ce fer de lance d’une scène clermontoise qui rêve d’Amérique, fait sensation avec son album, «The Last Memories Of My Old House». Il vient le défendre sur la scène de l’Epicerie Moderne. Comme un grand. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 29 janvier 2010

Le Kid

On pourrait appeler ça l’«Auvergnamericana». Une aspiration à perpétuer les mythes américains et ses véhicules artistiques, avec les Monts d’Auvergne et les scènes clermontoises en lieu et place des Appalaches et des bouges d’Alabama. Des bougnats pur chou en guise de rednecks. Qu’ils se nomment Cocoon, Mustang, St Augustine ou Delano Orchestra, tous exploitent à leur manière un bout du filon de cette ruée vers l’or musicale qu’ils ont initiée. Pur produit de cette jeunesse tombée du berceau sur une pile de vinyles parentaux répertoriant les pères fondateurs de l’Americana, Zacharie Boisseau alias Zak Laughed (comme «Zach-a-ri»), 15 ans, bouille de skater sorti de chez Gus Van Sant et voix de jeune Michael Jackson blanc, période «My Girl», en moins vibratile. À ranger paresseusement parmi les baby-rockers, donc. Mais le rock n’est pas qu’une affaire de classe d’âge et c’est davantage aux côtés d’anciens jeunes prodiges, aujourd’hui trentenaires, que s’inscrit Zak Laughed : l’Australien Ben Lee et le New-yorkais Adam Green, jadis précoces experts en comptines débraillées. Comme eux, Zak, sur scène à 12 ans, a commencé l’artisanat à peine la dizaine franchie, épluchant les chansons d

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ENFANTS DU ROCK

MUSIQUES | Chaque édition du festival Just Rock ? nous réserve son lot de découvertes et révélations. La preuve en cette troisième édition avec le New-Yorkais Fredo Viola, vendange tardive de talent pur révélé par ‘The Turn’, où sa voix fait des merveilles. Focus de rigueur. Stéphane Duchêne

Dorotée Aznar | Vendredi 16 octobre 2009

ENFANTS DU ROCK

Dans un monde de plus en plus peuplé de Zak Laughed, de Coming Soon, de Sliimy, bref d’ados chantants et de trop jeunes génies, Fredo Viola est une anomalie. Révélation de l’année 2009 avec ‘The Turn’, qui marque sans aucun doute un tournant aussi bien dans la manière d’envisager la pop que dans la vie de son auteur, ce New-Yorkais né à Londres est à un souffle de ses quarante ans. D’exemples d’éclosions si tardives, il n’y a guère. Même Leonard Cohen était plus jeune. Et pourtant à l’âge d’un Zak Laughed, à celui où Sliimy chantait pour ses peluches à Saint-Étienne, Fredo Viola était déjà chanteur. Dans un chœur classique de garçons, façon «Les Choristes à New York». De cette expérience, Fredo a gardé de mauvais souvenirs et aussi une capacité de maîtrise absolue de sa voix. Mais bien plus que la chorale, c’est la découverte, peu de temps après, de l’hindouisme et de ses chants rituels qui lui a donné le virus du chant : «L’hindouisme a eu une grande influence sur moi. J’aimais beaucoup psalmodier jusqu’à la transe, quand on se perd soi-même dans les voix. Ça ne m’a jamais quitté». À l’écoute de ‘The Turn’, album très vocal, fait de boucles psalmodiques et d’harmonies en arpège, c

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«Une volonté d’ouverture»

MUSIQUES | Entretien / Eric Fillion, directeur de Mediatone, co-organisateur du festival Just Rock ? avec Birdy Birdy Partners. Propos recueillis par Stéphane Duchêne

Dorotée Aznar | Vendredi 16 octobre 2009

«Une volonté d’ouverture»

Petit Bulletin : C’est la troisième édition de Just Rock… Quelle était au départ l’idée de ce festival ?Eric Fillion : Donner une vraie place à la musique rock, pop et folk, connue sous le terme «indie»… Un peu comme le fait le festival des Inrocks un peu partout en France, sauf à Lyon ! Avec dès le départ, cette volonté de déborder, d’imaginer des plateaux avec des formations parfois assez différentes. Cette année particulièrement il y a eu une volonté d’ouverture avec des projets hybrides comme le folk électro de Sébastien Schuller, du hip-hop (Zone Libre vs Casey & B. James) ou du blues touareg (Tinariwen). On ne voit pas tous les jours une troupe de touaregs maliens drapés dans des habits traditionnels et faisant sonner des guitares électriques… Beaucoup de festivals rock lyonnais ont été des one-shot… Pensez-vous être parvenus à faire du festival un événement incontournable et pérenne ?On le souhaite, mais un événement n’est jamais pérenne à priori, sauf s’il est pris en charge en grande partie par les collectivités publiques, ce qui est loin d’être le cas du Just Rock ?. Cette troisième édition me semble bien aller dans le sens de cette ambition

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Le Guide du Just(e) Rock

MUSIQUES | Ghinzu (21 oct. au Transbordeur) : rock belge. Parce que le rock belge est une référence et que Ghinzu est LA référence actuelle du rock belge. La preuve, (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 16 octobre 2009

Le Guide du Just(e) Rock

Ghinzu (21 oct. au Transbordeur) : rock belge. Parce que le rock belge est une référence et que Ghinzu est LA référence actuelle du rock belge. La preuve, c’est complet. Vandaveer (24 oct. au Kao) : country-folk. Parce que discrètement, ce jeune Américain est en train de se faire une place parmi les meilleurs songwriters folk du moment. Patrick Watson (4 nov. à l’Epicerie Moderne) : pop canadienne. Parce que ce gars-là donne des ailes à sa musique et qu’avec Fredo Viola le même soir, ça risque de voler haut. Soirée Honey Pie Records (5 nov. Au CCO) : rock. Parce que ce tout jeune label lyonnais s’y entend pour dénicher des jeunes groupes lyonnais (Pm’s Better, Welling Walrus) ou pas (The Dodoz). Tinariwen (15 nov. au Transbordeur) : blues touareg. Parce que, franchement, qui est mieux placé que les «Hommes bleus» pour avoir le blues et le chanter. Anthony Joseph (15 nov. au Transbordeur) : jazz, soul, blues, funk. Parce que voir un habitué des festivals de jazz dans un festival de rock, on ne voit pas pourquoi il faudrait s’en priver.

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Épisode 2

MUSIQUES | Festival / Les hostilités ouvertes en douceur par Emily Jane White, le gros de la troupe Just Rock ? peut envahir les scènes lyonnaises cette semaine. Un emploi du temps dégagé en soirée est conseillé durant toute la semaine. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 31 octobre 2008

Épisode 2

La grosse tête d’affiche de la semaine reste sans conteste les vantés (et ventés) Canadiens de Thee Silver Mt. Zion. Guère besoin de les présenter à Lyon, où ils se produisent quasiment deux fois par an, si ce n’est pour dire une fois de plus qu’il faut avoir vu ça au moins une fois dans sa vie. On pourra sûrement bientôt en dire autant du groupe qui ouvrira pour eux : A Place to Bury Strangers, découverte Just Rock ? aussi bluffante que terrifiante. En dépit des tentatives de quelque Patrick Bateman H&Misés à guitares (Interpol), on n’avait rien entendu d’aussi glaçant depuis Joy Division et Jesus & Mary Chain. Fils cachés des deux totems précités et du Cure époque mort-vivant, A Place to Bury Strangers réussit ce prodige souvent recherché et rarement réalisé de (ré)concilier brutalité sourde et sophistication. Rien à voir a priori avec le menu du lendemain orienté chanson folk avec Bensé, Jill is Lucky et Claire Denamur. De cela, on retiendra surtout Jill is Lucky, apôtre frais et modeste de Jonathan Richman avec qui il partage le goût des tubes tordus et efficaces (là où Claire Denamu

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Faik Odyssée

MUSIQUES | Faik Sardag, chanteur turc des lyonnais Fake Oddity. Un temps menacé d’expulsion par la France et déclaré fugitif par l’armée turque, il a enregistré à Istanbul le dernier album du groupe, sorti simultanément dans les deux pays. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 3 octobre 2008

Faik Odyssée

Scalde, qui connait sa scène lyonnaise par cœur, résume ainsi le fonctionnement du groupe Fake Oddity : «Antoine, le guitariste, fait office de papa, il organise. Faik, c’est la maman, il s’occupe des autres, leur fait des bisous». Scalde ne plaisante qu’à moitié. Car Faik est du genre à insister pour faire la bise aux gens, à répéter plusieurs fois pendant un entretien à quel point il «aime les gens» et que c’est même la principale raison qui l’a incité à proposer d’organiser le Pop Club du Sirius. Peu raccord avec l’image du derviche tourner de têtes qui, sur scène, n’hésite pas à tomber la chemise et à bomber le torse. Dans le civil, le garçon est plutôt discret et se désole de la confusion que peuvent entraîner les sonorités voisines de son prénom et du «Fake» de Fake Oddity, coupables de présenter involontairement le groupe comme sa propriété : «C’est juste une contraction de Fake Plastic Trees de Radiohead et Space Oddity de David Bowie. Quelques semaines après qu’on ait choisi ce nom quelqu’un m’a dit : «tu te la pètes, avec ton prénom dans le nom du groupe». «Je ne m’en étais même pas aperçu». On l

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Orient Express

MUSIQUES | C’est au sortir de cet été de records pékinois, livré à l’appétit des ogres Phelps et Bolt, que les Lyonnais de Fake Oddity livrent leur deuxième album, le bien (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 11 septembre 2008

Orient Express

C’est au sortir de cet été de records pékinois, livré à l’appétit des ogres Phelps et Bolt, que les Lyonnais de Fake Oddity livrent leur deuxième album, le bien nommé RunFast. C’est que le groupe est pressé de répondre aux attentes consécutives à un enregistrement luxueux à Istanbul et une sortie binationale (France et Turquie). Départ canon donc, avec un Faik qui feint l’asphyxie avant de vider son coffre dans un magma doorsien convaincu de dopage (Soul Hate Blind Friend). Encore faut-il tenir la distance, dirait Patrick Montel, le Lester Bangs de l’athlé : ce que fait parfaitement le groupe en allongeant la foulée à mi-parcours de l’album. Le rock urgent aux muscles tonique se dissout alors dans un acide loin d’être lactique. De fait, comme il est permis de préférer l’excitation du sprint ou l’ivresse harassante du demi-fond, on sera en droit, suivant le club où l’on émarge, de préférer la première moitié abrasive de l’album, sa seconde mi-temps plus cosmique ou les pauses qui l’entrecoupent. Ironiquement, le titre qui donne son nom à l’album ne court pas très vite, baladant Radiohead sur d’étranges terres country-bossanova. Zani, épure de piano et d

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La saison du Dandelyon

MUSIQUES | Musique / Retards de communication, report du lancement de la saison, cette année Dandelyon a, un peu comme Christine Arron, raté son départ. D'abord, parce (...)

| Mercredi 20 décembre 2006

La saison du Dandelyon

Musique / Retards de communication, report du lancement de la saison, cette année Dandelyon a, un peu comme Christine Arron, raté son départ. D'abord, parce que, victime de son succès, l'association a connu quelques bouleversements : un déménagement au Marché Gare (également co-producteur), un comité de sélection plus pléthorique que le jury Miss France, un nouveau statut et une équipe en partie renouvelée et désormais logée par la Mission musique de la Ville. Ensuite, parce que, même si tout est rentré dans l'ordre, les groupes candidats ne se sont pas immédiatement pressés au portillon. Dandelyon aurait-il épuisé les réserves de talent pop ? «Le problème c'est que certains groupes ne comprennent pas vraiment notre démarche : ils nous voient comme de simples programmateurs et ne pensent pas toujours à candidater», regrette Sylvain Rebut-Minotti, le Dandelyon en chef. L'occasion de mettre fin une bonne fois pour toutes à un malentendu : contrairement aux idées reçues Dandelyon n'est pas un tremplin rock. «On n'est pas là pour mettre les groupes sur scène et les laisser se débrouiller ensuite. Dandelyon fait un travail d'accompagnement des groupes, leur donne les clés pour faire fac

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