Live fast, dive young

Benjamin Mialot | Jeudi 20 octobre 2011

Photo : Jens Nordstrom


Musique / C'est un choc des cultures à faire passer le Choc des civilisations théorisé par Samuel Huntington pour une brouille de préau. D'un côté l'Ayers Rock Boat, péniche à débit sise sur le Quai Augagneur, précisément là où, le 6 mai 2007 au soir, se tint une manifestation de poltergeist à Rolex parmi les plus sonores jamais recensées. Autant dire le genre d'endroit que la rédaction du Petit Bulletin évite avec la diligence d'un Chinois croisant une fillette écrasée par une camionnette. De l'autre Joey Cape et Tony Sly, deux figures emblématiques du punk-rock californien qui, depuis plus de deux décennies, font le bonheur des figurants des films de Larry Clark (des skaters donc), le premier à la tête de Lagwagon, le second à celle de No Use for a Name. Soit le genre de types responsables du fait qu'une partie de la rédaction du Petit Bulletin porte des Vans et n'éprouve guère de sympathie pour les vigiles et gardes champêtres. Nul besoin d'avoir des actions UHU pour voir le problème : deux héros d'une musique je-m'en-fichiste et fonceuse, un petit rafiot hanté par la réussite, ça ne devrait pas coller. Et pourtant ça colle. Déjà parce que les tauliers de l'Ayers Rock Boat ont l'air de se démener pour exorciser les lieux. Mais surtout car Joey et Tony viendront coiffés non pas d'une pimpante casquette de punk mais d'un discret chapeau de folk singer qui leur va plutôt bien. Pas aussi bien qu'à Chuck Ragan (Hot Water Music) ou Frank Turner (Million Dead), entre autres tough guys convertis à la spontanéité acoustique, mais assez pour qu'on ravale notre peur des ectoplasmes droitiers. 

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Lagwagon, 25 ans de tubes punk

MUSIQUES | En 25 ans d'existence, Lagwagon, figure emblématique du punk-rock mélodique made in California, n'a rien perdu de sa fougue et de son inspiration. Piqûre de rappel avant son concert en bonne compagnie au Jack Jack. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 17 mars 2015

Lagwagon, 25 ans de tubes punk

Qu'est-ce qu'une bonne chanson ? A une époque où des chercheurs se piquent de pouvoir prédire le succès ou l'échec d'un single par la mise en équations de facteurs contextuels, linguistiques et harmoniques – on appelle ça la hit song science et elle n'a heureusement pas d'équivalent français pour le moment – on souscrira sans réserve à la définition de Joey Cape, l'espèce de Rivers Cuomo à poil dur qui remorque Lagwagon : «Qu'elle sonne toujours bien après qu'on l'ait réduite à une guitare acoustique et un chanteur me paraît un bon critère.» Elle lui a en tout cas réussi : devenu dès son premier album une référence incontestée du punk-rock à la californienne, Lagwagon incarne depuis vingt-cinq mieux qu'aucun autre de ses valeureux compatriotes (No Use for a Name, NOFX, Strung Out...) le mélange de crétinerie – il s'est fait une spécialité de la pochette ringarde, option motif écossais et portrait de Ricain très moyen – d'indiscipline – il n'a jamais cédé aux entêtantes sirènes des majors – et de fulgurance mélodique – que Cape a développée en format folk en solo, indie pop à la tête de Bad Astronaut et what the fuck au sein du co

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