Puccini plus, ni moins…

MUSIQUES | Savoureuse idée que ce festival "Puccini Plus" à l'Opéra de Lyon, marathon de trois semaines où l'œuvre du compositeur est confrontée à celle de ses contemporains, dessinant un début de XXe siècle foisonnant d'idées nouvelles. Entretien avec le directeur de l'Opéra Serge Dorny et présentation des œuvres et de leurs metteurs en scène. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Jeudi 19 janvier 2012

Photo : © Stofleth


Serge Dorny, le directeur de l'opéra de Lyon, a une marotte, une obsession bienvenue pour les mélomanes lyonnais. Il aime l'idée du Festival, cette concentration musicale pur jus, ce plongeon total dans une esthétique précise. Pour cette saison, il a choisi des lectures doubles et triples d'un début de XXe siècle où tout était possible. Un Puccini méconnu tout d'abord parce qu'en choisissant Il Trittico, Serge Dorny nous fait découvrir trois œuvres courtes rarement données sous leur forme pleine et originelle. Et puis un Puccini confronté à ses confrères contemporains à l'écriture toute nouvelle. Dans l'interview qui suit, Serge Dorny défend bec et ongles l'idée d'un seul chef d'orchestre pour l'ensemble du Festival. Seulement voilà, Lothar Koenigs vient de déclarer forfait quelques jours avant la première. Dorny a donc choisi… deux chefs dans l'urgence. Gaetano d'Espinosa dirige le Triptyque et Bernhard Kontarsky sera à la baguette pour les autres œuvres. Espérons que la multiplication des chefs aura le même effet que la multiplication des pains : un vrai miracle !

Comment vous est venue cette idée de confronter trois œuvres assez confidentielles de Puccini à des œuvres de la même époque mais à l'écriture si différente ?
Serge Dorny :
J'ai voulu que ce festival montre tous les contrastes du début du XXe siècle. On a ces trois œuvres de Puccini qui sont écrites dans un langage du XIXe sur des thèmes propres au XIXe. Et en face, on a des compositeurs d'expression très différente, appartenant à un langage germanique mais qui vont tester chacun à leur manière de nouvelles voix. Zemlinsky est un compositeur de transition, il se trouve un peu entre Mahler et Schoenberg. Schoenberg, est un compositeur clé du dodécaphonisme qui écrit une comédie, Von Heute auf Morgen. Enfin, Hindemith, la voix la plus solitaire, le compositeur le moins connu des trois peut-être. J'ai voulu évoquer cette période d'effervescence créatrice entre d'une part les traditionalistes et d'autre part ce nouveau monde où plein de voix sont possibles.

Comment avez vous mis en relation ces duos improbables ?
C'était intéressant de voir comment des œuvres pouvaient dialoguer. D'abord, Il Trittico n'est pas un opéra au sens traditionnel. On a trois volumes, trois titres mais on n'a pas trois actes. Les trois œuvres appartiennent au Trittico mais il n'y a pas de lien dramaturgique ni de lien au niveau du contenu. Il Tabarro est un mélodrame qui parle de l'inconstance amoureuse, qui met en scène trois personnages, deux hommes et une femme ; Suor Angelica est une tragédie religieuse : une femme est mise dans un couvent par sa famille parce qu'elle est enceinte ; quant au dernier volume, Gianni Schicchi, c'est une comédie qui a pour objet la falsification d'un testament. Puccini a voulu que les trois œuvres soient réunies mais la plupart du temps elles sont données indépendamment. Il est très rare que Il Trittico soit donné dans son intégralité.

Quant au parti pris de donner toute la direction musicale à un seul chef…
Vue la complexité d'un festival, vu que l'on travaille avec un orchestre, avec des chanteurs, avec un même chœur pour toutes les productions, il est très important d'avoir une seule signature musicale sur l'ensemble pour donner une cohérence artistique. C'est pourquoi je voulais confier la direction à un seul chef d'orchestre, Lothar Koenigs. C'est également important sur le plan purement pratique : Un Festival Puccini, ce sont six productions qui ont besoin d'être planifiées. S'il y a plusieurs signatures, il peut y avoir quelques tiraillements. Dans une même soirée, le public va entendre deux œuvres courtes dans des univers très différents. Il est important de toujours donner une cohérence artistique. En ce qui concerne la mise en scène, c'est un peu différent. Pour Il Trittico, je n'ai voulu qu'une seule signature : David Pountney. Pour les œuvres de Schoenberg, Zemlinsky et Hindemith, j'ai donné ma confiance à des metteurs en scènes différents parce qu'il n'y a pas de cohérence entre une œuvre et une autre. Il n'existe pas de dramaturgie commune entre Sancta Susanna de Paul Hindemith et Suor Angelica de Puccini. Par contre, j'ai donné l'ensemble des décors à un seul décorateur, les éclairages à un seul éclairagiste parce que nous ne sommes pas un théâtre de répertoire. C'est un travail herculéen mais palpitant que de présenter ce Festival Puccini Plus. J'espère que le public sera heureux de découvrir ces courts chef-d'œuvres.  

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Subvention de l'Opéra de Lyon : Richard Brunel interloqué, Serge Dorny indigné

500 000€ réaffectés vers d'autres structures | Richard Brunel, futur directeur de l'Opéra, et Serge Dorny, l'actuel dirigeant du lieu, ont vivement réagi à l'annonce de la baisse de la subvention de l'Opéra de Lyon.

Sébastien Broquet | Vendredi 5 mars 2021

Subvention de l'Opéra de Lyon : Richard Brunel interloqué, Serge Dorny indigné

Suite à la confirmation dans nos colonnes par Nathalie Perrin-Gilbert de la baisse prochaine de la subvention de l'Opéra de Lyon de 500 000 euros, qui portera la subvention de fonctionnement à 7M€ annuels au lieu de 7, 5M€ dès cette année si la proposition est votée lors du conseil municipal des 25 et 26 mars prochains, les deux directeurs — l'actuel, Serge Dorny, et le futur, Richard Brunel (actuellement en résidence au sein de l'Opéra pour Mélisande), ont réagi vivement — le premier par un communiqué de presse, le second en sortant de répétition ce jeudi soir. « Des impacts conséquents » pour Richard Brunel Richard Brunel nous a ainsi déclaré : « concernant l'annonce de la Ville sur cette baisse de 500 000€, je laisse Serge Dorny réagir au nom de l’Opéra. Ce que je puis dire c'est que je n’ai, moi-même, pas été directement contacté et informé par l'adjointe à la Culture de cette décision qui semble acqu

Continuer à lire

La Ville de Lyon supprime 500 000 euros par an de subvention à l'Opéra

Politique Culturelle | Coup de tonnerre à l'Opéra de Lyon : la Ville, par l'intermédiaire de son adjointe à la Culture, a décidé d'ôter 500 000€ par an de subvention au lieu dirigé par Serge Dorny pour quelques mois encore. Ce dernier a été prévenu il y a trois jours. Nathalie Perrin-Gilbert nous explique la raison de ce choix, qu'Étienne Blanc fustige.

Sébastien Broquet | Jeudi 4 mars 2021

La Ville de Lyon supprime 500 000 euros par an de subvention à l'Opéra

C'est Frédéric Martel, journaliste à France Culture, qui a dévoilé l'information ce jeudi via Twitter et que nous pouvons confirmer : la Ville de Lyon a décidé de réduire la subvention de l'Opéra de Lyon de 500 000€ par an. C'était annoncé durant la campagne, Nathalie Perrin-Gilbert avait alors déclaré dans nos colonnes : « oui, il va y avoir une réorientation au sein de ce budget. Je ne veux pas la présenter comme une punition aux institutions, leur dire qu'ils ont fait du mauvais travail. (...) Je souhaite qu'il y ait un audit indépendant qui soit réalisé, notamment, sur la gestion de l'Opéra de Lyon. » De 7, 5M€ à 7M€ par an Après les paroles de campagne, place aux actes et l'adjointe a donc pris sa décision, qui a été annoncée à

Continuer à lire

Richard Brunel est le nouveau directeur de l'Opéra de Lyon

Mercato | C'est Richard Brunel qui va succéder à partir du 1er septembre 2021 à Serge Dorny à la tête de l'Opéra de Lyon. Franck Riester, ministre de la Culture, a validé le choix du jury en fin de journée.

Sébastien Broquet | Mardi 22 octobre 2019

Richard Brunel est le nouveau directeur de l'Opéra de Lyon

La fumée blanche s'est finalement échappée du toit de l'Hôtel de Ville lyonnais ce mardi : le successeur de Serge Dorny (qui s'en va diriger l'Opéra de Bavière) à la tête de l'Opéra de Lyon se nomme bel et bien Richard Brunel. L'information est restée un temps au conditionnel, car on attendait depuis la semaine dernière la validation définitive par Franck Riester et le ministère de la Culture du choix du jury. Approbation souhaitée rapidement avant le conseil d'administration de l'Opéra, prévu en novembre... D'où le lancement par la mairie d'un commmuniqué de presse en milieu d'après-midi, avant la validation finale, pour mettre visiblement un petit "coup de pression" à Paris, qui tardait un peu trop aux yeux de Gérard Collomb à confirmer le choix du jury lyonnais. Frank Riester a finalement validé ce choix de nommer Richard Brunel deux heures plus tard, peu après 18h ce mardi 22. Relancé durant l'été faute de candidats convaincants, mais aussi – même s'il ne faut pa

Continuer à lire

Serge Dorny prend la tête de l'Opéra National de Bavière

Opéra de Lyon | Serge Dorny va quitter l'Opéra de Lyon : le gouvernement du land allemand de Bavière vient d'annoncer ce mardi sa nomination en tant que directeur (...)

Sébastien Broquet | Mardi 6 mars 2018

Serge Dorny prend la tête de l'Opéra National de Bavière

Serge Dorny va quitter l'Opéra de Lyon : le gouvernement du land allemand de Bavière vient d'annoncer ce mardi sa nomination en tant que directeur général de l'Opéra National de Bavière, dont il prendra les commandes le 1er septembre 2021. Il va prendre la place de Nikolaus Bachler, en fin de mandat. Le Belge, âgé de 56 ans, avait été directeur de l'Orchestre Philharmonique de Londres et de La Monnaie à Bruxelles avant de prendre la direction de l'Opéra de Lyon, où son mandat a été marqué par des succès artistiques indéniables et une reconnaissance internationale, mais aussi par une polémique entourant des abus autour de ses notes de frais. Il était à la tête de l'établissement lyonnais depuis 2003 et le restera jusqu'en août 2021.

Continuer à lire

De l'agitation à l'Opéra

Opéra de Lyon | Les notes de frais de Serge Dorny ont été dévoilées et épluchées par le pure player Médiacités. Une partie des salariés s'est offusqué de leur contenu, dans un communiqué.

Sébastien Broquet | Mardi 23 mai 2017

De l'agitation à l'Opéra

Voici donc que surgit une nouvelle affaire de notes de frais dans le milieu de la culture lyonnaise. La seconde en quelques mois : la Chambre Régionale des Comptes avait déjà épinglé la gestion manquant de rigueur de Guy Walter (directeur de la Villa Gillet), entraînant un resserrement du budget de cette structure par les collectivités locales. Cette nouvelle histoire de notes concerne cette fois Serge Dorny, le directeur de l’Opéra de Lyon. C’est un tout nouveau pure player, Médiacités, qui a révélé l’affaire le mardi 9 mai, signant avec éclat son lancement entre Rhône et Saône, en mettant en ligne une enquête consécutive à l’épluchage de 3500 copies des notes de frais du directeur. Premier constat : les autorités de tutelle sont encore prises au dépourvu. Suite à la première affaire, il ne semble donc pas qu’un audit sur les notes de frais des grandes structures subventionnées ait été réalisé, visant à clarifier et encadrer le fonctionnement de ces frais, nécessaires à la bonne marche des ces maisons il

Continuer à lire

Serge Dorny : « Il faut avoir la nostalgie de l'avenir »

Opéra de Lyon | Rencontre avec le directeur de l'Opéra de Lyon, Serge Dorny, pour évoquer cette saison de transition voyant son chef permanent, Kazushi Ono, s'envoler vers d'autres cieux, remplacé à la rentrée par le jeune espoir italien qu'est Daniele Rustioni.

Sébastien Broquet | Mardi 17 janvier 2017

Serge Dorny : « Il faut avoir la nostalgie de l'avenir »

C'est la dernière saison de votre chef permanent, qui s'en va en juin. Serge Dorny : Kazushi Ono est un chef extrêmement moderne. Normalement, un chef s'intéresse à la musique, à la partition. Mais le monde a changé : tout ce qui est action citoyenne, vis à vis des territoires en difficulté, des publics scolaires, des réseaux associatifs, l'Opéra de Lyon, étant un acteur citoyen, s'y investit énormément. Il n'est pas automatique qu'un directeur musical le fasse. Kazushi Ono y a participé de façon active, il était très enthousiaste, au point qu'il a importé cette démarche dans les projets qu'il porte au Japon. C'est vraiment quelqu'un avec qui j'ai pu construire ce projet et l'enraciner dans la maison. Il est moderne, car il a compris que ça se passe sur scène et dans la fosse, mais aussi hors les murs ; dans la cité, dans les banlieues éloignées. Cet accès au plus large public possible doit se gagner au quotidien. J'ai eu un partenaire, là-dessus. Un chef moderne, c'est aussi avoir une attention particulière envers les partitions d'aujourd'hui. Pas seulement célèbrer le passé en jouant le grand réperto

Continuer à lire

Opéra de Lyon : une saison au-delà du réel

MUSIQUES | Revenu de Dresde sans jamais être parti de Lyon, Serge Dorny a présenté sa douzième saison à la tête de l’Opéra de Lyon, placée sous le thème "Au-delà du réel". Decryptage. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Lundi 14 avril 2014

Opéra de Lyon : une saison au-delà du réel

«L’art incite à dire ce qu’on voit et à voir ce qu’on voit». En citant Charles Péguy, Serge Dorny affirme vouloir montrer ce qu’on ne voit plus dans cette nouvelle saison : de l'émotion et de la réflexion, tout en flirtant avec le fantastique. Il donne pour ce faire libre cours à une nouvelle génération d’artistes, dont deux feront leur première apparition sur les scènes françaises, les metteurs en scène Stefan Herheim (pour Rusalka de Dvorak en décembre) et Martin Kusej, homme de théâtre venu de Munich (Idoménée de Mozart en janvier/février). L’Opéra poursuit par ailleurs sa complicité avec Jean Lacornerie du Théâtre de la Croix-Rousse. Il s’attaquera cette année au Roméo & Juliette version Boris Blacher qui, en 1943, déplace l’intrigue shakespearienne dans le IIIe Reich (en février/mars). Il mettra également en scène Le Roi et moi, spectacle jeune public (décembre). Cette saison, qui s’ouvre avec Le Vaisseau fantôme de Wagner mis en scène par Alex Ollé et La Fura dels Baus (octobre) sera comme les précédentes

Continuer à lire

Serge Dorny nommé à l'Opéra de Dresde

MUSIQUES | L'Opéra de Dresde (Dresden Semperoper) vient d'annoncer la nomination du Belge Serge Dorny au poste d'intendant. L'actuel directeur de l'Opéra de Lyon (...)

Nadja Pobel | Mardi 17 septembre 2013

Serge Dorny nommé à l'Opéra de Dresde

L'Opéra de Dresde (Dresden Semperoper) vient d'annoncer la nomination du Belge Serge Dorny au poste d'intendant. L'actuel directeur de l'Opéra de Lyon depuis dix ans succédera à l'Allemande Ulrike Hessler, dont le poste était resté vacant depuis son décès à Munich le 30 juillet 2012, à partir de la saison 2015-2016.

Continuer à lire

L’opéra se fait justice

MUSIQUES | De tous les festivals qu’il a tricoté depuis son arrivée à la tête de l’opéra, Serge Dorny livre le plus spectaculaire, le plus visionnaire et le plus culotté : Justice/Injustice, qui réunit une création mondiale, trois œuvres contemporaines, des metteurs en scène au geste pur et des chefs faisant entendre une musique aux partis pris insensés et jubilatoires. Explications avec l'intéressé. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Lundi 25 mars 2013

L’opéra se fait justice

Le festival Justice/Injustice ne devrait-il pas s’appeler Festival Robert Badinter ?Serge Dorny : Non. J’ai une estime énorme pour Robert Badinter, je le vénère, je suis un "Badinterâtre", à la fois au niveau de l’engagement, de l’éthique, de la personne même. Mais l’opéra Claude, dont il signe le livret, est une œuvre parmi plusieurs. Quand je vois le festival, je vois quatre œuvres : Le Prisonnier de Dallapiccola et Erwartung de Schoenberg, Fidelio de Beethoven et une création mondiale, une nouvelle commande, à partir d'un texte de Victor Hugo, écrite par Robert Badinter et composée par Thierry Escaich. Bien évidemment le librettiste Badinter est une personne immense. Il a une place importante, le personnage est fascinant, intellectuellement et humainement. Sa détermination et son engagement sont exceptionnels. J’ai eu le privilège de travailler avec lui depuis quelques années et au-delà de la commande, j’ai rencontré un être à part.Comment s'est monté Claude ?C'est lors d’un dîner qu'il m’a pa

Continuer à lire

3 petits Plus

MUSIQUES | Les enjeux esthétiques, thématiques et historiques de ce festival Puccini Plus qui, plus qu'une réunion de compositeurs et de talents, fait le portrait d'une époque artistique. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Jeudi 19 janvier 2012

3 petits Plus

Les mises en scène David Pountney a la charge de mettre en scène Il Trittico et a imaginé pour l’occasion un élément unique, décliné de façon souple sur les trois œuvres. Un seul conteneur pour l’ensemble du Trittico qui évoque un monde portuaire, avec ses chargements, ses déchargements et cette micro société qui l’anime dans Il Tabarro, qui représente aussi la maison, lieu du couple, de ses tensions, de ses amours dans Suor Angelica, et enfin qui matérialise la cellule de la religieuse dans Giani Schicchi. Quelque chose de simple mais de très fort. Un seul objet, une déclinaison multiple et parfois le propos devient puissant. Georges Lavaudant, qu’on ne présente plus, met en scène Une Tragédie Florentine et le jeune et talentueux John Fulljames s’occupe de Von Heute auf Morgen et de Sancta Susanna. Dans sa courte carrière, il a déjà travaillé avec David Pountney et vient d’être nommé directeur artistique à Covent Garden. Une thématique contemporaine Tous les thèmes de ces 6 opéras peuvent réellement parler à chacun, ils sont restés très actuels. «J’ai toujours voulu choisir d

Continuer à lire

3 en 1 + 3 pour 2

MUSIQUES | Quelques recettes, comme un fil d’Ariane, pour s’y retrouver : en premier lieu, ne jamais oublier que ce festival a un Plus. Le public a donc (...)

Pascale Clavel | Jeudi 19 janvier 2012

3 en 1 + 3 pour 2

Quelques recettes, comme un fil d’Ariane, pour s’y retrouver : en premier lieu, ne jamais oublier que ce festival a un Plus. Le public a donc plusieurs options, il peut se concentrer uniquement sur Puccini et oublier le Plus. Dans ce cas, une belle soirée Il Trittico l’attend et il pourra passer allègrement de Il Tabarro à Suor Angelica pour terminer par Gianni Schicchi. Tout cela dans une belle cohérence artistique : un compositeur, un metteur en scène (David Pountney), un chef d’orchestre (Gaetano d’Espinosa). Les plus aventuriers, les mélomanes curieux, pourront choisir les soirées confrontations de genres. Chacun des trois volets qui constitue Il Trittico se met en résonnance avec une œuvre d’un compositeur germanique de la même époque. L’idée est très séduisante : des diptyques qui ont un peu le même sujet mais qui n’ont pas du tout la même écriture musicale. Comment Il Tabarro  et Von Heute auf Morgen de Schoenberg parlent de la vie de couple ; comment Suor Angelica et Sancta Susanna de Hindemith questionnent le destin d’une religieuse ; enfin comment sont mis en miroir grinçant et déformant

Continuer à lire

Serge Dorny Ou… l’homme qui célèbre les femmes

MUSIQUES | Lorsqu’on entre dans le bureau de Serge Dorny, directeur de l’Opéra de Lyon, on ne sait jamais quand on en ressort. L’homme entre en scène et raconte son Festival. Propos recueillis par PC

Pascale Clavel | Dimanche 6 mars 2011

Serge Dorny
Ou… l’homme qui célèbre les femmes

Petit Bulletin : Un Festival par saison, c’est votre idée depuis votre arrivée à l’Opéra de Lyon. Ce Festival Mozart a-t-il une place particulière ?Serge Dorny : Pour moi, ce Festival Mozart, c’est la célébration d’un cycle que nous avons construit au fil du temps. Il y a quelques années, j’ai annoncé que nous allions élaborer certains cycles : Pouchkine/Tchaïkovski, Bellini… Ce Festival Mozart/Da Ponte est un projet artistique développé depuis longtemps avec Adrian Noble. Nous voulons montrer la cohérence qui existe entre les trois chefs-d’œuvre aux univers différents mais aux liens dramaturgiques évidents. Ce n’est pas chose quotidienne que de voir et d’entendre les trois Mozart/Da Ponte de manière consécutive. Même au Métropolitan Opéra à New-York les trois œuvres n’ont jamais été données face à face. Le mélomane va-t-il trouver un plus dans cette immersion totale ?C’est une lecture que l’on propose, celle d’un musicien, le chef d’orchestre Stefano Montanari ; d’un metteur en scène, Adrian Noble et d’une œuvre. C’est intéressant de voir quelles sont les résonnances entre les différentes œuvres. Un vaste traité de l’amour décrit trois étapes de la v

Continuer à lire

Luxe, calme ou volupté

MUSIQUES | Un peu plus d’une éternité que le public lyonnais n’avait pas eu l’occasion d’entendre «Manon Lescaut» de Puccini. Kazushi Ono, chef d’orchestre ébloui par cet opéra d’un romantisme exacerbé en donne une version fervente et enflammée. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Samedi 23 janvier 2010

Luxe, calme ou volupté

L’œuvre entière de Puccini déchaîne les passions. Les pros et les antis s’écharpent, pendant que cette musique mélancolique et radieuse se déverse dans les salles. «Manon Lescaut» n’échappe pas aux critiques, mais tous s’accordent à dire que cet opéra de jeunesse est troublant de maturité musicale. Il faut faire une petite plongée dans le romantisme finissant pour comprendre «Manon». À cette époque, le Vérisme voit le jour, l’artiste romantique s’empare de faits divers, les transcende et voilà qu’apparaît Carmen, et voici que peut revivre Manon Lescaut. Si Puccini est associé à ce mouvement, c’est parce qu’il aime à reproduire le «vrai» dans ses opéras. Sa «Manon» arrive très peu de temps après la version de Massenet, créé en 1884 et qui connaît un succès immédiat en France, correspondant aux goûts musicaux délicats voire légèrement sucrés de l’époque. Jouée pour la première fois en 1893, «Manon» est le véritable point de départ de la carrière lyrique de Puccini. Presque comme s’il devait s’excuser d’écrire juste après Massenet, le compositeur défend ainsi son choix : «Manon est une héroïne en laquelle je crois et par conséquent, elle ne peut manquer de gagner le cœur du public. Po

Continuer à lire

Côté chœurs

MUSIQUES | Coulisses / On se prépare. Nous sommes aux dernières répétitions plateau, l’ambiance n’est pas encore au beau fixe mais au fil de l’après midi, la musique de (...)

Pascale Clavel | Jeudi 21 janvier 2010

Côté chœurs

Coulisses / On se prépare. Nous sommes aux dernières répétitions plateau, l’ambiance n’est pas encore au beau fixe mais au fil de l’après midi, la musique de Puccini commence à apparaître. Bien sûr, on entend encore des tempi boiteux, le chef d’orchestre arrête encore trop souvent et dit gentiment aux chœurs de bien le regarder. Une grosse machine se met en route. À la première respiration du chef, tout le monde doit être prêt, orchestre, chœurs, solistes, techniciens et régisseurs. Un seul homme ne peut plus rien : Alan Woodbridge, le chef de chœur de l’opéra qui se tortille sur son fauteuil et observe ses choristes, impuissant. Il entend bien les imperfections, lève un sourcil, tapote sur un dossier. Il monte parfois discrètement sur le plateau et va rassurer ses chœurs : «On est bien sur les rails pour l’instant, ça se passe bien». En tant que chef de chœur, Alan Woodbridge a un mot à dire sur l’interprétation, sur les respirations, sur les phrasées de certains mots. Pour un chœur, «Manon Lescaut» n’est pas comme une grande œuvre de Verdi où l’on trouve des vrais chœurs qui se tiennent seuls sans le soutien constant des interventions des solistes. C’est un peu frustrant puisqu’o

Continuer à lire

"L’opéra de Puccini le plus énergique"

MUSIQUES | Entretien / La tension monte sur le plateau, la ferveur grandit dans la fosse et, pendant ce temps, le chef d’orchestre Kazushi Ono reste imperturbablement zen. Rencontre.

Pascale Clavel | Jeudi 21 janvier 2010

Petit Bulletin : Au fil des répétitions, comment réussissez-vous à fédérer l’ensemble des artistes afin que la Première soit conforme à vos attentes ?Kazushi Ono : Je parle beaucoup de la pièce, du compositeur, de l’intrigue, de l’esprit de l’œuvre avec les chœurs, les solistes et l’ensemble de l’orchestre. Au début, personne ne sait ce que va être la construction intégrale de l’œuvre. Seul le chef d’orchestre peut imaginer et expliquer ce que Puccini a souhaité. Seul le chef peut transporter l’idée originelle de Puccini en le réinterprétant. Pendant les phases de répétitions, je suis rarement content mais là, pour "Manon Lescaut", j’ai beaucoup d’espoir parce que le casting est formidable, l’orchestre et le chœur se préparent très bien. Pour quelles raisons avez-vous choisi de faire entendre "Manon" au public lyonnais ?Lorsque je suis arrivé à l’opéra de Lyon la saison dernière, j’ai regardé le programme et j’ai vu que "Manon Lescaut" n’avait pas été joué depuis fort longtemps. Cet opéra est la source originelle de l’œuvre de Puccini. On peut voir dans cet opéra beaucoup d’éléments de "La Bohème", de "Tosca", des opéras qui viennent par la suite. "Ma

Continuer à lire

La Rondine de Puccini

MUSIQUES | Le Métropolitan Opéra de New-York en direct et en haute définition au cinéma Pathé Vaise.

Pascale Clavel | Mardi 23 décembre 2008

La Rondine de Puccini

Le Métropolitan Opéra de New-York en direct et en haute définition au cinéma Pathé Vaise. L’opération «Live in HD» est un véritable succès populaire dans les salles de cinéma du monde entier depuis son lancement sous la direction musicale de James Levin en 2006-2007. Le Pathé Vaise renouvelle l’aventure et propose l’intégralité de la saison du Met, soit 10 représentations retransmises en HD. Le samedi 10 janvier à 20h30, projection de La Rondine de Puccini, histoire d’amour et de remords, oeuvre sucrée souvent associée à l’opérette, avec le gratin vocal actuel, Angela Gheorghiu et Roberto Alagna, dans une mise en scène de Nicolas Joël.

Continuer à lire