Mis au sec

Stéphane Duchêne | Vendredi 27 janvier 2012

On a tendance à l'oublier mais il y a plus de 15 ans de cela, avec l'album Boire, le Breton Miossec a quelque peu révolutionné la chanson française en la débarrassant de ses oripeaux variétés, en en désossant les codes et en y ajoutant ce qu'il faut de poigne rock. Comme la poupée de Polnareff mais un verre à la main, Miossec à tout répondait Non, non, non, (je ne suis plus saoul). Est-ce parce qu'il trouvait que son œuvre s'était quelque peu mise à ronronner ces dernières années que Miossec a écrit Chansons ordinaires, comme une prise de conscience qui vaudrait thérapie ? Un album dont tous les titres commencent par «chanson» (Chanson pour les Amis, Chanson protestataire, Chanson que personne n'écoute, etc.), un album de chansons donc mais sur lequel Miossec a plaqué le paradoxe d'une production plus rock'n'roll que jamais. Car jusque-là, même dans ses périodes les plus énervées, le Brestois n'avait jamais sonné aussi lourd, tonné aussi fort, façon whisky sec, s'offrant à 47 ans, une période grunge. Un objet étrange qui a le mérite de secouer le cocotier sur le sol breton et qu'il nous tarde de voir transposé sur scène, le 7 février dans un Transbordeur chaviré.
Stéphane Duchêne

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Miossec en tête d'affiche

Changez d'Air | En attendant un dévoilement complet de sa programmation, Changez d'Air vient de lâcher les premiers noms de sa 19e édition. Le festival sis entre (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 29 janvier 2019

Miossec en tête d'affiche

En attendant un dévoilement complet de sa programmation, Changez d'Air vient de lâcher les premiers noms de sa 19e édition. Le festival sis entre St-Genis-lès-Ollières et Craponne accueillera ainsi à l'Escale Miossec le 17 mai en compagnie de Laure Briard. Ainsi que Cléa Vincent la veille. Ces trois artistes venant dévoiler sur scène leurs derniers disques en date. Changez d'Air se déroulera du 15 au 18 mai.

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Rentrée musique 2016 : anciens et modernes

MUSIQUES | Entre Polna, Neil Young, les Insus et même le retour du plus si jeune Jon Spencer (porté pâle au printemps), les aînés seront là en force en 2016. Mais la jeune garde veille et ne s'en laissera pas compter.

Stéphane Duchêne | Mardi 5 janvier 2016

Rentrée musique 2016 : anciens et modernes

Jon Spencer aime tellement nos panoramas de rentrée – il en a déjà fait la Une – qu'il parvient même à y figurer deux fois par an. On l'annonçait en septembre dernier, voilà qu'on le réannonce pour le 6 mars à l'Épicerie Moderne. Avec bonheur, puisque si nous le faisons, c'est que le trio du New-yorkais avait dû annuler à la dernière minute cet automne pour raisons de santé. Tout va mieux, donc tout va bien, et cela indique peut-être que cette année 2016 sera légèrement moins pénible que la précédente – raccrochons-nous aux branches, tant qu'il y a encore des arbres. Or des branches, même vieilles, il se trouve qu'il en repousse, en témoigne une tripotée de reformations plus ou moins récentes de groupes plus ou moins relous à l'oreille (Louise Attaque au Transbo le 29 mars, Elmer Food Beat au CCO le 6 avril) dont la palme revient bien sûr aux Insus, soit Téléphone sans fille (n'y allez pas, c'est complet) – rayon nostalgie de jeunesse, on préférera de loin se consacrer à Nada Surf, qui ne s'est jamais déformé, le 26 avril à l'Epicerie. Ah, tiens on allait oublier Polnareff

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Miossec, le temps recouvré

MUSIQUES | Miossec aime les années en 4. En 1994, il poussa son premier Non, non, non, non à la suite d'une rencontre déterminante avec le guitariste Guillaume Jouan, (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 18 novembre 2014

Miossec, le temps recouvré

Miossec aime les années en 4. En 1994, il poussa son premier Non, non, non, non à la suite d'une rencontre déterminante avec le guitariste Guillaume Jouan, qui accouchera un an plus tard de Boire. Miossec a alors 30 ans : il est donc né en 1964, année qui donnera son titre en 2004 à 1964, un album très souvent considéré comme celui d'une consécration pourtant plus à faire – on peut débattre de cela. Et nous voilà en 2014, où le Brestois fête à la fois ses 20 ans ET ses 50 ans. Or, pour lui comme pour nous, c'est un peu comme si tout cela datait d'hier : «La vie, elle a passé / Et on l'a comme pas vécue / Ou peut-être pas assez / Pas comme on l'aurait dû (…) La vie elle a passé / Et on l'a comme pas bien vue / Les années ont filé beaucoup plus vite que prévu» chante-t-il sur On vient à peine de commencer en ouverture d'Ici-bas, ici-même, paru cette année, belle collaboration avec Albin de la Simone. Miossec s'y livre à un bilan qui aurait parfois comme des airs de redite aux accents de fait exprès. Ou, à tout le moins, de miroir r

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Un Feu sur la langue

MUSIQUES | Rien que de très classique dans cette saison francophone. Du très bon, du bon, du moins bon, Kyo, et au milieu coule une rivière en Feu! Chatterton, inconcevable objet pop aux aspirations littéraires qui feront se gausser ou s'incliner. C'est à voir. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 23 septembre 2014

Un Feu sur la langue

Oubliez les Sébastien Tellier (le 18 octobre au Transbo), Julien Doré (le 15 décembre au Radiant) et Stromae (le 1er novembre à la Halle) qui repassent une énième fois par ici ; zappez les vingt ans des Ogres de Barback et le retour de Kyo, tous deux au Radiant (les 6 et 27 novembre), repaire de morts-vivants. Omettez ces trois grands Bretons que sont Miossec, Daho, Tiersen (19 et 5 décembre au Transbo, 16 octobre à l'Epicerie) et Emilie Simon (7 novembre au Radiant, forcément). Bon si vous aimez tous ces artistes, ce qui pour la plupart d'entre-eux est bien légitime (cherchez néanmoins l'intrus), vous pouvez tout de même vous faire plaisir en allant les voir, on ne vit qu'une fois après tout, sauf Daho et Kyo. Mais rappelez vous une chose : la next big thing, celle dont tou

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Musicophilia

MUSIQUES | Rock, électro, rap — Automne au balcon, printemps au diapason. Trêve des confiseurs et ripailles de Noël digérées, les salles lyonnaises remettent le couvert pour une saison musicale quasiment au niveau de celle que l'on vient de vivre. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 20 décembre 2011

Musicophilia

Ici, on n'est pas du genre à dire «on vous l'avait bien dit», mais avouez qu'on vous l'avait bien dit : l'automne a été particulièrement riche en (bon) cholestérol musical. Et au vu de ce qui se profile dans la première moitié de l'année, on n'a pas fini de saucer. Commençons par une fin en beauté excentrique avec la reine Björk de Biophilia aux Nuits de Fourvière. Un événement ! De même pour la venue le 26 mars à l'Epicerie Moderne de l'immense Jonathan Richman. Une Epicerie qui continuera de régaler cette saison avec le néo-rocker Hanni El-Khatib (26/02), un co-plateau international Piers Faccini (anglo-italo-quasi français) et Chad Van Gaalen (Canadien) le 15 mars, ou encore, la veille, ce sombre illuminé de Daniel Darc. Le printemps fleurera d'ailleurs bon le vieux chanteur «françois» révolté avec un Miossec très rock le 7 février au Transbo mais aussi, le 10, Michel Cloup (ex-Diabologum et Expérience) qui présentera son sublime album solo Notre Silence au Clacson. En dépit de ses difficultés actuelles avec le silence justement, la salle d'Oullins ne désarme pas pour autant avec une progra

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Brestois émois

MUSIQUES | Musique / Au Théâtre de Villefranche, Miossec et Yann Tiersen uniront leurs voix pour un spectacle composé de morceaux inédits écrits à quatre mains. Une première pour ces deux figures emblématiques d’une génération de rockers français. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 23 janvier 2009

Brestois émois

Ça commence comme une histoire pas drôle : quand un musicien breton rencontre un chanteur breton, qu’est-ce qu’ils se racontent ? Des chansons. Voilà, ce n’est absolument pas drôle, mais c’est pourtant bien ce qui s’est produit entre Christophe Miossec et Yann Tiersen. Les deux Brestois se sont déjà croisés, partageant des affiches de concert et enregistrant même un morceau sur un album de Tiersen, le dernier, Les Retrouvailles. Ça s’appelait Le Jour de l’ouverture, et il a dû leur laisser un goût d’inachevé dans la bouche : en effet, ils avaient convié un troisième larron, l’incontournable Dominique A., dont la majesté vocale écrasait les timbres fluets de ses deux camarades. Rendez-vous manqué ? Toujours est-il qu’en début de saison, ils annonçaient officiellement leurs noces musicales sur scène, le temps d’une tournée qui est aussi un bon moyen de faire un bilan de leurs carrières respectives. Les noces rebellesCar Miossec, qui avait donné un sacré coup (dans le nez) au rock d’ici avec son album inaugural Boire, a depuis connu des fortunes diverses. Concerts boiteux, disques inégaux (on en retiendra deux : Baiser et surtout le sous-estimé Brûle), ventes alimentaires

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La carte de France

MUSIQUES | Chansons / Après une brève collaboration (en trio avec Dominique A.) sur un titre de l’album Les Retrouvailles, les Bretons Miossec et Yann Tiersen font (...)

Christophe Chabert | Lundi 22 décembre 2008

La carte de France

Chansons / Après une brève collaboration (en trio avec Dominique A.) sur un titre de l’album Les Retrouvailles, les Bretons Miossec et Yann Tiersen font scène et cause commune pour un spectacle qui devrait faire l’événement. La gueule cassée du rock français et le multi-instrumentiste consacré pour avoir habillé musicalement les images d’Amélie Poulain ont donc écrit et composé à quatre mains un répertoire entièrement inédit, puis créé l’affaire sur leurs terres avant de l’envoyer tourner dans toute la France (étape régionale au Théâtre de Villefranche le 4 février). Dans cette scène française qui, à défaut d’être encore nouvelle, s’avère toujours aventureuse, Matthieu Boogaerts est une figure indispensable. Son dernier album, I love you, laisse perplexe, mais son auteur confesse de lui-même qu’après le magnifique Michel, il avait le sentiment d’être arrivé à ses fins, et que la suite ne pouvait qu’être expérimentale et audacieuse. Composé à la batterie, complété par des chœurs masculins très artisanaux, il s’impose au fil des écoutes et donne surtout envie d’être redécouvert en live. Sur scène, Boogaerts est en effet un véritable phénomène, transpirant la musi

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Déménageur breton

MUSIQUES | Musique / Perpétuellement sur les routes à trimballer ses soucis, Miossec repaie sa tournée avec deux dates lyonnaises. L'occasion de constater que si sur L'Etreinte, son dernier album, la bête bretonne n'a plus son mordant d'antan, elle bouge encore. Stéphane Duchêne

Christophe Chabert | Mercredi 31 janvier 2007

Déménageur breton

La pochette de L'Etreinte, portrait de Miossec façon Dorian Gray chez Bernard Buffet, a le mérite de rendre grâce à la musique sans nuance du Breton : elle dessine par taches successives un artiste éparpillé aux quatre coins de lui-même, qui au fil de ses disques tente de recoller ses propres morceaux en comptant ses abattis. Avec ces questions : qu'adviendra-t-il quand il y sera parvenu ? N'y est-il pas déjà parvenu ? Depuis 12 ans, on prend plaisir à voir souffrir Christophe Miossec, regarder la France d'un œil torve, se faire toujours larguer. Miossec, pionnier de cette nouvelle chanson française qu'il a taillée dans le granit, noyée dans l'alcool et baisée par tous les trous en un mélange de crudité et de cuites affaissées : rimes qui tentent d'entrer par effraction dans des mélodies hussardes, voix vociférant un spoken word brestois sur des rythmiques de gueules de bois. Celles dont on fait la houle qui échoue les épaves. Ça ne lui avait d'ailleurs pas fait de mal à la chanson française de se gerber sur des pompes trop habituées au cirage. De cela on doit être reconnaissant à Miossec. Et aussi lui en vouloir d'avoir décomplexé trop de troubadours du

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