Agoria, de permanence

Benjamin Mialot | Jeudi 2 février 2012

Photo : DR


Viendra un jour où Sébastien Devaud figurera, aux côtés du Gang des Lyonnais, des Canuts en colère, de la Fête des Lumières, du saucisson à cuire, des traboules et des néo-nazis, en bonne place sur la liste des spécificités lyonnaises. Pour l'heure, si vous n'avez jamais assisté à un DJ set de celui qui, sous le nom d'Agoria, écrit depuis une douzaine d'années les plus belles pages de la techno, sachez qu'il n'est pas trop tard : le bonhomme, par ailleurs entré dans la légende locale pour avoir participé à la création des Nuits sonores, sera en effet de passage au Ninkasi Kao samedi 11 février. Accompagné pour l'occasion du parigot Dj Deep, pionnier de la house tricolore, il y fêtera à quelque jours près la première année d'existence discographique de son troisième album, Impermanence. Un disque racé et aventureux qui, à sa sortie, avait achevé de faire de lui le plus légitime dauphin de Laurent Garnier, dont il partage la vocation de passeur. On n'en peut d'ailleurs plus d'attendre la revanche du duel de sept heures qu'ils se sont livré en 2008 sous le toit de l'ancienne usine d'ampoules SLI, et dont la simple évocation, dit-on, transforme les jambes des paraplégiques en fourmilières.

Benjamin Mialot

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Musiques actuelles : légende d'automne

Covid-19 | Sans aucune visibilité quant à leur conditions d'ouverture pour la rentrée, les diffuseurs de musiques actuelles, pour la plupart désœuvrés, oscillent entre optimisme mesuré, méthode coué et pessimisme radical, y compris à long terme. Un tableau guère réjouissant.

Stéphane Duchêne | Vendredi 10 juillet 2020

Musiques actuelles : légende d'automne

Pour savoir ce que les amateurs de musiques dites actuelles auront à se mettre sous la dent en cette ère pré-"post-Covid", on pourrait se contenter de jeter un œil aux agendas des différentes salles, où l'on trouve ça et là quelques dates (Épicerie Moderne, Transbordeur), parfois beaucoup (Radiant). Problème, ces agendas, en grande partie constitués de reports du printemps, sont pour Cyrille Bonin qui gère le Transbordeur : « un cache-misère ». Un trompe-l'œil même. Car si les discours et les réalités varient en fonction des modèles économiques et d'accueil, une réalité semble inéluctable, qu'énonce Benjamin Petit, coordinateur du Marché Gare : « rouvrir les salles dans les conditions de mesures sanitaires actuelles, c'est inenvisageable. Point. » Alors chacun bricole un peu. Le Ninkasi a maintenu son festival — en plein air du 5 au 13 septembre — et promet quelques concerts de groupes

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Un pas en avant, un pas en arrière

Danse | La deuxième partie de la saison danse s'annonce tout à la fois sous le signe de la découverte et des reprises. Et aussi du retour à Lyon de grands chorégraphes comme Sidi Larbi Cherkaoui, Akram Kahn, Eun-Me Ahn...

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 7 janvier 2020

Un pas en avant, un pas en arrière

Maintenant bien ancrés dans le paysage culturel lyonnais, deux festivals de danse ouvrent l'année avec des chorégraphes méconnus ou cheminant hors des sentiers battus. À partir du 23 janvier, le Moi de la Danse aux Subsistances nous invitera à découvrir un solo de Youness Aboulakoul (danseur pour Christian Rizzo, Olivier Dubois...) autour de la violence, le travail de la compagnie Dikie autour de l'oppression et du soulèvement, et une pièce du chorégraphe lyonnais Alexandre Roccoli. Un peu plus tard (à partir du 9 mars à la Maison de la Danse), la huitième édition de Sens Dessus Dessous rassemblera pêle-mêle la compagnie espagnole La Veronal qui navigue entre danse, théâtre, cinéma et arts plastiques ; Rianto, un jeune artiste javanais ; la dernière création du collectif (La) Horde ; le travail entre écriture et danse de Pierre Pontvianne avec David Mambouch... On retrouvera d'ailleurs le chorégraphe stéphanois Pierre Pontvianne avec le Ballet de l'Opéra qui, du 28 au 30 avril au Toboggan, s'offre un bain de jouvence en invitant trois chorégra

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Trois nuits et une seule mort : "Face à la nuit"

Policier | Durant une nuit d’un XXIe siècle avancé, un homme assassine un ministre hospitalisé, en finit avec son épouse, renoue avec un amour passé via une créature cybernétique. Ses actes trouvent leur justification bien des années en amont, durant d’autres nuits. Et ainsi de suite, jusqu’à l’enfance…

Vincent Raymond | Mardi 9 juillet 2019

Trois nuits et une seule mort :

En dire trop serait criminel sur ce film à chapitres et énigme aux faux-airs de matriochka : plus on avance dans cette histoire à rebours, plus on en découvre le cœur sensible, la clef secrète. Une telle construction réveille le souvenir de l’uppercut provoqué par Peppermint Candy (2000) de Lee Chang-dong, autre fresque dramatique conditionnée par un traumatisme initial que l’on découvre en fin de film. Wi Ding Ho se distingue en repoussant les frontières de son récit : un mode de narration non orthodoxe autorise de plonger d’emblée dans l’anticipation. Et sa vision du futur, sans être ”bladerunnerienne”, constitue une très plausible extrapolation du présent, grisaille urbaine, cybermenaces et noirceur politique incluses. Le cinéaste malais a d’autres surprises dans sa besace, à commencer par la présence pour le moins inattendue de la comédienne française Louise Grinberg, cristallisant les désirs du jeune héros. Tragique et captivant, Face à

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Maison de la Danse : quarante balais et du panache !

Danse | La Maison de la Danse fêtera en 2020 ses quarante ans d'existence. Et propose dès cet automne une saison pour le moins alléchante.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 14 mai 2019

Maison de la Danse : quarante balais et du panache !

La quarantième saison de la Maison de la Danse a du panache : toujours ouverte aux divers courants de la création chorégraphique (nouveau cirque, hip-hop, classique, contemporain...), et riche en grandes figures de la danse contemporaine (Anne Teresa de Keersmaeker, Sidi Larbi Cherkaoui, Akram Kahn, Jean-Claude Gallotta...). On y décèle, aussi, avec joie, une certaine veine lyrique avec la chorégraphie de l'album mythique de John Coltrane, A Love Supreme, signée par Anne Teresa de Keersmaeker et Salva Sanchis (du 1er au 3 octobre). Une pièce d'une grande précision et qui laisse aussi à ses quatre interprètes une part d'improvisation, en écho au free jazz de Coltrane. Le Ballet de Montréal et trois chorégraphes s'emparent quant à eux du répertoire de Leonard Cohen à travers la danse virtuose de quinze interprètes (du 5 au 13 novembre). Enfin, cerise ou légume sur le gâteau lyrique : Gallotta reprend, dix ans après sa création, L'Homme à tête de ch

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Agoria passe par Hypnotik

Clubbing | Un parc des expos un peu trop froid, une salle par sous-genre de musique électronique respectant à la lettre les codes de chacun, des grappes de (...)

Sébastien Broquet | Mardi 2 octobre 2018

Agoria passe par Hypnotik

Un parc des expos un peu trop froid, une salle par sous-genre de musique électronique respectant à la lettre les codes de chacun, des grappes de kids vidant quelques cocktails maison sur le parking avant de s'engouffrer dans les grands halls pour danser des heures durant : la recette type du grand raout électronique façon fin des 90's a toujours ses adeptes et Hypnotik, qui se déroule ce samedi 6 octobre à Eurexpo dès 22 heures, en est l'incarnation parfaite. Dans la salle techno, donc, on guettera l'indémodable Ellen Allien et le plus jeune Schlømø, dans la salle house c'est le régional de l'étape Agoria qui devrait fédérer les foules (il y a aussi N'To, on fera l'impasse, et Polo & Pan). La salle hardcore est dévolue à Rave Feed qui invite Warface, Deetox et Phuture Noize. Enfin, dans la salle psytrance c'est classiquement Hadra - gage de qualité - qui programme et invite Captain Hook, Vertical Mode et Module Virus. À 6 heures, il faudra chercher l'after !

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Takao Takano : « une fois que j'ai réceptionné mes produits, mon travail s'arrête »

Rencontre | L'ancien second de Nicolas Le Bec, désormais installé à son compte dans le 6e, a reçu cet hiver sa seconde étoile Michelin. Rencontre, repas.

Adrien Simon | Mardi 22 mai 2018

Takao Takano : « une fois que j'ai réceptionné mes produits, mon travail s'arrête »

On rejoint Takao Takano sur son lieu de travail, à l'heure dite – 8 heures. Il est déjà aux fourneaux, en t-shirt et tablier bleu de commis. On est loin de l'image qu'on pourrait se faire d'un cuistot doublement macaroné : en habit blanc immaculé, haute toque, dirigeant d'une main de fer toute une brigade. Derrière lui, est posée une plaque à rôtir garnie de morceaux de volaille déjà dorés (depuis quelle heure travaille-t-il ?), devant lui, des morceaux de viande qu'il est en train de découper (du veau peut-être ?). Le lendemain, à la faveur d'un déjeuner (à l'improviste et à nos frais, of course), on verra l'autre côté de la porte battante : la salle-à-manger, blanche et noire, cachée de la rue par de grands rideaux, les quatre serveurs effectuant le fameux ballet gastronomique (pain servi à la pince, remplissage automatique des verres, détail des assiettes ingrédient par ingrédient). En attendant, c'est dans cette même pièce, vide (il est 8h05) que l'on s'entretient avec Takao Takano. Il raconte son parcours : après avoir abandonné l'idée de faire carrière dans le droit, il ambitionne de devenir cuisinier. Il entre chez Masahiro Mori

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Ces Japonais qui ruent dans les marmites lyonnaises

Food | Depuis une dizaine d'années, des cuisiniers nippons formés à la cuisine française s'installent à Lyon et décrochent les étoiles.

Adrien Simon | Mardi 22 mai 2018

Ces Japonais qui ruent dans les marmites lyonnaises

Si l'on en croit la rumeur culinaire et la presse spécialisée, le plus épatant des nouveaux restos lyonnais, cuvée 2018, se trouve du côté de la cathédrale Saint-Jean. La Sommelière est un micro-bistrot, douze places assises, où l'on sert un unique menu dégustation, en huit parties. On parle à son propos d'une grande « maîtrise », de « grâce » aussi, et de distinctions qui ne devraient pas tarder à pleuvoir. À sa tête on trouve deux jeunes gens. L'une, côté bouteilles, s'est formée chez Antic Wine et dans un établissement gastronomique d'Indre (Saint-Valentin). L'autre a affuté ses couteaux à La Rochelle (au Japon) puis dans un double-étoilé du Beaujolais (à Saint-Amour). Ils revendiquent de pratiquer une gastronomie « française », dans une version certes « simplifiée » – il faut comprendre "sans esbrouffe", pure. Takafumi Kikuchi et Shoko Hasegawa sont pourtant arrivés en France il y a quelques années seulement, en provenance du Japon. Les Lyonnais, logiquement, ne doivent plus s'étonner de voir un chef nippon maîtriser à ce point la cuisine française (l'inverse : qu

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Insomniaque

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Lundi 20 novembre 2017

Insomniaque

24.11.17 > LE SUCRE RADIO MEUH Parfait before pour lancer les festivités du côté de Confluence avec cet après-travail concocté par Radio Meuh, qui a su fidéliser les mélomanes en quête de groove par ses playlists bien senties. Les savoyards déboulent en bande, squattant évidemment les platines avec leurs pépites mais animant aussi la salle avec des ateliers... raclette, eh oui, et typographie. Fondus. 24.11.17 > TRANSBORDEUR ØVERSTEPS Le week-end s'ouvre au Transbordeur en compagnie de Modeselektor, paire allemande de DJs dynamiteurs, récemment revenus au clubbing pur après l'arrêt de leur projet Moderat : valeur très sûre. Comme Paula Temple, discrète et respectée figure de la scène techno, aux sets sombres et puissants. Avalon Emerson et CLFT Militia complétant le line-up. Open. 26.11.17 > LA MACHINERIE SAPIENS On clôture ces trois jours de fête en format après-midi dès 17h, en compagnie du nouveau label mené par Agoria, Sapiens. Le patron sera bien évidem

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Agoria, premier de la classe

1997-2017 : 20 ans dehors ! | À l'époque tout jeune DJ prenant ses marques dans les raves de la région, Agoria n'avait pas encore conquis la planète et convaincu les grands anciens de Detroit, ni imaginé qu'il co-fonderait Nuits sonores. Mais il était déjà présent partout où ça comptait le vendredi soir venu.

Sébastien Broquet | Mardi 7 novembre 2017

Agoria, premier de la classe

Où sortiez-vous en 1997 ? Agoria : Dans n'importe quelle soirée, du moment qu'il faille appeler une infoline, obtenir le chemin d'accès. Qu'écoutiez-vous ? De la techno made in Détroit, de la house made in Chicago, de la trance made in Germany : les labels Axis, Underground Resistance, Djaxupbeats, Frankfurtbeat, Eye Q. Quel film regardiez-vous ? Dans quel cinéma ? J'habitais à la campagne, je crois que j'allais principalement à la salle polyvalente du village. Quel spectacle ou expo vous a marqué ? Je consacrais 150% de mon temps au mix dans ma chambre, au squat des disquaires, à écouter les radios diffusant des morceaux entre 130 et 140bpm, à faire des cassettes démo que j'insérais dans une enveloppe matelassée à destination de promoteurs locaux rencontrés aux pélerinages du vendredi et du samedi soir. Les expos sont venues avec le statut d'intermittent du spectacle, bien plus tard. Comment vous déplaciez-vous ?

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Les prédateurs de la nuit : "La Belle et la Meute"

ECRANS | de Kaouther Ben Hania (Tu-Fr-Sue-No-Lib-Qa-Sui, 1h40) avec Mariam Al Ferjani, Ghanem Zrelli, Noomane Hamda…

Vincent Raymond | Mardi 17 octobre 2017

Les prédateurs de la nuit :

Étudiante à Tunis, Mariam participe à une soirée de bienfaisance durant laquelle elle rencontre Youssef. Leur idylle naissante est dramatiquement interrompue par une patrouille de police et Mariam violée par ces prétendus “représentants de l’ordre”. Son enfer ne fait que débuter… Révélée par le documenteur incisif Le Challat de Tunis (2015), Kaouther Ben Hania poursuit dans la même veine tranchante, dénonçant encore et toujours le sort réservé aux femmes en Tunisie — un Printemps arabe, pas plus qu’un Prix Nobel de la Paix ne suffisent hélas à balayer des années de machisme ni de patriarcat. La cinéaste use ici d’une forme de narration radicale, mais appropriée : de longs plans-séquences montrent la victime en proie à une cascade de violences psychologiques, ajoutant à son traumatisme. Chacun figure l’une des insoutenables étapes de son interminable calvaire intime, aggravé par des mentalités étriquées et une barbarie administrative (à l’hôpital, au commissariat) rappelant par instants l’excellent I am not Madame Bovary de Feng Xiaogan

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La Belle et la Meute

Avant-Première | Le souffle du Printemps arabe n’a pas débarrassé les Tunisiens des oppressions, ni purgé certaines mentalités de ses réflexes archaïques. Réalisatrice du (...)

Vincent Raymond | Mardi 3 octobre 2017

La Belle et la Meute

Le souffle du Printemps arabe n’a pas débarrassé les Tunisiens des oppressions, ni purgé certaines mentalités de ses réflexes archaïques. Réalisatrice du documenteur Challat de Tunis (2013), Kaouter Ben Hania signe avec La Belle et la Meute une glaçante fiction montrant le sort peu enviable d’une jeune femme violée par des policiers. Un film en quasi temps réel, à découvrir en avant-première. La Belle et la Meute Au Lumière Terreaux ​le lundi 9 octobre à 20h30

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"Fractus V" de Cherkaoui

Danse | Tant dans sa gestuelle que dans ses modes de collaboration et de création, le chorégraphe Sidi Larbi Cherkaoui fait montre d'une exceptionnelle souplesse. (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 16 mai 2017

Tant dans sa gestuelle que dans ses modes de collaboration et de création, le chorégraphe Sidi Larbi Cherkaoui fait montre d'une exceptionnelle souplesse. Sa pièce Fractus V (présentée du 16 au 19 mai à La Maison de la Danse) s'inspire de la critique des médias de Noam Chomsky et rassemble des musiciens et des danseurs d'horizons très divers (hip-hop, flamenco, nouveau cirque...). Soit neuf artistes au total pour un entre-tissage s'annonçant fluide et intense !

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DJ Deep, l'esthète

Clubbing | Si aujourd'hui "la deep" est parfois synonyme de soupe aseptisée, ce sous-genre de la house music fut longtemps le repère des esthètes et des puristes, des (...)

Sébastien Broquet | Mardi 17 janvier 2017

DJ Deep, l'esthète

Si aujourd'hui "la deep" est parfois synonyme de soupe aseptisée, ce sous-genre de la house music fut longtemps le repère des esthètes et des puristes, des gardiens de l'esprit originel, garants d'une house nourrie de vocaux empruntés au garage, d'un beat ne dépassant pas les 120 BPM, d'influences piochées dans la sono mondiale (les percussions latines ou haïtiennes, le petit riff de guitare afrobeat, ce genre). On disait deep, pour évoquer la profondeur de l'âme, de la soul s'en dégageant. Une musique de club, au sens propre du terme : ici, l'on dansait entre connaisseurs et mélomanes. En France, un homme incarnait ce style au point d'en avoir pris le nom : DJ Deep. Cyril Étienne des Rosaies de son vrai nom. Un esthète, en effet. Converti dès 1988, vite coopté par Laurent Garnier, qui le convie à ses côtés, du Boy (on écoutait alors beaucoup de deep house dans la sphère gay) au Rex Club dont il devient à son tour l'un des résidents. Au Queen,

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Danse, un nouvel élan

La Rentrée Danse | L'année chorégraphique 2017 commencera tambour battant avec la deuxième édition du Moi de la Danse (du 26 janvier au 12 février, aux Subsistances), festival (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 3 janvier 2017

Danse, un nouvel élan

L'année chorégraphique 2017 commencera tambour battant avec la deuxième édition du Moi de la Danse (du 26 janvier au 12 février, aux Subsistances), festival visant à déplier la diversité de nos identités à travers le mouvement. Carolyn Carlson y présentera, par exemple, trois soli inspirés par les éléments naturels (vent, vagues...), le suisse Thomas Hauert une mise à nu de l'ambivalence des sentiments humains sur un madrigal de Monteverdi, et Maud Le Pladec une création à forte teneur autobiographique... Au même moment (du 25 janvier au 3 février), la Maison de la Danse consacrera un "archipel" à l'une des figures les plus connues de la danse contemporaine française, Angelin Preljocaj. Avec trois pièces au programme de cette mini-rétrospective : la reprise du ballet Roméo et Juliette dans des décors d'Enki Bilal créé à Lyon en 1996, une "soirée de duos" traversant plusieurs pièces de Preljocaj, et une création inspirée d'un conte médiéval chinois où le réel et l'imaginaire viennent à se confondre.

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Insomniaque : vos trois soirées du week-end

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 7 juin 2016

Insomniaque : vos trois soirées du week-end

10.06.16 > TRANSBORDEUR WE ARE REALITY Le come-back du fils prodigue : Agoria est de retour au Transbordeur pour une nuit où il fait non seulement office de headliner pétri de talent, dont les sets regorgent de ressources, naviguant sur toutes les vagues des musiques électroniques pour agiter le dancefloor, mais aussi d'hôte parfait ; car c'est lui qui convie ici une moitié d'Âme, celle se produisant live, à savoir Frank Wiedemann l'esthète d'une house hypnotique comme on peut la savourer sur son label Innervisions. Communion. 10.06.16 > DV1 KEEPSAKES Voilà, c'est fini. C'est la dernière pour ce petit club du bas des pentes, qui depuis de longues années ne se contentait pas de programmer du DJ techno à la chaîne mais savait donner sa chance à de jeunes talents, à des promoteurs débutants. La mort d'un club, c'est souvent un bout de l'âme d'une ville qui s'envole. Mais aussi, parfois, une

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Le Ninkasi Kao remet la pression

Musiques Actuelles | La vie des salles lyonnaises est animée ces derniers mois : c'est désormais le Ninkasi Kao qui fait l'actualité en relançant son activité de production de concerts mais pas seulement, comme nous l'explique Christophe Moulin, tout nouveau directeur de la partie musicale, venu de Caen où il avait fondé le festival Nördik Impakt.

Sébastien Broquet | Mardi 10 mai 2016

Le Ninkasi Kao remet la pression

Pourquoi le Ninkasi relance l'activité de concerts au Kao maintenant ? La raison est lointaine et dépasse de très loin mon arrivée, le 1er mars dernier. Les concerts s'étaient arrêtés depuis 2009, quand les pouvoirs publics ont décidé de ne plus verser de subventions à l'association Kao Connection, qui portait alors cette activité. Nous avons décidé de relancer un projet culturel fort, pas seulement des concerts qui n'en sont qu'une partie, mais aussi de développer un soutien aux groupes émergents, de l'accompagnement, des résidences, un soutien en communication... La production de concerts va faire partie d'un ensemble cohérent, utilisant les différents espaces du lieu. C'est une envie de mettre le pilier musique au cœur du projet avec Christophe Fargier, le directeur, au delà du simple concert : le Ninkasi est un ensemble formidable, on ne se refusera rien. Pour quelle direction artistique ? Nous n'avons aucune subvention aujourd'hui, donc nous sommes dans une économie toujours précaire. Mais nous voulons un projet ambitieux, pertinent, au cœur de la ville et collaboratif avec les différentes associations lyonnaises, c

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Clubbing : Les trois soirées de la semaine

MUSIQUES | 29.01.16 ENCORE : THEO PARRISH L’une des plus belles et fascinantes perles de la house music, le rare Theo Parrish, fait escale au Transbordeur - (...)

Sébastien Broquet | Mardi 26 janvier 2016

Clubbing : Les trois soirées de la semaine

29.01.16 ENCORE : THEO PARRISH L’une des plus belles et fascinantes perles de la house music, le rare Theo Parrish, fait escale au Transbordeur - c’est confirmé, malgré des soucis personnels il a tenu à assurer son set au long cours - quatre heures - où le groove sera omniprésent sous les doigts agiles de ce maître de la scène de Détroit, cette famille où se côtoient également Moodymann et Marcellus Pittman. Ses apparitions n’étant pas si fréquentes, réservez vite. Lotfi (La Face B) assurera le warm-up. Culte. 29.01.16 PALMA SOUND-SYSTEM Trio parmi les plus prometteurs de la ville, le collectif lyonnais Palma a installé une résidence mensuelle au Sucre où ils défendent leur vision d’une techno influencée par l’electronica et la minimale : l’occasion d’entendre les productions sorties récemment sur leur propre label, le tout nouveau Palma Records. L’invité du soir étant Aubrey, originaire de Portsmouth où il

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Yves de Mey réveille l'ambient

MUSIQUES | Sound designer rare et discret, Yves de Mey nous ramène vers les belles heures de l’electronica de la seconde moitié des années 90, lorsque Sub Rosa et (...)

Sébastien Broquet | Mardi 19 janvier 2016

Yves de Mey réveille l'ambient

Sound designer rare et discret, Yves de Mey nous ramène vers les belles heures de l’electronica de la seconde moitié des années 90, lorsque Sub Rosa et Mille Plateaux étaient les labels à suivre absolument et que Black Sifichi mêlait King Tubby et Scorn dans ses émissions de radio. Si le genre s’est évanouit par trop d’inconstance, ce producteur belge basé à Anvers, programmé par le Périscope dans le cadre de sa soirée Less is Techno lui redonne une ardeur nouvelle : de l’ambient post-industriel jusqu’à l’electronica la plus éthérée, les influences se mêlent et se croisent en deux même points de fusion : le dark, et l’imaginaire. C’est une musique faite pour les catacombes et les souterrains, pour les méandres et l’écho des cavernes, construite de notes hésitantes qui grandissent au fil de la partition, prennent soudain tout l’espace avant de se fondre dans un environnement sonore brumeux où l’ambiance et l’atmosphère comptent bien plus que la mélodie ou l’éventuel beat - lequel est quasi absent. Evidemment, Yves De Mey compose pour des chorégraphes, troupes de théâtre ou des cinéastes, ce qui semble l’écosystème naturel de son uni

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Les soirées du 14 au 27 octobre

MUSIQUES | 16.10 Encore Six mois ont beau s'être écoulés depuis son dernier passage (en mars, déjà au Transbordeur et déjà sous bannière Encore), on ne sait toujours pas (...)

Benjamin Mialot | Mardi 13 octobre 2015

Les soirées du 14 au 27 octobre

16.10 Encore Six mois ont beau s'être écoulés depuis son dernier passage (en mars, déjà au Transbordeur et déjà sous bannière Encore), on ne sait toujours pas prononcer le nom du duo suédois Shxcxchcxsh – "sèche-cheveux", nous propose notre correcteur orthographique. On reste en revanche intimement persuadé que la techno qu'il produit, aqueuse et inquiétante, est l'une des plus singulières du moment – et son live d'autant plus immanquable qu'il sera précédé du sensationnel Ritual de Flore et d'un concert de l'architecte post-indus Kankding Ray, principale attraction du dernier Mirage Festival.

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Les soirées du 8 au 21 avril

MUSIQUES | 5 RDV nocturnes à ne pas manquer d'ici le 22 avril : Audio Werner au DV1, DJ Deep à la Plateforme, la 45 Live Party du Kafé, la Dial Label Night du Sucre et Soundstream au Kao. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 7 avril 2015

Les soirées du 8 au 21 avril

11.04 In/side #10 De bourdonnements en cliquetis, il est fréquent qu'un morceau de musique électronique soit accueilli par des comparaisons avec des bruits d'insectes. Le Berlinois Audio Werner, fondateur du label Hartchef Discos, a pris la chose au pied de la lettre : Zwrtshak Drive, le petit tube de house minimale qui l'a fait connaître en 2004, était porté par le chant de centaines de crickets. Il n'a depuis pas renouvelé l'expérience. Des morceaux pareillement obliques et maniaques, il en a en revanche enregistré suffisamment pour que la seule annonce de sa venue au DV1 nous mette des fourmis dans les jambes.

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Sidi Larbi Cherkaoui au nirvana

SCENES | Fruit de l'improbable rencontre entre le chorégraphe Sidi Larbi Cherkaoui et des moines du temple Shaolin, "Sutra" donne à voir les puissants contrastes de la Chine dans un grand et beau geste martial. Et arrive enfin à Lyon, sept ans après son triomphe en Avignon. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 31 mars 2015

Sidi Larbi Cherkaoui au nirvana

Quand ils ne sont pas occupés à se forger un corps et un mental d'acier, les pensionnaires du monastère Shaolin se donnent en spectacle aux quatre coins du monde, dans des démonstrations d'arts martiaux où leur virtuosité est employée à mauvais escient :comme une couverture d'un trafic de bracelets porte-bonheur, là où elle devrait être pur véhicule de leur pensée bouddhiste. Elle l'est toutefois dans Sutra, une pièce pour une vingtaine de moines guerriers et un danseur imaginée en 2007 par Sidi Larbi Cherkaoui lors de séjours au dit temple, perché au sommet de l'une des cinq montagnes sacrées que compte la Chine – le mont Song, à l'est du pays. Fan de Bruce Lee et alors en quête d'une sérénité ravie par l'accueil mitigé réservé à son précédent travail (Myth), le chorégraphe y a fait l'expérience d'une discipline de vie plus raccord avec ses aspirations – il est végétarien et indifférent à l'alcool depuis l'adolescence – que celle de sa Belgique natale. Et rencontré des jeunes gens mus par «une véritable envie de s’exprimer, de tendre une main». A fond la caisse Sa belle idée est de les avoir laissé le faire à l

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Sublimissito

SCENES | Formée dans son Japon natal, où elle a étudié le ballet classique dès ses cinq ans avant de partir poursuivre sa formation aux États-Unis, (...)

Aurélien Martinez | Mardi 17 mars 2015

Sublimissito

Formée dans son Japon natal, où elle a étudié le ballet classique dès ses cinq ans avant de partir poursuivre sa formation aux États-Unis, Kaori Ito est une danseuse d'exception, qui illumine même les plateaux les plus bancals de sa présence et de sa technique. De Philippe Decouflé à Angelin Preljocaj en passant par Alain Platel ou James Thierée, de nombreux chorégraphes européens renommés ne s'y sont pas trompés. C’est dire si, en décidant de dresser son portrait chorégraphique, le touche-à-tout Aurélien Bory (dont a récemment pu redécouvrir l'excellent Plan B), avait toutes les cartes en main pour créer un très beau spectacle. C’est justement ce qu’il a fait : son Plexus (littéralement «réseau de filets nerveux ou de vaisseaux») est un hommage sublime à la danseuse et à son corps, qui n'a de frêle que l'apparence au vu de ce qu’elle en fait, elle qui a été «soumise à des influences contraires, tiraillée entre des choix artistiques». «Ces tensions l'ont traversée» explique Aurélien Bory en note d’intention. Dans une scénographie très visuelle, faite de milliers de fils en nylon, Kaori Ito est ainsi tour à tour f

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Nuits Sonores 2015 – La programmation de nuit

MUSIQUES | Ouvert sur le monde et recentré sur la musique électronique. Tel s'annonçait Nuits Sonores 2015 à la découverte de sa programmation de jour. Tel s'affirme le festival à l'heure de dévoiler son pendant nocturne. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 11 février 2015

Nuits Sonores 2015 – La programmation de nuit

C'est quoi, être rock en 2015 ? Les lecteurs de Rock & Folk ont sans doute leur (fausse) idée sur la question. Les autres, nous sommes au regret de vous le confirmer, ne trouveront pas la réponse à Nuits Sonores cette année – à moins que le "concert spécial", pour l'instant tenu secret, ne vienne nous contredire. Grande absente de la programmation de jour, la musique électrique ne constitue en effet que la portion congrue de son homologue nocturne, bien que l'on se réjouisse des venues du polarisant Jessica93 (de ce côté-ci de l'écran, on adore sa noise pour périphérique), des intransigeants et déjantés Future of the Left, des industrieux industriels de The Soft Moon ou des Saints, a.k.a. les Ramones du pays des kangourous, à l'affiche du Circuit. Circuit d'ailleurs encore en cours de montage mais qui, outre son habituel cortège d'activistes locaux (Flore, Manoo, Kosme...), promet d'ores et déjà pas mal de dilem

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Les moments forts de la saison danse 2013/2014

SCENES | Un Toboggan dont on ne connaît pas encore la programmation, un Ballet de l'Opéra qui reprend un génial mais énième opus de William Forsythe, une Maison de la Danse qui ouvre sa saison avec Benjamin Millepied... Le début de l'année chorégraphique n'est pas des plus fous. Les choses devraient toutefois s'arranger par la suite. La preuve en dix rendez-vous. Jean-Emmanuel Denave et Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 10 septembre 2013

Les moments forts de la saison danse 2013/2014

Limb's Theorem Créé en 1990, transmis au Ballet de l'Opéra en 2005, «le théorème des limbes» (limb pouvant aussi désigner le bord ou le membre, polysémie dont joue le chorégraphe) est l'une des pièces phares du grand William Forsythe. Inspiré par l'architecte Daniel Libeskind et les écrits du philosophe Wittgenstein, il y plonge ses interprètes dans des jeux de pénombre et de clair-obscur parmi un dispositif spatial et "machinique" complexe et parfois infernal. Le tout baigné de la bande sonore de son complice Thom Willems, oscillant entre musique et drones assourdissants. Une pièce aussi folle que réglée au cordeau, qui se tisse d'oppositions entre l'humain et la technique, la forme et le chaos, la danse et l'enfer mécanique.A l'Opéra, du 13 au 19 septembre  

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Insomniaque - Semaine du 3 au 9 juillet

MUSIQUES | Les trois soirées à ne pas manquer cette semaine. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 27 juin 2013

Insomniaque - Semaine du 3 au 9 juillet

05.07 Un été suédoisOn connaissait l'été indien, cette saison qui n'existe que dans le nord de l'Amérique. C'en est un scandinave que la marque suédoise WeSC invite à passer gratuitement tous les vendredis (jusqu'au 30 août) à La Plateforme, avec la complicité de quelques méritants collectifs locaux (Basse Résolution, Palma, Propagang...) et de Clara Moto, dans le rôle du solstice. Vous auriez trouvé plus logique et exceptionnel que se produise The Field ou The Embassy ? Nous aussi. Mais nous avons trop d'estime pour la tech house so cute de la belle Autrichienne pour faire la fine oreille. 06.07 La GuinguetteComme nous vous l'annoncions dans nos colonnes en mai, Sophie Broyer quittera prochainement la direction de L'Épicerie Moderne. Le samedi qui vi

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Insomniaque - Semaine du 26 juin au 2 juillet

MUSIQUES | 28.06 – AF001 "Enthusiast"Ça y est, c'est officiel : Le Sucre, le rooftop qui fit les belles nuits de la Biennale d'art contemporain à l'automne 2011, (...)

Benjamin Mialot | Lundi 24 juin 2013

Insomniaque - Semaine du 26 juin au 2 juillet

28.06 – AF001 "Enthusiast"Ça y est, c'est officiel : Le Sucre, le rooftop qui fit les belles nuits de la Biennale d'art contemporain à l'automne 2011, devient pérenne. Et ce à compter de cette fin de semaine, date non pas de son inauguration (programmée pour septembre), mais de sa pré-ouverture, qui se poursuivra tout l'été via une bonne quinzaine de soirées. Vu la tronche de la première, en forme de launch party du nouvel album du Berlinois Siriusmo, dauphin surdoué d'Aphex Twin et petit frère bizarroïde de Modeselektor, on est bons pour une dérégulation glycémique. 29.06 Cruel Summer OpeningSi sa direction artistique

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Insomniaque - Semaine du 10 au 16 avril

MUSIQUES | 12.04 Carte blanche à Anton SerraAprès celui de Lucio Bukowski, c'est au tour du premier album d'Anton Serra de certifier la bonne santé de L'Animalerie, (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 5 avril 2013

Insomniaque - Semaine du 10 au 16 avril

12.04 Carte blanche à Anton SerraAprès celui de Lucio Bukowski, c'est au tour du premier album d'Anton Serra de certifier la bonne santé de L'Animalerie, collectif rapologique multicéphale que nous n'avons de cesse de brosser dans le sens du poil (soyeux le poil). Il en fêtera la parution au Marché Gare, en compagnie de ses acolytes à crinière bien sûr (et de La Microfaune, autre chouette bande de kickeurs lyonnais), le temps d'une carte blanche qui, connaissant la sympathie et la vitalité de tout ce petit monde, devrait rapidement virer à la teuf entre potes.   12.04 Club 69Prenez un magazine culturel de qualité (Snatch) et un organisateur de neverending parties au goût sûr (Mercredi Production). Enfermez-les dans une salle de réunion sans fenêtre, laissez-les tempêter du c

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Nuits de Fourvière 2013 - La programmation

MUSIQUES | Pour certains, le début du printemps coïncide avec la floraison des crocus et le réveil des hérissons. Pour d'autres, elle s'incarne dans un bouillonnement hormonal, dans une atmosphère révolutionnaire ou dans une recrudescence de la présence de punks à chien (les hirondelles des citadins). Au Petit Bulletin, le printemps devient réalité au moment où les Nuits de Fourvière dévoilent l'intégralité leur programmation. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Samedi 23 mars 2013

Nuits de Fourvière 2013 - La programmation

Cette année, c'est ve lundi 25 mars à 11h que les Nuits de Fourvière ont annoncé qui, à l'instar de M (13 juin), Dead Can Dance (27 juin), Crosby, Stills & Nash (16 juillet) et Nick Cave (27 juillet), aura cet été l'insigne honneur d'être enseveli sous des coussins – au contraire du Cirque Plume qui, pour rappel, investira le Parc de Parilly du 28 juin au 1er août. La colline a des vieux S'il fallait résumer la teneur de cette édition 2013 des Nuits en un mot qui n'existe pas, ce serait vénérabilité. Et pour cause ! L'événement a beau accueillir chaque année son lot de mythes vivants, on a rarement vu une telle concentration d'artistes aux carrières longues comme des jours sans communiqués de presse (notre pain quotidien) à son affiche. Jugez plutôt : outre le rereretour du metteur en scène Georges Lavaudant (en ouverture du 4 au 12 juin avec un Cyranoc de Bergerac), les antiques hauteurs de Lyon verront défiler les chorégraphes Angelin Preljocaj

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Bonne chouc' bon genre

MUSIQUES | Pour les activistes des musiques électroniques aussi, c'est la reprise. Enfin, façon de parler, l'été lyonnais s'étant révélé, grâce aux soirées Cruel Summer et Beats (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 7 septembre 2012

Bonne chouc' bon genre

Pour les activistes des musiques électroniques aussi, c'est la reprise. Enfin, façon de parler, l'été lyonnais s'étant révélé, grâce aux soirées Cruel Summer et Beats on Boats, plus rythmé qu'une danse hassidique dans un film de Gérard Oury. Anyway, cette semaine, deux rendez-vous méritent une privation de sommeil. D'un côté, la sixième session Mauvais Genre, toujours organisée par Ed'n'Legs et où se produiront notamment Danny Daze et Manik, deux intimes du très en vogue label Hot Creations (fondé par Jamie Jones, a.k.a. «le meilleur DJ du monde» selon le zine de référence Resident Advisor). De l'autre, La Croisière Berlinoise, proposée par la compagnie Elektro System et pilotée par Sascha Braemer, Dj résident de ce haut lieu de la vie nocturne teutonne qu'est le Bar 25. Mais il y a un hic : les deux événements prennent place à la même date, à savoir vendredi 14 septembre, respectivement au Kao et à la Plateforme. Il va donc falloir faire un choix. Ou demander de l'aide au Professeur Oumar, ce grand marabout au taux de résolution de problèmes de 100% qui laisse régulièrement des flyers dans votre boîte aux lettres.

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Nuits Sonores – Samedi 19 - Report

MUSIQUES | Sept lieux, six sessions de 9h de live, trois concerts spéciaux. Il fallait bien ça pour fêter les dix ans de Nuits sonores, fleuron européen de la musique électronique (et plus si affinités). Compte-rendu du jour 4. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Dimanche 20 mai 2012

Nuits Sonores – Samedi 19 - Report

Trois sur neuf. Nous n'avons deviné les noms que de trois des neuf invités qui, hier, se sont relayés jusqu'au petit jour aux platines de la secret stage des anciennes usines Brossette. Même pas la moyenne. Nulle incompétence derrière ce pronostic de parieur mutuel urbain du dimanche, seulement le reflet du crédit que l'on accorde à Nuits sonores. Quitte à éprouver des regrets là où tout ne devrait être que gratitude.     Stage divin Il faut reconnaître qu'Arty Farty nous a fait un beau cadeau avec ce secret stage, foulé dans l'ordre par Clara Moto, The Hacker, Gesaffelstein, Oxia, Dixon, un Ricardo Villalobos tout juste remis de son examen du très exigeant catalogue du label ECM aux Célestins, Brodinski, Agoria et Laurent Garnier. Reconnaître également que, même si nous étions en attente d'une surprise qui n'est jamais venue, d'un

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Nuits Sonores 2012 - Ten years secret stage - Nos pronos

MUSIQUES | À quelques heures du coup d'envoi du premier bouquet final de la dixième édition de Nuits Sonore (le second étant, comme vous le savez, le highly anticipated concert de New Order), prenons quelques minutes pour faire le point.

Benjamin Mialot | Samedi 19 mai 2012

Nuits Sonores 2012 - Ten years secret stage - Nos pronos

Des rumeurs plus ou moins folles voire carrément démentes circulent quant à l'identité des mystérieux Dj's qui auront l'honneur/la lourde tâche de tenir la grande scène de Brossette samedi soir pour la Ten years secret stage. Agoria Co-fondateur du festival et poster boy de la musique électronique d'ici, Sébastien Devaud ne peut pas ne pas être du lot. Probabilité : 100% Laurent Garnier Un habitué des lieux qu'on ne présente plus. Il se murmure qu'il mixera en compagnie de son collègue du dessus. En tout cas, il sera forcément là : il n'a plus de place dans son calendrier, sauf, comme par hasard, le 19 mai. Probabilité : 100% Clara Moto L'Autrichienne a droit à un portrait dans le journal frappé du sceau Red Bull qui circule sur le festival... alors qu'elle n'est pas programmée. Coïncidence ? On ne pense pas. Probabilité : 80% Daft Punk Le ouï-dire le plus invraisemblable, à tel point qu'il a depuis sa diffusion été

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Échos au crépuscule

ACTUS | Insomniaque / C’est bientôt la fin pour les Échos sonores : arrivés à leur centième rendez-vous, ils couperont définitivement le son… Une dernière salve qui est aussi, pour Arty farty, un moyen de préparer un avenir chargé. Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Dimanche 13 novembre 2011

Échos au crépuscule

Créés dans la foulée de la deuxième édition de Nuits Sonores, les Échos sonores ont permis à Lyon de se replacer sur la carte de l’électro et du clubbing hype, et pas seulement le temps d’une semaine de festival. Pensés comme un pendant régulier de ce grand raout annuel, mais aussi comme sa vitrine auprès du public lyonnais, les Échos sonores ont beaucoup navigué durant ces sept années ; si La Plateforme a accueilli la majorité de leurs escales, ils se sont aussi amarrés du côté de Jazz à Vienne, du DV1, de l’Épicerie Moderne à Feyzin, des Subsistances et du Transbordeur, notamment depuis le changement de sa direction. Quant aux artistes invités, ils représentent une histoire fidèle de ce qui s’est passé en matière de musique électronique depuis 2003 : de la déferlante Justice au culte Squarepusher, du phénomène Birdy Nam Nam au vétéran Kevin Saunderson, toutes les esthétiques, des plus fashion aux plus alternatives, sont passées par les Échos. Comme un drôle de présage, un des habitués du rendez-vous, Dj Medhi, n’a pas pu honorer la cinquième date qu’il devait faire à Lyon sous ce label pour cause de chute mortelle, et ce l’année où les Échos sonores ont décidé de baisser le ri

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Electro - ÉCHO SONORE

MUSIQUES | Let the children technoEn 2010 à Nuits Sonores, Pedro Winter alias Busy P, le créateur d’Ed Banger, avait applaudi le public lyonnais en jurant qu’il (...)

Dorotée Aznar | Jeudi 10 février 2011

Electro - ÉCHO SONORE

Let the children technoEn 2010 à Nuits Sonores, Pedro Winter alias Busy P, le créateur d’Ed Banger, avait applaudi le public lyonnais en jurant qu’il reviendrait. Alors le revoilà, avec dans ses bagages une toute nouvelle compile, Let The Children Techno, qui ressemble à une photo de famille. Au premier plan, on retrouve bien sûr les poulains de Pedro (Sebastian, Breakbot et Dj Mehdi, qui seront sur scène avec lui). Mais au-delà d’un son perce-muraille, le clan Ed Banger, c’est aussi tous les proches, les pros, les amis, qui partagent avec Busy P la vision d’un dancefloor secoué du bocal. Arty Farty en faisant partie, pas étonnant que «la famille» s’arrête au Transbordeur, jeudi 17 février, pour un Écho Sonore dédié aux huit ans du label. Les rejetons de Justice y feront le plein de BPM. SL

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Agoriaphilie

MUSIQUES | Inspirant au passage la philosophie bouddhiste avec son concept d'impermanence (cf : Le Bouddhisme pour les Nuls), Héraclite disait : «On ne peut jamais (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 28 janvier 2011

Agoriaphilie

Inspirant au passage la philosophie bouddhiste avec son concept d'impermanence (cf : Le Bouddhisme pour les Nuls), Héraclite disait : «On ne peut jamais descendre deux fois dans la même rivière, car de nouvelles eaux s'écoulent toujours sous vous». Manière de dire que choses et êtres changent en permanence, au gré d'atomes plus ou moins crochus. Cela vaut bien sûr pour les artistes, les musiciens, et même, si ça se trouve, les mîmes. Certes, il est pourtant des artistes dont l'immobilisme forcené nous incite parfois à remettre en doute la vieille loi d'impermanence. Il y a ceux, aussi, qui envoient tout valser (comme le chantait si bien Zazie ou François Feldman, à force on ne sait plus) et qu'on ne reconnaît pas d'un jour sur l'autre. Et puis il y a Agoria, dont le nom aurait presque quelque chose de philosophique côté grec, et dont l'Impermanence musicale semble être, comme l'indique le titre de son dernier album, le moteur. Non, forcément que le Dj globe-trotter chercherait par la démonstration d'une hypercréativité tous azimuts à s'acheter une crédibilité de musicien (le fameux «complexe du Dj», généralement circonscrit aux mauvais Dj's). En réalité, ici, Agoria reste le même t

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InFiné : label épique

MUSIQUES | Le label ovni fondé par Agoria a érigé la simplicité au rang d'exigence. Et inversement. SD

Stéphane Duchêne | Vendredi 28 janvier 2011

InFiné : label épique

«Easy music for the hard to please», tel est, depuis 2005, le mantra du label InFiné, sa punchline, sa raison sociale, valant raison d'être. Autant dire qu'ici on n'a pas mis les pieds sur du dance-floor hard-discount. Reste que le go-go pas nécessairement danseur se dira qu'il y a peut-être comme un petit biais linguistique qui vaudrait quasiment publicité mensongère. «Easy, easy», même pour les chats difficiles, voilà qui semble plus facile à dire qu'à écouter. Car le catalogue InFiné au fond, c'est quoi : une guirlande de bizarreries où un musicologue ne retrouverait pas ses petits. Logiquement un peu vite catalogué label techno, InFiné en propose, ne serait-ce qu'à commencer par Agoria, son fondateur, qui est donc ici chez lui. Mais parfois dans des versions suffisamment tordues ou épurées pour faire perdre le La à l'auditeur en quête de repères : Arandel et son électro des bois bloqué en Ré, Ark et son kolossal minimalisme. Mais l'exemple le plus flagrant de l'esprit InFiné, en même temps que l'un de ses plus beaux fleurons, est sans doute Francesco Tristano, également membre d'Aufgang. Un type à qui une fée a dit un jour : «tiens, toi tu t'appelles Francis Tristounet, voilà u

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Agoria en quelques dates

MUSIQUES | 1988 : Première claque sonore avec la découverte de Good Life d’Inner City. Une vocation est née.1993 : Première date marquante aux platines. Agoria joue au (...)

Dorotée Aznar | Mercredi 26 janvier 2011

Agoria en quelques dates

1988 : Première claque sonore avec la découverte de Good Life d’Inner City. Une vocation est née.1993 : Première date marquante aux platines. Agoria joue au Space en ouvrant pour Carl Cox et Richie Hawtin.1999 : Sortie du Kubick 01. «Un disque inaudible aujourd’hui, avoue Sébastien, mais c’est le premier que j’ai fait». Produit par Cyrille Bonin.2003 : Création de Nuits Sonores. «Je suis heureux d’avoir participé à la genèse de cette odyssée. C’est une expérience qui m’a beaucoup appris et apporté».2006 : Création du label InFiné avec Alexandre Cazac et Yannick Matray.

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De plateaux en platines

MUSIQUES | Avec Impermanence, Agoria livre l’album qui reflète le mieux son amour pour les musiques de cinéma, les découvertes vocales et la techno toujours tournée vers Detroit. Parcours et portrait d’un électron lyonnais qui tutoie librement les sommets. Stéphanie Lopez

Dorotée Aznar | Mercredi 26 janvier 2011

De plateaux en platines

Il était parti pour être assistant réalisateur, il est devenu Dj et producteur. Sans regret. Sans s’étonner non plus si, aujourd’hui, le cinéma revient naturellement vers lui. Il faut dire qu’Agoria n’est pas du genre à cloisonner les univers, son parcours musical ressemblant depuis Blossom à un bouquet multicartes, multicolore et grand ouvert. En 2004 déjà, sa première compile mixée s’ouvrait sur le thème de Mulholland Drive. L’influence de Badalamenti ressurgissant quatre ans plus tard sur la bande originale de Go Fast, une musique de film qui tourne à l’album perso, rien d’étonnant non plus si, aujourd’hui encore, les ambiances de salles obscures continuent d’imprégner des morceaux comme Under The River. Chez Agoria comme au Rex Club, sa résidence parisienne, les clubbers ne sont jamais loin des salles de cinéma. «C’est vrai. Il se trouve qu’on m’a proposé de faire la musique du film Viva Riva (sortie au printemps dans les salles – NdlR) pendant que je travaillais sur Impermanence. Finalement, je n’ai pas été retenu, mais j’ai quand même utilisé les ébauches que j’avais composées, ce qui m’a donné pas mal de matière pour l’album. Depuis Go Fast, je reçois diverses propositions d

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AGORIA

MUSIQUES | La nuit lyonnaise et l’évolution de la scène électro vue par le producteur et Dj que le monde entier nous envie. Propos recueillis par Stéphanie Lopez

Dorotée Aznar | Mercredi 15 décembre 2010

AGORIA

La scène lyonnaise en 1997, c'était... AGORIA : Très difficile en terme de jouissance et de communion électronique. On était en pleine vague de répression, même si quelques lueurs pointaient. C'était l'époque des rendez-vous sur une aire d'autoroute, des infolines, des vers luisants à la recherche d'un lieu de festivités qui parfois n'existait pas. C'était l'époque où les commissions de sécurité annulaient une soirée techno, même en club, sous prétexte qu'une prise de courant était trop proche d'un évier ! C'était frustrant et donc excitant. Cela a formé des irréductibles devenus pour la plupart des collègues ou amis. Un acteur majeur de cette période est Cyrille Bonin. En créant Kubik, il a distribué des disques techno du monde entier, mais aussi des artistes rhônalpins. Kubik était une sorte de coopérative, un village gaulois, qui oeuvrait pour la défense d'un Michigan français. On se retrouvait dans un hangar de la zone industrielle de Corbas avec Kiko, Oxia, The Hacker, Miss Kittin, Miloch, Strat, P.Moore, Marc Twins, Pat du Peuple de l'Herbe et d’autres petites gloires locales. On écoutait des vinyles de Detroit, les nouveaux Underground Resistanc

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Dossiers en cours : Le Ninkasi Kao

MUSIQUES | MORCEAUX CHOISIS DE SUJETS CULTURELS QUI FÂCHENT / DOSSIER : LE NINKASI KAO

Dorotée Aznar | Mardi 18 mai 2010

Dossiers en cours : Le Ninkasi Kao

Depuis septembre dernier et après sept ans d'existence, l'association Kao Konnection a cessé son activité dans le secteur des musiques actuelles. Le Ninkasi Kao est donc devenu une salle ouverte à la location, sans projet culturel et l'association est en cours de dissolution. Interpellé sur l'implication de la Ville de Lyon dans le Kao, Georges Képénékian, adjoint à la Culture, maintient sa position. «Christophe Fargier (directeur du groupe Ninkasi, NdlR) souhaitait transformer le Kao en Smac (scène de musiques actuelles), mais nous n'étions et ne sommes pas en situation financière de créer une telle structure». L'adjoint concède que le Kao était un «superbe outil» mais, selon lui, «à un moment, on se frotte à la réalité et on réalise que cela ne marche pas. Christophe Fargier a estimé qu'il lui fallait 40 000 euros de plus. Mais la plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu'elle a». Seule concession envisagée par la Ville de Lyon, une aide financière versée aux groupes émergents locaux qui se produiraient au Kao. Mais selon Georges Képénékian, «Christophe Fargier ne va pas arrêter de faire de la musique, il va continuer mais peut-être sans le soutien direct de la Ville». C

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Musique – Électro

MUSIQUES | ÉCHO SONORE 79 – AGORIA

Dorotée Aznar | Jeudi 10 décembre 2009

Musique – Électro

Vendredi 18 décembre, Agoria viendra mixer all night long à La Plateforme, et on connaît des blasés qui vont forcément soupirer : «Agoria pour le dernier Écho Sonore de l’année ? Ben c’est pas très exotique comme soirée…». Nous devrons alors expliquer à ces rabats-joie que, primo, Agoria n’a pas joué à Lyon depuis des mois, réclamé comme il est en tant que superstar Dj, il faut savoir qu’il passe désormais plus de temps entre ses résidences au Rex Club et à Sao Paulo qu’entre Bellecour et les Terreaux. Deuxio, même si sa présence à La Plateforme a l’air moins exotique que celle de Kenny Larkin, reste que Sébastien Devaud est à ce jour le seul artiste français à avoir signé un remix sur l’«imblanchissable» label UR, ce qui situe tout de suite le niveau «Detroit d’esprit», mondial de cœur dans sa musique.

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K.O. Konnection

CONNAITRE | Fermeture / C’est officiel, l’association Kao Konnection rend les armes. Les pertes de l’association et l’impossibilité d’obtenir une rallonge suffisante de subventions publiques ont eu raison de son activité. Stéphane Duchêne

Dorotée Aznar | Lundi 15 juin 2009

K.O. Konnection

On le savait, l’entreprise Ninkasi ne pouvait plus assumer comme par le passé son rôle de premier mécène de l’association Kao Konnection, créée en 2002, et réclamait à ses partenaires publics (Ville, Direction Régionale des Affaires Culturelles et Région) un soutien plus conséquent. Fin 2008, la Ville de Lyon avait alors consenti une rallonge de subventions de 20 000 euros, pour un total de 80 000 euros. Insuffisant pour l’association dont «les missions d’intérêt général /…/ auraient nécessité une participation plus importante de ses partenaires financiers». D’autant que, partout ailleurs, des salles comparables au Kao, répondant quant à elles au label SMAC (Salles de Musiques Actuelles), bénéficient de subventions publiques bien plus importantes. Mais pour la mairie de Lyon, «si la possibilité de classer le Kao en SMAC a été envisagée, il ne faut pas oublier que ce label est souvent propre à des villes de taille moyennes (comme Bourg-en-Bresse ou Saint-Étienne) concentrant l’ensemble des missions SMAC sur une seule structure. À Lyon, nous avons préféré travailler sur un réseau de salles complémentaires». Pour Jean-Marie Potier, programmateur de Kao Konnection qui ne

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Re-maquille toi

MUSIQUES | Révélation / "Les gens n'ont malheureusement aucune culture. Ils ont tendance à ne pas savoir que la techno de Detroit a été créée par des gros noirs qui (...)

Jerôme Dittmar | Jeudi 26 mars 2009

Re-maquille toi

Révélation / "Les gens n'ont malheureusement aucune culture. Ils ont tendance à ne pas savoir que la techno de Detroit a été créée par des gros noirs qui cachaient sous leurs platines vinyles des fusils à pompe. Il ne faut pas oublier ça" explique Grems, rappeur et leader hystérique du groupe Rouge à Lèvres. "En France, de toute façon, ça suce des bites et les artistes n'ont pas les couilles de créer leur propre truc à eux" paraphe-t-il de façon assez cinglante. Certes. Il en aura fallu une belle paire pour faire jaillir l'entité Rouge à Lèvres, excellente surprise de cette nouvelle édition de l'Original. Alors qu'ils écoutent Moodyman et Kerri Chandler il y a cinq ans, le rappeur Grems et son metteur-en-son Le 4Romain s'interrogent benoîtement : "Pourquoi personne n'a jamais rappé sur ce genre de musique ?", en l'occurrence la house chaleureuse et la techno colorée extraite du cœur de Detroit, ville aux relents industrielles. N'étant pas du genre à tourner autour du pot, les acolytes se mettent aussitôt au travail. En 2005 sort Maquille-toi, condensé de violence sexuelle bon enfant, de rap salace et de rythmes électroniques assez distinguées. Le rappeur John 9000 et l'ultra-habile

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Kaiser sosies

MUSIQUES | Musique / Les Kaiser Chiefs et leur rock tapageur, mélange de l'électro-pop martiale de DAF et du lyrisme bonhomme de Dexy's Midnight Runners, font pléthore (...)

| Mercredi 24 janvier 2007

Kaiser sosies

Musique / Les Kaiser Chiefs et leur rock tapageur, mélange de l'électro-pop martiale de DAF et du lyrisme bonhomme de Dexy's Midnight Runners, font pléthore d'émules sur le front du rock dansant. Et puisque eux-mêmes rechignent toujours à venir étrenner en terre lyonnaise leur ahurissante version live et éthylique d'Apocalypto («Y'a plus de Guinness les gars, sacrifions un ampli !»), on peut toujours se rabattre sur leurs petits frères : The Sunshine Underground (également originaires de Leeds) et The Automatic (pensionnaires du même label : B-Unique). L'un comme l'autre produisent ce rock goguenard et ouvrier qui roule les «r», avale la moitié des mots, et pose dans les magazines tout en prenant bien soin d'y paraître plus abruti et houblonné qu'une guenon alcoolique. The Sunshine Underground lorgne vers la grandiloquence froide de Bloc Party ou la morgue de Hard-Fi, mais, devant son nom à un titre des Chemical Brothers, refuse de choisir entre électro aguicheuse et rock précambrien. The Automatic, Gallois sauvageons, raniment l'euphorie potache de Super Furry Animals (avec qui ils partagent leur producteur). Plus punk et plus bas de plafond, ils n'en taillent pas moins volontiers

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Second Life

MUSIQUES | Musique / Razorlight est le genre de groupes qu'on attend toujours un peu au tournant, en général avec un flingue chargé. Et ce, pour d'immuables raisons (...)

| Mercredi 7 février 2007

Second Life

Musique / Razorlight est le genre de groupes qu'on attend toujours un peu au tournant, en général avec un flingue chargé. Et ce, pour d'immuables raisons quand il s'agit de rock britannique : pantalons moulants et bottines luisantes, têtes à bourre-pifs, et leader hâbleur, ici Johnny Borrell, au brushing façon bolduc et aux propos risibles du style : «je suis le nouveau messie du rock, aimez-moi et je sauverai vos âmes souillées par les Kooks, mes ennemis jurés». Leur premier album, Up all night, n'avait pas calmé nos a priori : une poignée de singles tranchants, certes, mais emballés dans du flan. Bref, comme beaucoup de leurs aînés de la «grande» époque britpop (Cast, Shed Seven, Menswear et 16 000 autres dont les noms nous échappent) et trop de leurs contemporains, les Razorlight étaient voués à ne pas survivre au second album et à retourner vendre des talonnettes dans quelque boutique de Muswell Hill. Sauf que non. Si Razorlight, album éponyme donc, reste un disque de pure pop britannique, il se démarque par le haut du tout-venant de la production actuelle. Pour la première fois depuis longtemps dans le rock anglais, on n'y trouve aucun éloge aux Clash ou aux Cure, usés jusqu'à

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Super champion

MUSIQUES | Musique / Star au Québec, Champion aura mis deux ans pour arriver jusqu'à chez nous et imposer son électro-rock hypnotique à l'esprit large. Premier contact scénique au Ninkasi Kao le 7 février. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 7 février 2007

Super champion

La France a beau avoir «des valeurs communes sur la liberté et la souveraineté du Québec», il semble évident que ces valeurs s'arrêtent quand on arrive sur le terrain musical. Ah ! quand il s'agit de nous envoyer la première chanteuse beuglante, c'est sûr que l'Hexagone est presque une terre d'asile ; mais pour le reste... Il aura fallu près d'un an pour que le premier Arcade Fire se retrouve chez les disquaires d'ici, et le cas de Champion (Maxime Morin à l'état civil) est encore plus éclairant. Plus d'un Dj a fait importer depuis belle lurette ses productions et en alimentait ses playlists, mais aucune maison de disques n'avait jugé bon de relayer sur le territoire français le succès remporté au Québec par son premier album, Chill'em all. Pourtant, les beats électro, les riffs de guitare et l'anglais chanté par une voix suave et soul ont a priori une certaine faculté à traverser les frontières... Mieux vaut tard que jamais, deux ans après, nous voici enfin en mesure de recevoir ce brillant électron libre dont la musique a de quoi ravir les férus de dancefloor comme les nerds scotchés à leur myspace. Tables et têtes tournantes D'abord Dj réputé à Montréal, Champion se lasse de n

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Le fils préféré

MUSIQUES | Musique / Jakob Dylan, Adam Cohen, Rufus Wainwright, Ziggy Marley, nombreux sont les «fils de» qui ont embrassé, avec plus (Jeff Buckley) ou moins (...)

| Mercredi 28 février 2007

Le fils préféré

Musique / Jakob Dylan, Adam Cohen, Rufus Wainwright, Ziggy Marley, nombreux sont les «fils de» qui ont embrassé, avec plus (Jeff Buckley) ou moins (Chris Stills) de réussite, la carrière de leur illustre géniteur. Mais s'il en est un pour qui se jeter à l'eau ressemblait à un saut de l'ange dans les ennuis, c'est bien Sean Lennon, l'enfant-roi de John et Yoko. D'autant que son demi-frère Julian (le Jude de Hey Jude) avait déjà essuyé les plâtres (et les quolibets) dans les années 80 avec ses vaines tentatives discographiques. Sean, lui, avait, pour son premier disque, Into the Sun (1998), évacué toute comparaison en signant, sur le label des Beastie Boys, un album qui flirtait davantage avec l'underground new-yorkais et la curiosité brindezingue de maman qu'avec les mélodies british de papa. Huit ans plus tard, il s'est pourtant décidé à en découdre avec l'héritage paternel sur Friendly Fire, collection morbide de fines ballades beatlesiennes sur le destin tragique de son meilleur ami (après avoir piqué la copine de Sean, il s'est tué en moto, c'est ballot). Mais, pied de nez au mythe familial, ses indéniables qualités de compositeur vont plutôt fouiner du côté de Brian Wilson, Ell

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Agoria face à l'agora

MUSIQUES | Musique / «Si un jour je fais un live, ce qui risque d'arriver, il faudra que je chante sur scène, alors...». Voilà ce que nous disait Agoria en septembre (...)

| Mercredi 7 mars 2007

Agoria face à l'agora

Musique / «Si un jour je fais un live, ce qui risque d'arriver, il faudra que je chante sur scène, alors...». Voilà ce que nous disait Agoria en septembre dernier, juste après la sortie de son deuxième album très réussi, The Green Armchair. Comme s'il prenait subitement conscience que ses audaces discographiques, l'électisme de ses productions et la liberté de ses inspirations allaient un jour devoir trouver un équivalent en concert ! Car si, en tant que Dj, il a déjà fait le tour du monde et tenté des duels de platines avec des pointures de l'électro, l'exercice du live restait pour lui un pas vers l'inconnu. En effet, les disques d'Agoria ne sont pas qu'un agencement brillant et dansant de samples bricolés sur des machines ou des ordinateurs ; sur un album d'Agoria, on y chante, on y chante. Et pas n'importe qui... Tricky, Neneh Cherry, Peter Murphy, Princess Superstar ou notre cher Scalde ont fait partie des invités spéciaux de ses morceaux. Même lui, sur le dernier titre de The Green Armchair, avait osé faire entendre sa voix, dans un exercice casse-gueule de spoken word relevé haut la main, qui rappelait Mirwais reprenant Gainsbourg sur son album Production. C'est donc le matc

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