Juste avant l'Evrest

Pascale Clavel | Dimanche 4 mars 2012

Faut-il encore le présenter ? Alexandre Tharaud, le pianiste élégant, l'interprète subtil au toucher sensuel. Nommé soliste instrumental de l'année aux Victoires de la musique classique 2012, ce pianiste inclassable est à Lyon pour deux soirées savamment ficelées, les 15 et 16 mars. Alexandre Tharaud, c'est un style, un esprit libre, une pulsation reconnaissable entre toute, une jouissance du phrasé, une explosion de couleurs et une spontanéité du discours dont on ne se lasse jamais. Sa relation quasi charnelle à son instrument peut surprendre : «J'aime l'instrument, au point d'en caresser le vernis, de l'embrasser avant de jouer…». Pour son passage à Piano à Lyon, il s'attaque à deux programmes qui n'ont strictement rien à voir. Il se confronte tout d'abord aux Variations Goldberg de Bach, l'un des sommets de la littérature pour clavier et consacre sa deuxième soirée à 10 sonates de Scarlatti, aux Funérailles de Liszt et à la Sonate N°2 de Chopin. Tharaud s'est déjà frotté à Bach mais là, c'est toute une soirée pour faire entendre à sa façon, des Variations Goldberg jouées avant lui par des Maîtres redoutables – pensons à Gustav Leonhardt, à Murray Perahia et autre monstre Glenn Gould, sacré parmi les sacrés. Qu'en faire après eux ? C'est ce que nous irons entendre salle Molière.
Pascale Clavel

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Rentrée classique 2016 : Lyon va piano

MUSIQUES | On vous a offert un agenda tout neuf pour 2016 ? Entre autres bonnes résolutions, vous allez pouvoir noter les rendez-vous classiques immanquables (...)

Philippe Yves | Mardi 5 janvier 2016

Rentrée classique 2016 : Lyon va piano

On vous a offert un agenda tout neuf pour 2016 ? Entre autres bonnes résolutions, vous allez pouvoir noter les rendez-vous classiques immanquables des mois à venir. Et ce sont les amoureux du piano qui seront les mieux servis tant les organisateurs de concerts ont convoqué à Lyon le gratin pianistique international. À l’Auditorium, on applaudira les padawans (l’Autrichien Till Fellner, de Beethoven à Berio le 11 mars, et Lang Lang, dont on vérifiera le 11 avril si la démesure sied au Concerto italien de Bach) comme le maître Murray Perahia, accompagné de l’Academy of Saint Martin-in-the-Fields le 4 juin. En attendant la réouverture de la Salle Molière, le piano s’écoute aussi Salle Rameau avec Ravel par Bertrand Chamayou le 5 février et un récital d’Alexandre Tharaud le 11 mai. À l’encre indélébile, vous noterez le double récital de Martha Argerich et Nicolas Angelich le 13 avril dans un monstrueux programme avec la version deux pianos du Sacre du Printemps. Ça ne se refuse pas. Et comme il n’y a pas que le piano dans la

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La rentrée musique côté classique

MUSIQUES | Cette saison, tous les lieux lyonnais consacrés aux musiques dites savantes affichent un programme qui ose, qui revendique, qui dénonce une époque contemporaine en plein repli. De belles expériences en perspective.

Pascale Clavel | Mardi 22 septembre 2015

La rentrée musique côté classique

Peter Pan, Jean-Sébastien Bach et Matrix sont dans un bateau. Rien d’halluciné dans ces propos, juste une lecture aiguë de la nouvelle saison de l’Auditorium. Depuis l’arrivée du très décomplexé Jean-Marc Bador à la tête de la maison, la programmation s’affole, s’emballe et le choix semble si vaste qu’on pourrait s’y perdre. Il faudrait tout tester, devenir un mélomane glouton. Certains diront qu’il y en a pour tous les goûts, d’autres que, franchement, c’est trop. Partons de l’idée que la proposition est alléchante. Les portes se sont ouvertes sur l’inoxydable Symphonie n°9 de Beethoven dirigée par Léonard Slatkin. Cerise sur le gros gâteau, le public s'est vu investi d’une belle mission : chanter l’Hymne à la joie à tue-tête, avec ses tripes et ses convictions, acte quasi politique en ces temps où la fraternité entre les peuples est plutôt mise à mal – Jean-Marc Bador et Léonard Slatkin martèlent d'ailleurs d’une seule voix leur volonté d'«effacer les distances et gommer le temps» ; vaste ambition, utopie régalante. L’énigmatique pianiste Hélène Grimaud et l’indémodable Ton Koopman seront tous deux artist

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Des airs de saison

MUSIQUES | En matière de musique classique, la proposition reste alléchante pour cette deuxième moitié de saison : variée comme on aime, surprenante comme on n'y croyait (...)

Pascale Clavel | Vendredi 3 janvier 2014

Des airs de saison

En matière de musique classique, la proposition reste alléchante pour cette deuxième moitié de saison : variée comme on aime, surprenante comme on n'y croyait plus. Quelques pistes pour se frayer un chemin de traverse dans un paysage musical parfois brumeux : en mars des Cantates de Bach par le chef d’orchestre japonais Masaaki Suzuki, à entendre au Festival de musique baroque de Lyon ; en avril, au même endroit, Marc Minkowski s’emparera avec fougue de La Passion selon saint Jean, pur bonheur. Du côté de l'Orchestre National de Lyon, on peut se frotter les mains, l’orchestre renouant pour de bon avec la musique vocale avec, en février, Roméo et Juliette de Berlioz, en mars les incontournables mais captivantes Carmina Burana et en avril La Passion selon saint Matthieu, dirigée par un Ton Koopman au sommet. Le Concert de L’Hostel Dieu offrira quant à lui un moment musical atypique, dialogue envoutant autour de la nuit, durant lequel les leçons de Ténèbres de Couperin s’emmêleront aux ragas des indiens. Piano à Lyon poursuit sur sa lancé

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