Electrochoc & Awe

Benjamin Mialot | Jeudi 15 mars 2012

Pionnier : d'avant-garde, qui s'engage dans une démarche nouvelle. On ne voit pas qualificatif plus approprié pour Electrochoc, dont l'édition 2012 se tiendra du 22 mars au 7 avril. Car voilà sept ans, soit bien avant que le terme éco-festival ne file des hauts le pacemaker aux têtes chenues de l'Académie Française, que ce «festival international de musiques électroniques et arts numériques» piloté par les Abattoirs de Bourgoin-Jallieu œuvre pour la cause environnementale. Non pas à coups de gobelets réutilisables et de toilettes sèches, mais en recyclant systématiquement une partie de sa programmation. Mike Ladd, le indie MC le plus influent de ce début de siècle ? À l'affiche l'an passé. Le Peuple de l'Herbe, fleuron rhodanien du hip-hop transfrontalier ? Bientôt trois participations. Étienne Jaumet, grand manitou du clavier analogique ? Reçu en 2012 avec Zombie Zombie. Pour autant, loin de nous l'envie de taxer l'organisation d'immobilisme. Pour la simple et bonne raison que ces (toujours très fréquentables) habitués ne sauraient cacher, de l'electronica plastique du Japonais Anchorsong à la cumbia goût dancefloor des Argentins de Fauna, la forêt de découvertes que ladite organisation fait chaque année pousser dans son ombre.
Benjamin Mialot

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Zombie Zombie : Stranger things

CONNAITRE | Entre électro psychédélique et krautrock allemand, Zombie Zombie navigue en eaux sombres. Formé par Étienne Jaumet et Cosmic Néman (le batteur d’Herman Düne), (...)

Lisa Dumoulin | Mardi 6 septembre 2016

Zombie Zombie : Stranger things

Entre électro psychédélique et krautrock allemand, Zombie Zombie navigue en eaux sombres. Formé par Étienne Jaumet et Cosmic Néman (le batteur d’Herman Düne), récemment rejoints par Dr. Schonberg, on peut dire que la magie noire opère entre ces trois touche-à-tout. Fans de cinéma d’horreur, ils ont sorti en 2010 un magistral et hypnotique album hommage aux films de Carpenter, sobrement intitulé Zombie Zombie Plays John Carpenter. Mais ce n’est que la facette visible de leur planète noire. Écoutez l’entêtant Rocket number 9, reprise de Sun Ra, jazzman mystique du siècle dernier. Ou encore Land for Renegades, épopée cosmique en col pelle à tarte sous LSD. Tenez-vous prêts pour le décollage. Samedi 10 septembre au vélodrome d

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Sir Jean, Black Lyon

Portrait | Vous l’avez certainement vu sur une scène ou une autre, ces vingt-cinq dernières années : des Crazy Skankers au Peuple de l’Herbe, en passant par Meï Teï Shô, Sir Jean a été le frontman de quelques-uns des groupes les plus importants de la ville. Le Sénégalais revient cette semaine avec le NMB Afrobeat Experience.

Sébastien Broquet | Mardi 19 avril 2016

Sir Jean, Black Lyon

C’est par accident que tout est arrivé, dit-il en contant l’anecdote l’ayant amené à se saisir d’un micro la première fois. L’on parle de sa carrière de chanteur protéiformes ; même si carrière est un mot bien inapproprié pour cet homme voguant au gré des rencontres, attiré par ses semblables et toujours tourné vers l’Autre. Si pour certains cela pourrait se traduire par une forme de dilettantisme, lui n’en a cure : il a croisé sur sa route nombre de ses héros, dont l’un, le batteur de Steel Pulse, Steve "Grizzly" Nisbett, lui fit changer son regard au moment opportun. C’était avant un concert des Crazy Skankers, ce groupe de ska précurseur en France. Jean Gomis insista pour aller voir ce grizzly qui l’impressionnait tant, à défaut d’assister à son concert prévu en même temps que celui des Skankers. Il lui demanda un conseil, un seul. Steve Nisbett lui griffonna sur un bout de papier : « Love what you do. » Le papier mit longtemps à quitter la poche du chanteur, le conseil l’habite encore aujourd’hui. Car Jean Gomis, alors, n’en voulait pas de cette carrière de chanteur qui se profilait, même s’il adorait sa bande de potes bien Crazy. Lui, arrivé en F

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Battles, en ordre de bataille

MUSIQUES | D'une dantesque nuit afro électro avec Mawimbi au math rock le plus exigeant de Battles, virée à Bourgoin-Jallieu pour le festival Électrochoc.

Stéphane Duchêne | Mardi 29 mars 2016

Battles, en ordre de bataille

On ne trouvera sans doute pas titre plus en contradiction avec la musique de Battles et avec le contenu de l'œuvre précise qu'il est censé représenter symboliquement que La Di Da Di. Manière de chantonnement beatlesien (Ob-la-di-Ob-la-da) ou de pop bubble gum sans parole mais maculée de yaourt, ne disant pas son nom — et pour cause, ce n'est pas le sien. Quiconque connaît un peu Battles (pas de quoi remplir un stade, mais bon) sait que la musique de ces matheux du rock — si l'on peut encore appeler cela du rock — émarge à l'extrémité opposée du spectre musical à celle du chantonnement léger en onomatopées lâchées par inadvertance. La Di Da Di, tu parles ! Le sabir battlesien, comme une mise en vrac de celui des Beatles, est tout autre. C'est une langue musicale que personne ne parle et qu'ils continuent eux-mêmes d'explorer. Dans laquelle ils se sont parfois perdus à force d'ambition, de chausse-trappes et de labyrinthes emmêlés de leur propre fil d'Ariane (Mirrored en 2007), question de point de vue. Jamais avare d'un contre-pied, le suivant Gloss Drop avait les airs festifs d'un après-midi récréatif chez les Ani

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Trois nouveaux noms pour Nuits Sonores

MUSIQUES | Une dizaine de jours avant l'annonce de sa programmation noturne, Nuits Sonores 2015 lèvent le voile sur les noms des trois special guests de ses apéros (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 29 janvier 2015

Trois nouveaux noms pour Nuits Sonores

Une dizaine de jours avant l'annonce de sa programmation noturne, Nuits Sonores 2015 lèvent le voile sur les noms des trois special guests de ses apéros aux couleurs de Varsovie : le demi Zombie Zombie (le Zombie donc) Etienne Jaumet (déjà annoncé aux côtés de Piotr Kurek), le dadaïste électronique Felix Kubin et le génie psychédélique Forever Pavot. Ca s'annonce pas mal, non ?

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Nuits Sonores 2015 - La programmation de jour

MUSIQUES | La première moitié du programme de Nuits Sonores 2015 est tombée, entraînant dans sa chute son lot d'impatiences et de surprises. Brace yourselves, habitants de la Confluence, spring is coming. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 14 janvier 2015

Nuits Sonores 2015 - La programmation de jour

Si Wagner fait naître chez certains des sentiments belliqueux à l'encontre de la Pologne, la prochaine édition de Nuits Sonores, elle, devrait vous donner envie de passer l'été au pays de Copernic. Car c'est Varsovie, capitale qui s'impose depuis quelques années comme l'une des cool du Vieux continent, qui sera à l'honneur de la traditionnelle carte blanche. L'occasion de découvrir tout un contingent de producteurs et groupes aux noms pour le moment nimbés de mystère : Xenony, Piotr Kurek (accompagné par le collecteur analogique Étienne Jaumet), Black Coffee, Alte Zachen ou encore Polonezy Fanfare.Nonobstant cette escale, Nuits Sonores (et ses événements connexes bien sûr, du participatif Extra! au réflexif Lab) restera fermement ancré à la Confluence, selon le même découpage que l'an passé : le détachement polonais à la Maison de la Confluence, les soirées éponymes à l'ancien Marché de gros et les Days à la Sucrière. Tiercé gagnant Premier dévoilé, le contenu de ces derniers, aux inévitables et néanmoins agréables relents de Sucre (à l'instar de la

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Nuits sonores 2012 – Mercredi 16 mai - Report

MUSIQUES | Sept lieux, six sessions de 9h de live, trois concerts spéciaux. Il fallait bien ça pour fêter les dix ans de Nuits sonores, fleuron européen de la musique électronique (et plus si affinités). Compte-rendu du jour 1. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 17 mai 2012

Nuits sonores 2012 – Mercredi 16 mai - Report

D'ordinaire, au réveil, les deux premiers mots qui se forment dans notre tête sont «pipi» et «Nutella». Ce matin, lendemain de Nuits sonores oblige, ils ont laissé la place à «wow» et «putain». Comme dans «wow putain ce bourdonnement, j'ai l'impression d'avoir servi de diapason à une chorale de géants». Considérant la façon dont un Dj s'adapte aux convulsions de son audience et le nombre de pointures des platines composant l'affiche de cette dixième édition du festival, la comparaison n'est pas anodine. Putain d'usine ?   Et elle n'est, contrairement à ce que l'on craignait, pas corrélée à la sonorisation des lieux. Oh bien sûr, les anciennes usines Brossette, bien qu'en bonne place pour décrocher le titre d'espace le plus impressionnant jamais investi par Nuits sonores, ne se prêtent pas tellement, réverbération métallique oblige, à des prestations un tant soit peu orchestrales. Ce n'est d

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Ce soir où Jaumet

MUSIQUES | Si le nom d'Etienne Jaumet vous dit vaguement quelque chose, c'est parce qu'il est connu pour être la moitié du duo électro-pop Zombie Zombie – connu (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 14 décembre 2011

Ce soir où Jaumet

Si le nom d'Etienne Jaumet vous dit vaguement quelque chose, c'est parce qu'il est connu pour être la moitié du duo électro-pop Zombie Zombie – connu notamment pour ses interprétations des musiques de films de John Carpenter – de même qu'un membre de la dernière mouture du groupe rock The Married Monk (avouons qu'il y a pire CV). Ce qu'on sait moins, c'est que Jaumet, claviériste et saxophoniste, est un grand amateur d'instruments et de machines analogiques (orgues, synthétiseurs, theremin...). C'est pourquoi la Maison du Livre de l'Image et du Son François Mitterrand de Villeurbanne l'a convié à venir animer le 22 décembre un atelier destiné aux enfants entre démonstration et initiation. Ça c'est pour l'après-midi, à 14h. Et puisque le musicien et là, pourquoi le laisser partir sans une petite prestation musicale en solo, à 19h, sur le thème de la musique de nuit au sens large : entre ritournelle pour s'endormir et musique qui donne envie de regarder sous son lit avant de se coucher.

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Carpaccio de Carpenter

MUSIQUES | John Carpenter ne doit pas être mécontent de voir que ses films et BO continuent d’inspirer, 35 ans après le séminal Assault On Precint 13, bon nombre d’électro (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 18 février 2011

Carpaccio de Carpenter

John Carpenter ne doit pas être mécontent de voir que ses films et BO continuent d’inspirer, 35 ans après le séminal Assault On Precint 13, bon nombre d’électro freaks biberonnés au krautrock et aux synthés analogiques. Après Tim Simenon pour Bomb The Bass, puis Terranova et Tricky sur l’inoxydable Bombing Bastards, voilà deux ans que le duo formé par Neman (batteur d’Herman Düne) et Etienne Jaumet (saxophoniste, entre autres, pour Married Monk), rend hommage à son réalisateur fétiche sous la casquette idoine de Zombie Zombie. Et quand on dit hommage, on est gentils, parce que plus on écoute leur Zombie Zombie plays John Carpenter, et plus on a l’impression d’avoir un autel sonore entre les oreilles. Les deux ouailles se prosternent devant le monstre sacré : nul massacre à la tronçonneuse, donc, en ce qui concerne les thèmes revisités. Leurs relectures se font plutôt dans une forme de soumission, de dévotion, qui rend religieusement à John Carpenter ce qui lui appartient, à savoir un talent hors pair p

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Le Peuple de l’herbe refait tournée

MUSIQUES | Musique / Que demande Le Peuple au tournant de son cinquième album ? Toujours de l’herbe, bien sûr, mais aussi de la sève. Des racines cuivrées, des beats (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 12 mars 2010

Le Peuple de l’herbe refait tournée

Musique / Que demande Le Peuple au tournant de son cinquième album ? Toujours de l’herbe, bien sûr, mais aussi de la sève. Des racines cuivrées, des beats bonhommes et colorés, soit la quintessence d’un quintette qui résume avec Tilt, non seulement L’esprit d’une époque, mais aussi le son d’un groupe au sommet de son art. Mélange unique de funk en branches et de groovambar, Tilt condense en 13 titres ce qui a fait le succès populaire de nos herbivores, à savoir un jeu collectif, explosif, taillé de toutes pièces pour les concerts. L’automne dernier aux Subsistances, Le Peuple rodait son nouveau live show, le temps d’un petit raout privé : quelques centaines de fans s’étaient bousculés dans la Cour Carrée, galvanisés par le charisme bondissant des deux MC’s, JC001 et Sir Jean. Le duo de toasters squattait le front de scène avec panache, tandis qu’à l’arrière les planches tremblaient sous les cascades de scratches et les assauts drum’n’bass. Un son mataf et massif, fidèle à la réputation d’un Peuple aussi généreux sur scène que festif. Car c’est bien dans l’arène publique que «les rude boys du 69» (dixit leur copine Virginie Despentes) déploient toute leur mesure pour faire encore pl

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Abatteur d’électro

MUSIQUES | Festival / Éclectique, la programmation de la deuxième édition du festival ElectroChoc ne manque pas de chien. José Molinas, responsable de la programmation, nous en dit plus. Propos recueillis par Damien Grimbert

| Mercredi 4 avril 2007

Abatteur d’électro

Qu'est ce qui vous a donné envie de créer ce festival ? José Molinas : Le projet des Abattoirs, initié par la Ville de Bourgoin Jallieu, a débuté en 1999. Dès les premiers concerts hors les murs, le public a répondu présent et particulièrement en ce qui concerne les esthétiques liées aux musiques utilisant les nouvelles technologies ; ce fut le cas pour des concerts comme Mei Té sho, Ez3kiel ou High Tone ; des groupes de la scène régionale précurseurs sur le plan national d'une certaine fusion entre machines et instruments. Les conditions acoustiques des lieux que nous utilisions alors n'étaient pas top, la qualité était minimale aussi nous avons levés le pied sur ces esthétiques en attendant d'avoir une «vraie» salle ! Avec l'arrivée de notre salle, nous nous devions de (re)donner sa place à ces musiques et à leurs acteurs. Maintenant connue de tous, la salle de concert des Abattoirs permet de mettre en avant les spécificités de ces musiques électroniques. Le moment était donc venu en 2006 de créer un événement fort. Il n'était pas question pour nous de reproduire un fesival comme Nuits Sonores ; aussi le parti pris artistique s'est-il orienté vers quatre objectifs : privilégier

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