La grande bouffe

Benjamin Mialot | Vendredi 1 juin 2012

On savait le label Gourmet Recordingz du genre à ne rien faire comme les autres. Par exemple, naître en plein acmé de la crise du disque pour servir d'arrière-cuisine autoproductive à un groupe d'electro hip-hop savoureusement bouffon (Les Gourmets, of course) avant de, à peine un an plus tard, débuter l'élaboration de l'un de ces pieux et panachés catalogues dont la frange indépendante de l'industrie est féconde (on avoue un faible pour le chiptuner 2080 et pour les folkeuses barely legal de Jüne). On le savait du genre à ne rien faire comme les autres, mais à ce point... C'est vrai quoi, vous en connaissez beaucoup vous, des structures qui fêtent leurs sept ans en organisant une soirée toute entière dédiée à leurs compagnons de galère ? Avouez qu'il y a là de quoi réveiller Pierre Bourdieu et lui inspirer un addendum à La Distinction. Critique sociale du jugement. Surtout de quoi le réveiller en fait, ladite soirée affichant une programmation très Future sound of Lyon, pour reprendre le nom de l'une des scènes les plus excitantes de la dernière édition de Nuits sonores. Le Blogg, spacieux caf'conc' inauguré l'hiver dernier, verra ainsi et notamment se succéder Reworks, protégé des Nuits et co-fondateur du prometteur collectif deep house Palma, Douster & Beny Blanco, les patrons du crew Bebup (qui vient de muter en label en publiant le premier EP du Bordelais Roma, petit bijou de bass music tropicale) ou encore JNPLSRC, moitié du webzine de pointe CLFT. Ratez cette Réunion de famille et vous serez largués pour les cinq prochaines années.

Benjamin Mialot 


Gourmets Rec / réunion de famille
Laborderie + Megalyth + Eeasy + Douster & Beny Blanco + JNPLSRC + Multi + Souleyman + Edgar Bolton + Reworks
Au Blogg, vendredi 8 juin

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Amour en eaux douces : "Une sirène à Paris"

Fantastique | Alors que son père va vendre la péniche familiale Flowerburger, historique siège d’un groupe d’embellisseurs de vie — les surprisiers — Gaspard, un musicien au cœur brisé, découvre Lula, jeune sirène échouée sur les rives de Seine. Pour la sauver, il l’emmène chez lui…

Vincent Raymond | Mardi 10 mars 2020

Amour en eaux douces :

S’il n’y avait les rêveurs pour le porter et lui donner de l’oxygène, le monde s’écroulerait, asphyxié. Mathias Malzieu en fait partie, qui déploie son imaginaire de chansons en livres et de livres en films, explorant des univers connexes à ceux de ses devanciers Tim Burton ou Jean-Pierre Jeunet. Comme dans La Mécanique du cœur ou Métamorphose en bord de ciel, le meneur de Dionysos ose ici un conte façon alchimie entre merveilleux et mélancolie avec des héros cabossés depuis l’enfance et des créatures surnaturelles. Avec ses décors baroques, sa musique faite maison, ses interprètes attachants (le couple Duvauchelle/Lima s’avère osmotique), Une sirène à Paris cherche à ranimer un certain esprit magique, que l’on peut apprécier comme une forme de nostalgie d’un paradis cinématographique perdu. Malgré tout, ce mixte d’ambition et de naïveté revendiquée manque, c’est triste à dire, de moyens à l’écran. Peut-être aurait-il fallu être étourdi par un surcroît de couleurs et de frénésie à la Baz Luhrmann pour que la féérie du projet soit plus

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Noir comme la neige : "Un jour si blanc"

Drame | Ne parvenant pas à faire le deuil de son épouse décédée dans un accident de voiture, un policier occupe son congé à enquêter en-dehors des règles sur l’infidélité de la défunte, découverte post mortem. Il s’enferre alors dans sa névrose et se ferme à sa famille. Et à sa petite-fille notamment…

Vincent Raymond | Mardi 28 janvier 2020

Noir comme la neige :

Particulièrement distingué ces derniers mois dans un registre militant avec Woman at war ou Mjólk, le cinéma islandais ne dédaigne pas pour autant l’univers qui, en littérature, lui a permis de conquérir une aura internationale : le genre noir. Coiffé d’un titre pesant de toute l’ironie de son oxymore, Un jour si blanc en est la sombre démonstration, qui offre un adroit pendant audiovisuel à cette riche production romanesque. Dès les premières images, Hlynur Pálmason fait de son film un manifeste temporel : par de longs plans traquant la durée ou, au contraire, en jouant la fixité d’une caméra sur un décor alors que défilent jours, nuits, saisons. Ce faisant, il crée une atmosphère épaisse à la mesure du sentiment d’isolement moral subi par son mutique héros — Ingvar Eggert Sigurðsson, un clone de Sam Shepard vu chez Baltasar Kormákur et Sólveig Anspach — ; une chape de silence, de calme apparent qui sont autant de prolégomènes au déchaînement d’un désespoir sourd et violent. Si s

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Brian de Palma à Quais du Polar

Quais du Polar | [Moment vieux con] Aux jeunes publics qui pensent que Freddie Mercury et Queen ont tout inventé avec Bohemian Rhapsody, on recommande chaudement d’aller (...)

Vincent Raymond | Mardi 26 mars 2019

Brian de Palma à Quais du Polar

[Moment vieux con] Aux jeunes publics qui pensent que Freddie Mercury et Queen ont tout inventé avec Bohemian Rhapsody, on recommande chaudement d’aller faire un tour à l’Institut Lumière pour découvrir en grand Phantom of the Paradise (1974) pour tant de raisons que cette page n’y suffirait pas. Essayons tout de même. Il s’agit d’abord d’une relecture-réactualisation du classique Fantôme de l’Opéra de Gaston Leroux — déjà porté à l’écran avec Lon Chaney —, mâtinée de références au Faust de Gœthe comme à l’indispensable figure matricielle du cinéma de Brian De Palma, Alfred Hitchcock. S’il reçoit un très mérité Grand Prix au festival d’Avoriaz en 1975, c’est en tant que comédie musicale rock innovante qu’il marque autant les yeux et les oreilles, s’inscrivant automatiquement comme un marqueur de son temps et un classique du 7e art. Paul Williams, qui compose en sus le méphistophélique Swan, signe une bande-originale magistrale, enchaînement de tubes pop-rock, du dia

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Brian is not in the kitchen

Reprises | Si Brian De Palma ne sera pas présent (ce soir-là…) en chair et en os à l’Institut Lumière, deux de ses films y seront projetés lors d’une double séance, histoire (...)

Vincent Raymond | Mercredi 13 février 2019

Brian is not in the kitchen

Si Brian De Palma ne sera pas présent (ce soir-là…) en chair et en os à l’Institut Lumière, deux de ses films y seront projetés lors d’une double séance, histoire de rappeler à quel point son cinéma est précieux. Deux joyaux qui, comme toujours, marquent leur temps en ressuscitant une période passée. Pour commencer, Les Incorruptibles (1987), évocation de la Prohibition et de la pègre de Chicago — mais aussi réminiscence de la série télévisée des années soixante — réunissant Sean Connery (Oscar pour l’occasion), De Niro et Kevin Costner. Dans la foulée, à 21h30, L'Impasse (1993), flashback hallucinant dans le milieu criminel des 70’s pour le duo Al Pacino / Sean Penn dans une œuvre à la postérité moins envahissante que Scarface mais sans doute plus aboutie. Les Incorruptibles + L'Impasse À l’Institut Lumière ​le vendredi 15 février à 19h

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Roberto Saviano et Brian de Palma invités à Quais du Polar

Polar | Double annonce choc pour Quais du Polar, qui annonce la venue de deux stars au pedigree long comme un épisode de Derrick : Roberto Saviano et Brian de (...)

Sébastien Broquet | Mercredi 6 février 2019

Roberto Saviano et Brian de Palma invités à Quais du Polar

Double annonce choc pour Quais du Polar, qui annonce la venue de deux stars au pedigree long comme un épisode de Derrick : Roberto Saviano et Brian de Palma. Le premier est un journaliste Italien rendu immensément célèbre par la parution en 2006 (en France, 2007) de Gomorra, mettant crûment à jour l'ampleur de la main-mise de la camorra, la mafia napolitaine, sur la ville et au-delà. Une enquête minutieuse qui lui vaudra d'être publié dans 42 pays, mais aussi des menaces de mort de la part de la camorra. Roberto Saviano vit toujours, depuis, sous protection policière. Mais ne s'est pas calmé : il est aujourd'hui l'un des plus farouches opposants à l'extrémiste Matteo Salvini, le ministre de l'Intérieur. Saviano a depuis publié d'autres ouvrages, dont le tout aussi intéressant Extra pure : Voyage dans l'économie de la cocaïne en 2014. La rencontre "Une heure avec…" Roberto Saviano est programmée le samedi 30 mars à 11h, au Théâtre des Célestins. Brian de Palma également convié Brian de Palma, cinéaste, vient lui présenter son premier roman écrit

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Redoublement en 6e pour Tom Cruise : "Mission : Impossible - Fallout"

Action | Suite directe de Rogue Nation, Fall Out revisite les fondamentaux de la franchise Mission : Impossible en passant la sixième vitesse. La rapidité, une manière comme une autre pour Tom Cruise de défier le temps qui passe…

Vincent Raymond | Mercredi 1 août 2018

Redoublement en 6e pour Tom Cruise :

Censé empêcher un groupe terroriste de s'emparer de sphères de plutonium, Ethan Hunt compromet sa mission afin de sauver un membre de son équipe. La CIA lui met alors dans les pattes l’agent Walker chargé d’évaluer l’IMF ; charge à lui de récupérer les éléments radioactifs… Pour ce sixième opus, on ne change pas une équipe qui gagne (des dollars), et encore moins l’architecture narrative de la franchise : une nouvelle fois, il est ici avéré qu’une taupe trahit l’Agence et des preuves accablantes s’accumulent contre Hunt ; lequel, placé en fragilité, doit jouer contre sa hiérarchie pour sauver le monde avant même de prouver son innocence. Voilà qui n’est pas sans rappeler la trame de l’excellent film inaugural de DePalma (1996). Impression renforcée par un finale à coup d’hélicoptères, une large inscription territoriale du film entre Paris et Londres et le démasquement grâce à un masque du traître de l’histoire. Les références à l’épisode matriciel deviennent des révérences assumées. Éternelle genèse Vingt ans plus tard, ce

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Clubbing : Les trois soirées de la semaine

MUSIQUES | 29.01.16 ENCORE : THEO PARRISH L’une des plus belles et fascinantes perles de la house music, le rare Theo Parrish, fait escale au Transbordeur - (...)

Sébastien Broquet | Mardi 26 janvier 2016

Clubbing : Les trois soirées de la semaine

29.01.16 ENCORE : THEO PARRISH L’une des plus belles et fascinantes perles de la house music, le rare Theo Parrish, fait escale au Transbordeur - c’est confirmé, malgré des soucis personnels il a tenu à assurer son set au long cours - quatre heures - où le groove sera omniprésent sous les doigts agiles de ce maître de la scène de Détroit, cette famille où se côtoient également Moodymann et Marcellus Pittman. Ses apparitions n’étant pas si fréquentes, réservez vite. Lotfi (La Face B) assurera le warm-up. Culte. 29.01.16 PALMA SOUND-SYSTEM Trio parmi les plus prometteurs de la ville, le collectif lyonnais Palma a installé une résidence mensuelle au Sucre où ils défendent leur vision d’une techno influencée par l’electronica et la minimale : l’occasion d’entendre les productions sorties récemment sur leur propre label, le tout nouveau Palma Records. L’invité du soir étant Aubrey, originaire de Portsmouth où il

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Chaque mois au Sucre, le Palma Soundsystem part en live

MUSIQUES | La scène se passe à un concert de Metallica. En prélude à l'insurpassable Master of Puppets, James Hetfield initie avec ses fans le dialogue suivant : (...)

Benjamin Mialot | Mardi 27 octobre 2015

Chaque mois au Sucre, le Palma Soundsystem part en live

La scène se passe à un concert de Metallica. En prélude à l'insurpassable Master of Puppets, James Hetfield initie avec ses fans le dialogue suivant : lui crie «master!», eux répondent en chœur «puppets!». A priori innocent, ce jeu de rôle à gorge déployée, dès lors qu'on prend en considération sa traduction (et le propos originel du morceau, longue métaphore sur l'addiction à la cocaïne), en dit long sur la bienheureuse servilité dont est capable l'Homme, cet éternel ressortissant de la société du spectacle debordienne. Mais il est un rapport de domination sonore plus dérangeant encore : celui liant les DJs (i.e. des control freaks qui ont réussi) aux clubbers, qui guettent les drops comme les camés réclament leur dose – les bras tendus et la bouche pleine de râles vaguement humains. À cette aune, le projet mené depuis 2012 par le trio lyonnais Palma se relève d'une salutaire originalité. Trois garçons, des tas de machines qui clignotent tels les trésors d'un bunker d'Ali Baba et encore plus de possibilités de se jouer en live et avec force improvisations des conventions

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Les soirées du 9 au 15 septembre

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer : Ikonika à La Marquise, la première Ravesodie au Box Boys et N1L à l'Atelier Sumo.

Benjamin Mialot | Mercredi 9 septembre 2015

Les soirées du 9 au 15 septembre

11.09 Polaar Cette fois c'est la bonne : initialement annoncé pour la fin juin, le second volet de la déclinaison vinyle du Ritual de Flore sera disponible le 22 septembre. Et audible lors de la prochaine Polaar (à La Marquise), où la dame présentera également la nouvelle signature de son label, Hoodrat, jeune Lyonnais versé dans l'art rebondissant du Jersey club (du breakbeat à casquette snapback, en gros). Olive sur la pizza champignons-fromage, c'est la Londonienne Ikonika, égérie renfrognée de l'avant-garde bass music – grâce à son approche paradoxalement très candide de la mélodie – qui complète l'affiche.

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Le Circuit Nuits Sonores 2015 en trois étapes

MUSIQUES | Trois étapes du Circuit Nuits Sonores à ne pas manquer : Warm Soda au Marché Gare, Blawan au Petit Salon et Somaticae au Sonic. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 12 mai 2015

Le Circuit Nuits Sonores 2015 en trois étapes

Étape 7 La musique à guitares n'ayant quasiment pas droit de cité dans la programmation "officielle" de Nuits Sonores cette année, c'est (notamment) du côté du Marché Gare qu'il faudra zoner pour se faire un fix d'électricité. Á l'affiche : le blues à seize chevaux-vapeur d'Harold Martinez, le post-punk du troisième type (et à effets secondaires) de I Love UFO et, surtout, le garage à moustaches et frisottis 70's de Warm Soda – emmené par l'ex Bare Wires Matthew Melton, proche du regretté Jay Reatard. Et Maria Rockmore, la plus rock'n'roll des selectas à chromosomes XX – aucun rapport avec le bon Jamie.

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Les chants des machines

MUSIQUES | Pour les gens de la musique électronique, l'image et la lumière ne sont (trop) souvent que des placebos pour laptopgazer – comme on parle de shoegazers (...)

Benjamin Mialot | Mardi 24 février 2015

Les chants des machines

Pour les gens de la musique électronique, l'image et la lumière ne sont (trop) souvent que des placebos pour laptopgazer – comme on parle de shoegazers pour les guitaristes obnubilés par leurs pédales d'effet – souffrant d'une sévère carence de charisme. D'une certaine manière, le Mirage Festival inverse ce rapport de subordination, investissant Le Sucre pour deux showcases conçus comme des soirées d'appel destinées à attirer l'attention sur les sections moins intelligibles du festival. Le compromis s'arrête là, Monkeytown et Crème Organization, les deux labels à l'honneur de ces soirées, comptant parmi les plus insaisissables du Vieux Continent. Le premier, tanière de Modeselektor, par la polissonnerie – qu'on pourrait ici orthographier avec un y – avec laquelle ses pensionnaires, en l'occurrence Bambounou et le solaire Benjamin Damage, se jouent des codes de la techno. Le second, fondé à Amsterdam voilà tout juste quinze ans par DJ TLR, par sa propension des siens (y compris les petits derniers, Marquis Hawkes et Innershades), émulée depuis par L.I.E.S., à avilir la h

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Une marée de basses

MUSIQUES | An de grâce 79 ap. J-C : le Vésuve pique un fard et ensevelit Pompéi sous les cendres. Nos experts sont formels, Lyon va subir le même sort cette semaine. La faute au Rumble Festival. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 30 septembre 2014

Une marée de basses

Pour une fois, commençons par la fin. Commençons par le dimanche 5 octobre, date à laquelle l'édition 2014 du Rumble Festival prendra fin, sur un open air qui devrait faire écho à l'une des soirées les plus mémorables de la défunte Fée Verte : le back to back du 7 septembre 2012, qui opposa Douster à Flore et se conclut sur une relecture trap de La Chenille. Le premier, sorte d'Alan Lomax en boubou, s'est depuis lancé dans une collecte de folklores électroniques à mêmes de se substituer à une liposuccion des fesses. La seconde, prêtresse de la bass music à racines (africaines) apparentes, vient elle de faire son retour avec Ritual, une performance audiovisuelle impressionnante de tellurisme, et s'apprête à donner à ses soirées Polaar une assise discographique. Ces deux Lyonnais de sang et tiers-mondistes de tympan se "contenteront" ici de se relayer sur scène – mais avec un peu de chance, c'est sur son remix en mode cumbia du thème du Roi lion que Douster laissera la place à sa consœur.   Ça va trembler chérie Les jours qui précèdent, le Rumble fera ressembler le périphérique

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Le Sucre, notre ami d'en haut

MUSIQUES | Son premier anniversaire tout juste révolu, le Sucre passe à l'heure d'été avec un programme à trois entrées qui va vous faire voir (ou plutôt entendre) du pays. Embarquement immédiat. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 15 juillet 2014

Le Sucre, notre ami d'en haut

Rarement rédacteurs du Petit Bulletin furent autant humiliés que lors du tournoi de ping-pong qui rythma l'été inaugural du Sucre. Inutile, donc, d'espérer profiter de sa deuxième édition pour nous la mettre façon Jean-Philippe Gatien : cette année, ce sera sans nous. Ce ne sont heureusement pas les meilleures raisons qui manqueront d'escalader le rooftop dans les semaines qui viennent. Elles sont même au nombre d'un multiple de trois, son programme estival se découpant en une triplette de cycles thématiques.   Le premier, élaboré avec Rinse FM – radio londonienne naguère pirate qui fut aux premières loges de l'avènement de la bass music – se présente comme un recensement des individus qui, demain, sans doute, constitueront les points cardinaux de la scène électronique lyonnaise. Parmi eux, des disquaires (Sofa Records le 24 juillet, Groovedge le 7 août, Chez Émile le 14), des collectifs qui n'ont déjà plus grand chose à prouver (à l'instar du Palma Sound System, le 31 juillet, ou du

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L'électro à la fête

MUSIQUES | Bichonnée par la ville, promue par un nombre croissant d'associations, la musique électronique se taille une nouvelle fois la part de Lyon. Revue des troupes. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 17 juin 2014

L'électro à la fête

Dans la plupart des communes françaises, la Fête de la musique ressemble à l'idée qu'en donne PunkÀChier, trio parisien qui, quand il n'éructe pas «Fête de la musique de merde !» pendant quatre minutes, retravaille au cutter rouillé des chansons des Spice Girls et Mylène Farmer. Rien à voir avec Lyon donc, où l'événement est une vraie occasion de faire le point sur les musiciens qui, demain, peut-être, écriront des morceaux à la gloire de Lyon pour faire croire qu'ils n'ont pas oublié d'où ils viennent, et sur ceux qui, en attendant, les aide à se faire un nom épelable au-delà de ses collines. Dans le microcosme de la musique électronique, ces deux catégories de personne ont tendance à se confondre. Ainsi, par exemple, du Haste Crew, qui se produira sur la scène programmée par Basse Résolution place Jean Jaurès (on y verra aussi l'intrépide CLFT Militia et Leome), avant de rendre la p

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De Palma, l’Obsession hitchcockienne

ECRANS | La redécouverte en pièces détachées de l’œuvre de Brian De Palma continue et on a bon espoir qu’un jour tous ces morceaux se rassemblent en une belle (...)

Christophe Chabert | Mardi 17 juin 2014

De Palma, l’Obsession hitchcockienne

La redécouverte en pièces détachées de l’œuvre de Brian De Palma continue et on a bon espoir qu’un jour tous ces morceaux se rassemblent en une belle rétrospective — et, c’est de saison, peut-être un Prix Lumière ? En attendant, c’est donc Obsession qui fait son retour sur les écrans grâce à la Ciné Collection du GRAC. En 1976, De Palma sort du triomphe de Phantom of the Paradise et pousse un cran plus loin sa relecture du cinéma d’Hitchcock en s’attaquant frontalement à Vertigo, dont il transpose le motif — une femme meurt, son double apparaît — dans l’Italie pleine des vestiges de son glorieux passé artistique. Alors que la première partie — le kidnapping, le crime — pourrait laisser croire que le cinéaste va privilégier une approche par le genre, Obsession prend ensuite des atours beaucoup plus mystérieux et impose un De Palma romantique, nouant un dialogue très fécond entre le classicisme et la modernité. La tension du film repose sur ce drôle de jeu où il

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Insomniaque - Semaine du 4 au 10 juin

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : James Murphy au Sucre, le Festival All Together et la deuxième 45°N x 4.85°E. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 3 juin 2014

Insomniaque - Semaine du 4 au 10 juin

08.06 Reality Avec LCD Soundsystem James Murphy a, en trois albums d'une classe typiquement new-yorkaise et un concert d'adieu plus proche d'un enterrement de vie de garçon que d'une mise en bière, redonné un coup de lustre aux tunnels creusés de garages en clubs par ses compatriotes des Talking Heads. En solo, quand son éternel regard hébété ne sublime pas les productions d'autres pointures indé (comme le Reflektor d'Arcade Fire dernièrement), il est un DJ d'un redoutable bon goût. On a pu le constater à Nuits Sonores en 2012. On pourra le vérifier au Sucre ce dimanche. 08.06 F.A.T. Lyon 2014 La Holi a la cote en ce moment : deux semaines avant Les Invites, c'est au tour du Festival All Together – événement littéralement œcuménique, puisqu'il est le fait d'un mouvement interreligieux – de s'appuyer sur une bataille de pigments inspirée par cette tradition indienne. Celle-ci, qui se déroulera au

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Report du "Fils du comique"

SCENES | La production Ki m'aime me suive se voit dans l'obligation d’annuler les représentations du spectacle Le Fils du comique prévues mercredi 4 juin à la Bourse (...)

Nadja Pobel | Jeudi 15 mai 2014

Report du

La production Ki m'aime me suive se voit dans l'obligation d’annuler les représentations du spectacle Le Fils du comique prévues mercredi 4 juin à la Bourse du Travail de Lyon pour des raisons de santé de Pierre Palmade.   Une absence de la scène durant quelques semaines est en effet nécessaire à l'artiste pour appréhender les projets qui l'attendent à la rentrée de septembre, a fait savoir le producteur. La date de Lyon est reportée au 4 février 2015, les billets du 4 juin peuvent être échangés ou remboursés et restent également valables pour cette nouvelle date.

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De Palma et les fantômes de Faust et d’Hitchcock

ECRANS | Avec "Phantom of the paradise", cette semaine au Comœdia, Brian De Palma réinventait en plein Nouvel Hollywood la comédie musicale rock, passée au prisme des films d’horreur, du queer et de son maître Hitchcock. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 4 mars 2014

De Palma et les fantômes de Faust et d’Hitchcock

Alors que le piteux Passion sonnait comme un chant du cygne pour Brian De Palma, son œuvre passée n’en finit plus de ressurgir sur les écrans : après Blow out, Pulsions, Scarface et même Les Incorruptibles, c’est Phantom of the paradise qui a droit à une copie restaurée numériquement. Celui qui fut longtemps le moins fréquentable des réalisateurs nés du Nouvel Hollywood a conquis une étiquette de "classique" plutôt amusante quand on juge l’impureté des œuvres qu’il tournait à l’époque, empruntant à Hitchcock et Antonioni, mais aussi aux séries B horrifiques et au giallo italien ou, comme ici, à la comédie musicale. Dans Phantom of the Paradise, De Palma entonne déjà un chant du «cygne», du nom du producteur maléfique Swan, croisement entre Phil Spector et Elton John, incarnation à la fois du côté obscur du music business et d’une culture queer alors naissante — on nous glisse que

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C'est dans les boîtes !

MUSIQUES | Il paraît que si le Père Noël faisait vraiment le tour du globe aussi rapidement qu'on le laisse entendre aux enfants, il se désintègrerait. Si vous prenez part à l'un des réveillons électroniques ci-dessous, il risque de vous arriver la même chose. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Vendredi 13 décembre 2013

C'est dans les boîtes !

Chaque année à cette période, c'est la même désillusion : pas grand chose à se mettre sous la semelle le soir du 31 pour l'amateur de clubbing un peu exigeant. Entre les soirées portes closes (Le Sucre, le Club Transbo et toutes les autres salles dont la transe collective n'est pas le seul fonds de commerce se plient à la trêve des confiseurs), les privatisations (le Platinium a été prêté aux petits glandeurs du programme Erasmus), les rendez-vous anti-datés (voir en page 15) et l'hégémonie des fêtes à thème (dans le genre, celle du Kao, d'inspiration brésilienne, devrait à nouveau être la moins guindée et la moins snob), le seul réveillon qui semble à portée est celui, chocolaté et emballé dans du papier doré, que l'on vend au kilo dans les dépôts interlopes du sixième arrondissement. Heureusement, trois clubs veillent au grain. C'est qui qui ? C'est Kiko D'abord le Distrikt XII. Le petit dernier des nombreux lieux de vie nocturne inaugurés la saison passée recevra Kiko, pionnier grenoblois qui, depuis ses débuts en tant qu'importateur de house à l'aube des années 90 (en duo avec Oxia, sous le nom de Phunky Data) à sa métamorphose en épigraphe de l'italo-disco

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L’Impasse tragique

ECRANS | Une semaine après Scarface, le Cinéma Lumière propose de redécouvrir son pendant tourné dix ans plus tard, L’Impasse, toujours avec De Palma derrière la caméra et (...)

Christophe Chabert | Jeudi 31 octobre 2013

L’Impasse tragique

Une semaine après Scarface, le Cinéma Lumière propose de redécouvrir son pendant tourné dix ans plus tard, L’Impasse, toujours avec De Palma derrière la caméra et Pacino devant. Plutôt que d’offrir une suite à leur film culte, les deux choisissent d’en faire l’inverse exact : Scarface était furieusement de son temps ? L’Impasse sera intemporel… Tony Montana était un idiot intégral, obsédé par la réussite et prêt à buter tout ce qui entraverait son ascension ? Carlo Brigante ne pensera qu’à se ranger, affichant tout du long une sagesse mélancolique face à un monde du crime qu’il méprise. De Palma s’offre une rime visuelle entre les deux : une affiche publicitaire vantant un «Paradis» caricatural à base de lever de soleil, de plage et de palmiers. Dès la première scène de L’Impasse, où l’on voit Brigante agoniser sur une civière, on sait que ce paradis-là ne sera jamais atteint, et cette introduction en forme de requiem donnera sa tonalité tragique à

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Scarface, Cubain de vulgarité

ECRANS | En 1983, les utopies politiques des années 70 sont déjà loin ; la rutilance reaganienne et le mauvais goût triomphant s’installent durablement en Amérique. (...)

Christophe Chabert | Vendredi 25 octobre 2013

Scarface, Cubain de vulgarité

En 1983, les utopies politiques des années 70 sont déjà loin ; la rutilance reaganienne et le mauvais goût triomphant s’installent durablement en Amérique. Brian De Palma, rescapé d’un Nouvel Hollywood dont il fût une figure atypique, bricolant des hommages maniéristes à son maître Hitchcock, se pique pourtant d’en offrir la critique la plus cinglante, faisant de la résistance bien planqué derrière les apparats de l’époque. Il s’empare donc d’un scénario signé de cette vieille baderne d’Oliver Stone, une transposition du Scarface de Hawks à Miami au moment où Fidel Castro vide ses geôles et répand sur le sol américain des criminels découvrant conjointement la Floride et la corruption généralisée du système. Pour De Palma, tout devient prétexte à un étalage de vulgarité qui tient autant à la mode du moment qu’à un regard sarcastique sur un libéralisme sans frontière morale transformé en religion. Tony Montana (Al Pacino, génialement clownesque) est le héros ultime de ce carnaval d’arrogance blindée, un pauvre type que tout le monde traite de «plouc», qui s’avachit dans une montagne de coke avant d

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Orgie de sucre

MUSIQUES | Avec ses installations audio dernier cri, sa terrasse panoramique et ses ambitions next-gen, le Sucre s'est imposé en l'espace d'un demi-mois comme un incontournable de la vie nocturne lyonnaise. Une tendance que le reste de sa programmation estivale devrait confirmer. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Vendredi 12 juillet 2013

Orgie de sucre

Ça ne pouvait pas ne pas marcher. Un club perché au sommet d'une friche industrielle devenue un haut lieu de l'art contemporain, cautionné par un all-star cast de DJs (Agoria, Laurent Garnier), d'entrepreneurs (Bruno Bonnell) et de médias (Libération y a organisé une sauterie pour son 10 000e numéro) et géré par l'équipe de Nuits Sonores... Non vraiment, quand bien même le quartier environnant est encore embryonnaire – la Confluence, désertée avec fracas par le cuistot étoilé Nicolas Le Bec et le galeriste Olivier Houg – ça ne pouvait pas ne pas marcher. Nulle surprise donc à ce que Le Sucre, par ailleurs caractérisé par une jauge respirable (800 places, alors que l'endroit peut théoriquement en accueillir le double) et un confort d'écoute sans équivalent de ce côté-ci du Rhin (le son est limpide, idéalement spatialisé et supportable), affiche depuis son ouverture fin juin un taux de remplissage limite indécent. Signes avant-coureurs de diabète On ne saurait donc trop vous conseiller de réserver au plus tôt vos places pour les nombreux rendez-vous électroniques de qualité qu'hébergera le lieu tout au long de l'été. En tête ceux des 19 et 26 juillet, qui verront

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Party hard !

MUSIQUES | Le versant électronique de la Fête de la musique telle qu'on la célèbre à Lyon ressemble à un Apéro sonore à retardement (la gratuité, le réenchantement de l'espace public, l'hédonisme en partie diurne, tout ça). La programmation de qualité en moins ? Pas nécessairement. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 13 juin 2013

Party hard !

Chaque année, c'est la même question qui revient : où passer le soir du 21 juin lorsque l'on n'a d'oreilles que pour les onomatopées de synthèse ? Déjà, pas dans Lyon extramuros, où chorales et fanfares règnent quasiment sans partage. En centre-ville en revanche, au moins quatre spots valent le détour. D'abord la très populaire place Colbert, dans le premier arrondissement, où l'association Dofus Dofus proposera un plateau ghetto ascendant tropical de haute volée (avec Douster, JayWeed et

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Insomniaque - Semaine du 22 au 28 mai

MUSIQUES | 23.05 Palma All Night LongLa saison passée, ils ont bien failli reléguer Todd Terje au rang de DJ de warm-up. Cette année, à Nuits Sonores, et bien que se (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 15 mai 2013

Insomniaque - Semaine du 22 au 28 mai

23.05 Palma All Night LongLa saison passée, ils ont bien failli reléguer Todd Terje au rang de DJ de warm-up. Cette année, à Nuits Sonores, et bien que se produisant plus de trois heures avant lui, c'est Vitalic qu'ils ont manqué de priver de son peak time. Autant dire que les sets mi-house mi-techno de Raja, Noma et Reworks, les trois masterminds du collectif lyonnais Palma, sont de ceux qui vous retournent une salle plus sûrement que le Chevalier du Dragon inverse les chutes d'eau. Sceptiques ? Allez donc les écouter cette semaine au Terminal.   24.05 EZ! #12Vous voyez cette séquence du film The Cable Guy dans laquelle Jim Carre

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Insomniaque - Semaine du 10 au 16 avril

MUSIQUES | 12.04 Carte blanche à Anton SerraAprès celui de Lucio Bukowski, c'est au tour du premier album d'Anton Serra de certifier la bonne santé de L'Animalerie, (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 5 avril 2013

Insomniaque - Semaine du 10 au 16 avril

12.04 Carte blanche à Anton SerraAprès celui de Lucio Bukowski, c'est au tour du premier album d'Anton Serra de certifier la bonne santé de L'Animalerie, collectif rapologique multicéphale que nous n'avons de cesse de brosser dans le sens du poil (soyeux le poil). Il en fêtera la parution au Marché Gare, en compagnie de ses acolytes à crinière bien sûr (et de La Microfaune, autre chouette bande de kickeurs lyonnais), le temps d'une carte blanche qui, connaissant la sympathie et la vitalité de tout ce petit monde, devrait rapidement virer à la teuf entre potes.   12.04 Club 69Prenez un magazine culturel de qualité (Snatch) et un organisateur de neverending parties au goût sûr (Mercredi Production). Enfermez-les dans une salle de réunion sans fenêtre, laissez-les tempêter du c

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L’envie de Brian

ECRANS | Alors que son piteux Passion s’éteint lentement sur les écrans, Jean Douchet se charge de rallumer la flamme Brian De Palma avec son stage annuel à (...)

Christophe Chabert | Jeudi 7 mars 2013

L’envie de Brian

Alors que son piteux Passion s’éteint lentement sur les écrans, Jean Douchet se charge de rallumer la flamme Brian De Palma avec son stage annuel à l’Institut Lumière. Une sélection de quatre films plutôt bien vue, puisqu’elle ne s’axe pas seulement sur le De Palma maniériste relisant avec son style emphatique les classiques hitchcockiens (il y en a deux, toutefois superbes : Blow out et Pulsions), mais aussi au cinéaste capable de transcender une commande et en faire un matériau éminemment personnel. En cela, son Mission Impossible est un sommet. Chargé de lancer une franchise de blockbusters initiée par l’acteur et producteur Tom Cruise, De Palma signe un film d’espionnage ludique et théorique, capable de glisser une réflexion très forte sur l’après-guerre froide, de tisser d’incroyables scènes de suspense pur et de multiplier les mises en scène à l’intérieur de la mise en scène, les trompe-l’œil virtuoses et les images manquantes ou menteuses. Encore plus étonnant, Outrages

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Quand la ville gronde

MUSIQUES | Ne jamais employer l'expression "envoyer du gros". C'est l'une des règles élémentaires du journalisme musical. Comme toutes les règles, elle a son exception : on peut y recourir pour parler de bass music, cette frange souterraine et tonitruante des cultures électroniques, et des événements qui la promeuvent, à l'image de l'impeccable Rumble Festival. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Vendredi 1 mars 2013

Quand la ville gronde

La scène se déroule au printemps 2003, à Clermont-Ferrand. Ce soir-là, la Coopérative de Mai accueille Fred Avril, compositeur de musiques de film dont la carrière pop fut aussi honnête qu'éphémère. Sa prestation, elle, n'a rien d'extraordinaire et le public le fait savoir en éclusant bruyamment ses bières. Soudain, il se saisit d'un potard géant et le tourne d'un cran. Un monstrueux bourdonnement s'échappe des enceintes. Silence dans la salle. Les vêtements se décollent des peaux comme des masques peel off. Il le tourne d'un cran supplémentaire. Les cages thoraciques résonnent au point qu'on ne s'entend plus battre du cœur. Encore un cran. La situation devient limite supportable. Avril reprend son set. Soulagement et déception dans l'assistance, encore saisie de cette impression unique d'être à la fois en pleine conscience de soi et sur le point d'exploser tel un œuf dans un micro-ondes. Impression qu'une seule musique nous aura fait éprouver depuis : la bass music. Marée de basses Autant dire que nous n'étions pas les derniers à nous réjouir lorsque, en 2011, est né le Rumble Festival, événement tout entier consacré à cette appellation d'ori

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Passion

ECRANS | Vaine tentative de Brian De Palma pour réactiver les fondamentaux de son cinéma, ce remake de "Crime d’amour" se traîne entre esthétique de feuilleton télé teuton et autoparodie sans queue ni tête. Catastrophe ! Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 15 février 2013

Passion

Il faut d’abord se pincer pour croire que Brian De Palma est bien derrière la caméra de ce Passion. Les premières scènes, en effet, laissent plutôt penser que Claude Chabrol avait laissé en guise de testament ce remake du dernier film d’Alain Corneau. On retrouve la même désinvolture filmique, la même direction artistique ingrate, la même platitude visuelle que dans ses opus tardifs. En tout cas, pas trace du grand style De Palma ; juste des dialogues tiédasses, des intérieurs design cheap, des bureaux blancs sur blancs et deux actrices (Rachel MacAdams et Noomi Rapace) qui récitent sans conviction une partition il est vrai très faible. Même la musique du revenant Pino Donaggio ressemble plus aux compositions derrickiennes de Mathieu Chabrol qu’à celles d’un Bernard Hermann. Viral bol L’intrigue (mal) posée, où une ambitieuse chef d’agence de pub à Berlin (MacAdams) trahit sans vergogne son assistante (Rapace) pour obtenir une promotion new-yorkaise, tandis que ladite assistante, guère plus scrupuleuse, entame une liaison avec l’amant de sa patronne, De Palma y ajoute un sous-texte théorique qui relève du cache-misère cynique. Ici, to

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Hardi Françoise !

MUSIQUES | Voici bientôt cinquante ans, Charles de Gaulle, président de la République française, et Konrad Adenauer, chancelier fédéral allemand, apposaient leur signature (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 13 décembre 2012

Hardi Françoise !

Voici bientôt cinquante ans, Charles de Gaulle, président de la République française, et Konrad Adenauer, chancelier fédéral allemand, apposaient leur signature au bas du Traité de l’Élysée, scellant ainsi la réconciliation de leurs pays respectifs. Depuis, l'entente a tenu bon, en tout cas assez pour que soit décrétée au printemps dernier la tenue d'une année de festivités commémoratives. A Lyon, après la Fête des Lumières - dont l'une des installations était le fruit d'une collaboration entre étudiants d'ici et de là-bas -, c'est au tour du Goethe-Institut et d'Arty Farty d'y prendre part. Ceci avec Ich liebe dich, Françoise !, mini-festival visuel et sonore dont le point d'orgue sera la terminaison par l'érudit et imaginatif Laurent Garnier de L.B.S., dispositif semi-live et collaboratif qu'il avait inauguré à Nuits Sonores en 2010. Manque de bol, la soirée affiche complet. Celle du jeudi 20 décembre, programmée au DV1, accessible gratuitement en échange d'un e-mail à ichliebedich@nuits-sonores

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En quatre lettres, y a pas mieux

MUSIQUES | Depuis 1991, l’hôpital psychiatrique de Buenos Aires possède sa propre radio, La Colifata. Elle émet une fois par semaine, fonctionne sur le mode de l'open mic, mais ne peut être captée qu'à quelques centaines de mètres à la ronde. Pas grave. Car nous, depuis 2011, nous avons CLFT, une entreprise technophile follement ambitieuse et dont les ondes se jouent des frontières avec la prestesse d'un nuage radioactif. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 20 septembre 2012

En quatre lettres, y a pas mieux

Dans l'imaginaire collectif, un journaliste a sous les yeux des bagages surtaxés et dans le sang assez de caféine pour rendre famélique Manuel Uribe (590 kg, record du monde), vit retranché dans une chambre de bonne et n'en sort que pour côtoyer des êtres d'exception (ou pour se faire séquestrer dans une cave par le mec sur lequel il se renseigne, merci Stieg Larsson). Et bien tout ça, en vérité nous vous le disons, c'est du gros bullshit. En tout cas en ce qui concerne la supposée puissance dialectique de nos interlocuteurs. La plupart des acteurs du milieu musical, par exemple, n'ont pas grand-chose à raconter, si ce n'est quelques banalités relatives à leur soi-disant ouverture d'esprit et à leur prétendue volonté de ne pas se répéter. Bien sûr, il y a des exceptions. JNPLSRC et MARCALB, les fondateurs de l'association CLFT, dont l'objet est l'élargissement du cercle d'écoute de la techno, en sont deux belles. On a même du les interviewer deux fois pour être sûrs de bien cerner leurs aspirations et leur éthique. En avoir (du chien) ou pas Cela ne tient pas (uniquement) au fait que la première session s'est déroulée autour d'une bonn

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Redacted

ECRANS | de Brian de Palma (ÉU, 1h30) avec Izzy Diaz, Daniel Stewart Sherman...

Dorotée Aznar | Mercredi 13 février 2008

Redacted

Après le fiasco de son adaptation du Dahlia noir, le grand Brian de Palma repart à zéro. Il a réalisé en vidéo haute définition ce brûlot anti-guerre en Irak, beaucoup plus passionnant pour son dispositif que pour les idées qu'il véhicule. Car plutôt que d'opter pour une fiction relatant ce fait-divers réel - similaire à celui raconté dans Outrages du même De Palma - où des soldats américains montent une expédition punitive contre une famille irakienne, il préfère élaborer un écheveau complexe de témoignages documentaires : du journal vidéo filmé par un G.I. jusqu'à des images d'attentats retrouvées sur le web, en passant par un reportage lyrique réalisé par un couple de français. Les sources se recoupent et démontent peu à peu la mécanique qui conduit au drame. Mais, à l'exception des photos finales, rien de ce qui apparaît à l'écran n'est vrai ; tout n'est que reconstitution. La mise en scène n'avait donc disparu que pour mieux réapparaître ensuite, plus puissante que jamais. En réponse aux vérités tronquées des infos télé, De Palma préfère tout refilmer sans censure. C'est passionnant, mais seulement théorique. Car De Palma a trop de métier pour créer ce fameux «effe

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