L'électro sur son 31

MUSIQUES | Les musiques électroniques sont, dans bien des métropoles françaises, le parent pauvre de la Fête censée les célébrer. À Lyon, elles en sont plutôt l'enfant gâté. Benjamin Milaot

Benjamin Mialot | Jeudi 14 juin 2012

À Clermont-Ferrand, les musiques électroniques servent de jingles publicitaires à des patrons de bar plus sensibles au tintement de l'or nordique qu'au foisonnement de la scène britpop scandinave.

À Grenoble, où l'on enflamme plus volontiers des bolas que des dancefloors, elles sont tout juste bonnes à raviver chez les étudiants le souvenir des soirées «désintégration» données un mois plus tôt.

À Tulle, elles sont des beats de foires, qu'on fait parader au rythme trépidant d'un petit train touristique.

Quid de Lyon ? Il en va tout autrement : ici, la house, la minimale et toutes leurs copines synthétiques sont autant de Grâces pour lesquelles aucun temple n'est trop beau. Cette année encore, la Ville a ainsi réquisitionné les environs du terrain de Tola Vologe, usuellement dévolu aux entrainements de l'Olympique Lyonnais, pour y installer six remorques sur et aux abords desquels se relaieront de la tombée de la nuit au petit jour des Dj's sélectionnés par des assos aussi notoires que Elektro System, Galacticut, Totaal Rez ou encore Art Feast.

Un peu de name drop avant le bass drop

En tout, il faudra compter avec une dizaine de scènes et à peu près dix fois plus de pousseurs de crossfaders. Impossible de tous les présenter et inutile de vous rappeler en quoi, après toutes les misères que la municipalité a fait subir à cette culture "à hauts risques" au moment de son émergence, un tel déploiement logistique est la moindre des choses.

Aussi se contentera-t-on de vous conseiller d'y guetter plus particulièrement, les sets des inséparables Acid Soda et Wavesonik, de Denise Rules, duo versé dans le bel art de la saturation, du singulier Miso Soup, qui évolue à la croisée de la dance music dite "intelligente" et de la J-Pop neuneu et du docteur ès drum'n'bass et dubstep Asco. Les true rebelz voyant dans cette collaboration entre pouvoirs publics et activistes une relation à peine plus morale qu'un inceste pourront se rabattre sur L'Estaminet K-nar, à la Croix-Rousse, où se produira Flore, la plus britannique des productrices françaises, ou sur le parc de la Tête d'Or, qui verra Basse Résolution, prometteur collectif de techno addicts, photographes et graphistes, souffler sa première bougie. Mais aussi sur le Jardin des curiosités, dans le cinquième (à ne pas manquer, les cocasses et funky Hôtel Particulier), et enfin sur la Marquise, dont la soirée Spank!, consacrée aux sous-genres les plus licencieux de la bass music, devrait donner une bon coup de fouet aux courbes démographiques locales (si la tropical bass de Thug Tieg ne vous donne pas envie de vous frotter contre quelqu'un, c'est que vous êtes un protozoaire).

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L’Été en Cinémascope, le retour

En Plein Air | Hommages et déserts au menu de l’Été en Cinémascope 2021, avec en sus de somptueux plats de résistance. Réservez tout de suite un mardi et sept jeudis ; en plus, c’est gratuit !

Vincent Raymond | Lundi 5 juillet 2021

L’Été en Cinémascope, le retour

Un temps, on a redouté que la place Ambroise-Courtois demeure silencieuse et obscure durant les mois chauds — ce qui eût été une première depuis un bon quart de siècle ! Fort heureusement, il n’en sera rien : du 1er juillet au 31 août (admirez l’amplitude et la précision de la couverture), l’Été en Cinémascope vient meubler nos soirées avec une programmation à l’image de la programmation de l’Institut Lumière dont il dépend : d’un éclectisme sans aucune frontière. S’ouvrant avec Cuisine et dépendances de Philippe Muyl (jeudi 1er juillet à 22h) et une pensée pour Jean-Pierre Bacri, le cycle se poursuit avec une autre histoire d’appartement — totalement de saison —, le délicieux 7 ans de réflexion de Billy Wilder (mardi 6 à 22h) qui incitera à prendre le métro pour rentrer et un bain moussant à la maison. En écho au 40e anniversaire de Jazz à Vienne, la soirée du 13 débutera à 21h par un set musical salsa afro-cubaine par le groupe Guaracha Sabrosa suivi par l’une

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De Lascaux à Lasco

Street Art | Scientifique le jour, street artiste la nuit, Lasco peint le passé sur les murs du présent. Inspiré par l’art pariétal du Paléolithique, il sort de la grotte les trésors d’il y a des milliers d’années pour les emmener dans la rue. Rencontre.

Manon Ruffel | Mardi 10 novembre 2020

De Lascaux à Lasco

D’où vient cette passion de la préhistoire et de l’art pariétal ? C’est l’addition de plusieurs choses. Enfant, j’ai aimé découvrir cette période préhistorique à l’école, comme beaucoup d’autres. J’ai fait une formation scientifique, mais je vivais à côté d’une école d’art lyonnaise, donc j’ai fréquenté pas mal d’artistes. Mes études et mon métier [NdlR : en recherche scientifique] m’ont permis de découvrir des grottes ornées et non-ornées. Avoir la chance de voir ces dessins de 20 ou 30 000 ans, ça m’a ému. Le street art préhistorique m’est apparu il y a quatre ans presque comme une évidence. Pour moi, le côté scientifique et artistique font sens ensemble. Je suis conscient qu’il n’y a pas la même charge émotionnelle quand on voit mon dessin et quand on est dans une grotte de 20 000 ans, mais je trouvais intéressant de vulgariser l’art pariétal, à la fois sur le plan artistique et scientifique. Justement, il y a dans votre travail et sur vos réseaux un aspect pédagogique. Est-ce important pour vous de transmettre, de vulgariser l’art pariétal à travers le street art ?

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Wauquiez et la culture : c'est compliqué (bis)

Covid-19 | Laurent Wauquiez est passé à deux doigts de se remettre l'ensemble du monde culturel à dos. Il est retombé lundi, à peu près, sur ses pattes. Mais comment a-t-il fait pour glisser ainsi sur une peau de banane, après des semaines de mesures concrètes et de com' massive pour s'instaurer en "sauveur" du milieu culturel post-Covid ? On vous raconte.

Sébastien Broquet | Mercredi 9 septembre 2020

Wauquiez et la culture : c'est compliqué (bis)

Dès le début du confinement, la vice-présidente à la Culture Florence Verney-Carron capte l'ampleur de la crise à venir dans son secteur et mobilise ses services. Son président joue le jeu et la com' se met en branle : étonnement dans les milieux culturels, mais c'est bel et bien la Région qui s'affirme comme moteur de l'aide au secteur — avec une communication au cordeau, comme tout au long de la crise. Début mai, Laurent Wauquiez annonce 32 M€ d’aides au secteur culturel. Une élue de gauche nous confie alors : « ça me fait mal de le dire, mais faut avouer qu'ils font le boulot. » C'est d'autant plus flagrant que l'État est alors à la ramasse sur le sujet. Tout n'est pas parfait, certains producteurs pointent la faiblesse du montant maximum de l'aide, mais d'autres lieux non subventionnés apprécient a contrario l'aide exceptionnelle. Sur

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L'aphone et la Flore : on a écouté "Rituals"

Le disque | Si la pudeur a tendance à enfouir nos émotions au plus profond de nos âmes, il est des rites qui peuvent les faire rejaillir spontanément. Comme un chaman le (...)

Gabriel Cnudde | Mercredi 9 septembre 2020

L'aphone et la Flore : on a écouté

Si la pudeur a tendance à enfouir nos émotions au plus profond de nos âmes, il est des rites qui peuvent les faire rejaillir spontanément. Comme un chaman le ferait, enveloppé de fumée et des échos de sa propre voix bouclée en litanies incessantes, Flore va chercher loin en elle ce qu'elle a de plus intime. Aphone, c'est à des rythmiques complexes, à des sons tantôt urbains, tantôt sauvages et à des basses souvent lourdes qu'elle confie la tâche de nous livrer ses émotions. Sa colère est aussi brute sur Numen que sa mélancolie est sincère sur You were there. Jamais rassasiés, tous ces êtres de la faune électronique nous incitent à nous-mêmes plonger dans la transe, à fouiller en nous ce qu'il reste de viscéral, de non-dit. C'est peut-être là que repose le vrai tour de force de Rituals : parvenir, avec une base quasi exclusivement électronique, à offrir un ressenti si profondément organique. À écouter à fond. Et aphone. Flore, Rituals (Pol

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Flore : « je me permets plus d'audace »

Dancefloor | Cinq mois après la sortie de son deuxième album, Rituals, la DJ lyonnaise Flore continue de défendre ce projet dans un contexte forcément particulier. Épilogue d'une recherche artistique née en 2013 et préalablement matérialisée sur un live et trois EP's, ce nouvel album dit beaucoup de l'évolution de sa créatrice.

Gabriel Cnudde | Mercredi 9 septembre 2020

Flore : « je me permets plus d'audace »

Ton second album, Rituals, est sorti dix ans après son grand frère, RAW. Qu'est-ce qui motive, après tout ce temps, à créer et défendre un projet d'une telle envergure ? Flore Morfin : Il s'est passé plein de choses. Le premier album était sorti un peu dans la douleur, les relations avec le label avaient été assez compliquées. À sa sortie, il y avait eu de très bons retours, mais très peu de dates. À ce moment-là, la musique électronique était en pleine mutation avec l'explosion du dubstep qui avait tout terrassé sur son passage. Du coup, je suis ressortie de cette expérience avec la gueule de bois. En même temps, c'est aussi ça qui m'a poussé à créer mon label. Ça a pris un petit moment puisqu'il est apparu cinq ans après la sortie de l'album. Je ne voulais pas le créer toute seule, je voulais trouver le bon associé. Quelques années après la sortie de cet album j'ai commencé à travailler sur la première forme de Rituals qui était en fait un live audiovisuel et qui augurait déjà ma phase de mutation musicale. C'est parce qu'il y a eu ce projet-là qu'il y a eu l'envie de sortir des disques issus de ce live.

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Florence Verney-Carron / Loïc Graber : gestion de crise

Covid-19 | Crash-test : la culture en PLS, en quelques jours, tel est le bilan immédiat de la crise induite par le Covid-19, virus pas très mélomane qui a mis a terre un pan entier de l’économie du pays — et pas n’importe lequel, celui qui donne du sens à nos existences tout en étant trop souvent pris pour partie négligeable, comme l’a montré sa gestion par un ministère de la Culture un brin largué. Du coup, on a questionné ici Florence Verney-Carron, vice-présidence à la Culture de la Région, et Loïc Graber, désormais ex-adjoint en charge du secteur à la Ville de Lyon. Pour savoir comment on réagit face à un tel uppercut quand on est aux commandes. Interview cut-up.

Sébastien Broquet | Mercredi 8 juillet 2020

Florence Verney-Carron / Loïc Graber : gestion de crise

Avant l’effondrement Loïc Graber : Quand j’ai pris mon mandat en 2017, je l’ai dit à plusieurs acteurs culturels : j’espère qu’on n’aura jamais à vivre un nouveau Bataclan. Je pensais alors à un attentat terroriste, susceptible d’entraîner une disparition du public des salles. Au quotidien, en tant qu’adjoint, on voit les budgets, les bilans des lieux : on sait ce qu’ils ont en réserve. Et je me disais, si jamais on doit surmonter quinze jours ou un mois de fermeture — je pensais ça à l’époque —, concrètement, ça va être très complexe. Les salles n’ont pas de réserve suffisante pour tenir plusieurs semaines sans public ! Impact dans… Florence Verney-Carron : Je prend conscience de la crise très tôt, puisque dès début mars on a les premières annulations — notamment Quais du Polar le 13 mars. On se rend compte avec Laurent Wauquiez qu’il faut fai

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Satanique son père : "The Demon Inside"

Horreur | Affecté par la mort de son épouse et traité pour troubles schizophréniques, Joel élève son fils Mason aidé par une baby-sitter mais sous surveillance d’une psy. Lorsque d’étranges phénomènes conduisent un exorciste à s’intéresser à Mason, son foyer chancelant bascule pour de bon…

Vincent Raymond | Jeudi 25 juin 2020

Satanique son père :

Qu’on aimerait ne pas avoir à renvoyer cette triste série B à Friedkin, étant donné qu’elle semble insister davantage sur le ressenti douloureux du malade psychique sur le tintouin grand-guignolesque de la liturgie de dépossession. Sauf que… Trop occupé, sans doute, à peaufiner son décor bleu éteint et à triturer l’esthétique de ses images subjectives, joliment irisées façon kaléidoscope, Pearry Regnald Teo n’a pas jugé utile de proposer quelque nouveauté dans la représentation de l’exorcisme d’un gamin : voix rauque borborygmant du latin, pustules diverses, reflux œsophagien sur curés… Pas l’once d’une nouveauté audacieuse au tableau. Mais le pompon, en ce XXIe siècle censément spirituel, c’est lorsque le prêtre convainc le père aux abois que sa pratique magique est légale, garantie par « le premier amendement ». Aussi imparable, justifié et d’actualité que le port d’armes du deuxième amendement, permettant de se prémunir

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Florent Bonnetain : « ce sera une maison très ouverte »

Cité Internationale de la Gastronomie | Il est le directeur de la toute nouvelle Cité Internationale de la Gastronomie, qui s'apprête à ouvrir ses portes au sein du Grand Hôtel Dieu : Florent Bonnetain nous détaille le projet, les collaborations, dévoilant un pan de la programmation à venir. Et nous cause mécènes, aussi.

Sébastien Broquet | Mardi 8 octobre 2019

Florent Bonnetain : « ce sera une maison très ouverte »

À quelques jours de l’ouverture, êtes-vous confiant ? Florent Bonnetain : L’ouverture se fera le samedi 19 octobre, premier jour des vacances scolaires. On finalise les derniers réglages… Ce sera prêt. La Cité de la Gastronomie est une institution culturelle dédiée à la gastronomie, ce qui est assez inédit comme thématique. Gastronomie, chez nous, ce sont les règles du ventre : on y parlera à la fois de cuisine 3 étoiles et de l’alimentation du quotidien. C’est inédit aussi dans la forme, entre culture et éducation, avec une diversité de fonctions qui s’entremêlent dans un lieu bouillonnant. Exemple : il y a une exposition permanente, permettant d’illustrer la cuisine lyonnaise, le repas gastronomique des Français - c’est ce qui a été classé au patrimoine de l’Unesco en 2010 -, de réfléchir à ce qui nous attend demain (est-ce que l’on mangera des insectes ? Autour d’une table ?), il y a des espaces Ludo-éducatifs faits pour frapper les esprits et développer de la créativité autour de la cuisine en développant le bien-manger. C’est un lieu d’ateliers, mais l’équipe de cuisine peut venir faire une séance avec les enfants. Et il y a un espace de dégustation,

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Kommet, né sous une bonne étoile

Galerie | Sur les pentes de la Croix-Rousse, un petit et fort sympathique lieu associatif d'art contemporain vient d'éclore, début juin 2019. Kommet est né à l'initiative d’Émilie d'Ornano, commissaire d'exposition indépendante et historienne de l'art.

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 12 juillet 2019

Kommet, né sous une bonne étoile

Émilie d'Ornano, commissaire d'exposition indépendante, désire y exposer « de jeunes étoiles de l'art contemporain », comme actuellement Ludovic Landolt, artiste franco-suisse né en 1993. Son exposition De Tintinnabulis s'inspire des mécanismes et des sonorités des cloches anciennes : de grands disques de métal résonnent sur de basses fréquences, un moule à gâteau sonne à espaces de temps réguliers... Nous sommes ici dans un univers sonore plutôt zen qui tente de faire émerger des « sons intérieurs profonds », et il convient de se laisser un peu de temps dans la galerie pour en apprécier l'envoûtement insidieux et léger. Après la pause estivale, Kommet prévoit en septembre une exposition consacrée à Florence Schmitt, artiste de vingt-cinq ans actuellement en résidence à Décines, travaillant à partir d'installations et de sculptures. Kommet 7 montée des Carmélites, Lyon 1er Ludovic Landolt, De Tintinnabulis Jusqu'au samedi 13 juillet

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Séances à l'air libre

L’Été en Cinémascope | Il est toujours hasardeux de tenter de trouver un point commun entre les films retenus pour l’Été en Cinémascope. Convenons au moins que l’ensemble respecte certains critères…

Vincent Raymond | Mardi 11 juin 2019

Séances à l'air libre

Pas étonnant que vous ayez une impression de déjà-vu : les films projetés depuis des temps immémoriaux sur la place Ambroise-Courtois au dos du monument dédié aux inventeurs du Cinématographe, ont tous vu le jour dans les salles obscures avant de rendre vos nuits estivales plus belles. Mais pour se retrouver au programme, ils doivent constituer un ensemble harmonieux réunissant à la fois des œuvres du patrimoine, des films à très grand spectacle hyper récents, du cinéma d’auteur, des classiques ; un savant mélange du 7e art international compacté en huit films. Cette année, c’est le très beau road movie familial de Matt Ross avec Viggo Mortensen, Captain Fantastic (2016) qui ouvre — grand — les festivités mardi 25 juin : où il est question de liens du cœur plus forts que la mort. Le cœur, toujours lui, bat fort dans Moi, Daniel Blake de Ken Loach : cette seconde Palme d’Or (2016) du Britannique conte les déboires des plus pauvres des pauvres confrontés à la bureaucratie au front de taureau. En hommage

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Nuits sonores : et en extra…

Nuits sonores | Comme chaque année, le programme Extra! propose son lot de rendez-vous insolites et souvent gratuits. Sélection.

Nina Roussel | Mardi 28 mai 2019

Nuits sonores : et en extra…

Un direct qui a du chien La relève de la scène électro débarque au Transbo le 31 mai pour un Nova [Mix] Club d’exception. Nuits Sonores oblige, changement de décor pour l’émission hebdomadaire : fi du Badaboum parisien, fi du Sucre où la radio délocalise son antenne une fois par mois, direction Villeurbanne ! Et pour bien marquer le coup, Nova vous livre un avant-goût de la première compilation du label collectif Nadsat. De la house de Bamao Yendé aux notes pop de Maud Geffray, en passant par le gabber de Krampf, la soirée s’annonce éclectique… et électrisante ! Nova [Mix] Club : Nadsat Takeover Au Transbordeur le vendredi 31 mai à 20h Batman fever Le prétexte : l’anniversaire de l’homme à la chauve-souris, l’icône de DC Comics, qui fête ses 80 ans cette année. Le concept : expos de comics, ateliers pour les enfants, ventes de goodies et du bon son – Nina Selecta, Harry Cover, Monsieur Lune et Monsieur Citron – le tout dans des lieux plutôt chouettos : les quais du Rhône – sous le pont de

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Florent Ladeyn : « le line-up du Lyon Bière Festival est dingue ! »

Lyon Bière Festival | Il sourit, s’allume une clope pour prendre le temps, le temps de se poser, le temps de réfléchir parce que la bière, c’est une affaire à réflexions, une affaire de réflexion aussi, une histoire à ne pas prendre à la légère. Surtout pas. Même s’il les aime plutôt légères, les bières. Il sourit et se lance. Il parle environnement, terroir, local, créativité, houblon, spontanéité, ouverture, liberté, lever de coude, coucher de soleil, nord, géographie, Midi (comprendre Lyon), clichés. Lui, c’est le parrain de la quatrième édition du Lyon Bière Festival, la révélation de Top Chef 2013 qu’on ne présente plus tant il a fait la Une des journaux mais qu’on va présenter quand même parce qu’il vaut la description : 34 ans (il lui « semble »), cuisinier autodidacte, à la tête de trois établissements (dont un étoilé), défenseur de son terroir du Nord et d’une cuisine locale et de saison, amoureux de la petite mousse (le lien est là), véritable électron libre, simple mais animé d’un véritable grain de folie, créatif, rock’n’roll et qui envoie, entre deux traits d’humour, des assiettes sacrément franches. Tout autant que ses propos. La preuve.

Julie Hainaut | Mardi 19 mars 2019

Florent Ladeyn : « le line-up du Lyon Bière Festival est dingue ! »

C’est quoi, la bière, en fait ? Florent Ladeyn : C’est une boisson de copains, une boisson où tout est possible, que tu peux avoir au bar sans forcément y prêter trop d’attention ou à table parce que tu as envie d’apprécier une bière de plaisir, de soif, de dégustation. La bière, c’est quelque chose à laquelle je pense tous les jours. Elle fait partie de mon histoire, de mon terroir. Dans le Nord, la bière, c’est culturel. Et c’est quoi, une bonne bière ? Il y a une multitude de réponses ! Déjà, une bonne bière, c’est comme un bon vin, ça se juge à la "buvabilité". Un bon vin, tu ouvres la bouteille et tu la bois en entier. Une bonne bière, c’est pareil. Si elle est bonne, c’est que tu peux boire une pinte sans problème. J’ai eu une période où j’aimais beaucoup les bières à 12 degrés, les Stout, les Chocolate Porter, les Coffee Porter… Aujourd’hui, je les boirais plutôt en digestif : 6 centilitres, c’est bien suffisant pour des bières si fortes. La bière, c’est aussi une ambiance, tu as plus de plaisir à la boire avec des personnes que tu apprécies qu’avec des gens qui te plombent le moral. Mais aussi, et

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Nicolas Mathieu : « la France périphérique est une poudrière »

Littérature | Roman noir de la désindustrialisation, portrait d'une jeunesse piégée dans la France périphérique et chronique des années 90 aux troublantes résonances contemporaines, "Leurs enfants après eux" (Actes Sud) de Nicolas Mathieu a remporté en outsider le Prix Goncourt 2018. Son auteur est l'invité d'ouverture de la Fête du Livre de Bron, pour une lecture musicale en compagnie du musicien Florent Marchet. Entretien avec un auteur de classe. À tous les sens du terme.

Stéphane Duchêne | Mardi 5 mars 2019

Nicolas Mathieu : « la France périphérique est une poudrière »

Leurs enfants après eux semble emblématique d'une génération d'auteurs qui a pris en charge – comme l'avait fait Aurélie Filipetti avec Les Derniers jours de la classe ouvrière en 2003 – le récit de la désindustrialisation et de ses conséquences. Cette génération, la vôtre, se sent-elle une responsabilité parce qu'elle s'est construite dans ce contexte ? Nicolas Mathieu : Je ne sais pas si ce sont les fils des derniers ouvriers qui on produit ces textes, en tout cas, il y a des auteurs qui ont grandi dans ces régions dites périphériques, qui arrivent aujourd'hui à maturité et les racontent. L'un des traits communs à ces régions, à une partie d'entre-elles, c'est d'avoir habité la crise. Ces livres parlent davantage de géographie que de désindustrialisation : la France pavillonnaire, le bord des campagnes. Mais j'ai dû mal à détourer des grandes tendances, je me demande toujours si c'est mon œil qui sélectionne et crée des vagues, des écoles, ou si c'est un phénomène qui se produit vraiment. Dans l'exergue, tirée du Siracide, qui ouvre votre roman et lui donne s

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Florence Aubenas et Ted Conover, undercover

Non Fiction | À la Villa Gillet, pas de pause : sitôt fermée les portes de la perception de La Chose Publique, reprennent les rencontres avec un duo d'enquêteurs hors-normes : Florence Aubenas et Ted Conover.

Sébastien Broquet | Mardi 27 novembre 2018

Florence Aubenas et Ted Conover, undercover

Du dernier livre de Florence Aubenas, nous ne pourrons pas vraiment vous parler : sa parution, prévue cet automne, étant repoussée au 7 février 2019. Son sujet : le meurtre de Catherine Burgod, gérante de la poste de Montréal-la-Cluse, dans l'Ain, le 19 décembre 2008, tuée de 28 coups de couteaux. Meurtre pour lequel en 2013 est arrêté Gérald Thomassin, toujours mis en examen, mais relâché en juin 2016 au bout de trois ans de détention provisoire. Et pour lequel, depuis, un autre homme a été arrêté et mis en examen à son tour, en septembre dernier - d'où le report du livre, dû à ce rebondissement judiciaire. L'histoire ne pouvait que passionner la plume la plus élégante du journalisme en France : Gérald Thomassin n'est en effet pas un inconnu et son parcours est un roman. Enfance à la DDASS, casting réussi pour Jacques Doilllon qui le fait tourner dans Le Petit Criminel en 1990, César du meilleur jeune espoir masculin dans la foulée, puis défonce et quelques autres apparitions à l'écran, retrouvailles avec Doillon en 2008 pour Le Premier venu, installation dans l'Ain, un peu de rue et de zone... Voilà une enquête que l'on a hâte de lire, habit

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Vers sa destinée : "L'Enfance d'un maître"

Documentaire | de Jeanne Mascolo de Filippis & Bruno Vienne (Fr, 1h17)

Vincent Raymond | Mardi 20 novembre 2018

Vers sa destinée :

En 1990, alors qu’il était bébé, Kalou Rinpoché a été identifié comme réincarnation d’un dignitaire religieux tibétain. Depuis, les caméras de Jeanne Mascolo de Filippis et Bruno Vienne ont suivi l’apprentissage et l’évolution de celui qui est devenu à son tour un chef religieux… Il convient tout d’abord de saluer la performance technique et humaine accomplie par les cinéastes ainsi que les producteurs, qui ont concrétisé ce que beaucoup avaient fantasmé en littérature (Daniel Pennac dans Monsieur Malaussène) ou tenté avant de renoncer tel Lars von Trier pour son projet inabouti Dimension : user du cinéma pour filmer la vie (donc la mort) “au travail“, en l’occurrence pendant vingt ans. Mais ces félicitations doivent aussitôt se nuancer d’un bémol de taille. Car en choisissant pour sujet une personnalité “spirituelle“ investie dans une démarche politique et religieuse, en l’accompagnant inconditionnellement dans son avénement, ce documentaire épouse dans le plus pur style hagiog

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First Man expliqué par Florence Porcel

Rencontre | Maintenant que Ryan Gosling est allé sur la Lune, quelles leçons en tirer ? Heu, en fait, c’est pour de faux qu’il a aluni ; c’est Neil Armstrong, dont (...)

Vincent Raymond | Mardi 6 novembre 2018

First Man expliqué par Florence Porcel

Maintenant que Ryan Gosling est allé sur la Lune, quelles leçons en tirer ? Heu, en fait, c’est pour de faux qu’il a aluni ; c’est Neil Armstrong, dont First Man conte l’odyssée, qui a posé la botte sur le sol sélénite. Et pour en savoir davantage, voire pour confronter la vérité historique avec celle proposée par le film, le Zola convie la vulgarisatrice scientifique Florence Porcel à une rencontre autour dudit film. Peut-être expliquera-t-elle au passage pourquoi il n’y a pas encore eu de femme sur la Lune… First Man - le premier homme sur la Lune Au Zola (Villeurbanne) ​le mercredi 8 novembre à 20h30

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Remords tardifs : "Lindy Lou, jurée n°2"

Documentaire | de Florent Vassault (Fr, 1h27) avec également Heidi Rinke, Julio César Alonso…

Vincent Raymond | Mardi 9 octobre 2018

Remords tardifs :

Mississippi. Vingt ans après avoir siégé dans un jury ayant condamné Bobby Wilcher à la peine capitale, Lindy Lou s’interroge sur sa décision et part à la recherche de ses cojurés pour savoir si elles et ils partagent, a posteriori, ses scrupules… Tout le monde connaît cette *plaisante* maxime de western, jadis crachée comme un jus de chique par des shérifs patibulaires : « on tire d’abord, on cause ensuite ». Un siècle et des charriots plus tard, ce documentaire en illustre d’une certaine manière la persistance aux États-Unis, où l’on envoie se faire exécuter un individu, avant de se demander si, finalement, cet acte punitif définitif ne procède pas de la même barbarie que le crime pour lequel on l’a jugé. La démarche de Lindy Lou est certes singulière, car elle a débuté tôt son introspection en devenant amie (!) avec Bobby Wilcher et en lui rendant visite durant sa réclusion. Mais qu’attendre comme effets de son expédition ? Un peu de gêne d’autres jurés hantés, quelques commentaires bravaches de ceux qui revendiquent leur déc

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Graffikids à Lugdunum

Street Art | Un dimanche graffiti en famille et en bonne compagnie à Lugdunum.

Lisa Dumoulin | Jeudi 4 octobre 2018

Graffikids à Lugdunum

Lugdunum, la nouvelle entité rassemblant le musée gallo-romain et les théâtres antiques de Fourvière, propose une variation autour du dimanche en famille, ici proposé en compagnie de la crème des street artistes lyonnais. Georges le loup (photo) proposera une démonstration devant l'entrée du musée tandis que Lasco fera l'objet d'une exposition, aux côtés de Adelsa et Ghappix qui proposeront un atelier autour du cœur. Plusieurs initiations et ateliers sont prévus : Big Ben sera de la partie avec un atelier autour des chiffres romains, Cap Phi proposera de créer des monstres et Prolo se concentrera sur les graffitis de gladiateurs. Skéné proposera de réaliser des œuvres en mosaïque et Akène des stickers et cartes postales. Enfin, Adèle Alberge dédicacera son livre Les Cris des murs. Un dimanche ludique et instructif où petits et grands pourront s'adonner à l'une des pl

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Une saison à la Villa

Villa Gillet | Toujours aussi éclectique dans ses choix littéraires et scientifiques et exigeante dans ses thématiques, la Villa Gillet inaugure une saison de rencontres qui s'annonce aussi dense que passionnante.

Stéphane Duchêne | Mardi 2 octobre 2018

Une saison à la Villa

Entre sciences humaines, sciences tout court et bien sûr littérature, c'est à un automne bien chargé que nous invite la Villa Gillet pour ses rencontres de saison – comprendre, hors Assises Internationales du Roman et La Chose Publique. Cela avait débuté avec un prolongement haïtien du Festival America et se poursuit dès ce mercredi 3 octobre avec le premier volet de rencontres intitulées Le Temps de... On commence donc avec Le Temps du temps à l'Institution des Chartreux le 9 octobre où les toujours passionnants physicien et historien Étienne Klein et Patrick Boucheron, qu'on ne présente plus, se demanderont, en compagnie de la femme rabbin Delphine Horvilleur, directrice de la revue Tenov'a, ce qu'est le temps et si simplement nous en avons la moindre idée. Le cycle se poursuivra le 9 novembre au Grand Amphi de l'Université Lyon 2 avec les écrivains Philippe Sands (Retour à Lemberg, Albin Michel) et Javier Cercas (Le Monarque des Ombres, Actes Sud) pour Le Temps de la Mémoire sur les liens qu'entretienne

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Florence Aubenas et Ted Conover à la Villa Gillet

Journalisme | Outre la programmation du festival d'idées La Chose Publique qui commence à se dévoiler, la Villa Gillet continue sa programmation de rencontres et (...)

Sébastien Broquet | Jeudi 30 août 2018

Florence Aubenas et Ted Conover à la Villa Gillet

Outre la programmation du festival d'idées La Chose Publique qui commence à se dévoiler, la Villa Gillet continue sa programmation de rencontres et conférences. Le jeudi 29 novembre seront ainsi conviés autour du thème de l'enquête et de l'immersion Florence Aubenas et Ted Conover. Grand reporter pour Le Monde, Florence Aubenas est l'une des journalistes les plus en vue en France actuellement. L'Américain Ted Conover est lui un spécialiste de l'immersion au long cours, s'étant fait embaucher comme gardien de prison à Sing Sing pour l'ouvrage Newjack. La rencontre aura lieu au Grand Amphi de l'Université de Lyon.

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La Madone, chic et décontractée

Bar | La Madone semble jouer un match à trois France-Italie-Espagne dans une ambiance festive avec des produits de qualité.

Sarah Fouassier | Mardi 26 juin 2018

La Madone, chic et décontractée

En cette place des Capucins, vous ne trouverez nulle statue mariale aux bras tendus veillant sur vous, mais une nouvelle chapelle où vous recueillir et confesser votre soudaine soif de prosecco. La Madone, bar qui emprunte ses codes à la restauration méditerranéenne et à la brasserie parisienne avec ses chaises de bistrot en rotin et une volonté d’être ouvert à la rentrée prochaine dès 8 heures pour accueillir les clients et leur croissant, jusqu’à 1 heure et ce sept jours sur sept. Pour l'instant, c'est en rodage, avec des horaires d’ouverture restreints, mais on nous promet une programmation qui devrait plaire aux voisins de tous âges. Les créateurs du spot ont imaginé La Madone comme un repère de copains : la formule semble fonctionner. Depuis l’ouverture le 4 mai, la terrasse ne désemplit pas une fois que l’heure de l’apéro sonne. Vous aurez sûrement à jouer des coudes pour trouver une table libre après 19h... Il faut dire que Guillaume Monet, Lotfi Alami, Raphaël Fuhrmann et leur quatrième acolyte anonyme disposent d’un sacré carnet d’adresses. En ce samedi soir, on observe quelques

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De Priscilla à Travolta

L’Été en Cinémascope | Peu importe que l’on soit par terre, sur un coussin, une chaise pliable ou un gradin, avec l’Été en CinémaScope, on a peut-être le bas du dos endolori, mais les yeux sont au 7e ciel…

Vincent Raymond | Mardi 19 juin 2018

De Priscilla à Travolta

« Tenue légère adaptée pour le désert ». Voilà le dress code que l’Été en CinémaScope devrait imposer au public lors de la première séance de sa nouvelle saison… Encore faut-il pouvoir compter sur une météo estivale clémente, ce qui relève hélas de l’utopie. Les courageux et courageuses peuvent oser les escarpins compensés et les bustiers moulants : ils et elles feront sensation mardi 26 juin pour la projection en plein air de Priscilla, folle du désert (1994), road movie musical dans le bush — en anglais, ça veut notamment dire buisson — australien et son Outback — son arrière-pays, si vous voulez. On changera radicalement d’ambiance la semaine suivante (c’est la vertu de ce rendez-vous : zapper d’un style, d’une ambiance, d’un genre à l’autre) en partageant le gigot de la colère servi par Claude Sautet à Vincent, François, Paul et les autres (1972). Une œuvre visionnaire sur l’évolution urbaine et de la classe moyenne pré-soixante-huitarde. Parenthèse asiatique le 10 juillet avec le polar mélancoliq

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Florence Verney-Carron : « Je ne pense pas que Tomorrowland provoque un déséquilibre »

Tomorrowland | Alors qu'une nouvelle tribune, initiée cette fois par les grands festivals de musiques électroniques de tout le pays, demande aux élus d'être plus attentifs à l'écosystème français, Florence Verney-Carron, vice-présidente à la culture de la Région, a tenu à s'exprimer au sujet de la fronde des acteurs culturels locaux face à la subvention accordée au festival belge Tomorrowland.

Sébastien Broquet | Mardi 3 avril 2018

Florence Verney-Carron : « Je ne pense pas que Tomorrowland provoque un déséquilibre »

Au tour des festivals de musiques électroniques de l'ensemble du pays de réagir à l'arrivée de Tomorrowland à l'Alpe d'Huez. Une tribune est parue via le magazine Trax, signée par tous les grands acteurs de la techno et de ses dérivés, parmi lesquels Nuits sonores, Weather Festival, Astropolis, Positive Education à Saint-Étienne, Tapage Nocturne et bien sûr Holocène, directement impacté puisque se déroulant à Grenoble à la même période que l'événement hivernal de la franchise belge. « Si nous voulons faire face à l'hégémonie des multinationales du divertissement qui s'implantent en France et se livrent une guerre à coups de millions d'euros, et préserver notre patrimoine culturel, il serait judicieux que les institutions, au-delà de leurs engagements verbaux, soutiennent le développement de nos acteurs des musiques électroniques qui travaillent d’arrache-pied à créer de la valeur et n’ont pas pour seul objectif le profit et la sati

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Tomorrowland : les acteurs de la culture en Auvergne-Rhône-Alpes interpellent les élus du conseil régional

Tribune Libre | Le vendredi 9 mars, la Région Auvergne-Rhône-Alpes et son président Laurent Wauquiez ont annoncé fièrement que Tomorrowland, l'un des plus gros festivals du monde basé à Anvers, installerait du 13 au 15 mars 2019 une édition hivernale à l'Alpe d'Huez (Isère). Et ce avec 400 000 euros de subvention. Une décision politique à laquelle ont souhaité réagir de nombreux acteurs culturels régionaux évoluant dans les musiques actuelles par la tribune que voici.

La rédaction | Vendredi 16 mars 2018

Tomorrowland : les acteurs de la culture en Auvergne-Rhône-Alpes interpellent les élus du conseil régional

Nous, acteurs culturels étiquetés "musiques actuelles" de la région Auvergne-Rhône-Alpes, tenons à réagir au communiqué de presse annonçant l’accueil de la première édition du Tomorrowland Winter 2019 à l’Alpe d’Huez, ainsi que la participation financière de la Région à ce projet, pour un montant de 400 000 €. Face aux difficultés rencontrées par un nombre croissant de structures de notre secteur depuis quelques années, nous sommes stupéfaits par cette annonce. Nombre d’équipes ont en effet vu diminuer voire disparaître leurs financements régionaux (essentiellement via la suppression des financements liés aux contrats de développement durable Rhône-Alpes), impactant leur activité, lorsque cela ne l’a pas stoppé net. Les conséquences économiques et culturelles sont lourdes, mais la Région n’a jusqu’alors pas réagi aux conséquences de ses décisions. Nous participons au rayonnement de notre région Parallèlement, nous voyons fleurir la communication autour de la « préférence régionale » partout sur no

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Monsieur P. : la cuisine apaisante de Florent Poulard

Restaurant | L'historique restaurant étoilé de la rue Royale, la Mère Brazier, a un nouveau voisin : Monsieur P. Allez vite lui rendre visite !

Adrien Simon | Mercredi 17 janvier 2018

Monsieur P. : la cuisine apaisante de Florent Poulard

C'est l'histoire de Florent Poulard. Qui a commencé la cuisine "sur le tard", comme il dit, à 18 ans (sic), du côté de l'Institut Paul Bocuse. Et qui, après quelques années de joyeux bourlingages, revient à Lyon pour ouvrir son premier restaurant. Il pensait, pourquoi pas, mettre son nom sur cette nouvelle enseigne. Sauf que son patronyme est déposé comme marque, par une usine de biscuits touristiques. Qu’à cela ne tienne, F. a plus d’un tour dans son sac. Il s'invente un patron anonyme : Monsieur P. Qui n’est pas chef, mais voyageur, épicurien et partageur. Poussant la porte du 14 rue Royale on entre donc chez ce bourgeois de fiction, et l'on s'attable dans son bar, sa cuisine, son bureau. Le storytelling n’est, certes, pas poussé hyper loin, mais justifie une déco et une ambiance (des tables rondes vernies, des chaises rembourrées comme chez mamie, du calme) à contre-courant des restos de jeunes chefs à la mode (meublés Ikea, avec ampoules nues arrache-rétine et service sous speed). Le jeune homme est pourtant bien dans son temps. Sa cuisine ? Une « gast

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Des châteaux et une coupe franche

Politique Culturelle | Un conseiller de l'ombre, des châteaux régionaux mis en lumière et une subvention revue à la baisse pour l'Opéra de Lyon : dernières nouvelles du front culturel à la Région.

Sébastien Broquet | Mardi 7 novembre 2017

Des châteaux et une coupe franche

D'abord, le Musée des Tissus, sauvé pour la com' mais pas vraiment dans les faits. Ensuite, la présentation du livre blanc pour une politique culturelle régionale, manquant de réelles propositions (d'ailleurs, Laurent Wauquiez ne s'est pas déplacé et a laissé sa vice-présidente Florence Verney-Carron s'en charger). Et dans la foulée, retour de Laurent Wauquiez en personne pour dévoiler devant la presse sa nouvelle marotte : un focus sur les 50 sites régionaux qui font l'Histoire de France. Ou, vu autrement, une plongée dans la grande querelle actuelle de l'Histoire. M. Wauquiez a tranché, pour lui l'Histoire c'est le retour à Ernest Lavisse et son enseignement doit se conformer à un grand roman national au parfum identitaire, tel qu'une partie de la droite et de l'extrême-droite l'entendent : « Qu’est-ce que notre histoire ? S’interroger sur nos origines, notre identité, sur les moments qui ont fait la France et les lieux qui en incarnent son passé est devenu pour certains une transgression, presque un interdit. Cela doit cesser. » On s'étonne ainsi moins du soutien appuyé de Stéphane Bern au sujet de Mus

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La Région dévoile son livre blanc

Politique Culturelle | Après 22 mois, la Région a enfin fini de rencontrer les acteurs culturels et élaboré un "livre blanc" pour réfléchir aux orientations que compte suivre Laurent Wauquiez durant sa mandature.

Sébastien Broquet | Mardi 17 octobre 2017

La Région dévoile son livre blanc

Quand Laurent Wauquiez tweetait le 9 octobre dernier au sujet du Musée des Tissus que « la culture et le patrimoine ne peuvent pas uniquement se résumer à des frais et à des coûts », l'on ne pensait pas que les chiffres étaient à ce point occultés dès lors que l'on parlait de ce sujet à la Région. Car lors de la présentation le jeudi 12 octobre du "Livre blanc pour la construction d'un projet culturel régional", il fût bien difficile pour les journalistes présents face à Florence Verney-Carron, la vice-présidente à la Culture, et Anita Weber, vice-président de l'Observatoire des Politiques Culturelles qui était en charge de cette étude menée ces derniers mois, d'obtenir des précisions sur les 60M€ de budget alloués cette année au secteur (le même qu'en 2016, en baisse par rapport à la mandature socialiste). Comment sont répartis les arbitrages, au profit de quel secteur, de quel territoire ? Combien a coûté cette étude ? Ce fût longtemps le grand flou derrière les bonnes intentions, même si l'on apprendra finalement que le prix de l'étude est intégré à la subvention versée à l'Observatoire et que le budget cul

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Florence Verney-Carron va dévoiler sa feuille de route pour la culture

Politique Culturelle | Florence Verney-Carron, vice-présidente à la Culture, va dévoiler ce jeudi le programme culturel voulu par la Région Auvergne-Rhône-Alpes.

Sébastien Broquet | Mercredi 30 août 2017

Florence Verney-Carron va dévoiler sa feuille de route pour la culture

[Mise à jour : un communiqué de presse de la Région ce mercredi à 17h nous informe que la conférence de presse de Florence Verney-Carron prévue jeudi matin est repoussée à une date ultérieure, non communiquée, « en raison d’un contretemps de dernière minute. »] La Région Auvergne-Rhône-Alpes et la culture, c'est un long fleuve pas tranquille du tout depuis l'élection de Laurent Wauquiez. L'absence de dialogue lors des premiers mois, les coupes franches dans les associations (par exemple, les festivals de cinéma LGBT) sans explication, les soupçons de clientélisme avec l'augmentation des subventions pour les festivals des villes aux maires amis du président (Vienne, Chambéry) ont instillé le doute, voir

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"The Young Lady" : corps de ferme

ECRANS | de William Oldroyd (G-B, 1h29) avec Florence Pugh, Cosmo Jarvis, Paul Hilton…

Vincent Raymond | Mardi 11 avril 2017

Dans l’Angleterre rurale victorienne, une jeune oie innocente prénommée Katherine épouse un Lord brutal tyrannisé par son père. Leurs fréquentes absences engendrant l’ennui, elle se laisse séduire par un palefrenier. Les sens désormais éveillés, elle s’enhardit et tient tête aux hommes… Évoquant à la fois Loin de la foule déchaînée et Lady Chatterley (pour la sensualité animale de la relation transgressant les ordres social et patriarcal), le film de William Oldroyd est aussi sous-titré Lady Macbeth. Du personnage shakespearien, Katherine possède en effet l’inextinguible soif de pouvoir… dès lors qu’elle se découvre la capacité de l’étancher. En conquérant le domaine, c’est le plein contrôle de ses désirs et pulsions qu’elle vise. Et obtient. Puissant dans son minimalisme, The Young Lady déborde pourtant de cette intensité érotico-dramatique que tout tente de réfréner — du hors-champ aux robes à corset, en passant par la fixité glaciale des plans. Le jeu dépourvu d’intention de la brillante

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"De plus belle" : à la fleur de l’âge

ECRANS | de Anne-Gaëlle Daval (Fr, 1h38) avec Florence Foresti, Mathieu Kassovitz, Nicole Garcia…

Vincent Raymond | Mardi 14 mars 2017

Quadragénaire recroquevillée sur ses complexes, Lucie vient de se rétablir d’une chimiothérapie et conserve des séquelles psychologiques de sa maladie. Si elle ne peut hélas compter sur l’affection de sa mère, qui ne cesse de la rabrouer, elle va trouver en Clovis, un dragueur compulsif et Dalila, une danseuse optimiste, deux soutiens pour affronter la vie. À nouveau. Non, De plus belle n’est pas un film SUR le cancer — sujet terrifiant, et repoussoir s’il en est ; il se situe dans sa périphérie. Abordant surtout la question de la guérison, il s’intéresse moins à celle du corps qu’à la résorption des blessures narcissiques. Tout aussi douloureuses que les affections physiologiques laissant cicatrices ou mutilations, ces dommages collatéraux invisibles sont rarement traités. Pourtant, la restauration de l’estime de soi est aussi décisive dans un processus de rétablissement que le soutien des proches ou le suivi thérapeutique. Cette première réalisation, si elle n’est pas exempte de petites incertitudes, touche par son attention portée aux écorché(e)s et aux meurtri(e)s. Alors qu’on assène ordinairement la joie de comme une évidence,

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De plus belle

Avant-Première | Cela faisait bien longtemps qu’on ne l’avait pas vu à Lyon, où il avait laissé un grand souvenir lors de l’avant-première au CNP Terreaux de son film (...)

Vincent Raymond | Mardi 28 février 2017

De plus belle

Cela faisait bien longtemps qu’on ne l’avait pas vu à Lyon, où il avait laissé un grand souvenir lors de l’avant-première au CNP Terreaux de son film Assassin(s). Mathieu Kassovitz revient pour accompagner Anne-Gaëlle Daval lors de l’avant-première de De plus belle, son premier long-métrage, ainsi que sa partenaire à l’écran et comédienne principale du film, Florence Foresti. Voilà du beau monde à accueillir… De plus belle Au Pathé Bellecour le vendredi 3 mars à 20h

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Flore : quai du Polaar

Portrait | Elle s'est fait sa place, à part, dans le petit milieu lyonnais des musiques électroniques. Celle d'une artiste obstinée, passionnée et indépendante. Talentueuse, surtout. Vendredi, Flore squatte les quais du Rhône pour une nouvelle party Polaar : voici son parcours.

Sébastien Broquet | Mardi 14 février 2017

Flore : quai du Polaar

« Quand je ne fais pas de la musique, tu me vois tripatouiller du terreau. » Flore Morfin ne s'appelle pas ainsi par hasard. Sur son balcon, une mini-jungle soigneusement entretenue, des nénuphars... veillent sur le home-studio installé dans son appartement du plateau de la Croix-Rousse. L'été dernier, elle a fait le buzz en obtenant la certification Ableton (ce logiciel phare de la composition en musiques électroniques) : une première en France pour une femme ; et seulement la 7e dans le monde. « Ça m’a surpris. Cette question-là, on me la pose tout le temps. J’y réfléchis et j’y suis sensible, mais ça m’a fait halluciner de réaliser à quel point peu de femmes veulent participer à ce genre d’étape, même si elles sont nombreuses à utiliser ces outils. Je me suis dit que c’était important de le faire savoir, car peut-être que beaucoup de femmes n’osent pas ou n’y pensent pas. » C'est aussi un symbole, pour celle qui a débuté à une ère où il fallait apprendre sans tutoriels sur YouTube. En 1996, son premier choc avec les musiques électroniques, c'est Björk. Avec son fr

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Deux nouveaux étoilés à Lyon

Guide Michelin 2017 | Le célèbre Guide Michelin a attribué aujourd’hui ses étoiles pour l’édition 2017 : à Lyon, Jérémy Galvan et Miraflores (où le chef Carlos Camino propose une (...)

Lisa Dumoulin | Jeudi 9 février 2017

Deux nouveaux étoilés à Lyon

Le célèbre Guide Michelin a attribué aujourd’hui ses étoiles pour l’édition 2017 : à Lyon, Jérémy Galvan et Miraflores (où le chef Carlos Camino propose une cuisine franco-péruvienne) obtiennent chacun un macaron. Ils viennent ainsi grossir les rangs des étoilés lyonnais, qui s’élèvent désormais au nombre de 18, aux côtés de Prairial, Pierre Orsi, L'Auberge de l'Ile Barbe, Au 14 Février, Les Loges, Takao Takano, Les Terrasses de Lyon, Têtedoie, Les Trois Dômes, Le Gourmet de Sèze, L'Alexandrin, Maison Clovis et Le Passe-Temps. Sans oublier les deux étoiles de La Mère Brazier et du Neuvième Art et bien sûr les trois étoiles de Paul Bocuse. Bon appétit ! Jérémy Galvan : 29 rue du Boeuf, Lyon 5e Miraflores : 60 Rue Garibaldi, Lyon 6e

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Insomniaque

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 20 décembre 2016

Insomniaque

22>12>16 LE SUCRE CASSIUS --- Attention : en raison d'un problème de santé de l'un des membres de Cassius, cette date est reportée à la rentrée 2017. Infos billets sur le site du Sucre --- L'autre duo ayant explosé les codes de la house en pleine french touch a su sans cesse se réinventer, accumulant les hits même quand on ne les attendait pas (I <3 u so) ; l'un, Zdar, s'imposant aussi comme orfèvre du son pour tout ou presque ce que la planète compte de stars. À intervalles réguliers, la paire trouve encore le temps de se retrouver derrière les platines pour quelques sets où l'hédonisme se décline sous toutes ses facettes. Ibiza. 23>12>16 LE SUCRE LA CHINERIE Il va falloir tenir onze heures d'affilée, et les huîtres de Oyster Sonore (Clément Marandon, l'un des meilleurs écaillers de France) ne seront pas de trop pour vous revitaliser même si le line-up, comme toujours bien senti, c

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Elektrhône

MUSIQUES | Changement de lieu pour l'Elekt'rhône Festival, qui investit pour la première fois le Petit Salon dans le 7e arrondissement, les vendredi 2 et samedi 3 (...)

Sébastien Broquet | Mardi 29 novembre 2016

Elektrhône

Changement de lieu pour l'Elekt'rhône Festival, qui investit pour la première fois le Petit Salon dans le 7e arrondissement, les vendredi 2 et samedi 3 décembre. Deux nuits, deux salles, avec en guise de headliners le grenoblois Oxia, vu et revu depuis la sortie de son premier EP en 1995 sur le label Ozone ou son hit single Domino en 2006, mais qui se bonifie avec le temps comme un bon vin. On guettera aussi la perf' de la prometteuse Clara Deshayes, alias Clara 3000, issue du crew Kill the DJ, ou encore le passage de l'Argentin inspiré par le Berghain qu'est Jonas Kopp, accompagné ce même soir par Djedjotronic. La petite salle est laissée aux bons soins de la radio Rinse France, qui invite le crew Artjacking le vendredi soir (soit une grosse rasade de hip-hop avec Manaré, Malinké, Azamat B et Asura) et pour le samedi soir, la bande Art Feast pour une virée dans l'esthétique house & disco avec Klaaar et Miimo. Banco.

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Insomniaque

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 11 octobre 2016

Insomniaque

14>10>16 TERMINAL PHILOU LOUZOLO Nous ne connaissions pas Philou Louzolo, avant d'aller jeter une oreille sur le Web en préparant cette rubrique : l'invité du crew Art Feast était passé sous nos radars, et cette première venue dans nos contrées permet de réparer ce manque ; car l'afro house de ce producteur basé à Rotterdam, nourrie de ses héritages congolais et nigérians, enflamme par son groove implacable. Quand l'Afrique s'invite dans la petite boîte noire, en compagnie pour l'occasion de Klaaar et de Miimo. Black. 14>10>16 NINKASI OUTRANCE Parmi les grands mystères de l'humanité figure en bonne place le retour de la trance, genre que l'on pensait évaporé dans les limbes des années 90. Et pourtant le retour en force est flagrant, de la clubbeuse jeunesse à une Nina K

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Nick V, un dimanche pour voguer

Clubbing | C'est l'un des DJ les plus discrets et les plus précieux de la scène française : le natif de Manchester Nick V, ardent défenseur d'un certain esprit du clubbing où l'hédonisme, le partage et la danse priment sur la starification, s'installe au Sucre le temps d'un dimanche précieux avec sa party La Mona, invité par Art Feast.

Sébastien Broquet | Mercredi 7 septembre 2016

Nick V, un dimanche pour voguer

La Mona, une soirée initiée à la Java que tu exportes au Sucre ? Nick V : Mona est une soirée que j’ai co-fondée il y a huit ans avec une bande d’amis, aujourd’hui seul Fred (de Mona) est resté parmi les premiers fondateurs, mais la soirée s’organise toujours en équipe. C’est clairement une soirée house, dont les bases s’inspirent de la house et du disco des origines, c’est à dire des musiques originaires de New York, Chicago et Detroit, qui correspondent à une bonne partie de mes influences musicales personnelles. Pour apporter une vraie énergie aux soirées, j’ai voulu y associer la danse. Cela m’a paru essentiel car cette musique a été créée avec pour unique but de faire danser. Hélas avec le temps cela a été quelque peu oublié dans les clubs, au profit de la fascination pour la starification des artistes, ou de la consommation de produits divers. J’ai voulu faire revenir le plaisir simple de la danse dans mes soirées, qui correspond à une démarche plus globale pour retrouver une dimension plus sincère et une énergie plus puissante dans le club. Ce qui m’intéresse avant tout est d’apporter la danse aux non initiés et non la surenchèr

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Le discours et la méthode : un point sur la politique culturelle en Rhône Alpes

Politique Culturelle | Ça coince. Depuis le changement d’exécutif à la tête de la Région en décembre, aucune ligne claire concernant la culture n'a été édictée. Pire : les budgets sont rabotés voire réduits à néant sans concertation. Le milieu culturel s'échauffe.

Nadja Pobel | Mardi 6 septembre 2016

Le discours et la méthode : un point sur la politique culturelle en Rhône Alpes

La culture n'est pas une compétence obligatoire des Régions. Les lycées, la formation professionnelle et les transports régionaux sont bien évidemment des priorités (l'A45 aussi, manifestement). D'où, certainement, le fait que le Plateau, un espace dédié à l'art contemporain, soit aujourd'hui vide ; et que lors de sa conférence de presse sur le budget ce printemps, Laurent Wauquiez ait appris par notre question que la Région était présente au festival d'Avignon via la location d'une péniche où des débats devaient être organisés : location aussitôt annulée. Voilà pour la méthode : trancher dans le vif en une minute. Exit les commissions d'experts (bénévoles) chargés d'étudier des dossiers très complets de demande de subventions à l'attention des élus. Pourquoi ce système a disparu ? La vice-présidente en charge de la Culture, Florence Verney-Carron nous explique : « C'était un problème de délai sur ce budget : nous n'aurions pas pu réunir les commissions dans les temps. Mais tout a été étudié de très près par nos services et la direction de la culture. Pour l'avenir, nous all

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La culture, ce caillou dans la chaussure de Laurent Wauquiez

ACTUS | C’est la compétence sur laquelle une gouvernance de droite est souvent soupçonnée des moins bonnes intentions et, par conséquent, sur laquelle elle n’a pas envie de se vautrer. En matière culturelle, Laurent Wauquiez entretient pour le moment un brouillard épais, promettant de le dissiper d’ici cet été.

Dalya Daoud / Rue89Lyon | Mardi 28 juin 2016

La culture, ce caillou dans la chaussure de Laurent Wauquiez

Avec Rue89Lyon C’est un chiffre quasi officiel qui circule : on estime que la baisse prévue dans le budget dédié à la culture en Auvergne-Rhône-Alpes s’approche de 10%. L’explication générale, on la connaît : la Région se met à la diète et tous les domaines de compétences seront touchés (75 millions d’euros d’économies cette année, et 300 millions d’euros à la fin du mandat). Mais les premières décisions de l’exécutif concernant la culture n’ont pour autant pas toujours été comprises. Si Laurent Wauquiez n’a de cesse de fustiger son prédécesseur socialiste, parfois à raison, il sait que Jean-Jack Queyranne a été apprécié dans le milieu culturel où il a su mener sa barque, reconnu comme un amoureux des arts. Pour l’heure, les nouveaux locataires de la Confluence semblent quant à eux naviguer à vue. Une augmentation de subventions par ici, une coupe par là : les décisions tombent sans explication. Où est Florence ? Florence Verney-Carron, vice-présidente en charge de la Culture, a pris le parti de se taire. Aucune déclaration publ

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Trois questions à... Jean-Luc Gaget

ECRANS | Scénariste de L’Effet aquatique, mais aussi des films précédents de Sólveig Anspach, Jean-Luc Gaget a accompagné tout le film jusqu’à son montage après le décès de la réalisatrice, le 7 août 2015.

Vincent Raymond | Mardi 28 juin 2016

Trois questions à... Jean-Luc Gaget

Pourquoi avoir choisi des personnages de maîtres-nageurs ? Avec Sólveig, on était allés voir Deep End de Jerzy Skolimowski et on avait adoré — on en était raides dingues ! En sortant, on s’est dit : « on va écrire un film qui se passera dans une piscine », et c’est parti de là. Dans le film précédent, Queen of Montreuil, le personnage d’Agathe faisait du documentaire — mais ça ne marchait pas fort, donc elle pouvait très bien devenir maître-nageur (rires). Et sans Deep End, elle aurait pu travailler dans un supermarché. En plus, une piscine, ça peut être très glauque… Mais Sólveig, avec la chef-opératrice Isabelle Razavet, a rendu ce lieu super sensuel, acidulé. Ça amène beaucoup de poésie. Teniez-vous à conclure par un happy end votre trilogie ? C’est un suite sans être

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"L’Effet aquatique" : romance comique en Islande

ECRANS | Un(e) auteur(e) faisant le grand plongeon avant la sortie de son film laisse son œuvre orpheline, autant que ses spectateurs — le public éprouve en (...)

Vincent Raymond | Mardi 28 juin 2016

Un(e) auteur(e) faisant le grand plongeon avant la sortie de son film laisse son œuvre orpheline, autant que ses spectateurs — le public éprouve en effet une impression d’inachèvement, comme si la voix portant le récit s’était étouffée en cours de phrase. Car une réalisation posthume tient de l’énigme ; certes, elle triomphe de la mort, mais ne peut se défaire d’une incertitude : correspond-elle aux désirs de l’absent(e) ? Cette charge funèbre pèse sur L’Effet aquatique comme un péché originel. Dommage pour une comédie, pourrait-on penser, mais ce qu’elle amène de mélancolie se marie avec la musique intime de Sólveig Anspach, dont le cinéma n’a cessé de redonner à des éclopés ou des pieds-nickelés le goût de la fantaisie. Elle a même ici l’arrière-goût chloré des bassins bleutés, ce (mi)lieu intermédiaire où l’on se met presque totalement à nu. Démarrant comme un huis clos timide et recroquevillé, le film se déploie au contact de l’eau pour gagner les rives de l’Islande et celles de la comédie romantique — ou plutôt de la romance comique. Assumant sa naïveté comme une douceur, il semble prôner l’utopie du coup de foudre et la persévérance des idéalis

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L’Été en CinémaScope

Institut Lumière | Précurseur de la manifestation pluriculturelle Tout l’monde dehors, le rendez-vous estival de l’Institut Lumière joue chaque année à fond la carte de la (...)

Vincent Raymond | Mardi 21 juin 2016

L’Été en CinémaScope

Précurseur de la manifestation pluriculturelle Tout l’monde dehors, le rendez-vous estival de l’Institut Lumière joue chaque année à fond la carte de la gourmandise cinéphilique en brassant les styles et les époques. Il convoque d’une semaine sur l’autre un réjouissant coq-à-l’âne d’ambiances : d’une saignante critique sociale sur fond de football dans une quelconque ville de province digne d’être une sous-préfecture chabrolienne (Coup de tête, photo) l'on passe à un film à sketches d’Ophuls d’après Maupassant (Le Plaisir), puis l’on roule en Lancia dans l’insouciance de l’Italie ensoleillée (Le Fanfaron), avant de retrouver la vivacité baroque et transformiste d’Almodóvar (Talons aiguilles), l’ambiance lourde d’un thriller post-franquiste (La Isla Minima) et le destin brisé d’une icône autodétruite par ses addictions et son trop plein de souffrance comme de talent (

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Florence Verney-Carron : "Il faut dialoguer avec les artistes"

Florence Verney-Carron | Depuis l'élection de Laurent Wauquiez à la tête de la Région en décembre dernier, le monde de la culture s'est inquiété, parfois offusqué, au minimum s'est posé des questions : d'une déclaration pour le moins malheureuse de son président sur les formations de clowns en pleine campagne, jusqu'au traitement du dossier de la Villa Gillet, c'est peu dire que la vice-présidente en charge de la Culture est attendue. Florence Verney-Carron s'exprime ici pour la première fois sur l'ensemble de ces sujets.

Sébastien Broquet | Mardi 26 avril 2016

Florence Verney-Carron :

En janvier, après l'élection, vous demandiez du temps avant de dévoiler votre feuille de route concernant la culture. Aujourd’hui, pouvez-vous nous dire quels sont les points qui vont être privilégiés ? C’est la première fois qu'une élection se déroulait en décembre. C’était très compliqué de nous atteler à ce budget 2016 en si peu de temps. Durant ces trois premiers mois, j’ai analysé pas mal de choses. On avait un certains nombre de principes, déjà évoqués par Laurent Wauquiez durant la campagne, notamment deux points très forts : d'abord, accompagner évidemment les créateurs culturels de premier plan. Ensuite, encourager l’émergence ; ce qui est l’essentiel pour une collectivité publique. Ça nous a amené à tracer deux grands points de notre politique culturelle : avoir une offre de qualité partout, même dans les endroits les plus reculés du territoire et y apporter beaucoup d’attention : ce peut-être une librairie, un festival, un cinéma. Le second point, ce sera de respecter et d’encourager tous les lieux de création. Ce qui est important pour nous, puisque nous arrivons au moment de la fusion des régions, c'est aussi de faire la conver

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Vasco Ascolini : Images au bout de la nuit

Photographie | En réunissant plus d'une cinquantaine d'images de toutes époques, la galerie Vrais Rêves propose une sorte de "synthèse" de l’œuvre du photographe Vasco Ascolini, maître du contre-jour et de la nuit.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 5 avril 2016

Vasco Ascolini : Images au bout de la nuit

Vasco Ascolini est très connu pour ses photographies de spectacles de danse ou de théâtre (plusieurs sont collectionnées par le MOMA à New York et d'autres institutions prestigieuses). Mais, dans le cadre de sa petite rétrospective à Lyon, ce sont ses images de vestiges archéologiques et d'espaces muséaux qui nous ont le plus ému, troublé, voire fasciné... On sait la force de certaines fresques murales ou de certains masques antiques pour déconstruire toute logique chronologique, se proposer comme autant d'énigmes saisissantes traversant le temps. Les images de Vasco Ascolini (né en 1937 en Italie) intensifient ces phénomènes, elles redoublent le mystère et l'aspect presque vivant de visages archaïques. Le marbre ou la pierre semblent chez lui parfois faites de chair, les statues conversent entre elles, s'enlacent sensuellement ou, même, s'élancent en courses furtives au milieu de jardins... Miroir mélancolique L'une des images les plus saisissantes d'Ascolini montre, au bout d'un petit couloir plongé dans la pénombre, un grand miroir ovoïde qui ne reflète qu'un noir opaque et étale. « Homme, regarde toi dans la nuit » semble nous indiqu

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Disquaire Day : Vinyl, Vidi, Vici

Top 10 | Entre une réédition d'A-ha et un disque de Xiu Xiu jouant la musique de Twin Peaks, le Disquaire Day, c'est plus de 200 références tous azimuts, toutes périodes, inédits, rééditions, collector, attrape-couillons, ayant pour seul point commun le support aussi authentiquement vinyl que le toupet de Dick Rivers. On y a subjectivement picoré dix petites perles pour la bonne bouche.

Stéphane Duchêne | Mardi 5 avril 2016

Disquaire Day : Vinyl, Vidi, Vici

Allen Toussaint – Live in Philadelphia 1975 (Rhino) Parce qu'il n'y a pas plus bel hommage à rendre au king of New Orleans, qui nous a quitté en novembre, que de se déhancher sur ces titres saisis sur le vif dans la cité de l'Amour Fraternel, quarante ans avant sa mort. Big Star – Complete Columbia : Live a University of Missouri 4/25/93 (Columbia) Avril 1993, les mythiques inventeurs de la power pop se reforment (partiellement) à Missouri University. Un live mythique ici réédité, remasterisé et agrémenté de cinq inédits. David Bowie – The Man Who Sold the world, picture disc 12'' (Parlophone) On ne va pas épiloguer. On tombe dessus, on achète ce disque (un sublime vinyl peint et une pochette ad hoc), quitte à vendre le monde. Elvis Presley – I'm Leavin : Elvis Folk Country (Sony Music) De Dylan à Gordon Lightffoot, voici rassemblés les divers enregistrements folk du king entre 1966 et 1973. Florence & the Machine – Delilah/Only Love can break your heart 7'' (Island)

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Clubbing : nos trois soirées de la semaine

MUSIQUES | 12.02.16 Dave Clarke Cet enfant de Brighton, ville anglaise célèbre pour sa plage, sa baston entre mods et rockers et son exigente scène musicale, a (...)

Sébastien Broquet | Mercredi 10 février 2016

Clubbing : nos trois soirées de la semaine

12.02.16 Dave Clarke Cet enfant de Brighton, ville anglaise célèbre pour sa plage, sa baston entre mods et rockers et son exigente scène musicale, a grandi dans le hip hop et derrière les platines, ça s’entend : si Dave Clarke a la même vista technique qu’un Cut Killer, c’est pour mixer une techno ardue, lourde, sans concession aucune, limite hardcore dans son feeling. Féru d’électro (on parle du terme originel, pas de sa généralisation aux musiques électroniques), l’auteur de l’anthem Red 1 sera au Sucre ce vendredi pour donner la leçon à la meute des jeunes loups. Viril. 13.02.16 Marc Romboy Longtemps resté un second couteau de la scène rave dans laquelle il évolue depuis le début des 90’s, Marc Romboy a enfin pris la lumière avec l’arrivée de la scène electro house voire minimale au sein de laquelle il s’est illustré par quelques belles pistes, seul ou en duo avec Stephan Bodzin, ouvrant un label fort couru (Systematic Recordings) sur lequel il signa Booka Shade

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Rencontrons-nous pour de Bron !

ECRANS | Cinq jours d’une extrême densité, pour célébrer le cinéma français dans la convivialité. Bien que dépourvu de compétition — ou justement parce qu’il (...)

Vincent Raymond | Mardi 26 janvier 2016

Rencontrons-nous pour de Bron !

Cinq jours d’une extrême densité, pour célébrer le cinéma français dans la convivialité. Bien que dépourvu de compétition — ou justement parce qu’il fait l’impasse sur l’éprouvante course aux prix — le festival de Bron demeure parmi les plus populaires pour les cinéastes, ravis de soumettre leurs œuvres aux spectateurs sans aucun enjeu concurrentiel. Comptant 17 longs métrages cette année, sa sélection glane des films dans la production 2015 et en cueille par anticipation dans celle de 2016. Ainsi, En mai fais ce qu’il te plaît, À peine j’ouvre les yeux, Une jeunesse allemande et surtout l’excellent Les Cowboys de Thomas Bidegain bénéficieront-ils d’une nouvelle lecture ; tandis que Tempête de Samuel Collardey, Les Ogres de Léa Fehner, Médecin de campagne de Thomas Lilti ou Rosalie Blum (adapté de la BD de la Lyonnaise Camille Jourdy) signé par Julien Rappeneau feront l’objet de l

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La Fille du patron

ECRANS | De et avec Olivier Loustau (Fr, 1h38) avec Christa Théret, Florence Thomassin…

Vincent Raymond | Mardi 5 janvier 2016

La Fille du patron

Premier long métrage de fiction d’un fidèle de Kechiche formé de surcroît au documentaire, La Fille du patron ne surprendra donc pas par son réalisme social, à la tonalité presque anglaise : un courant affectif et solidaire lie entre eux les protagonistes, mais aussi les attache à leur usine, qui est comme un prolongement organique de leur être. Ce qui étonnera en revanche, c’est la détermination sans faille du personnage Vital campé par le réalisateur : chacun de ses choix (dans la sphère professionnelle ou privée) est irrévocable — remords et regrets lui étant étrangers. Un caractère entier et droit, couplé à un profil plutôt taciturne, conférant à ce héros prolo le mixte de mystère et de charisme expliquant la fascination qu’il exerce sur la fameuse “fille du patron”, au-delà des clichés relatifs aux différences d’âges, de milieux sociaux, etc. S’écartant des insupportables standards réclamant du happy end, La Fille du patron s’achève tout en nuances, confirmant si besoin était l’ineptie du manichéisme simpliste…

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Archipel de passions

SCENES | Depuis qu'il s'est redéfini en "centre d'art" avec la présence et le soutien de la compagnie Maguy Marin, Ramdam a l'ambition de produire des projets (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 17 novembre 2015

Archipel de passions

Depuis qu'il s'est redéfini en "centre d'art" avec la présence et le soutien de la compagnie Maguy Marin, Ramdam a l'ambition de produire des projets pluridisciplinaires et singuliers audacieux. Le premier d'entre eux, Passion(s), est propulsé par la chorégraphe stéphanoise Florence Girardon à partir de la magistrale Passion selon Saint Matthieu de Bach. Elle a proposé à huit autres artistes, liés à Ramdam, de créer une œuvre en écho à la musique de Bach. «Chacun nous dit la chorégraphe, s'est approprié librement cette proposition, la musique pouvant parfois ne rester présente que sous forme de bribes... C'est une œuvre musicale grandiose, très longue, qui constitue en elle-même un défi et qui ouvre à une multitude de possibilités.» Florence Girardon a de son côté imaginé une pièce sous forme de fête paradoxalement païenne, transposant l'élan joyeux de la musique de Bach. Du 19 au 21 novembre, on pourra découvrir la première articulation des neuf créations, fruits de six chorégraphes (Ulises Alvarez, Florence Girardon, Cécile Laloy, Maguy Marin, Pierre Pontvianne, Ennio Samarco), deux metteurs en scène (David Mambouch et P

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Les soirées du 11 au 17 novembre

MUSIQUES | 13.11 Elektro System Birthday Quand y en a plus, y en a encore. Une semaine après sa "petite" sauterie au Double Mixte, Elektro System prolonge son (...)

Benjamin Mialot | Mardi 10 novembre 2015

Les soirées du 11 au 17 novembre

13.11 Elektro System Birthday Quand y en a plus, y en a encore. Une semaine après sa "petite" sauterie au Double Mixte, Elektro System prolonge son quinzième anniversaire à domicile, sur le cosy Bateau Bellona. L'association sera pour l'occasion quasiment au complet – Manu Svensson, Pedro Bucarelli, Acid Soda et ORM, notamment, se mettront gentiment sur la tronche en back 2 back. Le bonheur, lui, le sera grâce à la présence de Delano Smith, pionnier des pionniers (il a commencé à mixer dès la fin des années 70) et producteur sur le tard de house à forte concentration en plénitude (l'EP Deep Fundamentals en tête).

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