Trois questions à Dominique Delorme

MUSIQUES | Dominique Delorme, le directeur des Nuits de Fourvière, revient sur neuf ans de gestation avant l’événement. Propos recueillis par Stéphanie Lopez

Dorotée Aznar | Vendredi 22 juin 2012

Sur  I Miss You, Björk chante : “If you believe in dreams, or what is more important, that a dream can come true”. Pour le festival, c'est donc un vieux rêve qui va se réaliser le 30 juin ?

Dominique Delorme : Quand je suis arrivé à la programmation des Nuits de Fourvière en 2003, c'est la première artiste à qui j'ai fait une demande. J'ai réitéré cette demande chaque année, patiemment, jusqu'à cet hiver où elle a fini par accepter. Mais d'abord je suis allé à son concert de Nîmes pour la rencontrer, puis à Reykjavik, l'automne dernier, pour la voir dans le théâtre où elle se produisait. C'est le cumul de toutes ces intentions qui a permis ce que je considère comme un aboutissement. La persévérance a été payante avec Björk, comme avec d'autres artistes d'ailleurs. Nous avons dû attendre des années aussi avant de pouvoir programmer Leonard Cohen ou Antony.

Que pouvez-vous nous révéler quant à la scénographie – supposée spectaculaire – du concert et du concept Biophilia ?

Tout l'enjeu de cette programmation tenait au fait que Björk et son équipe aient envie de travailler sur deux versions du même spectacle. Car à l'origine, le live de Biophilia a été créé et conçu pour quatre écrans géants. Cette scénographie quadri-frontale a démarré l'été dernier au Festival International de Manchester, mais ici, à Fourvière, la configuration scénique ne permet pas de mettre en place une succession d'écrans. Ils ont dû adapter une nouvelle version, mais globalement, cela reste le même projet artistique.

Avez-vous des nouvelles rassurantes concernant la santé vocale de Björk ?

Oui. Björk est une grande professionnelle ; si elle estime être en mesure de donner un concert, c'est que toutes les conditions requises sont réunies. Le spectacle vivant étant par essence quelque chose de fragile, je dirais aujourd'hui qu'il n'y a pas plus de risque d'annulation avec Björk qu'avec un autre artiste.

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Festivals d'été, faut pas rêver

Situation (sanitaire) : c'est compliqué | Si la ministre de la Culture se montre optimiste dans ses récents propos concernant les festivals d'été, c'est surtout parce qu'elle occulte tout ce qui concerne la jeunesse et les musiques qui se dansent, du rock à la techno en passant par le rap. Une vision "OK boomer" et bourgeoise de la culture qui laisse sur le carreau un pan entier de la création, et les emplois qui vont avec. Et des publics désemparés, à qui l'on fait croire à tort qu'ils pourront vivre normalement cet été. Explications et tour d'horizon des festivals lyonnais.

Sébastien Broquet | Mardi 2 mars 2021

Festivals d'été, faut pas rêver

C’est la pagaille. Euphémisme ! Solidays, Hellfest, Glastonbury, Garorock — ou Foreztival dans notre région : plusieurs des plus gros festivals européens prennent les devants et ont d’ores et déjà annoncé l'annulation de leur édition 2021. D'autres dévoilent comme si de rien n’était leur programmation et mettent en branle leur billetterie. Et Roselyne Bachelot continue de patauger dans une communication illisible, récupérant au passage l'idée des concerts test à Paris et Marseille dont elle n'est pas à l'origine (un écran de fumée pour les festivals : on ne voit pas à quoi les résultats, obligatoirement tardifs, leur serviront, a contrario des scientifiques — car il sera impossible pour la majorité d'entre eux d'appliquer les mêmes process sanitaires que lors de ces concerts soigneusement encadrés et gourmands en personnels ; à quoi bon essayer d'en organiser

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Antony Queen

MUSIQUES | Comment parler de ce concert à venir d'Antony au Théâtre Antique, sans évoquer celui que l'Anglo-New-Yorkais donna en 2009 avec l'orchestre de l'Opéra de Lyon dans des conditions similaires. La nuit tombait doucement sur Fourvière, le vent soufflait en rafale, mais c'est la voix d'Antony qui faisait virevolter les poils sur les bras.

Stéphane Duchêne | Vendredi 29 juin 2012

Antony Queen

            Antony and The Johnsons aux Nuits de Fourvière par NuitsdeFourviere Et l'on doit dire que peu de ceux qui étaient présents lors de cet événement bouderont leur plaisir face à cette nouvelle performance baptisée Cut The World. Surtout si l'on se souvient que l'on y avait découvert un Antony détendu – si cela est possible –, bavard et même cabotin. Ce qui n'était guère le cas à ses débuts. Dans les bras d'un orchestre, concentré sur la maîtrise insensée d'une voix comme on n'en a rarement entendue, Antony peut déployer toutes les palettes de couleurs souvent sombres de cette pop pour laquelle le terme transgenre n'aura jamais aussi bien porté son nom. Sombres, mais pas que, car entre les histoires borderline, les amours compliquées et les tourment identitaires, se glissent parfois

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Debout les morts

SCENES | C’est peu dire que la mort est en pleine forme dans la dernière création de Bartabas, Calacas. Au-dessus de nos têtes, dans notre dos, devant nos yeux, les morts sont partout et triomphent dans un ballet équestre ébouriffant. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Jeudi 28 juin 2012

Debout les morts

Au Mexique, le mort fait partie du décor, il se trouve au premier rang des peintures de familles comme dans Rêve d’un dimanche après-midi au parc de l’Alameda de Diego Rivera. Et il rit eux éclats. Dents en avant posées sur son corps réduit au squelette (un "calacas" comme on dit en langage familier à Mexico), le mort est à la fête. Bartabas l’a bien compris et s’empare de cette figure pour la marier aux chevaux avec qui il a construit sa carrière et son théâtre, Zingaro, depuis 1985. Tantôt sous forme de marionnettes, tantôt en apparence humaine (les écuyers revêtent une combinaison ou un masque de squelette), la mort cavale et nous cerne. Car – c’est la grande innovation technique de ce spectacle – Bartabas a construit sa scénographie sur deux niveaux : la traditionnelle piste centrale comme au cirque, et une galerie qui encercle les spectateurs sans cesse pris par surprise dans ce bal en mouvement continu. L’impression de se trouver au cœur d’un zootrope (invention cylindrique à travers les fentes desquelles une succession d’images se mettent en action) est saisissante, comme si ces vieilles images précédant l’invention du cinématographe prenaient du relief.

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Annulation du concert de Jane Birkin aux Nuits de Fourvière

MUSIQUES | Le concert de Jane Birkin, «Serge Gainsbourg et Jane via Japan» initialement prévu le 28 Juin est annulé pour raisons de santé  (...)

Dorotée Aznar | Lundi 25 juin 2012

Annulation du concert de Jane Birkin aux Nuits de Fourvière

Le concert de Jane Birkin, «Serge Gainsbourg et Jane via Japan» initialement prévu le 28 Juin est annulé pour raisons de santé 

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Mutatis mutandisque

MUSIQUES | Avant d’être cette somme caricaturale de sirène boréale, d’elfe panthéiste, d’étoile polaire et autres noms exotiques dont les journalistes issus (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 22 juin 2012

Mutatis mutandisque

Avant d’être cette somme caricaturale de sirène boréale, d’elfe panthéiste, d’étoile polaire et autres noms exotiques dont les journalistes issus d’ex-puissances coloniales l’ont souvent affublée, Björk peut d’abord et surtout prétendre au titre de mutante. Elle l’a chanté haut et fort sur Pluto : «I just have to explode, explode this body». Et elle l’a fait, systématiquement, que ce soit dans ses clips (merci Michel Gondry) ou sur ses différentes pochettes de disques. On l’a connue femme enfant mutine sur Debut, geisha cybernétique sur Homogenic, femme cygne au tournant de Vespertine, puis revenant de plein pied à ses foudres animistes sur Volta. Grimée comme une sorcière, danse du feu et peintures de guerre, l’explosif prédécesseur de Biophilia annonçait un «necessary voodoo». Mutatis mutandis, alors que les paroles de Pluto concluaient sur un «Wake up tomorrow, brand new», revoilà Björk qui renaît de ses cendres, toute ravalée en rousse orangée, perruque de façade pour imbroglio d’applications iPad. Plastiquement parlant, c’est parfait, les visuels des graphistes M/M sont au sommet de leur art. L

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Si Reine des Nuits

MUSIQUES | Cela fait neuf ans que Les Nuits de Fourvière en rêvaient. Björk Gudmundsdottir, fille de Gudmund et de l’étoile Polaire, nous prouvera samedi 30 juin que 2012 est bel et bien l’année du changement : en étant présente, tout simplement. Stéphanie Lopez

Dorotée Aznar | Vendredi 22 juin 2012

Si Reine des Nuits

Vous avez peut-être détesté Biophilia, le dernier album de Björk, et on vous comprend. Mais on vous rassure aussi, si vous faites partie des 4200 chanceux qui ont leur place en poche. Car découvrir un album de Björk sur scène, ce n’est jamais réécouter le même disque que sur la platine du salon. Ceux qui ont déjà tenté l’expérience lors de la tournée Vespertine, à l’Auditorium, savent quelle alchimie peut se produire quand la musique de Björk reprend vie en public, qu’elle soit chantée en catimini a capella ou entourée d’une chorale Inuit. Pour les autres, une petite cure de Live Box pourra faire office de piqûre de rappel. Un coffret, 4 CD, 4 tournées : de Debut à Vespertine, chaque volet rend compte des métamorphoses successives de l’Islandaise, qui non contente de se renouveler sur toute la ligne à chaque album, réinvente aussi chaque disque à chaque apparition sur scène. «Le truc en concert, c’est que les instrumentations et les arrangements ne doivent plus être les mêmes. Il faut pouvoir déchirer l’emballage en préservant le contenu», explique-t-elle sur le livret qui complète sa Live Box. De ses Dé

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Deux pour le prix d'A

MUSIQUES | Si l'on devait écrire une histoire capillaire et musicale de Dominique A, on dirait que sa musique s'est déployée au fil des ans à mesure que ses cheveux (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 8 juin 2012

Deux pour le prix d'A

Si l'on devait écrire une histoire capillaire et musicale de Dominique A, on dirait que sa musique s'est déployée au fil des ans à mesure que ses cheveux s'amenuisaient sur son crâne. L'enfant de Provins s'est également un peu épaissi, de même que son talent musical et sa tessiture vocale, mais au fond, l'auteur de La Fossette, cet album fondateur d'une «autre chanson française», au minimalisme sec comme un coup de trique et qui fête ses vingt ans cette année, est bien le même que celui de Vers les lueurs, son splendide dernier album. Tout juste sera-t-il passé en vingt ans par tous les états de lui-même. Comme si le chemin musical parcouru entre les deux était de ces voyages immobiles (mais pas immobilistes) qui mènent très loin. C'est la bonne idée de ce petit jeu auquel va s'adonner Monsieur A sur la scène du Théâtre antique de Fourvière. L'ancien Dominique A – en réalité celui d'aujourd'hui, puisqu'il ne sera fait aucun usage d'hologramme – y jouera en première partie une relecture de La Fossette (qui contient quelques-uns de ses plus beaux titres comme Va-t'en, Les Habi

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Sylvie Guillem, deux pas sur trois

SCENES | La danseuse étoile, Sylvie Guillem (née en 1965), est l’une des rares interprètes à pouvoir organiser un spectacle en son nom, tout en attirant dans son sillage les meilleurs chorégraphes actuels.

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 7 juin 2012

Sylvie Guillem, deux pas sur trois

Après Russell Maliphant et Akram Khan, c’est William Forsyhte, Jirí Kylián et Mats Ek (la crème de la danse néo/classique) qui ont collaboré avec la star pour 6000 Miles Away. Le résultat est discutable, voire un peu paradoxal puisque la pièce la plus forte, signée Jirí Kylián, n’est pas dansée par Sylvie Guillem. Soit en l’occurrence une transposition de 27’52’’, pièce ancienne de Kylián, pour un duo sous très haute tension, formé par Aurélie Cayla et Lukas Timulak. Le chorégraphe tchèque y explore l’une de ses obsessions, le rapport homme-femme, et étonne toujours avec ses rythmes syncopés, ses accélérations, ses figures précipitées. Le tout se déliant peu à peu vers la sensualité, la rencontre, l’érotisme. L’autre duo du programme, signé William Forstyhe et interprété par Guillem, s’avère lui aussi de bonne tenue, sorte d’exercice de style où le chorégraphe manie avec brio sens de l’espace (semblant continuellement «respirer» entre dilatation et contraction), superbes jeux de lumières et virtuosité sèche et tranchante des gestes. Mais ces bonnes impressions se voient «gâchées» par le solo final de Sylvie Guillem créé par Mats Ek. L’ha

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Hannon solo

MUSIQUES | The Divine Comedy en solo : hérésie ou idée de génie ? La réponse ici et plus encore aux Nuits de Fourvière, dans le cadre de l'Odéon. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 7 juin 2012

Hannon solo

L'annonce de la venue de Neil Hannon/The Divine Comedy, que l'on n'avait plus vu à Lyon depuis le début des années 2000 provoqua chez le fan de base du Nord-Irlandais une réaction qui se décline ainsi : «Ouuuuaais !!!» suivi de «Hein ? Mais qu'est-ce que c'est que cette blague ?». «Ouuuuais !!!» parce qu'on allait enfin pouvoir se refaire en live le best-of de l'auteur de Casanova (le disque, donc) et que, comme on connaît nos Nuits de Fourvière, elles allaient nous dégainer l'Orchestre national de Lyon, de Pékin ou même de Vesoul, peu importe, pour aller avec. Et «Hein ? Qu'est-ce que c'est que cette blague ?» au moment où l'on apprenait qu'An Evening with Neil Hannon signifiait qu'en réalité le petit homme allait se produire en solo à l'Odéon, au piano et à la guitare. Onze ans qu'on n'a pas vu Nilou et il se pointe les mains dans les poches, et pourquoi pas en pyjama ? Petite précision pour qui n'est pas familier de The Divine Comedy : sa pop aux accents baroques, classiques ou romantiques, faisant la part belle, entre autres, aux arrangements emphatiques, Neil Hannon seul, c'est u

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Les Stone Roses à Fourvière

MUSIQUES | La programmation des prochaines Nuits de Fourvière continue a être dévoilée par les sites officiels des groupes qui vont s'y produire. Ce matin, après Björk, (...)

Christophe Chabert | Vendredi 9 mars 2012

Les Stone Roses à Fourvière

La programmation des prochaines Nuits de Fourvière continue a être dévoilée par les sites officiels des groupes qui vont s'y produire. Ce matin, après Björk, c'était au tour des Stone Roses, mythique groupe de brit-pop emmené par Ian Brown, récemment reformé, d'annoncer leur venue dans le théâtre antique le 25 juin. Les billets seront mis en vente le 26 mars, soit le jour de la révélation de la programmation complète !

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