Sweet Home Alabama

Dorotée Aznar | Lundi 9 juillet 2012

C'est sans doute l'un des disques de l'année, produit par l'un des groupes de l'année. La pépite a pour nom Boys & Girls car tout le monde est invité à «shaker», soit à remuer ses fesses et – selon la «jurisprudence Jerry Lee Lewis», premier grand interprète de Whole lotta shakin' – pas forcément que sur la piste de danse. Comme lui, comme Little Richard, autre grand «shaker» devant l'éternel, comme le King, les Alabama Shakes sont évidemment issus de ce puits d'ambiguïté sexuelle qu'est le Sud profond. Plus précisément d'Athens en Alabama (d'où le nom), archétype même du trou sudiste, à mi-chemin de Birmingham, la capitale de cet état très conservateur et de celle du Tennessee, Nashville, alias Music City. Jadis plantation de coton, il y trône aujourd'hui l'une des plus grandes centrales nucléaires du monde – qui faillit d'ailleurs exploser en 1975. Il ne faut donc pas aller chercher plus loin d'où vient l'énergie tantôt contenue, tantôt explosive du quatuor, entre soul des familles et rock sudiste à la Lynyrd Skynyrd. Ces cascades d'influences mêlées, propres à ce Sud qui ne s'est jamais mélangé qu'à travers elle, donnant ainsi naissance à ce qu'on nomma un beau jour de 1955, le rock 'n' roll. La force d'Alabama Shakes, outre son imposante chanteuse (seul mélange connu de Janis Joplin et de Marvin Gaye), c'est d'avoir trouvé sa voie dans un univers qui souffre parfois de sonner «vintage» au point de vous faire délaisser la copie pour l'original. Alabama Shakes, probablement trop imprégné des disques de l'origine, ne tombe jamais dans ce piège et fait les siens, de disques, comme s'ils étaient à la fois les premiers, et les derniers. 

Alabama Shakes, dans le cadre du Festival Musilac
À Aix-les-Bains
Vendredi 13 juillet

 

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