Peaux neuves

MUSIQUES | Il se passe quelque chose à l’Auditorium de Lyon. Un sentiment de plaisir retrouvé. Un nouveau directeur artistique doublé enfin d’un nouveau Directeur Général et la machine s’est mise en route. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Jeudi 13 septembre 2012

Le nouveau Directeur Général de l'Orchestre national de Lyon vient d'être nommé. Jean-Marc Bador, 43 ans, actuel Directeur Général de l'Orchestre de Chambre de Paris, prendra ses fonctions le 1er octobre. Il aura la lourde responsabilité, après le passage très controversé de Laurent Langlois, de fédérer, de donner une vision limpide des aspirations artistiques de cette belle maison. On l'attendait un peu comme le Messie, il était là au concert d'ouverture, apparemment serein et déterminé. Jean-Marc Bador aux côtés du nouveau Directeur Artistique, Leonard Slatkin, c'est une double direction cohérente. Côté programmation, Slatkin a eu l'intelligence d'éradiquer ces festivals qui n'en étaient pas. Du culot pour nous monter sa patte, il en a eu dès l'Ouverture avec ce gigantesque Requiem de Berlioz qui a su attirer un public immense. Une salle bondée, un silence religieux, des applaudissements à tout rompre : l'émotion a su sortir de sa baguette pour atterrir directement dans nos trippes. Cette saison est lisible, du symphonique bien sûr mais un retour aussi des grands Oratorios, du Requiem de Dvorak au Via Crucis de Liszt, un cycle complet des concertos pour piano de Rachmaninov interprété par l'hypnotique Olga Kern, et puis une musique française du XXe siècle très à l'honneur avec un Boléro de Ravel, un Sacre du Printemps de Stravinsky, des Nocturnes de Debussy. Des têtes d'affiche, comme on dit, beaucoup, et c'est tant mieux d'imaginer Sol Gabetta aux cotés d'Hélène Grimaud, d'attendre impatiemment le duo Neville Marriner / Renaud Capuçon. 

Un Trouvère à l'Opéra

Serge Dorny est un "trouvère" au sens premier : un trouveur. Il creuse depuis qu'il est à la tête de l'Opéra de Lyon, un chemin bordé de belles idées artistiques. Cette saison prouve encore son audace, ses prises de positions pour faire entendre à un public toujours plus fidèle des œuvres contemporaines exigentes, d'autres plus connues et plus facile d'accès. Cet équilibre est devenu la force de la maison. En ouverture, un Macbeth de Verdi revisité par l'immense metteur en scène Ivo van Hove, puis un retour décalé à l'Oratorio par le biais d'un Messie de Haendel mis en espace par la visionnaire Déborah Warner, un Festival Justice/Injustice à ne manquer sous aucun prétexte parce qu'il y a là un objet musical à couper le souffle : Claude, d'après Victor Hugo, musique de Thierry Escaich, livret de Robert Badinter, mise en scène d'Olivier Py, et à la direction musicale, Jérémie Rhorer… c'est un exploit. Enfin, pour clôre la saison, une Flûte enchantée revue par le fantasque Pierrick Sorin. Réjouissances pour une saison entière.

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Aux Célestins et à l’Auditorium de Lyon, de lourds déficits

Crise Sanitaire | Certes très subventionnées, les structures culturelles en régie directe de la Ville de Lyon n’en sont pas moins fortement impactées par la crise sanitaire, car elles ne peuvent bénéficier d’aucun dispositif d’aide. Les Célestins tablent sur un déficit de 600 000€ en 2021, l’Auditorium affiche déjà un trou de 2M€ pour 2020. Toutes deux en appellent à l’État pour pallier la rupture d’égalité avec d’autres établissements aux missions similaires.

Nadja Pobel | Vendredi 12 mars 2021

Aux Célestins et à l’Auditorium de Lyon, de lourds déficits

« Même si on rouvre en mai et juin, avec une jauge dégradée d’environ 50%, fin décembre la perte de recette de billetterie du théâtre s’élèvera à 600 000€ » affirme Pierre-Yves Lenoir, co-directeur du Théâtre des Célestins. Du côté de l’Auditorium de Lyon, son homologue Aline Sam-Giao estime à un million d’euros ses pertes à la fin de l’année civile avec la même hypothèse de reprise — fatalement très aléatoire —, qui se cumuleront avec les deux millions de déficit sur 2020. Aux Célestins, le dernier exercice s’est terminé à l’équilibre notamment grâce au fonds de soutien de la Ville de Lyon ; et parce qu’ils n’avaient pas prévu de jouer dans la grande salle entre avril et

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Dans un fauteuil : la saison de l'Auditorium

Classique | La saison de l'Auditorium, un lieu où l'on peut s'assoir et garder ses distances, vient tout juste de reprendre. Au menu, un nouveau chef, des cheffes, des classiques, une taupe, Tintin, Et de la musique en veux tu, en voilà. Panorama.

Stéphane Duchêne | Jeudi 24 septembre 2020

Dans un fauteuil : la saison de l'Auditorium

On avait bien compris que, cet automne, la saison musicale ne serait pas comme les autres et qu'il allait falloir avancer masqué en restant assis (un peu de souplesse ne nuit pas) ou bien rester chez soi à regarder Culturebox ou de vieux concerts de Herbert Von Karajan tentant de faire atterrir des avions à la Philharmonie de Berlin. Mais à l'Auditorium si la saison s'annonce particulière, ce n'est pas à cause d'un vulgaire (et néanmoins grossier) virus. Car voici la saison du changement, le mercato des grands orchestres ayant fait atterrir à la direction de l'ONL le jeune chef israëlo-danois Nikolaj Szeps-Znaider, qui a mené à la baguette certaines des formations les plus prestigieuses. Le chef aura débuté la saison du côté des Subs pour les Journées du Patrimoine mais on pourra le retrouver le 25 septembre pour un Expresso du chef, ces concerts en 55 minutes chrono pour gens pressés et dès le lendemain où il délaissera la baguette pour le violon (pas d'Ingres, car son

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Apéro à l'Audito

Mix & match | Un afterwork avec Haydn et Schumann, c'est chic, non ? L'Auditorium propose de dépoussiérer les classiques autour d'une soirée concert et apéro tropical.

Lisa Dumoulin | Mercredi 17 octobre 2018

Apéro à l'Audito

Au programme, une soirée en trois temps, comme un bon repas. En amuse-bouche et en dessert, une formule afterwork avec des cocktails, de la musique et de la cuisine du monde, le tout dans un décor tropical créé pour l'occasion. En plat de résistance, un concert de l'Orchestre National de Lyon pour (re)découvrir les célèbres compositeurs Schumann et Haydn. Joseph Haydn (1732-1809) forme avec Mozart et Beethoven la première Ecole de Vienne. Son influence sur la musique allemande est considérable : il fixe le cadre classique des grands genres comme la symphonie et le quatuor, et pose les bases de ce qui deviendra l’orchestration romantique du XIXème siècle. Quant à Robert Schumann (1810-1856), il fait partie de la première génération des romantiques, avec Chopin et Mendelssohn. Issu d’une famille d’érudits allemands, il réhabilite la poésie en musique et son écriture pianistique est originale et très symphonique. Le concert de l'Orchestre National de Lyon, dirigé par Christian Zacharias, chef émérite de nombreux orchestres en Europe et aux États-Unis, qui inteprétera l'Ouverture, Scherzo et Finale, op. 52 de Schumann

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L'Auditorium lance sa Démos

Éducation | L'Auditorium rejoint l'initiative menée par la Philharmonie de Paris depuis 2015 visant à encourager la pratique musicale classique auprès d'enfants défavorisés socialement.

Sébastien Broquet | Mardi 6 juin 2017

L'Auditorium lance sa Démos

C'est un projet né à la Philharmonie de Paris, décliné petit à petit sur le territoire, qui va également faire escale à Lyon désormais, grâce à l'Auditorium emmené par sa directrice, Aline Sam-Giao. Ce dispositif vise à l'éducation musicale et orchestrale, le tout avec une vocation sociale : Démos convie des enfants de 7 à 14 ans, issus de zones rurales éloignées et de zones urbaines sensibles, à apprendre la musique classique ensemble, au sein d'un orchestre, gratuitement. Initié en 2010 en phase de test, le dispositif a commencé à se déployer en 2015. Selon le principe initial, chaque enfant est doté d'un instrument de musique, et va suivre quatre heures de cours par semaine, dans une structure proche de son environnement, sous l'égide de musiciens et d'animateurs sociaux. Une fois par mois, les enfants répètent en formule orchestrale. Et en fin d'année, un concert public est donné. En parallèle, des visites de lieux de culture (lutherie, musées) sont prévues. C'est ce dispositif que l'Auditorium a décidé d'adopter à son tour, dès la rentrée prochaine. Les contours de la version lyonnaise de Démos sont encore en cours de réflexion.

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La saison 2015/2016 de l'Auditorium

ACTUS | L’Orchestre National de Lyon et l’Auditorium viennent de dévoiler une saison 2015/2016 monumentale et foisonnante dont les promesses vont ravir les mélomanes avertis comme ceux qui voudraient faire leurs premiers pas dans le répertoire symphonique. Philippe Yves

Benjamin Mialot | Mercredi 29 avril 2015

La saison 2015/2016 de l'Auditorium

Du côté des monuments symphoniques, Leonard Slatkin dirigera les épiques 5ème (les 12 et 14 novembre) et 9ème (le 12 septembre) Symphonies de Beethoven avant de s'attaquer, plus tard, à Ainsi Parlait Zarathoustra (le 4 février 2016), la plus kubrickienne des œuvres de Richard Strauss. Plus généralement, les pianistes tiendront le haut de l’affiche, en témoignent les invitations aux solistes Hélène Grimaud (les 17 et 19 septembre), Nikolaï Luganski (18 et 19 décembre), Lang Lang (le 11 janvier) ou encore Murray Perahia, qui se produira avec la Londonienne Academy of Saint Martin in the Fields (le 4 juin). Parmi les pépites de la saison, notons les Kindertotenlieder, le chef d’œuvre endeuillé de Mahler, sous la jeune baguette de Lionel Bringuier (19 et 21 mai) ou encore la venue du chef d’orchestre Charles Dutoit à la tête du Royal Philharmonic Orchestra de Londres (le 20 octobre) ainsi que le retour de T

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L'Auditorium à la fête

MUSIQUES | A l'Auditorium cette saison, c’est champagne. Quarante bougies pour le lieu, soixante-dix pour son chef Leonard Slatkin, de nouveaux événements étonnants... De la musique comme s’il en pleuvait, de l’Amérique en découverte, de la danse, et même une intégrale des symphonies de Brahms. Une saison qui risque le trop ? Pascale Clavel

Pascale Clavel | Mardi 23 septembre 2014

L'Auditorium à la fête

Jean-Marc Bador, directeur de l’Auditorium, a posé son style et la maison doit suivre. Il dépoussière, a envie, pense vite... Trop selon certains. Pourtant, il offre au public un choix inouï, varié, éclectique, sans perdre pour autant de vue l’option symphonique. «Une saison toute en couleurs qui porte au plus haut l’exigence artistique tout en s’aventurant avec délectation hors des sentiers battus». C'est ainsi qu'il nous résume son programme. Le décor étant posé, regardons de plus près ce patchwork musical. A commencer par les dix jours de fête qui marqueront les quarante années d’existence de l’Auditorium et qui verront, comme un cadeau, Serge Baudo donner le 8 février La Symphonie fantastique, lui qui avait dirigé cette même œuvre le 14 février 1975 à l’ouverture de l’Auditorium. Séquence émotion donc. Plusieurs fils rouge traversent le reste de la programmation. Les compositeurs américains, chers à Slatkin, vont ainsi côtoyer leurs homologues français, explorant ensemble les univers musicaux particuliers des deux pays. On entendra notamment Porgy and Bess (le 11 décembre) et We

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Psitt ! Ohé ! le loup revient

MUSIQUES | Lorsqu’on est petit et que l’on a peur, on y va quand même, on y retourne, on transpire, on claque des dents, mais on en redemande. Le loup, celui qui (...)

Pascale Clavel | Jeudi 5 avril 2012

Psitt ! Ohé ! le loup revient

Lorsqu’on est petit et que l’on a peur, on y va quand même, on y retourne, on transpire, on claque des dents, mais on en redemande. Le loup, celui qui dévore la grand-mère du petit chaperon, celui qui s’époumone à souffler sur les maisons des cochons, le loup caché sous le lit : un héros. L’Auditorium propose une semaine rien que pour les enfants, une semaine où le loup va sortir du bois. Une série de concerts qui fera sonner des loups bien connus, celui de Prokofiev comme celui de Dutilleux, mais mieux encore pour les 8–12 ans : des ateliers autour du loup, si bien ficelés qu’on aimerait tous avoir dix ans. Jusqu'au dimanche 22 avril, les bambins vont voir les loups – les vrais – au parc de Courzieu, assister à une répétition de l’Orchestre National de Lyon, puis, immersion totale pour tous dans le monde de la création avec des ateliers vidéo, sculpture, fabrication de décors, visite technique de l’Auditorium… Cerise sur le gâteau, le célèbre Michel Richard – les plus grands salivent déjà – animera un atelier dégustation-découverte autour du chocolat et du loup ! Pascale Clavel

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Du nez et de l’air

MUSIQUES | De l’audace dans les deux grandes maisons lyonnaises, du culot et de l’inattendu : l’Opéra et l’Auditorium se transcendent. Il faut le redire, Lyon a su se doter de deux orchestres à rayonnement international ; c’est rare et c'est bon. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Jeudi 15 septembre 2011

Du nez et de l’air

A l’Opéra, la saison est réjouissante. Chostakovitch et un Nez très attendu en ouverture, un Parsifal qui n’avait plus retenti depuis 35 ans, une petite opérette d’Offenbach peu connue, le retour d’une brillante Carmen… Comment dire ? L’Opéra de Lyon se porte bien. La neuvième saison de Serge Dorny est éclectique, surprenante tant par les œuvres choisies que par les points de vus de chefs d’orchestres et de metteurs en scènes talentueux. Le fil conducteur, dont Serge Dorny a fait sa marque de fabrique, sera cette saison la quête. Sujet vaste, un peu fourre-tout mais qui a l’intérêt de rassembler nombre d’opéras. Le Nez arrive d’Aix où il a eu un franc succès. La mise en scène éblouissante de Kentridge y est pour beaucoup, la direction de Ono également. Parmi les autres productions, L'Enfant et les sortilèges de Ravel partagera une soirée enfance cruelle avec Le Nain d’Alexander von Zemlinski. Dans les audaces de l’année, citons Terre et cendres, opéra du compositeur contemporain Jérôme Combier, inspiré du roman d’Atiq Rahimi. Un conte sur la quête de la rédemption et de l’harmonie face à l’horreur de la guerre. L’incontournable Festival sera consacré à Puccini. Les trois opéras cho

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Palettes sonores

MUSIQUES | De l’Opéra à l’Auditorium en passant par Grame, le choix musical à Lyon est immense. Dans chaque lieu, la saison se poursuit avec une envie d’imposer des musiques riches en diversité : Incursion dans le temps, passage du sacré au profane, de l’éphémère à la durée. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Mercredi 22 décembre 2010

Palettes sonores

Classique / Lorsqu’on veut prendre la température de la création contemporaine, on vient aux Journées Grame et on renifle l’air du temps. Toujours attendues avec bonheur, ces journées disent à elles seules, toute la pluralité de la création musicale. En 8 concerts, films, installations, Grame montre avec force son engagement politique, esthétique et intellectuel dans le processus de fabrication d’œuvres «interartistique». Du 8 avril au 20 mai, zoom sur la Chine et Taiwan, célébration de l’année du Mexique en France, hommage à Luigi Nono, sans oublier une place de choix faite aux compositeurs de la région ; la création musicale est vivante et se montre dans ce qu’elle a de plus vivifiant pour l’esprit. Petit panel : l’ensemble Forum Music de Taipei et les Percussions Claviers de Lyon présentent ensemble un concert «frappé». Les petites boîtes sonores reviennent, ces objets insolites nous invitant à découvrir un paysage musical rien qu’à soi. Sous l’impulsion du flûtiste Fabrice Jünger, Au-delà des perspectives du sacré soumet chaque auditeur à une sorte de contemplation intime dans l’acoustique du Temple du Change. Tout est en effervescence, tout bouillonne. De l’insolite, encor

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Chassé croisé à l’ONL

MUSIQUES | Orchestre / Pour l’un, Laurent Langlois, nouveau directeur général de l’Auditorium/ONL, c’est une première saison, celle de tous les dangers. Pour (...)

Pascale Clavel | Jeudi 17 septembre 2009

Chassé croisé à l’ONL

Orchestre / Pour l’un, Laurent Langlois, nouveau directeur général de l’Auditorium/ONL, c’est une première saison, celle de tous les dangers. Pour l’autre, Thierry Escaich, compositeur en résidence, c’est la dernière saison, celle du bilan, celle qui clôt un travail riche et approfondi avec l’orchestre. En fil conducteur, omniprésent depuis quatre saisons, Jun Märkl, on trouve un chef qui a su développer une belle cohérence au sein de l’ONL, qui a su mieux que quiconque transmettre le plaisir et la rigueur de jouer ensemble et a donné des ouvertures musicales surprenantes par une programmation audacieuse. Le nouveau directeur général, Laurent Langlois, est un homme d’action et n’a pas attendu que cette saison passe pour marquer son empreinte. Dès la rentrée, sous son impulsion, trois belles nouveautés s’installent. La série ‘Chefs d’œuvres’ viendra au secours d’un public potentiel qui n’ose que rarement franchir les portes de l’Auditorium avec un prix très accessible proposé pour entendre des œuvres du grand répertoire. Cette saison, rien de moins que le Requiem de Verdi, la Symphonie Jupiter de Mozart et la 7e de Beethoven. Dans les nouveautés encore, la série ‘Orchestres invités’

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