Le Blues de la rentrée

MUSIQUES | En cette rentrée musicale, Lyon a, comme tout un chacun, le blues. Sauf qu'en l'espèce, c'est plutôt très bon signe et annonciateur d'un automne riche en fibre musicale. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 13 septembre 2012

Inutile de présenter le blues du dimanche soir, c'est une réalité identifiée (quasi) scientifiquement. On sait d'ailleurs depuis cet été – en tout cas, pour ce que ça vaut, un sondage l'a montré – que le blues du dimanche soir commence en réalité le dimanche... matin pour atteindre un pic vers 16h13 – la science est implacable et précise comme une Rolex. Prenons donc ce phénomène et multiplions-le par la racine carrée de la rentrée scolaire, que multiplie la nostalgie d'un été doré, moins les bouchons et les marmots qui braillent à l'arrière du Kangoo, plus l'arrivée imminente de l'automne, et la perspective d'un dimanche après-midi de novembre devant Michel Drucker, et vous obtenez une sorte de super blues du dimanche soir : le blues de la rentrée. Avec ceci de spécifique qu'il peut – cela a été établi par nos soins à l'aide d'une savante approximation – durer jusqu'à Noël.

Talk about the blues

Car même si l'on s'en tient à un strict point de vue musical, notre rentrée 2012, «elle vient de là, elle vient du blues», comme dit notre poète national. Ça a même commencé très fort le 4 septembre dernier, le jour même de la rentrée scolaire (comment ne pas y voir un signe ?), par une prestation ferrugineuse du mal nommé Jack White au Transbordeur. Un concert qui a en quelque sorte donné le ton. Car question blues, au sens large, on attend cette saison quelques clients de haut vol. Or quand on «Talk about the blues», comme il le dit lui-même, qui débarque ? Jon Spencer et son Blues Explosion, bien sûr. Et si le show de White était à la limite de la sidérurgie, on frôlera ici la collision entre la forme la plus primitive du bluesman et le boson de Higgs, tant ça promet de tourner à mille à l'heure et de frotter dans les virages punks – s'attendre d'ailleurs aux mêmes symptômes de la part des garageux suédois de The Hives. Plus classique, plus tubesque sous la houlette d'un Dan Auerbach qui a plus d'un tour dans sa barbe, les Black Keys seront aussi de sérieux clients – les voilà qui remplissent la Halle Tony Garnier – tout comme ces braves rednecks de Left Lane Cruiser – qui se contentent, eux, du Clacson. Pendant ce temps ou presque, nos Drômois d'H-Burns reviendront tout juste – avec un album à venir surprenant – d'un enregistrement à Chicago, capitale du blues, avec Steve Albini, producteur roi du bleu de travail. Bref, de quoi largement guérir par mithridatisation notre blues de la rentrée.

My God is blue

Et après tout quoi de mieux que de guérir le mal par le mâl(e) ? Ce gros cochon de Sébastien Tellier l'a bien compris, qui a choisi d'en faire son fond de commerce artistique du moment avec My God is Blue, où la terre n'est pas, comme chez Paul Eluard, «bleue comme une orange», mais comme un Pépito – oui le blues de la rentrée peut avoir des effets irréversibles, il convient de rester vigilant et de consulter en cas de doute. C'est ainsi par exemple qu'il faudra surveiller tout signe de déprime lors des concerts de Françoiz Breut, Julia Stone ou Soap & Skin (effet secondaire possible : cœur brisé), de l'ex-Virago Olivier Depardon (crise de nihilisme), Chilly Gonzales (syndrome de Stendhal ou engourdissement des doigts), Ty Segall (crise de spasmophilie, dans le meilleur des cas), ou le retour de Dark Dark Dark (tout est dans le nom). Sans compter la mélancolie induite par le come-back de groupes de votre jeunesse – suivant l'âge de votre jeunesse – qu'il s'agisse de Bloc Party (années 2000), Garbage (années 90), Kas Product (années 80), de quelque revival indie-pop façon Purity Ring ou The Pains of Being Pure at Heart (ce nom) ou du Spiritualized de Jason Pierce dont un seul riff de sa guitare psychédélique peut vous envoyer aux urgences le corps empli de substances que vous n'avez jamais prises – rappelons que son album le plus connu reproduisait le design d'une boîte de médicaments.

Luminothérapie

Mais comme l'a si bien dit à Libération Benjamin Biolay, bientôt de retour avec Vengeance et en mai au Transbordeur : «La musique, c'est la BO de la vie. Même ceux qui haïssent le premier degré, qui peuvent traiter le genre de musique que je fais, ou que j'aime, de «peine à jouir», ils écoutent quoi quand ils rentrent chez eux avec un coup de cafard ? Un morceau bien intense...» Il a pas tort le Benji, et c'est sans doute là qu'interviendront le sémillant Tom McRae ou le néo-Nick Drake, en tout cas présenté comme tel, Benjamin Francis Leftwich. Pour autant ce trimestre offrira également de quoi ne pas caresser son blues dans le sens du poil avec de la bonne pop tordue mais rassérénante façon Why ? ou Deerhoof – tant qu'on s'échine à déterminer la nature musicale de ce qu'on écoute, on ne pense pas à autre chose – ou de la hype enthousiasmante 100% coqueluches indés: Alt-J, Citizens !, Django Django, Bewitched Hands, autant de groupes plus efficaces qu'une séance de luminothérapie. Et s'il y a un concert à ne pas rater pour se convaincre que tout ces histoires de blues de la rentrée c'est surtout dans la tête, c'est bien le concert coup de cœur proposé par le Kafé, qui nous avait déjà fait découvrir les bondissants Concrete Knives, en la personne de School is cool. Un quatuor dont la pop, belge – un gage de qualité et de drôlerie –, parvient à vous convaincre que l'école est finie alors même qu'elle commence. Ou tout du moins à lui donner comme un goût d'éternelles vacances.

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Lala &ce, Chloé, Jeff Mills : voici toute la programmation de Nuits sonores

Festival | Édition hors-série, limitée question lieux (deux seulement), jauges et horaires, mais édition aguicheuse et conservant l'ADN du festival : Nuits sonores pense futur sans renier ses basiques et convie aussi bien la star Jeff Mills que la newcomer Lala &ce en juillet 2021. On détaille.

Sébastien Broquet | Jeudi 27 mai 2021

Lala &ce, Chloé, Jeff Mills : voici toute la programmation de Nuits sonores

Au milieu d'un torrent d'incertitudes (debout ou pas ? comment fonctionneront les bars et la restauration ? pass sanitaire ou pas ? ), le festival Nuits sonores a réussi à concocter une programmation fûtée pour gens couchés qui finalement se lèveront peut-être. Avec une grosse dose d'artistes locaux, parfois emblématiques de la ville (on pense à High Tone et Flore), de découvertes, de quelques stars des musiques électroniques aussi — tel Jeff Mills qui vit à Paris, ou Chloé. Bref, une programmation qui ne renie rien des engagements du festival et fait clairement envie. Avec même le groupe le plus excitant du continent africain contemporain, les natifs de Kinshasa Fulu Miziki, dont l'album doit paraître prochainement sur Crammed Discs. « Avec une édition hors-série et pour la première fois estivale, le festival se réinventera autour de nouveaux récits, d’une nouvelle temporaliteL

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Body Count et The Hives complètent la programmation

Felyn Festival | Le Felyn Festival dévoile de nouveaux noms, parmi lesquels Body Count emmené par Ice T.

Stéphane Duchêne | Jeudi 30 janvier 2020

Body Count et The Hives complètent la programmation

On connaissait déjà depuis novembre quelques noms de la programmation de ce drôle de "Stadium festival" que sera le Felyn en juin prochain au Parc OL. Avec les annonces de Bad Bunny, DJ Snake et Dadju (le 19 juin) le festival optait pour une orientation urban pop que venait compléter un dinosaure de la musique de stade en la personne des Red Hot Chili Peppers, icône de la fusion des années 90 taillé pour le gigantisme live, programmée le 20 juin. La deuxième vague d'annonce d'une programmation désormais complète confirme et infirme tout à la fois ces deux tendances. Avec le rap métal californien rageur du Body Count d'Ice T (autre emblème de la fusion 90's) ce sont là encore les années 90 et la touche urbaine – ainsi que la puissance de feu live – qui sont visées. D'une certaine manière on pourrait tenir

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Jon est tout seul

Rock | En solo pour la première fois de son histoire, le bestial Jon Spencer est revenu l'an dernier nous casser la gueule à coups de hits dans la lignée de tout ce qu'il a pu produire en plus de trente ans d'éruptions blues. KO à prévoir au Kao. Rehaussé par la présence de la légende garage The Fleshtones.

Stéphane Duchêne | Mardi 5 novembre 2019

Jon est tout seul

À 53 ans dont à peu près 35 pris entre les feux des innombrables projets qui ont jalonné une carrière aussi hyperactive que schizophrène (Pussy Galore, The Jon Spencer Blues Explosion, Boss Hog, Heavy Trash, etc.), Jon Spencer n'avait jusqu'ici même pas trouvé cinq minutes pour enregistrer le moindre album solo. Sans doute parce que le trash bluesman états-unien ne s'épanouit que dans la friction, les étincelles et la violente ébullition produites par l'émulation collective. L'impair, si l'on peut dire, est désormais réparé, le James Brown blanc blues ayant livré en 2018 ce que les médias anglo-saxons appellent non sans malice son "debut album". En solo donc. Un album savoureusement intitulé Jon Spencer chante les hits (Jon Spencer sings the Hits en VO), comme n'importe quel best of de n'importe quel squatteur de Top 50. S'avançant masqué d'ironie avec un titre doublant l'effet de celui de l'album, I got the Hits, comme pour feindre par antiphrase de n'en avoir jamais produit, Spencer ne livre pas moins, avec ce disque sous-titré « The world's most beloved melodies on one long-playing h

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20 concerts pour l'automne

Nos bons plans | Sélection drastique, forcément subjective, des vingt concerts qu'il ne faut surtout pas rater en cette saison : suivez le guide.

Stéphane Duchêne | Mardi 24 septembre 2019

20 concerts pour l'automne

Baptiste W. Hamon Surprise : le plus français des countrymen, métis musical revendiqué de Townes Van Zandt et Jacques Bertin, trop méconnu à notre goût, est revenu il y a quelques mois avec Soleil, Soleil Bleu. Si l'on retrouve quelques balises country (l'ami Will Oldham / Bonnie "Prince" Billy est toujours de la partie), celles-ci jalonnent un territoire bien plus pop et orchestré. Et l'art de "l'écrivage" de chanson (le songwriting, quoi) de notre W., de prendre une nouvelle ampleur. À Thou Bout d'Chant le jeudi 3 octobre Metronomy En rentrant en Angleterre pour accoucher de Metronomy Forever, l'ex-néo-parisien Joseph Mount semble avoir retrouvé le mojo tubesque partiellement égaré sur Summer 08, celui qui l'avait vu accoucher de Love Letters, Monstruous, The Look, The Bay ou Corinne, sur ses précédentes saillies. Bonne nouvelle quand on sait que Metronomy vient livrer tout cela avec la fantaisie scénique qu'on lui connaît

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Festilac

Musilac | Ailleurs, il y a Rock en Seine, les Eurockéennes, les Vieilles Charrues ou le Main Square. En Auvergne-Rhône-Alpes, il y a Musilac, son lac (donc), ses milliers de festivaliers et ses quatre jours de programmation bourrés jusqu'à la gueule. Revue au jour le jour.

Stéphane Duchêne | Mardi 11 juin 2019

Festilac

11 juillet : Les enfants terribles S'il fallait tenter de donner un semblant de cohérence à cette soirée d'ouverture de Musilac, on la placerait sous le signe des golden boys (and girls), puisque l'on verra se succéder sur les scènes du festival les jeunes stars montantes que sont l'électro-explorateur Thylacine, le collectif de hip-hop rennais Columbine, le rock sans voyelle de la révélation Mnnqns, et l'énigmatique météore Boulevard des Airs. Ajoutez à cela une double fille de en la personne de Lou Doillon, le sidekick préféré du prince Orelsan, Gringe, dont la carrière musico-cinématographique décolle en flèche, l'acteur le plus punk d'Hollywood : Jared Leto et son groupe Thirty Seconds to Mars (pluie d'évanouissements à prévoir) et l'idole hip-hop US Macklemore. L'on peut se demander ce que le totem 90's Garbage fait au milieu de ce jardin d'enfants terribles. Jardin complété par Maïsman que l'on nous présente comme un savant mélange d'Henri Dès et de Slipknot. Ah... 12 juillet : Génération 90 C'est ici que l

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Chilly Gonzales, premier nom pour Nuits sonores

Nuits sonores 2019 | Nuits sonores 2019, c'est (déjà) parti : on connaît depuis ce matin l'invité du concert spécial, qui pour la seconde année consécutive se déroulera à l'Auditorium. Il (...)

Sébastien Broquet | Jeudi 8 novembre 2018

Chilly Gonzales, premier nom pour Nuits sonores

Nuits sonores 2019, c'est (déjà) parti : on connaît depuis ce matin l'invité du concert spécial, qui pour la seconde année consécutive se déroulera à l'Auditorium. Il s'agit de Chilly Gonzales, en mode piano solo. Celui qui était venu pour la dernière fois sur le festival en 2011 viendra présenter son album Solo Piano III. Le Canadien fera l'ouverture, le mardi 29 mai 2019, à 20h, à l'Auditorium donc (là où Air avait enchanté lors de la dernière édition). Les places (29€) sont d'ores et déjà en vente chez les revendeurs habituels.

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Cinq concerts pour allergiques aux DJs

Circuit du jeudi | Représentatif de l'éclectisme de la programmation Nuits Sonores, le Circuit propose une volée de concerts en tous genres dans toutes les salles de l'agglo ou presque. Sélection premium.

Stéphane Duchêne | Lundi 30 avril 2018

Cinq concerts pour allergiques aux DJs

Les Filles de Illighadad C'est une énième émanation de la plus en plus riche scène berbéro-touarègue (Tinariwen, Mdou Moctar, Bombino, Group Doueh...), et d'une certaine manière pas la moindre. D'abord parce que – tout est dans le nom – il s'agit-là d'un trio féminin, mené par la flamboyante guitariste Fatou Seidi Ghali – et elles sont rares les femmes guitaristes, dans cette tradition musicale. Ensuite, parce que les Filles transcendent les carcans esthétiques de cette tradition pour les pousser vers un fascinant psychédélisme blues qu'il est urgent de découvrir. Au Marché Gare le jeudi 10 mai à 20h Kid Francescoli Cela fait une quinzaine d'années que le Marseillais Mathieu Hocine officie sous le nom de Kid Francescoli – hommage à l'ancien joueur uruguayen de l'OM. Mais pour lui, le tournant a sans doute lieu au début des années 2010 lorsqu'il rencontre l'Américaine Julia Mink

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Garbage Rock !

Pop Rock | Il y a des associations d'idées comme cela, qui font qu'une chose en entraînant une autre vous finissez par penser à Zazie. C'est arrivé aux plus grands. Pour nous, c'est Garbage, fleuron il y a 20 ans d'un électro-rock de producteurs qui fit autant d'effets que long feu. Les revoilà en tournée avec un nouvel album. Oui, mais et Zazie dans tout ça ?

Stéphane Duchêne | Vendredi 3 juin 2016

Garbage Rock !

« J'aime beaucoup Zazie » avait un jour répondu Johnny alors qu'on le questionnait dans un journal de 20h malencontreusement tombé après l'apéro sur son amour du football et l'éventuel joueur préféré qui se devait de découler de cet amour. Outre une évidente même si approximative allitération, personne ne comprit jamais ce qui avait bien pu passer par la tête de l'idole des jeunes, et l'énigme continuera longtemps d'alimenter les séminaires pour spécialistes de l'ictus amnésique, les publications de référence sur la confusion mentale et linguistique ("Les Annales du lapsus gênant", "La Lettre internationale de ton état après 12 Ricard") et autres grands bêtisiers de Noël. « J'aime beaucoup Garbage » déclarait à peu près à la même époque Zazie alors même qu'on ne lui demandait rien. Et c'eut pu être tout aussi étonnant. Que voulait-ce dire ? Que la grande Zaza aime descendre les poubelles ? Se pique de recyclage d'épluchure de patate douce ? Point de lapsus ici, Zazie faisant référence à un groupe anglo-saxon (l'ex-producteur de Nirvana Butch Vig, deux requins de studio, une chanteuse écossaise punkisante et un gloubi-boulga de riffs et de rythmiques e

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Ty Segall, Ty Baby

Garage Psychédélique | Savant fou, roi et bouffon du garage psyché, Ty Segall est l'une des "choses" les plus talentueuses et les plus folles à s'être essayé ces dernières années à faire tout et n'importe quoi. Quittant son air bonhomme de blond californien pour se muer en monstre pop, jusqu'à semer le trouble.

Stéphane Duchêne | Mercredi 1 juin 2016

Ty Segall, Ty Baby

Perle productiviste du prolétariat garage rock, Ty Segall a tout du boy next door moyen. On jurerait même ce grand blond poupon de l'épisode 3 de la saison 5 de La Petite Maison dans la Prairie (on part du principe que tout le monde l'a vu) qui se distingue lors d'une mythique et antique partie de football américain. Lui ne cesse de répéter qu'il est un gars tout ce qu'il y a de plus normal — comme John Lennon, comme Kurt Cobain, qui étaient dingues. Sauf que sous ce physique de Californien arrosé au jus d'orange (et à bien d'autres choses depuis) se cache une (pour ne pas dire plusieurs) personnalité de freak foisonnant d'idées et d'excentricités, à placer au sommet de la chaîne élémentaire du psyché rock d'obédience garage, option glam (on connaît ici son T. Rex : Manipulator et plus encore Ty Rex en étaient la preuve). Voir sa démentielle prestation avec ses Muggers pour la promotion d'Emotional Mugger au Late Show de Steven Co

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Françoiz Breut dans l'espace

Pop | Avec un album léger comme l'air, baptisé Zoo, Françoiz Breut livre un nouveau chapitre d'une cartographie des sentiments en forme de contes de fées valant tickets pour l'infini étoilé.

Stéphane Duchêne | Mardi 24 mai 2016

Françoiz Breut dans l'espace

Les amateurs de cette Miss courant d'air, passant comme le Brr de son nom dans nos oreilles depuis plus de 20 ans, ne le savent que trop bien : la discographie de Françoiz Breut est pour une large part une cartographie spatio-temporelle étalée sur 20 à 30 000 jours. Françoiz aime les lieux, les villes (Portsmouth, Tarifa, Bruxelles...), y compris les villes allongées sur le dos, les terrains plus ou moins vagues, les ravins et les routes, peut-être parce qu'elle aime avoir La vie devant soi autant que derrière et par dessus tout avoir Le don d'ubiquité. C'est parce que d'une certaine façon et d'une façon certaine, la jeune femme est toujours dans La Conquête, titre du morceau qui ouvre son dernier album, Zoo, au texte sibyllin et cosmique, l'amour « qui brille comme une étoile énigmatique où la lumière ne s'éteint jamais ». Conquête spatiale car pour emballer cet univers d'où bruine la poussière d'étoiles, il y a la production de l'astronome de Porstishead, Adrian Utley, oscillant entre trip-hop vaporeux, doux dub aux résonances western (Loon-plage) et atmosphères à la Danny Elfma

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Les 10 concerts à voir en mai

Sélection | Harold Martinez Alors que l'on vient d'apprendre la venue à l'automne du Wovenhand de David Eugene Edwards, on pourra patienter durant ce mois de mai (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 4 mai 2016

Les 10 concerts à voir en mai

Harold Martinez Alors que l'on vient d'apprendre la venue à l'automne du Wovenhand de David Eugene Edwards, on pourra patienter durant ce mois de mai avec son plus proche cousin, pour ne pas dire frère en blues et visqueux. Visqueux au bon sens du terme car cette musique plus habitée qu'une masure aux mille fantômes se nourrit aussi à des milliers de kilomètres de distance (Harold Martinez vient de Nîmes) du même vibrato indécrottable de maître vaudou que celui de Mr Edwards. Une fois qu'elle vous a piqué, vous voilà zombifié. Au Kraspek Myzik le jeudi 12 mai Me First and the Gimme Gimme Gimmes Il y a des super-groupes, des groupes à concepts, des cover band, eh bien Me First and the Gimme Gimme Gimmes est les trois à la fois, poussant les trois bouchons dans leurs plus improbables extrémités. Qu'on s'accroche, ce punk band (formé de membres de Lagwagon, No Use for a Name ou NOFX) a sorti des albums des reprises thématiques (les comédies musicales, le r'n'b, les divas), enregistré un liv

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Garbage au Radiant-Bellevue

MUSIQUES | Le 3 juin à Caluire, c'est le jour des poubelles. Bon, dit ainsi, ça ne fait guère envie, mais le 3 juin au Radiant, c'est le jour de Garbage. C'est (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 29 mars 2016

Garbage au Radiant-Bellevue

Le 3 juin à Caluire, c'est le jour des poubelles. Bon, dit ainsi, ça ne fait guère envie, mais le 3 juin au Radiant, c'est le jour de Garbage. C'est Garbage 20 ans après sur fond de tournée commémorant la réédition du premier album du groupe, celui qui a tout déchiré, peut-être un peu trop, œuvre d'osmose magique entre la charismatique chanteuse Shirley Manson et le déjà très habile producteur Butch Vig. Tout cela a bien entendu vieilli mais comme nous aussi, ne mâchons pas ce plaisir.

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Elysian Fields et Françoiz Breut

MUSIQUES | Fascinante théorie des degrés de séparation mise en application par l'Épicerie Moderne. Françoiz Breut collabora en son temps avec Calexico (à Feyzin en avril). (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 2 mars 2016

Elysian Fields et Françoiz Breut

Fascinante théorie des degrés de séparation mise en application par l'Épicerie Moderne. Françoiz Breut collabora en son temps avec Calexico (à Feyzin en avril). Lesquels collaborèrent avec Jean-Louis Murat sur son fameux Mustango où l'on retrouvait également (de même que sur l'album Bird on a Poire) Elysian Fields. Ce sont bien la première et ces derniers qui feront scène commune le 25 mai, une scène déjà foulée par chacun d'eux, pour présenter respectivement leurs 6e et 10e albums.

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Jon Spencer : Acte II

MUSIQUES | Spencer X, le Retour du retour. À l'automne dernier, le trio blues atomique devait venir présenter sur la scène de l'Épicerie Moderne son Freedom (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 2 mars 2016

Jon Spencer : Acte II

Spencer X, le Retour du retour. À l'automne dernier, le trio blues atomique devait venir présenter sur la scène de l'Épicerie Moderne son Freedom Tower : No Wave Dance Party sur lequel, au prétexte de rendre hommage à cette ville résiliente tout en réveillant les fantômes underground de son passé, le lubrique Spencer prenait la Grosse Pomme comme Dominique de Villepin entendait prendre la France. Comme une femme et par tous les boroughs. Ce qu'il fit littéralement (Spencer, pas Villepin) au cours d'une tournée locale à travers le Queens, le Bronx et tutti quanti. Malheureusement, un problème de santé empêcha le groupe de poursuivre sa tournée européenne et ce d'autant plus que le Blues Explosion est comme Yoann Gourcuff : il ne joue qu'à 110% de ses capacités. Tout étant rentré dans ce fameux désordre qui fait l'essence de JSBX, le couvert est remis, Jon Spencer et consorts viennent honorer le 6 mars leur promesse, l'Épicerie Moderne - et tout ce qui passera à portée. SD

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Rentrée musique 2016 : anciens et modernes

MUSIQUES | Entre Polna, Neil Young, les Insus et même le retour du plus si jeune Jon Spencer (porté pâle au printemps), les aînés seront là en force en 2016. Mais la jeune garde veille et ne s'en laissera pas compter.

Stéphane Duchêne | Mardi 5 janvier 2016

Rentrée musique 2016 : anciens et modernes

Jon Spencer aime tellement nos panoramas de rentrée – il en a déjà fait la Une – qu'il parvient même à y figurer deux fois par an. On l'annonçait en septembre dernier, voilà qu'on le réannonce pour le 6 mars à l'Épicerie Moderne. Avec bonheur, puisque si nous le faisons, c'est que le trio du New-yorkais avait dû annuler à la dernière minute cet automne pour raisons de santé. Tout va mieux, donc tout va bien, et cela indique peut-être que cette année 2016 sera légèrement moins pénible que la précédente – raccrochons-nous aux branches, tant qu'il y a encore des arbres. Or des branches, même vieilles, il se trouve qu'il en repousse, en témoigne une tripotée de reformations plus ou moins récentes de groupes plus ou moins relous à l'oreille (Louise Attaque au Transbo le 29 mars, Elmer Food Beat au CCO le 6 avril) dont la palme revient bien sûr aux Insus, soit Téléphone sans fille (n'y allez pas, c'est complet) – rayon nostalgie de jeunesse, on préférera de loin se consacrer à Nada Surf, qui ne s'est jamais déformé, le 26 avril à l'Epicerie. Ah, tiens on allait oublier Polnareff

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Annulation du concert de Jon Spencer

MUSIQUES | Mauvaise nouvelle pour les amateurs de son rock'n'roll charnel et urbain, Jon Spencer annule l'ensemble de sa tournée européenne pour raisons (...)

Benjamin Mialot | Lundi 9 novembre 2015

Annulation du concert de Jon Spencer

Mauvaise nouvelle pour les amateurs de son rock'n'roll charnel et urbain, Jon Spencer annule l'ensemble de sa tournée européenne pour raisons médicales. Il ne se produira donc pas à l'Épicerie Moderne demain. Plus qu'à espérer un report (et à relire notre article pour patienter). Ou, pour les plus atteints, à se rendre au deuxième concert de l'autre Jojo (à Tony Garnier), qui lui se porte comme un charme.

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Le blues en rase campagne de Left Lane Cruiser

MUSIQUES | C'est bien connu, l'amour est dans le pré. Mais sachez qu'on peut aussi y croiser les Left Lane Cruiser qui, comme le prouve leur musique, semblent (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 3 novembre 2015

Le blues en rase campagne de Left Lane Cruiser

C'est bien connu, l'amour est dans le pré. Mais sachez qu'on peut aussi y croiser les Left Lane Cruiser qui, comme le prouve leur musique, semblent passer leur vie en sortie de route dans les champs, mais le pick-up retourné, le nez dans une bouse, une bouteille de Miller Ice dans le fondement. Car il y a dans cette espèce de bottle-(red)-neck blues quelque chose d'irrésistiblement chavirant, comme lorsque, dans un virage trop mal engagé, la vitesse vous déporte dans le sens inverse de celui dans lequel vous vous échiniez pourtant à tourner le volant. Cette sensation est une ivresse et pourtant, au fond, on sait comment tout cela va finir. Surtout pour les Left Lane Cruiser, originaires du nord de l'Indiana mais qui semblent toujours devoir échouer quoi qu'il arrive côté sud de la bagnole, du champs et des États-Unis tout entier, comme éjectés par la force centrifuge – ou pète (plutôt pète en fait). Le tout avec une innocence désarmante qui fait de ces trois bouseux l'équivalent musical des personnages principaux du film Dale & Tucker fightent le mal. Deux adorables têtes de nœud sudistes s'y retrouvent en plein film d'horreur,

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Jon Spencer, le roi de New York

MUSIQUES | Sur son dernier album, au prétexte de célébrer une liberté retrouvée symbolisée par la "Freedom Tower", le Jon Spencer Blues Explosion déclare son amour inextinguible à cette vieille femme qu'est la Grosse Pomme. Et le lui dit par tous les trous fumants. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 3 novembre 2015

Jon Spencer, le roi de New York

Jamais aussi à son affaire que lorsqu'il s'agit de jouer les Screamin' Jay Hawkins efflanqués, prêcheur de bon temps à prendre avant que l'Apocalypse ne vienne nous gratter la viande et nous ronger les os, Jon Spencer et son duo d'acolytes qui font trois ravalent leur précédent Meat & Bone pour nous jouer la grand-messe commémorative d'un New York renaissant et néanmoins, pour une part, révolu. Freedom Tower – No Wave Dance Party 2015, voilà l'affaire. La Freedom Tower, c'est donc cette tour de Babel post-moderne célébrant la Liberté autant que son fantôme, le souvenir de la catastrophe et le devoir de redresser la puissance érectile américaine jadis portée par les jumelles déchues. Le superphallus enfin érigé sur l'ancienne béance de Ground Zero, c'est surtout cette vieille hydre de Blues Explosion qui bande comme un démon, un os non pas dans le nez, comme le précité Screamin', mais bien dans le pantalon. Car s'il s'agit de rendre hommage – «Come on fellas, we gotta pay respect» commande Spencer sur l'inaugural Funeral – c'est bien le pantalon sur les genoux, éructant et écumant d'énergie vitale jusqu'au bout

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Pourquoi la Suède ignore-t-elle Jay-Jay Johanson ?

MUSIQUES | Avant le concert du Suédois au Transbordeur, on pose cette question capitale.

Stéphane Duchêne | Mercredi 7 octobre 2015

Pourquoi la Suède ignore-t-elle Jay-Jay Johanson ?

The Hives ; Loney, Dear ; I'm from Barcelona ; Jose Gonzales ; The Knife ; Peter Björn and John ; The Tallest Man on Earth ; Peter Von Poehl ; Frida Hÿvonen ; The International Noise Conspiracy... Même en ne s'en tenant qu'aux artistes déjà cités dans ce journal (on en oublie sûrement et on vous épargne les mastodontes passés et présents toutes disciplines confondues – ABBA, Roxette, Ace of Base, Don et Neneh Cherry, Robyn, EST...), les Suédois sont aussi présents dans nos oreilles que les Anglo-Saxons. D'ailleurs c'est simple, la Suède est le troisième exportateur de musique au monde. Et c'est à Stockholm que l'on compte le plus de studios d'enregistrement par habitant, abritant une armée de faiseurs de tubes pop que les plus grandes stars US s'arrachent pour transformer une mélodie en son de tiroir-caisse. Sauf qu'à vivre et produire dans un pays d'exportation, on en vient à n'être pas soi-même importé. Tel un Patrick Devedjian victime collatérale de l'« ouverture » sarkozyste, Jay-Jay Johanson, qui connut ses premiers succès en France (au point d'y vivre un temps, à Strasbourg, et de constater qu'on ne s'y ennuyait pas assez pour écrire) et a toujours enre

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Rentrée musique : 20 concerts à ne pas manquer

MUSIQUES | De mémoire de rats de salle de concert, cette rentrée musicale est l'une des plus chargées que la ville ait connue. Qu'à cela ne tienne, ce ne sont pas dix concerts que nous vous avons tagués comme "incontournables" cette année, mais une vingtaine. Faites chauffer les boules Quiès.

Stéphane Duchêne | Mardi 29 septembre 2015

Rentrée musique : 20 concerts à ne pas manquer

Aline / Tigran / Jay Jay Johanson / Is Tropical Après avoir bu et dansé jusqu'à plus soif, bien profité de la belle hype initiée par Regarde le ciel, les Ex-Young Michelin ont pris la route du studio ICP de Bruxelles (temple du rock contemporain) à la rencontre de Stephen Street, mythique producteur et/ou ingénieur des Smiths (il fut le sage-femme de The Queen is Dead, t'as qu'à voir !), de Morrissey et de quatre albums de Blur. Le résultat, bien inspiré (et intitulé La Vie électrique), dégouline forcément de guitares cristallines et de rythmiques 80's dévalées en frenchy dans le texte. Quelque part entre les Smiths donc, les Triffids et un Daho d'époque moins daté. Aline est là, manquerait plus qu'elle revienne. Stéphane Duchêne Le 9 octobre au Marché Gare C'est un fait, le Tigran est un genre de prodigieux caméléon musical dont le génie serait profondément agaçant s'il n'avait pas la mansuétude d'en faire profiter les autres. Ce pianiste jazz (sur le papier uniquement), on l'a connu sous

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Le grand Depardon

MUSIQUES | On a pu parler à l'époque de Virago – soit à la fin des années 90 – comme d'un Diabologum grenoblois. Même sécheresse du propos, même radicalité – mais plus frontale, (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 5 mai 2015

Le grand Depardon

On a pu parler à l'époque de Virago – soit à la fin des années 90 – comme d'un Diabologum grenoblois. Même sécheresse du propos, même radicalité – mais plus frontale, car sans doute moins encline à l'expérimentation. Ce qui fait d'Olivier Depardon, aujourd'hui en solo, un cousin de Michel Cloup ET d'Arnaud Michniak, tant le Grenoblois se situe sur le spectre musical et textuel qui sépare les deux anciens frères ennemis du groupe toulousain culte. Cela s'entend dès Un Inventaire, le premier titre des Saisons du silence, deuxième album de Depardon. Mais contrairement aux deux précités, Depardon n'a véritablement entamé sa carrière solo que dix ans après Virago. Entre temps, beaucoup de recul (Depardon a travaillé au Ciel, la salle de concert grenobloise), d'autres projets (Zygoma) et collaborations (Nadj, Tara King Th.) puis une envie naturellement mûrie de s'assumer seul, de porter sa voix, bien plus d'ailleurs qu'il ne le faisait avec Virago, où elle officiait toujours un peu sourdine derrière un rouleau compresseur musical – tendance que l'on ne retrouve plus que sur quelques titres comme Á jamais fait. Pour ce deuxième a

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The Pains of Being Pure at Heart, pop nostalgique

MUSIQUES | Décidément quelle que soit la manière dont ils s'y prennent, les Pains of Being Pure at Heart, de retour à Lyon, au Marché Gare le 7 avril, sont bien la preuve (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 31 mars 2015

The Pains of Being Pure at Heart, pop nostalgique

Décidément quelle que soit la manière dont ils s'y prennent, les Pains of Being Pure at Heart, de retour à Lyon, au Marché Gare le 7 avril, sont bien la preuve qu'en terme de pop – qu'elle soit indie ou pas – on n'inventera jamais rien de mieux qu'une bonne chanson. Quitte à ne rien inventer d'autre et à recycler ad lib. Changeant de nostalgie comme on change de look à l'adolescence, ces vrais-faux jeunes Brooklynites peuvent bien explorer le spectre indie-pop – ici un versant très Sarah Records versus The Smiths en forme de nostalgie au carré – après le plus noisy Belong, produit par Flood et Alan Moulder, ces deux monolithes de la console, on s'y retrouve toujours, comme guidé par des petits cailloux spatio-temporels qui nous ramènent avec délice vers le passé. Et comme l'indique le titre de l'album Days of Abandon, on s'abandonne très vite sur des titres comme Life after Life, porté par Jen Goma, échappée d'A Sunny Day in Glasgow en remplacement de Peggy Wang, ou Until the Sun Explodes et ses accents curistes à la Just Like Heaven. Bref, on est en famille, entre amis du shoegazing, de la pop ligne clair

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Bruits de saison

MUSIQUES | Est-ce parce qu'on commence à être habitué à ce genre de cirque ? Toujours est-il que non, le bruit qui accompagnera la venue lyonnaise d'une Christine & the Queens au sommet du succès ne suffira pas à éclipser le reste d'une programmation de fort belle facture. Et vous savez quoi ? C'est tant mieux. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 6 janvier 2015

Bruits de saison

En matière de musique, la hate est un fruit de saison, savamment cultivée par les réseaux sociaux, par ce fléau mondial que constitue l'aigreur d'estomac – surtout en sortie de fêtes de fin d'année –, par quelques médias victimes d'hypocondrie culturelle et, il faut bien le dire, par ceux qui la provoquent. On a ainsi droit comme ça à un ou deux boucs émissaires par an cristallisant les crispations d'une certaine branchitude mal définie. On ne vous fera pas languir plus longtemps : après Woodkid, Stromae et Fauve (qui reviendra, le 2 avril, en grande surface qui plus est, puisqu'à la Halle Tony Garnier, ramasser des forêts de cœurs avec les doigts et sans doute quelques seaux de merde), c'est au tour de Christine & the Queens (4 mars au Transbordeur) d'énerver son monde sur le thème : talent fou ou blague de l'année ? Alors oui, dans ces cas-là, o

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La Halle Tony Garnier a 100 ans

MUSIQUES | C'était en 1914, souvenez-vous (mais si, faites un effort) : sur une commande du maire Edouard Herriot, Tony Garnier mettait la touche finale à la fameuse (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 2 octobre 2014

La Halle Tony Garnier a 100 ans

C'était en 1914, souvenez-vous (mais si, faites un effort) : sur une commande du maire Edouard Herriot, Tony Garnier mettait la touche finale à la fameuse halle qui porte aujourd'hui son nom, censée abriter abattoirs et marché aux bestiaux. La Première Guerre mondiale en décida temporairement autrement. Réquisitionnée, elle  casernes et usine d'armement avant de retrouver sa fonction. Devenu à terme une salle de spectacles, l'endroit fête donc ses cent ans. Et c'est nous qui sommes bien contents. Déjà parce que la Halle en profitera, comme vous le savez, pour "investir" toutes les salles qui comptent à Lyon (Breton au Marché Gare le 21 novembre, Deltron 3030 au Transbordeur le 27, Owen Pallett à l’Épicerie Moderne le 6 décembre...). Mais aussi parce que la fête se prolongera en 2015 avec l'accueil de belles pointures parmi lesquelles le duo blues-rock The Black Keys (7 mars), les vieilles gloires du nu-metal System of a Down (14 mars, date unique en France qu'on espère plus calme que celle de 2005), Ennio Morricone (18

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Un Feu sur la langue

MUSIQUES | Rien que de très classique dans cette saison francophone. Du très bon, du bon, du moins bon, Kyo, et au milieu coule une rivière en Feu! Chatterton, inconcevable objet pop aux aspirations littéraires qui feront se gausser ou s'incliner. C'est à voir. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 23 septembre 2014

Un Feu sur la langue

Oubliez les Sébastien Tellier (le 18 octobre au Transbo), Julien Doré (le 15 décembre au Radiant) et Stromae (le 1er novembre à la Halle) qui repassent une énième fois par ici ; zappez les vingt ans des Ogres de Barback et le retour de Kyo, tous deux au Radiant (les 6 et 27 novembre), repaire de morts-vivants. Omettez ces trois grands Bretons que sont Miossec, Daho, Tiersen (19 et 5 décembre au Transbo, 16 octobre à l'Epicerie) et Emilie Simon (7 novembre au Radiant, forcément). Bon si vous aimez tous ces artistes, ce qui pour la plupart d'entre-eux est bien légitime (cherchez néanmoins l'intrus), vous pouvez tout de même vous faire plaisir en allant les voir, on ne vit qu'une fois après tout, sauf Daho et Kyo. Mais rappelez vous une chose : la next big thing, celle dont tou

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On ne pense Kas ça

MUSIQUES | Kas Product ne sera sûrement pas le groupe le plus couru de cet été de festivals, ni même celui de Musiques en Stock – où il cotoiera rien moins que Nada (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 26 juin 2014

On ne pense Kas ça

Kas Product ne sera sûrement pas le groupe le plus couru de cet été de festivals, ni même celui de Musiques en Stock – où il cotoiera rien moins que Nada Surf, Breton et Peter Von Poehl. Mais c'est un morceau d'histoire du rock français, fruit d'une rencontre improbable. La chanteuse Mona Soyoc est une Américaine passée par Londres avant d'atterrir à Nancy, à l'aube des 80's. Elle y rencontre "Spatsz", un type obsédé par les synthés. Ensemble, ils produisent une musique minimaliste, cintrée et frictionnelle, au point de jonction de l'électronique séminale et du punk. Un truc où une voix d'une absolue sensualité – Mona Soyoc vient du jazz et n'est pas la moitié d'une interprète – sadise des machines frigorifiques programmées par une sorte de Martin Rev du Grand Est. Après deux 45t enregistrés sur deux pistes, le groupe tourne en première partie de Marquis de Sade, l'un des grands ambassadeurs de la French Touch de l'époque, sort son premier album chez RCA, (dé)fait l'Olympia aux côtés de Suicide, tourne aux Etats-Unis. Le tout en moins de trois ans. Il ne faudra guère plus de temps pour que la popularité du groupe s'étiole, à mesure que se fond dans le

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La tête et les jambes

MUSIQUES | Qui a dit que le vélo était un sport de ringards aux jambes rasées ? Pas le festival Roulez jeunesse, qui tout au long d'un programme alliant joie de la pédale et plaisir musical entend réconcilier petite reine et rois de la hype. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 3 juin 2014

La tête et les jambes

Au départ, à ce qu'on avait entendu, Roulez Jeunesse entendait célébrer le cyclisme dans ce qu'il a, sans mauvais jeu de mots, de plus "classique" : les cuissardes à peau de chamois, le Tour de France, le bronzage en T. Autant de choses qui passionnent l'un des initiateurs de l'événement : le directeur du Transbordeur, Cyrille "Guimard" Bonin, incollable sur la petite reine et la Grande Boucle.  On ne sait guère ce qui a rendu cet événement moins orienté sur le versant Laurent Brochard de la pédale que vers son côté hip, toujours est-il que le chemin emprunté est un peu différent. Et peut-être un peu plus cohérent avec l'idée de mariage vélo-musiques actuelles – la vérité c'est que les mecs du Tour de France n'écoutent bien souvent que de la daube entre deux soufflantes de Marc Madiot dans l'oreillette ; la vérité c'est que le cycliste pro a les goûts musicaux de Gérard Holtz.  Niveau vélo en effet, ce sera plus ambiance fixie (ce vélo sans dérailleur qui fait fureur chez les hipsters qui aiment à prendre les bosses en 53x12), BMX, et bike polo (du polo garanti 100% sa

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Alléchants de mars

MUSIQUES | Festival de chanson française, Les Chants de Mars est à l'image de cette dernière. On y trouve, pour qui a un rapport légèrement problématique à la chanson (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 25 mars 2014

Alléchants de mars

Festival de chanson française, Les Chants de Mars est à l'image de cette dernière. On y trouve, pour qui a un rapport légèrement problématique à la chanson française, à boire et à manger. De la variété benête à la Renan Luce à la grande Françoiz Breut ou Barcella, sorte d'Henri Dès pour adultes qui n'a pas son pareil pour vous forer une mélodie dans le crâne. Des talents installés, comme les french countrymen de La Maison Tellier, mais surtout une invraisemblable armada lyonnaise (et environnante) qui permet de se rendre compte de la richesse quantitative et qualitative de la chanson locale d'expression française.  Le tremplin "Et en plus elles chantent", bien sûr, qui chaque année révèle sa chanteuse d'avenir (ou pas), mais aussi cette année les inévitables Max Lavegie (homme lige de Carmen Maria Vega et figure de Gourmets Recordingz), Reno Bistan, Balmino, Pan (from Grenoble) et comme une cerise sur ce drôle de gâteau, notre chouchou Daisy Lambert, qui ne manque pas de dénoter positivement – mais où diable Daisy ne dénote-t-il pas ? 

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Jull

MUSIQUES | Mouvement Diurne (Amicale underground)

Laetitia Giry | Mercredi 15 mai 2013

Jull

L’Amicale underground est un coin de pays bien sympathique, un coin de pays virtuel, une société de production grenobloise, un label qui se fait la belle, une association de malfaiteurs avides de musique et d’eau fraîche. Copine câline de l’ombre des groupes Rien et Câlin, on navigue sur ses eaux comme on circule dans la maison familiale : on en connaît fort bien les escaliers, on y croise çà et là des visages connus, des voix qui font écho… Tout ça pour dire que Jull n’est pas né ici par hasard. Que, comme ses copains Rien et Câlin, il met à disposition de l’auditeur ses albums en libre partage sur le site internet (de sa copine câline) tout en encourageant à payer si ça plaît, et que, comme eux, il fait partie d’une équipe – pour ne pas dire la même, d’équipe.

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Dura Lex Sed Lex Hives

MUSIQUES | Cinq albums en quinze ans. Les Hives feraient-ils leurs Laurent Voulzy ? Les fidèles pouvaient le craindre après les cinq ans de silence discographique (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 30 novembre 2012

Dura Lex Sed Lex Hives

Cinq albums en quinze ans. Les Hives feraient-ils leurs Laurent Voulzy ? Les fidèles pouvaient le craindre après les cinq ans de silence discographique qui ont suivi leur Black & White Album. C'est que les Suédois, victimes de leur immense succès, ont énormément tourné et qu'on ne peut pas être au four et au moulin – surtout qu'en Suède il n'y a pas de moulins. Car, le titre d'un précédent Tyrannausorus Hives en atteste, le groupe est devenu un monstre. En gros l'alpha et l'omega de ce qu'on appelle vulgairement le rock garage – encore que si vous lisez attentivement ce journal et l'accompagnez de séances d'écoute, vous vous apercevrez bien vite qu'il y a autant à voir entre le garage punk de The Hives et le garage fourre-tout des Xray Eyeballs qu'entre un Tyrannosaure et un Ptérodactyle : on sent bien qu'ils sont peu ou prou de la même famille mais vous pouvez toujours courir pour que le premier s'envole. La question est donc, est-ce que ça valait le coup d'attendre ­– indépendamment du fait qu'on n'avait guère le choix, on veut dire ? Oui et non, selon le degré de fanitude qui nous anime et le besoin de nouveaux titres à ululer devant la g

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Marques et Spencer

MUSIQUES | Après huit ans de hiatus discographique, le Blues Explosion de Jon Spencer revient mettre un grand coup dans la fourmilière blues avec le belliqueux et chaudard "Meat & Bone". Et un concert événement à l’Épicerie moderne. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 23 novembre 2012

Marques et Spencer

On se souvient (ou pas, plus probablement) de cette anecdote de Lara Fabian contant la phrase prononcée un jour par son manager et mari de l'époque : «Ensemble, on ira mettre un coup de tête à la Tour Eiffel et un autre à la Statue de la Liberté» – cette dernière n'aurait rien senti et la Tour Eiffel n'aurait pas souffert. Vous ne voyez pas bien le rapport avec Jon Spencer ? Il est pourtant évident, toute la carrière de Spencer ayant consisté à mettre des coups de têtes musicaux à son auditoire. Et aussi quelques bons coups de reins. A produire, au maximum, une sorte de jamboree explosif et, au minimum, un catfight d'amour vache qui finirait sur l'oreiller. On en a un bel exemple avec le clip de Boss Hog où Spencer et sa femme, la canonissime Cristina Martinez, s'ébattent dans le désert après s'être promis raclée et inhumation. Spencer, diaboliquement beau lui aussi, y apparaît efflanqué comme un chat de gouttière. Il le sera toujours, se permettant même de changer de genre en se faisant incarner par la crevette Winona Ryder dans le clip de Talk

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Le Ring de glace

MUSIQUES | S'il y a une ville qu'on connaît peu c'est bien Edmonton, près d'un million d'habitants, au cœur de l'Alberta, et capitale historique de l'industrie (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 8 novembre 2012

Le Ring de glace

S'il y a une ville qu'on connaît peu c'est bien Edmonton, près d'un million d'habitants, au cœur de l'Alberta, et capitale historique de l'industrie pétrolière et gazière canadienne. Tout juste les fans de hockey sur glace ont-ils entendu parler des Oilers qui dominèrent les années 80 menés par Wayne "The Great One" Gretzky, l'équivalent sur patin de Maradona. Cela fit un peu de publicité à la ville, tandis que sa rivale Calgary raflait toute l'attention médiatique avec ses Jeux Olympiques. À part ça, pas grand chose pour une ville pourtant culturellement très riche (son Art Gallery designée par Randall Stout justifie à elle seule le – long – détour). Outre Michael J. Fox, ce qui pose sa ville, Edmonton a également vu naître les deux membres de Purity Ring, barrés depuis à Montréal – les ingrats – c'est-à-dire là où ça se passe au pays de la feuille d'érable. Mais alors qu'on aurait pu penser, sensible que l'on est au cliché de la musique confectionnée au nord d'une ligne reliant Portland à New-York via Chica

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Aux frontières du Raël

MUSIQUES | Génie de la lampe pop française, Sébastien Tellier s'est mué avec "My God is blue", son dernier album, en gourou bleuté salement illuminé. Pour le meilleur et pour le rire. Alors, abus de Pépitos bleus, crise mystique, foutage de gueule ? Tentative d'explication. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 12 octobre 2012

Aux frontières du Raël

Les chanteurs sont-ils destinés à devenir des gourous ? Par définition oui, puisque les meilleurs d'entre eux sont l'objet d'un culte et culbutent de la groupie/adepte à tour de bras. Mais de vrais gourous, au sens propre du terme ? Aussi. On oublie notamment trop souvent – et sûrement vaut-il mieux l'avoir oublié – qu'avant d'exercer la profession de gourou à succès, Raël fut autrefois, dans les années 60, chanteur sous un autre pseudonyme, Claude Celler, dans un style singeant plutôt grossièrement Jacques Brel.   En dépit de titres aussi forts que Madam' Pipi ou Monsieur votre femme me trompe – où déjà point le crevard de la fesse, cette première carrière n'a malheureusement pas les retombées escomptées et le suicide de son producteur marque la fin de l'expérience. En 1973, Claude Vorilhon, son vrai nom, un temps journaliste sportif, se lance donc, sans doute à la suite d'un bilan de compétence mal branlé, dans une double carrière de «messager» de nos cousins ste

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Quand la pop (music) n'est plus pop(ulaire)

MUSIQUES | Ambition, commandes, volonté d'aller voir plus loin, de David Byrne à Sufjan Stevens, de Paul McCartney à Chilly Gonzales, nombreux sont les musiciens pop qui se sont aventurés hors de leur pré-carré : sur les terres de l'expérimental, du classique, voire des deux en même temps. À l'occasion du passage de Gonzales pour deux concerts aux Subsistances autour de son projet piano solo, revue d'effectif de quelques popeux sortis de leurs gonds. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 5 octobre 2012

Quand la pop (music) n'est plus pop(ulaire)

Gérard Manset – La Mort d'Orion (1970)Dans le paysage pop français, Gérard Manset est un OVNI. Dès son deuxième album, l'auteur d'Animal on est mal – qui a son petit succès pendant les événements de mai 68 – se met en tête de composer La Mort d'Orion : un objet musical resté à ce jour unique, oratorio cintré, audacieux et boursouflé, mélange de rock progressif et de musique classique, ponctué de passages à couper le souffle et nourri de paroles mansetiennes en diable qui font parfois pouffer – qui d'autre pour faire rimer sans rire «preux chevalier teutonique» et «lépreux satanique». Malgré les succès futurs, comme Il voyage en solitaire, et les collaborations avec, à la louche, 75% des chanteurs français, La Mort d'Orion, restera à jamais l'œuvre mythique de Manset et le premier album-concept français. On s'arrachera ainsi les rééditions d'un disque vendu à 20 000 exemplaires à sa sortie. Lou Reed – Metal Machine Music (1975)Passons sur certains de ses albums-concept mégalo ou

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Françoiz, Dom et les autres : le best-of

MUSIQUES | Le Twenty-Two Bar (1995) avec Dominique A C'est elle qu'on aperçoit au premier plan de la pochette de La Mémoire Neuve. La fille avec la grosse guitare du (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 27 septembre 2012

Françoiz, Dom et les autres : le best-of

Le Twenty-Two Bar (1995) avec Dominique A C'est elle qu'on aperçoit au premier plan de la pochette de La Mémoire Neuve. La fille avec la grosse guitare du clip qui révéla Dominique A au grand public, c'est elle aussi. Le climax d'une fructueuse relation musicale (et un temps amoureuse) avec un Monsieur A qui la poussera vers une carrière solo. Dominique A - Le Twenty-two bar par DominiqueA-Official Ballad of Cable Hogue (2002) et Keeper of the Flame (2012) avec CalexicoSur le live World drifts in, elle chante les couplets en Français du titre phare de Calexico. Elle y reprend aussi Si tu disais en duo avec Joey Burns, qui lui rendra la pareille sur un titre d'Un

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Houle sentimentale

MUSIQUES | Pour reprendre quelque mots de son classique "Si tu disais", et les retourner contre elle : si Françoiz Breut disait «on y va», on n'hésiterait pas, «que (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 27 septembre 2012

Houle sentimentale

Pour reprendre quelque mots de son classique "Si tu disais", et les retourner contre elle : si Françoiz Breut disait «on y va», on n'hésiterait pas, «que ce soit pour une ville ou pour un bled, un bout de terre paumée», pour Le Nord, Porstmouth, Tarifa et même Cherbourg, sa ville natale, alors qu'on n'a jamais de parapluie sur nous. Et même si ce ne devait être que L'Affaire d'un jour, pour elle on se faderait des orchestres de Verre pilé. On la laisserait même jouer au docteur, se livrer sur nous à cette Chirurgie des Sentiments qui donne son titre à son dernier album. On y retrouve, comme sur toute sa discographie, cette sensation de houle sentimentale pour amoureuse insaisissable, ces chansons qui tanguent entre vie à faire et amours défaits, entre clair et obscur (Potron Minet, L'Éclat du jour

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A cœur ouvert

MUSIQUES | Quatre ans après A l'Aveuglette, Françoiz Breut est de retour avec "La Chirurgie des Sentiments" et un concert à l'Epicerie Moderne. À cette occasion, elle se confie de bon cœur sur ce disque du changement dans la continuité. Et sur le reste : la musique, l'écriture, la vie, Bruxelles... Texte et entretiens: Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Jeudi 27 septembre 2012

A cœur ouvert

La Chirurgie des sentiments est un titre qui pourrait facilement résumer votre discographie...Françoiz Breut : Sans doute parce que je continue d'y décortiquer le sentiment amoureux. Mais j'y parle aussi de plein d'autres choses (rires). Je travaille un peu par phases : les idées arrivent et d'autres par-dessus, puis elles reviennent. Je construis mes textes et mes albums à partir de cette succession d'idées. Quant à la chanson qui donne son titre à l'album, elle parle du fait qu'on a beau essayer d'être rationnel, le cœur est toujours là qui nous fait faire des choses auxquelles on n'aurait pas forcément pensé. Et c'est très bien, parce qu'au fond, on en a besoin. Le premier titre de l'album, BXL Bleuette, est consacré à Bruxelles, où vous vivez. L'amour des villes, la géographie, le voyage, c'est une autre constante de votre œuvre...C'est vrai : depuis le premier disque, je suis passée par Tarifa, par Portsmouth, par Dunkerque. J'ai aussi parlé des villes en général dan

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Françoiz Breut

MUSIQUES | Les dernières fois qu'on avait entendu sa voix, c'était sur un sublime duo enregistré avec Frànçois & the Atlas Mountains, puis sur l'album Tucson Songs (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 14 septembre 2012

Françoiz Breut

Les dernières fois qu'on avait entendu sa voix, c'était sur un sublime duo enregistré avec Frànçois & the Atlas Mountains, puis sur l'album Tucson Songs avec ses complices de Calexico. Françoiz a si souvent été une «deuxième voix» (parce que tous les garçons sont amoureux d'elle et veulent chanter avec) qu'on en oublie presque qu'elle est une figure de proue de la chanson française, la vraie : le véritable pendant féminin de Dominique A, si toutefois les chanteurs marchaient par paire. Écrite à la pointe sèche et chantée d'une voix de satin, les chansons de Mlle Brr piquent autant qu'elles ne caressent. La preuve avec l'album qui accompagne cette tournée, quatre ans après À l'Aveuglette, le trop bien nommé La Chirurgie des Sentiments dont le premier extrait Werewolf nous a déjà arraché le cœur d'un coup de patte. Françoiz BreutÀ l'Epicerie ModerneJeudi 4 octobre

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Revenants

MUSIQUES | À force, les salles lyonnaises sont un peu comme le PMU du coin de la rue, elles finissent par avoir des habitués. Ce qui en dit long sur la qualité de l'accueil de nos salles. Ou sur le fait que Lyon soit bel et bien réapparu sur la carte de France du rock. SD

Stéphane Duchêne | Jeudi 13 septembre 2012

Revenants

Cette saison encore, quelques bienvenues impressions de déjà-vu. Qu'il s'agisse d'artistes quasi bi-annuel comme Dominique A – dont, quoi qu'il arrive, on ne se lasse pas – ou quasi-annuel comme Deerhoof ou The Wedding Present qui (re)vient tout spécialement pour jouer en intégralité l'un de ses albums mythiques Seamonsters. Il y a aussi les chouchous tels le Canadien Patrick Watson – pourtant de plus en plus déroutant – pour lequel l'Épicerie Moderne se damnerait volontiers, comme elle le ferait pour la formation hollandaise The Ex quasiment assignée à résidence, ou ses collègues bruitistes d'A Place to Bury Strangers aka «le groupe le plus bruyant de NY». Autre retours de groupe qu'on a l'impression d'avoir quittés hier : Dark Dark Dark, malheureusement programmé l'an dernier en face de The Chap, et les Caennais de Concrete Knives dont l'avenir, sur le label anglais Bella Union, s'annonce aussi glorieux que leurs hymnes pop sont foux-dingues. Tandis que ceux-ci passeront de la scène du Kafé, à celle plus p

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Chilly Gonzales

MUSIQUES | Quel que soit le sobriquet dont il s'affuble ou le genre dans lequel il officie, il est désormais largement admis que Gonzales est un génie. Un (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 7 septembre 2012

Chilly Gonzales

Quel que soit le sobriquet dont il s'affuble ou le genre dans lequel il officie, il est désormais largement admis que Gonzales est un génie. Un qualificatif qui a pris d'autant plus d'ampleur dès lors que le Canadien, d'abord connu comme MC, s'est mis à étaler à la face du monde ses talents de pianiste. Après un concert virtuose à Nuits Sonores en 2011, Chilly Gonzales a choisi Lyon pour entamer la tournée du deuxième volet de Solo Piano. Et pas n'importe comment. D'abord, l'événement s'étalera sur deux dates, mercredi 10 et jeudi 11 octobre prochain, dans la Cour Carrée des Subsistances. Mais en plus, il sera accompagné d'une diffusion en «PianoVision», soit un grand écran qui projettera en direct le travail manuel de l'artiste sur les touches de son piano. Solo Piano II Piano Vision Medley par chilly_gonzales

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Dark Dark Dark

MUSIQUES | Victime du grand dilemme du 24 mars 2011, vous n'aviez pu choisir entre The Chap au Clacson et Dark Dark Dark et Matt Elliott au Marché Gare et errez (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 30 août 2012

Dark Dark Dark

Victime du grand dilemme du 24 mars 2011, vous n'aviez pu choisir entre The Chap au Clacson et Dark Dark Dark et Matt Elliott au Marché Gare et errez toujours entre les deux salles en hurlant à la mort. Ou plus simplement vous aviez choisi The Chap et depuis ce petit doute vous torture d'avoir fait le mauvais choix. Soyez rassurés – et arrêtez un peu de hurler –, l'Epicerie Moderne vient de tout arranger en annonçant la venue de Dark Dark Dark lundi 3 décembre. Quoi, et Matt Elliott ? Et un merci, non ?

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The Thick White Duke

MUSIQUES | Après "Cascadeur" l'an dernier, Rover est sans doute la révélation pop française de cette année. Un ovni romantique et bowie, dandy et bestial qui devrait envoûter par sa seule présence, les spectateurs du festival Changez d'Air. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 27 avril 2012

The Thick White Duke

Pour évoquer les «géants de la pop», on peut utiliser comme seul critère le gabarit et avoir de très beaux résultats musicaux : que l'on songe à Brian Wilson des Beach Boys (qui n'aurait jamais pu tenir sur un surf), Antony (qui derrière sa voix de vieille blues woman a la taille d'un buffle) et aujourd'hui Win Butler d'Arcade Fire (fameux joueur de basket) ou Sébastien Tellier (le Christ version Pépitos). Bien entendu cela exclut nombre de crevettes comme Brian Jones, Bob Dylan, David Bowie, Neil Hannon mais fort heureusement, l'important, comme le disait si justement un jour Amanda Lear, ce n'est pas la taille, c'est le goût. Alors oui c'est vrai, ce qui frappe en premier chez Rover, Timothée Régnier de son vrai nom, c'est cette masse pareille à celle d'un trou noir sur pattes, combattant lettré ou écrivain romantique de combat qui aurait fait le tour du Monde et en porte le poids sur ses larges épaules voûtées. En ce qui concerne Rover : de la Suisse aux États-Unis, en passant par le Liban, d'où il fut expulsé en 2006 pour atterrir en Bretagne. Le tour du monde des disques aussi : de Bowie aux Beach Boys, de Dylan aux Beatles. Le Big Four. 

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Sébastien Tellier au Transbordeur

MUSIQUES | Son quatrième album, My god is blue, pas encore sorti dans les bacs (mais déjà disponible en digital), Sébastien Tellier annonce déjà une date lyonnaise pour (...)

Christophe Chabert | Vendredi 20 avril 2012

Sébastien Tellier au Transbordeur

Son quatrième album, My god is blue, pas encore sorti dans les bacs (mais déjà disponible en digital), Sébastien Tellier annonce déjà une date lyonnaise pour y porter sa bonne parole musicale. Car l'ami Tellier, après avoir parlé Politics et Sexuality sur ses précédents disques, s'improvise ici gourou futuriste d'un mouvement visiblement adepte de l'électro disco psychédélique... On adore ou on déteste, mais on sera tous au Transbordeur pour l'écouter le mercredi 17 octobre.

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Housse music

MUSIQUES | Jadis groupe concept alliant, on ne sait trop pourquoi, pop et tennis, Housse de Racket a depuis un moment délaissé les passing-shots et livré l'an dernier un album qui mériterait de figurer dans les dix premiers du classement "ATPop". Sortez les Stan Smith, ils débarquent au Kao et ça va danser au filet. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 19 avril 2012

Housse music

«Le sport c'est des notes et un blouson, c'est autant visuel que sonore», a déclaré, la semaine dernière, Sébastien Tellier dans les Inrocks. Une devise qu'auraient pu faire leur les Housse de Racket à leurs débuts. À ceci près que le duo de Chavile avait considéré qu'en été un blouson, ça tient chaud : mieux vaut un short, un bandeau à visière, des poignets en éponge et (au cas où on aurait envie de faire un tennis), une raquette. Au point qu'on s'était alors demandé si les enfants cachés de Pit & Rick ne s'étaient pas mis en tête de donner une suite à «La Cicrane (dont les ailes étaient en raquettes de tennis, souvenez-vous, lol) et la Froumi». Bref, on a un peu cru à la blague. Savant mélange plutôt efficace – quoi qu'un peu putassier – d'inspiration house (de racket) et de pop à la Phoenix, on goûtait un peu moins les paroles en français un peu pourraves, ce qui n'empêcha guère le petit succès de Forty Love et du single Oh Yeah !, y compris à l'étranger où l'on ne comprenait pas un traître mot de tout ça.

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Génération X-Y

MUSIQUES | Si l'on devait voir une revanche de la génération X dans la réédition de quelques monuments du grunge ou du shoegazing – cette musique que l'on joue sans (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 23 mars 2012

Génération X-Y

Si l'on devait voir une revanche de la génération X dans la réédition de quelques monuments du grunge ou du shoegazing – cette musique que l'on joue sans trop y croire en marchant sur sa mèche dans des habits beaucoup trop chauds pour la saison - comme le sublime Nowhere de Ride ou le Loveless de My Bloody Valentine, on en oublierait l'essentiel : la génération Y – puisque le terme est à la mode – a totalement investi les murs de guitare sur lesquels les X allaient s'asseoir les jours d'ennui. Elle s'y est installée et n'a même pas pris soin de refaire la déco, ni même le ménage. Veronica Falls, comme Girls, les Dum Dum Girls ou les plus sémillants The Pains of Being Pure at Heart, sont de ceux-là. Il fallait voir en juin dernier, les X s'ébattre comme des poulets sans tête aux concerts de ces derniers aux milieux de Y et même de quelques Z, faisant comme si cette musique leur appartenait, rejouant la vieille citation de l'auteur de Génération X justement, Douglas Coupland : «J'avais la nostalgie de l'événement au mom

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Dark Angels

MUSIQUES | À ceux qui en ont soupé du néo-folk ou du folk tout court – et Dieu sait s'il y en a – Dark Dark Dark est la réponse adéquate. Car il y a dans cette musique (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 15 mars 2012

Dark Angels

À ceux qui en ont soupé du néo-folk ou du folk tout court – et Dieu sait s'il y en a – Dark Dark Dark est la réponse adéquate. Car il y a dans cette musique quelque chose d'à la fois extrêmement simple et pourtant infiniment sophistiqué qui déborde du cadre. Et c'est dans cette articulation même que réside toute l'ambiguïté de la promesse d'un groupe qui comme son dernier EP, aurait pu tout aussi bien s'appeler Bright Bright Bright. Tandis que de ce côté-ci de l'Atlantique, les artistes folk tentent de raviver, parfois à coups de clichés, le Grand Esprit d'une Americana aussi vénérée que fantasmée, c'est vers la vieille Europe, au cœur des ténèbres, que l'Amérique folk de Dark Dark Dark vient chercher ses propres racines. Car, comme Beirut, Devotchka ou même Arcade Fire, le quintet de Minneapolis a compris que c'est de toute façon là, en Europe, qu'en creusant le terreau des musiques américaines, on finit toujours, en partie du moins, par atterrir. Répartis aux quatre co

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Southern (in)confort

MUSIQUES | Jamais avare de surprise en ce qui concerne ses concerts «coups de cœur» le Kafé ajuste son concept en concert «coups de boule», suivi d'un tabassage au (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 9 février 2012

Southern (in)confort

Jamais avare de surprise en ce qui concerne ses concerts «coups de cœur» le Kafé ajuste son concept en concert «coups de boule», suivi d'un tabassage au tesson de bouteille sous des néons clignotants façon Titty Twister (le bar à vampires d'Une Nuit en enfer) ou Double Deuce (le dancing bourre-pif de Road House). En lieu et place des Buffalo Killers promis, des remplaçants de choix : les Left Lane Cruiser, estampillés hillbilly punk blues. Autant dire que ça fleure bon le redneck consanguin prêt à vous découper au fond de sa cave au nom du Christ ou du Southern Comfort, le célèbre rince-cochon local, hautement inflammable. Left Lane Cruiser ou le genre de musique jouée pied au plancher – sur la pedal steel – en roulant à gauche. Non pas parce qu'on aurait adopté les mœurs de conduite anglaises mais parce qu

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Frànçois le Frànçais

MUSIQUES | Avec E Volo Love, Frànçois & the Atlas Mountains a trouvé sa voix dans l'égarement musical. Parti des Charentes, passé par l'Angleterre, étranger en pays étrange, il entraîne l'auditeur sur la trace d'un absolu pop aussi attachant que sans attache. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 25 novembre 2011

Frànçois le Frànçais

A la réception du premier disque de Frànçois & the Atlas Mountains, Plaine inondable, sorti de nulle part et sans prévenir, on pouvait légitimement se demander d'où venait cet ovni au patronyme et à la musique difficile à localiser sur le Google Maps musical mondial. Il fallait attentivement décrypter la pochette et attendre la deuxième chanson de l'album, l'addictif Be Water (Je suis de l'eau),  pour être fixé. À la sortie d'E Volo Love, on sait au moins qui c'est Raoul, enfin François Marry, jeune Charentais un temps exilé en Angleterre. Pour y faire quoi ? De la brit-pop ? Pas vraiment. «Mind the gap», disent les avertissements du métro londonien. Et ici, le gap est immense, y compris avec ce premier album qui contenait pourtant toutes les promesses ici tenues. E Volo Love est un étrange objet volant : mélange de pop apatride et de chanson française faussement tarte quand il s'agit de chanter, avec une certaine affectation, dans la langue charentaise, ce qui n'est pas toujours le cas (on y chante aussi en anglais avec l'accent français et parfois faux). Sédiments Ça commence un peu comme 50% de

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À la Pains

MUSIQUES | «La critique est facile, l'art est difficile», disent généralement les poètes à deux sous. Heureusement, le pastiche (et le pastis aussi, mais ça c'est une (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 17 juin 2011

À la Pains

«La critique est facile, l'art est difficile», disent généralement les poètes à deux sous. Heureusement, le pastiche (et le pastis aussi, mais ça c'est une autre histoire, à boire avec modération) permet bien souvent de réduire la distance qui les sépare et ils finissent par se faire des clins d'œil du style «chez toi ou chez moi ?». C'est ce à quoi contribue, peut-être bien malgré lui, on ne saura jamais vraiment, un groupe tel que The Pains of Being Pure at Heart. Depuis deux albums, les Brooklynites explorent le terrain longtemps redevenu vague de la pop anglaise des années 90. Le second, Belong, appartenant plutôt au genre noisy qui de Teenage Fanclub à Ride, de The Jesus & Mary Chain à My Bloody Valentine partait à l'assaut de notre cerveau reptilien à coups de mélodies imparables enfouies sous des murs de guitares. Ce que le groupe nie mollement, sans doute un peu par coquetterie. Les psychanalystes musicaux parleraient d'un cas typique de dénégation. Surtout de la part d'une formation qui pousse le bouchon jusqu'à faire appel à deux des metteurs en son incontournables des années 80, le binôme longtemps insécable Flood/Alan Moulder, é

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Hardi Chilly !

MUSIQUES | De l’audace en toutes choses et une certaine classe dans tout ce qu’il ose : voilà qui pourrait résumer le parcours ébouriffant du poilu et poilant Chilly (...)

Dorotée Aznar | Jeudi 26 mai 2011

Hardi Chilly !

De l’audace en toutes choses et une certaine classe dans tout ce qu’il ose : voilà qui pourrait résumer le parcours ébouriffant du poilu et poilant Chilly Gonzales. Pas du genre à s’enfermer dans une case, Gonzo fait partie de ces caméléons pour qui chaque nouveau projet est une métamorphose. Après avoir tenté le rap sans beats, le piano classique, le soft rock disco et même un film OVNI (Ivory Tower), celui qui s’autoproclamait jadis «The Worst MC» revient au hip-hop avec un nouveau concept : le rap symphonique. Pour son premier concert (forcément spécial) aux Nuits Sonores, Jason Beck jouera en compagnie d’un orchestre de chambre : ça commence à 20h30 dimanche au Transbordeur et, au regard de son record du plus long concert solo (27h), on ne sait évidemment pas quand ça finira.

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