Revenants

MUSIQUES | À force, les salles lyonnaises sont un peu comme le PMU du coin de la rue, elles finissent par avoir des habitués. Ce qui en dit long sur la qualité de l'accueil de nos salles. Ou sur le fait que Lyon soit bel et bien réapparu sur la carte de France du rock. SD

Stéphane Duchêne | Jeudi 13 septembre 2012

Cette saison encore, quelques bienvenues impressions de déjà-vu. Qu'il s'agisse d'artistes quasi bi-annuel comme Dominique A – dont, quoi qu'il arrive, on ne se lasse pas – ou quasi-annuel comme Deerhoof ou The Wedding Present qui (re)vient tout spécialement pour jouer en intégralité l'un de ses albums mythiques Seamonsters. Il y a aussi les chouchous tels le Canadien Patrick Watson – pourtant de plus en plus déroutant – pour lequel l'Épicerie Moderne se damnerait volontiers, comme elle le ferait pour la formation hollandaise The Ex quasiment assignée à résidence, ou ses collègues bruitistes d'A Place to Bury Strangers aka «le groupe le plus bruyant de NY». Autre retours de groupe qu'on a l'impression d'avoir quittés hier : Dark Dark Dark, malheureusement programmé l'an dernier en face de The Chap, et les Caennais de Concrete Knives dont l'avenir, sur le label anglais Bella Union, s'annonce aussi glorieux que leurs hymnes pop sont foux-dingues. Tandis que ceux-ci passeront de la scène du Kafé, à celle plus prestigieuse du Kao, en compagnie des Rémois de Bewitched Hands, Left Lane Cruiser, là encore vu sur la scène du Kafé l'an dernier, étrennera cette fois les larsens du Sonic, fort appropriés à son blues passé à la gégène. Le Kao, toujours lui, proposera également de voir ou revoir Bernhoft, l'une des grandes révélations d'À Vaulx Jazz 2012, hallucinant multi-instrumentiste, bluesman, jazzman et soulman norvégien à la voix et au groove tout sauf nordique. Enfin, comment compléter une saison digne de ce nom, sinon par un énième concert du bon Troy Von Balthazar dont on espère qu'il nous gratifiera de son spécial : le salto avec guitare.

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Cher Watson

Pop | Ceux qui ont découvert Patrick Watson un peu par hasard l'an dernier, à Fourvière même, ont sans doute eu la curiosité et le temps de se familiariser avec la (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 11 juin 2019

Cher Watson

Ceux qui ont découvert Patrick Watson un peu par hasard l'an dernier, à Fourvière même, ont sans doute eu la curiosité et le temps de se familiariser avec la pop grandiose et planante du Canadien. Ceux qui le suivent depuis Wooden Arms, l'album qui a révélé par chez nous ce compositeur de la trempe d'un Sufjan Stevens et d'un Conor O'Brien (Villagers) ne manqueront sans doute pas la soirée proposée par la maison Fourvière. Soit la pop de Watson toute entière abandonnée aux envolées de l'Orchestre National de Lyon. On ne sait que trop pour l'avoir maintes fois constaté aux Nuits de Fourvière ce que ce genre d'accompagnement orchestral peut avoir de grandiose et d'inoubliable dans un lieu pareil (de Woodkid à Antony Hegarty (par deux fois), de Seu Jorge à... IAM) pour ne pas penser que le moment risque de s'ancrer profondément dans les souvenirs du public de ce 8 juillet. Patrick Watson avec l'O

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Dominique A : haut, bas, fragile

L'Album | Dominique A l'affirme dans l'interview qu'il nous a accordé : il a toujours été vieux. C'est pourtant vers une seconde jeunesse que le musicien de 50 (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 6 novembre 2018

Dominique A : haut, bas, fragile

Dominique A l'affirme dans l'interview qu'il nous a accordé : il a toujours été vieux. C'est pourtant vers une seconde jeunesse que le musicien de 50 ans se tourne avec La Fragilité, revenant, comme au temps de La Fossette, il y a un plus d'un quart de siècle, mais aussi de La Musique – deux de ses albums préférés – à l'intimité de sa chambre. Là où s'épanouit l'épure de l'enregistrement solitaire sur un 8-pistes en la seule compagnie d'une boîte à rythmes et, surtout, de la guitare acoustique aux nylons usés achetée au moment de La Mémoire neuve (1995). Une sorte de contre-pied à Toute Latitude, sorti au printemps et brûlant de rage électro-rock (la terreur sourde de Corps de ferme à l'abandon...). Ici, la chose éclôt en douceur avec La Poésie, écrite au lendemain de la mort de Leonard Cohen et de l'élection de Donald Trump le jour suivant, deux sacrés coups portés à la poésie du monde. Poé

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Dominique A : « les chansons phagocytent ma vie »

Chanson | À l'occasion de ses cinquante ans, Dominique Ané dit A n'a pas fait les choses à moitié avec deux albums explorant deux versants de sa palette esthétique et un livre qui retrace sa vie et son parcours en chansons. L'occasion, au moment de sa venue au Radiant et à la librairie Musicalame, de faire le point sur une riche carrière.

Stéphane Duchêne | Mardi 6 novembre 2018

Dominique A : « les chansons phagocytent ma vie »

Vous avez fêté vos 50 ans cette année. Une année particulièrement riche pour vous avec deux albums, Toute Latitude au printemps et La Fragilité cet automne, deux tournées et un livre, Ma vie en morceaux. Y-avait-il de votre part une manière de la marquer cette année d'une pierre blanche, de dresser une sorte de bilan ? Dominique A : De marquer le coup oui, de faire en sorte d'en finir avec un cycle, certaines façons de faire, un certain rythme : un disque tous les trois ans, une tournée dans la foulée. Mais un bilan non ! Ça, on me le sort à chaque album et j'en ai un peu marre (rires). De toute façon, un disque marque toujours quelque chose de l'ordre du check-up créatif. Moi, ce sont les retours des gens qui me renseignent sur mon degré de pertinence par rapport à tel ou tel projet. Vous publiez donc Ma vie en morceaux (Flammarion) dan

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Cinq concerts pour allergiques aux DJs

Circuit du jeudi | Représentatif de l'éclectisme de la programmation Nuits Sonores, le Circuit propose une volée de concerts en tous genres dans toutes les salles de l'agglo ou presque. Sélection premium.

Stéphane Duchêne | Lundi 30 avril 2018

Cinq concerts pour allergiques aux DJs

Les Filles de Illighadad C'est une énième émanation de la plus en plus riche scène berbéro-touarègue (Tinariwen, Mdou Moctar, Bombino, Group Doueh...), et d'une certaine manière pas la moindre. D'abord parce que – tout est dans le nom – il s'agit-là d'un trio féminin, mené par la flamboyante guitariste Fatou Seidi Ghali – et elles sont rares les femmes guitaristes, dans cette tradition musicale. Ensuite, parce que les Filles transcendent les carcans esthétiques de cette tradition pour les pousser vers un fascinant psychédélisme blues qu'il est urgent de découvrir. Au Marché Gare le jeudi 10 mai à 20h Kid Francescoli Cela fait une quinzaine d'années que le Marseillais Mathieu Hocine officie sous le nom de Kid Francescoli – hommage à l'ancien joueur uruguayen de l'OM. Mais pour lui, le tournant a sans doute lieu au début des années 2010 lorsqu'il rencontre l'Américaine Julia Mink

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A Place to Bury Strangers, étranges étrangers

Noise rock | Flanqué d'une nouvelle batteuse (et chanteuse), ce champion de l'évolution sonique qu'est le groupe le plus bruyant de New York, A Place to Bury Strangers revient avec Pinned, un album qui fait débat. Et toujours "un peu" de bruit.

Stéphane Duchêne | Mardi 24 avril 2018

A Place to Bury Strangers, étranges étrangers

S'il fallait matérialiser une frontière à la limite du shoegazing et du post-punk, alors les musiciens américains de A Place to Bury Strangers feraient sans doute office de garde-barrières, un pied de chaque côté de la ligne pointillée, armés de leur arsenal de pédales d'effet. Il faut donc imaginer quelque chose se baladant à l'intérieur du spectre sonique allant de My Bloody Valentine (cet amour indéfectible pour le larsen élevé au rang d'art) à Joy Division (ses relents occultes et ses rythmes au pas de l'oie) en passant par The Jesus & Mary Chain (ses nuages noirs et ses éléphants roses) et qui, sans doute à égalité ou juste en dessous des précités Valentine, peut se targuer d'être le groupe le plus généreux en décibels et le plus "acouphènogène" du circuit rock - « the loudest band in New York », sont-ils labellisés. De là à dire que le niveau sonore importe ici plus que les chansons – ce qui pourrait être reproché à tout ressortissant du mouvement ou du revival shoegazing –, il y a un pas trop sérieux pour être franchi. Au contraire, le groupe d'Oliver Ackermann est sur ce point très inventif, notamment en

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Concrete Knives : tous en cœur

Pop | Très attendu par ceux à qui leur premier album avait fait choper la danse de Saint-Gui, les irrésistibles Caennais de Concrete Knives reviennent après plus d'une décennie d'absence discographique. Et n'ont rien perdu de leur pouvoir d'attraction.

Stéphane Duchêne | Mardi 20 mars 2018

Concrete Knives : tous en cœur

Voilà six ans qu'on n'avait pas eu de nouvelles de Concrete Knives, un groupe qui à ses débuts avait tout fait très vite. Y compris taper dans l'œil – et les oreilles – de Simon Raymonde, ex-Cocteau Twins et boss en chef du label anglais Bella Union, et de pas mal de monde, nous compris. En un rien de temps, Concrete Knives s'était mis à tourner dans toute l'Europe diffusant son euphorie communicative et sa jeunesse éternelle à chaque montée sur scène, l'écosystème préféré du groupe, là même où Simon Raymonde l'avait déniché comme on trébuche sur une espèce non répertoriée. C'est qu'après avoir beaucoup tourné, s'être mis entre parenthèse pour ne pas faire comme le Grand Jojo et oublier de vivre, après s'être consacré à différents projets solo (Samba de la Muerte, Elecampane, Faroe), ce qui est une manière comme une

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Dominique Abel & Fiona Gordon : « ce qu’on fait en réalité, c’est du théâtre à l’écran »

Entretien | Clowns à l’écran et sur les planches, le duo Abel & Gordon se balade aux quatre coins de la capitale, occasion idéale pour tous les hommages et toutes les rencontres. Cartographie d’un univers partagé qui rend la réalité si triste et les pitres si beaux.

Julien Homère | Mardi 14 mars 2017

Dominique Abel & Fiona Gordon : « ce qu’on fait en réalité, c’est du théâtre à l’écran »

Avez-vous essayé de retrouver la fibre unique du réalisme poétique ? Dominique Abel : On s’inspire de ces films, même si on a trouvé nos propres lieux, qui dégagent une magie bien particulière : je pense à cette statue de la Liberté qui a été un vrai cadeau du ciel. L’idée de mettre un SDF qui plante sa tente à ses pieds, c’était chouette. On a été nourri par plusieurs styles différents, mais on adore le burlesque : Max Linder, Buster Keaton, Charlie Chaplin, Laurel et Hardy, ou les créateurs plus contemporains comme Kaurismäki. Mais nos goûts sont plus larges que ça. Emmanuelle Riva était-elle l’une de ces références ? D.A : On ne l’avait jamais vu dans un autre registre que celui du drame. Elle était très curieuse, vivante avec le rire incroyable d’une jeune fille de 14 ans. Elle faisait beaucoup de théâtre et nous, ce qu’on souhaitait, c’était de répéter pour atteindre une mécanique propre à notre jeu. À ça, e

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"Paris Pieds Nus" : recherche Martha désespérement

Et aussi | Qui aurait cru que l’ultime film d’Emmanuelle Riva, récemment disparue et abonnée aux drames intimistes, serait une farce enfantine ? Noyade, valse, Canada et Pierre Richard sont au programme de ce conte aussi déglinguant que déglingué.

Julien Homère | Mardi 7 mars 2017

Bibliothécaire dégingandée, Fiona débarque de son Canada natal pour chercher sa tante Martha dans Paris et son dédale avec l’aide de Dom, SDF loufoque et séducteur. Traversée d’une joie communicative, cette comédie raconte les péripéties de deux clowns dans toute leur grâce d’êtres inadaptés, hors des conventions sociales. Son charme provient autant de la candeur des comédiens que de ses effets de mise en scène élégants et efficaces, servant à souligner un gag ou à le révéler complètement. Il faut voir la scène où Dom s’enroule dans un câble électrique à un restaurant, suivi d’un plan avec une fourchette s’entourant de spaghettis à une table voisine pour mesurer la force de ce mélange harmonieux entre le théâtre, le cirque et le cinéma. Humanité mon amour Travellings léchés, couleurs vives, cadres fixes blindés de détails, décors vivants et travaillés, cette minutie esthétique s’accompagne d’un regard doux amer sur l’Homme et ses bassesses. Chat de gouttière sans gène, Dom n’a aucun respect pour la mort et peut ruiner l’éloge funèbre d’une d

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Dominique A, l'Horizon

MUSIQUES | Y Revenir était le titre d'un précédent livre de Dominique A, évoquant le lieu de son enfance. C'est pourtant à Lyon (ou dans ses environs) que le chanteur de (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 26 janvier 2016

Dominique A, l'Horizon

Y Revenir était le titre d'un précédent livre de Dominique A, évoquant le lieu de son enfance. C'est pourtant à Lyon (ou dans ses environs) que le chanteur de Provins revient sans cesse avec la même régularité que les saisons. Après Fourvière en juillet dernier, monsieur A vient au Radiant-Bellevue en ce 27 janvier pour présenter une nouvelle fois - mais en indoor - son superbe et lumineux Eléor, son album le plus rock depuis longtemps, paradoxalement et délicatement tapissé de cordes, sorti en même temps que son livre Regarder l'Océan et d'une certaine façon son pendant musical. Le chef de file de cette fameuse "nouvelle scène française" désormais grisonnante est toujours hanté par les voyages, fussent-ils immobiles, les départs volontiers faux et les lieux fantasmés de l'enfance ou d'un futur qui n'arrivera pas. Il faudra sans doute un jour dresser, si une telle chose est possible, une cartographie des errances de l'oeuvre anéenne aussi vaste que la terre du milieu et de ses interminables tournées comme compensatoire de ses aspirations d'éternel voyageur de l'imaginaire. SD

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Rentrée musique 2016 : anciens et modernes

MUSIQUES | Entre Polna, Neil Young, les Insus et même le retour du plus si jeune Jon Spencer (porté pâle au printemps), les aînés seront là en force en 2016. Mais la jeune garde veille et ne s'en laissera pas compter.

Stéphane Duchêne | Mardi 5 janvier 2016

Rentrée musique 2016 : anciens et modernes

Jon Spencer aime tellement nos panoramas de rentrée – il en a déjà fait la Une – qu'il parvient même à y figurer deux fois par an. On l'annonçait en septembre dernier, voilà qu'on le réannonce pour le 6 mars à l'Épicerie Moderne. Avec bonheur, puisque si nous le faisons, c'est que le trio du New-yorkais avait dû annuler à la dernière minute cet automne pour raisons de santé. Tout va mieux, donc tout va bien, et cela indique peut-être que cette année 2016 sera légèrement moins pénible que la précédente – raccrochons-nous aux branches, tant qu'il y a encore des arbres. Or des branches, même vieilles, il se trouve qu'il en repousse, en témoigne une tripotée de reformations plus ou moins récentes de groupes plus ou moins relous à l'oreille (Louise Attaque au Transbo le 29 mars, Elmer Food Beat au CCO le 6 avril) dont la palme revient bien sûr aux Insus, soit Téléphone sans fille (n'y allez pas, c'est complet) – rayon nostalgie de jeunesse, on préférera de loin se consacrer à Nada Surf, qui ne s'est jamais déformé, le 26 avril à l'Epicerie. Ah, tiens on allait oublier Polnareff

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Le blues en rase campagne de Left Lane Cruiser

MUSIQUES | C'est bien connu, l'amour est dans le pré. Mais sachez qu'on peut aussi y croiser les Left Lane Cruiser qui, comme le prouve leur musique, semblent (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 3 novembre 2015

Le blues en rase campagne de Left Lane Cruiser

C'est bien connu, l'amour est dans le pré. Mais sachez qu'on peut aussi y croiser les Left Lane Cruiser qui, comme le prouve leur musique, semblent passer leur vie en sortie de route dans les champs, mais le pick-up retourné, le nez dans une bouse, une bouteille de Miller Ice dans le fondement. Car il y a dans cette espèce de bottle-(red)-neck blues quelque chose d'irrésistiblement chavirant, comme lorsque, dans un virage trop mal engagé, la vitesse vous déporte dans le sens inverse de celui dans lequel vous vous échiniez pourtant à tourner le volant. Cette sensation est une ivresse et pourtant, au fond, on sait comment tout cela va finir. Surtout pour les Left Lane Cruiser, originaires du nord de l'Indiana mais qui semblent toujours devoir échouer quoi qu'il arrive côté sud de la bagnole, du champs et des États-Unis tout entier, comme éjectés par la force centrifuge – ou pète (plutôt pète en fait). Le tout avec une innocence désarmante qui fait de ces trois bouseux l'équivalent musical des personnages principaux du film Dale & Tucker fightent le mal. Deux adorables têtes de nœud sudistes s'y retrouvent en plein film d'horreur,

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Épicerie Moderne, Marché Gare et Trokson : 30 ans à eux trois

MUSIQUES | Hasard du calendrier, trois hauts lieux des musiques dites actuelles fêtent leur dixième anniversaire cette saison : l’Épicerie Moderne, le Marché Gare et le Trokson. Et en fanfare s'il vous plaît.

Benjamin Mialot | Mardi 22 septembre 2015

Épicerie Moderne, Marché Gare et Trokson : 30 ans à eux trois

Il est aussi vain de vouloir donner du sens à un anniversaire que de chercher à justifier un mariage : dans un cas comme dans l'autre, l'événement est surtout prétexte à faire la chouille avec les copains. Reconnaissons toutefois à l’Épicerie Moderne ses efforts : pour marquer le coup de ses dix ans d'existence, elle s'est mise en quatre pour éditer un livre et un vinyle live commémoratifs. Le premier verra le jour le 17 octobre, dans le cadre d'une journée d'animations (tatouage, photo call, papertoys...) ponctuée par un concert du brass band à tout faire The Soul Rebels. Le second sera prêt pour celui du mètre-étalon (et étalon tout court) rock Jon Spencer (voir page 4). Deux habitués des lieux verront également leurs prestations "pimpées" pour l'occasion : d'un côté les Melvins (le 2 octobre), de l'autre Patrick Watson. Les parrains malgré eux du grunge se produiront au sortir d'une dégustation de vin en compagnie des œnologues with an attitude de Wine&Noise, tandis que l'élégant songwriter baroque le fera en parallèle d'un débarras de goodies

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Musilac – Du 10 au 12 juillet – Aix-les-Bains (73)

MUSIQUES | Il est des festivals qui parviennent à concilier l'inconciliable. C'est le cas de Musilac qui, en bordure d'un lac cher à Lamartine, parvient à mélanger l'eau de l'exigence populaire et l'huile d'actes de bravoure artistiques, nécessité économique et prise de risques, David Guetta et Alt-J. Sélection pas complètement au débotté. Stéphane Duchêne

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

Musilac – Du 10 au 12 juillet – Aix-les-Bains (73)

Alt-J Dans Alt-J, le "J", se prononce "Djé" à l'anglaise, mais aussi comme dans "genius". Car c'est un peu ce qu'est le quatuor de Leeds : une bande de petits génies à laquelle il n'est pas toujours aisé d'être sensible, tant cette pop versatile est sophistiquée et trompeuse. Sournoise presque, dans sa manière de nous embarquer – incroyable morceau que Every Other Freckle sur This Is All Yours. Alt-J, c'est la confirmation en 2015 que la pop peut se compliquer la vie et avoir la folie des grandeurs, du moment qu'elle se donne les moyens de les atteindre.

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Dominique A, la force tranquille

MUSIQUES | Dominique A sera cette année l'une des têtes d'affiche de Fourvière et l'une de ses rares figures que l'on pourra qualifier de "rock". Pour son dixième album, "Eleor", classiquement beau, il n'en fallait pas moins. Pas moins non plus que "Regarder L'Océan", petit livre éclairant que Mister A vient de publier et qui, comme ses chansons, dit beaucoup en peu de mots. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 9 juin 2015

Dominique A, la force tranquille

Qualifier de classique un album de Dominique A pourrait laisser entendre qu'on a affaire à du A pur jus. Or ce n'est pas le cas d'Éléor, dont le classicisme est à évaluer au regard des standards de la chanson ou du format pop. Des titres courts où un trio rock classique donc, baigne dans des arrangements de violons enveloppants – qui succèdent ici aux cuivres du pas toujours compris Vers les lueurs – pour un résultat d'une grande simplicité et d'une grande douceur. Une certaine suavité comme le confie lui-même l'auteur de La Fossette. Cap Farvel ouvre cet album de grands espaces qui pour la plupart appellent ou évoquent le renoncement, se cristallisent dans le fantasme du voyage par procuration – Par le Canada et ses violons oniriques – ou la simple évocation des lieux – Central Otago, dont les guitares résonnent en écho à ces fascinantes syllabes du bout du monde, quelque part en Nouvelle-Zélande, suffisant à traverser le monde. Or du voyage au transport amoureux, il n'y a souvent chez A qu'un pas, comme en témoigne le sublime Au revoir mon amour, sur ces passions fugaces imaginées le temps d'un

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De nouveaux noms pour Musilac

MUSIQUES | Le festival prévu du 10 au 13 juillet à Aix-les-Bains vient d’annoncer les derniers gros artistes programmés. On fait le point.

Aurélien Martinez | Vendredi 10 avril 2015

De nouveaux noms pour Musilac

On était déjà au courant pour Christine and the Queens, The Chemical Brothers, Baxter Dury, David Guetta, The Do, Alt-J, Cerrone, Muse (complet dans le cadre du "bonus day"), Brigitte, Selah Sue… Mais l’équipe du festival en avait encore en stock. Se rajoutent au programme les indie pop The Kooks, les explosifs Français The Shoes, l’élégant Dominique A, les punks Toy Dolls ou encore les classieusement pop et toujours « ready for the floor » Hot Chip (photo). Pêle-mêle, il y aura aussi Joris Delacroix, Electric Octopus Orchestra, Prince Miiaou, Gomina, Triggerfinger, Bo Ningen, The Bohicas et Palace. La prog complète jour par jour est à découvrir ici.

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Carrefour des inclassables

MUSIQUES | Dans la catégorie de ce que nous nommerons les inclassables, plutôt que sommairement world, jazz, blues, soul, etc., on retrouvera cette saison tout un aréopage de divas plus ou moins faunes et de grands fauves plus ou moins rugissants. Autant de personnalités musicales qui en imposent dès la première note. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 23 septembre 2014

Carrefour des inclassables

Au premier rang des femmes puissantes – dont la touche à tout Meshell Ndegeocello le 14 novembre à l'Epicerie Moderne –, il y a bien sûr la reine Susheela Raman. Inclassable, cette grande habituée des salles lyonnaises (cette fois le Kao, le 17 octobre) l'est peut-être plus que n'importe qui. Avec Queen Between, elle joue justement les go-between avec des musiciens du Rajasthan et la tradition qawwalie. Même constat pour une autre reine, Rosemary Standley qui, après Birds on a Wire avec Dom La Nena l'an dernier (à redécouvrir le 3 octobre à l'Atrium et le lendemain au Toboggan), vient présenter au Théâtre de Vénissieux, le 14 novembre, A Queen of Heart, un spectacle qui a déjà pris La Bastille (l'opéra parisien) et dans lequel elle se livre à un époustouflant exercice de transformisme music-hall où se croisent Purcell, Bashung, Nina Simone et l'âge d'or d'Hollywood. Pas de quoi, sans doute, impressionner la soul-woman Sharon Jones, reine elle du label Daptone, q

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La samba sans sambas de Samba de la Muerte

MUSIQUES | Ne pas s'y tromper : cette Samba de la Muerte ne s'incarne aucunement en une samba endiablée jusqu'à ce que mort s'ensuive. Plutôt loin de là, même. Au moment où (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 15 juillet 2014

La samba sans sambas de Samba de la Muerte

Ne pas s'y tromper : cette Samba de la Muerte ne s'incarne aucunement en une samba endiablée jusqu'à ce que mort s'ensuive. Plutôt loin de là, même. Au moment où les formations les plus en vue de la pop française s'éparpillent en projets solo (il n'y a qu'à voir les Atlas Mountains faire feu de tout bois), c'est ici un Concrete Knife, sensation 2013 venue de Caen – Be Your Own King, souvenez-vous – qui s'accorde un quartier libre pour donner un peu de champ à ses élans créatifs. Loin de la pop à la fois martiale et en sucre (candide) des couteaux de béton, menée de main de maître par Nicolas Delahaye et incarnée par la lunaire Morgane Colas, Adrien Leprêtre – accompagné de Corentin Olivier (guitare), Gabriel Legeleux (percussions) et Martin Bonnet (basse) – affirme moins frontalement ses facilités. Préférant la demi-teinte et les demi-tons : mélange de folk, d'orientalisme et d'indietronica, plus atmosphérique qu'accroche-coeur ou tapageur. Et en cela, atmosphérique donc, comme les climats océaniques au contact desquels a grandi le musicien, sujet au changement, la fraîcheur laissant place au réchauffement et inversement – Bon Iver en été, qu

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C'est (pas) la même chanson

CONNAITRE | Rien de tel qu'une bonne chanson pour se replonger dans une époque et tout ce qu'elle a pu représenter pour nous, sur une échelle allant de l'intime à (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 8 février 2013

C'est (pas) la même chanson

Rien de tel qu'une bonne chanson pour se replonger dans une époque et tout ce qu'elle a pu représenter pour nous, sur une échelle allant de l'intime à l'universel. Une sorte de madeleine de Proust sans matière grasse en somme. À l'aune de ce constat, la Fête du Livre de Bron a cette année choisi d'innover en accord avec sa thématique. Lors des éditions précédentes, il était demandé à quelques auteurs de bien vouloir présenter leur(s) livre(s) de chevet : cette fois, il s'agira pour eux d'évoquer des morceaux qui les ont marqués d'une manière ou d'une autre. On verra ainsi se succéder, notamment l'après-midi du 17 février, François Bégaudeau devisant de Basket Case de Green Day, Emmanuelle Pireyre vantant les mérites comparés de quatre Lettres au Président (Vian, Renaud, Axiom, Iron Sy) ou l'historien des idées François Cusset se frottant au je-m’en-foutiste C'est comme ça des Rita Mitsouko, et l'on tentera de comprendre pourquoi Lionel Duroy a choisi La Traviata (qui rappelons-le n'est pas à proprement parler une chanson), si ce n'est pour faire son malin. Sur les liens entre littérature et musique ne pas omettre

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Si loin, tout proche

MUSIQUES | Souvent qualifié de Dominique A lyonnais depuis l'époque King Kong Vahiné, Denis Rivet souffre la comparaison mais ne s'y réduit pas. Échappé en solitaire avec le très beau mini-album "Tout Proches", ce chanteur de l'entre-deux vient d'être sélectionné pour représenter Rhône-Alpes au Printemps de Bourges. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Lundi 21 janvier 2013

Si loin, tout proche

«Dimanche, 18 heures, c'est déjà lundi / les dernières lueurs / tombent dans la nuit / dans ton cœur / il y a de la mélancolie / sur la route du fort / il y a la pluie». Rédiger un portrait de Denis Rivet un dimanche d'hiver en écoutant en boucle son Dimanche, 18h, voilà qui plonge illico dans le syndrome du dimanche soir. C'est un fait, que ce soit avec Le Bruit des Touches ou King Kong Vahiné (lauréat de feu Dandelyon en 2006), Denis Rivet, 37 ans, a toujours su mettre des mots sur ces petites sensations indéfinissables, ces impressions fugaces, ces sidérations qu'on ne saurait forcément nommer mais qui nous traversent sans cesse. Jusqu'à ce qu'un jour, un scientifique distrait se penche sur la question en trébuchant et nous invente le «syndrome du dimanche soir», «la colique d'avant piscine», ou «la boule au ventre de l'Amour qui passe». « Près des voies ferrées » Comme ce Monsieur A auquel on l'a beaucoup comparé, mais avec une patte bien à lui, preuve que la comparai

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The French Invasion

MUSIQUES | Tous à vos marinières ! Si The Bewitched Hands et Concrete Knives sonnent comme le meilleur de la pop anglo-saxonne, ils n'en sont pas moins les ambassadeurs d'une pop française dont le renouveau est un éternel recommencement. Et une arme fatale pour conquérir le monde. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mercredi 21 novembre 2012

The French Invasion

Il fut une époque où la pop des régions (on n'a plus le droit de dire « provinciale », ça fait parigot) avait pour épicentres Toulouse ou Rennes. Nancy fut également un temps à la pointe, on en a encore la preuve la semaine prochaine avec le retour de Kas Product – improbable créature américano-lorraine qui fit danser jusqu'outre-Manche. Puis Clermont-Ferrand plus récemment, dans le sillage de la Coopérative de Mai. Si l'on devait aujourd'hui distinguer les deux places to be en matière de musique de jeunes, nul doute que Reims et la Basse-Normandie (Caen et ses environs) sortiraient haut la main du chapeau.   D'un côté, The Shoes ou Yuksek, Alb, The Film ou Brodinski ont déjà fait des dégâts aussi bien dans la presse que sur les dancefloors ou, comme disait Coluche, « dans les milieux autorisés ».   De l'autre, le bocage normand est actuellement en train d'accoucher d'une ribambelle de formations toutes plus sexys et créatives les unes que les autres (Lanskies, Chocolate Donuts, Da Brasilians, Jesus C

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The Wedding Present

MUSIQUES | Rares sont les groupes qui comme The Wedding Present n'ont, en près de 20 ans d'existence – en soustrayant le hiatus 1996-2005 –, quasiment jamais pu être (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 5 octobre 2012

The Wedding Present

Rares sont les groupes qui comme The Wedding Present n'ont, en près de 20 ans d'existence – en soustrayant le hiatus 1996-2005 –, quasiment jamais pu être pris en défaut. Y compris sur leur production tardive. Car oui, en 2012, The Wedding Present continue de sortir de foutus bons albums, comme si le temps n'avait pas de prise sur son leader David Gedge. Fut-ce le cas, que ce serait en l'occurrence tout à fait anecdotique puisque la formation de Leeds – remaniée depuis le temps – vient tout exprès au Marché Gare le 13 octobre pour, comme c'est un peu la tendance, jouer l'un de ses albums mythiques. C'eut pu être George Best, leur disque inaugural, ou Bizarro, le suivant, ou n'importe quel autre ; ce sera le troisième, Seamonsters (1991) – que les fans identifient comme «l'album avec des titres de chansons en un mot», à rebours de certains intitulés à rallonge de Gedge. La particularité de Seamonsters : avoir été enregistré à Minneapolis par Steve Albini. L'autre particularité : ça ne s'entend pas, ou peu. The Wedding Present y sonne comme du Wedding Present : guitares acérées, rythmique qui court derrière un train, voix façon Ian Curti

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High Cool Musical

MUSIQUES | Qui a eu cette idée folle, un jour d'inventer School is Cool ? Une bande de jeunes anversois aux ambitions musicales démesurées, déjà prophète en son pays et qui pourrait bien faire office de révélation musicale de l'année dans pas mal d'autres contrées.

Stéphane Duchêne | Mardi 2 octobre 2012

High Cool Musical

Si l'on sait pertinemment, à force de l'entendre, que « La montagne ça vous gagne ! » ou que « le cheval c'est génial !», on n'a en revanche encore trouvé personne, de quelque côté de l'estrade que ce soit, pour affirmer qu'« A l'école qu'est-ce qu'on rigole ! ». Surtout en cette période où l'on voit défiler sur les plateaux télés des chapelets de profs qui, en guise de goûter, ont mangé du bourre-pif à la récré.   Fort heureusement, dès qu'il est question de prendre les chose à la « cool », il y a la Belgique : un pays, berceau du surréalisme, passé maître dans l'art de l'autogestion humoristique et de la dérision. C'est là qu'est né un groupe dont le seul nom, School is Cool – choisi un peu par défaut et parce que ça sonne bien –, nous redonne à lui tout seul foi en l'institution scolaire. Et musicale.   Car la pop du quatuor ne fait rien d'autre que de mettre un bon coup de tatane dans la fourmilière rock d'Outre-quiévrain.   Au point q

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Françoiz, Dom et les autres : le best-of

MUSIQUES | Le Twenty-Two Bar (1995) avec Dominique A C'est elle qu'on aperçoit au premier plan de la pochette de La Mémoire Neuve. La fille avec la grosse guitare du (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 27 septembre 2012

Françoiz, Dom et les autres : le best-of

Le Twenty-Two Bar (1995) avec Dominique A C'est elle qu'on aperçoit au premier plan de la pochette de La Mémoire Neuve. La fille avec la grosse guitare du clip qui révéla Dominique A au grand public, c'est elle aussi. Le climax d'une fructueuse relation musicale (et un temps amoureuse) avec un Monsieur A qui la poussera vers une carrière solo. Dominique A - Le Twenty-two bar par DominiqueA-Official Ballad of Cable Hogue (2002) et Keeper of the Flame (2012) avec CalexicoSur le live World drifts in, elle chante les couplets en Français du titre phare de Calexico. Elle y reprend aussi Si tu disais en duo avec Joey Burns, qui lui rendra la pareille sur un titre d'Un

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A cœur ouvert

MUSIQUES | Quatre ans après A l'Aveuglette, Françoiz Breut est de retour avec "La Chirurgie des Sentiments" et un concert à l'Epicerie Moderne. À cette occasion, elle se confie de bon cœur sur ce disque du changement dans la continuité. Et sur le reste : la musique, l'écriture, la vie, Bruxelles... Texte et entretiens: Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Jeudi 27 septembre 2012

A cœur ouvert

La Chirurgie des sentiments est un titre qui pourrait facilement résumer votre discographie...Françoiz Breut : Sans doute parce que je continue d'y décortiquer le sentiment amoureux. Mais j'y parle aussi de plein d'autres choses (rires). Je travaille un peu par phases : les idées arrivent et d'autres par-dessus, puis elles reviennent. Je construis mes textes et mes albums à partir de cette succession d'idées. Quant à la chanson qui donne son titre à l'album, elle parle du fait qu'on a beau essayer d'être rationnel, le cœur est toujours là qui nous fait faire des choses auxquelles on n'aurait pas forcément pensé. Et c'est très bien, parce qu'au fond, on en a besoin. Le premier titre de l'album, BXL Bleuette, est consacré à Bruxelles, où vous vivez. L'amour des villes, la géographie, le voyage, c'est une autre constante de votre œuvre...C'est vrai : depuis le premier disque, je suis passée par Tarifa, par Portsmouth, par Dunkerque. J'ai aussi parlé des villes en général dan

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Le Blues de la rentrée

MUSIQUES | En cette rentrée musicale, Lyon a, comme tout un chacun, le blues. Sauf qu'en l'espèce, c'est plutôt très bon signe et annonciateur d'un automne riche en fibre musicale. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 13 septembre 2012

Le Blues de la rentrée

Inutile de présenter le blues du dimanche soir, c'est une réalité identifiée (quasi) scientifiquement. On sait d'ailleurs depuis cet été – en tout cas, pour ce que ça vaut, un sondage l'a montré – que le blues du dimanche soir commence en réalité le dimanche... matin pour atteindre un pic vers 16h13 – la science est implacable et précise comme une Rolex. Prenons donc ce phénomène et multiplions-le par la racine carrée de la rentrée scolaire, que multiplie la nostalgie d'un été doré, moins les bouchons et les marmots qui braillent à l'arrière du Kangoo, plus l'arrivée imminente de l'automne, et la perspective d'un dimanche après-midi de novembre devant Michel Drucker, et vous obtenez une sorte de super blues du dimanche soir : le blues de la rentrée. Avec ceci de spécifique qu'il peut – cela a été établi par nos soins à l'aide d'une savante approximation – durer jusqu'à Noël. Talk about the blues Car même si l'on s'en tient à un strict point de vue musical, notre rentrée 2012, «elle vient de là, elle vient du blues», comme dit notre poète national. Ça a même commencé très fort le 4 septembre dernier, le jour même de la rentrée scolaire (comment

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Deux pour le prix d'A

MUSIQUES | Si l'on devait écrire une histoire capillaire et musicale de Dominique A, on dirait que sa musique s'est déployée au fil des ans à mesure que ses cheveux (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 8 juin 2012

Deux pour le prix d'A

Si l'on devait écrire une histoire capillaire et musicale de Dominique A, on dirait que sa musique s'est déployée au fil des ans à mesure que ses cheveux s'amenuisaient sur son crâne. L'enfant de Provins s'est également un peu épaissi, de même que son talent musical et sa tessiture vocale, mais au fond, l'auteur de La Fossette, cet album fondateur d'une «autre chanson française», au minimalisme sec comme un coup de trique et qui fête ses vingt ans cette année, est bien le même que celui de Vers les lueurs, son splendide dernier album. Tout juste sera-t-il passé en vingt ans par tous les états de lui-même. Comme si le chemin musical parcouru entre les deux était de ces voyages immobiles (mais pas immobilistes) qui mènent très loin. C'est la bonne idée de ce petit jeu auquel va s'adonner Monsieur A sur la scène du Théâtre antique de Fourvière. L'ancien Dominique A – en réalité celui d'aujourd'hui, puisqu'il ne sera fait aucun usage d'hologramme – y jouera en première partie une relecture de La Fossette (qui contient quelques-uns de ses plus beaux titres comme Va-t'en, Les Habi

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Fortichimmo

MUSIQUES | Très orientée «nouveaux talents» en plus de quelques valeurs sûres, Fort en Jazz joue cette année la politique de l'offre rafraîchissante et du talent juvénile qui transpire par tous les pores du jazz et de ses dérivés. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 31 mai 2012

Fortichimmo

Allez, avouez – faute avouée à moitié pardonnée comme disait mémé avant de nous coller une gifle au lieu de deux – quand on vous dit pianiste d'origine arménienne à Fort en Jazz, vous pensez immédiatement : André Manoukian. N'ayez pas honte, cela a également été notre cas. Eh bien si vous passez faire un petit tour à Francheville à l'occasion de Fort en Jazz, vous en ressortirez grandi en terme de «moi je connais un pianiste d'origine arménienne qui déchire, je peux te dire que c'est une autre came que Dédé Manoukian (qui pourtant n'est pas manchot)». Car oui, le Tigran Hamasyan dont il est question est un peu une bête de pianiste. Qui en plus, enfonce une autre idée reçue trop tenace selon laquelle le piano-jazz serait chiant à mourir (et Michel Petrucciani, il est pas mort peut-être ?). À même pas 25 ans, le jeune Tigran, passé par le Thelonious Monk Institute of Jazz et l'université de South California a remporté tout ce que le monde du jazz compte de prix et fait le tour du monde, quand d'autres peinent, à cet âge, à faire le tour du quartier. Avec son savant mélange de folklore arménien et de jazz, ce fan de rock ouvrira Fort en Jazz en conclusion d'une rés

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Oh comment certains vivent

CONNAITRE | Avant de venir enchanter les Nuits de Fourvière en célébrant vingt d’une carrière rare (de La Fossette à Vers les lueurs) le 18 juin, Dominique A fera halte à (...)

Nadja Pobel | Jeudi 26 avril 2012

Oh comment certains vivent

Avant de venir enchanter les Nuits de Fourvière en célébrant vingt d’une carrière rare (de La Fossette à Vers les lueurs) le 18 juin, Dominique A fera halte à libraire Passages jeudi 3 mai. Le chanteur vient de coucher sur papier son enfance et retrouve du même coup son patronyme, Ané. Souvent considéré comme nantais, Dominique A revient à sa source, Provins, sa ville natale de Seine-et-Marne, dans Y revenir, opuscule simple de 90 pages édité dans la collection La Forêt dirigée par Brigitte Giraud chez Stock. Jusqu’à 15 ans, il fut un garçon discret dans une ville muette qu’il ne ménage pas «C’est la ville de l’immuable (…). Le maire est de ceux qui nous gouvernent depuis la nuit des temps, telle une malédiction dont on ne verrait jamais le bout». Il parle de sa cité comme Bruno Dumont avait filmé Bailleul dans La Vie de Jésus (le mysticisme en moins) : avec un dégoût qui n’a d’égal que sa joie d’avoir mis les voiles. Dominique A prolonge ici sa chanson Rue des Marais (album

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Bonnes étoiles à Fourvière

CONNAITRE | Et voici la programmation complète (ou presque, tant elle est riche) des Nuits de Fourvière 2012 ! Certains événements étaient déjà connus, mais s’y ajoutent d’excellentes surprises, qu’elles soient musicales ou théâtrales… Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 26 mars 2012

Bonnes étoiles à Fourvière

Les fuites ayant été nombreuses cette année (mais comment, à l’heure d’internet, garder sous cloche pendant trois mois les dates de tournée d’artistes que leurs fans observent comme le lait sur feu ?), on savait déjà que Les Nuits de Fourvière 2012 allaient envoyer du lourd. Cela faisait un bail que les organisateurs rêvaient d’accueillir Björk (le 30 juin), et ce sera donc chose faite cette année, après le lancement (passé un peu inaperçu) de son album concept multimédia Biophilia. Rêve aussi avec la reformation des Stone Roses (le 25 juin), groupe culte de la brit-pop flamboyante des années 90, dont le concert s’est inscrit in extremis dans la programmation. Enfin, retour en force de Bartabas, certes un habitué du festival, mais avec une de ses productions XXL, Calacas, où les cavaliers célèbrent la fête des morts mexicaine déguisés en squelettes sur leurs toujours impressionnantes montures (du 11 juin au 17 juillet au Parc de Parilly). Mais tout cela, on le savait déjà, donc. De A à Ben En revanche, deux poids lourds s’ajoutent à la liste : Ben Harper (le 17 juillet

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Southern (in)confort

MUSIQUES | Jamais avare de surprise en ce qui concerne ses concerts «coups de cœur» le Kafé ajuste son concept en concert «coups de boule», suivi d'un tabassage au (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 9 février 2012

Southern (in)confort

Jamais avare de surprise en ce qui concerne ses concerts «coups de cœur» le Kafé ajuste son concept en concert «coups de boule», suivi d'un tabassage au tesson de bouteille sous des néons clignotants façon Titty Twister (le bar à vampires d'Une Nuit en enfer) ou Double Deuce (le dancing bourre-pif de Road House). En lieu et place des Buffalo Killers promis, des remplaçants de choix : les Left Lane Cruiser, estampillés hillbilly punk blues. Autant dire que ça fleure bon le redneck consanguin prêt à vous découper au fond de sa cave au nom du Christ ou du Southern Comfort, le célèbre rince-cochon local, hautement inflammable. Left Lane Cruiser ou le genre de musique jouée pied au plancher – sur la pedal steel – en roulant à gauche. Non pas parce qu'on aurait adopté les mœurs de conduite anglaises mais parce qu

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A couteaux tirés

MUSIQUES | Même amputé de son Kao, le Ninkasi a toujours du cœur. Et donc les « coups » qui vont avec et viennent régulièrement frapper à la porte du Kafé.Dernier en date : (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 23 septembre 2011

A couteaux tirés

Même amputé de son Kao, le Ninkasi a toujours du cœur. Et donc les « coups » qui vont avec et viennent régulièrement frapper à la porte du Kafé.Dernier en date : un jeune groupe de Caen nommé Concrete Knives. Bizarre : allez donc couper quelque chose avec un « couteau en béton » à part peut-être des cheveux en quatre. C'est tout le paradoxe de ce groupe dont la raideur rythmique tranche comme une lame japonaise. Pour le reste, c'est tout en élasticité joyeuse que ce quintette étale sa culture musicale sur une tartine pop-punk qui tombe toujours du bon côté. Découverte du Printemps de Bourges, on se permettra néanmoins de signaler que la sélection de Concrete Knives par l'antenne Basse-Normandie est une erreur. C'est un passeport new-yorkais, tendance brooklynite, qu'agite leur musique, aspirant Vampire Weekend aux accents panafrico-paulsimoniens (période Graceland, bénie soit-elle) comme sur Brand New Start ; Yeasayers compulsifs à la positivité contagieuse ; Animal Collectif où le chant se pratique en choeur dans le sillage de la sémillante Morgane Colas, seule fille du groupe mais visiblement porteuse de la culotte et du culot général. Chez les Concret

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A découvrir absolument

MUSIQUES | Cette belle saison automnale qui s'annonce sera aussi l'occasion de découvrir une flopée de nouveaux talents venus d'un peu partout — et même de Lyon. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 15 septembre 2011

A découvrir absolument

Dans le calendrier musical c'est souvent à l'automne, saison du renouveau de la programmation, que viennent fleurir les nouvelles plantes. Le parfum de nouveauté, les effluves de talent, la promesse d'une renommée et, souvent, le succès d'un disque, viennent chatouiller les narines (et les oreilles) du programmateur averti, qui souvent en vaut deux. Ainsi fait-on déjà, sans doute, de Selah Sue une sorte d'Amy Winehouse flamande (et surtout vivante). Il faut dire que la jeune Belge (22 ans et donc encore en course pour le club des 27, ouf !) a le cheveu blond comme la bière, la voix amère comme le picon et le disque (déjà) de platine. À ce niveau là, on ne peut plus guère parler de découverte, mais sur une scène lyonnaise, le Transbordeur le 4 novembre, c'en sera une. Non loin de là, en Wallonie, le Ninkasi, toujours sous le coup d'un «Coup de cœur», est allé nous dénicher Applause, preuve que la pop belge est décidément fertile en talents. En revenant, les gens de Gerland sont passés chercher les excellents Concrete Knives, que la fièvre de la pop afrophile à la Vampire Week-end est allée saisir du côté de Caen. Voilà deux groupes dont on devrait reparler, ces derniers repas

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La Fée

ECRANS | De et avec Dominique Abel, Fiona Gordon, Bruno Romy (Fr-Belg, 1h33)

Dorotée Aznar | Mercredi 7 septembre 2011

La Fée

Y a-t-il un axe cinématographique franco-européen dont le port d’attache serait Le Havre ? Avant le film de Kaurismaki, c’est le trio Abel, Gordon et Romy qui y a posé sa caméra, avec des idées assez similaires et des références communes (Jacques Tati, ombre écrasante). Ici, un gardien de nuit apathique rencontre une fée qui lui propose d’exaucer trois vœux. Le garçon, ayant aussi peu d’idées que d’idéaux, demande une nouvelle bécane et de l’essence à volonté. Quant au troisième vœux, infiniment repoussé, il devient le gimmick principal des (rares) dialogues du film. Les trois réalisateurs-acteurs déballent donc leur habituel folklore poétique très «arts de la rue», qui atteint ici une laideur visuelle consternante. Le ballet aquatique ou la poursuite finale, par exemple, représentent une certaine idée du j’men-foutisme esthétique, où le bricolage devient une excuse à l’incapacité à créer de l’illusion. Plus ennuyeux encore : la manière dont ils font rentrer au chausse-pied la politique dans leur bazar, et notamment la question des sans-papiers. Quelque chose ne colle pas entre la naïveté agressive de leur univers et leur prétention à aborder, avec la même nonchalance, des sujet

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Musique - The Ex & Brass Unbound

MUSIQUES | Pas une saison lyonnaise ne se passe sans que The Ex ne viennent balancer à Lyon son jazz-punk de batave. Et se livrer à tout un tas d'hybridations (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 25 août 2011

Musique - The Ex & Brass Unbound

Pas une saison lyonnaise ne se passe sans que The Ex ne viennent balancer à Lyon son jazz-punk de batave. Et se livrer à tout un tas d'hybridations musicales plus improbables les unes que les autres. La (les) dernière(s) fois, c'était avec l'imprononçable éthio-jazzeux Getatchew Mekuria. Cette fois, c'est avec le Brass Unbound, quatuor de cuivres déchaînés comme son nom l'indique, que The Ex a l'honneur officieux d'ouvrir une saison musicale lyonnaise qui s'annonce riche en artistes cultes. Au vu des concerts déjà donnés par les deux formations, l'accouplement est plutôt détonnant. Une initiative Grrrnd Zero qui pour l'occasion se délocalise et vient «Clacsoner» à Oullins. SD

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Insidious

ECRANS | James Wan applique le principe du «less is more» dans ce remarquable film d’épouvante à l’ancienne qui rappelle opportunément l’objectif du genre : faire peur ! Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 7 juin 2011

Insidious

Révélé grâce à un film de vidéoclub opportuniste ayant ensuite connu une exploitation agressivement commerciale (Saw), James Wan aurait pu capitaliser sur ce succès et jouer les mercenaires au sein des studios. Avec une intégrité devenue rare, il a choisi au contraire de rester fidèle à une économie modeste, travaillant avec une ambition tout sauf dérisoire le cinéma de genre comme un territoire où tout n’a pas encore été montré et où le premier degré est indispensable pour susciter des émotions fortes. Après le film fantastique (Dead silence) et le film d’autodéfense (Death sentence), Wan situe Insidious à cheval entre le film de possession et le récit de maison hantée ; il y dépeint une gentille famille américaine qui s’installe dans sa nouvelle demeure. Après quelques alertes — un grenier inquiétant, des apparitions flippantes — Dalton, l’aîné des trois enfants, tombe dans le coma, et la mère est persuadée qu’une force maléfique cherche à s’emparer de son corps — le père est plus sceptique. Le reste de l’intrigue est riche en retournements de situations et climax terrifiants que Wan orchestre avec un indéniable savoir-faire.

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Le temps de Deerhoof

MUSIQUES | Musique / Quel est le point commun entre l'évangéliste pop Sufjan Stevens, les trublions électro-glam de Of Montreal, les post-rockeurs acétiques de Thee (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 15 avril 2011

Le temps de Deerhoof

Musique / Quel est le point commun entre l'évangéliste pop Sufjan Stevens, les trublions électro-glam de Of Montreal, les post-rockeurs acétiques de Thee Silver Mt. Zion et les folkeux transis de Grizzly Bear ? Ils ont tous, comme bien d'autres sommités contemporaines de la musique indépendante, avoué compter parmi leurs influences Deerhoof, quatuor californien aussi révéré par ses pairs qu'il est méconnu du grand public. Ce n'est pas faute d'avoir mené une carrière exemplaire, longue de dix-sept années et riche de onze albums à nuls autres pareils. Qu'y entend-on ? Peu ou presque la même chose que si les indémodables bruitistes de Sonic Youth enregistraient des comptines pour enfants, ou que si l'on mettait de la guimauve dans une bétonneuse. Soit un rock tour à tour noisy et arty, improvisé et géométrique, radical et entêtant, furieux et kawaï, mélodique et dissonant, inouï et familier, dont les seules constantes ont pour nom Greg Saunier et Satomi Matsuzaki. Respectivement batteur à l'intensité suprasensible et bassiste-chanteuse magnifiquement inexpressive, ils sont les pô

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Mariage d'amour

MUSIQUES | Rock / Avec la fin de la fiscalité romantique, mariage ne rime plus avec réduction d'impôts, c'est bête mais après tout les caisses sont vides. Fort (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 22 octobre 2010

Mariage d'amour

Rock / Avec la fin de la fiscalité romantique, mariage ne rime plus avec réduction d'impôts, c'est bête mais après tout les caisses sont vides. Fort heureusement, il reste une autre bonne raison de convoler : le cadeau de mariage, qu'on met sur une liste où s'étalent des tas d'objets inutiles. L'avantage de The Wedding Present est qu'il n'est point n'est besoin de se passer la corde au cou pour en profiter. Et qu'il s'étale, lui, sur la liste d'une poignée de groupes indispensables. Certes, pas dans la catégorie la plus glorieuse ou la plus voyante, genre meilleur groupe de rock du monde, bête de stade ou machine à tubes, plutôt dans celle des groupes de l'ombre mais qui une fois adoptés font à jamais partie de notre entourage musical. Il y a donc les groupes qu'on adore et dont on se lasse, et ceux qu'on aime pour toujours. C'est un peu comme pour les amis, en quelque sorte. À ce sujet, The Wedding Present a d'ailleurs un jour écrit une chanson post-punk immortelle, dont on aurait pu faire cyniquement un hymne pour Facebook ou Copains d'avant et qui a pour titre : "You should always keep in touch with your friends". Une chanson sur l'enfance, qui ressemble à ces courses folles des

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Ligne de crête

MUSIQUES | Musique / Dans l'histoire du punk, The Exploited a apporté une pierre non négligeable et hautement symbolique à l'édifice destroy : la crête iroquoise. C'est en (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 30 avril 2010

Ligne de crête

Musique / Dans l'histoire du punk, The Exploited a apporté une pierre non négligeable et hautement symbolique à l'édifice destroy : la crête iroquoise. C'est en en effet son chanteur Wattie Buchan qui fut le premier à porter ce signe distinctif de choix du keupon en goguette, qui a depuis fait le bonheur des directeur marketing des marques de gel fixant. Bien que formé en 1979, le groupe, et la proverbiale crête de coq, appartiennent à ce que l'on nomme généralement la deuxième vague du punk, celle des années 80. Le premier album du groupe écossais, baptisé "Punk's not dead", entend d'ailleurs affirmer que le punk, dont le courant inaugural a préféré se glisser dans les habits noirs de la new wave, est encore d'actualité. Et pour cause : ce second mouvement se pose moins en révolution esthétique teintée de situationnisme bébête qu'en soubresaut véritablement politique. Viscéralement prolétaire, il se veut le héraut de la gauche radicale contre les dégâts du libéralisme thatchérien et entend redonner au punk une vocation qu'il avait un peu vite oubliée : s'afficher comme le mouvement musical de la rébellion et de la classe ouvrière. Tout cela on le retrouve dans la façon de jouer du

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Un bon chanteur vivant

MUSIQUES | Après un double album magnifique qui le replace tout en haut du rock français, Dominique A repart en tournée — arrêt local à L’Épicerie moderne vendredi 13 novembre. L’occasion de dire, encore et toujours, l’importance d’un artiste intègre et essentiel. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 5 novembre 2009

Un bon chanteur vivant

Avec la sortie de La Musique, double album qui ne disait pas son nom — La Matière, le deuxième disque, n’est officiellement qu’un simple bonus du premier ! on a pu dire de nouveau à quel point Dominique A est un immense artiste. Fini le temps où l’on se forçait pour cacher nos réserves face à Tout sera comme avant (tentative bancale de «grand album» à la fois novateur et populaire) ou L’Horizon (et son petit goût d’inachevé). Plus besoin de sortir l’argument kubrickien du «on ne peut qu’être déçu», en regard des sommets qu’étaient La Fossette, Remué et Auguri. La Musique est un disque fulgurant, cohérent et passionnant de bout en bout, 24 chansons qui remettent leur auteur à leur juste place : au sommet. Pour arriver à ce résultat impeccable, Dominique A a d’abord fait table rase pour retrouver la simplicité de ses débuts : il l’a enregistré seul, comme au temps de La Fossette. À l’origine Pourtant, l’album est loin d’être minimaliste ; La Musique porte l’empreinte de toutes les aventures musicales traversées en quinze ans. Ainsi, La Fin d’un monde

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Le club des Ex

MUSIQUES | Musique / Légende de l’underground et d’une guérilla rock politiquement très engagée, les punks hollandais de The Ex ont tout autant œuvré sur le front de l’exploration musicale. À l’occasion des 30 ans du groupe, bougies et étincelles seront de rigueur à l’Epicerie Moderne. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 5 mars 2009

Le club des Ex

C’est l’an dernier, après 29 ans de mariage, que GW Sok, chanteur de The Ex en peine de motivation, a décidé de se retirer pour se consacrer entre autres à l’écriture. Le groupe fête donc sans lui cette année ses 30 ans et près de 1400 concerts de «trance-dance avant-afro-punk improv music». Une étiquette à rallonge qui traduit la difficulté de ranger la formation d’Amsterdam dans une case musicale. Ainsi que les aspirations diverses qui ont sans cesse agité sa musique, au gré notamment de collaborations de tous horizons. Si bien que The Ex, sans doute baptisé ainsi comme une prémonition de ses incessants changements de personnel, a beau être né punk, et donc anarchiste, l’engagement politique du groupe a été le seul à traverser les âges sans prendre une ride. Un engagement sans concession qui annonce la couleur dès Disturbing Domestic Peace (1979) et verra The Ex soutenir la guérilla salvadorienne face aux escadrons de la mort en 1981 avec l’album Weapons for El Salvador. De quoi faire passer Joe Strummer et le Clash pour une bande d’amateurs. Vers l’EthiopieEn réalité, c’est une bonne partie de la discographie du groupe, évidemment longue comme le bras (levé), qui se

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Mellano, l’homme de l’ombre

MUSIQUES | Musique / Aux côtés des plus grands (Miossec, Dominique A.) et des plus prometteurs (Psykick Lyrikah, Laetitia Shériff), à la barre de projets personnels, du ciné-concert à la musique contemporaine, Olivier Mellano est une figure discrète et centrale du rock français. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 7 janvier 2009

Mellano, l’homme de l’ombre

Peu de gens connaissent le nom d’Olivier Mellano. Cette affirmation simple et avérée est déjà un petit scandale tant il est impossible, pour qui aime un tant soi peu la musique, de l’avoir croisé sur une pochette de disque. Mais Mellano est de ces personnages qui se glissent partout, apparaissant là où on ne les attend pas, s’activant sur tous les fronts, pour lui comme pour les autres, cheville ouvrière d’un rock français qui a élevé la curiosité au rang de profession de foi. À son arrivée à Rennes à la fin des années 80, il fait partie des créateurs du label Rrose Sélavy (d’après le pseudo de Marcel Duchamp, Julien Doré n’a donc rien inventé !), emblématique du bouillonnement créatif qui s’empare de la scène musicale indépendante à l’époque, à l’Ouest tout particulièrement. À l’arrière des BerlinesS’il possède une formation de violoniste classique, c’est surtout la guitare, qu’il apprend seul en écoutant les groupes new-wave du moment, qui va lui mettre le pied à l’étrier musical. «Le fait de jouer sur des disques dans ma chambre m’a donné la vraie base», commente-t-il. Alors qu’il anime des groupes qu’il qualifie lui-même de «confidentiels», Olivier Mellano va faire

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Dominique A Un bon chanteur mort

CONNAITRE | La machine à cailloux

Christophe Chabert | Samedi 8 novembre 2008

Dominique A
Un bon chanteur mort

Dans cette collection qui donne la parole à des chanteurs français ayant des choses à dire le temps d’un livre guère plus long qu’un album, l’ouvrage de Dominique A était très attendu. Et s’il surprend, il ne déçoit pas. Le bon chanteur mort du titre, c’est lui parmi d’autres, dans la perspective mélancolique où une œuvre ne sera jamais évaluable qu’une fois son créateur passé de vie à trépas. Mais plus encore, Dominique A pense que certains artistes semblaient morts de leur vivant, qu’ils chantaient «comme s’ils n’étaient plus parmi nous». En écho à cette réflexion centrale, tout le livre paraît écrit comme un étrange requiem : retour aux premières émotions musicales, à l’enfance, aux premières démos (précoces), à l’adolescence, au premier album (le minimaliste et inoubliable La Fossette)… Ces fragments sont ponctués par un regard détaché, presque extérieur, sur sa manière d’écrire, le travail en studio, les concerts. Écrit avec une langue qui elle aussi à l’air de sortir d’un ailleurs intemporel (les «oui-da» sonnent comme une provocation au jeunisme ambiant), Un bon chanteur mort se termine sur un paradoxe : l’originalité ne naît pas forcément des gens qui se veulent orig

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DEERHOOF

MUSIQUES | Offend Maggie Kill rockstars

Christophe Chabert | Dimanche 12 octobre 2008

DEERHOOF

Groupe culte à la discographie impressionnante (un album par an depuis presque une décennie), Deerhoof mérite vraiment de sortir de l’underground dans lequel il est encore trop confiné. Il est vrai que là où un groupe comme Blonde Redhead, avec qui ces Américains partagent plus d’un point commun, a fait quelques malheureuses concessions commerciales ces derniers temps, Deerhoof a su rester fidèle à sa ligne — malgré de fréquents changements de personnel : un rock brut aux accents bruitistes et presque punk, mais toujours obnubilé par les mélodies. Les morceaux sont littéralement enchantés par la voix de lolita de sa chanteuse Japonaise Satomi Matsuzaki. Ce décalage joliment orchestré entre un son plutôt déglingué et cette feinte innocence n’est d’ailleurs pas sans rappeler l’esprit des mangas, aux dessins acidulés et aux thèmes érotiques et violents. Offend Maggie, à l’inverse, cherche l’offense en refusant les compositions linéaires et les schémas simplistes. Le groupe multiplie les distorsions et distille un succulent poison : on ne sait jamais ce qui peut se profiler au détour d’une chanson, rengaine candide (Basket ball get your groove back) ou rêverie bizarre (This is god spea

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Rumba

ECRANS | de et avec Dominique Abel, Fiona Gordon, Bruno Romy (Fr-Belg, 1h17) avec Philippe Martz…

Dorotée Aznar | Jeudi 4 septembre 2008

Rumba

Fiona Gordon et Dominique Abel, flanqués du fidèle comparse Bruno Romy, poursuivent après L’Iceberg leur exploration de la poésie ludique, entre la chaleur humaine de Buster Keaton et l’hilarante froideur des meilleurs Kaurismaki. Cette fois-ci, le trio nous conte une histoire d’amour perturbée par une amnésie inopportune, sur fond de danse latino. Reprenant à leur compte cinématographique quelques figures imposées du clown et du théâtre de rue, ils installent une mécanique narrative fondée en grande partie sur le comique de répétition – ce qui ne manquera pas de rebuter les spectateurs les moins patients. En dépit d’une durée lapidaire, Rumba choisit en effet de prendre son temps, de fonctionner par plans séquence étirés à l’extrême. Une fois ces partis pris assimilés, il faut se laisser porter par la dynamique à part de ce couple d’Auguste pour savourer pleinement cet OVNI. FC

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Watson toujours deux fois

MUSIQUES | Sa date à la Marquise en novembre dernier ayant vite affiché complet, beaucoup ont sans doute loupé la première apparition lyonnaise du Canadien Patrick (...)

Dorotée Aznar | Jeudi 6 mars 2008

Watson toujours deux fois

Sa date à la Marquise en novembre dernier ayant vite affiché complet, beaucoup ont sans doute loupé la première apparition lyonnaise du Canadien Patrick Watson. Bonne nouvelle, l’auteur du très beau Close to Paradise, l’un des bijoux pop de l’an dernier, remet le couvert le 18 mars au Kao qui rappelons-le compte suffisamment de places pour y traîner famille et amis. Les absents n’auront donc «pas d’bon sens».

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