Missile solaire

MUSIQUES | Toujours aussi affûté dans sa politique d'import/export (d'import surtout), le Kafé nous dégoupille cette semaine Monogrenade. Une bombe québécoise lancée très haut et qui ne devrait pas tarder à exploser. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mercredi 24 octobre 2012

Quand un groupe a pour leaders un type nommé Jean-Michel Pigeon (précisons, pour ceux qui auraient suivi l'actualité médicale de ces dernières semaines, qu'il n'est pas médecin) et une fille baptisée Martine Houle, on ne peut que se laisser avoir et/ou emporter.

 

En tant que groupe québécois aux paroles saugrenues – visiblement une marque de fabrique locale – et aux ambiances à l'avenant, Monogrenade est le digne héritier d'un groupe comme Malajube – filiation évidente sur De toute façon. En moins farfelu tout de même, malgré cet aveu :« de toute façon, nous on fait les cons ». Et sans doute, ce n'est pas un vain mot, en plus musicalement ambitieux.

 

On pourrait tout aussi bien, sur certains morceaux les qualifier d'Arcade Fire francophone pour ces morceaux aux structures complexes, cavalantes et volontiers dissonantes. Il y a des cordes tantôt mélancoliques – comme sur L'araignée ou le morceau final, La Fissure très Tindersticks dans leurs arrangements – tantôt un peu folles, et des rythmiques qui le sont tout autant. Des montées en mayonnaise comme les aiment tant les Canadiens, école Constellation (Godspeed You ! Black Emperor & co) et, ça va avec, quelques accalmies non dépourvues d'un lyrisme qui annonce toujours, d'une manière ou d'une autre, la tempête (viendra-t-elle ou non ?), comme sur le splendide D'un autre œil.

 

Tantale

Difficile d'ailleurs de ne pas trouver un morceau splendide sur le mal nommé Tantale – qui s'essaie même sur le titre éponyme ou sur Obsolète à cette électro hip-popisante et mange-cervelle dont tâta un tant Radiohead. Mal nommé, donc, car, contrairement au mythe grec, chaque fois que l'on se penche sur un morceau, loin de se dérober il étanche notre soif de nouveauté, de découverte, notre soif d'à peu près tout.

 

Il nous saoule même, au sens positif du terme quand sur l'hypnotique Ce soir, il nous métamorphose en derviche tourneur, en tenant sa promesse (« ce soir, je te fais danser ») avant de de s'effacer comme une belle jeune fille qu'on aurait fait tourner à notre bras avant qu'elle ne s'évanouisse dans la foule.

 

Quelque chose nous dit qu'en plus en concert, cette petite troupe a les moyens de ses ambitions. Et que si elle les avait assumés tout à fait l'album de la bande à Pigeon se serait baptisé Icare. Mais c'est peut-être tout à son honneur que de ne pas vouloir se brûler les ailes quand on sait qu'on vole à quelques centaines de pieds au-dessus du troupeau avec entre les pattes, une (Mono)grenade dégoupillée.


Monogrenade

Au Kafé

Jeudi 25 octobre à 20h (Gratuit)

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Au Transbordeur, Thom Yorke, cher

Pop expérimentale | Concert événement au Transbordeur de Thom Yorke, passé maître dans l'art de se faire rare et de créer l'envie au goutte-à-goutte.

Stéphane Duchêne | Mardi 5 juin 2018

Au Transbordeur, Thom Yorke, cher

Tel l'Arum Titan, énigmatique fleur géante qui n'éclot que tous les deux à dix ans, tout se passe comme si la moindre manifestation artistique de Thom Yorke était sujette à auscultation. Comme la fleur précitée qui à chaque apparition dévoile une odeur (de viande avariée, mais ce n'est ici pas le sujet) qui peut "embaumer" dans un rayon d'un kilomètre, chaque fois que le chanteur de Radiohead annonce un concert, dévoile une nouvelle chanson en loucedé, la nouvelle se répand comme une traînée de poudre (ou mieux, une odeur), vidéo mal branlée de fan appareillé à l'appui. Ce fut le cas il y a quelques jours lorsque sur la scène du Théâtre Verdi à Florence fleurirent un titre inédit, The Axe, et pour la première fois en live, Spectre, écrit avec Radiohead pour l'épisode de James Bond du même nom, et offert aux fans sur le Net en fin d'année

Continuer à lire

Thom Yorke le 13 juin au Transbordeur

MUSIQUES | On l'espérait, comme chaque année, du côté de Fourvière, avec ou sans Radiohead, c'est finalement au Transbordeur et en solo que l'on retrouvera Thom Yorke (...)

Stéphane Duchêne | Lundi 19 mars 2018

Thom Yorke le 13 juin au Transbordeur

On l'espérait, comme chaque année, du côté de Fourvière, avec ou sans Radiohead, c'est finalement au Transbordeur et en solo que l'on retrouvera Thom Yorke pour une date forcément événement (en France, la tournée ne passera que par Lyon et l'Olympia à Paris). Une bonne nouvelle n'arrivant jamais seule pour ses fans, le musicien d'Oxford y jouera des titres de ses albums solo, The Eraser et Tomorrow's Modern Boxes, en compagnie de son plus illustre complice le musicien et producteur Nigel Godrich et du compositeur audiovisuel Tarik Barri, habitués des scénographies de Radiohead. Rendez-vous le 13 juin. Les places seront mises en vente le 23 mars à 11h.

Continuer à lire

Les 5 albums de 1997

À racheter en vinyle | Radiohead – Ok Computer Sauvé de l'oubli par le succès tardif du single Creep, confirmé avec The Bends en pleine vague brit-pop, Radiohead se (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 7 novembre 2017

Les 5 albums de 1997

Radiohead – Ok Computer Sauvé de l'oubli par le succès tardif du single Creep, confirmé avec The Bends en pleine vague brit-pop, Radiohead se pose sur le toit de la pop avec un album ambitieux mais efficace à l'image du titre Karma Police, combinant grâce mélodique et aspirations expérimentales qui ne feront que gonfler d'album en album, jusqu'à l'abstraction. Climax ou véritables débuts ? Telle est la question, qui fait encore débat. Björk – Homogenic Avec Debut et Post Björk s'est installé en reine de la pop exigeante et foutraque. Avec Homogenic, produit par Mar

Continuer à lire

Arcade Fire à Fourvière : le feu dans l'arène

Rock | Réputé pour ses prestations live flamboyantes, Arcade Fire revient à Fourvière retrouver le public qui l'avait tant aimé il y a dix ans, alors qu'il entamait leur ascension fulgurante. Communion collective en vue.

Stéphane Duchêne | Mardi 30 mai 2017

Arcade Fire à Fourvière : le feu dans l'arène

Dans le live filmé à la Salsathèque de Montréal en 2013 par nul autre que Roman Coppola, alors qu'Arcade Fire se livrait à une série de concerts happenings secrets, en apéritif de leur dernier album en date Reflektor, une poignée de caméos venaient pimenter le moment, incluant James Franco, Ben Stiller, Bono ou Michael Cera. Parmi eux, Zach Galifianakis (aka le gros barbu de Very Bad Trip) y allait de cette blague : « Lors de vos premiers concerts, il y avait plus de personnes sur scène que dans le public, vous n'avez pas besoin de trois batteurs. » S'il y a un peu de vérité dans cette blague de sale gosse, tant la troupe Arcade Fire pourrait reprendre pour elle le slogan d'Anonymous (dont ils sont un peu le versant rock) : « nous sommes légion », cela n'a pas duré longtemps. Il aura suffit, il y a douze ans, d'un buzz né des internets, à l'époque beaucoup moins prescripteurs qu'aujourd'hui où la viralité ne connaît pas de limite, puis de la sortie de Funeral, pour qu'Arcade Fire passe en quelques mois de curiosité indé à nouveau sauveur du rock des années 2000. Fanfare rock et f

Continuer à lire

Arcade Fire et Brian Wilson aux Nuits de Fourvière

Festival | Le festival Nuits de Fourvière vient de dévoiler sa programmation et ne déçoit pas : Arcade Fire, Benjamin Clementine ou encore Brian Wilson seront à Lyon cet été.

Sébastien Broquet | Jeudi 23 mars 2017

Arcade Fire et Brian Wilson aux Nuits de Fourvière

Musique On connaissait le nom de l’artiste chargé de l’ouverture : M, avec son projet infusé au Mali, Lamomali. Il faut ajouter aux dates immanquables du calendrier Arcade Fire ou encore la légende Brian Wilson, venant fêter les 50 ans du culte album Pet Sounds. Le programme complet : 1er au 3 juin : M présente Lamomali 5 juin : Arcade Fire + Barbagallo 16 juin : Julien Doré 19 juin : Benjamin Biolay + La Femme 20 juin : Paolo Conte 28 juin : Foals + Pumarosa 29 juin : Benjamin Clementine 4 juillet : Alt-J 5 juillet : Titi Robin + Rebel Diwana 6 juillet : Goran Bregovic & l'Orchestre National de Lyon 7 juillet : Yann Tiersen + François & the Atlas Mountain 9 juillet : Gaëtan Roussel & Rachida Brakni + Labelle

Continuer à lire

Paul Thomas Anderson réalise le nouveau clip de Radiohead

MUSIQUES | Radiohead s'est offert Paul Thomas Anderson (Inherent Vice, Magnolia...) pour la réalisation de son tout nouveau clip Present Tense, tourné en Californie (...)

Sébastien Broquet | Vendredi 16 septembre 2016

Paul Thomas Anderson réalise le nouveau clip de Radiohead

Radiohead s'est offert Paul Thomas Anderson (Inherent Vice, Magnolia...) pour la réalisation de son tout nouveau clip Present Tense, tourné en Californie en août dernier et nouvel extrait de l'album A Moon Shaped Pool. À savourer ici :

Continuer à lire

Trois coups de cœur aux Nuits de Fourvière

Nuits de Fourvière | Vinicio Capossela S'il fallait comparer Vinicio Capossela, déjà présent l'an dernier mais cette fois-ci mis à l'honneur en grande pompe, à un chanteur (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 21 juin 2016

Trois coups de cœur aux Nuits de Fourvière

Vinicio Capossela S'il fallait comparer Vinicio Capossela, déjà présent l'an dernier mais cette fois-ci mis à l'honneur en grande pompe, à un chanteur italien, sans hésiter on choisirait Shane McGowan, qui est Irlandais — mais ça n'a pas beaucoup d'importance. Comme McGowan, chanteur historiquement édenté des Pogues, Capossela est un pur rockeur qui a toujours su puiser au plus profond du folklore de son pays pour bâtir une œuvre qui puisse être à la fois populaire pétrie d'indépendance, foutraque au dernier degré et immédiatement classique, évoquer la berceuse comme la chanson à boire — l'usage peut-être commun. Avec dans la voix cette fêlure qui ferait pleurer un caillou et dans l'attitude, cette folie furieuse qui donne envie de danser sur les mains. À l'Odéon le samedi 9 juillet Silvain Vanot Lui aussi était déjà à Fourvière il y a deux ans, pour rendre hommage à Robert Wyatt. Lui aussi est mis à l'honneur à un degré supérieur : une résidence à l'Épicerie Moderne pour mettre au point avec Christian Quermalet un spectacle, présenté au Domaine de Lacroix Laval, autour de son nouvel album, le bouleversant Ithaque

Continuer à lire

Radiohead aux Nuits de Fourvière

MUSIQUES | C'est la nouvelle qui rend heureux en ce début de semaine : Radiohead ouvrira les Nuits de Fourvière, le 1er juin. Le groupe fête, (...)

Sébastien Broquet | Lundi 14 mars 2016

Radiohead aux Nuits de Fourvière

C'est la nouvelle qui rend heureux en ce début de semaine : Radiohead ouvrira les Nuits de Fourvière, le 1er juin. Le groupe fête, cette année, ses vingt-cinq ans. De Pablo Honey à The King of Limbs - et en attendant un neuvième album -, le groupe de Thom Yorke a annoncé seulement deux dates en France. Soyez prêts : ouverture de la billetterie le vendredi 1er avril à 10h30. La programmation complète des Nuits de Fourvière sera dévoilée le 24 mars.

Continuer à lire

GY!BE, le monstre sacré du post-rock

MUSIQUES | Presque dix ans d'absence, un retour live en force, et deux albums (quasi) coup sur coup, revoici Godspeed You ! Black Emperor pour ce qui risque d'être un des (positifs) massacres du printemps, sous les pas lourds et dévastateurs d'un monstre nommé Behemoth. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 7 avril 2015

GY!BE, le monstre sacré du post-rock

S'il constitue une sorte d'adresse bienveillante à autrui appelant à la protection céleste, le godspeed de Godspeed You! Black Emperor – que le groupe montréalais a emprunté à un documentaire japonais des 70's – prend en ce printemps (toujours érable ?) 2015 un sens nouveau. Car c'est bien, au regard des standards du fer de lance du label Constellation, à vitesse divine que se sont enchaînés ses deux derniers albums, quand on avait attendu près de dix ans entre le pénultième, sorti en 2012, et son prédécesseur. Personne ne s'en plaindra, à commencer par les idolâtres du groupe. On pourrait certes juger la chose un peu chiche en termes de quantité, croire au EP, le disque ne comportant que quatre titres. Mais il y a toujours cette affaire de standards maison qui fait que quatre morceaux suffisent largement à la bande d'Efrim Menuck pour bâtir un disque longue durée aux allures de cathédrale sonore. La vérité, c'est que d'une part les morceaux du précédent Allelujah ! Don't Bend ! Ascend ! préexistaient au hiatus du groupe, tandis que Asunder, Sweet and Other Distress – en fait une demi-surprise – reprend une monumentale piè

Continuer à lire

Foals Sacré

MUSIQUES | De passage à Lyon, Foals débarque avec un talisman inestimable, "Holy Fire". Un troisième album qui, tout en égarant le chaland comme aime à le faire le groupe d'Oxford, contient la recette d'un feu sacré pop dont la flamme changeante semble ne jamais devoir s'éteindre. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mercredi 13 mars 2013

Foals Sacré

De Ride à Radiohead, de The Jazz Butcher à Swervedriver, Oxford a toujours abrité une colonie de groupes savants, cérébraux ou à la créativité tordue. Même les Supergrass, autoproclamés crétins congénitaux, finirent par s'ériger en élèves modèles d'une pop en perpétuelle recherche d'elle-même. On ne dirait pas autre chose de Foals, à ceci près que la bande de Yannis Philippakis a immédiatement annoncé la couleur avec son math rock sur-diplômé mais pas que. Avec The French Open sur Antidotes ou Mathletics, le single qui le précéda, Foals prévenait déjà : leur musique serait à la fois première de la classe et imprenable en sport. Et surtout jamais là où on l'attend, en perpétuel mouvement, fumant du cerveau comme des gambettes. Puis s'accorderait quelques vacances au soleil à Miami, single-fausse piste menant à un Total Life Forever qui égarerait tout le monde de Fugue en This Orient ou Spanish Sahara. Oui, il y a chez Foals ce côté "attrape-moi si tu peux", qui finit toujours chez ce genre de groupe par conduire à une dématérialisation

Continuer à lire

Villagers

MUSIQUES | {Awayland} (Domino/Pias)

Stéphane Duchêne | Lundi 21 janvier 2013

Villagers

Il est une devise de notre maître-écrivain lyonno-québécois Alain Turgeon, qu'on confesse volontiers citer un peu trop souvent – sans toutefois envisager une seconde de s'en excuser – un adage que l'on peut faire sien pour caresser ses désillusions : « attendez-vous au meilleur, vous serez mieux déçus ». On y pense lorsqu'on entend pour la première fois le single Nothing Arrived, extrait de {Awayland}, le deuxième album de Villagers.   Sur ce titre qui oscille entre le romantisme benêt mais arrache-coeur d'un Tom Petty – le type sait tricoter une mélodie ascensionnelle qui vous retient à jamais par le col –, la grandiloquence éthylique d'un Mike Scott (The Waterboys), et les cavalcad

Continuer à lire

Godspeed You ! Black Emperor

MUSIQUES | Allelujah ! Don't Bend ! Ascend ! (Constellation.Differ-ant)

Stéphane Duchêne | Mardi 30 octobre 2012

Godspeed You ! Black Emperor

C'est des manières de revenir ça ? Pas de disques pendant dix ans – mais des projets parallèles en pagaille – et un premier titre de vingt minutes qui vous colle au mur, un bazooka sur la tempe, sous le doux nom de Mladic. Oui, Mladic, comme le sémillant boucher de Srebrenica – bon, n'y voir aucun hommage, c'est pas le genre de la maison. D'ailleurs ce n'a jamais été le genre Godspeed que de faire les choses comme tout le monde, on l'aura compris de longue date. Toujours est-il qu'alors qu'il fête en grande pompe les 15 ans de Constellation records – avec, entre autres réjouissances, trois jours de festivités à Berne en novembre – quand tant d'autres labels indépendants ramassent leurs dents ou se font poser des ratiches en plaqué or par des majors, le collectif fait un come-back impressionnant. Car, qu'on se le dise, malgré les années de silence discographique, Godspeed You ! Black Emperor n'a rien perdu de son esprit guerrier. Et a su rester cette formation commando qui envoie ses forces spéciales dans les coins les plus reculés de la musique pour en exfiltrer des sons et des ambiances que personne n'aurait été en mesure d'aller chercher. Un peu comme dans les

Continuer à lire

High Cool Musical

MUSIQUES | Qui a eu cette idée folle, un jour d'inventer School is Cool ? Une bande de jeunes anversois aux ambitions musicales démesurées, déjà prophète en son pays et qui pourrait bien faire office de révélation musicale de l'année dans pas mal d'autres contrées.

Stéphane Duchêne | Mardi 2 octobre 2012

High Cool Musical

Si l'on sait pertinemment, à force de l'entendre, que « La montagne ça vous gagne ! » ou que « le cheval c'est génial !», on n'a en revanche encore trouvé personne, de quelque côté de l'estrade que ce soit, pour affirmer qu'« A l'école qu'est-ce qu'on rigole ! ». Surtout en cette période où l'on voit défiler sur les plateaux télés des chapelets de profs qui, en guise de goûter, ont mangé du bourre-pif à la récré.   Fort heureusement, dès qu'il est question de prendre les chose à la « cool », il y a la Belgique : un pays, berceau du surréalisme, passé maître dans l'art de l'autogestion humoristique et de la dérision. C'est là qu'est né un groupe dont le seul nom, School is Cool – choisi un peu par défaut et parce que ça sonne bien –, nous redonne à lui tout seul foi en l'institution scolaire. Et musicale.   Car la pop du quatuor ne fait rien d'autre que de mettre un bon coup de tatane dans la fourmilière rock d'Outre-quiévrain.   Au point q

Continuer à lire

Musiques en Sticks

MUSIQUES | En guise d'invités pas comme les autres, Musiques en Stock convoque à Cluses la mélancolie traînante des Tindersticks, idéale pour les couchers de soleil tardifs ou les couchers tout court. Stéphane Duchêne

Dorotée Aznar | Jeudi 21 juin 2012

Musiques en Sticks

C'est sans doute parce qu'ils ne sont pas à proprement parler un groupe de festival que les Tindersticks, et donc ici Musiques en Stock, se démarquent quelque peu de l'ensemble des programmations estivales. Si l'on résume, cela fait maintenant une vingtaine d'année que l'étrange formation de Stuart Staples, l'une des voix les plus envoûtantes et les plus mélancoliques de la scène musicale, nous régale de ses étrangetés cotonneuses et éthyliques. Et pourtant, depuis le premier album éponyme, le groupe et sa musique ont considérablement évolué. Il y a la première période qui démarre en 1993 avec leur premier album éponyme, directement élu album de l'année par l'hebdomadaire anglais Melody Maker, qui alterne, comme sur les disque suivants, balades atonales, envolées de violons à s'ouvrir les veines et duos masculin-féminin déchirants (A Marriage Made in Heaven, Travelling Light, Buried Bones). Une période qui culmine avec les sublimes Live in Bloomsbury Theatre, l'album Curtains, où Staples se fait plus grave et désespéré que jamais, et une superbe BO pour le sanglant Trouble Every Day de Claire Denis avec laquelle le groupe collaborera

Continuer à lire

The Thick White Duke

MUSIQUES | Après "Cascadeur" l'an dernier, Rover est sans doute la révélation pop française de cette année. Un ovni romantique et bowie, dandy et bestial qui devrait envoûter par sa seule présence, les spectateurs du festival Changez d'Air. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 27 avril 2012

The Thick White Duke

Pour évoquer les «géants de la pop», on peut utiliser comme seul critère le gabarit et avoir de très beaux résultats musicaux : que l'on songe à Brian Wilson des Beach Boys (qui n'aurait jamais pu tenir sur un surf), Antony (qui derrière sa voix de vieille blues woman a la taille d'un buffle) et aujourd'hui Win Butler d'Arcade Fire (fameux joueur de basket) ou Sébastien Tellier (le Christ version Pépitos). Bien entendu cela exclut nombre de crevettes comme Brian Jones, Bob Dylan, David Bowie, Neil Hannon mais fort heureusement, l'important, comme le disait si justement un jour Amanda Lear, ce n'est pas la taille, c'est le goût. Alors oui c'est vrai, ce qui frappe en premier chez Rover, Timothée Régnier de son vrai nom, c'est cette masse pareille à celle d'un trou noir sur pattes, combattant lettré ou écrivain romantique de combat qui aurait fait le tour du Monde et en porte le poids sur ses larges épaules voûtées. En ce qui concerne Rover : de la Suisse aux États-Unis, en passant par le Liban, d'où il fut expulsé en 2006 pour atterrir en Bretagne. Le tour du monde des disques aussi : de Bowie aux Beach Boys, de Dylan aux Beatles. Le Big Four. 

Continuer à lire

Concert à la carte

MUSIQUES | Web / Le 5 août dernier, toutes les personnes dotées d’un minimum de goût ont eu un orgasme artistique... Probablement désireuse de redorer son image (...)

Dorotée Aznar | Jeudi 18 novembre 2010

Concert à la carte

Web / Le 5 août dernier, toutes les personnes dotées d’un minimum de goût ont eu un orgasme artistique... Probablement désireuse de redorer son image ternie par des années de pratiques douteuses, la société American Express a lancé, en partenariat avec les sites Youtube et Vevo, le premier live de la série Unstaged : la retransmission en direct d’une performance filmée par un metteur en scène de renom, disponible pendant quelques jours en intégralité et gratuitement (bon, honnêtement, si vous maitrisez l’outil Internet, vous pouvez toujours le trouver). Pour inaugurer cette belle initiative, le choix se porta sur le concert d’Arcade Fire au Madison Square Garden, avec aux manettes ni plus ni moins que le grand Terry Gilliam, qui, pour une fois, ne fut frappé d’aucune malédiction dans ses velléités de metteur en scène. Il put ainsi disposer d’un nombre confortable de caméras (dans la fosse, dans divers points du public, en hauteur, sans oublier un raccord avec les vidéos diffusées sur l’écran en fond de scène pour quelques surimpressions du meilleur effet). Que ses contempteurs se rassurent, le cinéaste met provisoirement de côté son goût prononcé pour les torsions de focale et autr

Continuer à lire

Discographie Arcade fire

MUSIQUES | 2004 : "Funeral"Le buzz Arcade Fire débute sur le net, si bien que quand "Funeral" sort enfin en France, toute la blogosphère n’a déjà plus que ses chansons (...)

Christophe Chabert | Mercredi 17 novembre 2010

Discographie Arcade fire

2004 : "Funeral"Le buzz Arcade Fire débute sur le net, si bien que quand "Funeral" sort enfin en France, toute la blogosphère n’a déjà plus que ses chansons à la bouche. Pour les autres, c’est la découverte d’un rock puissant, échevelé, écorché vif, où guitares, batterie et cordes entrent dans des transes spectaculaires. 2005 : "The Arcade fire"Ce mini-album est en fait composé de chansons antérieures à celles de Funeral. On y entend pourtant l’incroyable "No cars go", qui avait déjà enthousiasmé les fans au cours des concerts et qui deviendra un des sommets de "Neon bible". 2007 : "Neon bible"Enregistré dans une église à Montréal, "Neon bible" révèle un Arcade fire inquiet, réfléchissant dans ses chansons les problèmes du monde, découvrant un peu plus ses influences (Bruce Springsteen en particulier). L’album réussit le tour de force de ne pas décevoir après le choc "Funeral".

Continuer à lire

AF vs ONU

MUSIQUES | Sketch / Véritable institution de la télévision américaine, le Saturday Night Live (dont Les Nuls avaient tenté une version française avec L’Émission) est depuis (...)

Christophe Chabert | Mercredi 17 novembre 2010

AF vs ONU

Sketch / Véritable institution de la télévision américaine, le Saturday Night Live (dont Les Nuls avaient tenté une version française avec L’Émission) est depuis trente ans un réservoir à talents comiques. John Belushi, Dan Aykroyd, Mike Myers, Jim Carrey, Will Ferrel ou Tina Fey y ont fait leurs armes. Entre les sketchs du show, le SNL a l’habitude d’inviter des groupes à se produire en live. Arcade fire avait déjà fait sensation lors de sa première venue, à l’époque de "Néon bible". Mais pour son retour le 13 novembre dernier, le groupe a frappé fort. Non seulement il a interprété deux titres ("We used to wait" et "Sprawl II"), mais il a aussi participé à un des sketchs de la soirée — Justin Timberlake avait fait de même avec un hilarant «Jizzing in my pants». Tout se déroule devant une assemblée onusienne (habiles contrechamps sur des images d’archives siglées MSNBC, la filiale info de NBC qui diffuse le show) étudiant la proposition d’une taxe internationale. Un speaker annonce que le gagnant d’un concours va exposer sa vision de l’Histoire mondiale. C’est Richard Reed Parry, le multi-instrumentiste de génie d’Arcade Fire, qui fait son entrée, accompagné de trois enfants portan

Continuer à lire

Qu’est-ce qu’on attend pour foutre le feu ?

MUSIQUES | Véritable mammouth du rock en live, on pensait qu’Arcade Fire capitaliserait sur son succès et sortirait un troisième album calibré pour leur démesure scénique. Or, "The Suburbs" est intimiste, cohérent et conceptuel. Un disque majeur, à réécouter avant leur concert à la Halle Tony Garnier. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 16 novembre 2010

Qu’est-ce qu’on attend pour foutre le feu ?

Ceux qui ont assisté à un concert d’Arcade Fire lors de la tournée de Neon bible ou, plus chanceux encore, de Funeral, savent que le groupe a peu de concurrence niveau débauche d’énergie sur scène et capacité à faire entonner leurs hymnes par des publics en transe. On pourrait ergoter que leur musique y laisse quelques plumes, au bord de la cacophonie ou du brouillard sonique… Et les mélomanes exigeants pourront s’amuser à pister ce qui, dans les albums eux-mêmes, prépare l’auditeur à participer à la grand-messe. Arcade fire, groupe indé ayant réussi en un temps record à entrer dans la catégorie des groupes de stade façon U2 ou Muse, aurait pu se contenter de gérer cette popularité-là, faisant de chaque nouveau disque le prélude à un futur happening collectif débraillé et cathartique, ou en rajouter une couche dans le lyrisme rock incisif et électrique, avant de décupler le tout sur scène. Mais pour leur troisième album, le déjà sous-estimé The Suburbs, ils font tout l’inverse, au risque vérifié de dérouter leur public. Circuit fermé Si Neon bible affichait quelques envies de renouvellement (notamment par d’i

Continuer à lire

Bonjour tristesse

MUSIQUES | Moins tempétueux qu'à leurs débuts, les Tindersticks livrent désormais des albums plus apaisés. Mais toujours empreints d'une mélancolie qui reste leur marque de fabrique. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 28 octobre 2010

Bonjour tristesse

Musique / En 2010, la musique des Tindersticks ressemble à celle d'un ancien alcoolique autodestructeur qui aurait découvert les joies de la sobriété. Les joies aussi du soleil matinal, trop souvent écarté par les réveils tardifs de gueules de bois. Car longtemps les Tindersticks auront été ce groupe pour lequel le crépuscule aura fait office d'aurore. En poursuivant dans cette voie, le groupe de Nottingham, sextet aujourd'hui viré trio, auraient pu assez aisément sombrer dans la caricature. Au lieu de cela, il a su trouver une forme d'apaisement qui n'a pour autant jamais tari sa source d'inspiration, comme en témoignent leurs deux derniers albums "The Hungry Saw" et "Falling Down a Moutain". Ce dernier a été enregistré dans le Limousin où vit désormais le chanteur Stuart Staples, or on sait que les Angliches installés en France on tendance à revivre. Là le xylophone, le carillon et le piano ont succédé aux violons furibards et ivres des premières saillies. Pour autant, cette musique a toujours la mélancolie chevillée au corps. Mais une mélancolie «heureuse», qui a appris à s'autogérer et qui ne déborde plus comme avant, emportant tout sur son passage. Plaisirs simples

Continuer à lire