La Fée fait les comptes

MUSIQUES | Le DV1 n'est pas le seul lieu musical à se refaire une virginité. La Fée Verte, fameux bar à absinthe du premier arrondissement, affiche elle aussi de nouvelles ambitions. Pour en savoir plus, nous nous sommes entretenus avec Jean-Charles Lavégie, son directeur artistique. Propos recueillis par Olivier Bouillon

Benjamin Mialot | Mardi 30 octobre 2012

Il semblerait que la Fée Verte prenne de nouvelles directions musicales...
Jean-Charles Lavégie : C'est vrai que cette année on a de nouvelles priorités. Jusqu'à présent on a fait beaucoup d'artistes locaux. Maintenant on aimerait aider les collectifs avec qui on bosse depuis plusieurs années comme Courtship, Enover, CLFT... et qui, aujourd'hui, ont pris du poids, à ramener plus de têtes d'affiches venues d'un peu partout. Je ne parle pas de ramener des artistes monstrueux dans notre caveau de 200 places, mais de faire venir des artistes étrangers qui ont un haut niveau pour les mêler à nos artistes locaux et créer ainsi une dynamique d'échange. Ce qu'on espère, c'est que par la suite les artistes lyonnais puissent s'exporter à leur tour grâce aux contacts qui se créeront. D'autant que cette année on a fait des travaux en haut et dans le caveau afin d'accueillir ces artistes et le public dans les meilleurs conditions possibles. Pour le moment ça commence bien avec HNNY de Stockholm ou bien Mekas de Buenos Aires qui passeront au mois de novembre.

Vous prévoyez aussi des concerts acoustiques ?
Oui, on appelle ça les Unplugged du jeudi. On fait passer, par exemple, Antoine Bertazzon, qui est tout seul sur scène avec sa guitare et qui est plutôt dans la chanson folk. Ou encore gAëT qui lui fait un one man show avec une gratte, sèche ou électrique. Ces artistes qui sont tout seul sur scène ont souvent du mal à se faire entendre ou bien sont cantonnés aux premières parties. Nous, on veut essayer de les mettre plus en avant.

Et côté expositions ?
On va continuer à exposer des gens dont on apprécie le travail et qui méritent d'être vus. On veut vraiment faire dans le qualitatif. Je préfère laisser trois mois la même expo d'un type dont le travail vaut vraiment le coup que de changer chaque mois et accrocher des banalités aux murs de la Fée. Jusqu'à présent on a fait surtout des expos de photos. On a commencé avec Richard Bellia, qui est actuellement en plein renouveau. Il a montré à cette occasion des travaux plus personnels que les clichés rock qu'on lui connaît. À présent, mon projet serait d'exposer surtout des graphistes. L'avantage de la Fée, c'est que c'est un lieu qui permet de toucher un public très large. Le matin c'est vraiment un café-comptoir avec les vieux qui viennent boire leur petit blanc, puis à midi ça devient un vrai restaurant grâce à notre chef qui concocte des plats de qualité, ensuite on passe à une ambiance bar, puis vient l'heure de l'apéro en début de soirée et, enfin, la nuit commence. Les artistes qui exposent peuvent de fait être vus par beaucoup de monde.

La Fée Verte
4 rue Pizay, Lyon 1

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

A l'ombre des jeunes fûts en fleurs

ACTUS | On connaissait Les Fleurs du Malt, le caviste, une boutique à peine moins petite que celles jalonnant la Ruelle d'Or à Prague et qui, depuis un peu plus (...)

Benjamin Mialot | Mardi 30 octobre 2012

A l'ombre des jeunes fûts en fleurs

On connaissait Les Fleurs du Malt, le caviste, une boutique à peine moins petite que celles jalonnant la Ruelle d'Or à Prague et qui, depuis un peu plus d'une décennie, fait au 56 cours Gambetta le bonheur (et la ruine !) des amateurs de bière et de whisky. Il faut désormais compter avec Les Fleurs du Malt, le bar, ouvert le 12 octobre dernier sur les quais de Saône. D'abord jusqu'à dix, comme le nombre de variétés disponibles à la pression. Puis jusqu'à cent cinquante, comme le nombre de celles, belges (Tripel Karmeliet), danoises (Mikkeler), écossaises (Brewdog), hollandaises (De Molen), américaines (Flying Dog) ou encore allemandes (Weihenstephaner) et toutes artisanales, qui composent la carte de l'établissement. Enfin jusqu'à deux cents, la surface du lieu en mètres carrés. De quoi se sentir plus libre de ses gestes que dans l'échoppe susmentionnée, nous direz-vous. Même pas ! L'inauguration a en effet été un tel succès que, tels des éléphants se pressant devant la vitrine d'un magasin de porcelaine au premier jour des soldes, on a bien failli ne pas pouvoir jeter un œil à l'intérieur. C'eut été ballot : avec ses voûtes immaculées, ses vieilles pierres apparentes et

Continuer à lire

DV1 and only

MUSIQUES | Cette rentrée, le DV1 fait peau neuve : nouvelle scéno, nouvelles soirées thématiques, nouvelle direction.... Nous sommes allés à la rencontre de cette dernière pour faire le point. Olivier Bouillon

Benjamin Mialot | Mardi 30 octobre 2012

DV1 and only

En dix ans, le DV1 est devenu un lieu incontournable du monde des sorties lyonnaises. Cette année, il change de propriétaire ; Yvan, le nouveau gérant, connaît cet univers sur le bout des doigts car non content d’être un gestionnaire, il est l'un des rares patrons de clubs à avoir été aussi derrière les platines. Depuis le début des années 90 et un séjour à Londres qui lui a permis de découvrir la musique électronique anglaise de l'époque, il est en effet DJ et compositeur sous le nom de DJ Pol'N. Depuis son retour à Lyon, il n'a jamais cessé de mixer et d'organiser des soirées. «C'est la première fois que j'ai un lieu à moi» nous confie-t-il. Et même si il avoue que l'ouverture d'un club demande énormément de travail, il ne cache pas son enthousiasme. Car les nouveaux projets sont nombreux, ne serait-ce que dans l'aménagement de la salle : «On a refait toute une installation vidéo qui manquait à ce lieu. On a une résidence avec un collectif qui s'appelle WSK qui nous fait le mapping derrière la scène. On a aussi une installation dans la salle du haut avec des projections sur la surface du bar. La peinture aussi est importante, c'est quelque

Continuer à lire

Une brique dans la mare

ACTUS | Andelko, ancien régisseur et actuel propriétaire du No Man's Land, doit avoir des cojones, ou plutôt des jaja, s'il est comme on le soupçonne d'origine croate, (...)

Benjamin Mialot | Mardi 30 octobre 2012

Une brique dans la mare

Andelko, ancien régisseur et actuel propriétaire du No Man's Land, doit avoir des cojones, ou plutôt des jaja, s'il est comme on le soupçonne d'origine croate, grosses comme des poivrons farcis. Ou un sens de l'humour symptomatique d'une inconscience pathologique. Dans un cas comme dans l'autre, le constat est douloureux : de l'avis des premiers habitués, l'endroit, comme victime d'une prophétie autoréalisatrice, fait depuis son ouverture en juin dernier plus souvent qu'à son tour honneur à son nom. A shame, comme on dit de l'autre côté de l'Atlantique, ce spacieux café-concert d'inspiration new-yorkaise (papier peint imitation briques, tireuse chromée, scène digne d'un comedy club, playlist tapant dans la musique anglo-saxonne des années 50 à 70 et clients aux airs de figurants de sitcom, le tout installé de manière fort adéquate à deux pas du quartier des Gratte-ciel) ayant tout pour s'imposer comme le cadre idéal des fameuses «soirées entre potes». Détails qui tuent compris, en l'occurrence un coin hot dogs en libre service (à partir de 3€) et, surtout, un fumoir ind

Continuer à lire

Juste faites-le vous même

ACTUS | La première fois que nous avons mis les pieds au Live Station DIY, Spider-Man et Superman assuraient le service tandis qu'un DJ semblait s'évertuer à (...)

Benjamin Mialot | Mardi 30 octobre 2012

Juste faites-le vous même

La première fois que nous avons mis les pieds au Live Station DIY, Spider-Man et Superman assuraient le service tandis qu'un DJ semblait s'évertuer à reproduire la truculente ambiance de la Cantina de Mos Eisley (celle-là même où Han Solo a tiré le premier). Notre insider nous avait-il menti ? Ce qu'il nous vendait comme le nouveau haut-lieu de la déjà très effervescente vie nocturne de la Guillotière n'était-il en réalité qu'une salle de jeux pour trentenaires régressifs ? L'échange de quelques mots avec Lou et Arnaud, les deux backpackers mordus de musiques électroniques à l'origine de l'établissement, rassure : leur lieu, ils ne l'ont pas pensé comme un simple débit de boissons alternatif, mais comme un véritable projet culturel mettant l'accent sur le dynamisme (Live), la mixité (Station) et le volontarisme (DIY, comme Do It Yourself, philosophie punk prônant l'autodétermination et la débrouille). C'est pour ça que leur carte fait la part belle aux produits régionaux, à l'image des savoureuses bières de la Maison de Brasseur. C'est pour ça que la déco, avec ses meubles de terrasse bricolés à partir de palettes, ses fauteuils en cuir

Continuer à lire