Hardi Françoise !

Benjamin Mialot | Jeudi 13 décembre 2012

Photo : Laurent Garnier L.B.S. par Anne Rollin


Voici bientôt cinquante ans, Charles de Gaulle, président de la République française, et Konrad Adenauer, chancelier fédéral allemand, apposaient leur signature au bas du Traité de l'Élysée, scellant ainsi la réconciliation de leurs pays respectifs. Depuis, l'entente a tenu bon, en tout cas assez pour que soit décrétée au printemps dernier la tenue d'une année de festivités commémoratives.

A Lyon, après la Fête des Lumières - dont l'une des installations était le fruit d'une collaboration entre étudiants d'ici et de là-bas -, c'est au tour du Goethe-Institut et d'Arty Farty d'y prendre part. Ceci avec Ich liebe dich, Françoise !, mini-festival visuel et sonore dont le point d'orgue sera la terminaison par l'érudit et imaginatif Laurent Garnier de L.B.S., dispositif semi-live et collaboratif qu'il avait inauguré à Nuits Sonores en 2010. Manque de bol, la soirée affiche complet.

Celle du jeudi 20 décembre, programmée au DV1, accessible gratuitement en échange d'un e-mail à ichliebedich@nuits-sonores.com et composée d'une paire de back-to-back binationaux entre étoiles montantes de la tech house Reworks et Luca Lozano d'un côté, Dor et Kosme & Juliano, les patrons du jeune et dynamique label Caramelo, de l'autre –, pas encore. On dit ça, on ne dit rien.

Benjamin Mialot

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Lyon Street Food Festival : on a testé

Food | Jeudi 16 septembre s’ouvrait la cinquième édition du Lyon Street Food Festival. On y était, on vous raconte.

Adrien Simon | Vendredi 17 septembre 2021

Lyon Street Food Festival : on a testé

18h, une file commence à se former à l’entrée des anciennes usines Fagor-Brandt, dans le 7e arrondissement de Lyon. À l’intérieur, une ribambelle de cheffes et cuistots attendent de pied ferme la première fournée des quelques dizaines de milliers de visiteurs attendus durant le week end. Les formalités expédiées, QR code par ci, QR code par là, système de paiement dématérialisé à créditer, et on s’enfonce dans la halle principale. Voisinant le stand du MOF Joseph Viola, on retrouve l’équipe de Cocotte, bistrot lyonnais aux accents italiens. Sur leur comptoir une meule de parmesan, évidée, attend qu’on y déverse des louches de risotto aux brisures de truffes, liées minute au fromage italien. On engloutit une coupelle en carton et l’on file vers le stand qui devrait faire le buzz lors de cette édition : celui de l’équipe de La Bijouterie. Qui dévoile pour la première

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"Présidents" d'Anne Fontaine : vieilles choses publiques

Comédie | Enchaînant films et sujets opposés, Anne Fontaine s’attaque après Police à l’étage supérieur : le pouvoir suprême et ceux qui l’ont exercé… lorsqu’ils en sont dépossédés. Entre fable et farce, une relecture des institutions et de l’actualité politique bien plus intéressante que ce que les teasers-sketches laissaient supposer…

Vincent Raymond | Mercredi 30 juin 2021

Reconverti en homme d’intérieur dépressif, l’ex président Nicolas S. prend pour prétexte la popularité grandissante de la candidate d’extrême-droite pour partir en Corrèze afin de convaincre son ancien adversaire et successeur François H. de monter un nouveau parti avec lui. La cohabitation sera d’autant plus rude qu’ils sont opposés en tout, et que leurs compagnes s’invitent dans la campagne… Une évidence en préambule : sur les arcanes de la Ve République — et ses bruits de cabinet, diront les mauvaises langues — il sera difficile de parvenir un jour à se montrer plus complet que le magistral L’Exercice de l’État de Pierre Schoeller. Rien n’empêche toutefois d’attaquer le sujet par la bande, en se focalisant sur des espèces s’ébattant dans cet écosystème. Tels les Présidents du film homonyme d’Anne Fontaine construit comme une fable dont les protagonistes ne seraient pas de grands fauves, mais deux ex éconduits par leur bien-aimée, trompant ensemble leur déni dans l’illusoire espoir d’une reconquête. Sauf que la belle, de plus en plus v

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"Nomadland" de Chloé Zhao : une reconquête de l’Ouest

Western | Une année en compagnie d’une sexagénaire jetée sur la route par les accidents de la vie. Un road trip à travers les décombres d’un pays usé et, cependant, vers la lumière. Poursuivant sa relecture du western et des grands espaces, Chloé Zhao donne envie de (re)croire à la possibilité d’un rêve américain. Primé au Tiff, Lion d’Or à Venise, Oscar du meilleur film.

Vincent Raymond | Mercredi 9 juin 2021

L’Ouest, le vrai : frappé par la désindustrialisation. Où les baraques préfabriquées sont ouvertes aux quatre vents et les villes devenues fantômes. Où une partie de la population, victime de maladies professionnelles, dort au cimetière et les survivants… survivent comme ils le peuvent. Certains, comme Fern à bord de son vieux van, ont pris la route et joint la communauté des nomades, enchaînant les boulots saisonniers au gré des latitudes. Loin d’ une partie de plaisir, son voyage sera tel un pèlerinage l’obligeant à se priver du superflu, l’autorisant à se défaire du pesant… Inspiré d’un livre-enquête de Jessica Bruder consacré aux victimes collatérales de la crise des subprimes de 2008 (des sexagénaires privés de toit poussés au nomadisme), Nomadland s’ouvre sur un carton détaillant l’exemple de la ville d’Empire dans le Nevada, passée de florissante à miséreuse, et nous fait suivre sa protagoniste en âge d’être à la retraite, cumulant des petits jobs précaires chez les nouveaux rois de l

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Subvention de l'Opéra de Lyon : Richard Brunel interloqué, Serge Dorny indigné

500 000€ réaffectés vers d'autres structures | Richard Brunel, futur directeur de l'Opéra, et Serge Dorny, l'actuel dirigeant du lieu, ont vivement réagi à l'annonce de la baisse de la subvention de l'Opéra de Lyon.

Sébastien Broquet | Vendredi 5 mars 2021

Subvention de l'Opéra de Lyon : Richard Brunel interloqué, Serge Dorny indigné

Suite à la confirmation dans nos colonnes par Nathalie Perrin-Gilbert de la baisse prochaine de la subvention de l'Opéra de Lyon de 500 000 euros, qui portera la subvention de fonctionnement à 7M€ annuels au lieu de 7, 5M€ dès cette année si la proposition est votée lors du conseil municipal des 25 et 26 mars prochains, les deux directeurs — l'actuel, Serge Dorny, et le futur, Richard Brunel (actuellement en résidence au sein de l'Opéra pour Mélisande), ont réagi vivement — le premier par un communiqué de presse, le second en sortant de répétition ce jeudi soir. « Des impacts conséquents » pour Richard Brunel Richard Brunel nous a ainsi déclaré : « concernant l'annonce de la Ville sur cette baisse de 500 000€, je laisse Serge Dorny réagir au nom de l’Opéra. Ce que je puis dire c'est que je n’ai, moi-même, pas été directement contacté et informé par l'adjointe à la Culture de cette décision qui semble acqu

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La Ville de Lyon supprime 500 000 euros par an de subvention à l'Opéra

Politique Culturelle | Coup de tonnerre à l'Opéra de Lyon : la Ville, par l'intermédiaire de son adjointe à la Culture, a décidé d'ôter 500 000€ par an de subvention au lieu dirigé par Serge Dorny pour quelques mois encore. Ce dernier a été prévenu il y a trois jours. Nathalie Perrin-Gilbert nous explique la raison de ce choix, qu'Étienne Blanc fustige.

Sébastien Broquet | Jeudi 4 mars 2021

La Ville de Lyon supprime 500 000 euros par an de subvention à l'Opéra

C'est Frédéric Martel, journaliste à France Culture, qui a dévoilé l'information ce jeudi via Twitter et que nous pouvons confirmer : la Ville de Lyon a décidé de réduire la subvention de l'Opéra de Lyon de 500 000€ par an. C'était annoncé durant la campagne, Nathalie Perrin-Gilbert avait alors déclaré dans nos colonnes : « oui, il va y avoir une réorientation au sein de ce budget. Je ne veux pas la présenter comme une punition aux institutions, leur dire qu'ils ont fait du mauvais travail. (...) Je souhaite qu'il y ait un audit indépendant qui soit réalisé, notamment, sur la gestion de l'Opéra de Lyon. » De 7, 5M€ à 7M€ par an Après les paroles de campagne, place aux actes et l'adjointe a donc pris sa décision, qui a été annoncée à

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Thierry Pilat, nouveau directeur de la Halle Tony Garnier

Mercato | Pour succéder à l'historique Thierry Téodori, qui prendra sa retraite en juin prochain, c'est Thierry Pilat qui a été choisi par la nouvelle municipalité. Le Lyonnais, qui était jusqu'ici directeur du Fil — la SMAC de Saint-Étienne —, fait son retour sur sa terre natale en prenant en main l'avenir de la Halle Tony Garnier, dans un contexte difficile nourrissant plusieurs questions.

Sébastien Broquet | Jeudi 21 janvier 2021

Thierry Pilat, nouveau directeur de la Halle Tony Garnier

Elle aura pris son temps, la nouvelle municipalité, pour acter le choix de son candidat. Ou du moins multiplié les étapes. Il faut dire que l'enjeu est de taille : cette Halle Tony Garnier est régulièrement revendiquée comme étant le naviral amiral de la flotte des salles de l'agglomération lyonnaise. Et, bonus, elle rapporte de l'argent à la Ville. Entre 200 000€ et 400 000€ par an, selon les années. Bon, bien sûr, beaucoup moins en 2020 : et cette crise sanitaire qui a plombé les finances et vidé la salle de ses concerts et salons divers, a en plus sérieusement questionné le modèle, déjà interrogé préalablement par l'évolution du secteur du divertissement (la précédente équipe municipale se posait presque les mêmes questions il y a deux ans) : quid de la concurrence de l'Arena ? Quand reprendront les grosses tourn

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Laurent Garnier sera le premier DJ à faire re-danser Le Sucre

Clubbing | DJ emblématique de la scène techno, attaché à Lyon, Laurent Garnier sera le premier à rejouer au Sucre lorsque les clubs seront autorisés à ouvrir de nouveau.

Sébastien Broquet | Vendredi 15 janvier 2021

Laurent Garnier sera le premier DJ à faire re-danser Le Sucre

On ne sait pas quand. Mais on sait qui : Laurent Garnier sera le tout premier DJ à rejouer au Sucre, le club du quai Rambaud, lorsque la réouverture des spots nocturnes sera autorisée. Bien sûr, ce sera dans de longs mois. Mais la présence du maître absolu des platines, du DJ historique de la scène techno, augure d'ores et déjà d'une reprise mythique. Et il faudra bien cela après des mois de fermeture et d'interdiction totale de danser. « Pour poser le premier disque, et le second, et le troisième, après une telle absence, il fallait quelqu'un en qui nous avons une totale confiance car ce ne sera pas facile ; et en Laurent, j'ai une totale confiance » nous a confié Vincent Carry, le directeur de Arty Farty, qui précise qu'un soin tout particulier sera accordé à la programmation de la première semaine de réouverture. Une programmation à laquelle Laurent Garnier devrait

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Disparition de l'ancienne rédactrice en chef du Petit Bulletin Lyon, Dorotée Aznar

ACTUS | Les amateurs lyonnais de spectacle vivant étaient sans doute familiers des papiers de Dorotée Aznar sur le théâtre... Elle était entrée au Petit (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 13 janvier 2021

Disparition de l'ancienne rédactrice en chef du Petit Bulletin Lyon, Dorotée Aznar

Les amateurs lyonnais de spectacle vivant étaient sans doute familiers des papiers de Dorotée Aznar sur le théâtre... Elle était entrée au Petit Bulletin en 2005 après des études à Sciences Po Lyon pour prendre en charge cette rubrique avant de s'en voir confier rapidement la rédaction en chef en 2006. Dynamique, pour le moins, jonglant sans mal le même soir entre une conférence de rédaction et un bouclage ; passionnée évidemment ; à l'écoute de sa rédaction en laquelle elle avait une confiance aveugle, toujours prête qu'elle était à monter au créneau pour soutenir ses journalistes ; infiniment rigoureuse jusque dans sa chasse des virgules mal placées et férocement drôle — dans ses éditos notamment — sont quelques-unes des qualités venant à l'esprit de ceux qui ont pu la côtoyer ou ont eu le bonheur de travailler à ses côtés. Certains d'entre nous, comme votre serviteur, lui doivent de s'être vu donner la chance d'intégrer l'équipe de ce journal, de s'y être épanoui sans entrave et lui en seront éternellement reconnaissants. Si le Petit Bulletin est aujourd'hui ce qu'il est : une institution culturelle et médiatique l

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L’amour en queue de poisson : "Poissonsexe" de Olivier Babinet

Comédie | Un futur inquiétant, où il ne reste qu’une seule baleine. Scientifique dans un institut de recherches maritimes, Daniel s’échine à essayer de faire s’accoupler des poissons et échoue à trouver l’âme sœur. Son existence change lorsqu’il ramasse sur la plage un poisson mutant doté de pattes…

Vincent Raymond | Mercredi 2 septembre 2020

L’amour en queue de poisson :

Initialement prévu le 1er avril sur les écrans, jour ô combien adapté à une fable poissonneuse, ce film avait dû pour cause de confinement rester le bec dans l’eau attendant l’avènement de jours meilleurs. S’il est heureux de le voir émerger, on frémit en découvrant le monde pré-apocalyptique qu'il décrit en définitive aussi proche du nôtre : certains ne prophétisent-ils pas la pandémie comme faisant le lit de la 6e extinction massive ? Guère optimiste, mais comme s’en amusait Gustave Kervern, « je ne joue que dans des films tristes ; je refuse les films gais ». Au-delà de la boutade, Poissonsexe marie les menaces du conte philosophique d’anticipation et la poésie du parcours sentimental de Daniel, colosse au cœur de fleur bleue égarée dans un monde où amour et procréation sont totalement décorrélés ; où les couleurs froides font écho aux relations du même tonneau. Après la parenthèse lumineuse que constituait son documentaire Swagger, Olivier Babinet renoue donc

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Fabrice du Welz : « ma trilogie a trouvé une forme de cohérence »

Adoration | Dernière pierre ajoutée à son édifice ardennais, Adoration est le plus sauvage et solaire des éléments de la trilogie de Fabrice du Welz. Avant de s’attaquer à son nouveau projet, Inexorable, le fidèle d’Hallucinations Collectives livre quelques “adorables“ secrets…

Vincent Raymond | Mardi 21 janvier 2020

Fabrice du Welz : « ma trilogie a trouvé une forme de cohérence »

Il vous a fallu une quinzaine d’année pour mener à son terme votre “trilogie ardennaise”. De Calvaire à Adoration, en passant par Alleluia, on peut à présent voir un double mouvement s’y dessiner : d’une part un rajeunissement progressif des protagonistes (vous commenciez dans un EHPAD pour finir avec des adolescents), de l’autre leur féminisation… Fabrice du Welz : Au départ, ce n’était pas prévu pour être une trilogie. C’est après Alleluia que je me suis un peu laissé prendre au jeu quand on m’a parlé des correspondances existant entre ce film et Calvaire. Et il est vrai qu’il y avait comme une sorte de mouvement ou de recherche vers une figure féminine, qui éclate ici avec le personnage de Gloria. Maintenant je me rends compte que je suis resté assez fidèle à un certain décor des Ardennes, mais aussi à des noms, comme Gloria ou Bartel — souvent, quand je commence un nouveau projet, je me raccroche à eux. Aujourd’hui, la trilogie trouve avec ce film une form

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Ardennes que pourra : "Adoration"

Le Film de la Semaine | « Mes jeunes années (…) / Courent dans les sentiers / Pleins d'oiseaux et de fleurs » chantait Charles Trenet. À ce tableau pastoral, Fabrice Du Welz ajoute sa touche d’intranquillité et de dérangement faisant d’une fuite enfantine une course éperdue contre (ou vers) l’âge adulte.

Vincent Raymond | Mardi 21 janvier 2020

Ardennes que pourra :

Adolescent d’une petite dizaine d’années, Paul vit dans l’enceinte d’un hôpital psychiatrique où sa mère travaille. Lorsque Gloria, jeune patiente de son âge est internée, Paul éprouve pour elle une fascination intense. Un acte irréversible va lier leurs destins et les entraîner dans une cavale folle… Retour aux fondamentaux pour Fabrice Du Welz, que sa parenthèse — ou la tentation ? — hollywoodienne avait sinon dispersé, du moins un peu dérouté de sa ligne originelle. Ultime volet de sa “trilogie ardennaise”, Adoration n’en est certes pas le moins sauvage ni le moins exempt de mystères non élucidés, mais il semble convertir en lumière pure la vitalité débordante de ses protagonistes. Et même s’autoriser, suprême audace, une espérance dans une conclusion en forme d’épiphanie. Le cadre lui-même s’avère propice puisque la nature dans laquelle se dissolvent ses fugitifs déborde de vie, de bienfaits estivaux ou de rencontres favorables ; quand aux poursuivants, ils demeurent à l’état de silhouettes — rien à voir avec La Nuit du chasseur !

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Dorie Bruyas : « l’éducation devient une expérience interactive »

Éducation & Numérique | Initialement créée en 1991 sous forme de radio pour les écoles, Fréquence Écoles s’est lancée dans l’éducation au numérique en 2002. Visionnaire, l’association organise depuis quatre ans l’événement Super Demain, un laboratoire géant d'éducation au numérique. Ce projet pédagogique inédit en France nous est explicité par la directrice de l’association et programmatrice de Super Demain, Dorie Bruyas.

Sarah Fouassier | Mardi 12 novembre 2019

Dorie Bruyas : « l’éducation devient une expérience interactive »

Erratum : sur notre version papier (#971), la personne interviewée est présentée comme étant la présidente de Fréquence Ecoles Dominique Mégard Marchalot. L'interview a bien été menée avec Dorie Bruyas, directrice de Fréquence Écoles et programmatrice de Super Demain. Quelles sont les missions de Fréquence Écoles ? Dorie Bruyas : L’accompagnement de la transformation numérique dans l’éducation. Pour le dire de manière plus simple : on accompagne les enfants et les adolescents ainsi que les adultes qui les entourent, c’est-à-dire les parents et les acteurs éducatifs, à mieux vivre ce bouleversement numérique. Nous développons tous des usages numériques, mais cela ne veut pas dire que nous développons des compétences, c’est ce qui motive notre mission d’intervention auprès des publics, on développe des dispositifs pédagogiques extrêmement innovants en France comme des jeux pour comprendre la blockchain ou des modules d’éducation à l’i

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Tout est affaire de décors : "La Belle époque"

Romance | La soixantaine dépressive, méprisé par sa femme, Victor se voit proposer par un ami de son fils de vivre une expérience immersive dans des décors reconstituant l’époque de son choix. Victor choisit de replonger dans sa jeunesse, pile la semaine où il rencontra sa future épouse…

Vincent Raymond | Mardi 5 novembre 2019

Tout est affaire de décors :

Nicolas Bedos est-il un jeune vieux ? Si Monsieur & Madame Adelman avait dans son projet l’ambition encyclopédique d’embrasser une (double) vie, La Belle Époque — et bientôt OSS 117 : Alerte rouge en Afrique noire, semble-t-il — accréditent la thèse d’une nostalgie un peu paradoxale pour des années 1970 qu’il n’a pas connues. Se livrerait-on à la psychanalyse de comptoir (avec le personnage de Fanny Ardant, psy reconvertie dans le numérique, on se sent presque autorisé), qu’on y verrait comme un fantasme de résurrection de cette époque où son père, dont il est le clone, régnait au music-hall. Mais laissons cette hypothèse. À peine un « grand film malade » (pour reprendre le mot de Truffaut), plutôt un Leo McCarey mort-né, La Belle Époque agace parce qu’il tape à côté en gâchant une jolie idée. L’argument central, la “guérison amoureuse“ de Victor, se trouve en effet pollué par une sous-intrigue sentimentale déplaçant le centre de gravité vers l’égotique organisateur des reconstitutions — en clair, le metteur en

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Richard Brunel est le nouveau directeur de l'Opéra de Lyon

Mercato | C'est Richard Brunel qui va succéder à partir du 1er septembre 2021 à Serge Dorny à la tête de l'Opéra de Lyon. Franck Riester, ministre de la Culture, a validé le choix du jury en fin de journée.

Sébastien Broquet | Mardi 22 octobre 2019

Richard Brunel est le nouveau directeur de l'Opéra de Lyon

La fumée blanche s'est finalement échappée du toit de l'Hôtel de Ville lyonnais ce mardi : le successeur de Serge Dorny (qui s'en va diriger l'Opéra de Bavière) à la tête de l'Opéra de Lyon se nomme bel et bien Richard Brunel. L'information est restée un temps au conditionnel, car on attendait depuis la semaine dernière la validation définitive par Franck Riester et le ministère de la Culture du choix du jury. Approbation souhaitée rapidement avant le conseil d'administration de l'Opéra, prévu en novembre... D'où le lancement par la mairie d'un commmuniqué de presse en milieu d'après-midi, avant la validation finale, pour mettre visiblement un petit "coup de pression" à Paris, qui tardait un peu trop aux yeux de Gérard Collomb à confirmer le choix du jury lyonnais. Frank Riester a finalement validé ce choix de nommer Richard Brunel deux heures plus tard, peu après 18h ce mardi 22. Relancé durant l'été faute de candidats convaincants, mais aussi – même s'il ne faut pa

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Embrasse-moi idiot : "Matthias & Maxime"

Drame | À la suite d’un pari perdu, deux amis d’enfance (Matthias et Maxime) doivent s’embrasser devant une caméra. La situation les perturbe profondément et affecte leur relation, d’autant plus tendue que Maxime va partir deux ans en Australie. Ce baiser aurait-il révélé une vérité enfouie ?

Vincent Raymond | Mardi 15 octobre 2019

Embrasse-moi idiot :

Débarrassons-nous tout de suite des tics dolanniens qui, à l’instar d’excipients dans une recette, font du volume autour du “principe actif“ ; en l’occurrence, le cœur palpitant et original du film. Oui, on retrouve un portrait vitriolé de la génération parentale, en particulier des mères — les pères étant globalement absents. La génitrice du personnage de Maxime joué par Dolan apparaît comme de juste dysfonctionnelle, excessive (et droguée, violente, sous tutelle pour faire bonne mesure). Autre constante, la B.O. ressemble encore au juke box personnel du cinéaste, les aplats de musiques se révélant bien commodes pour faire des ponts entre séquences. Sorti de cela, Matthias & Maxime se situe dans un registre moins exalté qu’à l’ordinaire : la trentaine approchant, la rébellion s’amenuise et certaines paix intimes se conquièrent. Ce qui ne signifie pas que le film soit un robinet d’eau tiède : les tensions et les passions qu’il abrite y sont intériorisées (principalement par le personnage de Matthias), explosent par moment, mais sans extraversion carnavalesque.

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Qui s’y frotte… : "Bacurau"

Le film de la Semaine | Après Aquarius, Kleber Mendonça Filho s’associe à Juliano Dornelles pour livrer une fable picaresque futuriste, entre Les Chasses du Comte Zaroff et Les Aventures d’Astérix version brésilienne. Corrosif, sanglant et… visionnaire ? Prix du Jury à Cannes 2019.

Vincent Raymond | Mardi 24 septembre 2019

Qui s’y frotte… :

Nordeste brésilien, dans un futur proche. De retour à Bacurau pour enterrer sa grand-mère, Teresa remarque que le village est de plus en plus enclavé, comme coupé du monde. Les choses vont s’aggraver en présence de bien curieux étrangers. Mais Bacurau n’a pas dit son dernier mot ! Il y a trois ans, Kleber Mendonça Filho nous assénait une claque cuisante qui, à bien des égards, prophétisait métaphoriquement les prémices du populisme bolsonarien : on assistait en effet dans Aquarius à la déliquescence d’une société où le bon droit valait tripette face au poids des intérêts privés (et à leur omnipotence acquise par la corruption) ; où la maison Brésil semblait dévorée de l’intérieur, ses fondations menaçant de rompre à tout moment. Comme s’il souhaitait mettre entre parenthèses le temps présent, le cinéaste — en duo ici avec Juliano Dornelles — en propose avec Bacurau

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Encore plus d’étoiles devant les yeux

Festival Lumière | Francis Ford Coppola, Bong John Ho, Ken Loach, Daniel Auteuil et Marina Vlady ne seront pas seuls à visiter les salles obscures lyonnaises en octobre prochain : Frances McDormand, Donald Sutherland, Marco Bellocchio, Gael Garcia Bernal ou Vincent Delerm seront aussi du voyage…

Vincent Raymond | Mardi 3 septembre 2019

Encore plus d’étoiles devant les yeux

Paradoxe n°1 : à Lyon, on le sait, plus les salles sont obscures, plus l’on a de chances d’y trouver des étoiles — surtout à l’automne. Paradoxe n°2 : il fallait se rendre au Cinéma du Panthéon à Paris pour découvrir les nouveautés de la programmation du 11e Grand Lyon Film Festival dévoilées par son directeur, Thierry Frémaux. Valaient-elles le détour ? Sans nul doute pour certaines. D’abord, toutes les annonces de juin ont été confirmées et complétées — la précision n’est pas superflue, si l’on se remémore la triste déconvenue du Projet Godard l’an passé. Auteur d’une « œuvre d’un chaos insensé » selon Thierry Frémaux, Coppola sera bien présent parmi les Ghosn… pardon, les gones. Et son Prix Lumière sera l’occasion de re-projections d’une part non négligeable de sa filmographie : des raretés de ses débuts comme Dementia 13 ou La Vallée du Bonheur, Les Gens

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Benoît Forgeard : « à force de laisser entrer les IA dans le quotidien, il va devenir de difficile de leur résister »

Yves | Quand le cinéaste montre le frigo qui fait du rap, le spectateur peut rire mais aussi s’inquiéter. Benoît Forgeard grime en comédie ses inquiétude devant l’avénement des intelligences artificielles destinées aux consommateurs superficiels.

Vincent Raymond | Mercredi 26 juin 2019

Benoît Forgeard : « à force de laisser entrer les IA dans le quotidien, il va devenir de difficile de leur résister »

Après Gaz de France, vous continuez avec un scénario racontant une sorte de fin de monde… Benoît Forgeard : Oui c’est vrai : c’est ça la définition d’apocalypse d’ailleurs : pas forcément la destruction de la planète, plutôt le début d’un nouveau monde. Comment Yves a-t-il germé dans votre esprit ? Pendant plusieurs années, je faisais des pitchs de films imaginaires pour la revue So Film, et j’avais pour habitude de les écrire de façon assez poétique, sans trop me soucier de leur faisabilité. Là, j’étais allé à une conférence sur la domotique au Collège de France ; un spécialiste parlait des IA domestiques qui allaient arriver dans les maisons, notamment de la voiture automatique de demain qui lorsqu’elle percevra l’abaissement de vos paupières, prendra le contrôle du véhicule, se mettra sur le côté et appellera un proche (rires). Quand j’ai entendu ça, je me suis dit qu’il y avait une possibilité de faire une comédie : le potentiel burlesque est important dans cette idée que les IA prennent des initiatives.

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Robot après tous : "Yves"

ECRANS | Un rappeur en échec se retrouve propulsé au sommet grâce à l’aide de son réfrigérateur intelligent, qui va peu à peu exciter sa jalousie… Une fable contemporaine de Benoît Forgeard sur les périls imminents de l'intelligence artificielle, ou quand l’électroménager rompt le contrat de confiance. Grinçant.

Vincent Raymond | Mercredi 26 juin 2019

Robot après tous :

En galère personnelle et artistique, Jérem (William Lebghil) s’est installé chez sa feue grand-mère pour composer son album. Mentant sur sa situation, il s’inscrit pour devenir testeur d’un réfrigérateur tellement intelligent baptisé Yves qu'il va devenir son valet, son confident, son inspirateur et finalement son rival… Mieux vaut rire, sans doute, de la menace que constituent les progrès de l’intelligence artificielle et le déploiement – l’invasion – des objets connectés dans l’espace intime. D’un rire couleur beurre rance, quand chaque jour apporte son lot "d’innovations" dans le secteur du numérique et des assistants personnels ou de l’agilité des robots androïdes. Sans virer dans le catastrophisme ni prophétiser pour demain le soulèvement des machines décrit par la saga Terminator, mais en envisageant un après-demain qui déchante lié à l’omniprésence de ces technologies ou à notre tendance à tout leur déléguer inconditionnellement. Mister Freezer Yves n’es

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Partie de campagne : "Ville Neuve"

Animation | 1995. Alors que la campagne du référendum portant sur l’indépendance du Québec anime le pays, Joseph s’isole dans une cabane à Ville Neuve, en Gaspésie, pour se couper de l’alcool. Il persuade son ex-compagne Emma de le rejoindre. Ensemble, il vont raviver le passé…

Vincent Raymond | Mercredi 26 juin 2019

Partie de campagne :

De même que le fameux référendum causa aux souverainistes une amère gueule de bois (il fut rejeté par 50.58% des votants), ce film d’animation laisse avec des sentiments très mitigés. Sur le fond, il y a peu à reprocher : la crise politique est presque recouverte par la crise intime des protagonistes, cette urgence qu’ils doivent vivre au jour le jour. Ce qui ne veut pas dire qu’ils sont aveugles aux soubresauts du monde : pétri de conscience ou de réflexions politiques, Ville Neuve révèle un sous-texte franchement orienté situationniste dans sa critique de la société et offre même, par exemple, une “mise en images“ du film In girum imus nocte et consumimur igni de Guy Debord qui ne peut être le fruit du hasard. Hélas, le film ne va pas jusqu’au bout de ses désirs d’abstraction, et demeure inégal dans sa forme : il oscille entre la gaucherie appliquée d’un court-métrage de fin d’études empli d’études de mouvements un brin pataudes, et des séquences déployant d’authentiques preuves de virtuosité. Pour citer Andrei Roublev de Tarkovski, également au nombre des références de Ville Ne

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À la terre comme à la guerre : "Buñuel après l’âge d’or"

Animation | De Salvador Simo (Esp, 1h20)

Vincent Raymond | Mardi 18 juin 2019

À la terre comme à la guerre :

Le scandale suscité par son film L’Âge d’or (1928) ayant refroidi ses mécènes, Luis Buñuel change sa caméra d’épaule et débute la réalisation d’un documentaire post-surréaliste sur la misère dans la région des Hurdes, grâce aux gains de loterie d’un ami. S’engage alors un tournage épique… Historiquement fouillée, cette friandise pour cinéphile contaminée dans la moindre de ses images par l’univers fantasmatique de Buñuel, se garde bien de dresser un tableau trop complaisant de Don Luis — ni de Dalí, d’ailleurs, remis à sa place d’enfant gâté en quelques secondes. Mais si l’auteur de Terre sans pain, avec ses habitudes de hobereau, avait tout du fieffé égoïste, il était aussi un poète inspiré et visionnaire capable de transfigurer la réalité afin de l’encapsuler dans un film. Salvador Simo lui rend justice de ce talent, faisant preuve d’une élégance graphique à la hauteur du personnage, et d’un équilibre moral tout à son honneur. D’un point de vue métafilcinématographique, ce film propose en outr

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Pages vierges à l'enfant

Sciences Humaines | La revue de sciences humaines Illusio consacre son dernier numéro à l'enfance. Un beau sujet présenté au Bal des Ardents cette semaine.

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 22 mai 2019

Pages vierges à l'enfant

Au début des années 2000, à la Faculté de sociologie de Caen, un enseignant et quelques étudiants se lancent dans l'aventure d'une revue pluridisciplinaire nommée Illusio. « L'Illusio n'est pas seulement une duperie, c'est, dialectiquement, l'irréalité dans la réalité, le méconnu, le délaissé, le non-vu... » écrivent-ils dans l'introduction au premier numéro consacré à "Jeux olympiques, jeux politiques". Proches de la Théorie critique (lancée dans les années 1930 par Adorno, Horkheimer et d'autres), le collectif se veut à la fois intellectuel et militant, théorique et émancipateur. « Intellectuel collectif », Illusio puise aussi bien dans l'anthropologie, la psychanalyse, la sociologie, que la philosophie, et secoue les idées depuis déjà dix-huit numéros, consacrés aux mafias, à la libido, aux crises contemporaines... Le collectif collabore aussi depuis peu avec des artistes et des illustrateurs pour l'aspect visuel de ses copieux numéros. Entre émancipation et aliénation

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L'œil écoute au Musée d'Art Contemporain

Art Contemporain | Si ce n'est en fanfare, c'est en tout cas en musique qu'Isabelle Bertolotti débute sa nouvelle programmation au Musée d'Art Contemporain, avec un ensemble d'expositions consacré aux liens entre sons et arts plastiques.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 12 mars 2019

L'œil écoute au Musée d'Art Contemporain

« Sans la musique, la vie serait une erreur » disait Nietzsche. Prendre la musique, et plus largement le son, comme thématique pour ses premières expositions à la tête du MAC, est une idée plutôt revigorante de la part d'Isabelle Bertolotti. Ça bruisse, ça tinte, ça "drone", ça chante, ça pianote à tous les étages du musée, et toute cette rumeur donne une vitalité et une énergie de bon aloi pour le nouveau virage pris par le musée... Au premier étage, c'est l’œuvre de David Tudor (1926-1996) Rainforest V (Variation 2), récemment acquise, qui est mise en avant. En 1965, ce compositeur américain proche de John Cage tente d'attribuer une voix aux... objets ! Après plusieurs tentatives décevantes, c'est auprès de l'armée américaine qu'il trouve le matériel adéquat pour sonoriser divers objets et utiliser le tout pour la pièce chorégraphique de Merce Cunningham, Rainforest. Ce projet, David Tudor l'a retravaillé toute sa vie ou

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Isadora Duncan, corsetée

Théâtre | Dans un travail pointilleux, Silvano Voltolina rend hommage à la danseuse Isadora Duncan. Mais ID +/- s'avère souvent lourd à déployer.

Nadja Pobel | Mardi 5 mars 2019

Isadora Duncan, corsetée

Depuis six ans, au sein de la compagnie SPINA qu'il a co-créée, Silvano Voltolina, membre dès 1995 de la Societas Raffaello Sanzio auprès de Romeo Castellucci, travaille tant le théâtre que les arts visuels. Il le fait toujours au profit d'un récit, celui sur Marx, celui issu du Songe de Strindberg (Indra) et désormais un autre composé d'après les éléments biographiques de la danseuse du début du XXe siècle, Isadora Duncan. Sur le plateau, c'est la fille qu'elle a été qui prend la parole sous les traits de l'actrice Nanyadji Ka-Gara (formée à l'école supérieure de Bordeaux), déterminante dans la conception du spectacle. D'emblée, elle a littéralement « perdu la tête » enserrée des objets métalliques. Au gré d'accessoires ingénieux et même de vidéos qu'elle réalise en direct, elle déroule ce destin chaotique et créatif : inventer une danse dénuée de son académisme et se frayer un chemin personnel dans une vie modeste où

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Rich Moore & Phil Johnston : « on donne des coups de coudes, mais avec amour »

Ralph 2.0. | Auteurs des Mondes de Ralph et de Zootopie, les sympathiques Rich Moore & Phil Johnston ont à nouveau uni leurs forces pour donner une suite aux aventures de leurs héros d’arcade. Conversation.

Vincent Raymond | Mardi 19 février 2019

Rich Moore & Phil Johnston : « on donne des coups de coudes, mais avec amour »

Comment vous avez eu l’idée de projeter Ralph dans l’Internet ? Phil Johnston : Elle est venue au-dessus de mon bureau. Nous venions d’avoir un bébé avec ma femme et elle s’est faite avoir par une arnaque sur Internet par un type qui vendait de la viande en ligne. À ce moment-là, on a réalisé que ça arrivait à tout le monde. Et on a imaginé ce qu’il pouvait se passer si jamais Ralph était obligé d’aller dans Internet, s’il se faisait arnaquer, jusqu’où ça pourrait nous mener… Rich Moore : Ça a juste commencé avec l’idée d’aller dans Internet, sans histoire ; à partir de là, on a commencé à travailler. L’Internet que vous montrez est un océan de marques. Comment avez-vous fait pour obtenir l’autorisation de les utiliser ? RM : On n’avait pas besoin de demander. Aux États-Unis, il existe dans le droit le fair-use qui dit que tant que l’on ne dénigre pas ou que l’on ne détourne pas la marque, on peut l’utiliser dans un film. Ainsi, eBay ne savait même pas qu’ils étaient dans le film avant la sortie du trailer

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La fibre de l’amitié : "Ralph 2.0"

Animation - dès 6 ans | de Rich Moore & Phil Johnston (É-U, 1h53) avec les voix (v.f.) de François-Xavier Demaison, Dorothée Pousséo, Jonathan Cohen…

Vincent Raymond | Mercredi 13 février 2019

La fibre de l’amitié :

Ayant provoqué malgré lui la casse du jeu d’arcade de son amie Vanellope, Ralph plonge avec elle dans l’univers multidimensionnel de l’Internet pour trouver l’argent permettant de le réparer. Il leur faudra triompher de nouveaux adversaires et de féroces bugs pour boucler ce niveau… On connaît tous le principe évolutif d’une suite : offrir davantage que l’opus précédent afin d’élargir sa “surface de contact“ pour ne pas perdre le public de base et, si possible, en gagner un nouveau. Contrat rempli pour Ralph 2.0 qui délaisse le monde vernaculaire des jeux d’arcade pour conquérir en toute logique ce qui lui a succédé, son hyper-extension cosmique qu’est Internet. Moore & Johnston le matérialisent avec une indéniable virtuosité graphique et esthétique, comme une réplique de notre réalité, reprenant en cela le concept élaboré dès Tron — auquel leur film rend un hommage en forme de tacle. Le terme “matérialiser“ convient d’ailleurs assez bien à ce territoire virtuel, saturé de banderoles, de log

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Un musée ouvert à et vers l'extérieur

Musée d'Art Contemporain | Récemment nommée à la tête du Musée d'Art Contemporain et de la Biennale d'Art Contemporain, Isabelle Bertolotti nous fait part de ses projets et de ses grandes lignes directrices. Où l'on apprend que les anciennes usines Fagor-Brandt pourraient accueillir des expositions après la Biennale et que Nuits sonores va investir le MAC pour un concert.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 12 février 2019

Un musée ouvert à et vers l'extérieur

Début mars, le musée inaugurera un ensemble d'expositions et d'événements autour de la thématique du son. C'est votre premier acte de programmation en tant que directrice du MAC. Quels en sont les enjeux ? Isabelle Bertolotti : Je souhaite que les expositions du musée soient regroupées de manière simple et lisible pour le public autour d'une thématique. Cela permet de montrer nos collections sous un certain angle (en mars avec des œuvres de David Tudor, Terry Riley, Le Monte Young...) et d'inviter de jeunes artistes, tout en ouvrant un champ interdisciplinaire (arts plastiques, musique, performance, concerts, conférences...). Avec cette thématique du son, on peut cheminer de la méditation minimaliste expérimentale de La Monte Young à la communauté de relaxation ASMR qui se développe de manière exponentielle aujourd'hui sur le Web. Des liens se tissent entre l'art, des faits de société, de nouveaux m

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Jeunesse qui rouille fait l’andouille : "Une jeunesse dorée"

Autobiopic | De Eva Ionesco (Fr-Bel, 1h52) avec Isabelle Huppert, Melvil Poupaud, Galatea Bellugi…

Vincent Raymond | Lundi 14 janvier 2019

 Jeunesse qui rouille fait l’andouille :

1979. Rose quitte le foyer où elle est placée pour vivre avec son amoureux, un peintre débutant. Seule condition : suivre son apprentissage. Qu’elle va vite déserter pour se fondre dans les folles nuits d'une boîte parisienne à la mode, en compagnie d’excentriques autodestructeurs… Poursuivant ici après My Little Princess la résurrection de ses souvenirs par le cinéma, Eva Ionesco aborde à présent la stupéfiante (!) époque du Palace, hantée de noctambules vaguement arty-dandy, à qui les années 1980 réservaient de mirifiques promesses — mais aussi son lot de morts violentes. D’où le ton crépusculaire de cet opus, façon gueule de bois et cendrier froid, traversé de fantômes plus ou moins nommément cités (Pacadis, Pascale Ogier, Jacno s’y reconnaissent par flashes) et son cousinage avec les ambiances des Nuits de la pleine lune — tout de même, quel flair le vieux Rohmer avait eu en capturant en temps réel la joie triste de cette jeunesse. Mais hélas pour Ionesco, son auto-biopic décalé se trouve pénalisé par la fausseté de son interprète principale, l

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La danse décentrée de Cunningham

Danse | Il y a quelque chose de fascinant chez Merce Cunningham (1919-2009) et qui découle d'un apparent paradoxe. Chantre du hasard et de la liberté, le (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 6 novembre 2018

La danse décentrée de Cunningham

Il y a quelque chose de fascinant chez Merce Cunningham (1919-2009) et qui découle d'un apparent paradoxe. Chantre du hasard et de la liberté, le chorégraphe était aussi d'une exigence inouïe, voire draconienne, quant à la précision des mouvements. Chez lui, il est possible à la fois de tirer des séquences et des mouvements à coups de dés, et de défier les capacités techniques et virtuoses des danseurs ! C'est le cas par exemple avec sa pièce emblématique pour six interprètes, Summerspace, créée en 1958, où l'ordre des mouvements est tiré au sort, et où la chorégraphie de Cunningham, le décor et les costumes du célèbre plasticien Robert Rauschenberg, et la musique de Morton Feldman ont été conçues indépendamment. Le tout est une ode au déplacement et à la traversée, qui refuse aussi toute centralité de l'action. Chaque danseur est un "centre" potentiel de la pièce. « L'univers est une sphère infinie dont le centre est partout, la circonfé

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Crédit révolver : "En liberté !"

Comédie | Pour compenser ses années de taule, un innocent commet des délits. Sans savoir qu’il est “couvert“ par une policière, veuve de celui qui l’avait incarcéré à tort, elle-même ignorant qu’un collègue amoureux la protège… Encore un adroit jeu d’équilibriste hilarant signé Salvadori.

Vincent Raymond | Mardi 30 octobre 2018

Crédit révolver :

Policière, Yvonne élève son fils dans la légende de son défunt époux Santi, flic héroïque mort en intervention. Découvrant fortuitement que celui-ci était un ripou de la pire espèce, elle entreprend de réhabiliter une de ses victimes, et cause son pesant de dommages collatéraux… Après une parenthèse semi-tendre célébrant les épousailles de la carpe et du lapin (Dans la cour, avec Deneuve et Kervern), Pierre Salvadori revient à ses fondamentaux : une comédie portée par des bras cassés, émaillée d’un franc burlesque et construite autour de mensonges plus ou moins véniels. Qu’ils proviennent de mythomanes pathologiques ou d’affabulateurs·trices d’occasion, qu’ils visent à duper ou à adoucir la vie de ceux qui en sont les destinataires, les gauchissements de la vérité constituent en effet la trame régulière du cinéma salvadorien. Ce qui change toutefois dans En liberté ! — et en juste écho avec le titre — c’est que le mensonge se trouve ici en constante réécriture. En impro(ré)visant la légende dorée de Santi qu’elle raconte chaque soir à son fils, Yvo

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Pierre Salvadori « c’est le film où Camille me complète et comprend le mieux mon univers »

En liberté ! | L’accord entre un cinéaste et son compositeur est la clef invisible de nombreuses réussites cinématographiques. Pierre Salvadori le confirme en évoquant sa collaboration harmonieuse avec Camille Bazbaz sur En Liberté ! Avec, en prime, un solo de Pio Marmaï…

Vincent Raymond | Mardi 30 octobre 2018

Pierre Salvadori « c’est le film où Camille me complète et comprend le mieux mon univers »

Ce n’est pas la première fois que vous travaillez avec Camille Bazbaz… Pierre Salvadori : C’est le quatrième film ensemble après Comme elle respire, Les Marchands de sable, Hors de prix… Pio Marmaï (surgissant) : Quelle fripouille celui-ci. J’adore ! Il a une identité musicale ce film, c’est un chef-d’œuvre — César ou je meurs ! T’imagines, le roublard ? Je veux voir son costume ! Vous l’auriez vu, à Cannes. On avait un look… PS : Moi je m’en fous de l’avoir, mais je prie pour que Camille retire un peu de gloire. Entre nous, c’est une vieille histoire. Comment vous êtes-vous rencontrés ? Par la musique, dans les années 1990. Dans le XVIIIe arrondissement, il y avait un endroit qui s’appelait l’Hôpital Éphémère, un squat, avec des peintres où il avait son studio de répétition. J’allais voir ses concerts, j’étais un peu fan. Quand j’ai appris qu’il adorait Les Apprentis, on s’est ren

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Agnès Gayraud : à base de Popopop

Pop culture | Avec Dialectique de la pop, la philosophe et pop critique Agnès Gayraud, également musicienne sous le nom de La Féline, interroge en profondeur l'essence et les belles contradictions des « musiques populaires enregistrées ».

Stéphane Duchêne | Mardi 2 octobre 2018

Agnès Gayraud : à base de Popopop

Peut-être les amateurs de la chanteuse électro-pop connue sous le nom de La Féline, ignorent-ils qu'Agnès Gayraud à l'état civil est également journaliste, normalienne et docteure en histoire de la philosophie. Or ces activités se rejoignent dans un livre : Dialectique de la pop, titre fort sérieux pour un sujet qui ne l'est pas en apparence. Mais en apparence seulement, et c'est tout le sujet du livre. D'ailleurs si la pop n'était pas sérieuse pourquoi le philosophe et sociologue Theodor Adorno, pilier de l'École de Francfort, l'aurait-il combattu avec tant de sérieux, lui qui détestait le jazz et l'idée que l'on puisse écrire des chansons pop sur la guerre du Vietnam. « La musique populaire légère est mauvaise, doit être mauvaise sans exception » disait ce « hater hyperbolique » de la pop, au risque de la mauvaise foi. C'est en spécialiste du bonhomme qu'intervient ici Agnès Gayraud pour faire de cet « ennemi objectif » de la pop son « allié subjectif

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Éric Judor et Julien Guetta : « le beau ne sort que d’accidents heureux »

Roulez jeunesse ! | Pour son premier long-métrage "Roulez jeunesse", Julien Guetta a osé demander à Éric Judor de changer de registre. Cela tombe bien : celui-ci voulait glisser vers un format plus dramatique. Rencontre en deux temps et à deux voix.

Vincent Raymond | Mercredi 1 août 2018

Éric Judor et Julien Guetta : « le beau ne sort que d’accidents heureux »

Votre film flirte avec la comédie italienne et la comédie à l’anglaise… Julien Guetta : C’était une des ambitions, clairement. Comme de choisir Éric, qui fait beaucoup de comédies, pour l’emmener vers quelque chose d’autre, de plus singulier, qu’on n’a pas forcément l’habitude de voir en France. J’ai une très grande admiration pour Éric. C’est un acteur très technique, quelqu’un de très professionnel qui gère la comédie — c’est hyper agréable quand on est réalisateur — et même le drame. Et il est aussi réalisateur… D’où vient ce personnage d’Alex, l’adulte un peu enfant qu’il interprète ? JG : Je pense que j’étais comme ça quand j’ai commencé à écrire. Et que je n’aimais pas trop cette figure — c’est pour ça que je ne trouve pas le personnage complètement irresponsable non plus. C’est un bon gars maladroit, un mec trop gentil, qui sait quand même se démerder avec la vie. J’ai eu un fils pendant l’écriture du film, ça a modifié aussi mon point de vue. Avez-vous profité des capacités d’imp

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Père de dépannage : "Roulez jeunesse"

Comédie familiale | de Julien Guetta (Fr, 1h24) avec Éric Judor, Laure Calamy, Brigitte Roüan…

Vincent Raymond | Mardi 24 juillet 2018

Père de dépannage :

Peu rongé par l’ambition, Alex s’épanouit au volant de la dépanneuse du garage administré par sa mère. Son bon cœur le conduit un soir à aider une jeune femme déboussolée, qui l’entraîne chez elle et le plaque le lendemain en lui laissant ses trois enfants en cadeau… Comment grandir quand on n’en éprouve pas le besoin impérieux ; comment accepter de couper le cordon quand on a toujours surprotégé son fils ; comment admettre que l’on a encore besoin de référents adultes lorsque l’on est adolescent ; est-il normal de ne pas éprouver d’instinct maternel ? Roulez jeunesse mesure chaque terme du syntagme “comédie familiale“ en explorant avec finesse le lien et l’attachement sous toutes ses formes — voilà pour les lecteurs·trices de Françoise Dolto. Pour son premier long en tant que réalisateur, Julien Guetta approfondit donc des questionnements entamés dans ses courts métrages Les Ventres vides et surtout Lana del Roy (primé à Villeurbanne), où la famille en crise constituait à la fois le périmètre et la rai

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En vert et contre tout : "Woman at War"

Drame | de Benedikt Erlingsson (Is, 1h41) avec Halldora Geirhardsdottir, Davíd Thór Jónsson, Magnús Trygvason Eliassen…

Vincent Raymond | Mardi 3 juillet 2018

En vert et contre tout :

Avec son arc, ses flèches et son culot, la combative Halla sabote les installations électriques islandaises afin de pénaliser l’industrie de l’aluminium et surtout préserver l’environnement. Parallèlement, elle espère depuis trois ans obtenir un feu vert pour adopter une petit fille… Les cinémas du Nord usurpent rarement leur réputation d’excentricité, pas plus qu’ils ne manquent une occasion de valoriser leurs territoires. En prenant pour héroïne une activiste écolo cheffe de chœur et quasi quinquagénaire, Benedikt Elingsson met donc la barre haut question singularité ; dommage qu’il incorpore à son récit une sœur jumelle, vieille lune scénaristique dont il est évident dès son apparition à l’écran qu’elle aura un rôle décisif dans le dénouement. Cela gâche, sinon la férocité du propos politique et poly-militant — en faveur de l’adoption par des femmes seules, contre la marchandisation des ressources naturelles, contre le délit de faciès etc. —, la qualité globale du film. Même s’il va dans le sens de l’Histoire ; même s’il est joliment emballé dans une esthétique ultra-léchée (avec bande originale visible car joué

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Hybrides débridés : "Mutafukaz"

Animation | Retour gagnant sur grand écran pour Guillaume Renard, alias Run, qui offre de l’espace et du temps aux héros de l’univers pop-pulp-futuriste de Mutafukaz, la série qu’il avait développée en BD. Une synthèse street punk bariolée, avec des cafards, des mutants et de la lucha libre.

Vincent Raymond | Mardi 22 mai 2018

Hybrides débridés :

Dark Meat City. Livreur de pizzas parfumé à la lose, Angelino voit sa vie changer le jour où, après avoir un peu trop maté une belle donzelle, il percute un camion. Une armée de tueurs détruit son taudis, le forçant à partir en cavale avec son coloc’. Au passage, il se découvre des pouvoirs… Apparue avec le millénaire et son cortège de néo-usages techno-ludiques, la maison Ankama héberge une flopée de séries transmédia qui, fort logiquement, trouvent au cinéma un terrain de jeu supplémentaire. Après le réussi Dofus, livre 1 : Julith (hélas passé un peu inaperçu), voici donc un nouvel objet pop-fusion post-moderne tirée de cette galaxie aux inspirations multiples et débridées : entre l’anticipation et la dystopie, la jungle urbaine peuplée d’aliens undercover visant à prendre le contrôle de la planète en asservissant les humains rappelle le John Carpenter de Invasion Los Angeles. Ados dans le viseur Mais aussi la désinvolture vitaminée du Tarantino de

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Frank Le Gall

CONNAITRE | On peut parler d’événement sans exagération tant il cultive la discrétion et fuit tout ce qui a trait à de la promotion brute ou à des manifestation publiques. (...)

Vincent Raymond | Lundi 30 avril 2018

Frank Le Gall

On peut parler d’événement sans exagération tant il cultive la discrétion et fuit tout ce qui a trait à de la promotion brute ou à des manifestation publiques. Est-ce le cadre si particulier de cette pépinière d’artistes qu’est l’École Émile-Cohl, l’invitation lancée par l’Épicerie séquentielle (une joyeuse — et néanmoins sérieuse — guilde de professionnels de l’illustration) ou bien l’amitié nouée avec ses interlocuteurs de la soirée, qui a convaincu Frank Legall de venir participer à une conférence-rencontre ? Toujours est-il que ce sera l’occasion de revenir sur la genèse de la série phare du Breton, Théodore Poussin (dont le 13e tome Le Voyage de l’Amok vient de paraître chez Dupuis), ou d’évoquer l’aventure de Spirou et Fantasio qu’il avait signée, Les Marais du Temps. Une fois que vous aurez bu ses paroles, si vous avez la gorge sèche, un petit buffet est prévu contre une modeste participation aux frais (2€) At

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La Halle Tony Garnier se cherche une nouvelle voie

Politique Culturelle | Ça va bouger du côté de la Halle Tony Garnier : la ville envisage d'en changer le mode de gestion à l'occasion du départ dans deux ans de son directeur, Thierry Téodori, et du renouvellement de la convention liant les deux parties à la fin de cette année. Comme pour la Salle Rameau, se pose aussi la question de l'intérêt de gros entrepreneurs du divertissement pour Lyon.

Sébastien Broquet | Mardi 17 avril 2018

La Halle Tony Garnier se cherche une nouvelle voie

À Lyon, point de Zénith, mais une Halle Tony Garnier devenue passage obligé des grosses tournées internationales dans l'agglomération. 115 représentations en 2017, pour 584 188 spectateurs payants et 5M€ de chiffre d'affaire : l'établissement public rapporte entre 200 000 et 400 000 euros chaque année à la Ville de Lyon, à laquelle les bénéfices sont reversés. Voilà un équipement culturel qui rapporte, ce qui n'est pas si courant... Et dont le directeur, Thierry Téodori, veille à respecter l'écosystème local en fermant ses portes en juillet et août, de manière à ne pas concurrencer les festivals (en premier lieu Nuits de Fourvière et Jazz à Vienne) ou en ouvrant ses portes au Festival Lumière. Du côté de la Ville, on parle même d'un « vaisseau amiral » chapeautant l'ensemble des salles du cru, du Kraspek Myzik au Transbordeur. Alors, tout va bien ? Oui, mais pas tout à fait, serait-on tenté de répondre. Téodori sur le départ Déjà, Thierry Téodori se prépare pour la retraite, dans deux ans. Se pose d'ores et déjà la question de sa succession, et remplacer celui qui est une figure incontestable et sans cesse consulté

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The Ink Factory, premier acte

Tatouage | Rendez-vous tatouage de l’année, la première édition de The Ink Factory prendra place à la Sucrière le temps d’un week-end avec des tatoueurs venus du monde entier pour célébrer cet art autour d’expositions, concerts, performances et pâtisseries par Sébastien Bouillet en personne !

Sarah Fouassier | Mardi 3 avril 2018

The Ink Factory, premier acte

Lyon semble avoir trouvé un événement tattoo à la hauteur de la qualité du travail de ses tatoueurs. Né du constat d’un manque évident d’un salon qualitatif, Téodor Milev, patron de la boutique 681 Tattoo, s’est mis en tête de rassembler ses nombreux copains tatoueurs sous un même toit. Son leitmotiv ? Mettre en avant Lyon, son patrimoine et ses artistes. 140 tatoueurs feront le déplacement jusqu’à la Confluence, et pas moins de vingt nationalités seront représentées. On a déjà repéré quelques noms qui feront saliver les connaisseurs et qui susciteront la curiosité des profanes. En ce qui nous concerne, on fera un tour sur les stands de Tin-Tin, le tatoueur français incontournable, organisateur du hautement qualitatif Mondial de Paris, mais aussi du côté d'Alix Ge, la réalisatrice du visuel de Ink Factory qui excelle dans le style tradi-japonais. Les Japonais seront d'ailleurs représentés par deux hommes de renom. Pour les plus téméraires, allez voir Horishige et découvrez son style Irezumi et la technique ancestrale au tebori. Les novateurs apprécieront le travail de

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Serge Dorny prend la tête de l'Opéra National de Bavière

Opéra de Lyon | Serge Dorny va quitter l'Opéra de Lyon : le gouvernement du land allemand de Bavière vient d'annoncer ce mardi sa nomination en tant que directeur (...)

Sébastien Broquet | Mardi 6 mars 2018

Serge Dorny prend la tête de l'Opéra National de Bavière

Serge Dorny va quitter l'Opéra de Lyon : le gouvernement du land allemand de Bavière vient d'annoncer ce mardi sa nomination en tant que directeur général de l'Opéra National de Bavière, dont il prendra les commandes le 1er septembre 2021. Il va prendre la place de Nikolaus Bachler, en fin de mandat. Le Belge, âgé de 56 ans, avait été directeur de l'Orchestre Philharmonique de Londres et de La Monnaie à Bruxelles avant de prendre la direction de l'Opéra de Lyon, où son mandat a été marqué par des succès artistiques indéniables et une reconnaissance internationale, mais aussi par une polémique entourant des abus autour de ses notes de frais. Il était à la tête de l'établissement lyonnais depuis 2003 et le restera jusqu'en août 2021.

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Une ville mise aux placards : "3 Billboards, Les Panneaux de la vengeance"

Le film de la semaine | Marqué par un enthousiasmant trio d’interprètes (Frances McDormand/Woody Harrelson/Sam Rockwell) et une narration exemplaire, ce revenge movie décalé nous fait tomber avec délices dans le panneau. Le Midwest, le vrai…

Vincent Raymond | Mercredi 17 janvier 2018

Une ville mise aux placards :

Excédée par l’inertie de la police dans l’enquête sur le meurtre de sa fille, l’opiniâtre Mildred le fait savoir sur trois pancartes géantes jusqu’alors à l’abandon au bord d’une route peu fréquentée. Les conséquences indirectes de cette initiative dépasseront tout ce qu’elle aurait pu imaginer… La présence en tête de gondole de Frances McDormand biaise sans doute l’appréciation. N’empêche : Joel & Ethan Coen auraient pu signer 3 Billboards… Son scénariste et réalisateur, Martin McDonagh, qui s’était déjà illustré avec Bons baisers de Bruges (2008) — polar sérieusement déviant en dépit de son titre français bien naze — fond en effet avec une maestria comparable chronique sociale et sarcasme décapant dans une matrice de film noir. Certes, la géographie les sépare (McDonagh opte pour le Missouri quand les Coen balancent entre la froidure du Minnesota et le torride du Texas), mais le creuset humain est le même : une population globalement rurale riche en stéréotypes conservateurs ; un vase clos éloigné de l’administration fédérale conspuée à l’envi.

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La beauté sera convulsive : "Thelma"

Le Film de la Semaine | On sait depuis Spider-Man qu’un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. Mais comment les assumer si l’on a pas encore conscience d’en posséder un ? Dans Thelma, son éveil chez une jeune femme coïncidera avec la résolution radicale de son Œdipe. Hypnotique.

Vincent Raymond | Mardi 21 novembre 2017

La beauté sera convulsive :

La post-adolescence féminine a toujours suscité fascination et fantasmes : un corps qui se métamorphose et devient apte à concevoir peut bien recéler d’autres prodiges plus secrets encore. Pouvoirs supra-naturels ou appétits déviants figurent alors en bonne position — demandez à la Carrie de Stephen King, ou aux deux sœurs de Grave (2016) leur avis sur la question. Joachim Trier à son tour a succombé à la séduction janusienne de cette nouveauté, qui dans le même temps attire et effraie avec Thelma, portrait d’une jeune femme résolument différente. Issue d’une famille rigoriste vivant en marge du monde, Thelma arrive à la faculté avec sa solitude et sa timidité. Une soudaine crise épileptoïde survenue à la bibliothèque lui permet de socialiser avec Anja, qui devient son amie et l’initie à la vie : boisson, cigarette et même davantage… Pupille absente… Film fantastique qui se retient le plus longtemps p

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L’envie d’avoir envie : "Jalouse"

ECRANS | de David & Stéphane Foenkinos (Fr, 1h42) avec Karin Viard, Anne Dorval, Thibault de Montalembert…

Vincent Raymond | Mardi 7 novembre 2017

L’envie d’avoir envie :

Nathalie est bizarre en ce moment : elle éprouve le besoin de tancer en public sa charmante fille à peine majeure ; elle dénigre une jeune collègue et ne loupe pas une occasion de causer du tort à ses proches qu’elle envie pour tout et rien. Sa névrose serait-elle due à la pré-ménopause ? Pour leur premier long, les frères Foenkinos s’étaient rassurés en adaptant un roman de David, La Délicatesse, pour un résultat mitigé — malgré François Damiens. Partant ici d’un scénario original, ils semblent avoir davantage pensé leur narration et leurs personnages pour le cinéma, c’est-à-dire en laissant aux comédiens la possibilité de les investir. Karin Viard excellant dans les emplois de râleuse-déprimée-déboussolée (revoyez La Nouvelle Ève ou Reines d’un jour), sa présence prédatrice s’imposait au centre de cette toile d’araignée. Bien contrebalancée par un aréopage de partenaires solides — même si certain·e·s, comme Anaïs Demoustier, auraient mérité plus d’espace —, l’actrice oscille à la merveille dans ce qu

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Michel Raskine débroussaille les chants aux Subsistances

Théâtre | « Lautréamont Les Chants de Maldoror / Tu n'aimes pas moi j'adore », tentait de chanter avec sa voix accidentée Jane Birkin dans l'ultime album (...)

Nadja Pobel | Mardi 10 octobre 2017

Michel Raskine débroussaille les chants aux Subsistances

« Lautréamont Les Chants de Maldoror / Tu n'aimes pas moi j'adore », tentait de chanter avec sa voix accidentée Jane Birkin dans l'ultime album studio que Gainsbourg lui écrivait en 1990. Un leitmotiv basique pour ce Et quand bien même sublime, forcément sublime. Michel Raskine s'élève heureusement au-dessus de ces paroles, démontrant qu'avec ce texte ardu (on aurait facilement tendance à le repousser), il y a tout de même une matière à théâtre et à jeu, notamment parce que Mervyn, un adolescent énigmatique, se lance dans une chevauchée nocturne. Et d'emblée, plutôt que nous relater les cinq chants précédents, le metteur en scène s'attache à nous donner une clé d'entrée à ce récit opaque avec la fameuse phrase du début de ce 6e chant qui inspira tant les surréalistes : « la rencontre fortuite sur une table de dissection d'une machine à coudre et d'un parapluie », qui définit ici la beauté du jeune Mervyn, « 16 ans et 4 mois », auquel Maldoror, « ce sauvage civilisé », écrit. Jeu de poupées russes entre la personnalité de Lautréamont lui

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Corridor : Label Province

Post Punk | Non, Supermercado, titre du deuxième album de Corridor, ne fait pas référence à la flambée des prix que le football a connu cet été de ce côté-ci de (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 12 septembre 2017

Corridor : Label Province

Non, Supermercado, titre du deuxième album de Corridor, ne fait pas référence à la flambée des prix que le football a connu cet été de ce côté-ci de l'Atlantique : on est prêt à parier que le quatuor montréalais n'en a cure. Encore que ce disque aurait pour thème la transition entre deux époques (ce qu'est un peu le mercato d'été)... Surtout, Corridor ne tient guère en place musicalement : « on ne veut pas être un band qui fait tout le temps la même affaire » (à lire avec l'accent québécois) déclarait en mai dernier le leader Jonathan Robert au site voir.ca. Comme beaucoup de groupes montréalais, Corridor a la recherche dans le sang et l'ennui en horreur. De même qu'une certaine inclination au « bon dieu de fun ». Même si ce dernier ne crève pas les yeux sur leur second "long jeu" comme on dit là-bas, la chose s'étalant entre post-punk et krautrock, cisaillée de guitares cristallines, et envapé de voix toujours ou presque enregistrées en arrière du reste, comme étouffées façon shoegazing. Une manie déjà repérée chez un autre groupe de l

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Des artistes aux semelles de vent

Art Contemporain | Derniers jours pour découvrir au Musée Paul Dini une exposition collective d'art contemporain consacrée au thème large du vagabondage.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 5 septembre 2017

Des artistes aux semelles de vent

Toute œuvre d'art exige a minima, de l'artiste comme du spectateur, un déplacement. Déplacement du regard, déplacement de valeurs esthétiques et éthiques, déplacement de notre perception du monde, des autres et de soi. Parfois, l'œuvre nous pousse jusqu'à la perte de notre identité et de notre rapport quotidien au monde, elle devient alors vertige, rencontre essentielle, métamorphose. Le thème large du vagabondage semble alors idoine à une exposition d'art contemporain, thème proposé en l'occurrence par le Musée Paul Dini pour la 14e édition de son Été contemporain (une exposition annuelle réunissant plusieurs artistes contemporains de la région). Lignes d'erre L'exposition ouvre l'errance vagabonde à toutes ses dimensions possibles : « Au-delà de l'arpenteur des campagnes, écrivent les commissaires de l'exposition, l'artiste peut en effet saisir la modernité urbaine, entre effet diurne et effet nocturne. Avec ses moyens propres, en deux ou trois dimensions, il évoque le rêve éveillé, l'évasion, le cheminement au travers duquel l'esprit ou le corps se meut, dans un espace et un temps parallè

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Les Pierres dorées, à pieds

Chemins et Jardins de Pierre | Pour les Lyonnais, les Pierres dorées sont un domaine du Beaujolais où il fait bon aller se promener, dans ce Nouveau Rhône embourgeoisé qui aime tant les (...)

Nadja Pobel | Mardi 4 juillet 2017

Les Pierres dorées, à pieds

Pour les Lyonnais, les Pierres dorées sont un domaine du Beaujolais où il fait bon aller se promener, dans ce Nouveau Rhône embourgeoisé qui aime tant les 4X4. Mais dorées pourquoi ? Parce que le sol en calcaire avec oxyde de fer réfléchit la lumière et offre cette couleur ocre et lumineuse à toute une série de villages répertoriés tels Oingt, Theizé, Jarnioux, Légny, Chazay d'Azergues... Se hisser sur les vallons de Oingt est une bonne idée pour dominer toute la vallée de l'Azergues. Ce village médiéval - un des plus beaux de France, selon la fameuse association du même nom - n'a même plus vraiment sa dénomination depuis le 1er janvier : il a fusionné avec Le Bois-d'Oingt et Saint-Laurent-d'Oingt. Fini la commune d'une poignée d'âmes. Si la voiture est souvent nécessaire pour découvrir ces paysages aux reflets roux, elle n'est pas totalement indispensable. Par exemple, direction Chatillon d'Azergues en TER et autocar (via Lozanne) et, du parking de la place de la mairie, commence une balade d'1h20 pour 4, 5 km, à

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Insomniaque : 3 soirées pour ce week-end

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 13 juin 2017

Insomniaque : 3 soirées pour ce week-end

16.06.17 > LE SUCRE LAURENT GARNIER OK, c'est déjà sold-out. Comme à chaque passage de Garnier en ville. Le maître de la techno en France perpétue son histoire d'amour avec le public lyonnais en inaugurant ce nouveau cycle estival du Sucre, L'Amicale, l'occasion d'une rencontre avec les deux jeunes pousses qui faisaient notre Une il y a peu, G'Boï & Jean-Mi, diggers fureteurs et instigateurs de La Chinerie, en pleine ascension. Copains. 16.06.17 > TRANSBORDEUR PLANETARY ASSAULT SYSTEMS Un live de Luke Slater sous son alias Planetary Assault Systems, c'est en général l'assurance de galoper dans une dimension parallèle deux heures durant : l'Anglais est un pilier solide et massif de la scène techno et il n'a pas pour habitude de faire dans la dentelle lorsqu'il s'incarne sous ce nom... Placée sous le double patronnage de Encore & Jacob, la nuit sera aussi celle de DVS1 et Milenà. Hacker.

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"Dora ou les névroses sexuelles de nos parents" de Stina Werenfels : Dora explore l’amour

ECRANS | de Stina Werenfels (Sui, 1h28) avec Victoria Schulz, Lars Eidinger, Jenny Schily…

Vincent Raymond | Mardi 6 juin 2017

« Différente », selon sa mère, agissant souvent avec la spontanéité désinhibée d’une enfant, Dora vient de fêter ses 18 ans. Libérée des traitements, elle découvre des pulsions nouvelles. Le hasard place sur sa route un homme trouble qui la viole, mais avec lequel elle va entretenir une relation, jusqu’à se retrouver enceinte. Attention, exception ! Dans le cinéma traitant du handicap, il est hélas rare que le fond et la forme présentent simultanément de l’intérêt. Stina Werenfels accomplit donc un petit miracle de délicatesse avec ce premier long-métrage abordant l’épineuse question (en particulier pour leurs parents) de l’autonomie sexuelle des personnes en situation de handicap mental. Lumineux grâce à une photographie éclatante, son film épouse volontiers la singularité du regard de Dora, à la pureté innocente et inconditionnelle — mais non universel, car elle choisit qui elle aime. Et en dépit de ce contexte de départ atypique, tout (des rivalités générationnelles mère/fille à la proximité père/fille, en passant par l’étendue de la gamme de sentime

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De l'agitation à l'Opéra

Opéra de Lyon | Les notes de frais de Serge Dorny ont été dévoilées et épluchées par le pure player Médiacités. Une partie des salariés s'est offusqué de leur contenu, dans un communiqué.

Sébastien Broquet | Mardi 23 mai 2017

De l'agitation à l'Opéra

Voici donc que surgit une nouvelle affaire de notes de frais dans le milieu de la culture lyonnaise. La seconde en quelques mois : la Chambre Régionale des Comptes avait déjà épinglé la gestion manquant de rigueur de Guy Walter (directeur de la Villa Gillet), entraînant un resserrement du budget de cette structure par les collectivités locales. Cette nouvelle histoire de notes concerne cette fois Serge Dorny, le directeur de l’Opéra de Lyon. C’est un tout nouveau pure player, Médiacités, qui a révélé l’affaire le mardi 9 mai, signant avec éclat son lancement entre Rhône et Saône, en mettant en ligne une enquête consécutive à l’épluchage de 3500 copies des notes de frais du directeur. Premier constat : les autorités de tutelle sont encore prises au dépourvu. Suite à la première affaire, il ne semble donc pas qu’un audit sur les notes de frais des grandes structures subventionnées ait été réalisé, visant à clarifier et encadrer le fonctionnement de ces frais, nécessaires à la bonne marche des ces maisons il

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