Concerto contemporain

MUSIQUES | L’Auditorium de Lyon programme le Concerto pour clarinette de Thierry Escaich, œuvre contemporaine, fraichement écrite par un compositeur hors cadre. De l’émotion en abondance, du spirituel en ligne de fond. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Jeudi 7 février 2013

Thierry Escaich est une figure incontournable et inclassable de la scène musicale contemporaine dont l'œuvre, savante et charnelle, profonde et joyeuse, tempétueuse et consolante, s'inscrit dans son temps. Le critique musical Gérard Condé a des propos radicaux pour définir son univers : «Sa musique est de celles, assez rares, qui parlent immédiatement. Dès lors, à quoi bon en parler ?». Une fois dit cela, on peut rappeler tout de même que sa musique est défendue à travers le monde par les plus grands solistes, de Bertrand Chamayou à Gautier Capuçon, du Quatuor Ysaÿe aux ensembles vocaux A Sei Voci ou Sequenza. Elle ressemble souvent à un dialogue interne où des voix s'entrechoquent, s'entrelacent, où le tout se mue en polyrythmies complexes et d'une grande virtuosité. A d'autres moments, le vide s'y installe comme un contrepoint urgent.

 

Le compositeur et le clarinettiste

Thierry Escaich, le compositeur ; Paul Meyer ; le clarinettiste. De cette amitié est né le Concerto pour clarinette, comme l'aboutissement évident d'une collaboration de longue date. Par la suite, la résidence d'Escaich à l'Auditorium de Lyon a permis d'envisager la réalisation de ce projet : «J'ai senti chez Paul Meyer la volonté de porter une de mes œuvres plus que de briller en soliste». Escaich est un amoureux de cet instrument qu'il met souvent en valeur dans ses différentes compositions, en se plaçant toujours dans un héritage. Estimant qu'«il ne faut pas chercher le nouveau pour le nouveau», il puise autant dans les méandres du chant grégorien qu'il s'inspire de l'univers complexe d'un Messiaen ou d'un Franck. Il est probable que ce nous allons entendre lors de son interprétation à l'Auditorium sera de même nature que ses autres œuvres : puissamment bouleversant et porté par une écriture compacte mais inspirée. Autour du concerto, comme un écrin, deux œuvres joyeuses et lumineuses : la très célèbre 6ème symphonie de Beethoven et le bouillonnant Mandarin merveilleux de Bartok. Le jeune chef Alain Altinoglu n'a plus qu'à magnifier le tout.

Symphonie pastorale
à l'Auditorium, jeudi 14 et samedi 16 février


Symphonie pastorale

Par les musiciens de l'Orchestre national de Lyon, Paul Meyer (clarinette) et Alain Altinoglu (dir)
Auditorium de Lyon 149 rue Garibaldi Lyon 3e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Étienne Daho : « Eden m'a permis de progresser »

Pop | En plein EDENDAHOTOUR, qui accompagne la réédition d'"Eden", album de la renaissance paru en 1996, Étienne Daho fait étape à Lyon pour un concert aussi unique que spécial avec 50 musiciens de l'ONL. Il évoque pour nous cette double actualité.

Stéphane Duchêne | Mercredi 20 novembre 2019

Étienne Daho : « Eden m'a permis de progresser »

La réédition d'Eden et l'EDENDAHOTOUR ne correspondent à aucun anniversaire discographique. Pourquoi maintenant ? Étienne Daho : C'est un concours de circonstances. J'ai commencé ce travail de réédition il y a quelques années avec Pop Satori pour accompagner un concert anniversaire à l'Olympia – Les Inrocks m'avaient demandé de jouer Pop Satori pour fêter ses vingt ans. C'était une commande, mais finalement j'y ai pris goût car c'est une belle manière, je trouve, de remettre en lumière ce qui sinon aurait péri avec les années et l'obsolescence des supports physiques. J'ai donc réédité quasiment tous mes albums dans le désordre et en fonction du temps que j'avais. Je gardais Eden pour la fin parce que je savais que c'était un sujet un peu épais, qu'il y avait beaucoup de documents à restaurer. Parallèlement, la Philharmonie de Paris m'a commandé un concert particulier qui

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L'Eden, enfin

L'histoire du disque | Il y a 23 ans presque jour pour jour, le 19 novembre 1996, paraîssait Eden. Pour Étienne Daho une manière de complète résurrection, quelque mois après sa (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 19 novembre 2019

L'Eden, enfin

Il y a 23 ans presque jour pour jour, le 19 novembre 1996, paraîssait Eden. Pour Étienne Daho une manière de complète résurrection, quelque mois après sa Réserection, dont il faut ici poser le contexte. Au sortir de Paris Ailleurs, la Dahomania flambe qui consume le chanteur. Comme souvent, c'est à Londres qu'il part trouver jouvence, s'immergeant dans l'avant-garde locale, pas vraiment raccord, pas encore, avec ce qui se fait de l'autre côté de sa vie, à Paris. Là qu'il croise Saint Etienne, groupe gallois en vogue, dont la vigueur, accouplée à sa soif de nouveauté, accouche du jungle-pop Résérection, mini-album qui préfigure un disque, grandiose, irrigué par la même veine esthétique, mais élargie à la pop orchestrale et à la bossa.

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Dahoditorium : Etienne Daho joue Eden avec l'ONL le 23 novembre

MUSIQUES | C'est l'histoire classique de l'album culte. Incompris, victime de la désaffection du public, chéri entre tous et malgré tout par son auteur, puis finissant (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 8 mars 2019

Dahoditorium : Etienne Daho joue Eden avec l'ONL le 23 novembre

C'est l'histoire classique de l'album culte. Incompris, victime de la désaffection du public, chéri entre tous et malgré tout par son auteur, puis finissant par prendre une place considérable dans une discographie pourtant riche. Telle fut la trajectoire d'Eden, publié en 1996 par Etienne Daho au sortir de l'immense succès de Paris ailleurs et d'une énigmatique parenthèse londonienne. Ce disque pop aux sonorités électro autant que bossa, dépourvu de tubes – ce qui expliqua son insuccès –, le chanteur rennais le porte toujours dans sa chair. Preuve en est : à peine sorti de son Blitz Tour, Daho remontera sur scène à l'automne pour une tournée de 20 dates consacré à une délivrance live d'Eden – à laquelle s'ajoutera quelques œuvres de la même époque, comme Jungle Pulse, né de sa collaboration avec le groupe Saint Etienne sur Reserection. Mieux, Etienne Daho livrera à Lyon une prestation inédite et unique le 23 novembre dans l'enceinte de l'Auditorium accompagné par des musiciens de l'Orchestre National de Lyon. Un événement à marquer d'une pierre blanche pour les dahophiles.

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Léonard Slatkin, 70 ans de génie

MUSIQUES | Quand il ne mène pas son monde à la baguette, Leonard Slatkin, en bon Yankee, taquine un tout autre type de bout de bois, beaucoup plus robuste celui-ci : (...)

Benjamin Mialot | Mardi 16 septembre 2014

Léonard Slatkin, 70 ans de génie

Quand il ne mène pas son monde à la baguette, Leonard Slatkin, en bon Yankee, taquine un tout autre type de bout de bois, beaucoup plus robuste celui-ci : la batte de base-ball. Si bien qu'à l'occasion de son soixante-dixième anniversaire, qui coïncide avec les Journées européennes du patrimoine, le chef de l'ONL animera ce week-end à l'Auditorium une initiation au plus abscons des sports américains – rappelons par exemple que les matchs se jouent en neuf manches, rien que ça, on dirait une règle de Kamoulox. Ce n'est pas la seule activité au programme de ces "Happy Days"(du 18 au 21 septembre) décalés et gratuits (et un rien égocentriques) : outre un pique-nique made in USA et des visites guidées du Saint des saints de la musique orchestrale, l'Auditorium proposera un prolongement sous forme d'exercices d'adresse de l'opération Fauteuil & tribune, initiée avec l'OL en 2005. Et bien sûr des concerts dirigés par le maître, dont un triple-programme au féminin (avec un concerto de Beethoven par la pianiste Olga Kern, la violoniste Baiba Skride et la violoncelliste Sol Gabetta, habituées des lieux) et un pot-pourri transatlantique avec l'Harmonie du Rhô

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Une fête au diapason

MUSIQUES | Le 21 juin, à moins d'être complètement sourd, on sent bien qu’il se passe quelque chose, que la musique est partout, qu’elle remplit les moindres espaces (...)

Pascale Clavel | Jeudi 13 juin 2013

Une fête au diapason

Le 21 juin, à moins d'être complètement sourd, on sent bien qu’il se passe quelque chose, que la musique est partout, qu’elle remplit les moindres espaces publics, qu’elle traverse les pores des peaux les plus imperméables, qu’elle se veut universelle, fraternelle voire conviviale. La musique dite classique, qui a longtemps boudé l’affaire, s’y colle depuis peu et quelques rares propositions valent le coup d’être écoutées cette année. Il faut d'abord chercher du côté de l’Auditorium pour tomber sur une programmation simple, drôle et décalée. En deux fois quarante-cinq minutes, le centre commercial de la Part-Dieu vibrera en effet, grâce à lui, aux sons du "cancan" de Jacques Offenbach, se pliera aux rythmes endiablés des suites d’orchestre de L’Arlésienne de Georges Bizet. Au beau milieu de ce temple de la consommation, Leonard Slatkin et l’Orchestre National de Lyon donnent rendez-vous à tous ceux qui passent par là, pour un vrai moment de joie musicale, à midi et à 18h, comme un petit moment d’apéritif en suspend. Si vous aimez l’orgue, rendez-vous plutôt au CNSMD, p

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L’invention du tube

MUSIQUES | Leonard Slatkin a un rêve : enregistrer toute l’œuvre avec orchestre de Ravel. Ce pari fou est déjà bien avancé, l’intégrale se fabriquant chez Naxos au fil (...)

Pascale Clavel | Lundi 6 mai 2013

L’invention du tube

Leonard Slatkin a un rêve : enregistrer toute l’œuvre avec orchestre de Ravel. Ce pari fou est déjà bien avancé, l’intégrale se fabriquant chez Naxos au fil des saisons. En novembre, nous avons pu en entendre deux extraits, L’Heure espagnole et L’Enfant et les Sortilèges, deux délicieux opéras interprétés pour l'occasion en version concert. Pour les deux soirées à venir, tubes garantis avec le très (trop ?) connu Boléro de Ravel, La Mer de Debussy et quelques pages musicales plus intimes mais tout aussi exaltantes. Par exemple Pavane pour une infante défunte et Rapsodie espagnole, pièces dans lesquelles Ravel déploie tout son génie de coloriste, livrant le portrait d'une Espagne féérique. Quant au Boléro, Ravel disait de lui qu’il devrait porter en exergue : «Enfoncez-vous bien cela dans la tête». Et le compositeur d’expliquer : «en 1928, sur la demande de Mme Rubinstein, j'ai composé un boléro pour orchestre. C'est une danse d'un mouvement très modéré et constamment uniforme… Le seul élément

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L’opéra se fait justice

MUSIQUES | De tous les festivals qu’il a tricoté depuis son arrivée à la tête de l’opéra, Serge Dorny livre le plus spectaculaire, le plus visionnaire et le plus culotté : Justice/Injustice, qui réunit une création mondiale, trois œuvres contemporaines, des metteurs en scène au geste pur et des chefs faisant entendre une musique aux partis pris insensés et jubilatoires. Explications avec l'intéressé. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Lundi 25 mars 2013

L’opéra se fait justice

Le festival Justice/Injustice ne devrait-il pas s’appeler Festival Robert Badinter ?Serge Dorny : Non. J’ai une estime énorme pour Robert Badinter, je le vénère, je suis un "Badinterâtre", à la fois au niveau de l’engagement, de l’éthique, de la personne même. Mais l’opéra Claude, dont il signe le livret, est une œuvre parmi plusieurs. Quand je vois le festival, je vois quatre œuvres : Le Prisonnier de Dallapiccola et Erwartung de Schoenberg, Fidelio de Beethoven et une création mondiale, une nouvelle commande, à partir d'un texte de Victor Hugo, écrite par Robert Badinter et composée par Thierry Escaich. Bien évidemment le librettiste Badinter est une personne immense. Il a une place importante, le personnage est fascinant, intellectuellement et humainement. Sa détermination et son engagement sont exceptionnels. J’ai eu le privilège de travailler avec lui depuis quelques années et au-delà de la commande, j’ai rencontré un être à part.Comment s'est monté Claude ?C'est lors d’un dîner qu'il m’a pa

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Claude et Robert en tête

MUSIQUES | Peut-on dire, sans tomber dans le clin d’œil historique trop appuyé, que cette deuxième partie de saison est marquée du sceau de Robert Badinter ? L’Opéra de (...)

Pascale Clavel | Dimanche 6 janvier 2013

Claude et Robert en tête

Peut-on dire, sans tomber dans le clin d’œil historique trop appuyé, que cette deuxième partie de saison est marquée du sceau de Robert Badinter ? L’Opéra de Lyon vient de réussir l’exploit le plus impressionnant de ces dernières années, en choisissant comme clef de voute du prochain Festival Justice/Injustice Claude, premier opéra du compositeur Thierry Escaich. L’ancien garde des Sceaux en a écrit le livret d’après le court roman de Victor Hugo. Lorsqu’on sait que Jérémie Rhorer est à la baguette et Olivier Py à la mise en scène, on jubile par avance. N’en oublions pas le reste de la programmation musicale lyonnaise, riche et diversifiée, savoureuse et délicatement construite autour de quelques pépites à déguster sans modération. Le Festival de musique baroque notamment, qui fête ses 30 ans et fait pour l’occasion venir Marc Minkowski, le baroqueux qui résiste le mieux au temps. Il nous livrera en avril une Messe en ut de Mozart des plus inspirées. Les Journées Grame quant à elles, s’étirent dans le temps pour que nos oreilles puissent enfin s’installer dans leur siècle. De janvier à mai, elles nous invitent

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Baisers à la française

MUSIQUES | Festival French Kiss deuxième mouture à l’Auditorium. Le directeur général Laurent Langlois y tient comme à la prunelle de ses yeux et promet un "festival qui embrasse tout le répertoire de la musique française". Pascale Clavel

Pascale Clavel | Jeudi 5 janvier 2012

Baisers à la française

Voici un Festival qui décline la musique française de tous les temps, de tous les univers, de tous les styles. Le public risque de ne pas trop savoir où il met les pieds et pour s’y retrouver, quelques pistes sont nécessaires : tout d’abord se concentrer sur un programme dense et décousu puis choisir un peu à l’aveuglette. Par prudence, nous attendrons de voir ce que la deuxième proposition va donner. Cette saison, le concept est simple et peut être vu sous la forme d’un grand patchwork où il faut aller piocher pour que de petits bijoux apparaissent de-ci, de-là. La présence du Requiem de Maurice Duruflé sur le programme suffit à elle seule pour donner envie d'y être. Cette œœuvre contemporaine aux accents grégoriens et aux mélismes envoûtants est une pure merveille d’écriture, un vrai bouleversement pour les oreilles d'une beauté musicale rare. Bernard Tétu à la direction, ses solistes au chant, Vincent Warnier à l’orgue et c’est toute une salle qui pourrait croire en Dieu durant quelques heures. Autour du Requiem de Duruflé, dans cette même soirée, ce sont des œuvres de Fauré, Caplet et Thierry Escaich qui viendront amplifier le discours quasi mystique et d’u

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Chantilly à tous les étages

MUSIQUES | Dans le monde feutré des musiques classiques, on s’arrache les cheveux pour programmer des soirées du Nouvel An festives mais pas mièvres, colorées mais pas trop, réjouissantes mais pas rigolardes. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Jeudi 8 décembre 2011

Chantilly à tous les étages

C’est un moment crucial de l’année, il faut détendre le public sans tomber dans le burlesque à 3 balles, il faut enivrer les oreilles à l’aide de mélodies plutôt sirupeuses et donner ce plaisir simple d’être là, au bon endroit, juste avant les fameux douze coups de minuit. L’Opéra et l’Auditorium s’y sont donnés à cœur joie et essaient tous les ans de rivaliser d’idées géniales avec plus ou moins bon goût. À l’Auditorium, c’est la fête foraine version un peu guindée quand même. On nous annonce «un concert avec feu d’artifice !» Le point d’exclamation indique que le spectacle est vraiment original et c’est là que les choses peuvent se gâter. L’originalité n’ayant rien à voir avec une certaine qualité attendue, on peut avoir peur par simple anticipation. On nous annonce encore une soirée à Versailles avec feu d’artifice. Au menu, une Suite pour orchestre de Bach, un Concerto de Vivaldi, un autre de Tartini et bien entendu la Musique pour les feux d’artifice royaux de Haendel. Une soirée à Versailles avec des compositeurs qui n’étaient pas du tout avec Louis XIV au temps de sa splendeur… C’est certain, le point d’exclamation est utile. Il revient

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Un «manager» à l’ONL

MUSIQUES | Actualité / Après plusieurs semaines de "suspense" et de négociations, Georges Képénékian, adjoint à la Culture au maire de Lyon, a annoncé la nomination prochaine (...)

Dorotée Aznar | Lundi 31 mai 2010

Un «manager» à l’ONL

Actualité / Après plusieurs semaines de "suspense" et de négociations, Georges Képénékian, adjoint à la Culture au maire de Lyon, a annoncé la nomination prochaine de Leonard Slatkin au poste de directeur musical de l'Orchestre national de Lyon et a présenté le chef américain âgé de 65 ans à la presse. «Les derniers doutes sur la complicité entre Leonard Slatkin et les musiciens de l’Orchestre sont aujourd’hui levés», a déclaré Georges Képénékian, visiblement très contrarié par l’insistance des journalistes à évoquer les tensions qui agitent l’ONL depuis plusieurs mois. De son côté, Leonard Slatkin a souhaité insister sur ses fonctions de "réconciliateur" : «je ne pense pas à ce qui s’est passé avant. C’est mon travail d’aider à calmer les tensions entre l’administration et les musiciens». Le chef d’orchestre, qui a tenu à souligner qu’il serait le "chef" de la programmation musicale, a osé la comparaison footballistique : «je suis le manager de l’équipe, comme l’entraîneur d’une équipe de foot». Le chef américain, qui avait les faveurs de l’Orchestre, devrait entrer en fonctions en septembre 2011, après le départ de Jun Märkl qui avait annoncé dès 2009 ne pas souhaiter reconduire

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Dossiers en cours : L'Orchestre national de Lyon

MUSIQUES | MORCEAUX CHOISIS DE SUJETS CULTURELS QUI FÂCHENT / DOSSIER : L’ONL

Dorotée Aznar | Mardi 18 mai 2010

Dossiers en cours : L'Orchestre national de Lyon

«Évidemment, nous ne sommes pas dans un climat totalement apaisé», avoue Georges Képénékian, adjoint à la Culture de Gérard Collomb. Un euphémisme quand on sait qu'aujourd'hui le chef d'orchestre Jun Märkl, directeur musical de l'Auditorium-ONL, et la Ville de Lyon ne communiquent plus que par avocats interposés. La crise qui agite l'Orchestre national de Lyon touche pourtant peut-être à sa fin. En effet, après le conflit plutôt rude opposant Jun Märkl et les musiciens de l'Orchestre au nouveau directeur général de l'Auditorium, Laurent Langlois, nommé en mai 2009, des négociations ont enfin vu le jour pour nommer le chef d'orchestre qui remplacera Jun Märkl dont le contrat s'achève en août 2011. Le chef américain Leonard Slatkin, qui a depuis fort longtemps toute la faveur des musiciens de l'Orchestre, devrait signer un contrat prochainement. Fin avril, lors d'un concert Rachmaninov que dirigeait Slatkin, on a d'ailleurs pu voir un drôle de ballet avant et après le concert. Événement rare, le maire de Lyon en personne est venu écouter la Symphonie n°3 de Rachmaninov puis, à l'issue du concert, s'en est allé dîner avec le chef américain. «Nous sommes en train de finaliser le cont

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Fin de cycle

MUSIQUES | Entretien / Thierry Escaich est un compositeur qui dilate le temps, joue avec les couleurs et expose une œuvre visionnaire. Pour sa dernière saison en résidence à l’Orchestre National de Lyon, il compose un concerto pour violon et orchestre. Rencontre fascinante avec un véritable créateur. Propos recueillis par Pascale Clavel

Pascale Clavel | Jeudi 1 octobre 2009

Fin de cycle

Petit Bulletin : Pouvez-vous faire un court bilan de cette résidence de trois ans à Lyon ?Thierry Escaich : Avoir expérimenté l'écriture vocale soliste, ce que je n'avais que fort peu fait antérieurement, fut un des points importants de mon travail. Ce furent mes "Nuits Hallucinées" pour Mezzo et orchestre. Cela me prépare pour un prochain opéra qui se dessine peu à peu. Mais aussi j’ai eu le plaisir de travailler avec un orchestre au potentiel énorme, tant techniquement que musicalement. L'énergie avec laquelle tous les instrumentistes ont défendu mon ‘Double Concerto’ ou encore mon ‘Concerto pour orgue’ restera une émotion très forte. Et puis ces concerts de musique de chambre où l'on a cherché ensemble - les musiciens de l'orchestre et moi-même au piano ou à l'orgue - du répertoire, où l’on a monté des programmes avec des formations souvent originales restent des moments inoubliables. Ce sera un beau souvenir musical mais aussi humain. Que dire par avance au public lyonnais de votre dernière création ? Comment s'est formée l'idée d'un concerto pour violon ?C'est une pièce en un seul mouvement, mais où l'on entend clairement quatre épisodes : d’abord

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L’âge tendre

MUSIQUES | Festival - Musique classique / Pour qu’un festival dure sans s’essouffler, il lui faut sans cesse savoir réinventer, se renouveler, imaginer une (...)

Pascale Clavel | Jeudi 18 juin 2009

L’âge tendre

Festival - Musique classique / Pour qu’un festival dure sans s’essouffler, il lui faut sans cesse savoir réinventer, se renouveler, imaginer une programmation exigeante et surprenante. Le pari est gagné pour Saoû chante Mozart, qui fête cette année son vingtième anniversaire... À sa création, il n’offrait que quatre concerts en un week-end. Quel chemin parcouru depuis. En dix-neuf années, il a su présenter 179 concerts, cinq opéras, cinq messes, six expositions et de nombreuses rencontres, conférences, colloques en privilégiant toujours la beauté des lieux et leur acoustique. En 2009, l’équipe artistique fait appel aux interprètes des dix-neuf éditions précédentes et leur laisse carte blanche. Il existe également un petit extra dans ce festival, le fameux «dîner sous les platanes», un concert gratuit qui réunit mélomanes éclairés et musiciens. La première année, c’est une sérénade qui a enchanté la foule. Une autre fois, les musiciens d’Armin Jordan ont joué de torrides tangos avec accordéons et bandonéons. Depuis, la tradition perdure, le public attend cette soirée improbable entre musique de haut niveau et Picodon dans les assiettes. Cette année, l’Orchestre National de Lyon, sou

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L’interprétation des rêves

MUSIQUES | Pour les fêtes de fin d’année, Jun Märkl, chef de l’Orchestre National de Lyon emmène toutes les familles, des arrières grands-parents au dernier né, dans ses rêves d’enfance et sa passion du cirque. Laissez-vous guider. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Samedi 13 décembre 2008

L’interprétation des rêves

L’ONL est au rendez-vous en cette Saint-Sylvestre pour offrir un spectacle poétique et drôle mêlant cirque et musique symphonique. Rêves de Cirque s'inscrit dans le prolongement de la collaboration initiée avec les six "Concerts Familles" ces deux dernières années entre la Compagnie Les Transformateurs de Nicolas Ramond et l'Orchestre National de Lyon. Le programme est décapant, des artistes circassiens expérimentés vont transcender chaque moment. Fil de fer, tissu aérien, mât chinois… de quoi se laisser étourdir et éblouir. Se joignent à la petite troupe d'acrobates la comédienne Anne Astolfe ainsi que le danseur hip-hop Hafid Sour. Le vidéaste Pierre Jacob, le créateur lumières Yohan Tivoli, et la costumière Cissou Winling complètent cette belle équipe. Ensemble, au plus près des musiques qui leur ont été proposées par Jun Märkl, ils ont imaginé "Le Plus Grand des Petits Cirques du Monde" et improvisé des situations drôles, décalées, absurdes, et bien sûr spectaculaires. Arts du cirque, danse, comédie, vidéo, Les Transformateurs aiment à croiser les disciplines artistiques et le projet les a passionnés dès le début. Nicolas Ramond qui mêle avec brio théâtre, marionnettes et art d

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La grande rencontre

MUSIQUES | William Kraft, compositeur américain de 85 ans fera le déplacement de San Francisco pour entendre Benoît Cambreling jouer son œuvre. Kraft considère (...)

Pascale Clavel | Jeudi 27 novembre 2008

La grande rencontre

William Kraft, compositeur américain de 85 ans fera le déplacement de San Francisco pour entendre Benoît Cambreling jouer son œuvre. Kraft considère d’ailleurs Cambreling comme l’un des meilleurs timbaliers au monde. Lyon peut être fier, ce percussionniste de haute volée est membre de l’Orchestre National de Lyon depuis 36 ans. Le Concerto pour timbales et orchestre de Kraft, créé une première fois en 2005, n’a pas complètement satisfait le compositeur. Il l’a donc remanié pour accoucher d’une sorte d’ovni où le percussionniste doit se prendre pour Shiva, gérant 15 timbales à lui tout seul. Malgré tout, il ne s’agit pas de performance mais bel et bien d’une œuvre rare qui rend un bel hommage à un instrument peu connu.

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Noblesse de la timbale

MUSIQUES | Rencontre / Benoît Cambreling, le génialissime timbalier de l’Orchestre National de Lyon, fera sonner en deuxième audition mondiale le Concerto pour timbales et orchestre du compositeur contemporain William Kraft. À quelques jours de la création, pression et enthousiasme se mêlent. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Jeudi 27 novembre 2008

Noblesse de la timbale

Au mieux, le grand public confond la timbale avec la cymbale ; au pire, ne voit aucune image qui puisse se rattacher de près ou de loin à cet instrument. Ce constat nous conduit à parler de l’un des plus grands timbaliers contemporains. Benoît Cambreling est en pleine répétition du concerto de Kraft. Un événement inouï pour qui sait le peu d’œuvres écrites pour la timbale. Depuis bientôt six mois, à raison de trois à six heures par jour, il se bat avec cette œuvre monumentale. Il jubile devant les quinze timbales. Pour le percussionniste, c’est une tout autre histoire. Le concerto est ardu, remarquablement difficile : «c’est du ‘note à note’, mesure par mesure, pour arriver à trouver comment je vais faire. J’avance pas à pas, c’est très long. Et puis, il faut jouer par cœur». Entré dans la dernière ligne droite avant le concert, Benoît Cambreling est concentré. Au sol, autour de lui, six timbales. Il doit effectuer des changements d’accords avec le pied, tout en comptant les mesures, en écoutant les répliques à l’orchestre, en se rappelant quel est le prochain accord… Et, comme en lévitation au-dessus de lui, neuf petites timbales accordées du do dièse au la. Benoît Cambreling avou

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Miroir, mon beau miroir

MUSIQUES | Classique / Thierry Escaich va faire de l’ombre à Fauré, Sibelius et Bizet dans la même soirée. Son Miroir d’ombres pour violon, violoncelle et orchestre éblouit tant qu’on en oublierait le reste. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Dimanche 8 juin 2008

Miroir, mon beau miroir

Le reste, parlons en. Le concert proposé deux soirs de cette semaine par l’Auditorium est de belle constitution avec deux Pelléas et Mélisande de factures très différentes. Celui de Fauré, suite pour orchestre presque immatérielle, comme une incroyable histoire en suspens, et le Pelléas de Sibelius, venu du froid, plus charnel et terriblement mélancolique. À ces œuvres rarement programmées, viennent s’ajouter de larges extraits de l’incontournable Arlésienne de Bizet. Faut-il toujours rassurer le public ? Est-il toujours nécessaire de programmer un «tube» – certes plaisant - parce que dans la même soirée ce public va entendre une œuvre contemporaine et qu’il a encore peur de son propre temps. Pourtant, avec Miroir d’ombres, Thierry Escaich a composé une œuvre à la fois ancrée dans son temps et tellement en dehors. Une œuvre bouleversante de tendresse et d’humanité. Il est bon de le signaler lorsque souvent les créations contemporaines paraissent âpres, inatteignables et incompréhensibles. Commandé à Thierry Escaich par l’Orchestre National de Lille en 2005 lors d’une résidence, Miroir d’ombres est un double concerto pour violon, violoncelle et orchestre aux teintes inquiétantes. To

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«Une approche instinctive et poétique de la création»

MUSIQUES | Portrait / Thierry Escaich, compositeur, organiste, improvisateur, poursuit sa résidence à L'Orchestre National de Lyon avec délectation et sérénité. Pascale Clavel

Dorotée Aznar | Mercredi 21 mai 2008

«Une approche instinctive et poétique de la création»

Aller à la rencontre d'un compositeur français actuel des plus inspirés est une expérience singulière. Thierry Escaich arrive des États-Unis, part en répétition dans une heure, a un concert ce soir, un autre demain et pourtant, l'homme est accueillant, prêt à nous parler de la création artistique en toute simplicité. La porte est ouverte, on entre sur la pointe des pieds, on est avec Bach, Mozart et Brahms tout à la fois, on se sent en équilibre fragile au bord de cet incroyable univers qu'est la création artistique. Thierry Escaich est un musicien boulimique d'apparence tranquille et il suffit de lire la longue liste de ses premiers prix de conservatoire pour être déjà dans un total éblouissement : harmonie, contrepoint, fugue, orgue, improvisation, analyse, composition et orchestration. Lui n'en parle pas, c'est sa force tranquille, son bagage obligé pour un compositeur aux œuvres plutôt intranquilles. On apprend par bribes, au fils d'un entretien qui rappelle ses compositions - un peu hors du temps, un peu morcelé - le temps qu'il faut pour écrire. De Bach à lui-mêmeL'œuvre de Thierry Escaich, colossale et éclectique, prend ses sources à des endroits aussi divers qu

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