L'opéra se fait justice

MUSIQUES | De tous les festivals qu’il a tricoté depuis son arrivée à la tête de l’opéra, Serge Dorny livre le plus spectaculaire, le plus visionnaire et le plus culotté : Justice/Injustice, qui réunit une création mondiale, trois œuvres contemporaines, des metteurs en scène au geste pur et des chefs faisant entendre une musique aux partis pris insensés et jubilatoires. Explications avec l'intéressé. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Lundi 25 mars 2013

Photo : Stofleth


Le festival Justice/Injustice ne devrait-il pas s'appeler Festival Robert Badinter ?
Serge Dorny : Non. J'ai une estime énorme pour Robert Badinter, je le vénère, je suis un "Badinterâtre", à la fois au niveau de l'engagement, de l'éthique, de la personne même. Mais l'opéra Claude, dont il signe le livret, est une œuvre parmi plusieurs. Quand je vois le festival, je vois quatre œuvres : Le Prisonnier de Dallapiccola et Erwartung de Schoenberg, Fidelio de Beethoven et une création mondiale, une nouvelle commande, à partir d'un texte de Victor Hugo, écrite par Robert Badinter et composée par Thierry Escaich.

Bien évidemment le librettiste Badinter est une personne immense. Il a une place importante, le personnage est fascinant, intellectuellement et humainement. Sa détermination et son engagement sont exceptionnels. J'ai eu le privilège de travailler avec lui depuis quelques années et au-delà de la commande, j'ai rencontré un être à part.

Comment s'est monté Claude ?
C'est lors d'un dîner qu'il m'a parlé de Claude le gueux d'Hugo, œuvre que je ne connaissais pas. J'ai acheté ce livre au moment où j'étais en discussion avec Thierry Escaich pour lui commander un opéra. Nous avions évoqué ensemble plusieurs œuvres mais n'avions pas encore arrêté le sujet. J'ai téléphoné à Robert Badinter et lui ai dit mon envie d'adapter Claude.

Pour moi, il y a une convergence évidente entre Hugo et Badinter parce que le second a poursuivi la lutte du premier et l'a accomplie en 1981 avec l'abolition de la peine de mort. Anciens sénateurs, ils ont un destin et engagement commun, des parcours qui se croisent… J'ai ensuite donné ce livre au compositeur et nous sommes tombés d'accord.

Olivier Py à la mise en scène, Badinter au livret, Escaich à la composition et Jérémy Rhorer à la direction… Comment s'équilibrent des personnalités si fortes ?
Il y a eu un respect mutuel et immédiat du travail de chacun. Tous les protagonistes ont une admiration sans borne pour Badinter, pour ce qu'il a défendu, l'homme qu'il est. Il est à la fois intimidant et reste d'une grande humanité. Le livret est très abouti, la musique extraordinaire. C'est une première pour tous : premier opéra pour Escaich, premier livret pour Badinter, première fois que Jérémie Rhorer dirige un opéra contemporain. La prise de risque est importante.

Mais le choix de Thierry Escaich comme compositeur s'est fait de façon évidente : il fallait un compositeur au langage musical immédiat. Il a une véritable sensibilité par rapport à la prosodie et c'est très important, surtout quand le livret est en français. Sa musique est d'une manière générale émotionnelle mais pas sentimentale. Quant à Jérémie Rhorer, il a évolué dans cette maison, a été l'assistant de William Christie, a dirigé beaucoup d'œuvres chez nous. Il est également compositeur et son professeur de composition s'appelait… Thierry Escaich. J'ai formé une équipe qui a des points de vue esthétiques communs, mais je voulais surtout permettre à chacun de dépasser ses propres codes.

Hormis Claude, quels sont les autres spectacles présentés ?
Le Prisonnier et Erwartung forment une combinaison d'œuvres très intéressantes. Schoenberg et Dallapiccola sont tous les deux des victimes du nazisme. Schoenberg a du quitter Vienne pour lui échapper. Dallapiccola, qui a eu d'abord de la sympathie pour Mussolini, s'est lui rapidement rendu compte qu'il s'était trompé. Le Prisonnier se passe sous l'Inquisition, un fondamentalisme religieux tel qu'on le connait encore aujourd'hui. Dans Erwartung, une femme va dans la forêt et pense, à chaque fois qu'elle touche un arbre, qu'elle touche un corps.

Les deux œuvres, qui traitent de l'espace mental et dont j'ai confié la mise en scène au génial Alex Ollé et à la Fura dels Baus, sont articulées scénographiquement et scéniquement de manière très différentes : du théâtre pur pour Le Prisonnier ; un dispositif vidéo sublimissime et enivrant pour Erwartung. Elles sont en quelque sorte deux monodrames et Alex Ollé en fait des thrillers passionnants qui rendent justice à leur sens et à la partition, tandis que la lecture de Kazushi Ono les fait sonner post-romantique.

Quant à Fidelio, c'est une pièce politique où Beethoven dit que pour rester au pouvoir, on est prêt à tout, à tuer des opposants, à leur enlever la parole… C'est une histoire de tous les temps. Ce festival étant très contemporain, il me fallait faire aussi un geste contemporain sur Fidelio. J'ai donc demandé au vidéaste Gary Hill de faire, non une mise en scène, mais un geste artistique, plastique, une mise en espace. Initialement, je voulais faire une version concert avec une mise en espace et Gary Hill a proposé d'aller plus loin : l'orchestre reste dans la fosse, l'installation vidéo prend tout l'espace. Il a de plus a mixé l'histoire avec celle d'Aniara, poème de science-fiction des années 60 qui parle de l'espace. Fidelio se passe donc à bord d'un vaisseau spacial qui ne peut plus revenir à la base, comme condamné à rester en orbite.

Justice/Injustice
A l'Opéra, du mercredi 27 mars au lundi 15 avril

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Claude Viallat expose à la Galerie Ceysson & Bénétière

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Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 30 juin 2021

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À quelques pas du Musée des Beaux-Arts, la Galerie Ceysson & Bénétière propose un nouvel et vaste espace d’exposition sur deux niveaux. Créée en 2006 à Saint-Étienne la prestigieuse galerie d’art contemporain s’est ensuite implantée à Genève, au Luxembourg, à Paris et à New-York. L’artiste "Supports/Surfaces" Claude Viallat inaugure les cimaises avec plusieurs œuvres récentes, jusqu'au 31 juillet : des bâches militaires découpées sur lesquelles il a peint sa fameuse "empreinte" (un quasi rectangle). Pierre Collet, responsable de la galerie lyonnaise, nous annonce pour la suite deux expositions monographiques prometteuses, l’une consacrée au pape du minimalisme américain Frank Stella, et une autre à ORLAN.

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Lyon : Ceysson & Bénétière, nouvelle galerie d’art contemporain

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Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 17 juin 2021

Lyon : Ceysson & Bénétière, nouvelle galerie d’art contemporain

Excellente nouvelle pour les curieux d’art contemporain : la prestigieuse galerie Ceysson & Bénétière ouvre un grand espace à Lyon (300 m²), à quelques pas du Musée des Beaux-Arts. Créée en 2006 à Saint-Étienne, la galerie Ceysson & Bénétière s’est ensuite développée à Paris, à Genève, au Luxembourg et à New York. L’ouverture à Lyon est prévue le vendredi 18 juin à partir de midi, avec une exposition de Claude Viallat, membre fondateur du groupe Supports/Surfaces, et artiste connu pour son motif d’empreinte décliné d’œuvre en œuvre… C’est un artiste emblématique de la galerie Ceysson & Bénétière qui défend les membres de Supports/Surfaces (Louis Cane, Daniel Dezeuze, Vincent Bioulès…), mais aussi bien d’autres figures de l’art contemporain comme ORLAN, Mounir Fatmi, Daniel Firman, Tania Mouraud, Bernard Venet… Claude Viallat, Bâches milit

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CinéFabrique : ça tourne dans le 9e !

Éducation | École Nationale Supérieure à part à qui la Ville de Lyon commence à s’intéresser, la jeune CinéFabrique forme ses élèves aux métiers de l’image et du son. Mais aussi à une approche citoyenne et collective d’une industrie artistique très dynamique. Gros plan sur un concept aussi professionnalisant qu’enthousiasmant où infusent des talents surmotivés.

Vincent Raymond | Vendredi 12 mars 2021

CinéFabrique : ça tourne dans le 9e !

Une cour d’établissement scolaire, en apparence semblable à toutes les autres, à la fin de la pause méridienne. Les élèves (masqués) jouent au foot, au ping pong, discutent sur des bancs avant d’entamer l’après-midi… On surprend des bribes de conversations. Il n’est point question d’exercice de maths ni de bac blanc d’histoire-géo : « non, mais là, je crois que je vais changer la musique de mon documentaire… » Quelque mélomane se met alors à siffler Twisted Nerve, repris en chœur par une bonne demi-douzaine de rossignols, et peu à peu la foule se disperse… Bernard Herrmann ferait-il office de sonnerie autogérée ? On l’a compris, nous ne nous trouvons pas dans un établissement ordinaire, mais à la CinéFabrique, l’École nationale supérieure de cinéma sise dans le 9e arrondissement de Lyon. Deux enseignes discrètes le confirment, rafraîchissant de leur bleu cobalt éclatant des murs d’enceinte à l’ocre fatigué… et détrompant les panneaux indicateurs qui dirigent toujours les visiteurs ver

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Subvention de l'Opéra de Lyon : Richard Brunel interloqué, Serge Dorny indigné

500 000€ réaffectés vers d'autres structures | Richard Brunel, futur directeur de l'Opéra, et Serge Dorny, l'actuel dirigeant du lieu, ont vivement réagi à l'annonce de la baisse de la subvention de l'Opéra de Lyon.

Sébastien Broquet | Vendredi 5 mars 2021

Subvention de l'Opéra de Lyon : Richard Brunel interloqué, Serge Dorny indigné

Suite à la confirmation dans nos colonnes par Nathalie Perrin-Gilbert de la baisse prochaine de la subvention de l'Opéra de Lyon de 500 000 euros, qui portera la subvention de fonctionnement à 7M€ annuels au lieu de 7, 5M€ dès cette année si la proposition est votée lors du conseil municipal des 25 et 26 mars prochains, les deux directeurs — l'actuel, Serge Dorny, et le futur, Richard Brunel (actuellement en résidence au sein de l'Opéra pour Mélisande), ont réagi vivement — le premier par un communiqué de presse, le second en sortant de répétition ce jeudi soir. « Des impacts conséquents » pour Richard Brunel Richard Brunel nous a ainsi déclaré : « concernant l'annonce de la Ville sur cette baisse de 500 000€, je laisse Serge Dorny réagir au nom de l’Opéra. Ce que je puis dire c'est que je n’ai, moi-même, pas été directement contacté et informé par l'adjointe à la Culture de cette décision qui semble acqu

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La Ville de Lyon supprime 500 000 euros par an de subvention à l'Opéra

Politique Culturelle | Coup de tonnerre à l'Opéra de Lyon : la Ville, par l'intermédiaire de son adjointe à la Culture, a décidé d'ôter 500 000€ par an de subvention au lieu dirigé par Serge Dorny pour quelques mois encore. Ce dernier a été prévenu il y a trois jours. Nathalie Perrin-Gilbert nous explique la raison de ce choix, qu'Étienne Blanc fustige.

Sébastien Broquet | Jeudi 4 mars 2021

La Ville de Lyon supprime 500 000 euros par an de subvention à l'Opéra

C'est Frédéric Martel, journaliste à France Culture, qui a dévoilé l'information ce jeudi via Twitter et que nous pouvons confirmer : la Ville de Lyon a décidé de réduire la subvention de l'Opéra de Lyon de 500 000€ par an. C'était annoncé durant la campagne, Nathalie Perrin-Gilbert avait alors déclaré dans nos colonnes : « oui, il va y avoir une réorientation au sein de ce budget. Je ne veux pas la présenter comme une punition aux institutions, leur dire qu'ils ont fait du mauvais travail. (...) Je souhaite qu'il y ait un audit indépendant qui soit réalisé, notamment, sur la gestion de l'Opéra de Lyon. » De 7, 5M€ à 7M€ par an Après les paroles de campagne, place aux actes et l'adjointe a donc pris sa décision, qui a été annoncée à

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Trois hommes à la tête de chou

Danse | Dix ans après sa création, Gallotta reprend à Lyon sa pièce rock et érotique, adaptation de l'album de Gainsbourg chanté par Bashung, L'Homme à tête de chou.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 4 février 2020

Trois hommes à la tête de chou

Formé par Merce Cunningham, oscillant depuis entre abstraction et figuration ou narration, Jean-Claude Gallotta a toujours défendu, coûte que coûte, une « danse d'auteur ». À 70 ans, il a signé d'innombrables pièces, parmi lesquelles, en 2009, L'Homme à tête de chou n'est certes pas la plus follement innovante. Mais elle a pour argument choc de réunir trois monstres de la création française : Serge Gainsbourg, Alain Bashung qui a repris juste avant sa disparition l'album de Gainsbourg, et Gallotta lui-même ! Autre argument : si Gallotta ne s'y réinvente guère, ne s'y pose pas trop de questions éthiques ou artistiques, il y insuffle néanmoins une énergie à la fois sombre et rock, avec des mouvements choraux des douze interprètes souvent ébouriffants et jouissifs. L'Homme à tête de chou se développe en flux continu, avec des corps à la fois virtuoses et déglingués qui se jettent dans la bataille de la vie, de l'érotisme et de la mort. Sans tabou

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Un pas en avant, un pas en arrière

Danse | La deuxième partie de la saison danse s'annonce tout à la fois sous le signe de la découverte et des reprises. Et aussi du retour à Lyon de grands chorégraphes comme Sidi Larbi Cherkaoui, Akram Kahn, Eun-Me Ahn...

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 7 janvier 2020

Un pas en avant, un pas en arrière

Maintenant bien ancrés dans le paysage culturel lyonnais, deux festivals de danse ouvrent l'année avec des chorégraphes méconnus ou cheminant hors des sentiers battus. À partir du 23 janvier, le Moi de la Danse aux Subsistances nous invitera à découvrir un solo de Youness Aboulakoul (danseur pour Christian Rizzo, Olivier Dubois...) autour de la violence, le travail de la compagnie Dikie autour de l'oppression et du soulèvement, et une pièce du chorégraphe lyonnais Alexandre Roccoli. Un peu plus tard (à partir du 9 mars à la Maison de la Danse), la huitième édition de Sens Dessus Dessous rassemblera pêle-mêle la compagnie espagnole La Veronal qui navigue entre danse, théâtre, cinéma et arts plastiques ; Rianto, un jeune artiste javanais ; la dernière création du collectif (La) Horde ; le travail entre écriture et danse de Pierre Pontvianne avec David Mambouch... On retrouvera d'ailleurs le chorégraphe stéphanois Pierre Pontvianne avec le Ballet de l'Opéra qui, du 28 au 30 avril au Toboggan, s'offre un bain de jouvence en invitant trois chorégra

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Richard Brunel est le nouveau directeur de l'Opéra de Lyon

Mercato | C'est Richard Brunel qui va succéder à partir du 1er septembre 2021 à Serge Dorny à la tête de l'Opéra de Lyon. Franck Riester, ministre de la Culture, a validé le choix du jury en fin de journée.

Sébastien Broquet | Mardi 22 octobre 2019

Richard Brunel est le nouveau directeur de l'Opéra de Lyon

La fumée blanche s'est finalement échappée du toit de l'Hôtel de Ville lyonnais ce mardi : le successeur de Serge Dorny (qui s'en va diriger l'Opéra de Bavière) à la tête de l'Opéra de Lyon se nomme bel et bien Richard Brunel. L'information est restée un temps au conditionnel, car on attendait depuis la semaine dernière la validation définitive par Franck Riester et le ministère de la Culture du choix du jury. Approbation souhaitée rapidement avant le conseil d'administration de l'Opéra, prévu en novembre... D'où le lancement par la mairie d'un commmuniqué de presse en milieu d'après-midi, avant la validation finale, pour mettre visiblement un petit "coup de pression" à Paris, qui tardait un peu trop aux yeux de Gérard Collomb à confirmer le choix du jury lyonnais. Frank Riester a finalement validé ce choix de nommer Richard Brunel deux heures plus tard, peu après 18h ce mardi 22. Relancé durant l'été faute de candidats convaincants, mais aussi – même s'il ne faut pa

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Eh mec, elle est où la caisse ? : "Braquer Poitiers"

Comédie | Une bande de pieds nickelés belges se fait refiler un tuyau en or : séquestrer Wilfrid, propriétaire d’un carwash, pendant un mois d’été et récupérer la caisse à sa place. Étonnamment, la victime — un excentrique célibataire — est consentante et les accueille à bras ouverts dans son château…

Vincent Raymond | Mardi 15 octobre 2019

Eh mec, elle est où la caisse ? :

Au départ était un court-métrage dont on devine l’intention : permettre au réalisateur Claude Schmitz de tirer parti de la personnalité authentiquement décalée d’une poignée de copains comédiens dans un format “lelouchien“. En clair, de capter leur naturel gentiment bancal dans une suite de séquences vaguement liées par un argument *policier*. Le contraste entre le pittoresque Francis Soetens aux faux-airs de métalleux et Wilfrid le châtelain fin de race peut divertir quelques minutes. Au-delà, on tombe dans un systématique qui n’a plus grand chose à voir avec la fraîcheur du naturel ni de l’impro. Les meilleures plaisanteries étant les plus courtes, Schmitz a donc eu tout faux en prolongeant d’une apostille artificielle son court histoire d’en faire un long. Mise en abyme bancale racontant, une saison plus tard, ce qu’il advient des comédiens/personnages lors de retrouvailles soporifiques (auxquelles on assiste avec le sentiment d’avoir été conviés par erreur), cette interminable séquence aurait dû rester à l’état de bonus pour le DVD souvenir de l’équipe. Ou carrément de projet.

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Conte à pâte de velours : "La Fameuse invasion des ours en Sicile"

Animation - dès 6 ans | En ce temps où les ours et les humains vivaient en paix, le jeune Tonio, fils du roi des ours, se fit capturer par des chasseurs en Sicile. Aidé par un magicien, son père envahit la plaine des Hommes et remporta la victoire. Commença alors une cohabitation entre les deux espèces…

Vincent Raymond | Mardi 8 octobre 2019

Conte à pâte de velours :

Depuis le temps que l’univers de Mattotti taquinait le cinéma, il fallait bien qu’il franchisse pleinement le pas ; cela aura été par l’entremise d’un roman du génial Dino Buzatti. De par sa structure de conte, cette histoire se prêtait à ses somptueuses fantaisies graphiques (aplats texturés, couleurs chaudes, formes stylisées…) comme aux extensions lui étant ici offertes. En somme, le film accomplit un double travail “d’enluminure“ du texte original en proposant d’une part l’adaptation visuelle par Mattotti et en développant de l’autre le propos philosophique par un enchâssement de récits — lequel fait également écho à la tradition orale du conte. Au scénario, si l’on n’est guère étonné de trouver la présence de Fromental, grand habitué de la transposition de la BD à l’écran — l’homme appartient aux deux mondes —, on se réjouit de découvrir que Thomas Bidegain, brillant auteur et habile cinéaste, a non seulement contribué à l’écriture, mais aussi prêté sa voix à l’un des personnages. Ce faisant, il côtoie au générique son aîné Jean-Claude Carrière, dessinan

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Les dix rendez-vous qui vont vous faire valser

Danse | Festivals installés comme Sens Dessus Dessous ou le Moi de la Danse, chorégraphes stars tels Christian Rizzo ou Merce Cunningham, découvertes potentielles : voici les dix dates que les amateurs de danse se doivent de cocher de suite sur leur agenda.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 10 septembre 2019

Les dix rendez-vous qui vont vous faire valser

Spirituelle La grande chorégraphe belge Anne Teresa De Keersmaeker tisse toujours des liens singulièrement étroits entre la musique et ses chorégraphies : qu'il s'agisse de musique classique (Beethoven, Mahler...) ou plus contemporaine (Joan Baez, Steve Reich...). Créée en 2005 avec Salva Sanchis, sa pièce A Love Supreme explore l'album éponyme de John Coltrane, album mythique du Free Jazz. Chaque danseur est associé à un instrument du quatuor de Coltrane, et l'écriture précise de De Keersmaeker s'octroie ici une part de liberté et d'improvisation (à l'instar du jazz). Douze ans après, en 2017, la pièce est recréée avec quatre nouveaux interprètes et leurs nouvelles sensibilités. A Love Supreme À la Maison de la Danse du 1er au 3 octobre Technique Les pièces de Merce Cunningham sont d'une difficulté technique rare, et le Ballet de l'Opéra en compte déjà plusieurs à son répertoire. Cet automne, le Ballet présentera deux pièces du maître new-yorkais, créées à vingt ans d'intervalle : Exchange (1978) et Scenario

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Maison de la Danse : quarante balais et du panache !

Danse | La Maison de la Danse fêtera en 2020 ses quarante ans d'existence. Et propose dès cet automne une saison pour le moins alléchante.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 14 mai 2019

Maison de la Danse : quarante balais et du panache !

La quarantième saison de la Maison de la Danse a du panache : toujours ouverte aux divers courants de la création chorégraphique (nouveau cirque, hip-hop, classique, contemporain...), et riche en grandes figures de la danse contemporaine (Anne Teresa de Keersmaeker, Sidi Larbi Cherkaoui, Akram Kahn, Jean-Claude Gallotta...). On y décèle, aussi, avec joie, une certaine veine lyrique avec la chorégraphie de l'album mythique de John Coltrane, A Love Supreme, signée par Anne Teresa de Keersmaeker et Salva Sanchis (du 1er au 3 octobre). Une pièce d'une grande précision et qui laisse aussi à ses quatre interprètes une part d'improvisation, en écho au free jazz de Coltrane. Le Ballet de Montréal et trois chorégraphes s'emparent quant à eux du répertoire de Leonard Cohen à travers la danse virtuose de quinze interprètes (du 5 au 13 novembre). Enfin, cerise ou légume sur le gâteau lyrique : Gallotta reprend, dix ans après sa création, L'Homme à tête de ch

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Verdier fête ses 40 ans à la Villa Gillet

Littérature | Les amateurs de littérature identifient à cent mètres de distance les couvertures jaune orange des éditions Verdier, label de qualité qui abrite en son sein des (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 9 avril 2019

Verdier fête ses 40 ans à la Villa Gillet

Les amateurs de littérature identifient à cent mètres de distance les couvertures jaune orange des éditions Verdier, label de qualité qui abrite en son sein des auteurs aussi indispensables que, pour ne citer qu'eux, le Lyonnais Emmanuel Venet, souvent évoqué ici, l'historienne de la littérature et essayiste Marielle Macé (dont il faut lire Sidérer-Considérer et le récent Nos Cabanes), l'Autrichien Josef Winkler, le linguiste et philosophe Jean-Claude Milner et bien sûr les deux Pierre – on oserait presque dire "angulaires" – de la maison : Michon et Bergounioux, deux des plus importants écrivains français contemporains. Pour fêter les quarante ans de Verdier, qui publie à l'occasion 40 ans d'édition : Une chronologie, 1979-2019, la Villa Gillet propose deux soirées les mercredi 10 et jeudi 11 avril. La première en présence de Jean-Claude Milner intitulée Ne pas laisser la langue dans l'état où on l'a trouvée, la seconde, pour un dialogue d'écrivains sur le thème Le travail des mots avec Michel Jull

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Les "imotges" de Claude Horstmann au Goethe Institut

Dessin | Au Goethe-Institut, Claude Horstmann rouvre les mots et l’écriture à leurs racines graphiques et gestuelles. Et leur redonne une épaisseur inquiète et émouvante.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 22 janvier 2019

Les

« Écrire et dessiner sont identiques en leur fond » disait Paul Klee. Cette phrase de Klee n’est rien moins qu’une petite bombe lancée dans l’ordre occidental de l’écriture. Ce dernier, en effet, à force de discipline et d’apprentissage scolaire, impose à l’écriture manuscrite une transparence anonyme, débarrassée de ses scories corporelles et subjectives : taches, tremblements, expressivité personnelle, fioritures diverses… Depuis Paul Klee au moins, les mots se remettent en mouvement, en danses dessinées, retrouvant leur expressivité originaire, leur gestuelle. Beaucoup d’artistes de l’art brut, ou d’autres comme Henri Michaux, Cy Twombly, Irma Blank, voire Joseph Kosuth ou Bruce Nauman, ont fait trembler l’écriture alphabétique vers le dessin ou le matériau plastique. Les mots, dans leurs œuvres, sont aussi des images, des "imotges" pour ainsi dire… Sens dispersé Dans cette veine, l’artiste allemande

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Cinq expos à voir en janvier

Bons Plans | Vues ou pressenties comme intéressantes, voici notre sélection de cinq expositions à ne pas manquer en cette nouvelle année dans les musées et les galeries de la région.

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 31 décembre 2018

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Un peuple de l'herbe, les coléoptères On les chasse de nos cultures agricoles, on les loue pour leur symbolisme religieux, on les mange, on les représente dans des œuvres d'art, on en fait même parfois, au Japon, des animaux de compagnie... Les 387 000 espèces de coléoptères répertoriées sur la planète (coccinelles, doryphores, scarabées, lucioles, hannetons...) constituent un véritable monde dans le monde ! La petite exposition qui leur est consacrée jette un quadruple regard sur ces bestioles étonnantes : scientifique, relationnel (les liens entre les humains et les coléoptères), mythologique et artistique. Passionnant ! Coléoptères, insectes extraordinaires Au Musée des Confluences jusqu'au 28 juin 2020 Plier, frotter, suspendre, cacher L'artiste allemande Katinka Bock déploie à Villeurbanne un univers plastique très singulier, composé pour l'essentiel de sculptures faites de matériaux bruts et de gestes très simples (plier,

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Louis Garrel : « dès le début, il devait y avoir trois voix »

L’Homme fidèle | Bref par la durée, le deuxième long-métrage de Louis Garrel est un grand et beau film atemporel coécrit par un scénariste de légende, Jean-Claude Carrière et co-interprété par Laetitia Casta. Conversation à trois, entre voix feutrées et phrases alertes…

Vincent Raymond | Lundi 24 décembre 2018

Louis Garrel : « dès le début, il devait y avoir trois voix »

Après Les Deux Amis inspiré de Musset, vous vous êtes ici plus ou moins inspiré de La Seconde Surprise de l’amour de Marivaux. Louis Garrel : L’homme fidèle aux classiques… Jean-Claude Carrière : Infidèle ! LG : Toi oui, mais moi, fidèle aux classiques. Comme j’étais mauvais élève à l’école, j’essaie de me rattraper en faisant des films. J’aime bien prendre des trucs ancrés dans l’inconscient collectif, des arguments classiques et les retourner dans tous les sens. Les Américains le font bien avec Shakespeare, pourquoi ne pourrait-on pas le faire avec Marivaux ? Au finale, il ne reste ici pas grand chose de Marivaux en vrai : deux idées de personnages. Quelle a été la toute première idée de ce film ? JCC : Elle est née de son autre film. Quand il a écrit Les Deux amis, il m’a demandé de me le

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Claude, un empereur dépoussiéré

Histoire | Le Musée des Beaux-Arts de Lyon consacre au mésestimé Claude une exposition sobre et lumineuse. L'occasion de redécouvrir cet empereur romain, et plus largement tout un univers politique, familial et esthétique.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 18 décembre 2018

Claude, un empereur dépoussiéré

L'exposition Claude s'ouvre sur plusieurs extraits de films où apparaissent Claude, Caligula, et quelques autres figures clefs des débuts de l'Empire romain. Empire qui succède à une République et qui ne doit pas être compris à la manière où s'organise un pouvoir royal classique (dans l'empire carolingien notamment), mais comme une notion expérimentale et tâtonnante où le pouvoir impérial est le fruit d'un consensus fragile entre le peuple, l'armée et le sénat. Dans les extraits cinématographiques, Claude est représenté sous les traits qui lui collent à la peau depuis des lustres dans les manuels d'histoire romaine : « un être falot, manipulé par son entourage, boiteux, bègue et un peu stupide » comme le rappelle Geneviève Galliano, commissaire de l'exposition. Coincé, de plus, chronologiquement, entre les célébrissimes Caligula et Néron, on ne peut pas dire que Claude (10 av. J.-C., 54 ap. J.-C.) soit une affiche d'exposition bien excitante a priori ! Les tables claudiennes De manière un peu paradoxale donc, l'e

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L'Echange à sec de Christian Schiaretti

Théâtre | Dans une proposition plus aride que jamais, Christian Schiaretti semble avoir trouvé avec L’Échange de Claudel la matière à un ascétisme qui repose entièrement sur le texte et les acteurs.

Nadja Pobel | Mardi 11 décembre 2018

L'Echange à sec de Christian Schiaretti

Il a beaucoup pratiqué les tréteaux avec ses Molière, avait placé Coriolan sur un plateau dénudé en pentes très douces où tout convergeait dans une petite bouche d’égout ; même lors de la réouverture du TNP rénové en 2011, les azuleros bleus de son Ruy Blas ne semblaient guère l'intéresser et faisaient plus figure de décorum que de décor. Désormais, Christian Schiaretti a pu faire, en cette maison qu'il dirige depuis 2002 et jusqu'à fin 2019, de la place au texte, rien qu'au texte et ses transmetteurs que sont les acteurs. De son propre aveu, ce sont là « des vacances scénographiques ! ». Fanny Gamet a simplement posé un sol bleu entaché de larges traces de plus en plus rougeoyantes au fil du spectacle entamé par une chute de sable en p

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Cinq expos à voir en décembre

Bons Plans | Vues ou pressenties comme intéressantes, voici notre sélection de cinq expositions à découvrir ce mois-ci. Dans les musées et les galeries de Lyon.

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 6 décembre 2018

Cinq expos à voir en décembre

Claude, un empereur au destin singulier Né à Lyon en 10 av. J.-C., empereur inattendu à cinquante ans, après l'assassinat de Caligula, Claude est une figure romaine peu connue (ses épouses le sont davantage : Messaline, Agrippine...), voire moquée pour sa faiblesse légendaire. L'exposition qui lui est consacrée dévoile un nouvel éclairage historique sur son importance, et, surtout, donne à revoir l'histoire de l'Empire romain sous un tout autre angle. Ce parcours historique original est servi par une scénographie sobre et lumineuse, et une grande diversité de documents et d'objets (d'éléments antiques à des représentations peintes postérieures, en passant par des moulures de bas reliefs). Au Musée des Beaux-Arts jusqu'au 4 mars 2019 Bernard Buffet et Jean Couty, parcours croisés Le très agréable Musée Jean Couty, voisin de l'Ile Barbe, présente une exposition confrontant les peintures de Jean Couty

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Shoah

Reprise | Somme documentaire parlant de la Solution finale, Shoah fut réalisé en l’absence d’images d’archives à partir de témoignages collectés pendant des années par (...)

Vincent Raymond | Lundi 24 septembre 2018

Shoah

Somme documentaire parlant de la Solution finale, Shoah fut réalisé en l’absence d’images d’archives à partir de témoignages collectés pendant des années par Claude Lanzmann pour restituer par la parole l’indicible des camps d’extermination. En l’absence du réalisateur, qui nous a quittés le 5 juillet dernier, le film parle pour lui. L’Institut Lumière lui rend hommage par cette projection exceptionnelle en deux parties, soit au total 9h27. Shoah À l’Institut Lumière le samedi 29 septembre à 13h

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Musées, collections automne-hiver

Dans les musées... | La sculpture contemporaine et l'Antiquité seront les deux grandes "stars" des prochaines expositions temporaires des musées de la région. C'est une bonne nouvelle, tant ces événements sont prometteurs a priori !

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 19 septembre 2018

Musées, collections automne-hiver

L'oublié Bernard Venet ? Ce nom d'artiste ne dit plus aujourd'hui grand chose à quiconque, hormis peut-être aux habitants de Nice, où beaucoup de ses œuvres monumentales occupent l'espace public. Très connu dans les années 1980, Bernard Venet (né en 1941) s'en est allé ensuite faire carrière aux États-Unis. Il revient en grand format au Musée d'Art Contemporain qui lui consacre une rétrospective (du 21 septembre au 6 janvier 2019) rassemblant pas moins de 170 œuvres ! Celui qui souhaitait, dès les années 1960, « retirer toute charge d'expression contenue dans l’œuvre pour la réduire à un fait matériel », est l'auteur d’œuvres minimalistes dans leurs formes (lignes, arcs, cercles, quadrilatères...) mais souvent "maximalistes" dans leurs dimensions et leurs poids. Il réservera même au MAC de Lyon la primeur de ses toutes récentes créations. L'antique Après l'assassinat de Caligula, Claude est désigné empereur de Rome contre toute attente en 41 après Jésus-Christ. La littérature antique en a dressé un portrait peu flat

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Cordes à gogo

Cordes en Ballade | Cordes en ballade, 20e édition ! Toute en joie, en étonnements multiples, en convivialité : le pari initial a dépassé les espérances.

Pascale Clavel | Mardi 19 juin 2018

Cordes à gogo

Depuis 20 ans, Cordes en Ballade est devenu une référence auprès des amoureux d’une musique exigeante, diverse et subtile. La direction artistique, menée depuis l’origine par le Quatuor Debussy, reste terriblement inventive. Douze jours de balades en Ardèche au cœur d’une programmation en forme de patchwork élégant, où chaque festivalier part à la rencontre de musiques improbables. Le Teil, Viviers, Antraigues-sur-Volane, Cruas, Alba-la-Romaine, Privas… partons flâner ! Cette 20e édition s’ouvre à la cathédrale Saint-Vincent-de-Viviers avec un hommage appuyé à Claude Debussy pour le centenaire de sa mort. Suit une programmation riche en expériences décalées : nous entrons de plain-pied dans la cuisine d’Offenbach, avec un concert de parodies d’opérettes où le Quatuor Debussy et les chanteurs solistes d’Orphéon la Compagnie Vocale s’associent pour interpréter ses plus grands tubes. Pour fêter les 20 ans du festival, le Quatuor Léonis se lâche dans un spectacle fou : Éclisse totale. Les musiciens déroulent une musique dans tous ses états, passent du rock

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Il faut sauver Claude Autant-Lara (même malgré lui)

Rétrospective | « C'est un vieillard qui n'a plus de succès, qui est devenu aigri » disait Simone Veil à propos du réalisateur Claude Autant-Lara dans les années 1980, (...)

Margaux Rinaldi | Lundi 30 avril 2018

Il faut sauver Claude Autant-Lara (même malgré lui)

« C'est un vieillard qui n'a plus de succès, qui est devenu aigri » disait Simone Veil à propos du réalisateur Claude Autant-Lara dans les années 1980, alors qu’il se perdait en propos réactionnaires et dans un engagement politique révulsant. Mais même si ses dernières années ont été pathétiques, « restent les films qui le dépassent », notamment grâce à quelques grands classiques comme Le Comte de Monte-Cristo ou encore Le Diable au corps. Du moins, c’est ce qu’en pense Bertrand Tavernier dans la préface du livre biographique dédié au cinéaste, rédigé par Jean-Pierre Bleys. La publication de cette somme incite l’Institut Lumière à organiser une rétrospective de l’œuvre du cinéaste. Grand succès à l’époque, un peu tombé dans les oubliettes aujourd’hui, Journal d’une femme en blanc (1965) avec Marie-José Nat, a été choisi pour ouvrir les festivités le 3 mai, après une conférence donnée par l’auteur de la monographie. Une vingtaine d’autres de ses films seront programmés pendant deux mois, vous retrouverez donc la douce Odette Joyeux dans

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Serge Dorny prend la tête de l'Opéra National de Bavière

Opéra de Lyon | Serge Dorny va quitter l'Opéra de Lyon : le gouvernement du land allemand de Bavière vient d'annoncer ce mardi sa nomination en tant que directeur (...)

Sébastien Broquet | Mardi 6 mars 2018

Serge Dorny prend la tête de l'Opéra National de Bavière

Serge Dorny va quitter l'Opéra de Lyon : le gouvernement du land allemand de Bavière vient d'annoncer ce mardi sa nomination en tant que directeur général de l'Opéra National de Bavière, dont il prendra les commandes le 1er septembre 2021. Il va prendre la place de Nikolaus Bachler, en fin de mandat. Le Belge, âgé de 56 ans, avait été directeur de l'Orchestre Philharmonique de Londres et de La Monnaie à Bruxelles avant de prendre la direction de l'Opéra de Lyon, où son mandat a été marqué par des succès artistiques indéniables et une reconnaissance internationale, mais aussi par une polémique entourant des abus autour de ses notes de frais. Il était à la tête de l'établissement lyonnais depuis 2003 et le restera jusqu'en août 2021.

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Être ou avoir l’été : "Les Films de l’été"

ECRANS | Loin des clichés plage/montagne, cet assemblage de deux courts-métrages ultra primés propose deux “faces B” de l’été se déroulant dans des “non-lieux“ de (...)

Vincent Raymond | Mardi 9 janvier 2018

Être ou avoir l’été :

Loin des clichés plage/montagne, cet assemblage de deux courts-métrages ultra primés propose deux “faces B” de l’été se déroulant dans des “non-lieux“ de vacances, avec des personnages pour le moins décalés. L’étrangeté ambiante doit sans nul doute aux ascendances belges des films ; un je-ne-sais-quoi d’absurdité faisant écho à cette intangible sensation que, durant la saison chaude, tout est possible. Et l’éternité, à portée de main. Vague décalque fantaisiste de L’Année dernière à Marienbad croisé avec Le Diable par la queue, Rien sauf l’été projette un jeune homme en recherche de quiétude dans un château en réfection, peuplé d’une famille bizarre mais accueillante. Quant au Temps de l’été, il suit l’autoroute vers le sud de la France en compagnie d’un fils, de son père et du vieux pote suicidaire de ce dernier. Dans les deux cas, les instants de vie se succèdent et s’empilent, sans qu’il y ait forcément d’histoire à raconter : le moment est capturé dans la fugacité de son évocation, comme la fraîcheur d’une glace à l’eau ou la morsure c

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Le diable se déshabille en bla-bla : "Que le diable nous emporte"

ECRANS | Le puritanisme de précaution étant le parfum de saison, il est à redouter que ce Brisseau suscite une volée d’anathèmes venant d’apôtres du boycott moral n’ayant, (...)

Vincent Raymond | Mardi 9 janvier 2018

Le diable se déshabille en bla-bla :

Le puritanisme de précaution étant le parfum de saison, il est à redouter que ce Brisseau suscite une volée d’anathèmes venant d’apôtres du boycott moral n’ayant, pour certain·e·s jamais vu une traîtresse image de ses longs-métrages. Depuis sa condamnation devant les tribunaux pour harcèlement et agression sexuelle dans le cadre de son activité de cinéaste, ses opus anciens et récents sont tous entachés de suspicion — d’autant que l’homme n’a pas renoncé à filmer des femmes se dévêtant et s’aimant dans de vastes appartements : Que le diable nous emporte en témoigne. Et sa confidentialité, comme sa fragilité économique, en font une bien commode cible expiatoire : lorsque l’affaire Weinstein a enfin éclaté (et qu’il fallut faire choir des têtes), quelques heures suffirent pour que sa rétrospective prévue pour janvier à la Cinémathèque soit reportée sin

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Les phénomènes atmosphériques de Claude Gazier

Peinture | Toujours accroc au cinéma, le peintre Claude Gazier présente une série de paysages inspirés notamment de films, ouvrant ainsi une nouvelle fenêtre thématique dans son œuvre.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 19 septembre 2017

Les phénomènes atmosphériques de Claude Gazier

Dans son atelier, Claude Gazier parle de ses peintures avec à la fois beaucoup de modestie et de précision technique : « La captation des nuances des vibrations de la lumière est le véritable sujet pictural de cette série de paysages. Pour cela j'utilise la transparence de la caséine en superposant des couches colorées sur la silice qui recouvre préalablement les tableaux : il s'agit pour moi de jouer de la contradiction entre l'affirmation de la matérialité granuleuse de la surface sablée et la recherche de l'illusion de la profondeur, tant atmosphérique que spatiale. » On entend là les leçons tirées par l'artiste des impressionnistes, mais contrairement à ses aînés, Claude Gazier ne peint pas sur le motif mais à partir de photogrammes de cinéma ou de tableaux d'autres peintres (Gerhard Richter notamment). Le paysage me regarde Sur ses toiles de différents formats, on reconnaît un paysage de La Mort aux trousses de Hitchcock, une scène d

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Les 5 expos à voir en septembre

Sélection | Les expositions fourmillent à Lyon et alentour ce mois-ci. Sélection de cinq immanquables a priori.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 12 septembre 2017

Les 5 expos à voir en septembre

14e Biennale d'art contemporain, « Mondes flottants » du 20 septembre au 7 janvier 2018 à la Sucrière, au Musée d'art contemporain et sur la place Antonin Poncet Emma Lavigne, commissaire invitée, propose une Biennale placée sous le signe des émotions, de la fluidité et du mélange des disciplines (art, musique, danse...). Une édition fort prometteuse, avec parmi la soixantaine d'artistes invités : la Brésilienne Lygia Pape, le cinéaste et plasticien thaïlandais Apichatpong Weerasethakul, la musicienne et artiste Laurie Anderson, ou des œuvres plus anciennes de Alexander Calder, Lucio Fontana, Hans Haacke... « Le monde de Fred Deux » du 20 septembre au 8 janvier 2018 au Musée des Beaux-Arts de Lyon Écrivain (on lui doit notamment le mythique récit autobiographie La Gana publié en 1958), graveur, dessinateur, Fred Deux (1924-2015) conçoit chacune de ses œuvres comme une descente, à la fois précise et imaginaire, dans les mondes de l'organique et du sexuel. Soit dans les soubassements même des êtres humains et de quelques autres créatures. Le Musées des Beaux-Arts consacre à l’artiste une grande et rare rétrospective qui

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Quand l'art questionne le présent : 5 expos contemporaines

Dans les galeries | Petite sélection de très bonnes expositions à découvrir dans les galeries lyonnaises, les centres d'art, ou un lieu atypique comme le Couvent de la Tourette.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 12 septembre 2017

Quand l'art questionne le présent : 5 expos contemporaines

L'intime de Julien Magre « Elle puis elles. Elle est d’abord arrivée comme une pierre précieuse. Elles sont ensuite venues comme de petites tempêtes de vie. Caroline, Louise et Suzanne. Ma vie dans vos bras. Mes bras comme des branches » écrit le photographe Julien Magre à propos de sa femme et de ses deux filles. Depuis 1999, l'artiste photographie sa vie intime en la transfigurant dans les domaines de la poésie et de la fiction, avec une sensibilité poignante. Il aime à présenter ses images dans des boîtes ou des livres, et présentera quelque 300 œuvres au Réverbère, sa nouvelle galerie depuis mars 2017. Julien Magre, Elles Au Réverbère​ du 16 septembre au 10 novembre Les paysages de Claude Gazier Grand admirateur de Edward Hopper, le peintre lyonnais Claude Gazier était connu jusqu'à présent pour ses reprises et ses transfigurations de scènes de cinéma, des scènes notamment où transparaissait une certaine tension entre différents personnages. Pour sa nouvelle exposition à la galerie Pallade, l'artiste

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De l'agitation à l'Opéra

Opéra de Lyon | Les notes de frais de Serge Dorny ont été dévoilées et épluchées par le pure player Médiacités. Une partie des salariés s'est offusqué de leur contenu, dans un communiqué.

Sébastien Broquet | Mardi 23 mai 2017

De l'agitation à l'Opéra

Voici donc que surgit une nouvelle affaire de notes de frais dans le milieu de la culture lyonnaise. La seconde en quelques mois : la Chambre Régionale des Comptes avait déjà épinglé la gestion manquant de rigueur de Guy Walter (directeur de la Villa Gillet), entraînant un resserrement du budget de cette structure par les collectivités locales. Cette nouvelle histoire de notes concerne cette fois Serge Dorny, le directeur de l’Opéra de Lyon. C’est un tout nouveau pure player, Médiacités, qui a révélé l’affaire le mardi 9 mai, signant avec éclat son lancement entre Rhône et Saône, en mettant en ligne une enquête consécutive à l’épluchage de 3500 copies des notes de frais du directeur. Premier constat : les autorités de tutelle sont encore prises au dépourvu. Suite à la première affaire, il ne semble donc pas qu’un audit sur les notes de frais des grandes structures subventionnées ait été réalisé, visant à clarifier et encadrer le fonctionnement de ces frais, nécessaires à la bonne marche des ces maisons il

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Camille Claudel au cinéma : les batailles, les prisons

ECRANS | Apparaissant de façon intermittente dans "Rodin", Camille Claudel (ici incarnée par Izïa Higelin) est désormais sortie de l’obscurité où ses contemporains voulaient la reléguer, en partie grâce au 7e art.

Vincent Raymond | Mardi 23 mai 2017

Camille Claudel au cinéma : les batailles, les prisons

On ne dira jamais assez le pouvoir du cinéma lorsqu’il s’agit de réhabiliter une figure oubliée ou injustement dénigrée en son temps. Morte dans l’indifférence générale à l’asile psychiatrique de Montfavet, où sa famille l’avait faite interner trente ans plus tôt, inhumée à la va-vite avant que ses restes ne se trouvent jetés à la fosse commune, Camille Claudel (1864-1943) aurait pu demeurer cette silhouette grise et honteuse hantant l’ombre de ces “grands hommes” que furent son frère Paul et son amant Rodin. Mais grâce au roman Une femme (1982) signé Anne Delbée, suivi deux ans plus tard par une biographie de la main de Reine-Marie Paris, descendante de la sculptrice, la tragédie d’une artiste se fit jour. Isabelle et Juliette Isabelle Adjani s’empara de cette destinée malheureuse, dont elle voulut exalter le lyrisme funeste et passionné dans un biopic. Réalisé par son compagnon de l’époque, le chef-opérateur Bruno Nuytten, le film qui en découla se voulait digne d’un mausolée à la mé

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Michel Pastoureau : « Je n'aime pas beaucoup "Le Rouge et le Noir" »

CONNAITRE | Amateur de roman policier, l'historien des couleurs, Michel Pastoureau vient commenter "Le Rouge et le Noir" de Claude Autant-Lara et le tableau "Les Otages" de Jean-Paul Laurens. En avant-première, cet amoureux des films... en noir et blanc, nous entretient ici du choix – parfois pragmatique et paradoxal – de ces œuvres, nous livre ses considérations sur la prégnance du noir et du rouge dans l'imaginaire du roman policier.

Stéphane Duchêne | Lundi 3 avril 2017

Michel Pastoureau : « Je n'aime pas beaucoup

L'amoureux des couleurs que vous êtes nourrit ce paradoxe de préférer de préférer les films en noir et blanc... Michel Pastoureau : C'est mon goût personnel, sans doute lié à mon enfance, j'avais une grand mère qui aimait énormément le cinéma et m'y emmenait fréquemment. Dans les années 50, le cinéma en couleur existait déjà mais la majorité des films étaient quand même en noir et blanc donc je me suis forgé une sensibilité, un imaginaire du cinéma en noir et blanc. Et je reconnais que le cinéma en couleur ce n'est pas tout à fait le cinéma pour moi, c'est un peu autre chose. À Quais du Polar vous venez justement présenter un film en noir et blanc, que l'on ne peut bien sûr détacher de vos travaux sur la couleur puisqu'il s'agit du Rouge et Le Noir adaptation du roman de Stendhal par Claude Autant-Lara (1954). Pourquoi ce choix ? Pour Quais du Polar, on m'a demandé de choisir un film qui ait un rapport avec la notion de polar, j'ai donc choisi quelque chose qu'il me serait assez facile de commenter, n'étant pas un spécialiste du cinéma (rires). A la fois parce que Le Rouge et le Noir c'e

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Claude Lelouch : « je crois à l’incroyable fertilité du chaos »

4 questions à... | Claude Lelouch n’en a pas fini avec l’envie de filmer. Et ce n’est pas parce qu’il tourne autour des Hospices qu’il songe à l’hospice : son truc à lui, ce serait plutôt les bons auspices…

Vincent Raymond | Mardi 14 mars 2017

Claude Lelouch : « je crois à l’incroyable fertilité du chaos »

Comment avez-vous repéré les talents d’acteur de Me Dupond-Moretti ? Claude Lelouch : C’est mon métier, je ne sais rien faire d’autre (sourire). C’est quelqu’un que j’ai admiré. J’avais l’impression de voir Lino Ventura : ce type a une force incroyable ! Si je pouvais la conserver derrière une caméra, ce serait génial. Je l’ai rencontré par un copain, on a sympathisé et il m’a invité à une audience. Sa plaidoirie a duré 1h30, le temps d’un long-métrage. J’ai regardé tous les gens qui jugeaient l’accusé et je me suis dit que c’était eux qu’il fallait juger : l’avocat général qui réclame la perpétuité, le président qui se prend pour Dieu, les gens dans la salle qui viennent pour déguster le malheur des autres, les jurés… J’ai imaginé que tous avaient des casseroles : on a tous les qualités de nos défauts, on a tous des jardins secrets. Est-ce la vie qui vous donne l’envie de faire du cinéma, ou bien le cinéma qui vous donne le plaisir de la vie ? Je vie une double histoire d’amour avec le cinéma et la vie. L’un renforce l’autre, ils sont complémentaires. La vie est le plus grand

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"Chacun sa vie" : un Lelouch treize embrouillé

ECRANS | Entièrement récoltée à Beaune, la 46e cuvée de Claude Lelouch a un goût de déjà-bu. Pas étonnant, venant d'un réalisateur ayant autant de bouteille…

Vincent Raymond | Mardi 14 mars 2017

Attendre de Lelouch qu’il fasse autre chose que du Lelouch reviendrait à espérer d’un chat et d’une souris un concert d’aboiements. Si le cinéaste s’est jadis montré capable de détonner, pour répondre à un violent désamour du public (en témoigne le singulier Roman de gare), il ferait plutôt en règle générale sien l’aphorisme de Cocteau : « Ce qu’on te reproche, cultive-le : c’est toi ». Chacun sa vie est, à cette enseigne, un parfait exemple de monoculture lelouchienne — certes “hors-sol”, puisque totalement tourné à Beaune, où le virevoltant réalisateur a installé son école de cinéma. Il troque donc ses plans de Tour Eiffel ou de Champs-Élysées contre de larges vues de la Place Carnot, microcosme valant ici pour le monde entier. La Beaune année Autour de cette esplanade noyée sous le piano-jazz ininterrompu d’un assommant festival estival gravitent donc des êtres divers, soumis aux petits ou grands tracas de la vie, qui auront pour point commun de se retrouver tous témoins, jurés, juges, défenseur ou public dans une salle d’audience lors d’un procès final… Faut-il s’étonner que les meilleurs comédiens du film

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Serge Dorny : « Il faut avoir la nostalgie de l'avenir »

Opéra de Lyon | Rencontre avec le directeur de l'Opéra de Lyon, Serge Dorny, pour évoquer cette saison de transition voyant son chef permanent, Kazushi Ono, s'envoler vers d'autres cieux, remplacé à la rentrée par le jeune espoir italien qu'est Daniele Rustioni.

Sébastien Broquet | Mardi 17 janvier 2017

Serge Dorny : « Il faut avoir la nostalgie de l'avenir »

C'est la dernière saison de votre chef permanent, qui s'en va en juin. Serge Dorny : Kazushi Ono est un chef extrêmement moderne. Normalement, un chef s'intéresse à la musique, à la partition. Mais le monde a changé : tout ce qui est action citoyenne, vis à vis des territoires en difficulté, des publics scolaires, des réseaux associatifs, l'Opéra de Lyon, étant un acteur citoyen, s'y investit énormément. Il n'est pas automatique qu'un directeur musical le fasse. Kazushi Ono y a participé de façon active, il était très enthousiaste, au point qu'il a importé cette démarche dans les projets qu'il porte au Japon. C'est vraiment quelqu'un avec qui j'ai pu construire ce projet et l'enraciner dans la maison. Il est moderne, car il a compris que ça se passe sur scène et dans la fosse, mais aussi hors les murs ; dans la cité, dans les banlieues éloignées. Cet accès au plus large public possible doit se gagner au quotidien. J'ai eu un partenaire, là-dessus. Un chef moderne, c'est aussi avoir une attention particulière envers les partitions d'aujourd'hui. Pas seulement célèbrer le passé en jouant le grand réperto

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Court toujours !

ECRANS | Quand il n’y a pas de festival de court métrage… il y a la Fête du Court métrage — manifestation succédant au Jour le plus court, en reprenant le même principe (...)

Vincent Raymond | Mardi 13 décembre 2016

Court toujours !

Quand il n’y a pas de festival de court métrage… il y a la Fête du Court métrage — manifestation succédant au Jour le plus court, en reprenant le même principe : donner accès à un catalogue d’œuvres brèves à tous les lieux (pas uniquement des cinémas permanents) proposant d’en projeter. Bibliothèque, café, établissement scolaire, mairie… il y a forcément une salle temporaire près de chez vous. Mais si vous préférez les contextes traditionnels, optez pour la carte blanche à Claude Barras le 18 décembre à 10h30 au Comœdia. Fête du Court-métrage Au Comœdia du jeudi 15 au dimanche 18 décembre

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Ma vie de Courgette : l'envers du décor

L'Expo | Après avoir dévoilé l’univers de Wes Anderson et son Grand Budapest Hotel, le Musée Miniature & Cinéma épluche celui de Courgette, tourné à quelques arrêts de bus de là. Quand on dit que le circuit court a du bon…

Vincent Raymond | Mardi 18 octobre 2016

Ma vie de Courgette : l'envers du décor

Dix années. C’est la durée qui s’est écoulée entre la découverte par Claude Barras du roman de Gilles Paris et la sortie du film qu’il lui a inspiré. Une décennie, quasiment une petite vie, pour concevoir et accomplir une œuvre dont chaque seconde aura nécessité d’être disséquée en une suite d’images minutieusement composées, photographiées, puis rassemblées pour donner l’harmonieuse illusion du mouvement… Un film en stop motion est, décidément, une drôle d’espèce cinématographique, ontologiquement contrariante : non seulement il dévore des quantités absurdes de temps pour en restituer une quintessence par la ruse, profitant de notre rémanence rétinienne ; mais en plus, il fait disparaître toutes les traces apparentes de sa chimérique création. Résultat ? Après la phase de tournage, poupées-marionnettes et décors sont rendus à leur état d’objets inanimés… c’est-à-dire inutiles, et promis à la destruction. Les précieux éléments de Ma vie de courgette auraient connu ce funeste destin si l’un des producteurs Marc Bonny, en voisin lyonnais du Musée Miniature & Cinéma, n’avai

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"Ma vie de courgette" : gratin d’amour sauce résilience

Le film | Avec ce portrait d’une marmaille cabossée par la vie retrouvant foi en elle-même et en son avenir, Claude Barras se risque sur des sentiers très escarpés qu’il parcourt avec une délicatesse infinie. Un premier long-métrage d’animation en stop motion vif et lumineux ; un chef-d’œuvre.

Vincent Raymond | Mardi 18 octobre 2016

Que vous soyez un enfant de 5 ou de 105 ans, accordez sans tarder un peu plus d’une heure de votre vie à cette grande œuvre ; elle vous ouvrira davantage que des perspectives : des mondes nouveaux. Ma vie de courgette est de ces miracles qui redonnent confiance dans le cinéma, qui prouvent sans conteste que tout sujet, y compris le plus sensible, est susceptible d’être présenté à un jeune public, sans qu’il faille abêtir les mots ni affadir le propos. « Tout est affaire de décor » écrivait Aragon en d’autres circonstances, ce film l’illustre en traitant successivement d’abandon, d’alcoolisme et de mort parentaux, des maltraitances enfantines, d’énurésie, d’éveil à l’amour et à la sexualité… un catalogue de tabous à faire pâlir le moindre professionnel de l’enfance. Des thématiques lourdes, attaquées de front sans ingénuité falote ni brutalité, amenées par le fil éraillé de l’existence des petits héros du film : Courgette et ses amis vivent dans un foyer, où ils tentent de guérir de leurs traumatismes passés. Où on les entoure de l’amour et l’attention dont ils ont été frustrés.

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Gilles Paris, l’auteur de "Autobiographie d’une courgette"

Trois questions à... | Publié en 2002, déjà transposé pour la télévision en 2008 par Luc Béraud, le roman Autobiographie d’une courgette est davantage qu’un phénomène littéraire. Conversation avec un auteur heureux.

Vincent Raymond | Mardi 18 octobre 2016

Gilles Paris, l’auteur de

C’est la seconde fois que votre Courgette est “adopté” (plus qu’adapté) par des parents de cinéma. Comment se passent la séparation, puis les retrouvailles du point de vue de l'auteur ? Gilles Paris : À la fois de loin (je laisse aux professionnels le soin d’adapter ce roman librement) et à la fois de près car je suis à la trace ce qu’ils font et je m’en émerveille chaque fois. Je suis comme le premier fan. J’aime que d’autres s’accaparent mon univers pour y insérer le leur. Claude Barras explique avoir « adouci » votre roman, rendant son film accessible à un jeune public dès 7 ans. Pourtant, il traite des mêmes thèmes graves que vous. Le cinéma, l’animation, atténuent-ils la crudité du sujet ? La mort de la mère par exemple était difficile à traiter à l’image, ce que je comprends bien. C’est beaucoup plus “acceptable” dès le début du film, ce qui, en effet ne l’a pas empêché d’être fidèle à l’esprit du roman, à sa poésie et à ce fond social qui rapproche ces enfants. Depuis sa parution, votre roman a été lu par des milliers d’adolescents et étudié par de très nombreux coll

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"Camping 3" : et Gérard Jugnot avala un spacecake

ECRANS | Si vous n’avez pas d’autre choix que d’assister à une séance de Camping 3 (pour fournir une escorte à votre coquin(e), fuir une soirée foot, assouvir un (...)

Vincent Raymond | Mardi 28 juin 2016

Si vous n’avez pas d’autre choix que d’assister à une séance de Camping 3 (pour fournir une escorte à votre coquin(e), fuir une soirée foot, assouvir un instant grégaire…) réjouissez-vous, il se peut que vous puissiez vous raccrocher à une séquence comme le naufragé à sa bouée. En l’occurrence, celle où Gérard Jugnot ingurgite un spacecake — expliquer les circonstances de l’ingestion serait fastidieux. Rentabilisant au mieux sa participation et son expérience, le comédien retrouve ses trémulations asthmatiques du buveur de liqueur d’échalote, devient hystérique comme un Félix à Noël et offre par son trip une plage de grâce dans une mer d’huile solaire. À part ce moment qui, étonnamment, échappe au cadre du camping — de là à en tirer les conclusions qui s’imposent… — rien de nouveau sous le coup de soleil ; tout le monde retourne au piquet de tente. Camping 3 de Fabien Onteniente (Fr, 1h45) avec Franck Dubosc, Claude Brasseur, Mylène Demongeot, Gérard Jugnot…

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Élie Chouraqui : « On a le droit et le devoir de montrer ”l'immontrable“ »

Trois questions à | Choc des Rencontres cinématographiques du Sud d’Avignon, où il a été projeté en avant-première, L’Origine de la violence a été présenté par un Élie Chouraqui combatif et serein.

Vincent Raymond | Mardi 24 mai 2016

Élie Chouraqui : « On a le droit et le devoir de montrer ”l'immontrable“ »

Y a t-il de la violence en vous ? Avez-vous réussi à en déterminer l’origine ? Il y en a, oui. J’ai fait un peu d’analyse, je me suis fait “suivre”, comme on dit, parce que j’avais des questions auxquelles personne n’avait répondu. Des vides dans mon passé, des inquiétudes, des angoisses — qui m’habitent toujours, qui ne sont pas complètement dissipées — m’empêchant parfois de “bien” vivre. J’avais tendance à me mettre dans des situations désagréables alors que ce n’était pas du tout indispensable. J’ai compris pourquoi. Maintenant, je vais mieux (rires). Je suis beaucoup plus apaisé. Vous évoquez à travers le film les interdits pesant sur la représentation des camps d’extermination — et l’impossibilité de montrer des déportés en train de rire. C’est rare… Ce principe de Claude Lanzmann, selon lequel on ne montre pas l’immontrable, c’est comme un lieu commun, c’est stupide. Pardon pour Lanzmann, pour lequel j’ai beaucoup de respect, mais il n’est pas question de garder les choses mystérieuses, sans en parler. Il faut au contraire tout montrer et tout analyser — si possible avec talent et intelligence. On a non seulement l

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Baden Baden : chronique d'un été

ECRANS | de Rachel Lang (Fr/Bel, 1h34) avec Salomé Richard, Claude Gensac, Swann Arlaud

Vincent Raymond | Mardi 3 mai 2016

Baden Baden : chronique d'un été

Concentré d’époque, Baden Baden appartient à cette catégorie de films ayant l’art de fixer une ambiance. Il tire sa substance originale non pas d’un dialogue brillant ou d’une construction scénaristique habile, mais de l’atmosphère qu’il parvient à restituer. À partir d’un argument ténu — le retour sur un coup de tête d’une jeune femme lisse de prime abord chez sa grand-mère à Strasbourg —, la chronique d’un été particulier va se dérouler, au gré de séquences en apparence décousues, mais suffisamment allusives pour que l’on puisse recomposer dans les grandes lignes le passé compliqué de la protagoniste (ses amours éteintes, ses distorsions familiales…), comme son présent (une existence vaguement à la dérive). Cette plongée dans la vie de l’inconnue qui nous est donnée pour héroïne se fait avec un minimum d’éléments ; une série de mises en situations jouant sur l’humour à froid et la longueur des plans. Il y a autant d’art chez l’auteure à échafauder ce puzzle, que de plaisir pour le spectateur à l’assembler. Quant au bout-à-bout de ces fragments, s’il ne délivre pas de réponse (puisqu’il n’y a pas de mystère à proprement parler), il nous d

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Le Soulier de Claudel

Brangues - Isère | Datant des XVII et XVIIIe siècles, ce château a une accointance avec nos grands auteurs. À commencer par Stendhal qui y fit un séjour en 1827 suite à (...)

Nadja Pobel | Mardi 5 avril 2016

Le Soulier de Claudel

Datant des XVII et XVIIIe siècles, ce château a une accointance avec nos grands auteurs. À commencer par Stendhal qui y fit un séjour en 1827 suite à l’affaire Berthet, du nom de ce jeune homme qui, à l’église, au moment de la communion, a grièvement blessé une croyante avant de tenter vainement de se suicider (la peine de mort l’emportera peu après). C’est ici que l’écrivain grenoblois aurait imaginé Le Rouge et le noir en s’inspirant de ce fait divers. En 1927, Paul Claudel, alors ambassadeur de France au Japon, en fit l’acquisition auprès du marquis de Virieu. C’est neuf ans plus tard, ne se consacrant plus qu’à ses activités littéraires, qu’il s’installe à plein temps dans ce château où il reçoit de grandes figures comme François Mauriac ou le maire de Lyon, Édouard Herriot. Selon sa volonté, le dramaturge est enterré dans ce lieu suite à son décès à Paris en février 1955. Sur sa tombe est gravée l’épitaphe : « Ici reposent les restes et la semence de Paul Claudel. » Référencé comme monument historique, ce château, privé, ne se visite plus que lors des Journées du patrimoine. La tombe de Claudel est, a contrario, toujours accessible au publ

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Retour réussi pour La Juive à l’opéra de Lyon

MUSIQUES | À l’occasion du festival Pour l’humanité, La Juive de Jacques Fromental Halévy a ravi le public. Créé en 1835, cet opéra a connu un immense succès au (...)

Sébastien Broquet | Mardi 22 mars 2016

Retour réussi pour La Juive à l’opéra de Lyon

À l’occasion du festival Pour l’humanité, La Juive de Jacques Fromental Halévy a ravi le public. Créé en 1835, cet opéra a connu un immense succès au XIXe avant de disparaître des scènes pour ne plus être joué que trop rarement. Les raisons d'un tel désamour ? L'éloignement du public du grand opéra français, une musique qui semble dépassée ? Un livret avec quelques faiblesses ne nous épargnant pas les clichés antisémites de la France de 1835 ? Les applaudissements plus que chaleureux qui ont accueilli la première lyonnaise démontrent que cet opéra mérite un immense respect. La musique est pleine de lyrisme, on retrouve le bonheur des duos, des trios qui font s’entremêler les voix dans une émulsion vocale dont l’opéra post-romantique s'est fait tant avare. Le tout est servi par des artistes de grande valeur, dont le ténor Enea Scala. La mise en scène d'Olivier Py est sobre, efficace et gomme les détails embarrassants du livret en évoquant de manière subtile l'histoire du XXe. Quant au chef Daniele Rustioni, sa baguette est précise tant pour la fosse que pour la scène. Un grand moment d’émotion pour cette Juive que l'on espère

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La Tour 2 Contrôle Infernale

ECRANS | De et avec Éric Judor (Fr, 1h31) avec Ramzy Bedia, Marina Foïs, Serge Riaboukine…

Vincent Raymond | Mercredi 10 février 2016

La Tour 2 Contrôle Infernale

Donner une suite à une comédie absurde n’est-il pas en soi absurde ? Éric et Ramzy semblent en convenir en tournant, quinze ans après, une préquelle à La Tour Montparnasse infernale. Même distribution (augmentée de Philippe Katerine), même humour vernaculaire pareil à un match d’impro verbale sans fin entre les deux potes, même sentiment d’épuisement à la fin — un Quentin Dupieux pour les canaliser et réaliser cela n’aurait pas été du luxe. Leur brillant compositeur semble lui aussi éreinté par sa contribution : alors qu’il avait signé pour Microbe et Gasoil de Michel Gondry une très plaisante bande originale, Jean-Claude Vannier marque ici le pas, au point d’emprunter à François de Roubaix un thème emblématique (La Vitesse, la Mort, dûment crédité au générique) pour ce qui est censé être le climax du film : sa séquence finale — Ludovic Bource avait eu recours à la même “facilité” dans The Artist, en reprenant la partition écrite par Bernard Herrmann pour Vertigo. Mais si certains en sortent sur les rotules, ce film rend une autre catégorie de spe

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Bolle-Reddat magnifie le Godot de Fréchuret

SCENES | Cinq mois après la version magistrale de Godot par Jean-Pierre Vincent, Lyon reçoit celle du stéphanois Laurent Fréchuret : si le casting est plus inégal, la vivacité et la férocité de l’époustouflant texte de Beckett sont bien là. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 26 janvier 2016

Bolle-Reddat magnifie le Godot de Fréchuret

Pour ceux dont les souvenirs remonteraient aux vieilles années du lycée, il y a urgence à réentendre ce texte. Plus puissant que Fin de partie ou Premier amour qui tournent partout, En attendant Godot est un chef d’œuvre, parfaite alchimie entre une désespérance profonde et un espoir ultime, celui d’être ensemble, toujours, même - et surtout - face à l’inéluctable. Laurent Fréchuret n’a pas souhaité faire le malin face à ce texte-monstre, bien lui en a pris : il suit les très précises indications que Beckett a livré en didascalies et c’est dans ces contraintes qu’il trouve la liberté de rire. Pour cela, le Stéphanois a convoqué un acteur immense, Jean-Claude Bolle-Reddat. Parfait Estragon qui, entre mille autres choses, a été membre de la troupe du TNS époque Martinelli, est passé dans le décapant Prix Martin de Labiche mis en scène par Boëglin, ou a joué au cinéma sous l’œil du surdoué en surchauffe François Ozon (Une nouvelle amie). En une fraction de seconde, Bolle-Reddat est juste et il tiendra cette tension deux heu

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Lelouch : des hauts et des bas-dabadaba

ECRANS | Ce n’est pas parce que son dernier opus sorti, Un + Une, nous a consternés, qu’il faut vouer Claude Lelouch aux gémonies. En plus d’un (...)

Vincent Raymond | Mardi 5 janvier 2016

Lelouch : des hauts et des bas-dabadaba

Ce n’est pas parce que son dernier opus sorti, Un + Une, nous a consternés, qu’il faut vouer Claude Lelouch aux gémonies. En plus d’un demi-siècle de cinéma, l’homme a heureusement pour lui — et pour nous — fait mieux… et parfois bien pire. Plantée d’une cinquantaine de films de toutes tailles, la forêt de son œuvre de fiction se dissimule derrière quelques arbres dont le surestimé L’Aventure, c’est l’aventure (1972), le pudique La Bonne Année (1973) ou le plaisant Itinéraire d’un enfant gâté (1988), qui figurent parmi la rétrospective que l’institut Lumière lui consacre. Si l’on comprend que Viva la vie !, Les Parisiens ou le récent Salaud, on t’aime, sans doute les plus bancals de ses films, aient été “oubliés”, on regrette que l’audacieux Roman de gare (2007) ou le scoliotique mais sincère La Belle Histoire (1992) n’aient pas été retenus. On se consolera en appréciant “l’autre” Lelouch ; celui qui, lorsqu’il s’écarte de sa propre redite et ne cherche pas à contrefaire la vérité, se fait surprendre de bonne foi par

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Un + une

ECRANS | De Claude Lelouch (Fr, 1h53) Avec Jean Dujardin, Elsa Zylberstein, Christopher Lambert…

Vincent Raymond | Mardi 8 décembre 2015

Un + une

Le vétéran à la caméra virevoltante puise ici dans sa pire veine : l’auto-caricature ravie. Choix délibéré et paresseux pour celui qui se félicite de ne savoir faire que de «des films de Lelouch» (c’est-à-dire mettant en scène un homme et une femme succombant à une passion réciproque alors que rien ne laissait présager la naissance d’une idylle entre eux), oubliant sa capacité à se réinventer lorsqu’il s’en donne la peine — voir son Roman de gare (2007). Cherchant à insuffler de l’exotisme à son scénario, à défaut d’originalité, l’auteur l’a donc tourné en Inde. Mais cette délocalisation se révèle inopérante : elle semble avoir l’unique vocation d’offrir un cadre bariolé et folklorique aux interminables palabres du duo Zylberstein-Dujardin, enchaînant les aphorismes philosophico-romantiques, et aux chevrotements du pauvre Christophe Lambert, tandis que Francis Lai déverse son piano-bar. À se demander qui, du compositeur en roue libre ou des comédiens se regardant jouer à faire de l’impro dirigée, est le plus embarrassant.

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Une enfance

ECRANS | De Philippe Claudel (Fr., 1h40) avec Alexi Mathieu, Angelica Sarre, Pierre Deladonchamps…

Vincent Raymond | Mardi 22 septembre 2015

Une enfance

L’été arrive pour Jimmy et son frère Kévin, dont la mère Pris vient de sortir de cure de désintoxication… pour se mettre en ménage avec Duke, un voyou violent et drogué qui la fait replonger. Pour Jimmy, le salut ne peut venir que de l’extérieur… ou de lui-même. Même si la majorité du film de Philippe Claudel suit une fratrie, c’est l’enfance de l’aîné qui est en jeu durant cet été capital. Entre l’école et le collège, au seuil de l’adolescence ; tantôt chez sa grand-mère, tantôt chez sa mère, Jimmy se situe en effet à la lisière des choses comme des choix. La rage qui bouillonne en lui cherche à se canaliser, et le garçon, dont l’intelligence est manifeste, lutte pour que les référents positifs vers lesquels il se tourne instinctivement (les éducateurs que sont l’instituteur et le prof de tennis) l’aident à se construire du "bon côté". À développer son potentiel en repoussant le catastrophique modèle parental. Claudel, qui raffole à la fois des thématiques désespérées (voir ses romans Les Âmes grises et Le Rapport de Brodeck) et des histoires de familles (voir ses films Il y a longtemps que je t’aime

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La musique de chambre sans domicile fixe

ACTUS | ​Le lyrique a l’Opéra, le symphonique l’Auditorium, le baroque la Chapelle de la Trinité… Mais : et la musique de chambre ?

Philippe Yves | Mardi 22 septembre 2015

La musique de chambre sans domicile fixe

À Lyon, la question se pose pour les mélomanes en quête d'intimité, du plaisir d’écouter la musique en petit format, comme pour ceux qui préfèrent l’épure des sonates et quatuors aux grands raouts orchestraux. Où écouter – et dans de bonnes conditions sonores – de la musique de chambre ? L’offre de concerts est pourtant abondante et de qualité, mais les lieux pas toujours appropriés. À l’ONL, les membres de l’orchestre se produisent dans l’immensité du plateau de l’Auditorium, tandis que ceux de l’Orchestre de l’Opéra investissent le cadre sublime – mais acoustiquement discutable – du Grand Studio du Ballet. L’association Fortissimo, elle, présentera une septième saison de concerts alléchante en invitant de très beaux artistes à se produire dans le cadre peu glamour et si mal identifié du Palais de la Mutualité – Salle Édouard Herriot (vous connaissez ?) où, là encore, l’écrin n’est pas à la hauteur. Dis, Molière, quand reviendras-tu ? Et pourtant, il n’en a pas toujours été ainsi. Le joyau lyonnais de la musique de chambre, c’est assurément la Salle Molière, port idéal en tout point de la musique de chambre (600 places, acoustique cha

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