Nuits Sonores 2013 - Jour 4

MUSIQUES | Nuits Sonores, c'est terminé. Déjà ? Déjà. A se demander si un an d'attente pour quatre jours de réjouissances, ce n'est pas un peu cher payé. Au vue de la somme de glorieux souvenirs que nous avons emmagasinés lors de la dernière journée de cette édition 2013, on peut vous affirmer que ça ne l'est pas. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Dimanche 12 mai 2013

N'eut été la présence de Tale of Us et des Raveonettes à son générique, nous n'aurions sans doute pas mis les pieds au quatrième NS Days, histoire de rassembler le peu de forces encore à notre disposition avant le bouquet final. Sans surprise, nous l'aurions amèrement regretté.

Car si le duo italien a signé un set à la hauteur de sa précédente prestation lyonnaise (un mix marathon de 4h au Club Transbo en décembre dernier) et si la loud pop spectorienne du duo danois a été au cœur de l'un des concerts les plus troublants – de sensualité et de puissance - de cette édition, c'est un quasi-inconnu qui a livré la prestation la plus inattendue : Squeaky Lobster, producteur bruxellois dont l'abstract hip hop kaléidoscopique, à défaut d'avoir emporté l'adhésion de l'audience, nous a pour notre part durablement scotché.

Les "Lee Hazlewooderies" saturées des Liminanas, le rock'n'roll high energy des Mojomatics et les collisions métalliques de The Hacker (qui a remplacé à la dernière minute le pauvre Andrès, dont les vinyles ont été égarés à l'aéroport) n'étaient pas mal non plus.

La messe est dite

Le soir, feeling inverse : sur le papier, tout était mortel, surtout le line-up de la scène principale, auquel nous avions consacré la Une de notre dernier numéro. Dans les faits aussi : du beatmaking atmosphérique et virtuose de Nosaj Thing à la house bollywoodienne hypnotique de Charanjit Singh, de la techno en fibres de carbone des frères Spitzer aux coups de pistons blaxploités de Motor City Drum Ensemble en passant par la bringue cosmopolite animée par Daphni (malgré un démarrage laborieux) et le back to back adapté à la conduite nocturne de Lindstrøm et Todd Terje, tous les concerts programmés ce soir-là se sont révélés, sinon mémorables, du moins passionnants.

Comme nous vous l'avions pressenti, c'est toutefois pendant la performance de Pantha du Prince et de ses fées à clochettes, symphonie électro-mystique dont nous sommes ressortis, les larmes aux yeux, avec l'impression d'avoir vu défiler en une heure toute l'histoire de l'humanité, que Nuits Sonores 2013 a atteint son apogée. Et ce malgré l'inadéquation totale entre la majesté de ce projet et l'aridité du cadre dans lequel il a été présenté. Aussi allons-nous de ce pas rédiger une pétition réclamant son accueil la saison prochaine dans un lieu institutionnel ou sacré.

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On commence par l'apéro au Transbo, on finit par rouler sur des patins

Les Bons Plans de la Semaine | Un bon plan par jour jusqu'à la rentrée : fuyez l'ennui, suivez le guide. Direction le Transbordeur mercredi soir pour la Summer Session du Petit Bulletin, on clôture ensuite le Bal des Fringants, avant un final endiablé dimanche sur des patins à roulettes.

La rédaction | Mercredi 4 juillet 2018

On commence par l'apéro au Transbo, on finit par rouler sur des patins

Mercredi 4 juillet - Summer Session L’apéro avec l’équipe du Petit Bulletin Chaque année, c’est désormais une tradition, toute l’équipe du Petit Bulletin vous convie à fêter son dernier numéro couvrant tout l’été (on sera de retour le 5 septembre) en sirotant quelques mojitos et mauresques au Transbordeur, où nous investissons la scène extérieure pour deux concerts de pépites à découvrir : Perez en premier lieu, qui vient de sortir son second album, où la pop électronisante du Bordelais enchante les fans de ce Daho post-house. Et en ouverture, on savourera le retour aux couleurs new wave tout aussi 80’s de la paire lyonnaise Spitzer. Il est probable que quelques membres de notre équipe se saisissent également des platines… On compte sur vous ! Au Transbordeur à 19h Jeudi 5 juillet - rock Dernière danse aux Fringants Un dernier bal comme une dernière danse. Le 6 juillet, comme nous vous l'annoncions le mois dernier, le Bal

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The Limiñanas : « Les dogmes ne nous intéressent plus »

Rock | Avec Shadow People, un disque détonnant produit par Anton Newcombe, le meilleur groupe garage catalan du monde, The Limiñanas, a livré en début d'année son album le plus abouti, le plus libre, et peut-être le plus personnel. Et frappé un gros coup dont les secousses se propagent à très grande vitesse dans le paysage rock. Entretien avec M. Limiñana avant leur passage à L'Epicerie Moderne.

Stéphane Duchêne | Mardi 20 mars 2018

The Limiñanas : « Les dogmes ne nous intéressent plus »

Sur cet album vous avez travaillé pour la première fois avec un producteur et non des moindres, Anton Newcombe du Brian Jonestown Massacre. Comment a-t-il influé sur votre manière de travailler, vos habitudes et surtout votre son qui n'a jamais été aussi percutant ? Lionel Limiñana : La première fois qu'on est allé à Berlin, je lui ai amené toutes les rythmiques et la plupart des mélodies, des riffs en tout cas. Nous attendait là-bas une ingé son, Andrea Wright, qui a produit des gens aussi différents que Black Sabbath, Echo & the Bunnymen, quelqu'un qui sait enregistrer une batterie et une guitare. On a commencé par reprendre toutes les rythmiques de Marie et là, déjà, j'ai senti que le disque prenait de l'épaisseur par rapport à ce que j'aurais fait. On a commencé à travailler sur cette base-là, Andrea, Marie et moi. Anton se baladait dans l'appart', il entrait, écoutait de l'extérieur et balançait un riff ou un arrangement de mellotron. Ça s'est monté par petits bouts avec des interventions d'Anton qui avait toute

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Insomniaque : trois plans pour vos nuits blanches

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 12 septembre 2017

Insomniaque : trois plans pour vos nuits blanches

15.09.17 > TERMINAL ACID WASHED Le nu disco un brin pervers, pas mal italo et larvé d'acid house que pratique Acid Washed nous enchante, assurément : écoutez Heartbeat Maker, envolée qui ouvre leur album House of Melancholy ; un track parfait pour faire hurler un dancefloor comprimé comme celui du Terminal vers les 3 heures du mat', ivre et joyeux. Sexy. 16.09.17 > GROOM CLÉMENTINE Perle en ascension de la scène locale, activiste de Chez Émile, le disquaire, mais aussi du côté de la pertinente web-radio Lyl où elle mène de main de maîtresse l'émission Mellow Madness, Clémentine s'offre une nuit au Groom où soul, disco et funk s'emmêlent langoureusement pour vous coller la fièvre all night long. Black.

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Disquaire Day : Vinyl, Vidi, Vici

Top 10 | Entre une réédition d'A-ha et un disque de Xiu Xiu jouant la musique de Twin Peaks, le Disquaire Day, c'est plus de 200 références tous azimuts, toutes périodes, inédits, rééditions, collector, attrape-couillons, ayant pour seul point commun le support aussi authentiquement vinyl que le toupet de Dick Rivers. On y a subjectivement picoré dix petites perles pour la bonne bouche.

Stéphane Duchêne | Mardi 5 avril 2016

Disquaire Day : Vinyl, Vidi, Vici

Allen Toussaint – Live in Philadelphia 1975 (Rhino) Parce qu'il n'y a pas plus bel hommage à rendre au king of New Orleans, qui nous a quitté en novembre, que de se déhancher sur ces titres saisis sur le vif dans la cité de l'Amour Fraternel, quarante ans avant sa mort. Big Star – Complete Columbia : Live a University of Missouri 4/25/93 (Columbia) Avril 1993, les mythiques inventeurs de la power pop se reforment (partiellement) à Missouri University. Un live mythique ici réédité, remasterisé et agrémenté de cinq inédits. David Bowie – The Man Who Sold the world, picture disc 12'' (Parlophone) On ne va pas épiloguer. On tombe dessus, on achète ce disque (un sublime vinyl peint et une pochette ad hoc), quitte à vendre le monde. Elvis Presley – I'm Leavin : Elvis Folk Country (Sony Music) De Dylan à Gordon Lightffoot, voici rassemblés les divers enregistrements folk du king entre 1966 et 1973. Florence & the Machine – Delilah/Only Love can break your heart 7'' (Island)

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Limiñanas/Comelade : crème de la crème catalane

MUSIQUES | Comme il était temps que se réunissent sur disque les garagistes vintage de Limiñanas et leur génial ami bricoleur Pascal Comelade ! Ce fut fait en 2015 avec Traité de Guitarres Triolectiques. Comme il était temps aussi qu'ils montent une dream team catalane sur scène, pour nous montrer leur bric à branque.

Stéphane Duchêne | Mercredi 24 février 2016

Limiñanas/Comelade : crème de la crème catalane

« Attention, à jouer au génie, on risque de le devenir ». Ainsi finissions-nous il y a deux ans un article consacré aux Limiñanas, duo garage des environs de Perpignan, mettant ainsi leur destin dans la bouche de Salvador Dali (Cali, Perpignanais lui aussi, n'étant pas disponible). On ne va pas vous dire que les Limiñanas sont devenus les génies pour lesquels leurs disques fiers à bras et désinvoltes, leur j'm'enfoutisme pas vendeur, donnaient l'impression qu'ils se prenaient. Leur étonnant succès US semblait le confirmer, quand en France ils étaient quasi inconnus – cela va changer on vous l'annonce avec la sortie de Malamore en 2016. Même si dans leur genre, inclassable et incassable, ils sont assez géniaux – ce qui n'est pas tout à fait pareil. À défaut de devenir tout à fait ce génie, Lionel et Marie Limiñana ont eu l'idée – de génie – d'aller à la rencontre (ou peut-être est-ce l'inverse ? Ou peut-être sont ils allés l'un vers l'autre) d'un autre génie Catalan. Non, toujours pas Cali, mais Pascal Comelade. Catalan casanier comme eux en même temps que, comme eux, increvable voyageur musical, brocanteur esthétique, bavard mutique

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Nuits Sonores 2016 : les premiers noms

MUSIQUES | Retard à l'allumage ou temporisation stratégique, on ne saurait dire, toujours est-il que la première conférence de presse de Nuits Sonores fut chiche en (...)

Benjamin Mialot | Mardi 12 janvier 2016

Nuits Sonores 2016 : les premiers noms

Retard à l'allumage ou temporisation stratégique, on ne saurait dire, toujours est-il que la première conférence de presse de Nuits Sonores fut chiche en annonces : là où, traditionnellement, elle voyait ses organisateurs révéler l'ensemble de la programmation de jour, il aura fallu cette fois se contenter du nom des trois commissaires de ces Days, à savoir le taulier Laurent Garnier, son quasi-protégé Motor City Drum Ensemble et le génial allumé Seth Troxler – qui succèdent à la triplette Jamie XX, Ben Klock et John Talabot, sur le papier nettement plus inattendue. Les trois scènes qu'ils superviseront seront caractérisées selon une logique désormais bien connue : une orientée dancefloor, une dédiée au live et la dernière consacrée au digging, le tout à la Sucrière, le festival investissant pour la troisième année consécutive la Confluence. Outre des invitations aux festivals Elevate (Graz, Autriche) et c/o pop (Cologne, Allemagne), membres du réseau We Are Europe récemment tissé par Arty Farty, la surprise, pour le moment, vient une fois n'est pas coutume d

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Les soirées du 11 au 17 novembre

MUSIQUES | 13.11 Elektro System Birthday Quand y en a plus, y en a encore. Une semaine après sa "petite" sauterie au Double Mixte, Elektro System prolonge son (...)

Benjamin Mialot | Mardi 10 novembre 2015

Les soirées du 11 au 17 novembre

13.11 Elektro System Birthday Quand y en a plus, y en a encore. Une semaine après sa "petite" sauterie au Double Mixte, Elektro System prolonge son quinzième anniversaire à domicile, sur le cosy Bateau Bellona. L'association sera pour l'occasion quasiment au complet – Manu Svensson, Pedro Bucarelli, Acid Soda et ORM, notamment, se mettront gentiment sur la tronche en back 2 back. Le bonheur, lui, le sera grâce à la présence de Delano Smith, pionnier des pionniers (il a commencé à mixer dès la fin des années 70) et producteur sur le tard de house à forte concentration en plénitude (l'EP Deep Fundamentals en tête).

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Nosaj Thing, entre spleen et abstraction

MUSIQUES | «Pour moi, Nosaj Thing est bleu» déclarait Superpoze aux Inrockuptibles pour expliquer son approche colorimétrique de la musique. On confirme : Nosaj (...)

Benjamin Mialot | Mardi 27 octobre 2015

Nosaj Thing, entre spleen et abstraction

«Pour moi, Nosaj Thing est bleu» déclarait Superpoze aux Inrockuptibles pour expliquer son approche colorimétrique de la musique. On confirme : Nosaj Thing, d'ailleurs l'une des principales influences du petit prodige caennais de l'electronica homemade, est bleu. Pas un bleu da dou di da dou da, plutôt un bleu vague-à-l'âme, que ce beatmaker californien, Jason Chung de son nom de ville, dilue depuis une petite dizaine d'années dans un abstract hip-hop mâtiné d'ambient d'une grâce et d'une fluidité telles qu'on pourrait y entendre la parfaite bande originale d'un porno underwater. Las, ce que semblent raconter ses beats à la dérive (son premier album ne s'intitule pas Drift par hasard), ses cut-up de voix intérieures et ses glitches qui scintillent dans le néant, c'est justement les après-midi à se masturber sans conviction devant des fantasmes chirurgicaux et ce qui les sous-tend : les petites inquiétudes domestiques (sur Home, son deuxième long) qui font les grandes angoisses existentielles (sur Fated, le dernier en date), dans lesquelles se sont notamment baignés des rappeurs d

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Les soirées du 14 au 27 octobre

MUSIQUES | 16.10 Encore Six mois ont beau s'être écoulés depuis son dernier passage (en mars, déjà au Transbordeur et déjà sous bannière Encore), on ne sait toujours pas (...)

Benjamin Mialot | Mardi 13 octobre 2015

Les soirées du 14 au 27 octobre

16.10 Encore Six mois ont beau s'être écoulés depuis son dernier passage (en mars, déjà au Transbordeur et déjà sous bannière Encore), on ne sait toujours pas prononcer le nom du duo suédois Shxcxchcxsh – "sèche-cheveux", nous propose notre correcteur orthographique. On reste en revanche intimement persuadé que la techno qu'il produit, aqueuse et inquiétante, est l'une des plus singulières du moment – et son live d'autant plus immanquable qu'il sera précédé du sensationnel Ritual de Flore et d'un concert de l'architecte post-indus Kankding Ray, principale attraction du dernier Mirage Festival.

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La rentrée musique côté électro

MUSIQUES | Pour faire un point complet sur l'actu des dancefloors, il nous aurait fallu bloquer un bon tiers de ce dossier de rentrée. À vous, donc, de le compléter via vos canaux habituels. De toute façon, c'est bien simple : il y aura cette saison encore plein de trucs bien, partout, tout le temps.

Benjamin Mialot | Mardi 22 septembre 2015

La rentrée musique côté électro

On prend quasiment les mêmes et on recommence. Avec la dissolution de Haste, une place s'est libérée au Transbordeur. Good news, ce sont les sapeurs techno de CLFT qui la récupèrent. Une fois par trimestre, ils présenteront deux artistes de leur très pointu et très offensif roster ; démarrage le 9 octobre avec les Britanniques Lee Holman et Biny, passage à la vitesse supérieure le 11 décembre avec deux autres British, Fundamental Interaction et l'ami de longue date Ben Gibson. Leurs âmes sœurs de Papa Maman, non contentes de renforcer leur présence à La Plateforme (voir page 19), continuent pour leur part d'essaimer dans la ville – après un premier essai au Petit Salon, leurs prochaines "MTR", le 2 octobre au Sucre et le 9 au Kao, permettront de constater que le genre est parfois plus spartiate et viscéral ailleurs qu'à Berlin et Londres avec l'Ukrainien Stanislav Tolkachev, le Finlandais Samuli Kemppi et l'Espagnol Oscar Mulero. Quant à leurs colocataires de l'Atelier Sumo (le QG

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Insomniaque - Soirées de la semaine du 25 février au 3 mars

MUSIQUES | 27.02 L'Amour Autre temps, autres mœurs : alors que les blousons noirs des 60's peuplaient les pages "faits-divers" des quotidiens, les nôtres – (...)

Benjamin Mialot | Mardi 24 février 2015

Insomniaque - Soirées de la semaine du 25 février au 3 mars

27.02 L'Amour Autre temps, autres mœurs : alors que les blousons noirs des 60's peuplaient les pages "faits-divers" des quotidiens, les nôtres – Brodinski, Gesaffelstein et autres «princes de la techno» – voient leur style décortiqué dans la presse masculine. The Hacker réussit depuis une vingtaine d'années – et a fortiori sur son récent diptyque indus/new wave Love/Kraft – l'exploit de se situer à l'intersection de ces deux attitudes, mi-voyou aux kicks qui claquent comme des coups de batte mi-gentleman à la tête pleine de mélodies cafardeuses. Autant dire qu'il a toute sa place au Bellona. 28.02 Terminal 2 Years Le Terminal fête ses deux ans d'activité et, considérant les liens profonds qui unissent notre journal au 3 de la rue Terme – des exemplaires ant

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Nuits Sonores 2015 – La programmation de nuit

MUSIQUES | Ouvert sur le monde et recentré sur la musique électronique. Tel s'annonçait Nuits Sonores 2015 à la découverte de sa programmation de jour. Tel s'affirme le festival à l'heure de dévoiler son pendant nocturne. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 11 février 2015

Nuits Sonores 2015 – La programmation de nuit

C'est quoi, être rock en 2015 ? Les lecteurs de Rock & Folk ont sans doute leur (fausse) idée sur la question. Les autres, nous sommes au regret de vous le confirmer, ne trouveront pas la réponse à Nuits Sonores cette année – à moins que le "concert spécial", pour l'instant tenu secret, ne vienne nous contredire. Grande absente de la programmation de jour, la musique électrique ne constitue en effet que la portion congrue de son homologue nocturne, bien que l'on se réjouisse des venues du polarisant Jessica93 (de ce côté-ci de l'écran, on adore sa noise pour périphérique), des intransigeants et déjantés Future of the Left, des industrieux industriels de The Soft Moon ou des Saints, a.k.a. les Ramones du pays des kangourous, à l'affiche du Circuit. Circuit d'ailleurs encore en cours de montage mais qui, outre son habituel cortège d'activistes locaux (Flore, Manoo, Kosme...), promet d'ores et déjà pas mal de dilem

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Le Sucre, notre ami d'en haut

MUSIQUES | Son premier anniversaire tout juste révolu, le Sucre passe à l'heure d'été avec un programme à trois entrées qui va vous faire voir (ou plutôt entendre) du pays. Embarquement immédiat. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 15 juillet 2014

Le Sucre, notre ami d'en haut

Rarement rédacteurs du Petit Bulletin furent autant humiliés que lors du tournoi de ping-pong qui rythma l'été inaugural du Sucre. Inutile, donc, d'espérer profiter de sa deuxième édition pour nous la mettre façon Jean-Philippe Gatien : cette année, ce sera sans nous. Ce ne sont heureusement pas les meilleures raisons qui manqueront d'escalader le rooftop dans les semaines qui viennent. Elles sont même au nombre d'un multiple de trois, son programme estival se découpant en une triplette de cycles thématiques.   Le premier, élaboré avec Rinse FM – radio londonienne naguère pirate qui fut aux premières loges de l'avènement de la bass music – se présente comme un recensement des individus qui, demain, sans doute, constitueront les points cardinaux de la scène électronique lyonnaise. Parmi eux, des disquaires (Sofa Records le 24 juillet, Groovedge le 7 août, Chez Émile le 14), des collectifs qui n'ont déjà plus grand chose à prouver (à l'instar du Palma Sound System, le 31 juillet, ou du

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L'été au Sucre

ACTUS | Sa pré-ouverture fut le fil rouge de l'été 2013, sa programmation pour celui de 2014 aura plutôt l'épaisseur d'un câble sous-marin. On parle bien sûr du Sucre, dont la programmation pour les beaux jours vient d'être dévoilée. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que cela ça s'annonce très chaud. Pauline Lambert

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

L'été au Sucre

Du mercredi 3 juillet au dimanche 7 septembre, le rooftop de la Confluence, fidèle à sa volonté d'être un lieu à la fois musical et ludique, consacrera pour commencer chaque mercredi soir à un tournoi de ping-pong. Le jeudi, lui, sous pavillon de l'antenne française de l'ex-radio pirate londonienne Rinse FM, fera la part belle aux disquaires (Sofa le 24 juillet, Groovedge le 7 août, Chez Emile le 14...), DJs (Palma Sound System le 31 juillet, Perrine le 21 août, la team Macadam Mambo le 28...) et initiatives (comme le Rumble Festival, qui fera étape le 10 juillet) lyonnaises qui rythment la vie électronique de la ville.   L'exploration des cultures électroniques se poursuivra avec un véritable "Tour de France" des labels français qui montent le vendredi (de Versatile avec Étienne Jaumet le 4 juillet à Construct Re-Form avec An

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Cinq jours, quatre nuits, dix valeurs sûres

MUSIQUES | Leur venue n'est peut-être pas aussi exceptionnelle que celles de Kraftwerk et de ses plus glorieux descendants, mais leurs prestations compteront sans doute parmi les highlights du festival : coup d’œil sur dix valeurs sûres de Nuits Sonores 2014. Stéphane Duchêne et Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

Cinq jours, quatre nuits, dix valeurs sûres

Garnier B2B MCDE (Nuit 1 / Halle 2) Dans le coin gauche, le tôlier, revenu cette année au sommet (mais l'avait-il seulement quitté ?) avec cinq maxis conçus comme autant de défis – à chacun son label et, par conséquent, son esthétique. Dans le coin droit, Motor City Drum Ensemble, LA relève (allemande) de la house à la mode de Chicago. Inutile de vous faire un dessin.   Black Lips (Nuit 1 / Halle 3) Tenancier d'un garage rock d'époque, les Black Lips appartiennent à cette catégorie de groupes qui p

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Le disco d'un roi

MUSIQUES | Couronné roi du nu-disco septentrional sur la foi de singles à l'humeur badine contagieuse, le Norvégien Todd Terje déjoue les attentes avec un album de musique de salon ultra-sophistiqué. Sacré bonhomme. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 8 avril 2014

Le disco d'un roi

An de grâce 885 : après des décennies à faire flancher les défenses franques, les Vikings, qui compensent leur infériorité numérique par l'effroi qu'inspirent leur irrespect du sacré et leur maîtrise de l'effet de surprise, s'accaparent ce qui deviendra la Normandie. An de grâce 2014 : rebelote, les Scandinaves sont à nos portes et cette fois, du haut de ce drakkar aux airs de navire de croisière que manœuvre Todd Terje depuis le milieu des années 2000, ils n'ont pas l'intention de se contenter d'un bout de littoral. C'est en tout cas ce que laisse entendre It's Album Time, le très attendu premier long-format du Norvégien constituant, sous des airs de pochade moroderienne pour cocktail au milieu de la Mer des Caraïbes - ou de bande son rêvée d'un épisode du jeu d'aventure ringardo-coquin Leisure Suit Larry (un morceau s’intitule d'ailleurs Leisure Suit Preben, tandis que sur la pochette Terje porte la tenue emblématique de l'éternel puceau pixelisé qui donne son nom à la série) - une déclaration de guerre à notre très sainte French Touch. A la bonne heure Delorean Dynamite ?

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Les quatre fantastiques

MUSIQUES | Le Sucre sort de sa routine le temps de quatre soirées durant lesquels se produiront autant de fondateurs de labels emblématiques de la musique électronique actuelle... Et qu'on vous recommande plutôt quatre fois qu'une. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 25 février 2014

Les quatre fantastiques

La vingt-neuvième cérémonie des Victoires de la musique fut, sans surprise, un énième pince-fesses corseté où chanteurs-sandwichs et égéries périmées tentèrent tant bien que mal de faire oublier le déficit d'ambition et d'idées qui grève l'industrie du disque depuis le début des années 2000. Une  mascarade qui ne doit pas faire oublier ce motif de satisfaction : la présence, parmi les nominés, du redoutable Gesaffelstein, aboutissement de deux décennies d'activisme techno. Un activisme dont le Grenoblois The Hacker est encore aujourd'hui l'une des principales figures, aussi bien en tant que label manager (jadis de Goodlife, aujourd'hui de Zone, qu'il a co-fondé avec... Gesaffelstein) qu'en tant que producteur - d'une musique devant autant à la compacité et à la combativité du new dance sound of Detroit qu'à la morgue mélancolique des souverains de la new wave. A l'approche de la parution d'un album en forme de synthèse esthétique, le sacrément bien titré Kraft/Love (non content de lister les qualités suffisantes et nécessaires à l'exercice d'un art, il fait référence à Kraftwerk et Lovecraft), Le Sucre ne pouvait mieux l'honorer qu'en l'invitant à donne

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Les nombrils du monde

MUSIQUES | Duo perpignanais parti à la conquête de l'Amérique avant même qu'on ait entendu parler de lui en France, The Limiñanas se pointe déjà avec son troisième album, une allure dingue et une geste musicale quasiment indescriptible faite de psychédélisme cinématographique et de spectres yéyé multicolores. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Mardi 11 février 2014

Les nombrils du monde

A la question «où se trouve le centre du monde ?», chacun répondra à peu près : «quelque part autour de mon nombril» ou «dans ton coeur» (pour les plus polis). Salvador Dali, lui, situait ce lieu primordial du côté de la gare de Perpignan. Ensuite, Cali – a-t-on noté qu'une seule lettre et une place dans l'alphabet sépare les patronymes de ces deux "génies" ? – est venu tout saloper et transpirer des cheveux en gueulant «C'est quand le bonheur ?», on a eu envie de mourir sans avoir été heureux et on n'a guère plus regardé Perpignan que légèrement de travers. Puis sont arrivés les Limiñanas. Bon, ne nous cachons pas derrière le petit doigt de la lorgnette, en France, Lionel et Marie Limiñana sont aussi connus du grand public que Cali est étudié à l'IRCAM ou à la Berklee Academy, mais les States, cet Eldorado pour lequel on abandonne sans peine son ego hexagonal, les adorent. Leurs vinyles font un tabac – un petit tabac, genre bar-tabac de village mais quand même –, ils sont la preuve qu'il y a une vie avant et après Get Lucky.

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Orgie de sucre

MUSIQUES | Avec ses installations audio dernier cri, sa terrasse panoramique et ses ambitions next-gen, le Sucre s'est imposé en l'espace d'un demi-mois comme un incontournable de la vie nocturne lyonnaise. Une tendance que le reste de sa programmation estivale devrait confirmer. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Vendredi 12 juillet 2013

Orgie de sucre

Ça ne pouvait pas ne pas marcher. Un club perché au sommet d'une friche industrielle devenue un haut lieu de l'art contemporain, cautionné par un all-star cast de DJs (Agoria, Laurent Garnier), d'entrepreneurs (Bruno Bonnell) et de médias (Libération y a organisé une sauterie pour son 10 000e numéro) et géré par l'équipe de Nuits Sonores... Non vraiment, quand bien même le quartier environnant est encore embryonnaire – la Confluence, désertée avec fracas par le cuistot étoilé Nicolas Le Bec et le galeriste Olivier Houg – ça ne pouvait pas ne pas marcher. Nulle surprise donc à ce que Le Sucre, par ailleurs caractérisé par une jauge respirable (800 places, alors que l'endroit peut théoriquement en accueillir le double) et un confort d'écoute sans équivalent de ce côté-ci du Rhin (le son est limpide, idéalement spatialisé et supportable), affiche depuis son ouverture fin juin un taux de remplissage limite indécent. Signes avant-coureurs de diabète On ne saurait donc trop vous conseiller de réserver au plus tôt vos places pour les nombreux rendez-vous électroniques de qualité qu'hébergera le lieu tout au long de l'été. En tête ceux des 19 et 26 juillet, qui verront

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Nuits Sonores 2013 - Jour 3

MUSIQUES | L'événement de cette troisième journée de Nuits Sonores était la tenue de la toute première Boiler Room (des DJ sets pour happy few retransmis sur le web) lyonnaise. Nous n'y étions pas. Tant mieux, sans quoi nous serions passés à côté d'un paquet de prestations mémorables. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Samedi 11 mai 2013

Nuits Sonores 2013 - Jour 3

Le troisième NS Days était placé sous le signe de la cérébralité, voire de la prise de tête. Le quatrième, lui, aura fait la part belle au corps et à sa mise en pièces méthodique. A coups de kicks plus compacts que les marteaux maniés par Kaori dans le manga City Hunter (Nicky Larson en version franchouillarde) sous la verrière, où les puristes techno Shifted, DVS1, Planetary Assault Systems et Ben Klock ont rivalisé d'implacabilité – surprise, à ce petit jeu, ce n'est pas le patron du label Klockworks, dont le set avait l'an passé failli démolir l'Hôtel-Dieu avant l'heure, qui s'en est le mieux tiré, mais l'Anglais qui a ouvert le bal. A coups de riffs abrasifs du côté du hangar, qui aura notamment vu se succéder Girls Against Boys, le temps d'un concert qui, à défaut d'être à la hauteur de la réputation de ces figures du post-hardcore, a surclassé en tension celles de bon nombre de petites frappes bruitistes, et le duo synth punk australien Civil Civic – qui, joie, n'a rien pe

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Nuits Sonores 2013 - Jour 2

MUSIQUES | Chaque festival a son ventre mou. Celui de Nuits Sonores correspond par défaut à la journée se clôturant par le Circuit. Non pas que ce rendez-vous ubiquiste (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 10 mai 2013

Nuits Sonores 2013 - Jour 2

Chaque festival a son ventre mou. Celui de Nuits Sonores correspond par défaut à la journée se clôturant par le Circuit. Non pas que ce rendez-vous ubiquiste soit plus cheap que la programmation régulière. Au contraire, du concert 100% Born Bad donné au Clacson à la célébration des 20 ans du label Kompakt à la Plateforme, il y avait cette année encore de quoi se consoler de ne pas avoir dégoté à temps une place pour les Nuits. Reste qu'il est vu par les festivaliers les plus assidus comme une occasion de s'économiser entre deux insomnies volontaires. Pour notre part, nous nous sommes ainsi contentés d'un coucou aux slack rockers de Purling Hiss au Sonic et au pionnier techno Stacey Pullen au DV1 - et on ne regrette pas nos choix. A notre décharge, il faut ajouter que le NS Days qui l'a précédé était, du set si pointu qu'il en était indansable de Seth Troxler au psychédélisme autistique des Lumerians, de loin celui réclamant le plus de disponibilité cérébrale. Mais la récompense fut souvent à la hauteur des efforts : on n

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Nuits Sonores 2013 - Jour 1

MUSIQUES | Après un warm up aussi vert et bon enfant qu'une réunion de fruits Oasis et une inauguration moins guindée que celle de l'an passé, Nuits Sonores 2013 est entré hier dans le vif du sujet. Retour sur une première journée qui, bien que déséquilibrée, n'a pas été avare en torgnoles soniques. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 9 mai 2013

Nuits Sonores 2013 - Jour 1

La tentation était trop grande, y céder n'a pas été sans conséquences : programmés sur la scène principale des Subsistances, l'illustre Carl Cox (qui se produisait pour la première fois au festival) et le fidèle Laurent Garnier ont vampirisé la quasi totalité du public du premier NS Days, jusqu'à imposer au personnel de sécurité l'improvisation, à l'entrée d'une verrière rapidement devenue impraticable, d'un système de file d'attente. On pourrait le déplorer. On pourrait si ces deux "dinosaures" n'avaient pas d'ores et déjà assuré deux des prestations les plus mémorables de Nuits Sonores 2013, le premier dans le registre fédérateur et bouncy qui a fait sa réputation, le second avec l’œcuménisme et la passion qu'on lui connaît depuis maintenant neuf éditions. On pourrait si ce monopole avait empêché les Bordelais de J.C.Satàn, chefs de file du renouveau garage, de livrer un concert survolté et poisseux, et les Strasbourgeois de Electric Electric de prouver qu'avec ou sans Colonie de vacances, ils comptent parmi les faiseurs de bruit les plus excitants du pays.

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Sonnez les platines

MUSIQUES | Nuits Sonores déjoue les attentes avec une édition 2013 chiche en grosses têtes d'affiche et dont les entrées les plus excitantes sont le fruit de collaborations avec des curateurs d'un soir. Ainsi de la scène co-programmée par le festival norvégien Øya, qui verra se produire le minimaliste Pantha du Prince pour un concert plus "spécial" que bien des prestations labellisées comme telles par le passé. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Dimanche 28 avril 2013

Sonnez les platines

Ça pour une belle fête d'anniversaire, c'était une belle fête d'anniversaire : de l'accueil des séminaux New Order à la mise en chantier du bouquin commémoratif 10 ans sans dormir en passant par la conclusion de sa programmation nocturne avec un plateau secret, le festival Nuits Sonores a l'an passé mis les petits plats dans les grands au moment de célébrer sa décennie d'existence. À tel point qu'on ne voyait pas bien comment il allait pouvoir poursuivre sa croissance sans en rajouter. Vincent Carry et son équipe ont mis fin à nos interrogations de la meilleure manière : en concevant une édition 2013 qui, loin de la surenchère crainte, s'annonce comme l'une des plus pointues et les plus harmonieuses de son histoire. Un génie, cinq associés, plein de cloches Hormis Busy P, le fantasque manager du label Ed Banger, Carl Cox, le fidèle Laurent Garnier, Vitalic et à la rigueur Jamie XX, le machiniste des sinistres The XX, la programmation s'articule en effet autour d'artistes d'une notoriété cantonnée à un public un minimum connaisseur (voir notre sélection en pages 4 et 5). Mieux, le traditio

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Barbarie Disco Club

MUSIQUES | Le plateau programmé conjointement par Arty Farty et le Oya Festival n'est pas seulement le plus exceptionnel de cette édition 2013 de Nuits Sonores. Il en est aussi, grâce à la présence de Lindstrøm, Todd Terje et Prins Thomas, a.k.a. la Sainte-Trinité de la nu-disco norvégienne, le plus cohérent et le plus dansable. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Vendredi 26 avril 2013

Barbarie Disco Club

On a vu naître et mourir le nu metal (à prononcer "niou métal" si vous avez moins de quinze ans, à proscrire de votre dictionnaire musical interne dans le cas contraire), rejeton bâtard du heavy metal et du hip hop dont les refrains boursouflés et les poses souffreteuses firent les grandes heures de la chaîne MTV au début des années 90. On connaît la nu soul, mise au soi-disant goût du jour des standards black que les studios Stax et Motown produisaient en quantité quasi-industrielle il y a de cela cinquante piges. On n'a pas jamais trop compris ce qu'était le nu rock, mais on n'a apparemment rien manqué. Depuis le début du siècle, c'est au son de la nu disco, réinvention électronique de la plus moquée des musiques amplifiées (juste après le reggae), que nos veines auriculaires pulsent le plus fort. Les trois fringants Ceci grâce à des gens comme Prins Thomas, Lindstrøm et Todd Terje, trois Norvégiens qui, chacun à leur manière et via leurs propres labels (dans l'ordre F

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Def from Above

MUSIQUES | Le nom de Yasiin Bey ne vous évoque probablement rien. A moins que vous ne fassiez partie des quarante-quatre jeunes gens interpellés à Lyon mardi 23 avril, (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 26 avril 2013

Def from Above

Le nom de Yasiin Bey ne vous évoque probablement rien. A moins que vous ne fassiez partie des quarante-quatre jeunes gens interpellés à Lyon mardi 23 avril, quelques heures après l'adoption du projet de loi ouvrant le mariage et l'adoption aux couples homosexuels. Dans ce cas, vous devez être en train de visualiser un méchant salafiste et vous avez comme d'habitude tort sur toute la ligne (de front). Celui de Mos Def en revanche, doit faire remonter d'agréables souvenirs cinématographiques – il était notamment l'un des deux cinéastes du dimanche du Soyez sympas, rembobinez ! de Michel Gondry. Et bien figurez-vous que Yasiin et Mos sont une seule et même personne : un quadra new-yorkais à la mine lunaire et à la langue bien pendue qui, avant de crever l'écran et de se convertir à l'islam (d'où le changement de blase), soit au tout début des années 2000, a redéfini les contours du hip hop indépendant d'une plume trempée tour à tour dans le rock, l'afrobeat, la soul ou le folklore indien. Une bonne nouvelle n'arrivant jamais seule il sera, à l'invitation du boss

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Ensemble, tout devient audible

MUSIQUES | Certains prétendent être une bande de jeunes à eux tout seul. Danilo Plessow, plus connu des flibustiers de l'interweb sous le pseudonyme de Motor City Drum (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 24 avril 2013

Ensemble, tout devient audible

Certains prétendent être une bande de jeunes à eux tout seul. Danilo Plessow, plus connu des flibustiers de l'interweb sous le pseudonyme de Motor City Drum Ensemble, semble pour sa part se croire aussi sonore et aussi carré qu'une section de percussions – tous nos vœux de rétablissement aux festivaliers qui s'attendaient à ce qu'un véritable orchestre de timbaliers et joueurs de grosse caisse viennent sonner les cloches de Pantha du Prince. Sauf que c'est un peu plus compliqué que ça. La ville motorisée dont il est question ici, c'est Stuttgart, dont sont originaires le fameux Danilo et Karl Benz, l'inventeur de l'automobile. C'est aussi et surtout Detroit, industrieuse cité américaine dans laquelle furent noircies les pages les plus sauvages de l'histoire du rock'n'roll, qui vit naître la techno et où fut fondée l'institution soul Motown. Quant au Drum Ensemble, il fait référence à la collection de boîtes à rythmes que détient ce batteur de formation aux faux airs de Louis Garrel. La suite coule de source, Danilo produisant, à coups de samples vintages et de

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Nuits Sonores 2013 - La prog de nuit

MUSIQUES | Au moment de lever le voile sur le volet diurne de Nuits Sonores 2013, les équipes d'Arty Farty étaient si ric-rac que c'est avec des valises oculaires éligibles à une "franchise bagages supplémentaires" qu'elles ont animé la conférence de presse correspondante. Cette fois, elles étaient en avance : censée tomber jeudi 21 février, la programmation nocturne de la onzième édition du festival a été révélée la veille, le teint frais et le sourire franc. La voici.

Benjamin Mialot | Mercredi 20 février 2013

Nuits Sonores 2013 - La prog de nuit

Editorialisation. Tel est, plus encore que pour les éditions précédentes, le maître-mot de cette onzième édition de Nuits Sonores. On a pu le vérifier avec les NS Days et leurs scènes labellisées (une portant l'emblème de la bible en ligne Resident Advisor, une sponsorisée par la Red Bull Music Academy et une consacrée à la carte blanche à Bruxelles), c'est au tour des Nuits, sises comme l'an passé (mais pour la dernière fois) aux anciennes usines Brossette et organisées, toujours comme l'an passé, en trois scènes aux dimensions décroissantes, de se faire l'écho de ce souci de cohérence. Qui par le biais d'un partenariat avec un festival, qui via un regroupement géographique, qui à la faveur d'une délégation d'une partie de la fonction de curateur à un artiste. Au-delà de ce qu'elle induit en termes de mise en réseau et d'image, la démarche aboutit sur un net renouvellement de la proposition artistique formulée par Arty Farty : cette année, les big names se comptent sur les doigts de la main, la programmation s'équilibrant entre pointures discrètes et nouveaux venus en pleine bourre.A cette aune, on attend beauco

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Nuits Sonores 2013 - La prog de jour

MUSIQUES | «Nuits Sonores n'est pas un festival de blockbusters». La phrase est de Vincent Carry, le directeur de Nuits Sonores et elle a rarement été aussi appropriée que pour l'édition 2013 du festival, l'équipe d'Arty Farty ayant choisi de rester stable sur ses fondamentaux plutôt que de se lancer dans la course à la surenchère que laissait entrevoir le très solennel dixième anniversaire de l'événement. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 24 janvier 2013

Nuits Sonores 2013 - La prog de jour

Ça pour une belle fête d'anniversaire, c'était une belle fête d'anniversaire : de l'édition du bouquin commémoratif 10 ans sans dormir à l'accueil des séminaux New Order en passant par la conclusion de sa programmation nocturne sur un plateau secret, le festival Nuits Sonores a l'an passé mis les petits plats dans les grands au moment de célébrer sa décennie d'existence. A tel point qu'on ne voyait pas bien comment il allait pouvoir poursuivre sa croissance sans verser dans l'excès. Arty Farty nous a ouvert les yeux ce matin : l'édition 2013 de l'événement ne sera ni plus maousse ni plus timide que les précédentes, elle sera dans leur droite lignée, c'est-à-dire urbaine, sélective, éclectique et réflexive. A ceci près qu'elle durera six jours, mitoyenneté calendaire du 8 mai et de l'Ascension oblige.Pour le reste donc, les habitués du festival seront en terrain connu, en tout cas pour ce qui concerne la partie diurne des

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Nuits Sonores 2013, les premières infos en direct

MUSIQUES | Pour rien au monde nous n'échangerions notre place avec l'équipe de Nuits Sonores. Non vraiment, la pression qu'ils doivent subir depuis le début des (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 23 janvier 2013

Nuits Sonores 2013, les premières infos en direct

Pour rien au monde nous n'échangerions notre place avec l'équipe de Nuits Sonores. Non vraiment, la pression qu'ils doivent subir depuis le début des préparatifs de l'édition 2013 du festival - laquelle succède, pour mémoire, à une gargantuesque commémoration décénnale, nous n'en voulons pas. Des informations sur la teneur de ladite édition 2013, ça par contre, nous sommes preneurs. Et ça tombe bien, c'est ce jeudi 24 janvier que les premières tomberont, au cours d'une conférence de presse que nous vous relaterons en direct dès 9h30 sur Twitter (et ici-même, par quelque savante manipulation technologique).   //

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Appel à projets Extra!

MUSIQUES | L'édition 2013 de Nuits Sonores, la onzième, se précise tout doucement. En attendant le dévoilement, jeudi 24 janvier, de sa programmation diurne (les fameux (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 4 janvier 2013

Appel à projets Extra!

L'édition 2013 de Nuits Sonores, la onzième, se précise tout doucement. En attendant le dévoilement, jeudi 24 janvier, de sa programmation diurne (les fameux "Days", inaugurés l'an passé), c'est le parcours Extra!, cycle de rendez-vous insolites et participatifs (défilé zarbi, croisière disco, pétanque électronique, cours de cuisine urbain, enregistrement d'émissions de radio pirates...) lancé en 2006 et depuis suivi par pas moins de 62000 personnes, qui fait l'actualité avec son traditionnel appel à projets. Si vous avez la fibre culturelle, "à coeur de créer de la rencontre, du mouvement, de l'émulation" et de l'imagination, vous avez donc jusqu'au vendredi 1er février pour déposer votre candidature sur le site du festival : www.nuits-sonores.com

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Vendredi, c'est soirée disco

MUSIQUES | Le clip de Inspector Norse, le dernier single en date du producteur norvégien Todd Terje est, de mémoire de boulimique de vidéos musicales, l'un des plus (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 9 novembre 2012

Vendredi, c'est soirée disco

Le clip de Inspector Norse, le dernier single en date du producteur norvégien Todd Terje est, de mémoire de boulimique de vidéos musicales, l'un des plus fun et l'un des plus seyants qu'on ait vu cette année. Tourné à la façon d'un documentaire tout en empruntant aux codes de la fiction indépendante scandinave (la grisaille en plan fixe, les contre-jours brumeux, les gros plans taxidermiques, tout y est), on y fait la connaissance de Marius Solem Johanson, moustachu paumé qui, à l'écoute de «certains types de musique électronique», ne peut s'empêcher de danser. Au bowling, sur les trottoirs de sa banlieue pavillonnaire, au magasin de bricolage, sur la plage, dès qu'il enfile son casque audio, il s'agite en une chorégraphie à mi-chemin d'une routine de qi gong et d'une chasse aux mouches. Et cela en dit long. D'une part, sur l'enjouement contagieux que propagent les tracks de Terje et, a fortiori, les sets qui les inclut (les siens sont, soit dit en passant, réputés pour leur charge érotique). D'autre part, sur la place à part que le bonhomme occupe au sein de la scène nu-disco, alors même qu'il règne sur elle aux côt

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Face 2 Boucle

MUSIQUES | Début des années 2000 : Spitzer commence à s’intéresser au mélange électro-rock grâce à l’album de Radiohead «Kid A». Septembre 2012 : Spitzer sort son premier album, «The Call», qui brille entre autres par la présence de la chanteuse Kid A. Serait-ce ce qui s’appelle boucler la boucle ? Stéphanie Lopez

Stéphanie Lopez | Vendredi 31 août 2012

Face 2 Boucle

Le parcours de Spitzer est pétri d’ironie : ils sortent cette semaine un fantastique album d’électro alors qu’ils ont longtemps craché sur les BPM, ils gardent une culture punk mais ont explosé grâce à un remix pour Kylie Minogue, ils vivent à Lyon mais ont rencontré Agoria – qui les a signés sur son label InFiné – à Shanghai ! Autant de paradoxes qui, au fil des années, ont façonné la singularité du son Spitzer : un son qui porte haut cette double culture rock/électro. Car avant de mûrir cette techno serpentine aux claviers contorsionnistes, l’univers des deux frères n’était pas aussi souple. Tout en mode binaire, Damien et Matthieu ont d’abord honoré l’héritage rock’n’roll de leur père (grand mélomane et batteur amateur) en consacrant leurs années teenage au groupe Larsen : l’un à la guitare et l’autre à la batterie. Le groupe splitte mais les frangins sont bien décidés à continuer la musique. Ils investissent alors dans le matériel nécessaire pour transformer en home studio leur appart de la Guillotière. Problème : «À cette époque, confie Damien, non seulement on ne connaissait rien à l’électro, mais en plus on dénigrait les gars qui en faisaie

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Nuits Sonores – Samedi 19 - Report

MUSIQUES | Sept lieux, six sessions de 9h de live, trois concerts spéciaux. Il fallait bien ça pour fêter les dix ans de Nuits sonores, fleuron européen de la musique électronique (et plus si affinités). Compte-rendu du jour 4. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Dimanche 20 mai 2012

Nuits Sonores – Samedi 19 - Report

Trois sur neuf. Nous n'avons deviné les noms que de trois des neuf invités qui, hier, se sont relayés jusqu'au petit jour aux platines de la secret stage des anciennes usines Brossette. Même pas la moyenne. Nulle incompétence derrière ce pronostic de parieur mutuel urbain du dimanche, seulement le reflet du crédit que l'on accorde à Nuits sonores. Quitte à éprouver des regrets là où tout ne devrait être que gratitude.     Stage divin Il faut reconnaître qu'Arty Farty nous a fait un beau cadeau avec ce secret stage, foulé dans l'ordre par Clara Moto, The Hacker, Gesaffelstein, Oxia, Dixon, un Ricardo Villalobos tout juste remis de son examen du très exigeant catalogue du label ECM aux Célestins, Brodinski, Agoria et Laurent Garnier. Reconnaître également que, même si nous étions en attente d'une surprise qui n'est jamais venue, d'un

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THE RAVEONETTES In & Out of Control Fierce Panda

MUSIQUES | Dans Raveonettes, il y a «rêve». Le rêve que dans un monde idéal, le duo accède enfin à la reconnaissance qu’il mérite. Un monde dans lequel les groupes à fifilles (...)

Stéphane Duchêne | Lundi 5 octobre 2009

THE RAVEONETTES
In & Out of Control
Fierce Panda

Dans Raveonettes, il y a «rêve». Le rêve que dans un monde idéal, le duo accède enfin à la reconnaissance qu’il mérite. Un monde dans lequel les groupes à fifilles de Phiphil Spector joueraient à touche pipi avec les ténébreux frérots de Jesus & Mary Chain. Un monde où les curés de la new-wave descendraient Hollywood Boulevard en chemises à carreaux/stetson dans des Cadillac roses. Après deux albums de la trempe de ‘Pretty in Black’ (délicieux tour d’horizon pop 60’s) et ‘Lust Lust Lust’ (plongée du côté obscur du Wall of Sound), il fallait de la ressource au double mixte danois pour pondre un album aussi resplendissant de lumière noire. Mélodies imparables, voix de séraphins dévergondés, adossées au mur porteur de guitares : tout l’artisanat noise pop des Raveonettes est là, dans sa forme la plus olympique (‘Heart of Stone’ ou ‘Gone Forever’ prennent n’importe quel tube du moment avec une main dans le dos). Et comme toujours on y parle suicide, viol, enterrement et drogue avec un grand sourire plein de chamallows et des larmes de crocodile en gélatine. Avec les Raveonettes, on est un peu chez Tarantino au pays de la Petite Sirène. À la fois Kill Billboard, Pop Friction et Hollywoo

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Ensemble c’est two

MUSIQUES | Miss Kittin et The Hacker, DJ et producteurs, après un First Album qui avait durablement traumatisé son monde et donné ses lettres de noblesse à la mouvance électroclash, sortent huit ans plus tard, Two, qui surfe sans complexe sur d’autres esthétiques. François Cau

Christophe Chabert | Lundi 30 mars 2009

Ensemble c’est two

2001. La scène électro française vit tranquillement sur ses acquis, se repose nonchalamment sur les représentants proprets de ce qu’on a appelé, dans un élan d’inspiration à même de décoiffer le brushing de Bob Sinclar, la French Touch. Surgi de nulle part (enfin, de Grenoble, quoi), un duo frondeur, sexy en diable, baigné dans les sonorités électro pop des années 80 et armé d’une ironie mortelle impose un improbable mantra. To be famous is so nice, Suck my dick, Lick my ass. Le refrain de Frank Sinatra, redoutable single du First Album de Miss Kittin et The Hacker, hymne décalé à la fatuité jet-setteuse, entre dans les têtes des amateurs de techno pour ne plus en sortir. Là où tant d’autres auraient capitalisé sur cette soudaine reconnaissance jusqu’à ce que mort artistique s’ensuive, le tandem a alors d’autres aspirations, comme l’explique rétrospectivement Michel “The Hacker“ Amato. «On avait signé en 1997 sur Gigolo Records en Allemagne, on jouait notre live depuis cinq ans, sans équipe, dans un état de stress permanent, à l’arrache complet. Quand la hype est arrivée en 2002, on était heureux mais passablement épuisés. Et les journalis

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Spitz Fire

MUSIQUES | Enfants du rock, les frères Bregere (Matthieu l'aîné, Damien le cadet) ont longtemps cru que seuls les instruments pouvaient faire danser les cœurs. En se frottant d'abord timidement à l'électro, ils découvrent un monde fascinant. Ils se font désormais appeler Spitzer et livrent des lives techno absolument explosifs. Antoine Allegre

Jerôme Dittmar | Vendredi 11 juillet 2008

Spitz Fire

"On n'a pas eu des parents réac'. Ils nous ont toujours dit de faire des études. Mais, à aucun moment, ils nous ont empêché de faire de la musique". Les frangins Matthieu et Damien Bregere, plus connus sous le nom Spitzer, ont eu pas mal de chance. "On a un père admiratif de la vie de musicien (…) Ses yeux ont pétillé quand il a vu notre nom apposé sur le remix de Kylie Minogue", déclare fièrement Damien, le plus jeune. Originaire de la région parisienne, le clan débarque à Lyon il y a onze ans "le coup classique de la mutation paternelle". Les deux frères ont déjà pas mal d'années de solfège et une tripotée de cours au conservatoire derrière eux. "Quand on est arrivé ici, on a arrêté le classique". Leur truc, c'est le rock'n'roll. Matthieu prévient son interlocuteur : "il faut écrire en gras le nom des Gun's N' Roses". Ils forment leur premier groupe, Larsen. D'abord grunge sur le tard, leur aventure prend des contours pop-rock dans la droite lignée des Radiohead et des Smashing Pumpkins. La musique électronique à l'époque ? Damien : "on l'ignorait, on ne savait limite pas que ça existait". Matthieu : "on se considérait

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