Your lucky day in Eels

Benjamin Mialot | Mardi 18 juin 2013

Dans une centaine d'années, s'il reste quelque chose de cette planète, on se souviendra avec bien plus de déférence qu'ajourd'hui d'un Beautiful Freak nommé Mark Oliver Everett, alias Mr. E. Un type qui a ramé sur du bitume avant de pouvoir faire son trou dans le "business" (avec le sublime Beautiful Freak d'Eels justement, premier album édité par Dreamworks) et, malgré des albums tous plus magnifiques les uns que les autres, de ne cesser de s'y enfoncer.

 

On l'a dit dépressif et même suicidaire, poissard (sa famille passe son temps à mourir du cancer ou à se foutre en l'air), son groupe a changé maintes fois de configuration (ça, c'est peut-être un peu de sa faute), mais il est toujours là, avec un album, Wonderful, Glorious, saccadé et rageur, bileux et mélancolique. Il a du mérite : à part un noyau dur de fans et quelques journaux musicaux où il alimente davantage les notules que les gros titres, plus personne ou presque ne s'intéresse à Mister E. et à Eels.

 

D'où vient alors que lorsqu'on annonce quelque part un concert d'Eels, comme ici à Woodstower le 24 août, c'est l'hystérie générale ? Du fait que chaque concert d'Eels est un petit miracle. Quelque chose comme, E l'aurait dit mieux que nous, «un jour de chance en enfer».

 

Stéphane Duchêne


2manydjs + Eels + Nofx + Deluxe + Aufgang + La comédie musicale à Didier Super + Pascal Parisot + The Toxic avenger + Niveau zéro + Tambour battant + Schlaasss + Suissa + Pethrol


Parc de Miribel-Jonage Les Sablettes Vaulx-en-Velin
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Eels au Radiant : docteur Everett & Mister E

Pop | Rare en terre lyonnaise où il vint dès 1997 présenter un Beautiful Freak qui donna le ton d'une carrière de presque 25 ans tout en contre-pieds et montagnes russes, Mark Oliver Everett – E pour un peu plus que les intimes et Eels dans les bacs à disques – vient faire étalage au Radiant de la belle diversité d'un art de la pop song richement paradoxal.

Stéphane Duchêne | Mardi 3 septembre 2019

Eels au Radiant : docteur Everett & Mister E

Il y a assurément deux Mark Oliver Everett alias E, démiurge du groupe Eels. Pour ainsi dire, il y en a même une multitude dont les trajectoires parallèles cultivent l'impossible singularité de finir toujours par se croiser : il y a le thanatophobe dont les membres de la famille tombent comme des mouches et l'amoureux de la vie – qui commence à se sentir véritablement vivant le jour où un avion se crashe pour ainsi dire à ses pieds dans le lotissement de son enfance ; le génie gracieux et le laborantin laborieux ; le poète naturaliste et le freak mi-burtonien, mi-cohenien, à la fois loser et magnifique, si bizarrement laid qu'il en devient étrangement beau ; l'asocial notoire et le grand sensible ; le cérébral et le rêveur frappant timidement aux portes de la folie ; le cœur d'artichaut et l'éternel largué, aimant à filles un peu dérangées – ses amis finissent par baptiser "E girl" toute jeune femme un tant soit peu déséquilibrée ; le fils qui, longtemps, peine à percevoir son père autrement que « comme un meuble » – il confiera l'avoir touché pour la première fois de sa vie à l

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Des hommes sans trucage

MUSIQUES | N'eut été leurs bedaines de boit-sans-soif, leurs chevelures d'habitués du Festival international de théâtre de rue d'Aurillac et leur propension à se dégourdir (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 12 juillet 2013

Des hommes sans trucage

N'eut été leurs bedaines de boit-sans-soif, leurs chevelures d'habitués du Festival international de théâtre de rue d'Aurillac et leur propension à se dégourdir le majeur à la vue du moindre appareil photo, les dénommés Fat Mike, Eric Sandin, Eric Melvin et El Hefe auraient fait d'excellents vendeurs porte-à-porte. Car depuis trente ans qu'ils donnent au punk rock ses lettres de roture sous le nom de NOFX, ces Californiens ont fait avaler tout et son contraire à leur public, de la potacherie libidineuse d'à peine trente secondes (See Her Pee, enregistré pour la compilation Short Music for Short People, qui voyait une centaine de groupes s'essayer à l'exercice de la concision) à la satire politique de dix-huit minutes (The Decline) en passant par la reprise burlesque (Champs Élysée) et le tacle amical (Whoa on the Whoas, qui moque le suremploi par The Offspring d'une certaine interjection). Un petit tour de force qui tient autant au caractère tout à la fois urgent et allègre de sa musique qu'à son activisme, cristallisé par la fondation dès 1990 de Fat Wreck Cho

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