Insomniaque - Semaine du 18 au 25 décembre

MUSIQUES | Les 3 RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : le cinquantième Puzzle Rumble à La Marquise, Haste reçoit SNTWN au Club Transbo et Nous sommes 2014 au Double Mixte. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 10 décembre 2013

Photo : Salaryman - DR


19.12 Puzzle Rumble #50

Comment fait-on tenir 16 DJ et 2 MC dans une péniche ? Comme on fait entrer quatre éléphants dans une 2 CV, pourrait répondre l'association Totaal Rez, qui s'est lancée ce défi insensé à l'occasion de la cinquantième de sa résidence à La Marquise. Au-delà de l'exploit, la soirée a surtout le mérite de dresser un véritable panorama de la bass music lyonnaise, de ses locomotives (le turntablist multiprimé Groove Sparkz) à ses étoiles montantes (Salaryman et sa drum'n'bass itinérante, Dual Shock et son dubstep asphyxiant) en passant par ses parrains de l'ombre (le podcasteur fouineur Freddypogo).

20.12 Haste & Friends

Avant de passer les fêtes en famille, le collectif Haste fait la fête entre amis et reçoit, au Club Transbo, son correspondant parisien SNTWN (prononcez Sonotown), qui depuis 2008 fait bouger les lignes du clubbing sur la capitale (parfois littéralement, comme avec le projet 75021, «arrondissement éphémère» sis en Seine Saint-Denis). Du moins cinq de ses représentants : HXB, qui avec sa techno anxiogène et mécanique se sentirait au Berghain comme un robot de piscine dans de l'huile moteur, et quatre cinquièmes de dscrd (pour Discorsdance), groupuscule de plasticiens sonores des plus radicaux.

20.12 Nous sommes 2014

Les labels Bromance, Zone et Marble fêtent le nouvel an avec dix jours d'avance. Rien de plus normal quand on incube le futur de l'électro française : la techno antéchristique de Gesaffelstein, la deep lascive et blafarde de Louisahhh!!!, les chocs de style numérico-ringards de Panteros666, la house dévoreuse d'ondes FM de Surkin, le post-R'n'B mélancolique de Canblaster... Autant d'habitués et futurs habitués de cette rubrique qui, sous l'égide des grands frères The Hacker, Brodinski et Para One, investiront le Double Mixte pour ce qui s'annonce, de justesse, comme la soirée la plus dingue de l'année.


Haste - The Sonotown Edition

Dead rec heads & Vauban + HXB + P. Moore + Owlover

ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Nous sommes 2014

Brodinski + Gesaffelstein + Para One live + Surkin vs Canblaster + The Hacker + Maelstrom vs Louisahhhh !!! + Panteros666 live
Double Mixte 19 rue Gaston Berger Villeurbanne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Puzzle Rumble 50

DJ Spy + DJ groove Starkz + Freddypogo + Bubzz + Bobun Killah + Leto + Velesquez + Mc Fly + Dual Shock + Paranoise collision + Zemonk + Kpush + Salaryman...
La Marquise 20 quai Augagneur Lyon 3e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Oui, Transfer

Indie Rock | Pour sa troisième édition, le festival Transfer, qui prend désormais ses aises sur trois jours, continue de creuser le sens du mot "exigence" et l'intrépidité esthétique de la production indé. S'affirmant comme un événement de plus en plus enthousiasmant d'édition en édition. Sélection forcément subjective, mais pas que, des incontournables de l'événement.

Stéphane Duchêne | Mardi 5 mars 2019

Oui, Transfer

Jacco Gardner Avec Cabinet of Curiosities (2013), Jacco Gardner en avait éveillé pas mal, de curiosités. Un intérêt et un talent confirmés ensuite sur Hypnophobia (2015) qui avait achevé de placer le jeune homme sur le trône du psychédélisme rétro néerlandais – un concept en soi. Sur ce trône, Jacco aurait pû écraser quelques lauriers de son royal séant. Oh nee ! C'était mal le connaître. Car c'est en apesanteur et dans une veine rétro-futuriste – où le terme futuriste résonnerait plus fort – que nous est réapparu le koning de la pop prétendument vintage avec Somnium. Et en mode exclusivement instrumental – ce qui dans le domaine de la pop, fut-elle indé, équivaut à une forme de suicide dont les trompe-la-mort comme Gardner se rient allègrement. Un voyage fascinant dont il nous fait revivre la magie en concert avec un live en quadriphon

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Interzone : sur la route de Homs

Oriental Rock | De Noir Désir, aucun doute, c'est le chemin suivi par l'ancien guitariste du groupe bordelais qui nous chatouille les esgourdes, bien plus qu'une virée (...)

Sébastien Broquet | Mercredi 1 juin 2016

Interzone : sur la route de Homs

De Noir Désir, aucun doute, c'est le chemin suivi par l'ancien guitariste du groupe bordelais qui nous chatouille les esgourdes, bien plus qu'une virée convenue à Détroit. Serge Teyssot-Gay, c'est de lui dont on cause, a rencontré Khaled Al Jaramani à Damas, en Syrie, lors d'une tournée en 2002 : aussitôt les deux ont décidé de marier leurs cordes, celles de la guitare électrique avec celles du oud. Baptisé Interzone, le projet abouti dès 2005 à un premier album éponyme assez hallucinant : écoutez par exemple Vitalité, dérive de Tostaky flirtant avec la transe orientale... C'est encore là, la rencontre furtive et intense entre deux mondes, celui du groupe le plus populaire de France tout juste séparé et d'un virtuose syrien, également partie prenante de Bab Assalam. L'évolution de cette aventure est encore plus passionnante : le dialogue instaur

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Insomniaque

MUSIQUES | Trois plans pour vos nuits blanches

Sébastien Broquet | Mardi 15 mars 2016

Insomniaque

16.03.16 La Marquise Brother Culture Des années que Brother Culture incendie les dances d’Angleterre et d’ailleurs, lui qui a débuté en 1982 au sein du sound Jah Revelation Muzik, dans sa ville natale de Brixton. Voix incontournable de la scène reggae, c’est avec Manasseh et par un featuring avec Kanka qu’on l’a découvert en France. Nul doute qu’il va enflammer cette Reggae Boat Party, lors de laquelle il sera backé par le sound lyonnais Zion High Foundation, adepte de sessions où tout le panel reggae des 45 dernières années est passé en revue, d’Alton Ellis à Soom T. Autre crew à l’affiche : les régionaux Brainless Sound System — estampillés dub & acid. Irie. 18.03.16 Le Petit Salon Louisahhh!!! b2b Maelstrom C’était censé être la nouvelle bombe mondialisée révélée par Ed Banger. Il n’en fut rien : Louisahhh!!!, encore aujourd’hui, ne s’est pas vraiment émancipée ; on la présente toujours comme "la protégée de Brodinski"… Reste que les productions de l’Américaine, signée

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Les soirées du 16 au 22 décembre

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : le Bromance Tour et Aux88 au Transbordeur, Hodge à La Marquise.

Benjamin Mialot | Mardi 15 décembre 2015

Les soirées du 16 au 22 décembre

17. 12 Bromance Tour Le saviez-vous ? Les employés de sexe masculin du Petit Bulletin ont pour habitude d'interpeller leurs congénères d'un strident «Hey bro !». Autant dire que les amitiés viriles, ça nous connaît. Le Transbordeur aussi, lui qui accueillera la halte lyonnaise du Bromance Tour, du nom du label fondé par Brodinski. Il sera évidemment de la fête, toujours auréolé du succès de Brava, premier album qui le vit, à la surprise générale, couper les turbines pour mieux faire parler la poudre hip-hop, au côté notamment de sa protégée Louisahhh!!!, aux commandes d'une spoken techno aussi glamour qu'implacable.

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Pour ses 5 ans, Comics Zone fait le plein de super

CONNAITRE | On vous parle d'un temps que les moins de vingt ans et les plus de quinze ans d'âge mental (qui aime bien, châtie bien) ne peuvent pas connaître. Un temps (...)

Benjamin Mialot | Mardi 27 octobre 2015

Pour ses 5 ans, Comics Zone fait le plein de super

On vous parle d'un temps que les moins de vingt ans et les plus de quinze ans d'âge mental (qui aime bien, châtie bien) ne peuvent pas connaître. Un temps où la bande dessinée super-héroïque occupait une moitié des linéaires les moins accessibles des maisons de la presse – celle qui imposait de s’accroupir, l'autre, dévolue aux revues pornographiques, n'étant accessible, comme chacun le sait, qu'au moyen d'une flagrante extension. Depuis, Hollywood a pris la mesure du (super-)pouvoir de fascination qu'exercent les personnages imaginés par Stan Lee, Jack Kirby et consorts (et leurs successeurs) depuis les années 30, et Batman, Spider-Man et tous leurs potes fétichistes du latex ont retrouvé le chemin des librairies, notamment spécialisées. Basée dans le septième arrondissement, Comics Zone est l'une d'entre elles et, à l'instar du Comic Center de The Big Bang Theory, elle est aussi accueillante et abondante qu'une chambre d'ado aménagée dans un garde-meuble. La quinzaine qui vient, rythmée par son cinquième anniversaire, est l'occasion rêvée de se familiariser avec les panthéons modernes qu'elle et ses semblables honorent. Au programme : des concours,

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Les soirées du 1er au 7 juillet

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : la dernière Haste au Transbordeur, Inigo Kennedy à la Plateforme et Surgeon au Kao. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 1 juillet 2015

Les soirées du 1er au 7 juillet

03.07 Haste – This Is the End Après cinq ans d'activisme transmanche, le collectif techno Haste tire sa révérence. Mais pas n'importe comment : avec le sentiment du devoir accompli. «Il y a cinq ans, nous étions presque seuls. Aujourd'hui une vingtaine de promoteurs agitent la ville. En cela, Haste n'a plus lieu d'être» résume-t-il ainsi en préambule de son ultime soirée au Transbordeur – en extérieur, Summer Session oblige. Pour cette occasion très spéciale, il recevra de fidèles camarades de jeu franciliens (HXB de SNTWN et Oxyd de 75021), auxquels succédera PEEV, son co-fondateur. D'ici là, on dit merci.

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L'électro à la fête

MUSIQUES | Bichonnée par la ville, promue par un nombre croissant d'associations, la musique électronique se taille une nouvelle fois la part de Lyon. Revue des troupes. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 17 juin 2014

L'électro à la fête

Dans la plupart des communes françaises, la Fête de la musique ressemble à l'idée qu'en donne PunkÀChier, trio parisien qui, quand il n'éructe pas «Fête de la musique de merde !» pendant quatre minutes, retravaille au cutter rouillé des chansons des Spice Girls et Mylène Farmer. Rien à voir avec Lyon donc, où l'événement est une vraie occasion de faire le point sur les musiciens qui, demain, peut-être, écriront des morceaux à la gloire de Lyon pour faire croire qu'ils n'ont pas oublié d'où ils viennent, et sur ceux qui, en attendant, les aide à se faire un nom épelable au-delà de ses collines. Dans le microcosme de la musique électronique, ces deux catégories de personne ont tendance à se confondre. Ainsi, par exemple, du Haste Crew, qui se produira sur la scène programmée par Basse Résolution place Jean Jaurès (on y verra aussi l'intrépide CLFT Militia et Leome), avant de rendre la p

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Les quatre fantastiques

MUSIQUES | Le Sucre sort de sa routine le temps de quatre soirées durant lesquels se produiront autant de fondateurs de labels emblématiques de la musique électronique actuelle... Et qu'on vous recommande plutôt quatre fois qu'une. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 25 février 2014

Les quatre fantastiques

La vingt-neuvième cérémonie des Victoires de la musique fut, sans surprise, un énième pince-fesses corseté où chanteurs-sandwichs et égéries périmées tentèrent tant bien que mal de faire oublier le déficit d'ambition et d'idées qui grève l'industrie du disque depuis le début des années 2000. Une  mascarade qui ne doit pas faire oublier ce motif de satisfaction : la présence, parmi les nominés, du redoutable Gesaffelstein, aboutissement de deux décennies d'activisme techno. Un activisme dont le Grenoblois The Hacker est encore aujourd'hui l'une des principales figures, aussi bien en tant que label manager (jadis de Goodlife, aujourd'hui de Zone, qu'il a co-fondé avec... Gesaffelstein) qu'en tant que producteur - d'une musique devant autant à la compacité et à la combativité du new dance sound of Detroit qu'à la morgue mélancolique des souverains de la new wave. A l'approche de la parution d'un album en forme de synthèse esthétique, le sacrément bien titré Kraft/Love (non content de lister les qualités suffisantes et nécessaires à l'exercice d'un art, il fait référence à Kraftwerk et Lovecraft), Le Sucre ne pouvait mieux l'honorer qu'en l'invitant à donne

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Braquage à l'anglaise

MUSIQUES | Largement responsable, avec ses soirées au Club Transbo, du dynamisme actuel de la culture club lyonnaise, Haste ambitionne maintenant de remettre la production au centre du débat. Portrait d'un collectif qui, en dépit de ce que laisse entendre son nom, ne confond pas vitesse et précipitation. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 4 février 2014

Braquage à l'anglaise

«Il y a plein de drôles d'oiseaux dans le milieu des musiques électroniques. Nous, nous sommes des corbeaux : nous sommes à l'écart, par choix et parce qu'en France et à Lyon en particulier, la culture techno fait défaut». Dressé à l'automne 2012 par l'intraitable groupuscule CLFT, ce sévère constat est depuis quelques mois battu en brèche : du fumoir tamisé du Terminal à la terrasse panoramique de La Sucrière, le 4/4 post-industriel n'a jamais autant eu le vent en poupe à Lyon. Question de contexte, son mode de consommation, pour le moins hédoniste, s'accordant particulièrement bien avec le rude climat social du moment. Question de rajeunissement du public aussi, autant le fait d'un passage de relais démographique que le signe d'une maîtrise croissante des nouveaux canaux de communication. Question de militantisme surtout. Notamment celui du collectif Haste, dont les soirées ouvrent depuis deux ans de nouvelles perspectives esthétiques et éthiques. Le cœur sur la Manche Retour au début de l'année 2011. Cela fait déjà quelques temps que le dénommé Pierre Serafini cherche un moyen de traduire scé

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Insomniaque - Semaine du 22 au 28 janvier

MUSIQUES | 3 RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : le collectif Haste au Terminal, Anoraak au Kao et Kasper Björke au Sucre.

Benjamin Mialot | Jeudi 16 janvier 2014

Insomniaque - Semaine du 22 au 28 janvier

23.01 DriveAprès avoir ouvert sa résidence au Club Transbo à des structures partageant son approche pointilleuse et débrouillarde du clubbing et en attendant le lancement de son label, le collectif techno Haste ne perd pas une occasion de faire de parler de lui. Cette semaine, c'est ainsi le Terminal qu'il investit, le temps d'une soirée qui verra se succéder nul autre que ses quatre piliers : le fondateur PEEV (également connu de nos services en tant que producteur d'electronica tactile sous le nom d'Opti), la vénéneuse P.I.LA.R., l'énigmatique Heblank et le cadet Owlover. Si si la famille. 24.01 AnoraakFrédéric Rivière aurait pu se satisfaire de ses rentes de berger à poneys (il est le batteur scénique des trop dociles Pony Pony

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Hallucinante nuit hallucinée

ECRANS | Après une première expérience réussie l’an passé, les cinéphages de Zonebis, coupables chaque année d’organiser l’excellent festival Hallucinations collectives, (...)

Christophe Chabert | Mercredi 4 décembre 2013

Hallucinante nuit hallucinée

Après une première expérience réussie l’an passé, les cinéphages de Zonebis, coupables chaque année d’organiser l’excellent festival Hallucinations collectives, s’associent de nouveau au site Nanarland.com pour une deuxième Nuit hallucinée qui porte bien son nom. L’idée est d’y faire se rencontrer des nanars avérés — ces «mauvais films sympathiques» où l’amateurisme, l’opportunisme et le n’importe quoi règnent en maître — et des films bizarres et inédits. La soirée débutera ainsi avec l’avant-première du très attendu nouveau film de Quentin Dupieux, Wrong cops. En fait, un collage de trois sketchs dont le premier, avec Marylin Manson au naturel, avait fait crouler de rire la Croisette en 2012, et qui fait figure d’en-cas rigolo avant le prochain Dupieux, Réalité, déjà en boîte et qu’on espère voir à Cannes en 2014. Autre avant-première, celle d’HK / Forbidden super-hero où l’on voit un puceau timide se métamorphosé en super-héros après avoir enfilé — par mégarde d’abord — une petite culotte féminine sur la tête. C’est, de fait, plus drôle que de se faire piquer par une araignée radioactive, et cela conduit à s’exclamer

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Les zones d’ombre de Gesaffelstein

MUSIQUES | Sacré nouveau champion de la techno française après la sortie très remarquée de son premier album "Aleph" fin octobre, Gesaffelstein est avant tout le dernier héritier en date d’une longue lignée d’artistes dédiés au versant le plus sombre des musiques électroniques. Décryptage. Damien Grimbert

Damien Grimbert | Mercredi 6 novembre 2013

Les zones d’ombre de Gesaffelstein

Emergée en plein cœur de l’effervescence stylistique du début des années 80, toute une scène artistique européenne a contribué à l’établissement d’une esthétique sombre au cœur des musiques électroniques : DAF, Cabaret Voltaire, Throbbing Gristle, Esplendor Geometrico, Front 242, Nitzer Ebb… Loin de la chaleur, du groove et de l’euphorie de la house music, ces derniers privilégiaient rythmiques martiales sèches et tranchantes, beats plombants et nappes synthétiques oppressantes pour exprimer au mieux leurs émotions contrastées. Un héritage musical qui va marquer durablement toute une génération d’artistes techno français, qui ne tarderont pas à introduire ces influences underground dans leurs compositions. On pense bien entendu à The Hacker, mais aussi à des artistes comme David Carretta, Terence Fixmer, Arnaud Rebotini… Cette deuxième génération, née dans les années 70, Gesaffelstein n’en fait pas partie. Né à Lyon en 1985, Mike Levy de son nom de baptême aurait pu, comme tant d’autres, céder aux sirènes de Daft Punk, Justice et la French Touch 2.0. Mais s’il côtoie et remi

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Insomniaque - Semaine du 13 au 19 novembre

MUSIQUES | Les 3 RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : Brodinski au Sucre, Panteros666 au DV1 et Andrew Weatherall au Sucre. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 6 novembre 2013

Insomniaque - Semaine du 13 au 19 novembre

14.11 Brodinski & Friends «Ma grand-mè... Ahem. Gesaffelstein, que vous jouez tôt au Transbordeur !». «C'est pour mieux prolonger la soirée mon enfant !». Eh oui, les ayatollahs du dancefloor peuvent ranger leur nécessaire de lapidation : le concert du prince noir de la techno, ainsi qu'on ne le surnomme en dehors de son fief lyonnais, ne sera que la partie émergée de la célébration de la sortie de son premier album, le faramineux Aleph. La suite se déroulera au Sucre, le temps d'une after conduite par le non moins dévastateur Brodinski (c'est sur son label, Bromance, que paraît le disque).  

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Lumière 2013, jour 3. Guerres.

ECRANS | Nos plus belles années de Sydney Pollack. Hitler : dead or alive de Nick Grinde. The War zone de Tim Roth.

Christophe Chabert | Vendredi 18 octobre 2013

Lumière 2013, jour 3. Guerres.

Comme on l’a dit au jour 1 de ce festival, c’est au premier rang que l’on a choisi de faire la majorité des séances Lumière 2013. Ce qui évite d’ailleurs de jouer des coudes pour récupérer une place miraculeusement laissée vacante et pas trop proche de l’écran, dans des salles qui ne désemplissent pas. L’expérience, hélas ! n’a pas joué en la faveur de Nos plus belles années, pour l’instant une des rares déceptions de la programmation. Le film de Pollack a pourtant une aura mythique, et son réalisateur, sous l’impulsion passionnée de Pierre Berthomieu, est en train de gagner une incontestable légitimité posthume, par-delà l’étiquette qui lui a souvent été accolée de cinéastes pour grandes fresque académiques. Nos plus belles années n’en est pas une, même si il flirte outrageusement avec un néo-classicisme anachronique pour l’époque — le Nouvel Hollywood des années 70. Le titre (français) et le film lui-même font référence à une œuvre de William Wyler, Les Plus belles années de notre vie, filiation qui ne tient pas du clin d’œil, mais surtout d’un désir esthétique et rom

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La rentrée musicale en dix dates

MUSIQUES | Nous ne savions pas dans quelle case faire entrer les dix concerts qui suivent. Mais ils sont tout autant que ceux couverts par nos panoramas, si ce n'est plus, des jalons incontournables de ce début de saison musicale. Stéphane Duchêne, Benjamin Mialot et Térence Caron

Benjamin Mialot | Mardi 24 septembre 2013

La rentrée musicale en dix dates

Born Ruffians Les quatre Canadiens de Born Ruffians avaient produit leur petit buzz en 2008 avec Red, Yellow and Blue, un disque d'indie rock de campagne galopant, joué sans effet, avec humour, en direct du garage de maman. Autant fans de country que de funk ou tout simplement de pop sophistiquée, ils sont surtout imprévisibles et là est tout leur talent. Après Say It, disque attachant où la recette se faisait encore plus raffinée et complexe, Birthmarks, le petit dernier, les voit basculer dans des sphères dansantes, électro-pop même (Permanent Hesitation, Rage Flows), tout en gardant leur versatilité. Un son plus "club-friendly" qui a séduit le brasseur Grolsch et le Sucre, mais qui s'estompera derrière les grosses guitares et la liste de tubes impeccables du groupe. Au Sucre, jeudi 3 octobre

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Séries B comme Bagnoles

CONNAITRE | On raconte que Roger Corman, qui vendait du cinéma comme on vend des voitures, avait impressionné Ingmar Bergman en projetant ses films dans les drive-in. (...)

Christophe Chabert | Mercredi 26 juin 2013

Séries B comme Bagnoles

On raconte que Roger Corman, qui vendait du cinéma comme on vend des voitures, avait impressionné Ingmar Bergman en projetant ses films dans les drive-in. Cette tradition typiquement américaine qui consiste à se garer sur de grands parkings avec sa caisse (et, en général, une caisse de bières) pour regarder en plein air un double programme constitué de séries B ou de films en fin d’exploitation, l’association ZoneBis et Le Transbordeur ont décidé de l’importer au cœur de l’été lyonnais pour deux soirées qui s’annoncent mémorables. On réservera donc (pour 5 €) sa place sur le parking du Transbo, et on pourra, le 5 juillet à la tombée de la nuit (mais les grilles seront ouvertes dès 19h avec un bar, un camion-restau et un DJ pour patienter) redécouvrir Shaft (l’original, pas le remake avec Samuel L. Jackson), fleuron de la blaxploitation dont le générique signé Isaac Hayes est presque aussi légendaire que le film lui-même. Tout aussi mythique, Mon nom est personne sera lui projeté le 26 juillet, histoire de célébrer cet autre pan de la contre-culture cinématographique qu’est le we

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Insomniaque - Semaine du 19 au 25 juin

MUSIQUES | Les trois soirées à ne pas manquer cette semaine. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 12 juin 2013

Insomniaque - Semaine du 19 au 25 juin

20.06 LYC 2006Pour les organisateurs de soirées aussi, l'heure de la trêve estivale approche - sauf pour ceux qui investiront le fameux Sucre, dont les portes s'ouvriront le 28 juin prochain avec une launch party du nouvel album de Siriusmo. Ainsi de Enover, qui frappera pour la dernière fois de la saison la coque de La Marquise du sigle "LYC" la veille de la Fête de la musique. L'association profitera de l'occasion pour remettre les compteurs à zéro en accueillant le Londonien Copy Paste Soul, étoile montante de la deep house qui devait à l'origine se produire en mars dernier.

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L'académie Hayward

MUSIQUES | Voilà un homme qui a fréquenté Brian Eno et Phil Manzanera (Roxy Music), Arto Lindsay ou Don Cherry, sur une multitude de projets barrés à souhaits, a enregistré (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 30 avril 2013

L'académie Hayward

Voilà un homme qui a fréquenté Brian Eno et Phil Manzanera (Roxy Music), Arto Lindsay ou Don Cherry, sur une multitude de projets barrés à souhaits, a enregistré avec des riot grrrls pur jus (Lora Logic de X-Ray Spex, The Raincoats) et même Everything but the Girl. Mais un homme dont le principal fait de gloire est d'avoir été leader-batteur du trio This Heat avec Charles Bullen et Gareth Williams au milieu des années 70, à l'époque où l'expérimentation s'apparentait à une quête quasi-mystique aux résultats hasardeux. This Heat s'intercala ainsi, dès 1976, pile entre l'implosion du rock progressif et l'émergence du post-punk, en une sorte de chaînon manquant frappé du sceau du krautrock (notamment de Faust). Un peu à la manière des Young Marble Giants, dans un style très différent, This Heat – par ailleurs très marqué politiquement, dans un monde en pleine décolonisation et où la guerre froide se chauffe à la menace d'une extinction nucléaire – expérimenta l'alliage de bandes bricolées, de sons de récup' et d'instruments bruts.

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Ils ont tout compris

CONNAITRE | Un supplément dans Les Inrocks. Une journée d'émissions dédiées sur France Inter. Des papiers dans tous les quotidiens et magazines culturels du pays. Le moins (...)

Benjamin Mialot | Mardi 23 avril 2013

Ils ont tout compris

Un supplément dans Les Inrocks. Une journée d'émissions dédiées sur France Inter. Des papiers dans tous les quotidiens et magazines culturels du pays. Le moins que l'on puisse dire, c'est que le Disquaire Day, déclinaison française du Record Store Day américain, a bénéficié d'une bonne couverture médiatique. Sauf dans ces colonnes. Pourquoi tant de haine ? Parce que sous couvert de promouvoir la distribution indépendante auprès du grand public par la vente, exclusivement via ce canal, de disques en édition limitée, cette initiative ne prêche qu'à des convertis - qui se massent devant leur crèmerie favorite plusieurs heures avant l'ouverture et la pillent en quelques minutes - et favorise des comportements de consommation pour le moins contradictoires, une partie des dits convertis réservant leurs exemplaires la veille, parfois pour les revendre à prix d'or aux enchères. Des écueils qu'évite le Free Comic Book Day, son équivalent pour la bande dessinée américaine (super-héroïque mais pas que), pour une raison toute bête : les fascicules mis en circulation ce jour-là le sont gratuitement et dans de

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Insomniaque - Semaine du 10 au 16 avril

MUSIQUES | 12.04 Carte blanche à Anton SerraAprès celui de Lucio Bukowski, c'est au tour du premier album d'Anton Serra de certifier la bonne santé de L'Animalerie, (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 5 avril 2013

Insomniaque - Semaine du 10 au 16 avril

12.04 Carte blanche à Anton SerraAprès celui de Lucio Bukowski, c'est au tour du premier album d'Anton Serra de certifier la bonne santé de L'Animalerie, collectif rapologique multicéphale que nous n'avons de cesse de brosser dans le sens du poil (soyeux le poil). Il en fêtera la parution au Marché Gare, en compagnie de ses acolytes à crinière bien sûr (et de La Microfaune, autre chouette bande de kickeurs lyonnais), le temps d'une carte blanche qui, connaissant la sympathie et la vitalité de tout ce petit monde, devrait rapidement virer à la teuf entre potes.   12.04 Club 69Prenez un magazine culturel de qualité (Snatch) et un organisateur de neverending parties au goût sûr (Mercredi Production). Enfermez-les dans une salle de réunion sans fenêtre, laissez-les tempêter du c

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« Nous avons eu beaucoup de chance »

MUSIQUES | 32 ans après la séparation des Young Marble Giants, fragile pilier du post-punk britannique, leur chanteuse Alison Statton, revient sur le court destin d'un groupe qui ne voulait pas de la gloire, son succès, sa séparation et sa reformation surprise sur scène. Propos recueillis et traduits par Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Mercredi 13 mars 2013

« Nous avons eu beaucoup de chance »

Comment les Young Marble Giants sont-ils nés ?Alison Statton : Au départ, nous avions un groupe de reprises avec Stuart (Moxham leader, auteur et compositeur du groupe, NDLR) et Phil (frère du premier, NDLR) dans lequel je faisais les choeurs avec une amie. Nous jouions dans des clubs et de pubs. Quand ce groupe s'est séparé, Stuart avait déjà en tête ce qui allait devenir les Young Marble Giants et nous l'avons suivi.Mais au départ Stuart ne voulait pas de vous comme chanteuse...C'est tout à fait vrai. Il écrivait les morceaux et voulait les chanter lui-même. Mais comme Phil (également petit ami d'Alison, NDLR) et moi avions déjà un agrément musical ensemble et que Stuart voulait son frère dans le groupe, il lui a dit « c'est nous deux ou rien ». Ce que j'ignorais complètement à l'époque, je ne l'ai appris que bien plus tard (rires).Vous êtes connus pour votre son : une basse ronde, des guitares étouffées et votre voix à l

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Têtes de Vaulx

MUSIQUES | Bien entendu, ça devait arriver, à force de vouloir ouvrir les esprits en programmant, via Grrrnd Zero, du "rock" underground tendance mythique, ou (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 7 mars 2013

Têtes de Vaulx

Bien entendu, ça devait arriver, à force de vouloir ouvrir les esprits en programmant, via Grrrnd Zero, du "rock" underground tendance mythique, ou quelque soit la façon dont on puisse qualifier la musique des Young Marble Giants, on allait finir, comme le prouve cette Une, par oublier qu'A Vaulx Jazz est avant tout un festival de jazz – oui, on sait, ça fait un choc – et de blues – il s'agirait de ne pas l'oublier non plus. Avec ce que cela suppose de têtes d'affiche propres à étancher la soif des connaisseurs tel Jean-Jacques Milteau, qui est un peu le Jimi Hendrix de l'harmonica – même si cela reste assez compliqué à visualiser – et accompagnera, à moins que ce ne soit l'inverse, le guitariste blues Joe Louis Walker (22 mars). Tel encore ces deux poids lourds qui s'occuperont d'enchanter «la Nuit Américaine» du 19 mars, l'ancienne protégée d'Harry Belafonte Dianne Reeves et le crooner soul au drôle de chapeau et au costume de dandy Gregory Porter. Sans doute le moment glamour du festival.

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Colosses aux pieds d'argile

MUSIQUES | C'est l'histoire d'un groupe qui en réaction au tumulte "no future" pratiqua un post-punk tout en fragilité et minimalisme ; qui le temps d'un seul et unique album, Colossal "Youth", connut un succès météorique qu'il ne cherchait même pas, et engendra une nuée d'héritiers dépareillés. C'est l'histoire des Young Marble Giants, invités à A Vaulx Jazz, 32 ans après leur séparation, comme pour oblitérer cet éternel malentendu qui arborait tout à la fois le charme de l'évidence et celui de la surprise. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 7 mars 2013

Colosses aux pieds d'argile

À l'échelle de l'histoire de la musique, Young Marble Giants (1978-1981, un seul album, Colossal Youth) ne vécut que le temps d'un battement d'ailes de papillon, d'une palpitation cardiaque valant coup de foudre, d'une explosion nucléaire accidentelle. Mais comme c'est souvent le cas avec chacun de ces trois phénomènes, cet "instant" ne fut pas sans conséquences durables. Lorsqu'il se sépare en 1981, le trio formé par Stuart Moxham, son frère Phil et la chanteuse Alison Statton, est la formation la plus fascinante et singulière de l'ère post-punk. Sans doute parce que Stuart entend dès le départ proposer à sa manière une révolte contre le punk – et non une manière de le recycler comme ce fut le cas pour beaucoup de ses pairs. Pour autant, ladite révolte n'a rien d'une contre-révolution, le punk ayant déjà fait la sienne quand, lors du dernier concert des Sex Pistols à San Francisco en janvier 1978, un Johnny Rotten fulminant scelle le cercueil de ce fœtus hurlant à l'agon

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Une nuit à dormir debout

ECRANS | Après le succès remporté par la deuxième édition d’Hallucinations collectives, les esprits frappeurs de ZoneBis viennent mettre un beau cadeau sous le sapin (...)

Christophe Chabert | Vendredi 23 novembre 2012

Une nuit à dormir debout

Après le succès remporté par la deuxième édition d’Hallucinations collectives, les esprits frappeurs de ZoneBis viennent mettre un beau cadeau sous le sapin avec une "nuit hallucinée" placée sous le signe du n’importe quoi. Associée pour l’occasion à Nanarland, qui propose depuis plusieurs années la même chose à la Cinémathèque française, l’association présentera donc cinq films (un court, quatre longs) dont certains brillent par leur joyeuse nullité. On citera par exemple Troll 2, considéré comme le plus mauvais film jamais tourné, ce qu’une horde de fans déviants ne manquent pas de souligner aux États-Unis au cours de séances virant au happening géant. Tout aussi navrant, L’Infernale poursuite est un pur produit d’exploitation foutraque où le méchant est une ceinture noire de karaté ayant perdu ses jambes durant la guerre de Corée. Mais le plus beau morcea

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The French Invasion

MUSIQUES | Tous à vos marinières ! Si The Bewitched Hands et Concrete Knives sonnent comme le meilleur de la pop anglo-saxonne, ils n'en sont pas moins les ambassadeurs d'une pop française dont le renouveau est un éternel recommencement. Et une arme fatale pour conquérir le monde. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mercredi 21 novembre 2012

The French Invasion

Il fut une époque où la pop des régions (on n'a plus le droit de dire « provinciale », ça fait parigot) avait pour épicentres Toulouse ou Rennes. Nancy fut également un temps à la pointe, on en a encore la preuve la semaine prochaine avec le retour de Kas Product – improbable créature américano-lorraine qui fit danser jusqu'outre-Manche. Puis Clermont-Ferrand plus récemment, dans le sillage de la Coopérative de Mai. Si l'on devait aujourd'hui distinguer les deux places to be en matière de musique de jeunes, nul doute que Reims et la Basse-Normandie (Caen et ses environs) sortiraient haut la main du chapeau.   D'un côté, The Shoes ou Yuksek, Alb, The Film ou Brodinski ont déjà fait des dégâts aussi bien dans la presse que sur les dancefloors ou, comme disait Coluche, « dans les milieux autorisés ».   De l'autre, le bocage normand est actuellement en train d'accoucher d'une ribambelle de formations toutes plus sexys et créatives les unes que les autres (Lanskies, Chocolate Donuts, Da Brasilians, Jesus C

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Number one

MUSIQUES | À l'échelle nationale, Jean-Baptiste de Laubier est surtout connu pour avoir généré les distorsions 8-bits de Dans le club, le single-phénomène de TTC, le (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 25 mai 2012

Number one

À l'échelle nationale, Jean-Baptiste de Laubier est surtout connu pour avoir généré les distorsions 8-bits de Dans le club, le single-phénomène de TTC, le groupe le plus hétérodoxe et le plus teubé que le rap game français ait connu. À l'échelle locale, il est «le beau gosse à beubar qui a remplacé au pied levé ce sale capitulard de MF Doom» lors de la dernière édition de Nuits sonores. La vérité, on s'en doute, est moins unidimensionnelle. La vérité, c'est que cet Orléanais à la trentaine à peine tassée, est un génial touche-à-tout. La majestueuse BO de Naissance des pieuvres, le teen movie contemplatif qui révéla Céline Sciamma, l'acclamée réalisatrice de Tomboy ? C'est lui. It Was on Earth That I Knew Joy, ce troublant court post-apocalyptique qui fin 2011 actualisait les obsessions mémorielles du Chris Marker de La Jetée et 2084 ? C'est aussi lui. La prod. de Defiant Order, l'album le plus casse-cou de Birdy Nam Nam ? C'est encore lui. L'excitant label Marble, né des ruines d'Institubes ? Il en est le co-fondateur. Vous voyez le topo : Para One, de son nom de club

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Nuits Sonores – Samedi 19 - Report

MUSIQUES | Sept lieux, six sessions de 9h de live, trois concerts spéciaux. Il fallait bien ça pour fêter les dix ans de Nuits sonores, fleuron européen de la musique électronique (et plus si affinités). Compte-rendu du jour 4. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Dimanche 20 mai 2012

Nuits Sonores – Samedi 19 - Report

Trois sur neuf. Nous n'avons deviné les noms que de trois des neuf invités qui, hier, se sont relayés jusqu'au petit jour aux platines de la secret stage des anciennes usines Brossette. Même pas la moyenne. Nulle incompétence derrière ce pronostic de parieur mutuel urbain du dimanche, seulement le reflet du crédit que l'on accorde à Nuits sonores. Quitte à éprouver des regrets là où tout ne devrait être que gratitude.     Stage divin Il faut reconnaître qu'Arty Farty nous a fait un beau cadeau avec ce secret stage, foulé dans l'ordre par Clara Moto, The Hacker, Gesaffelstein, Oxia, Dixon, un Ricardo Villalobos tout juste remis de son examen du très exigeant catalogue du label ECM aux Célestins, Brodinski, Agoria et Laurent Garnier. Reconnaître également que, même si nous étions en attente d'une surprise qui n'est jamais venue, d'un

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Zone Verte

GUIDE URBAIN | Les films de John Waters ayant le pouvoir de couper l’appétit, pas question de prendre le risque d’ingérer du Polyester après avoir vu celui servi par le prince du vomi. Pour mettre notre panse à l’abri, nous irons cette semaine en Zone Verte, une adresse bien saine et proprette. Stéphanie Lopez

Stéphanie Lopez | Jeudi 1 mars 2012

Zone Verte

On ne sait pas pourquoi, en ressortant de Mortville (le royaume trash du film Desperate Living), on n’a pas eu envie d’un plat genre tripes à la mode de queer. Non. Tout bien considéré l’affiche (mmh, un bon gros rat noir dans une chic assiette de porcelaine), on s’est dit qu’il nous fallait cette semaine du bio, du frais, du léger et du grès. Un menu détox, s’il vous plaît. Avec du radis noir en lieu et place du rat – au printemps c’est très bon pour le foie. Une fois n’est pas coutume, donc, nous nous sommes mis au vert. Et pour être sûr que cet abomiffreux rat des villes ne ressurgirait pas sous le couvert (un nem au hamster est si vite roulé dans la roquette), on a carrément choisi un restau végète. De grands murs vert pomme, de hauts lustres groseille, des photos de cucurbitacées et des mixes de crudités : pas de doute, nous sommes bien en Zone Verte. Ici tout est bio, propre, écologiquement correct. On commande son «bento du jour» en zone marchande, puis on s’installe où l’on veut (un peu comme au Mac Do – oups) avec son plateau en bois où s’empilent les bions petits plats. Qui l’eut cru(dité) ?

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Surfer d’argent

MUSIQUES | Musique / «Attention, talent», peut-on lire parfois sur les étiquettes des grandes enseignes dédiées aux produits culturels. On ne saurait dire si le (...)

Dorotée Aznar | Jeudi 24 juin 2010

Surfer d’argent

Musique / «Attention, talent», peut-on lire parfois sur les étiquettes des grandes enseignes dédiées aux produits culturels. On ne saurait dire si le nouveau maxi de Surkin, Silver Island, bénéficiera du sticker d’approbation, mais quoi qu’il en soit, ce jeune homme le mérite. Même si Benoît Heitz, 24 ans, fait bien plus jeune que son âge, ses Dj sets nerveux, qui osent le grand écart entre tech’ old school et nouvelle école house, ont révélé en quelques maxis un électron accompli. En quatre ans, Surkin a sorti chez les Parisiens d’Institubes une série d’EP qui lui vaut désormais de jouer dans les clubs, entrepôts et festivals du monde entier. Un hit à contre-courant, White Knight Two, une manière unique de réhabiliter les pianos house du siècle dernier, et le voilà sollicité par Yuksek, Para One, Boys Noize, The Juan Maclean, Foals, Klaxons et Justice, qui se bousculent tous au portillon du remix. On loue sa fraîcheur, on s’arrache son style – une alchimie groovy d’influences hip-hop, de Chicago house et de ghetto techno, qui s’entrechoquent par l’entremise d’Abelton dans un maelström de maestro. Aujourd’hui, la sortie de Silver Island fait du surfeur d’Institubes une nouvelle coq

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Green zone

ECRANS | De Paul Greengrass (ÉU, 1h55) avec Matt Damon, Amy Ryan…

Christophe Chabert | Vendredi 9 avril 2010

Green zone

"Green zone" opère la jonction entre la part la plus personnelle de l’œuvre de Paul Greengrass (Bloody Sunday, Vol 93) et son nouveau statut de cinéaste d’action imposé par la franchise Jason Bourne. Ce thriller suit les traces, peu de temps après la chute de Saddam Hussein, d’un adjudant-chef (Matt Damon, héros taillé dans le marbre d’un idéal inébranlable) qui découvre que les sites où le dictateur stockait ses armes de destruction massive ne sont en fait que des entrepôts désaffectés. Cherchant à comprendre d’où vient le bug, il va démonter une ample machination impliquant les plus hauts pontes de l’État américain. On retrouve ici le talent de Greengrass pour rendre aussi spectaculaire une conférence de presse qu’une vaste opération militaire dans les ruines de Bagdad, sa mise en scène privilégiant l’événement pur à la distance réflexive. Green zone garde ainsi la tête rivée au présent de l’action, ce qui rend palpitante une intrigue dont on connaît peu ou prou les tenants et les aboutissants. La grande idée, c’est que ce héros n’a pas plus de passé que Jason Bourne ; de sa vie d’avant la guerre, on ne saura rien, et le film s’arrête sèchement sa «m

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MUSIQUE – ÉLECTRO

MUSIQUES | BRODINSKILouis Rogé n’étant pas le patronyme le plus funky de la terre, le jeune Rémois qui monte qui monte s’est donc choisi Brodinski, du nom de son arrière (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 5 mars 2010

MUSIQUE – ÉLECTRO

BRODINSKILouis Rogé n’étant pas le patronyme le plus funky de la terre, le jeune Rémois qui monte qui monte s’est donc choisi Brodinski, du nom de son arrière grand-mère, comme pseudo sésame pour s’ouvrir les portes de la clubosphère. Et ça marche : fraîcheur, maîtrise, instinct groovy, belle gueule, bon réseau (Yuksek et Garnier comptent parmi ses «maîtres à danser»), bon esprit… Les groupies, les festivaliers, les curieux se bousculent dans le monde entier pour «voir Brodi», qui incarne avec sa techno droite et fière, flamboyante et féline, la relève du Djing. Nouvelle coqueluche des platines, l’auteur de l’irrésistible «Bad Runner» et d’un récent mix pour Bugged Out ! sera à La Plateforme le 13 mars, pour faire suer les mecs et hurler les filles. SL

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Une petite zone de turbulences

ECRANS | D’Alfred Lot (Fr, 1h48) avec Michel Blanc, Miou-Miou, Mélanie Doutey…

Christophe Chabert | Samedi 9 janvier 2010

Une petite zone de turbulences

Alfred Lot nous avait bien amusé avec sa "Chambre des morts" (pour les distraits, un "Silence des agneaux" revu par Julie Lescaut !) ; il semble qu’ici, il se soit mis au service de Michel Blanc, qui signe l’adaptation d’un livre de Mark Haddon et se donne le rôle principal, un retraité hypocondriaque et acariâtre qui ne se résout pas au mariage de sa fille. Le résultat est, au choix, anodin ou irritant. Anodin car on peut regarder tout cela comme un téléfilm gonflé, mou du genou et ultra-prévisible — inutile, donc. Ce qui irrite, si on y regarde de près, c’est d’abord l’absence d’ironie face à des personnages égoïstes, qui n’ont d’autres problèmes qu’existentiels — pas de questions d’argent entre nous ! Ensuite, l’hypocrisie avec laquelle le film se refuse à affronter ses recoins les plus sombres : l’exemple parfait reste cette scène où Blanc se mutile avec des ciseaux en pensant s’arracher une tumeur. La scène est brutale, sanglante, et pourtant Lot y ajoute une musique guillerette en complet décalage avec ce qui se passe à l’écran. Ce n’est pas une posture esthétique ; juste une manière de rassurer à peu de frais le spectateur. Ou de le prendre pour un idiot…

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