C'est dans les boîtes !

MUSIQUES | Il paraît que si le Père Noël faisait vraiment le tour du globe aussi rapidement qu'on le laisse entendre aux enfants, il se désintègrerait. Si vous prenez part à l'un des réveillons électroniques ci-dessous, il risque de vous arriver la même chose. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Vendredi 13 décembre 2013

Chaque année à cette période, c'est la même désillusion : pas grand chose à se mettre sous la semelle le soir du 31 pour l'amateur de clubbing un peu exigeant. Entre les soirées portes closes (Le Sucre, le Club Transbo et toutes les autres salles dont la transe collective n'est pas le seul fonds de commerce se plient à la trêve des confiseurs), les privatisations (le Platinium a été prêté aux petits glandeurs du programme Erasmus), les rendez-vous anti-datés (voir en page 15) et l'hégémonie des fêtes à thème (dans le genre, celle du Kao, d'inspiration brésilienne, devrait à nouveau être la moins guindée et la moins snob), le seul réveillon qui semble à portée est celui, chocolaté et emballé dans du papier doré, que l'on vend au kilo dans les dépôts interlopes du sixième arrondissement. Heureusement, trois clubs veillent au grain.

C'est qui qui ? C'est Kiko

D'abord le Distrikt XII. Le petit dernier des nombreux lieux de vie nocturne inaugurés la saison passée recevra Kiko, pionnier grenoblois qui, depuis ses débuts en tant qu'importateur de house à l'aube des années 90 (en duo avec Oxia, sous le nom de Phunky Data) à sa métamorphose en épigraphe de l'italo-disco et de la new wave à l'aube du XXIe siècle (ah ! l'inoubliable Monique, tout en vélocité "moroderienne"), a autant fait pour la légitimé des musiques électroniques que ses concitoyens plus exposés (The Hacker et Miss Kittin; au hasard).

Ensuite le DV1, où se produira, en partie au profit de l'Institut départemental de l'enfance et de la famille de Parilly (dans l'esprit du concert "Le Père Noël et ses rockers" du Transbo, un jouet neuf amené égal un shooter offert), DJ Steaw, Rennais bûcheur et expérimenté qui en l'espace d'une paire d'années s'est imposé comme une valeur sûre de la deep house (notamment via son propre label, le bien nommé Rutilance).

Enfin le Terminal, où se tiendra l'événement le plus intense, puisqu'il débutera peu avant minuit pour s'achever vers dix heures du matin. Durant ce laps de temps se succèderont aux platines des habitués du lieu, de JNPLSRC du collectif CLFT à Leome d'Insomnie Musique en passant par Yogi et Outbak d'Ed'n'Legs. Autant d'activistes lyonnais et bien d'autres qui, au regard de leurs états de service annuels, mériteront bien leur jour férié.


New years : all stars

Avec Jeen, Pilotwings, Laurent B2B Jacques B2B Leome, Yogi B2B Outbak, Mojo et JNPSLRC
Terminal 3 rue Terme Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Happy new year

DJ Steaw
DV1 6 rue Violi Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


New year's Eve

Kiko + Spencer K + Vankiz
Distrikt XII 12 quai Saint-Vincent Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Je m’aime moi non plus : "Bixa Travesty"

Documentaire | « Pédale travestie. » C’est ainsi que se proclame avec fierté Linn da Quebrada, vedette brésilienne de la scène musicale LGBT+ dont les textes volontiers provocateurs affirment la différence et les préférences. Au-delà des shows, Linn raconte dans son intimité sa vie : un combat gay et gai

Vincent Raymond | Mercredi 26 juin 2019

Je m’aime moi non plus :

« On ne naît pas femme, on le devient. » Linn démontre combien la phrase de Simone de Beauvoir est exacte appliquée à son cas, dans la mesure où elle poursuit dans un empirisme globalement joyeux sa construction vers son identité féminine alors qu’elle est née dans un corps de garçon. À l’aise dans son groupe, très complice avec sa mère, Linn effeuille quelques anecdotes en compagnie de ses proches, révèle sans pudeur un événement médical de son passé récent… Affable et extravertie, l’artiste a été depuis longtemps filmée ; les cinéastes disposent donc d’un riche matériel pour documenter ce qui s‘apperente à un manifeste biographique. On pourra toutefois s’étonner qu’il n’aient placé dans ce portrait "affirmatif" (c’est-à-dire revendiquant envers et contre tout le choix d’une identité) aucune réelle figure d’opposition, aucune matérialisation d’une menace ou d’une hostilité extérieure. Il ne s’agit pas de faire dans la recherche du clash ni l’exhumation d’hypothétiques agressions passées dont Linn aurait été victime, mais tout de même : la situation brésilienne actuelle (

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Insomniaque : trois plans pour vos nuits blanches

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 21 mars 2017

Insomniaque : trois plans pour vos nuits blanches

24>03>17 L'EMPREINTE KIKO Un peu tombé dans l'oubli malgré une production jamais interrompue (et pléthorique) sur des labels comme Get Physical ou Suara, Kiko ressurgit en lumière par la grâce de cette toute nouvelle soirée, résidence lancée par un autre ancien qui lui fait un retour en force : P.Moore. Kiko, ex moitié de Phunky Data, mêle des influences techno, new wave, house ou italo disco depuis ses débuts grenoblois en 1992. Nineties. 25>03>17 LA MACHINERIE MICHAEL MAYER Le crew Omā convie dans ce tout nouveau club (ouvert mi mars), qui s'impose d'emblée comme incontournable par sa programmation alléchante, Michael Mayer, boss de Kompakt, et deux de ses poulains : Sandrino (repéré aussi sur l'excellent label Innervisions) et Rex the Dog, le Londonien jouant live. Soit, encore, un line-up bien fat pour amateurs de techno à tendance minimale (ou pa

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Nos futurs, plein d'avenir

Théâtre Nouvelle Génération | Mais comment diable expliquer aux enfants que le monde va mal mais qu'il peut devenir meilleur ? L'art est parfois la meilleure option. Surtout lorsque l'on pense au dernier né des événements culturels au format biennale : Nos Futurs.

Antoine Allègre | Mardi 18 octobre 2016

Nos futurs, plein d'avenir

Imaginés par le Théâtre Nouvelle Génération et son directeur Joris Mathieu, ces deux mois et demi de formes théâtrales libérées, baptisées Nos Futurs, ont un mantra obsessionnel : « pour pouvoir anticiper, il faut savoir observer le réel. » Le metteur en scène poursuit : « On est dans l'idée d'imaginer un futur au pluriel. Développer des imaginaires permet de créer des perspectives, d'expliquer au jeune public que la capacité de l'humain à rebondir est notre ressource principale. » Ce jeune public (à partir de 8 ans) pourra notamment (re)découvrir la création maison Hikikomori, l'histoire d'un jeune homme qui se mure dans le silence et dans sa chambre. Chaque membre de la famille aura un casque et, en fonction de son âge, entendra des sons de cloche différents. Les 6 ans et (beaucoup) plus se questionneront sur notre place dans l'univers avec Cosmos 110 grâce aux yeux d'une petite fille qui cherche à converser a

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Un "Hikikomori" désincarné pour Joris Mathieu

Théâtre Nouvelle Génération | Quand le metteur en scène Joris Mathieu se penche sur le phénomène des "hikikomori" (ces ados ou jeunes adultes cloîtrés dans leur chambre, sans contact avec le monde extérieur), on reste sur le côté malgré de très belles images.

Nadja Pobel | Mardi 11 octobre 2016

Un

C’est l’histoire d’un spectacle qui promettait beaucoup et dont il ne reste que peu de choses. Joris Mathieu, metteur en scène et directeur de l’un des deux Centres dramatiques nationaux dédiés au jeune public (à Lyon en l’occurrence), s’est penché sur le cas aussi passionnant qu’inquiétant des hikikomori, phénomène au départ japonais. Soit des ados qui se cloîtrent dans leur chambre pour fuir une difficulté et n’en sortent plus, pas même pour manger. Afin de raconter ce mal-être, Joris Mathieu a écrit trois versions diffusées au casque en fonction de l’âge des spectateurs. Des spectateurs qui entendent donc les propos du père, de la mère ou de l’enfant. Si l’idée qu’à la sortie de la salle les enfants puissent nouer un dialogue à égalité avec leurs parents est lumineuse, il faut d'abord traverser cette heure de spectacle trop désincarné pour émouvoir, la faute à un récit très parcellaire, à des paroles rares et éthérées. En avant du plateau, le père et la mère vont et viennent avec une extrême lenteur, jusqu’à glisser comme Alice dans ce terrier que leur fils s’est construit : un dispositif imposant sur lequel sont projetées des image

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Cocotte au CCN

Danse | Nouveau rendez-vous au CCN de Rillieux-la-Pape (ce samedi 11 juin à partir de 19h), Cocotte fait bouillir la danse dans sa dimension performative (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 7 juin 2016

Cocotte au CCN

Nouveau rendez-vous au CCN de Rillieux-la-Pape (ce samedi 11 juin à partir de 19h), Cocotte fait bouillir la danse dans sa dimension performative avec pas moins de 16 performances proposées durant cette soirée : des six minutes interprétées par le metteur en scène Michel Raskine sur une proposition chorégraphique de Yuval Pick, aux cinq heures (et jusqu'à épuisement) de la danseuse et chorégraphe japonaise Mikiko Kawamura...

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Joris Mathieu : «des œuvres qui s’adressent à chacun»

SCENES | Un an après avoir pris les rênes du Théâtre Nouvelle Génération, Joris Mathieu y présente cette semaine, à guichets fermés, sa première création. "Hikikomori" partira ensuite en tournée et sera de nouveau à l’affiche à Lyon à l’automne. D'ici là, l’auteur-metteur en scène nous raconte ce projet. Propos recueillis par Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 5 janvier 2016

Joris Mathieu : «des œuvres qui s’adressent à chacun»

Hikikomori «C’est un phénomène social né au Japon. Cela touche essentiellement des pré-adolescents, adolescents ou jeunes adultes qui, du jour au lendemain, face à une difficulté, une pression sociale ou parfois une raison plus diffuse difficile à déterminer, choisissent de se cloîtrer dans leur chambre et de ne plus en sortir. Souvent, ils s’enferment avec leurs parents, qui continuent à cohabiter avec eux. En japonais, hikikomori signifie "le repli sur soi". En lisant un article sur ce sujet, qui est d’une grande ampleur au Japon et toucherait un jeune sur dix dans la tranche d’âge 18-25 ans, j’ai découvert que cela arrivait en Europe. Je me suis alors posé la question de comment construire un spectacle qui parlerait de la famille, de la relation qu’entretiennent enfants et adultes lorsque l’enfant a décidé de s’extraire du monde et que les parents n’arrivent plus à entrer en communication avec lui.» Les casques «Comme c’est un sujet à la fois social et politique, qu’il interroge sur ce qu’est la communication dans la famille (est-ce qu’on est ensemble ou isolé chacun dans nos bulles, en cet

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L'électro à la fête

MUSIQUES | Bichonnée par la ville, promue par un nombre croissant d'associations, la musique électronique se taille une nouvelle fois la part de Lyon. Revue des troupes. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 17 juin 2014

L'électro à la fête

Dans la plupart des communes françaises, la Fête de la musique ressemble à l'idée qu'en donne PunkÀChier, trio parisien qui, quand il n'éructe pas «Fête de la musique de merde !» pendant quatre minutes, retravaille au cutter rouillé des chansons des Spice Girls et Mylène Farmer. Rien à voir avec Lyon donc, où l'événement est une vraie occasion de faire le point sur les musiciens qui, demain, peut-être, écriront des morceaux à la gloire de Lyon pour faire croire qu'ils n'ont pas oublié d'où ils viennent, et sur ceux qui, en attendant, les aide à se faire un nom épelable au-delà de ses collines. Dans le microcosme de la musique électronique, ces deux catégories de personne ont tendance à se confondre. Ainsi, par exemple, du Haste Crew, qui se produira sur la scène programmée par Basse Résolution place Jean Jaurès (on y verra aussi l'intrépide CLFT Militia et Leome), avant de rendre la p

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Insomniaque - Semaine du 4 au 10 juin

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : James Murphy au Sucre, le Festival All Together et la deuxième 45°N x 4.85°E. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 3 juin 2014

Insomniaque - Semaine du 4 au 10 juin

08.06 Reality Avec LCD Soundsystem James Murphy a, en trois albums d'une classe typiquement new-yorkaise et un concert d'adieu plus proche d'un enterrement de vie de garçon que d'une mise en bière, redonné un coup de lustre aux tunnels creusés de garages en clubs par ses compatriotes des Talking Heads. En solo, quand son éternel regard hébété ne sublime pas les productions d'autres pointures indé (comme le Reflektor d'Arcade Fire dernièrement), il est un DJ d'un redoutable bon goût. On a pu le constater à Nuits Sonores en 2012. On pourra le vérifier au Sucre ce dimanche. 08.06 F.A.T. Lyon 2014 La Holi a la cote en ce moment : deux semaines avant Les Invites, c'est au tour du Festival All Together – événement littéralement œcuménique, puisqu'il est le fait d'un mouvement interreligieux – de s'appuyer sur une bataille de pigments inspirée par cette tradition indienne. Celle-ci, qui se déroulera au

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En quatre lettres, y a pas mieux

MUSIQUES | Depuis 1991, l’hôpital psychiatrique de Buenos Aires possède sa propre radio, La Colifata. Elle émet une fois par semaine, fonctionne sur le mode de l'open mic, mais ne peut être captée qu'à quelques centaines de mètres à la ronde. Pas grave. Car nous, depuis 2011, nous avons CLFT, une entreprise technophile follement ambitieuse et dont les ondes se jouent des frontières avec la prestesse d'un nuage radioactif. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 20 septembre 2012

En quatre lettres, y a pas mieux

Dans l'imaginaire collectif, un journaliste a sous les yeux des bagages surtaxés et dans le sang assez de caféine pour rendre famélique Manuel Uribe (590 kg, record du monde), vit retranché dans une chambre de bonne et n'en sort que pour côtoyer des êtres d'exception (ou pour se faire séquestrer dans une cave par le mec sur lequel il se renseigne, merci Stieg Larsson). Et bien tout ça, en vérité nous vous le disons, c'est du gros bullshit. En tout cas en ce qui concerne la supposée puissance dialectique de nos interlocuteurs. La plupart des acteurs du milieu musical, par exemple, n'ont pas grand-chose à raconter, si ce n'est quelques banalités relatives à leur soi-disant ouverture d'esprit et à leur prétendue volonté de ne pas se répéter. Bien sûr, il y a des exceptions. JNPLSRC et MARCALB, les fondateurs de l'association CLFT, dont l'objet est l'élargissement du cercle d'écoute de la techno, en sont deux belles. On a même du les interviewer deux fois pour être sûrs de bien cerner leurs aspirations et leur éthique. En avoir (du chien) ou pas Cela ne tient pas (uniquement) au fait que la première session s'est déroulée autour d'une bonn

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La grande bouffe

MUSIQUES | On savait le label Gourmet Recordingz du genre à ne rien faire comme les autres. Par exemple, naître en plein acmé de la crise du disque pour servir (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 1 juin 2012

La grande bouffe

On savait le label Gourmet Recordingz du genre à ne rien faire comme les autres. Par exemple, naître en plein acmé de la crise du disque pour servir d'arrière-cuisine autoproductive à un groupe d'electro hip-hop savoureusement bouffon (Les Gourmets, of course) avant de, à peine un an plus tard, débuter l’élaboration de l'un de ces pieux et panachés catalogues dont la frange indépendante de l'industrie est féconde (on avoue un faible pour le chiptuner 2080 et pour les folkeuses barely legal de Jüne). On le savait du genre à ne rien faire comme les autres, mais à ce point... C'est vrai quoi, vous en connaissez beaucoup vous, des structures qui fêtent leurs sept ans en organisant une soirée toute entière dédiée à leurs compagnons de galère ? Avouez qu'il y a là de quoi réveiller Pierre Bourdieu et lui inspirer un addendum à La Distinction. Critique sociale du jugement. Surtout de quoi le réveiller en fait, ladite soirée affichant une programmation très Future sound of Lyon, pour reprendre le nom de l'une des scènes les plus excitantes de la dernière édition de Nuits sonores. Le Blogg, spacieux caf'conc' inauguré l'hiver dernier,

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