La griffe des Nuits

MUSIQUES | Faire d'un quartier-étendard en plein développement une plateforme festivalière cohérente : tel est le pari que s'est lancé Arty Farty pour l'édition 2014 de Nuits Sonores en investissant la Confluence. Au-delà de l'enjeu politique, force est d'admettre, à la découverte de la teneur de de sa programmation, que l'affaire est en bonne voie. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 26 février 2014

Depuis l'annonce de son déménagement à la Confluence, on se demandait bien, sorti de quelques évidences, quels lieux allait concrètement investir Nuits Sonores. On sait désormais que le Lab se répartira entre l'Hôtel de région et l'Hôtel de ville, tandis que la partie purement musicale du festival se déroulera sous les halles du Marché de Gros (qui avaient déjà accueilli les éditions 2009, 2010 et 2011), à la Sucrière (NS Days et Mini sonore), à la Maison de la Confluence (pour la traditionnelle carte blanche) et au Parc des Berges (pour le "Sunday Park", un événement de clôture présenté comme un clin d'œil convivial à l'extension de Nuits Sonores à Tanger).

En attendant de voir comment le Sucre s'intégrera dans ce circuit et comment les collectifs Superscript² et Looking for Architectures l'habilleront, on remarquera que la programmation des Days, scindée en trois scènes (dont une extérieure), poursuit les efforts de thématisation et de brassage démographique produits l'an passé, mais cette fois avec un vrai souci d'équilibre. Comprenez par-là qu'aucune tête d'affiche ne devrait s'accaparer le public de la Carte blanche comme Laurent Garnier et Carl Cox l'ont fait en 2013. Carte blanche qui cette année fera la part belle à Glasgow et s'annonce, nonobstant les présences du grand manitou du dubstep cérébral Kode9, des vétérans house d'Optimo et des blues-rockeurs cathartiques de The Amazing Snakeheads, aussi défricheuse que celle à Bruxelles.

Pas de big names cannibales donc, mais de là à dire qu'on se sentira aussi largué qu'aux Transmusicales, non. Côté musique électronique, il faudra ainsi compter avec la troublante et controversée Nina Kraviz, le visionnaire Daniel Avery (Drone Logic, son premier album, donne chair aux machines comme peu d'autres avant lui), le monument house Dixon (qui chapeautera un plateau à la gloire de son label, Innervisions), la team nu-discoMacadam Mambo (qui concocte à l'année certaines des meilleures soirées du Sucre), Gold Panda et sa dance music pour hamac, les docteurs ès musiques oubliées de Finders Keepers Records et le plus Anglais des bass musicians Canadiens, Jacques Greene (qui composera, avec Deetron et Jimmy Edgar en b2b avec Bambounou la scène la plus alléchante de ces Days).

Côté musique à guitares, Nuits Sonores confirme son intérêt pour les groupes qui s'endorment avec des doudous à l'effigie d'Albert Hofmann ou de Nikola Tesla, voire des deux. En l'occurrence l'increvable one-man-band casqué Bob Log III, les Dum Dum Girls et leur noisy pop toujours plus ténébreuse, les Californiens écorchés et esquintés de Crocodiles, The Oscillation, dont le psychédélisme forcené avait fait sensation l'an passé, le démiurge pop Rich Aucoin (avis aux amateurs des Beach Boys, des Flaming Lips, de MGMT et de tant d'autres faiseurs de mélodies chatouilleuses), les assourdissants expérimentateurs de Disappears et Wooden Shjips, sommité du rock insidieux et narcotique façon Velvet Underground.

Les grands soirs


En ce qui concerne les nuits à proprement parler, leur teneur tient en trois expressions : "duel au sommet", "boucan d'enfer" et "sacrés personnages". Duel au sommet, comme les back 2 back qui se tiendront le premier soir, en tête celui qui opposera le daron Laurent Garnier (Agoria, l'autre parrain du festival, sera évidemment lui aussi de la fête) au newcomer Motor City Drum Ensemble.
 

Boucan d'enfer, comme celui que produisent d'une part La Colonie de vacances (all-stars band de la noise hexagonale), les jeunes punks en fleur des Black Lips, les vétérans de l'expérimentation électrique The Ex et l'incontrôlable et magnétique Brian Jonestown Massacre, d'autre part Rustie, dont le post-r'n'b plus-aguicheur-tu-meurs devrait en laisser plus d'un sur la dalle de béton, Marcel Dettmann (figure de l'implacable label Ostgut Ton), le duo Fuck Buttons, qui depuis 2004 érige des murs du son aussi monumentaux que ceux de Mogwai et aussi intriqués que ceux d'Aphex Twin et le boss de la techno nordique Trentemoller.
 

Sacrés personnages, enfin, que l'inclassable Four Tet, Nicolas Jaar et Dave Harringon (bel album d'electronica bluesy que celui qu'ils ont publié sous le nom de Darkside), le sale gosse du rap US Earl Sweatshirt, qui sera à La Marquise de le cadre d'un Circuit par ailleurs plus tentaculaire que jamais (il se déclinera également cette année au Terminal, à l'Ambassade, la toute nouvelle Maison Mère et même le Garage Citroën !), Labelle, Réunionnais dépositaire d'une incroyable fusion entre techno originelle et musiques océaniques, le prodige de l'abstraction Actress et surtout le génial expérimentateur Oneohtrix Point Never. Replica, son dernier disque en date, invente l'ambient pourdancefloor à base de samples de publicités du tournant des années 90, et il résume mieux qu'aucun autre la fantaisie et l'aventurisme caractéristiques de Nuits Sonores. A part les pionniers de la synthèse homme-machine de Kraftwerk bien sûr, invités très très spéciaux de cette édition, pour un concert en 3D qui s'annonce inoubliable.



Inauguration - Carte blanche à Glasgow
Martyn Flyn + Stephen "Pastels" McRobbie + Nyco
Mercredi 28 mai à la Maison de la Confluence


Nuit 1
Halle 1 : Jackmaster b2b Jasper James + Axel Boman b2b Roman Flügel + Laurent Garnier b2b Motor City Drum Ensemble
Halle 2 : De La Montagne + Odei + Darkside + Kosme + Marcel Dettmann
Halle 3 : Black Luna + Man or Astro-Man? + The Julie Ruin + Black Lips + Halfrican + Legowelt
Mercredi 28 mai au Marché de gros


NS Days 1

Scène 1 : Apollonia + Nina Kraviz
Scène 2 : Bob Log III + Dum Dum Girls + Crocodiles + Daniel Avery
Scène 3 (Finders Keepers Records) : Andy Votel & Doug Shipton
Jeudi 29 mai à La Sucrière

Apéro Glasgow 1 (en collaboration avec le festival Heart of Glass, Heart of Gold)
Dee Oflash + Commando Koko + Dee Oflash + Golden Teacher + Optimo
Jeudi 29 mai à la Maison de la Confluence

Nuit 2 - Le Circuit
La Plateforme : Lofti + Theorist FC + Boris + Tama Sumo
DV1 : Hervé AK + Cédric Eteocle + DJ Pierre + Jack Ollins
Clacson : Shannon & The Clams + Holograms
Transbordeur : Tensnake
Ninkasi Kao : Marc Twins + Jules & Moss + Matador + Rule + Pascal Roeder / Ninkasi Kafé : Teets + Pedro Bucarelli + Wavesonik + Nick Curly / Ninkasi Terrasse : Slap Me + Deep Wild + Kanza & Romain Roudie + Acid Soda
La Marquise : Nyco b2b Matheson + Kowton B2B Pev
Sonic : Plein Soleil + Scorpion Violente + NHK'Koyxen + Hang the DJ
Terminal : Barnt & Job Jobse
Epicerie Moderne : Earl Sweatshirt
Le Périscope : Brahme + Plapla Pinky + Wermonster
Ambassade : Manoo + D'Julz
Maison Mère : Etienne Kermarc Afro Funk Project + Palwine DJ Crew
Garage Citroën : Wild Aspect + Sendai + Chevel + Moritz Von Oswald + I/Y + Multi

NS Days 2
Scène 1 (Innervisions) : Konstantin Sibold + Ten Walls + Dixon
Scène 2 : Abschaum + The Oscillation + The Octopus Project + Rich Aucoin + Gold Panda
Scène 3 (Macadam Mambo) : Guillaume des Bois + Joe's Bakery Band + Sacha Mambo
Vendredi 30 mai à La Sucrière

Apéro Glasgow 2 (en collaboration avec le festival Baleapop)
Baleapop DJ Set + Dam Mantle + Babe + Ubre Blanca + Kode9
Vendredi 30 mai à la Maison de la Confluence

Nuit 3
Halle 1 : Aether + Oneohtrix Point Never + Fuck Buttons + Robert Hood + Shed + CLFT Militia
Halle 2 : Fubar + Huerco S + Floating Points + Rustie
Halle 3 : In Aeternam Vale + Violence Conjugale + La Colonie de Vacances + Labelle + Fulgeance + Lunice
Vendredi 30 mai au Marché de gros

NS Days 3
Scène 1 : Jimmy Edgar vs Bambounou + Jacques Greene + Deetron
Scène 2 : Deux Boules Vanille + Lee Ranaldo & The Dust + Disappears + Wooden Shjips + His Electro Blue Voice
Scène 3 : NTS Radio Sound System
Samedi 31 mai à la Sucrière

Apéro Glasgow 3 (en collaboration avec le festival Freak Show)
Freak Show DJ Set + No Shangsa + Delacave + The Rosy Crucifixion + Jacob Yates & the Pearly Gate Lock Pickers + The Amazing Snakeheads
Samedi 31 mai à la Maison de la Confluence

Nuit 4
Halle 1 : Föllakzoid + The Ex + The Brian Jonestown Massacre + Trentemoller + Suuns + Brandt Frauer Frick
Halle 2 : DJ Sentiments + Valentin Stip + Efdemin + Agoria + Rohdad
Halle 3 : Marvin & Guy + Vakula + Actress + Funkineven
Samedi 31 mai au Marché de gros

Concert spécial
Kraftwerk 3D
Dimanche 1er juin au Marché de gros

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Nuit 2 : cours circuit, cours !

Nuits sonores | Il faudra du souffle en cette Nuit 2, ou un sérieux sens de la décision, pour profiter au mieux de la plus singulière nocturne de Nuits Sonores : le Circuit serpentant entre tout ce que Lyon compte de clubs et de salles de musiques actuelles. Petit débroussaillage.

Stéphane Duchêne | Mardi 28 mai 2019

Nuit 2 : cours circuit, cours !

Impossible aujourd'hui d'affirmer qu'au sein du totémique festival lyonnais les nuits sont plus belles que les jours – cela nous conduirait dans des débats sans fin entre spectateurs diurnes et aficionados nocturnes. Une chose est sûre pourtant, c'est que la Nuit 2, celle que Nuits Sonores consacre à son traditionnel Circuit, se démarque de l'ordinaire du festival. Particulièrement depuis qu'a été abandonné le qualificatif "électronique" qui l'accompagnait depuis l'origine. Cette respiration esthétique, rythmique, temporelle et spatiale au cœur de Nuits Sonores se vit ainsi moins comme une balade ou une déambulation qu'une cavalcade en treize étapes à travers les esthétiques musicales actuelles et les lieux phares qui les portent sur l'ensemble du territoire lyonnais (Ninkasi, Transbordeur, Périscope, Sonic, Groom, Marché Gare, Opéra Underground

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Jacques Greene pour les cinq ans de Rinse France

Clubbing | Rinse France fête cinq années d'existence au Petit Salon en compagnie du crew Artjacking : attraction.

Sébastien Broquet | Mardi 19 mars 2019

Jacques Greene pour les cinq ans de Rinse France

Rinse FM, en Angleterre, c'est une référence : créée en 1994 par DJ Geeneus et Slimzee, c'est au départ une pirate surfant sur la vague jungle puis la drum&bass et le UK garage (ce style malheureusement trop sous-estimé en France...), soit tout ce qui fait alors vibrer les nuits underground de Londres et le meilleur moyen de découvrir et les nouveaux DJ's, et les futurs sons qui vont faire dégoupiller sur les dancefloors - jusqu'au dubstep et au grime, avant la répression, en 2005. Cinq années plus tard, Rinse obtient l'autorisation d'émettre sur la FM. Et quatre ans après, lance sa déclinaison parisienne, en Web-only, sous l'impulsion de Manaré. Une première : jusque-là, la radio qui a propulsé sur le devant de la scène nombre de figures de la bass music se contentait d'émissions éphémères à Ibiza, mais pas de station à plein temps à l'étranger. Rinse France s'est vite développée, tout en restant libre et indépendante de ses aînés londoniens, mais en gardant le même principe : éclectisme total (il y a même du rock) et flair impeccable pour dénicher et les tendances, et les artistes de demain. C'est là que G'Boï de La Chinerie fai

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Amelie Lens, DAF et Maceo Plex rejoignent la programmation de Nuits sonores

Nuits sonores | On connaît la programmation complète des Days de Nuits sonores, et c'est clairement du côté du samedi concocté par Paula Temple que se tournent les oreilles les plus curieuses : de Moor Mother à Amelie Lens, la Berlinoise a visé juste.

Sébastien Broquet | Mardi 16 janvier 2018

Amelie Lens, DAF et Maceo Plex rejoignent la programmation de Nuits sonores

Doucement, l'architecture de Nuits sonores 16e du nom commence à se dévoiler. Ce matin, l'on a appris que le festival faisait son grand retour à la piscine du Rhône, là où quelques belles pages de sont histoire se sont écrites : c'est ici que tout avait commencé, en 2003. C'est là encore que Laurent Garnier avait délivré un set mythique en 2005, qu'une Body & Soul moite s'était lovée en 2008, ou qu'un set improbable de Busy P avec Joey Starr au micro beuglant sur du dubstep nous avait laissé pour le moins perplexe en 2011... Retour dans ce lieu donc, où l'on suivra la carte blanche offerte cette année à Amsterdam dont la programmation complète sera dévoilée le 7 février prochain, comme le reste du programme de nuit (qui prendra place pour la seconde année consécutive dans les anciennes usines Fagor-Brandt). La sensation Amelie Lens On connaissait déjà les noms des quatre curateurs des Days, voici les line-ups complets qu'ils nous ont concocté. Commençons par la fin et ce samedi 12 mai de dingue programmé par la cruciale Paula Temple, activiste précieuse qui sait mettre des actes sur ses convictions profondes et

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La programmation des Days du festival Nuits Sonores

Nuits sonores 2017 | Retour aux Subsistances, une carte blanche à Lisbonne, Derrick Carter et ESG en invités, une offre food revisitée : Nuits sonores 2017 est sur de bons rails.

Sébastien Broquet | Mardi 24 janvier 2017

La programmation des Days du festival Nuits Sonores

The Black Madonna, curatrice du Day 1 (jeudi 25 mai) dévoile un programmes des plus intéressants, conviant le légendaire Derrick Carter qui jouera 100% disco. C'est un grand retour à Lyon pour celui qui était déjà présent lors des éditions 1, 5 et 15 du festival. Beaucoup de filles sur ce line-up : la new-yorkaise Honey Dijon, adepte d'une house très Chicago ; les légendaires ESG, groupe post-punk totalement groovy échappé du Bronx et des années 80, toujours aussi efficace et classe. L'échappée de Ninjatune qu'est Throwing Shade ou encore la Coréenne installée à Berlin Peggy Gou sont aussi à l'affiche. La patronne (The Black Madonna, donc) jouera elle-même en back2back avec les écossais de Optimo, qui lui ont donné l'envie de s'engager dans ce monde du clubbing. On notera aussi la présence sur ce même programme du jeudi de Jamie 3:26, de Rahaan (une forte prédominance du son de Chicago, donc) et du

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Insomniaque

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 6 décembre 2016

Insomniaque

10>12>16 LE SUCRE DEENA ABDELWAHED Chez Infiné, l'on sait choisir avec soin les artistes que l'on signe tout en évitant soigneusement les clichés. Et avec Deena Abdelwahed, c'est peu dire que les têtes pensantes du label ont visé juste : échappée de la scène underground tunisienne, où elle a débuté comme chanteuse d'un groupe de jazz nommé So Soulfull, adepte de DJ sets et de lives électroniques épatants et novateurs, repérée aux Transmusicales, Deena s'invite au Sucre. Épicé. 10>12>16 6e CONTINENT IMHOTEP Le genre de soirée que l'on kiffe : une virée du côté de Guillotière en compagnie du maître des sons à Marseille, l'homme derrière IAM et auteur d'albums downtempo et instrumentaux renversants, dont le seul "rival" serait Doctor L... Au 6e Continent, Imhotep sortira les galettes chaudes pour ambiancer le dancefloor de suaves riddims reggae, de hip-hop non

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Insomniaque

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mercredi 2 novembre 2016

Insomniaque

05>11>16 TERMINAL TUNNEL VISION La paire écossaise d'Optimo tire son nom d'un track de Liquid Liquid : le genre de balise qui rassure. Les sets de ces proches de la famille Kill the DJ sont à l'avenant, éclectiques et denses, sans fioriture, dépourvus de la moindre facilité et farouchement dansants, rodés des années durant tous les dimanches soirs au mythique Sub Club, dans leur cité : c'est dire si la venue de JG Wilkes, moitié de ce duo, dans la petite boîte noire fait figure d'événement ; il sera accompagné de Jutix et Thomas B. Malté. 05>11>16 LE SUCRE BLACK ATLANTIC CLUB Parce qu'il est toujours salvateur de secouer son bodjo sur des rythmes différents, la Black Atlantic Club menée de main de maître par son résident James Stewart trouve ici régulièrement une place de choix. Ce mois-ci, le DJ de RTU convie un oublié de la scène hip-hop africaine, le ghanéen Ata Ka

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Insomniaque : les 3 soirées de la semaine

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 26 avril 2016

Insomniaque : les 3 soirées de la semaine

29.04.16 LE PETIT SALON DEETRON Digne héritier d'Eric Borgo, longtemps le meilleur ambassadeur de la techno groovy en Suisse, Sam Geiser alias Deetron a pris le relais avec vigueur et talent, mariant classiquement (mais efficacement) les influences de la house de Chicago avec celles de la techno de Détroit. Discret comme un banquier genevois, efficace comme un horloger de Berne où il vit, Deetron est largement reconnu par ses pairs qui le convient souvent à œuvrer en tandem ou en remixe, de DJ Hell à Romanthony. Précis. 04.05.16 LA MARQUISE POLAAR #23 Gros line-up pour cette nouvelle édition de la soirée menée de main de maître par Flore & Marc : c'est Branko, le producteur des magiques Buraka Som Sistema, qui officiera derrière les platines. Auteur ces dernières années d'anthems rebondissants, passeur d'un kuduro relifté à la sauce global bass, collaborateur occasionnel de Diplo et MIA, boss du fûté label Enchufada, Joao Barbosa de son vrai nom est l'un des artistes les plus affriolants d

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Les soirées du 25 novembre au 1er décembre

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : Ben UFO au Sucre, Foreign Beggars et le showcase Innervisions au Transbordeur.

Benjamin Mialot | Mardi 24 novembre 2015

Les soirées du 25 novembre au 1er décembre

27.11 Weekend #12 Planqué dans un recoin industrialo-ferroviaire de Friedrichshain, ://about blank est l'archétype du club berlinois, un ramassis de recoins sombres et écaillés aussi interlope qu'accueillant – car bordé d'un vaste jardin de sable fin. Avec sa terrasse et ses murs vierges d'autographes, Le Sucre en est un cousin chic et policé. Il s’encanaillera cette semaine en recevant un résident dudit ://about blank, Resom, mais aussi et surtout l'un de ses illustres habitués, le pur DJ londonien Ben UFO – aux sens où il se "contente" de mixer et s'avère en la matière un des tous meilleurs.

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L'Angleterre en force à Nuits Sonores

MUSIQUES | ​Best of de la saison qui s'achève, la programmation de Nuits Sonores 2015 est aussi la plus cosmopolite que le festival ait connue. Mais désormais, à la fin, ce sont nos voisins d'outre-Manche qui gagnent : bouillon de la bass culture à l'aune de laquelle la house et la techno n'en finissent plus de se réinventer, l'Angleterre est, par l'entremise de sa capitale, LA grande nation électronique des années 2010. La preuve en dix ambassadeurs. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 12 mai 2015

L'Angleterre en force à Nuits Sonores

Daniel Avery / Shackleton On l'a découvert de jour l'an passé, cette fois c'est de nuit que l'on pourra prendre la mesure de la versatilité du ténébreux rouquin, qui plus est sur une scène toute entière dédiée à la résidence qu'il anime à la mythique Fabric. Depuis Drone Logic, Daniel Avery n'a rien produit. Pas grave : ce premier album, classique instantané de techno charnelle (ou de rock stockable dans le cloud ?), reste un an et demi après sa parution l'une des plus belles incarnations de ce «chant de la machine» qui, chaque printemps, exerce sur nos concitoyens la même fascination que la voix des sirènes sur les marins qui croisaient jadis en mer de Sicile. Nuit 1 – Halle 2 Á l'Ancien marché de gros, mercredi 13 mai à 3h15

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Reperkusound, dix ans d'éclectisme électro

MUSIQUES | Plus versatile que jamais, le festival Reperkusound fête son dixième anniversaire avec quelques invités de marque et des créations originales. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 31 mars 2015

Reperkusound, dix ans d'éclectisme électro

On a pas mal pesté contre l'inadéquation entre l'identité visuelle des Nuits de Fourvière 2015 – des photos du Burning Man, grand-messe de la liberté individuelle, de l'autosuffisance et de la création indie qui investit chaque été le désert du Nevada – et leur programmation. Mais au moins est-elle à l'avantage du dernier jouet de la Métropole. Le cas du festival Reperkusound est plus problématique : les collages techno-animaliers qui ornent ses supports de communication, comme surgis d'un temps où le leet speak (pardon, le 1337 5|*34|<) était la dernière mode, laissent entendre qu'il ne s'adresse qu'aux teufeurs à poil long non toilettés et/ou aux ressortissants de Doucheville – là où le soleil brille si fort qu'il faut aussi porter des verres protecteurs en intérieur. Or s'il y a pas mal de ça (autrement dit de la trance, du dubstep et de l'electro house, entre autres musiques trop souvent cabotines), Reperkusound a toujours eu la qualité de son défaut : une volonté affirmée de faire entendre la chose électronique dans son acception la plus large possible. La preuve par dix C'est particul

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Nuits Sonores 2015 – La programmation de nuit

MUSIQUES | Ouvert sur le monde et recentré sur la musique électronique. Tel s'annonçait Nuits Sonores 2015 à la découverte de sa programmation de jour. Tel s'affirme le festival à l'heure de dévoiler son pendant nocturne. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 11 février 2015

Nuits Sonores 2015 – La programmation de nuit

C'est quoi, être rock en 2015 ? Les lecteurs de Rock & Folk ont sans doute leur (fausse) idée sur la question. Les autres, nous sommes au regret de vous le confirmer, ne trouveront pas la réponse à Nuits Sonores cette année – à moins que le "concert spécial", pour l'instant tenu secret, ne vienne nous contredire. Grande absente de la programmation de jour, la musique électrique ne constitue en effet que la portion congrue de son homologue nocturne, bien que l'on se réjouisse des venues du polarisant Jessica93 (de ce côté-ci de l'écran, on adore sa noise pour périphérique), des intransigeants et déjantés Future of the Left, des industrieux industriels de The Soft Moon ou des Saints, a.k.a. les Ramones du pays des kangourous, à l'affiche du Circuit. Circuit d'ailleurs encore en cours de montage mais qui, outre son habituel cortège d'activistes locaux (Flore, Manoo, Kosme...), promet d'ores et déjà pas mal de dilem

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Night on earth

MUSIQUES | Zébrée, la pochette du dernier album de Rich Aucoin, Ephemeral, l'est en quelque sorte. C'est la zébrure de la semelle de Neil Armstrong sculptant la (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 25 novembre 2014

Night on earth

Zébrée, la pochette du dernier album de Rich Aucoin, Ephemeral, l'est en quelque sorte. C'est la zébrure de la semelle de Neil Armstrong sculptant la surface de la lune, «petit pas pour l'homme...», tout ça. De ce sable gris, Rich Aucoin a fait une poussière d'étoile dont il tapisse une nouvelle de ses épopée pop – ici lunaire. Comme ses concerts en sont aussi, de belles épopées un peu folles, lunaires et solaires, on peut s'attendre à ce que la forcément très cosmopolite édition 2014 des Nuits Zébrées dont il sera l'une des têtes d'affiche, le 28 novembre au Transbordeur, soit particulièrement édifiante. D'autant que le casting qui accompagne cet événement à l'initiative de Radio Nova est à l'avenant. Avec les Marseillais de Kid Francescoli, dont on aime à Lyon avoir des nouvelles régulières ; l'Allemand panbalkanique Shantel au poste de DJ ; les popeux aqueux de Glass Animals et, bien sûr, une figure qu'on ne présente plus et qui est l'autre vedette de la soirée, si ce n'est la principale à vrai dire : Tony Allen, l'homme qui a tenu les fûts de Fela Kuti et façonné à ses côtés l'afro-beat. Le voilà de nouveau sous les

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5 soirées à suivre

MUSIQUES | Chaque semaine à Lyon, on dénombre plus de soirées électro que d'occurrences du mot fuck dans une minute du Loup de Wall Street (soit pas moins de neuf). Histoire d'y voir plus clair, voici les habitués de notre rubrique Insomniaque qui affichent les line-ups de rentrée les plus excitants. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 23 septembre 2014

5 soirées à suivre

We Are Reality A l'heure où des scientifiques étudient sérieusement la possibilité que notre réalité ne soit qu'une simulation informatique, le Sucre s'impose avec ce rendez-vous bi-mensuel comme l'endroit où garder les pieds sur terre. Difficile en effet de faire plus concret que la techno promue par We Are Reality, dont le casting a cet automne, entre les retours du maestro Carl Craig (19 octobre, avec le cogneur britannique Boddika) et des figures de proue du Berghain (Ben Klock le 5 octobre, Marcel Dettman le 2 novembre), des airs de who's who. A ne pas manquer également, un détour house par la case Innervisions avec ses fondateurs, Dixon

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Cinq jours, quatre nuits, dix valeurs sûres

MUSIQUES | Leur venue n'est peut-être pas aussi exceptionnelle que celles de Kraftwerk et de ses plus glorieux descendants, mais leurs prestations compteront sans doute parmi les highlights du festival : coup d’œil sur dix valeurs sûres de Nuits Sonores 2014. Stéphane Duchêne et Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

Cinq jours, quatre nuits, dix valeurs sûres

Garnier B2B MCDE (Nuit 1 / Halle 2) Dans le coin gauche, le tôlier, revenu cette année au sommet (mais l'avait-il seulement quitté ?) avec cinq maxis conçus comme autant de défis – à chacun son label et, par conséquent, son esthétique. Dans le coin droit, Motor City Drum Ensemble, LA relève (allemande) de la house à la mode de Chicago. Inutile de vous faire un dessin.   Black Lips (Nuit 1 / Halle 3) Tenancier d'un garage rock d'époque, les Black Lips appartiennent à cette catégorie de groupes qui p

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Quelque chose en eux de Düsseldorf

MUSIQUES | LUCA, acronyme de Last Universal Common Ancestor, soit "dernier ancêtre commun universel", est l'organisme, inconnu à ce jour, dont descendraient tous les êtres vivants actuels. Kraftwerk est son équivalent pour la musique électronique : tous les DJs programmés à Nuits Sonores ont une dette envers lui. Ces dix-là l'ont payée avec les intérêts. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

Quelque chose en eux de Düsseldorf

Darkside L'un, Nicolas Jaar, producteur dont la nonchalance n'a d'égal que le raffinement, est à la house ce que la Nouvelle Vague fut au cinéma. L'autre, Dave Harrington, multi-instrumentiste, était jusqu’ici unsideman sans histoire. Ensemble, ils forment Darkside, nom choisi en hommage à Pink Floyd (dont les membres revendiquaient l'influence de leurs amis de Kraftwerk) mais qui aurait tout autant pu l'être en clin d’œil à la Force – voir Daftside, remix bête, méchant et in fine assez jouissif du dernier album de Daft Punk. Psychic, leur premier album, est lui, avec ses licks bluesy et ses artefacts lynchiens, un petit chef-d’œuvre d'electronica à la dérive. Nuit 1 – Halle 1 A l'Ancien marché de gros, mercredi 28 mai (23h45/00h45)

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Poupées de son

MUSIQUES | Nuits Sonores reçoit enfin le groupe par lequel tout a commencé : Kraftwerk, quatuor allemand dont les compositions matricielles ont été aux musiques électroniques ce que les chansons des Beatles furent à la pop. Retour sur quarante ans d'une carrière visionnaire. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

Poupées de son

Dans Adieu au langage, Jean-Luc Godard (voir en page 6), équipé d'un dispositif stéréoscopique de son invention, nous fait redécouvrir le monde comme on ne sait plus le regarder. Autre bricoleur de génie, Ralf Hütter s'apprête lui à nous montrer celui de demain comme on ne l'a jamais vu, du fond d'un tout autre type de salle obscure : une halle de l'ancien Marché de gros, où il donnera ce dimanche avec Kraftwerk un concert en 3D, à la fois conclusion de Nuits Sonores 2014 et synthèse de quatre décennies d'incubation des musiques que le festival défend. Retour vers le futur Synthétiser justement, composer, donner matière à ce qui n'en a pas, est une obsession qu'a cultivée ce claviériste dès le conservatoire. Celui de Düsseldorf, où il rencontre au tournant des années 70 le flûtiste Florian Schneider dans un cours d'improvisation, pratique alors considérée comme un vecteur d'affranchissement de la pop anglo-saxonne par toute une génération de musiciens teutons – ironie du sort, c'est la presse musicale britannique qui baptisera ces expérimentations germanocentrées "krautrock

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C'est extra-fou

MUSIQUES | On aurait tort de ne voir dans les projets Extra! que des lots de consolation pour les tricards du cœur de Nuits Sonores. Si certains d'entre eux font (...)

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

C'est extra-fou

On aurait tort de ne voir dans les projets Extra! que des lots de consolation pour les tricards du cœur de Nuits Sonores. Si certains d'entre eux font effectivement figure de passe-temps pour hipsters désœuvrés, d'autres promettent de jolis pas de côtés sensoriels, à l'image du rassemblement de cantines ambulantes "All we need is trucks", du décrochage des photographies qu'expose en ce moment le Goethe Institut (voir page 8), du clin d’œil à la scène raï qui émergea de la Guillotière dans les années 80 "Arabic Tapes made in Lyon" ou de l'explicite "Bike Block Party". Mais s'il ne devait en rester qu'un, comme on dit dans les Highlands (voir ci-contre), ce serait la troisième "Balade offshore" proposée par le webzine Ocean of Noise, au cours de laquelle se produira samedi 31, au Périscope et milieu de bouteilles de vins, la Dream Team du rock garage à la française, La Secte du futur. Ou plutôt la Nightmare Team : rassemblant sous une même bannière figurant la Faucheuse à cheval un Catholic Spray, un JC Satan, un Black Bug et un Skate Gang, son deuxième album, Greetings from Youth, est si contagieux et ex

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Good evening Scotland

MUSIQUES | Après Manchester en 2005 et Londres en 2009, Nuits Sonores remet le cap vers le Royaume-Uni, direction Glasgow. Une juste reconnaissance pour cette (...)

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

Good evening Scotland

Après Manchester en 2005 et Londres en 2009, Nuits Sonores remet le cap vers le Royaume-Uni, direction Glasgow. Une juste reconnaissance pour cette ville où naquit au début des années 80 The Pastels, groupe qui est à l'indie pop ce que Bret Hart était au catch américain : «the best there is, the best there was and the best there ever will be». Mais aussi Mogwai, Primal Scream, The Jesus & Mary Chain... Bref, pas mal de jeunes gens autrement plus cultes que les exhibitionnistes peinturlurés de Braveheart. Aucun d'eux ne sera de cette Carte blanche à la Maison de la Confluence. Brilleront en revanche par leur présence le duo Optimo (jeudi 29), qui fut au tournant du siècle le principal ambassadeur de la house scottish, et Kode9 (le lendemain), le pilote d'Hyperdub, vaisseau-amiral de la frange la plus atmosphérique et séditieuse du dubstep – dont Burial est la figure de proue. Côté guitares, le tiercé dans l'ordre est le suivant : The Amazing Snakeheads, dont les prêches électriques changent l'eau en bourbe aussi sûrement que celles de The Birthday Party en son temps, leur âme sœur da

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Gare au gorille

ARTS | Carrure d'ours mal léché, tenue d'aristocrate d'un temps que les moins de cent ans ne peuvent pas connaître, barbe et chevelure cendrées, deux anneaux à la lèvre (...)

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

Gare au gorille

Carrure d'ours mal léché, tenue d'aristocrate d'un temps que les moins de cent ans ne peuvent pas connaître, barbe et chevelure cendrées, deux anneaux à la lèvre qui scintillent tels des crocs sous une Lune blême, des barbelés d'encre sur le cou et la joue gauche.. Sven Marquardt a tout ce qu'il faut là où il faut pour tenir un rôle de shérif vampire dans la série True Blood. C'est pourtant à une toute autre figure mythologique qu'on l'associe communément : le Cerbère, en sa qualité de physionomiste du Berghain, le havre de décadence électronique que le monde envie à Berlin. Quand il n'y passe pas ses week-ends à refouler tel ou tel EasyJet-setter pour des motifs connus de lui seul, Sven Marquardt prend des photos – ce qui, connaissant la politique pour le moins intransigeante de son club vis-à-vis de cette pratique, ne manque pas d'ironie. De grands et beaux portraits en noir et blanc d'anonymes aux regards noirs et aux corps bohèmes dont les contrastes gothiques se superposent aux contours de la contre-culture allemande (qu'il documente depuis la chute du Mur), exposés pour la première fois en France au Goethe Institut jusqu'au jeudi 2

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Des paroles et des acts

CONNAITRE | Au départ simple frat party réflexive pour professionnels de la profession, le European Lab est devenu au fil des ans un véritable festival dans le (...)

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

Des paroles et des acts

Au départ simple frat party réflexive pour professionnels de la profession, le European Lab est devenu au fil des ans un véritable festival dans le festival, sorte d'écho numérique et citoyen au Mode d'emploi de la Villa Gillet visant à «donner la parole à une nouvelle génération d’acteurs européens pour réinventer les modèles culturels de demain». Ce vaste programme, Arty Farty le déclinera principalement à l'Hôtel de région en conférences à géométrie variable (et en apéros et soirées au Sucre, on ne se refait pas) dont les sujets, des mécanismes de starification au potentiel d'innovation des friches en passant par le rôle de la culture dans l'agencement de l'espace urbain, ne manquent sur le papier pas d'intérêt. L’aréopage de journalistes, élus, universitaires, entrepreneurs, artistes (le cinéaste-bidouilleur Michel Gondry, l'auteur de science-fiction Alain Damasio, dont le visionnaire et polyphonique La Zone du dehors mériterait un cycle d'exégèse à lui seul) et autres figures du milieu musical (Matt Black, moitié de Coldcut et co-fondateur du label Ninja Tunes, Dan

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Insomniaque – Semaine du 28 mai au 3 juin

MUSIQUES | Trois étapes du Circuit Nuits Sonores à ne pas manquer : Grandmaster Flash au DV1, NHK'Koyxen au Sonic et Moritz Von Oswald au garage Citroën. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

Insomniaque – Semaine du 28 mai au 3 juin

29.05 I'm Grandmaster Flash Pour Nuits Sonores, le DV1 sort de sa zone de confort et remonte aux sources du hip hop. Celles, croupissantes et mêlées de sang, du Bronx, dans lesquelles aurait pu s'embourber le jeune Joseph Saddler s'il n'avait passé son temps libre le nez dans la collection de vinyles de son père et les yeux rivés sur les platines des pionniers du DJing. Des super-héros naissent de ce genre d’obsession : lui deviendra Grandmaster Flash, one-hit wonder du rap politique (The Message, 1982) et DJ à la virtuosité surhumaine (il mixe de dos, avec ses pieds...) dont l'influence traverse encore les âges. After Dark Kouhei Matsunaga n'a pas attendu que Kraftwerk entre dans la troisième dimension pour arborer de très seyantes lunettes stéréoscopiques. Les vôtres ne vous seront d'aucune utilité lorsque ce passionné d'architecture et bruitiste patenté – originaire d'Osaka, il a très tôt c

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Les Yeux jaunes des crocodiles

ECRANS | De Cécile Telerman (Fr, 2h02) avec Emmanuelle Béart, Julie Depardieu, Patrick Bruel…

Christophe Chabert | Mardi 8 avril 2014

Les Yeux jaunes des crocodiles

Il était presque fatal que le cinéma s’empare des best-sellers de Katherine Pancol, et c’est donc Cécile Telerman qui s’y colle avec Les Yeux jaunes des crocodiles. Laborieuse, irritante et impersonnelle, son adaptation s’applique à ne pas trahir le roman initial, si bien qu’on a l’impression de le feuilleter chapitre par chapitre, les séquences s’enchaînant mécaniquement sans liant dramaturgique. Tout ça pour raconter comment une bourgeoise superficielle et hautaine (Béart, qui cabotine assez mal) va se servir de sa sœur poissarde (Depardieu, qui se sort assez bien du marasme) pour assouvir ses rêves de réussite littéraire. Comme souvent dans le cinéma populaire français, la critique sociale n’est que feinte ; selon une optique contestable, on est une ratée parce qu’on ne fait pas d’efforts pour s’en sortir et la bêtise des riches profite involontairement à des pauvres dénués de pragmatisme. Ici, la caricature n’est là que pour conforter, et non pourfendre, un système qui ne peut envisager autre chose que l’argent comme gage ultime d’accomplissement. La sous-intrigue vaudevillesque entre Jacques Weber, Edith Scob et Karole Rocher l’illustre parfaitement, où la

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Insomniaque - Semaine du 30 octobre au 5 novembre

MUSIQUES | Les 3 RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : le "barathon" du Riddim Collision, Alto Clark au Kraspek Myzik et JD Twitch au Club Transbo. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 23 octobre 2013

Insomniaque - Semaine du 30 octobre au 5 novembre

31.10 Riddim Collision Lancée le 10 octobre, la quinzième édition du Riddim Collision connaitra son acmé les 8, 9 et 10 novembre au Transbordeur. Entre temps, le festival investira les pentes de la Croix-Rousse pour une sorte de barathon, durant lequel se produiront simultanément une quinzaine de formations (au Trokson, aux Valseuses, aux Capucins, au Buffet Froid et au Kraspek Myzik). Parmi elles, le one-man-band qui en a sous la pédale d'effet Jessica93, les métalleux a

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Insomniaque - Semaine du 4 au 10 septembre

MUSIQUES | Les trois soirées à ne pas manquer cette semaine : Al'Tarba et Lord Lhus au Kafé, Dubfire au Kao et le Start Festival du Sucre. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Lundi 26 août 2013

Insomniaque - Semaine du 4 au 10 septembre

06.09 Ninja Session #01Entre le hip hop et les arts martiaux, c'est une longue histoire d'amour, écrite aussi bien dans la langue du Wu-Tang Clan que dans celle de IAM. Le label Mutant Ninja, où sont domiciliés deux des MC lyonnais les plus doués du moment, Liqid et Andy Kayes, y ajoute un chapitre avec les Ninja Sessions. La première se tiendra cette semaine Ninkasi Kafé en présence du brillant beatmaker toulousain Al'Tarba et du rappeur ricain Lord Lhus, auteurs l'hiver dernier d'un album méchamment

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Insomniaque - Semaine du 26 juin au 2 juillet

MUSIQUES | 28.06 – AF001 "Enthusiast"Ça y est, c'est officiel : Le Sucre, le rooftop qui fit les belles nuits de la Biennale d'art contemporain à l'automne 2011, (...)

Benjamin Mialot | Lundi 24 juin 2013

Insomniaque - Semaine du 26 juin au 2 juillet

28.06 – AF001 "Enthusiast"Ça y est, c'est officiel : Le Sucre, le rooftop qui fit les belles nuits de la Biennale d'art contemporain à l'automne 2011, devient pérenne. Et ce à compter de cette fin de semaine, date non pas de son inauguration (programmée pour septembre), mais de sa pré-ouverture, qui se poursuivra tout l'été via une bonne quinzaine de soirées. Vu la tronche de la première, en forme de launch party du nouvel album du Berlinois Siriusmo, dauphin surdoué d'Aphex Twin et petit frère bizarroïde de Modeselektor, on est bons pour une dérégulation glycémique. 29.06 Cruel Summer OpeningSi sa direction artistique

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Nuits Sonores 2013 - La prog de nuit

MUSIQUES | Au moment de lever le voile sur le volet diurne de Nuits Sonores 2013, les équipes d'Arty Farty étaient si ric-rac que c'est avec des valises oculaires éligibles à une "franchise bagages supplémentaires" qu'elles ont animé la conférence de presse correspondante. Cette fois, elles étaient en avance : censée tomber jeudi 21 février, la programmation nocturne de la onzième édition du festival a été révélée la veille, le teint frais et le sourire franc. La voici.

Benjamin Mialot | Mercredi 20 février 2013

Nuits Sonores 2013 - La prog de nuit

Editorialisation. Tel est, plus encore que pour les éditions précédentes, le maître-mot de cette onzième édition de Nuits Sonores. On a pu le vérifier avec les NS Days et leurs scènes labellisées (une portant l'emblème de la bible en ligne Resident Advisor, une sponsorisée par la Red Bull Music Academy et une consacrée à la carte blanche à Bruxelles), c'est au tour des Nuits, sises comme l'an passé (mais pour la dernière fois) aux anciennes usines Brossette et organisées, toujours comme l'an passé, en trois scènes aux dimensions décroissantes, de se faire l'écho de ce souci de cohérence. Qui par le biais d'un partenariat avec un festival, qui via un regroupement géographique, qui à la faveur d'une délégation d'une partie de la fonction de curateur à un artiste. Au-delà de ce qu'elle induit en termes de mise en réseau et d'image, la démarche aboutit sur un net renouvellement de la proposition artistique formulée par Arty Farty : cette année, les big names se comptent sur les doigts de la main, la programmation s'équilibrant entre pointures discrètes et nouveaux venus en pleine bourre.A cette aune, on attend beauco

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Le Riddim bat la démesure

MUSIQUES | La World Wrestling Entertainment Inc., la plus grande promotion de catch du monde, organise tous les ans depuis 1988 le Royal Rumble, un événement dont (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 2 novembre 2012

Le Riddim bat la démesure

La World Wrestling Entertainment Inc., la plus grande promotion de catch du monde, organise tous les ans depuis 1988 le Royal Rumble, un événement dont le principal combat voit une trentaine de participants gagner le ring à tour de rôle, dans le but de s'en expulser les uns les autres jusqu'au dernier. Là où ça devient bizarre, c'est qu'il plane sur ledit combat une malédiction : tous les types qui sont entrés en quatorzième position ont vu leur carrière s'effondrer et/ou leur vie prendre fin prématurément. Si nous en faisons état ici, c'est parce qu'en apprenant, à une semaine du coup d'envoi de la quatorzième édition du Riddim Colision, l'annulation de la venue du beatmaker californien Nosaj Thing, l'une de ses têtes d'affiche, on s'est demandé si quelqu'un chez Jarring Effects/Active Disorder n'avait pas tiré le mauvais numéro dans une carrière antérieure. Vérification faite, il n'en est rien, le festival devrait donc se dérouler sans autres encombres. Tant mieux, car il y a une fois de plus du très bon. En tête The Oscillation, quatuor briton donnant dans le rock altérateur de perception (mercredi 7 au Clacson), nos petits chouchous d'

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Nuits Sonores – Samedi 19 - Report

MUSIQUES | Sept lieux, six sessions de 9h de live, trois concerts spéciaux. Il fallait bien ça pour fêter les dix ans de Nuits sonores, fleuron européen de la musique électronique (et plus si affinités). Compte-rendu du jour 4. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Dimanche 20 mai 2012

Nuits Sonores – Samedi 19 - Report

Trois sur neuf. Nous n'avons deviné les noms que de trois des neuf invités qui, hier, se sont relayés jusqu'au petit jour aux platines de la secret stage des anciennes usines Brossette. Même pas la moyenne. Nulle incompétence derrière ce pronostic de parieur mutuel urbain du dimanche, seulement le reflet du crédit que l'on accorde à Nuits sonores. Quitte à éprouver des regrets là où tout ne devrait être que gratitude.     Stage divin Il faut reconnaître qu'Arty Farty nous a fait un beau cadeau avec ce secret stage, foulé dans l'ordre par Clara Moto, The Hacker, Gesaffelstein, Oxia, Dixon, un Ricardo Villalobos tout juste remis de son examen du très exigeant catalogue du label ECM aux Célestins, Brodinski, Agoria et Laurent Garnier. Reconnaître également que, même si nous étions en attente d'une surprise qui n'est jamais venue, d'un

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Hail ! Hail ! Rock'n'roll

MUSIQUES | Rock / Nous sommes en 2011 après Jésus-Christ, et toute la Gaule vibre au rythme d'un rock'n'roll surproduit, poseur et inoffensif. Toute ? Non ! Car des (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 28 octobre 2011

Hail ! Hail ! Rock'n'roll

Rock / Nous sommes en 2011 après Jésus-Christ, et toute la Gaule vibre au rythme d'un rock'n'roll surproduit, poseur et inoffensif. Toute ? Non ! Car des îlots peuplés d'irréductibles bad boys à rouflaquettes (et des bad girls à la crinière arrosée à l'eau oxygénée) résistent encore et toujours à l'envahisseur. Dans le Grand Lyon, le Trokson et le Clacson sont de ces poches de résistance et le secret de leur endurance tient en un festival : le Big Tinnitus qui, une fois l'an depuis 2008, permet à leur population de faire le plein de décibels, d'aérer sa collec' de boucles de ceinture ornées de cartes à jouer et de humer d'inimitables parfums de bière chaude et de cuir ruisselant de condensation. Mais laissons-là les clichés. Car avant d'être le défenseur d'une certaine idée du rock, le Big Tinnitus est un événement à la programmation modèle, au sens où s'y mêlent le starpower, la découverte et l'insolite. Les 3, 4 et 5 novembre, on pourra ainsi prendre la mesure du petit culte entourant les

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Des Crocodiles dans la Saône

MUSIQUES | Musique / Situé Quai des Étroits, là où la Saône devient infréquentable au piéton, le Sonic ne s'affiche pas comme ses collègues péniches qui, alanguies sur un quai (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 1 avril 2011

Des Crocodiles dans la Saône

Musique / Situé Quai des Étroits, là où la Saône devient infréquentable au piéton, le Sonic ne s'affiche pas comme ses collègues péniches qui, alanguies sur un quai du Rhône refait de la tête aux pieds, draguent le chaland à coups de soirées cool et de bière blonde. Au Sonic, un peu comme chez Total, mais dans un autre genre, on n'entre pas par hasard. Mais attiré par les stridences caractéristiques qui en émanent. Car en matière de programmation aussi le Sonic est du genre qui ne se mélange pas. Du genre à faire passer en toute discrétion tel groupe culte, tel membre de Sonic Youth. Au point qu'on en oublie, jusque dans ces coupables pages, que la péniche fête début avril ses cinq ans. Il est heureusement temps de se rattraper car la fête n'est pas tout à fait finie, avec la venue de Crocodiles. Issue de la scène de San Diego, cette formation relativement jeune (trois ans d'existence) croise le fer en fusion des mythiques Jesus & Mary Chain et d'un psychédélisme bien de chez eux. Ce qui a pour résultat de faire ressembler sa musique à une sorte de mouton noir qui verrait des éléphants roses. Plus garage que les Black Angels, plus sombre que Brian Jonestown Massacre, la morsure de

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