Alléchants de mars

Stéphane Duchêne | Mardi 25 mars 2014

Festival de chanson française, Les Chants de Mars est à l'image de cette dernière. On y trouve, pour qui a un rapport légèrement problématique à la chanson française, à boire et à manger. De la variété benête à la Renan Luce à la grande Françoiz Breut ou Barcella, sorte d'Henri Dès pour adultes qui n'a pas son pareil pour vous forer une mélodie dans le crâne. Des talents installés, comme les french countrymen de La Maison Tellier, mais surtout une invraisemblable armada lyonnaise (et environnante) qui permet de se rendre compte de la richesse quantitative et qualitative de la chanson locale d'expression française.
 

Le tremplin "Et en plus elles chantent", bien sûr, qui chaque année révèle sa chanteuse d'avenir (ou pas), mais aussi cette année les inévitables Max Lavegie (homme lige de Carmen Maria Vega et figure de Gourmets Recordingz), Reno Bistan, Balmino, Pan (from Grenoble) et comme une cerise sur ce drôle de gâteau, notre chouchou Daisy Lambert, qui ne manque pas de dénoter positivement – mais où diable Daisy ne dénote-t-il pas ?
 

Tout ce petit monde va se partager celui des salles lyonnaises (Salle des Rancy, Salle Léo Ferré, Epicerie Moderne, Kao, Marché Gare, Transbordeur...) du 26 mars au 4 avril.
 

Stéphane Duchêne


Daisy Lambert + Max Lavégie

Pop
Salle Léo Ferré 5 place Saint-Jean Lyon 5e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


La Maison Tellier + Pan

Blues country chanson
Épicerie Moderne Place René Lescot Feyzin
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Tremplin "Et en plus elles chantent"

Finale
Maison pour tous - Salle des Rancy 249 rue Vendôme Lyon 3e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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“La Conspiration des belettes“ de Juan José Campanella

Comédie | Dans une grande demeure à l’écart de la capitale argentine vit un ménage à quatre de vieilles gloires du cinéma qui s’insupportent mutuellement : un réalisateur, (...)

Vincent Raymond | Jeudi 15 juillet 2021

“La Conspiration des belettes“ de Juan José Campanella

Dans une grande demeure à l’écart de la capitale argentine vit un ménage à quatre de vieilles gloires du cinéma qui s’insupportent mutuellement : un réalisateur, un scénariste, un comédien paraplégique ainsi que son épouse, actrice à la mémoire défaillante. Leur haine routinière est perturbée par l’irruption d’admirateurs : des agents immobiliers désireux de faire main basse sur leur bâtisse. Mais on ne s’attaque pas si aisément à des experts en construction dramatique… Jadis lauréat d’un Oscar pour un thriller politico-sentimental — Dans ses yeux — et vieux routier des plateaux étasuniens où il a tourné bon nombre de séries, Juan José Campanella concocte ici un délice de manipulation auto-réflexive et métafilmique jouant autant avec les règles du genre policier qu’avec le public. En découle une comédie noire sardonique très Sunset Boulevard sur les vieilles peaux encapsulées dans leur passé, une réflexion mélancolique sur l’éphémère de la séduction (et à ses faux-semblant troubles), ainsi qu’un éloge vachard et jouissif du pouvoir absolu de la création artistique,

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L’art vivant brille aux Nuits

Nuits de Fourvière | Hormis un spectacle d’ouverture sans grand suspens ("Message in a Bottle"), la programmation arts vivants de cette édition des Nuits de Fourvière s’annonce de très haut vol avec notamment la crème de l’émergence en théâtre et deux pépites absolues dans le domaine du cirque.

Nadja Pobel | Mardi 10 mars 2020

L’art vivant brille aux Nuits

Passons vite sur ce Message in a bottle, tout juste créé à Londres et dont les seules dates françaises auront lieu à Lyon. La chorégraphe Kate Prince n’aurait-elle pas pu s’atteler à un répertoire moins attendu pour déployer son travail de danse-théâtre ? Elle devrait en tout cas mêler les tubes du chanteur Sting à une danse très physique et hip hop comme elle le fait dans sa compagnie du Zoo Nation depuis presque vingt ans. Passée cette ouverture, le grand théâtre des Nuits sera le terrain de spectacles très attendus et plein de promesses comme le Room with a view (20 et 21 juillet) où la jeune et engagée compagnie (La) Horde et le ballet de Marseille qu’elle dirige depuis peu s’allie à Rone. Le musicien électro les a invités à dialoguer avec lui sur la notion d’effondrement dans une vraie-fausse carrière blanche où 18 danseurs tentent de résister à la délinquance. Au vu du talent des uns et des autres, le résultat créé en ce début mars au Châtelet à Paris est attendu avec impatience. Toujours dans cet écrin de pierres ancestrales, le Cirque acrobatique de Tanger présente

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La première expo commune du Musée des Beaux-Arts et du MAC

Art Contemporain | Le Musée des Beaux-Arts et le Musée d'Art Contemporain nous invitent à une expérience artistique tout en sensations et en perceptions. Une exposition particulièrement réussie.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 3 septembre 2019

La première expo commune du Musée des Beaux-Arts et du MAC

Première initiative du Pôle des Musées d’Art de Lyon, l’exposition Penser en formes et en couleurs emprunte son titre à un aphorisme de Georges Braque. L’expression ne manque pas de sel philosophique (formes et couleurs relèvent-elles seulement de la perception, ou sont-elles une forme de pensée à part entière ?), et l’accrochage ne tente pas d’y répondre théoriquement, mais propose une expérience, intense, en entremêlant des œuvres des collections du Musée des Beaux-arts et des collections du Musée d’Art Contemporain. Les trois commissaires d’exposition ont fait éclater tous les repères chronologiques et proposent un parcours qui avance à coups de thématiques matérielles : couleurs isolées, couleurs-vibrations, couleurs-paysages, différents états du gris… On découvre dans une dizaine de salles les métamorphoses les plus osées et les variations les plus extrêmes des matériaux plastiques les plus simples. Images cochonnes L’un des temps forts de l’exposition est aussi l’un de ses temps les plus violents : celui de la salle consacrée au lien couleur-sang. Les nombreuses Croûtes (1989-1991) de

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La Maison Tellier : Anciens et modernes

French Folk | Fer de lance de la scène folk-rock francophone, La Maison Tellier continue, comme sur leur récent Primitifs modernes à exprimer en français un langage musical résolument américain. Et surtout à aller de l'avant l'œil rivé sur le rétroviseur. Double dialectique diablement efficace.

Stéphane Duchêne | Mardi 23 avril 2019

La Maison Tellier : Anciens et modernes

Dans un article daté du 13 avril, la rubrique musique de Libération se livrait à une recension de ces jeunes musiciens français qui ont choisi de ne pas choisir entre un amour certain de l'Americana folk et un certain amour de la langue française (et inversement). Étaient cités le Townes Van Zandt de l'Yonne, Baptiste W. Hamon, qui vient de frapper très fort et très doux avec son récent Soleil, soleil bleu, les Lyonnaises Pomme et Auren, le Valentinois Gaël Faure et les Isérois Facteurs Chevaux (ce qui, on l'aura noté, fait beaucoup d'Iséro-rhôda-drômois, à croire que la spécialité est locale). N'était une histoire de génération, le quotidien aurait pu tout aussi bien citer La Maison Tellier qui depuis une quinzaine d'années s'est fait une spécialité (quasi exclusive et de plus en plus forte) de marier l'idiome français avec une langue musicale plongeant ses racines dans l'Americana, de mêler des thématiques contemporain

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Brassée façon bulgare : "Je vois rouge"

Documentaire | De et avec Bojina Panayotova (Fr, 1h23)

Vincent Raymond | Mardi 23 avril 2019

Brassée façon bulgare :

Son père sculpteur et sa mère professeure ayant émigré de Bulgarie dans les années 1970, Bojina Panayotova a grandi en France. La récente ouverture des archives de son pays d’origine la pousse à partir enquêter sur sa famille, contre l’avis de celle-ci. Elle y découvrira d’inattendues collusions avec le régime communiste… Documentaire en voix-je comme son titre l’indique, ce film-enquête inscrit un récit familial dans la grande Histoire avec un mixte d’ingénuité et d’exhibitionnisme : Bojina Panayotova semble indifférente aux remarques embarrassées de ses proches lorsqu’elle leur annonce vouloir fouiller ce passé, pas plus qu’elle ne prend la peine de les prévenir qu’elle les filme ou enregistre leurs conversations à leur insu — à sa décharge, ce comportement à la hussarde ne traduit pas une intention malveillante de sa part ; il est en revanche assez emblématique des Millennials autocentrés. En découlent des crispations et des crises entre la fille et ses parents, faisant apparaître un psycho-drame extime comme second motif dans le documentaire, aux enjeux dramatiques si puissants — le tournage dev

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Les festivals se dévoilent

Rentrée Festivals | Pour les festivals comme pour la météo, il n'y a plus de saison : zoom sur les noms d'ores et déjà dévoilés de Nuits sonores et Nuits de Fourvière, et sur la programmation de Transfer et des Chants de Mars.

La rédaction | Mardi 8 janvier 2019

Les festivals se dévoilent

Transfer Pour sa troisième édition, qui s'étale sur trois soirs entre Transbordeur et Épicerie Moderne, le festival Transfer « de musiques indépendantes et intrépides » va en faire voir de toutes les couleurs aux indie fans. Celles du psychédélisme d'abord à travers ses deux principales têtes d'affiche que seront Jacco Gardner, qui vient présenter Somnium, son troisième album entièrement instrumental, et les très perchés Temples. Mais aussi Toy et dans une certaine mesure les Norvégiens azimutés de Pom Poko. Ajoutez à cela, entre autres, la cold wave classieuse de Lebanon Hanover, la pop ombrageuse et élégiaque de Marble Arch, le trio de Leeds Drahla, les Bristoliens de Lice protégés du label d'Idles, le noise expérimental des Américains de Health, et, plus proche de nous, le garage punk de Johnny Mafia, l'indie rock des Valentinois d'Off Models, et la folk vaporeuse du lyonnais Raoul Vignal et vous obtenez les ingrédients d'un festival qui s'annonce en effet intrépide. Au Transbordeur et à l'Épicerie Moderne les 8, 9 et 10 mars

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Kino-Panorama

ECRANS | Après son lancement la semaine dernière, le Kino-Panorama poursuit sa carte blanche au court-métrage documentaire polonais, deux soirées durant. La (...)

Vincent Raymond | Mardi 2 octobre 2018

Kino-Panorama

Après son lancement la semaine dernière, le Kino-Panorama poursuit sa carte blanche au court-métrage documentaire polonais, deux soirées durant. La première le mardi 9 octobre à 18h au Bellecombe se focalisera sur programmation “Loin de Łódź“ — et donc de sa fameuse école de cinéma — avec L’Hôpital de Kieślowski et deux œuvres de jeunes réalisateurs (Giovanni Pierangelli pour Les Jours qui passent et Aniel Gabryel pour Lorsque ce vent cessera de souffler). Quant à la seconde, elle se tiendra en un haut lieu du cinéma bref, au Zola, autour de la thématique “Objectif : Mars“. Cinq films y seront projetés dont un très joyeux film de Marek Piwowski & Feridun Erol sur la conviviale visite de Kirk Douglas aux étudiants de Łódź en 1966 ou On va casser l’ambiance du (déjà) sulfureux Roman Polanski. Entrez dans la Gdańsk ! Kino-Panorama Au Cinéma Bellecombe et au Zola

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Jafar Panahi, éblouissant Prix du scénario à Cannes : "Trois visages"

Le Film de la Semaine | Passé expert dans l’art de la prétérition et de la mise en abyme, le cinéaste Jafar Panahi brave l’interdiction qui lui est faite de réaliser des films en signant une œuvre tout entière marquée par la question de l’empêchement. Éblouissant Prix du scénario à Cannes.

Vincent Raymond | Mardi 5 juin 2018

Jafar Panahi, éblouissant Prix du scénario à Cannes :

Dans une vidéo filmée au portable, Marziyeh, une jeune villageoise se montre en train de se pendre parce que la comédienne Behnaz Jafari n’a pas répondu à ses appels à l’aide. Troublée, Behnaz se rend sur place accompagnée par le réalisateur Jafar Panahi. Mais Marziyeh a disparu… Avoir été mis à l’index par le régime iranien en 2010 semble avoir stimulé Jafar Panahi : malgré les brimades, condamnations et interdictions diverses d’exercer son métier comme de quitter son pays, le cinéaste n’a cessé de tourner des œuvres portées par un subtil esprit de résistance, où se ressent imperceptiblement la férule des autorités (le confinement proche de la réclusion pénitentiaire dans Taxi Téhéran ou Pardé), où s’expriment à mi-mots ses ukases et ses sentences — c’est encore ici le cas, lorsqu’un villageois candide demande benoîtement pourquoi Panahi ne peut pas aller à l’étranger. Auto-fiction Le cinéaste Panahi joue ici son propre rôle, tout en servant dans cette fiction de chauffeur et de témoin-confident à s

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Une ville mise aux placards : "3 Billboards, Les Panneaux de la vengeance"

Le film de la semaine | Marqué par un enthousiasmant trio d’interprètes (Frances McDormand/Woody Harrelson/Sam Rockwell) et une narration exemplaire, ce revenge movie décalé nous fait tomber avec délices dans le panneau. Le Midwest, le vrai…

Vincent Raymond | Mercredi 17 janvier 2018

Une ville mise aux placards :

Excédée par l’inertie de la police dans l’enquête sur le meurtre de sa fille, l’opiniâtre Mildred le fait savoir sur trois pancartes géantes jusqu’alors à l’abandon au bord d’une route peu fréquentée. Les conséquences indirectes de cette initiative dépasseront tout ce qu’elle aurait pu imaginer… La présence en tête de gondole de Frances McDormand biaise sans doute l’appréciation. N’empêche : Joel & Ethan Coen auraient pu signer 3 Billboards… Son scénariste et réalisateur, Martin McDonagh, qui s’était déjà illustré avec Bons baisers de Bruges (2008) — polar sérieusement déviant en dépit de son titre français bien naze — fond en effet avec une maestria comparable chronique sociale et sarcasme décapant dans une matrice de film noir. Certes, la géographie les sépare (McDonagh opte pour le Missouri quand les Coen balancent entre la froidure du Minnesota et le torride du Texas), mais le creuset humain est le même : une population globalement rurale riche en stéréotypes conservateurs ; un vase clos éloigné de l’administration fédérale conspuée à l’envi.

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Les sorties ciné de 2018

Panorama Cinema | Janvier annonce la seconde rentrée cinéma de l’année. Avec son lot de promesses, d’incertitudes et, surtout — on l’espère — d’inconnues. Voyez plutôt…

Vincent Raymond | Mardi 9 janvier 2018

Les sorties ciné de 2018

Ce que l’on sait… Préparez-vous à quatre uppercuts d’entrée. D’abord, 3 Billboards, les Panneaux de la vengeance de Martin McDonagh (17 janvier), un brillant western contemporain aux faux-airs de frères Coen qui ne cesse d’épater par ses rebondissements déroutants, ses personnages peaufinés et sa réalisation impeccable. Trois lauréats de la Mostra se succèderont ensuite sur les écrans : L’Insulte du Libanais Ziad Doueiri (31 janvier), ou comment une querelle de voisinage se transforme en affaire d’État (et vaut un prix d’interprétation masculine à Venise) ; Jusqu’à la garde de Xavier Legrand (7 février), glaçant drame de l’après séparation qui sourd d’une tension permanente et le poétique Lion d’or vintage de Guillermo del Toro, La Forme de l’eau (21 février), conte façon Belle et la Bête revisitant la Guerre froide et les fifties. Ce que l’on attend… Le Janus Spielberg, qui n’avait rien livré depuis d

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Olivier Martin-Salvan, l'itinérant

Portrait | Chanteur, acteur et parfois même danseur, Olivier Martin-Salvan est avant tout un exceptionnel passeur de théâtre, capable de redonner du sens aux termes pantagruélique et ubuesque. Rencontre, à quelques jours de sa venue dans le Beaujolais, loin des ors dorés des salles de spectacles.

Nadja Pobel | Mardi 9 mai 2017

Olivier Martin-Salvan, l'itinérant

« Boucler la boucle. » Olivier Martin-Salvan aime bien cette expression qui, s'il n'était pas si jeune (35 ans cette année), pourrait passer pour une satisfaction de fin de carrière, du vieux sage qui se retourne sur son parcours avec une once de fierté. Mais non : cette locution, répétée par ce comédien, a plutôt à voir avec sa fidélité ; aux gens avec qui il travaille, mais surtout à lui-même. Une fidélité à l'éclectisme et plus encore à la découverte, au bousculement. Né dans l'Yonne, il découvre le théâtre dans une kermesse d'école à Avalon, et même s'il croise plus tard des metteurs en scène aussi importants que peu enclins à la déconne (Valère Novarina, Benjamin Lazar), Martin-Salvan conserve une approche ludique des spectacles auxquels il participe. Le voilà qui part faire des stages d'été dès ses 11 ans, avec la compagnie de l'Arc-en-Ciel implantée juste à côté de Lyon, à Chasselay, au château de Machy. À cette troupe tournée vers la religion (ses créations chaque mois de juin dans le cadre de leur festival en témoignent), Olivier Martin-Salvan dit beaucoup devoir : « il y a une vrai utopie chez

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Insomniaque

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 28 février 2017

Insomniaque

03>03>17 LA MARQUISE DJ CAM Tiens, voici un nom sorti des limbes du passé : le maître de l'abstract hip-hop à la française au fil des années 90, capable d'envolées au groove spirituel nourri de jazz et de beats façon DJ Premier, tente un come-back dans nos contrées muni d'un nouveau best-of. Désormais installé à Miami (son opus de 2015 se nommait Miami Vice et il a composé pour la série Les Experts), il n'a sans doute rien perdu de sa vista aux platines : à vérifier. Revenant. 03>03>17 NINKASI MICROPOINT Les stars du hardcore comme celles de la techno n'en finissent plus de tourner sans relâche, et le passage au Ninkasi de l'une des figures de la musique extrême comme Micropoint l'illustre : le duo aujourd'hui séparé réunissant Al Core et Radium (mais Radium est aussi en solo sur le line-up de cette soirée) était de la première Techno Parade en 1998 et a tatoué toute l'histoire du genre dans l'Hexagone, depuis ses débuts en 1992. Violent. 04>03>17 LE SUCRE PANTHA DU PRINCE Clairement l'un de nos petits favoris, ce Pantha du Prince :

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Thierry Renard, le laboureur de poèmes

Portrait | Poète, organisateur de festival, infatigable transmetteur des mots, Thierry Renard est aussi attachant qu'il est attaché à sa ville de Vénissieux. Litote.

Nadja Pobel | Mardi 20 septembre 2016

Thierry Renard, le laboureur de poèmes

À quoi ça ressemble une conviction ? Et la fidélité dis, ça veut dire quoi dans ce XXIe siècle bordelisé au dernier degré ? Sans s'aventurer sur les chemins tortueux, forcément alinéaires de la vie privée, Thierry Renard est une incarnation de ces deux questions préliminaires. Oui, il est possible d'avoir des idéaux sociétaux, de ne pas les laisser sur le bord de la route et même d'y trouver une sorte d'équilibre à la fois précaire et solide comme un roc. À 53 ans, ce jeune homme trois fois père, une fois grand-père, est toujours arrimé à Vénissieux et aux mots. Né dans le 8e (« parce que la maternité était là »), élevé aux Minguettes par les grands-parents maternels jusqu'au collège, puis par ses parents ; une mère, employée chez Brossette à Gerland et un père salarié de Rhône-Poulenc à Saint-Fons. De son père, « militant syndical et politique à la CGT et au PC, qui aimait les récits historiques sur la Révolution, la Commune... et San Antonio », il reçoit des livres. C'est en cela qu'il estime avoir été un gosse « privilégié » du quartier. Le fils unique trouve en sa tribu de cousins et cousines des frères comme

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Françoiz Breut dans l'espace

Pop | Avec un album léger comme l'air, baptisé Zoo, Françoiz Breut livre un nouveau chapitre d'une cartographie des sentiments en forme de contes de fées valant tickets pour l'infini étoilé.

Stéphane Duchêne | Mardi 24 mai 2016

Françoiz Breut dans l'espace

Les amateurs de cette Miss courant d'air, passant comme le Brr de son nom dans nos oreilles depuis plus de 20 ans, ne le savent que trop bien : la discographie de Françoiz Breut est pour une large part une cartographie spatio-temporelle étalée sur 20 à 30 000 jours. Françoiz aime les lieux, les villes (Portsmouth, Tarifa, Bruxelles...), y compris les villes allongées sur le dos, les terrains plus ou moins vagues, les ravins et les routes, peut-être parce qu'elle aime avoir La vie devant soi autant que derrière et par dessus tout avoir Le don d'ubiquité. C'est parce que d'une certaine façon et d'une façon certaine, la jeune femme est toujours dans La Conquête, titre du morceau qui ouvre son dernier album, Zoo, au texte sibyllin et cosmique, l'amour « qui brille comme une étoile énigmatique où la lumière ne s'éteint jamais ». Conquête spatiale car pour emballer cet univers d'où bruine la poussière d'étoiles, il y a la production de l'astronome de Porstishead, Adrian Utley, oscillant entre trip-hop vaporeux, doux dub aux résonances western (Loon-plage) et atmosphères à la Danny Elfma

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Les 10 concerts à voir en mai

Sélection | Harold Martinez Alors que l'on vient d'apprendre la venue à l'automne du Wovenhand de David Eugene Edwards, on pourra patienter durant ce mois de mai (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 4 mai 2016

Les 10 concerts à voir en mai

Harold Martinez Alors que l'on vient d'apprendre la venue à l'automne du Wovenhand de David Eugene Edwards, on pourra patienter durant ce mois de mai avec son plus proche cousin, pour ne pas dire frère en blues et visqueux. Visqueux au bon sens du terme car cette musique plus habitée qu'une masure aux mille fantômes se nourrit aussi à des milliers de kilomètres de distance (Harold Martinez vient de Nîmes) du même vibrato indécrottable de maître vaudou que celui de Mr Edwards. Une fois qu'elle vous a piqué, vous voilà zombifié. Au Kraspek Myzik le jeudi 12 mai Me First and the Gimme Gimme Gimmes Il y a des super-groupes, des groupes à concepts, des cover band, eh bien Me First and the Gimme Gimme Gimmes est les trois à la fois, poussant les trois bouchons dans leurs plus improbables extrémités. Qu'on s'accroche, ce punk band (formé de membres de Lagwagon, No Use for a Name ou NOFX) a sorti des albums des reprises thématiques (les comédies musicales, le r'n'b, les divas), enregistré un liv

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Aux yeux de tous

ECRANS | de Billy Ray (É-U, 1h51) avec Julia Roberts, Chiwetel Ejiofor, Nicole Kidman…

Vincent Raymond | Mardi 22 mars 2016

Aux yeux de tous

Hollywood, usine à remakes… En signant celui de El secreto de sus ojos (2009), Billy Ray n’a cependant pas la main trop malheureuse. Car si Juan José Campanella intégrait son film dans un contexte politique rarement exploré (les prémices de la dictature argentine), son thriller manquait de substance, de rythme. Quitte à choir dans la caricature, Aux yeux de tous peut essuyer des reproches opposés : l’efficacité prime sur l’ancrage historique — la période consécutive à l’attentat contre le World Trade Center. On perd en originalité ce que l’on gagne en sensations pures — mais l’on conserve une très correcte séquence dans un stade ! Aux yeux de tous permet également d’opérer un constat : en plaçant côte à côte Julia Roberts et Nicole Kidman, on voit très clairement laquelle des deux ne mise pas tout sur son apparence et livre une réelle composition. VR

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Elysian Fields et Françoiz Breut

MUSIQUES | Fascinante théorie des degrés de séparation mise en application par l'Épicerie Moderne. Françoiz Breut collabora en son temps avec Calexico (à Feyzin en avril). (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 2 mars 2016

Elysian Fields et Françoiz Breut

Fascinante théorie des degrés de séparation mise en application par l'Épicerie Moderne. Françoiz Breut collabora en son temps avec Calexico (à Feyzin en avril). Lesquels collaborèrent avec Jean-Louis Murat sur son fameux Mustango où l'on retrouvait également (de même que sur l'album Bird on a Poire) Elysian Fields. Ce sont bien la première et ces derniers qui feront scène commune le 25 mai, une scène déjà foulée par chacun d'eux, pour présenter respectivement leurs 6e et 10e albums.

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Parole Ambulante en reprend pour vingt ans

CONNAITRE | 30 ans d'espace Pandora, 20 ans de Parole ambulante. C’est peu dire que 2015 est l’année de toutes les maturités pour Thierry Renard, qui (...)

Nadja Pobel | Mardi 3 novembre 2015

Parole Ambulante en reprend pour vingt ans

30 ans d'espace Pandora, 20 ans de Parole ambulante. C’est peu dire que 2015 est l’année de toutes les maturités pour Thierry Renard, qui dirige les deux depuis sa terre d’ancrage, Vénissieux, avec un même credo : mettre la poésie au cœur de la cité. Cet acte tout autant politique qu’artistique a pris racine grâce à des auteurs rencontrés au fil des décennies et qui seront de la fête. À commencer par le fidèle d’entre les fidèles, Charles Juliet, qui a fait confiance à Thierry Renard alors que ce dernier n’avait que 15 ans, voyant déjà en lui, depuis les Minguettes, une façon singulière d’être au monde. Il sera présent à l’amphi de l’Opéra mercredi 4 novembre pour une lecture croisée avec l’Argentine Silvia Baron Supervielle. Samedi 7, il retrouvera un autre habitué de cette manifestation, Jean-Pierre Siméon, écrivain et traducteur, notamment de la version de Philoctète mise en scène récemment au TNP avec Laurent Terzieff dans ce qui fut son dernier rôle. Ce soir-là, pas moins de 30 auteurs seront présents pour une grande soirée anniversaire a

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Le label PAN en sons et images

MUSIQUES | Bâtissant depuis sept ans de vertigineuses passerelles entre la musique de club et l'expérimentation, le label allemand PAN crée l'actualité à double titre : avec un focus sur sa non moins remarquable identité visuelle à la MLIS et un mix au Sonic de son fondateur, Bill Kouligas.

Benjamin Mialot | Mardi 6 octobre 2015

Le label PAN en sons et images

En sa qualité de mastermind visuel de Factory Records, le label anglais d'où déferla la new wave au tournant des années 80, Peter Saville fut celui qui éleva le design discographique au rang d'art – le négatif de la radiographie d'un pulsar du Unknown Pleasures de Joy Division, le chérubin psychédélique du Technique de New Order, le treillage orange and teal avant l'heure de l'album éponyme de Orchestral Manoeuvres in the Dark, tout ça, c'est lui. Il fut aussi celui qui se piqua d'en déclarer la chute en désuétude dans les colonnes du Guardian : «Record sleeves are a dead art.» C'était en 2013, mais ce qu'ignorait Saville, c'est que depuis cinq ans, un jeune graphiste grec perpétuait son approche, mélange d'interprétation personnelle, de fouille documentaire et de recherche linéaire : Bill Kouligas qui, depuis Berlin, explore à la tête du label PAN les confins historiques et sensoriels des musiques électroniques et expérimentales et couche ses découvertes sur des pochettes – pour les plus fameuses à mi-chemin du spirographe avant-gardiste

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"Pan-Pot", c’est de la balle !

SCENES | Une pianiste, trois jongleurs et des balles blanches en grand nombre : une équation de départ on ne peut plus simple et un brin éculée pour un spectacle (...)

Aurélien Martinez | Mardi 13 octobre 2015

Une pianiste, trois jongleurs et des balles blanches en grand nombre : une équation de départ on ne peut plus simple et un brin éculée pour un spectacle contemporain. Sauf que Le Petit Travers (collectif lyonnais d’auteurs, jongleurs, danseurs, musiciens et comédiens venus d’horizons divers) transcende ce postulat initial, y adjoignant de la poésie et du burlesque, pour un résultat inattendu et surprenant où le plaisir des sens est roi et l’imaginaire fait office de foi. Dans une scénographie épurée savamment étudiée (très belle création lumière), Nicolas Mathis, Julien Clément et Denis Fargeton, tout de noir vêtus, donnent à ce point vie à leurs balles qu'elles deviennent les véritables interprètes du spectacle : elles dansent les unes avec les autres, glissant contre un corps, s’entrechoquant ici et là, bondissant sauvagement, chutant soudainement, s’évaporant en un clin d’œil. Une chorégraphie de l’aléatoire en somme, même si l’ensemble apparaît solidement maîtrisé. Et c’est bien ce qui séduit dans ce Pan-pot ou modérément chantant créé en 2009 : cette constructi

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La rentrée musique côté chanson et french pop

MUSIQUES | Ah, la France et sa diversité. Elle sera belle cette année, entre piliers indéboulonnables, y compris de nos salles lyonnaises, comebacks attendus, jeunes gens modernes (indé ou pas) pétris de talents et éternels relous. Rien que de très classique dans un paysage toujours très ouvert. Pour ne pas dire trop.

Stéphane Duchêne | Mardi 22 septembre 2015

La rentrée musique côté chanson et french pop

Si la rentrée musicale "française" est surtout affaire de reformation (voir page 4), la programmation saisonnière est aussi le théâtre du retour perpétuel de figures qui, elles, ne se sont jamais séparées. Et pour cause : elles sont seules. Un exemple ? Stephan Eicher ? Visiblement pas tant que ça, en tout cas il doit rapporter puisqu'on le reverra du côté du Radiant (7 octobre), mais cette fois-ci pour rejouer ses tubes à grands renforts étranges de carillons, de tuyaux d'orgues et de bobines Tesla. Changement de formule également pour Jean-Louis Murat (au Théâtre de Villefranche le 12 octobre) qui poursuit sa tournée Babel sans le Delano Orchestra. Cela ne devrait pas décourager ses fans, qui sont hardcore ou ne sont pas. Un peu comme ceux de Corbier qui, lui, fait des infidélités à A Thou Bout d'Chant pour se payer un Transbo (le 10 octobre). Cap sur Belin Tout cela ne rajeunissant personne, penchons nous sur la génération montante qui se taillera la part du Lyon, entre

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Dheepan

ECRANS | Jacques Audiard a décroché une Palme d’or avec un très bon film qui n’en avait pourtant pas le profil, même si cette histoire de guerrier tamoul cherchant à construire une famille en France et se retrouvant face à ses vieux démons est plus complexe que son pitch ne le laisse croire. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Samedi 18 juillet 2015

Dheepan

Prenons une métaphore footballistique : si Un prophète était dans la carrière de Jacques Audiard un tir cadré et De Rouille et d’os un centre décisif, Dheepan fait figure de passe en retrait… Ce qui ne veut pas dire qu’elle ne conduira pas à un but, et c’est bien ce qui est arrivé à Cannes, puisqu’il est reparti avec une Palme d’or qui a surpris tout le monde. Mais c’est peut-être le propre des grands films que d’apparaître sous un jour fragile tout en laissant la sensation d’assister à quelque chose de fort qui nous accompagnera longtemps après. Dheepan s’ouvre sur la préparation d’un bûcher où l’on va brûler des cadavres. Nous sommes au Sri Lanka et la guerre civile se termine, soldant la défaite des Tigres tamouls. Parmi eux, Dheepan observe les dépouilles de ses compagnons avec résignation ; la guerre est derrière lui, mais que lui réserve l’avenir ? C’est une femme, Yalini, qui lui offre une porte de sortie : elle traverse le camp de réfugiés à la reche

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Daisy Lambert, plus haut, plus pop

MUSIQUES | Daisy's back. Le dandy christophien et charismatique, qu'on avait laissé homme à femmes au prénom de fille avec son album Chic Type, reviendra à la rentrée avec (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 23 juin 2015

Daisy Lambert, plus haut, plus pop

Daisy's back. Le dandy christophien et charismatique, qu'on avait laissé homme à femmes au prénom de fille avec son album Chic Type, reviendra à la rentrée avec un disque tout neuf qui commençait à se faire désirer et dont il vient présenter "aux amis" quelques morceaux au Toï Toï. Ce sera le disque d'un homme et donc d'un artiste changé : volontairement moins séducteur – «no need» nous dit-il laconiquement, pour cause de situation amoureuse plus que comblée. Un disque qui «regarde vers le haut», plus haut, higher donc comme le prouve un morceau à propos duquel il faut maintenir l'effet de surprise. Mais aussi De l'autre côté – single en puissance, à notre avis – d'«un ego dissout dans l'amour». Et de fait, pour ce disque, Daisy Lambert a pris le parti de s'entourer davantage. De sa femme qui participe amoureusement aux c(h)oeurs, de son ami Charles Baptiste, autre phénomène arpentant le même univers chanson-pop barré mais délicat où la distinction bon goût/kitscherie n'est qu'une vue de

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Brecht Evens, un dessinateur haut en couleur

CONNAITRE | C'est l'un des premiers quiproquos des Aventures de Rabbi Jacob : fraîchement déguisé en rabbin, Victor Pivert travaille son accent en énumérant des types (...)

Benjamin Mialot | Mardi 2 juin 2015

Brecht Evens, un dessinateur haut en couleur

C'est l'un des premiers quiproquos des Aventures de Rabbi Jacob : fraîchement déguisé en rabbin, Victor Pivert travaille son accent en énumérant des types de fourrure et bute sur la "panthère", qu'il confond avec la "peinture". Pas de méprise possible avec le dessinateur belge Brecht Evens. Panthère, c'est le titre de son troisième album, une fable impitoyable sur la perte des illusions enfantines – dans le secret de sa chambre, une petite fille s'entretient avec un princier félin aux intentions moins féeriques qu'il n'y paraît. La peinture, c'est la technique de prédilection de ce surdoué des couleurs, qu'il fait éclater en de foisonnantes saynètes où se devine l'influence conjointe des abstractions kaléidoscopiques de Robert Delaunay et des figurations du dimanche du Douanier Rousseau. On pourrait aussi citer Chagall, Matisse ou Bruegel, entre autres maîtres de la vignette chatoyante qui peuplent les programmes des formations en beaux-arts. A peine diplômé de la sienne, Evens a raflé un Prix de l'audace à Angoulême avec Les Noceurs, ou le récit, tout aussi sibyllin que ce Calvin & Hobbes psychédéliq

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Cannes 2015, jours 10 et 11. La dernière ligne droite…

ECRANS | "Valley of Love" de Guillaume Nicloux. "Chronic" de Michel Franco. "Macbeth" de Justin Kurzel. "Notre petite sœur" d’Hirokazu Kore-eda. "Marguerite et Julien" de Valérie Donzelli. Le Palmarès du festival.

Christophe Chabert | Mardi 26 mai 2015

Cannes 2015, jours 10 et 11. La dernière ligne droite…

Encore une poignée de films arrachés à l’épuisement de fin de festival. Une journée pour souffler après le Palmarès. Et nous voilà de retour derrière notre clavier pour commenter tout ça, depuis nos calmes pénates et sous un ciel grisâtre, loin des coups de soleil et du stress cannois. Nicloux : Depardieu et Huppert, perdus dans l’espace La fin de la compétition — et les deux films rattrapés in extremis avant de rentrer — auront achevé de faire pencher la balance longtemps indécise du jugement global porté sur sa qualité : c’était quand même très moyen. On y reviendra à la fin de ce billet, mais il faut remonter à loin pour trouver autant de déceptions, sinon de films franchement mauvais, dans ce qui est censé être le top du festival. Et s’il y eût aussi quelques grands moments, c’est bien l’écart entre les deux extrêmes qui pose question. Mais bon, ne spoilons pas, on développera plus tard. Ainsi du Valley of Love de Guillaume Nicloux qui, sans être le «navet» proclamé par certains, nous a quand même sérieusement laissé sur notre faim. Il faut dire que Nicloux est un drôle de cinéaste, que l’on a d’abor

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Cannes 2015, jours 8 et 9. Love, love, love

ECRANS | "Youth" de Paolo Sorrentino. "The Assassin" de Hou Hsiao-Hsien. "Mountains May Depart" de Jia Zhang-ke. "Dheepan" de Jacques Audiard. "Love" de Gaspar Noé.

Christophe Chabert | Dimanche 24 mai 2015

Cannes 2015, jours 8 et 9. Love, love, love

Dur dur quand même ce festival de Cannes. Comme d’habitude, nous objecte notre petite voix intérieure. Oui, enfin, un peu plus que ça, lui répond-on, agacé. C’est parce que tu as la mémoire courte, renchérit-elle. Non, les pieds en feu et les yeux cernés surtout, tentons-nous pour couper court au débat. Sur quoi on se dit que si l’on en est à écrire ce genre de conversations imaginaires, c’est qu’effectivement il y a comme une forme de surchauffe intérieure et qu’on n’est pas loin de crier, proximité de l’Italie oblige : «Aiuto !» Youth : la grande mocheté de Sorrentino À moins que cet appel à l’aide ne soit la conséquence de l’accueil délirant réservé au dernier Paolo Sorrentino, Youth, qu’on considère pourtant clairement comme une horreur, sinon une infamie. C’est à ne plus se comprendre soi-même, tant on était resté sur le souvenir, émerveillé, de sa Grande Bellezza il y a deux ans, où il portait son cinéma rutilant et excessif vers une forme d’absolu, sillonnant les rues romaines avec une caméra virtuose et élégiaque dans un h

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Taxi Téhéran

ECRANS | Même frappé par une interdiction d’exercer son métier, Jafar Panahi est parvenu à réaliser cet extraordinaire film hors-la-loi où, en conduisant un taxi dans les rues de Téhéran, il met en scène une fiction drôle et puissante, réflexion sur un monde où l’image est à la fois libre et contrôlée. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 7 avril 2015

Taxi Téhéran

Le pouvoir iranien l’a décidé : Jafar Panahi n’a plus le droit de filmer, et ce pendant vingt ans — soit une forme de perpétuité. Que peut faire un cinéaste privé de son outil de travail ? Devenir chauffeur de taxi, ce qui est une autre manière d’avoir accès à une réalité que ce même pouvoir cherche à travestir. Mais on ne se refait pas : Panahi a truffé l’habitacle de caméras qu’il manipule à vue, passant ainsi des passagers à la rue. Un dispositif qui, se dit-on au départ, est avant tout une sécurité : une voiture reste un espace privé impossible à surveiller et propice à une libération de la parole — ce qu’Abbas Kiarostami, autre grand cinéaste iranien, avait montré bien avant Panahi. La première séquence de Taxi Téhéran fait d’ailleurs penser à Ten : deux clients qui ne se connaissent pas montent dans le taxi et une dispute éclate entre l’homme, qui fustige les gens qui volent et souhaite leur condamnation à mort pour donner l’exemple, et une institutrice affichant ses idées progressistes. Panahi semble s’engager sur l’autoroute d’un film didactique où les messages qu’il adresse aux autorités de son pays seront livrés sans filtre.

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Écrans Mixtes se fait un Grec

ECRANS | Cinquième bougie pour Écrans Mixtes, le festival de films LGBT, et jolie édition 2015 avec comme invité d’honneur le cinéaste grec Panos H. Koutras et des films inédits aussi pertinents sur leurs sujets que surprenants dans leurs formes. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 3 mars 2015

Écrans Mixtes se fait un Grec

Queer, festif, décalé, militant : Écrans Mixtes, le festival LGBT fête ses cinq ans avec à son frontispice ses adjectifs-là ; en 2015, il paraît plus que jamais au cœur des questions contemporaines, et pas seulement celles directement liées à l’homosexualité. Ainsi, l’invitation faite au cinéaste grec Panos H. Koutras n’est pas le moindre des symboles — même si sa venue a été annoncée avant la victoire de Syriza aux dernières élections. Koutras a bâti en quatre films une œuvre qui balance entre réalisme et fantaisie, tradition et modernité : de ce faux film Z qu’était L’Attaque de la moussaka géante au road-movie Xenia, Odyssée d’aujourd’hui à travers une Grèce dévorée par la crise et la violence, le cinéaste se plaît à empoigner les mythes, les sujets et les genres pour les passer au prisme d’une modernité queer. Écrans mixtes propose l’intégrale de ses films — dont l’inédit Real Life, tourné en 2004 — et lui a laissé carte blanche. Il a donc choisi deux films : le classique Stella, femme libre de Michael Cacoyannis — auquel son propre Strella rendait hommage — qu’il présentera à

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Pas piqué des vers

ACTUS | L'Espace Pandora fête ses trente ans. Tandis que son équipe est occupée à organiser la 17e édition du Printemps des Poètes, retour avec Thierry Renard, son directeur, sur l'histoire de cette institution vénissiane de la poésie. Valentine Martin

Valentine Martin | Mardi 3 mars 2015

Pas piqué des vers

«Au départ, c'était une aventure d'amis, on ne savait pas du tout quel tournant ça allait prendre» commence le directeur de l'Espace Pandora. En ce temps-là, ils étaient quatre, jeunes, tous originaires de Vénissieux et unis autour d'une passion commune : la poésie. Et une envie aussi, celle de la partager par tous les moyens possibles. Trente ans plus tard, l'association existe toujours mais seul reste de la bande Thierry Renard. Pour celui qui en a pris la tête en 2002, «l'esprit et la volonté sont toujours les mêmes, sauf que l'équipe a rajeuni et s'est professionnalisée», là où elle n'était composée que de bénévoles au moment de sa création en 1985. Plus qu'ils n'ont choisi Vénissieux, c'est la ville qui les a choisis. Tous les quatre voulaient commencer là d'où ils venaient, persuadés de l'importance de leur mission au point de demander d'emblée à la mairie un financement et un local. «On était un peu inconscients quand même » rigole maintenant Thierry Renard, «mais bon, c'était l'époque où l'on parlait beaucoup des banlieues, où on essayait de les mettre en avant.»

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Berlinale 2015, jour 2. Un taxi en Iran, Kidman et Herzog dans le désert…

ECRANS | « Taxi » de Jafar Panahi. « 600 Miles » de Gabriel Ripstein. « Histoire de Judas » de Rabah Ameur-Zaïmeche. « Queen of the desert » de Werner Herzog.

Christophe Chabert | Samedi 7 février 2015

Berlinale 2015, jour 2. Un taxi en Iran, Kidman et Herzog dans le désert…

Les hostilités ont vraiment commencé aujourd’hui dans la compétition à la Berlinale avec la présentation de Taxi de Jafar Panahi. C’est, pour une multitude de raisons, un choc, mais un choc en douceur, à l’image de son réalisateur, dont le sourire et le visage empreint de bonté irradient l’image chaque fois qu’il en occupe le centre. Pour ceux qui n’auraient pas suivi, Panahi a été interdit d’exercer son métier de cinéaste par les autorités iraniennes suite à sa participation aux manifestations contre le régime. Et pourtant, il continue à faire des films dans la clandestinité, entre les murs de sa maison ou, comme ici, avec un courage remarquable, à l’air presque libre, dans les rues de Téhéran, faux taximan et vrai filmeur qui a truffé l’habitacle de caméras qu’il manipule à vue. Dans la première séquence, on assiste à la querelle entre un partisan de la peine de mort et une femme voilée, professeur dans une école, qui lui reproche sa sévérité et le soupçonne de défendre ses propres intérêts. À cet instant, le dispositif rappelle évidemment Ten de Kiarostami, dont il serait une version «pirate». Mais, dès que ces deux premiers passag

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Panique chez les jouets

ECRANS | De Joël Simon, Bruno Collet, Vincent Patar et Stéphane Aubier (Fr-Belg, 43 min) animation

Christophe Chabert | Mardi 25 novembre 2014

Panique chez les jouets

À l’approche de Noël, les programmes réunissant plusieurs courts pour enfants se multiplient. Mais Panique chez les jouets est clairement à part. S’adresse-t-il vraiment au jeune public ? Sans doute, mais il y a fort à parier que les adultes y prendront autant, voire plus, de plaisir. Notamment face à La Bûche de Noël, servi en dessert du programme, le nouveau délire de Patar et Aubier, créateurs des mythiques PicPic André, qui reprennent les personnages de leur long Panique au village pour trente minutes de conte de Noël parfumé à la bière belge. On y retrouve cette alliance démente entre minimalisme et littéralité — les trois personnages principaux, Cowboy, Indien et Cheval, sont des figurines de… cowboy, d’indien et de cheval — autorisant ensuite toutes les élucubrations — comme tenter de récupérer la dernière bûche du supermarché, achetée par le fermier Steven, grand numéro vocal d’un Poelvoorde braillard et hilarant, ou organiser une soirée techno avec la police et le garde-barrière. Depuis Panique au village, l’animation des personnages a gagné en souplesse, l’hystérie est moins systématique et le scénario, plutôt bien

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Régis (Loisel) est un bon

CONNAITRE | L'heroic fantasy n'a pas attendu l'adaptation pour le petit écran des boucheries consanguines de Game of Thrones pour accéder à la maturité. Pas même leur (...)

Benjamin Mialot | Mardi 11 novembre 2014

Régis (Loisel) est un bon

L'heroic fantasy n'a pas attendu l'adaptation pour le petit écran des boucheries consanguines de Game of Thrones pour accéder à la maturité. Pas même leur écriture : dès 1983, le scénariste Serge Le Tendre et le dessinateur Régis Loisel entreprirent ainsi d'arpenter les sentiers battus du genre pour mieux les désherber. La série qu'ils forgèrent en chemin s'intitule La Quête de l'oiseau du temps, on y suit le périple d'une coterie d'aventuriers charismatiques mais faillibles – là réside tout l'enjeu – à la recherche d'un puissant artefact, et elle demeure encore aujourd'hui l'alpha et l'omega du merveilleux médiéval à la franco-belge. Y compris sur le plan graphique, le trait d'artisan consciencieux de Loisel rivalisant d'expressivité avec ceux des grands noms de l'illustration de contes. Au point que c'est une variation sur le Peter Pan de Barrie – de 1990 à 2004, il imagine la genèse du personnage dans ce Londres misérable que magnifia Gustave Doré – qui l'imposera définitivement comme un maître. Comme tout dépositaire de ce titre, Loisel a ses disciples

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Des (é)Toiles plein les yeux

ECRANS | Le festival Lumière à peine terminé que démarre son cousin jeune public, Les Toiles des Gones. Pas de patrimoine ici — même si on trouve dans la programmation (...)

Christophe Chabert | Mardi 14 octobre 2014

Des (é)Toiles plein les yeux

Le festival Lumière à peine terminé que démarre son cousin jeune public, Les Toiles des Gones. Pas de patrimoine ici — même si on trouve dans la programmation de cette année un Disney vintage, Le Livre de la jungle — mais le même maillage de salles dans tout le Grand Lyon pour présenter jusqu’au 2 novembre le meilleur du cinéma jeune public récent. Soit 21 films s’adressant à tous les âges — certains sont destinés à des enfants à partir de 2 ans — assortis d’animations en tout genre — ateliers, goûters, concerts, quizz… Parmi les films déjà sortis, signalons le dernier Grand prix du festival du cinéma d’animation d’Annecy, Le Garçon et le monde, venu du Brésil et qui est déjà salué comme un futur classique du cinéma jeune public. Quant aux avant-premières, le programme est alléchant, à commencer par Panique chez les jouets, dernière sortie de chez Gebeka Films — le seul distributeur lyonnais en activité, rappelons-le — regroupant trois courts dont La Bûche de Noël signé par les Belges Patar et Aubier, géniaux créateurs de Pic Pic André et de Panique au village. À surveiller aussi, un film d’animation norvégien, De

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Le Start Festival, ce n'est que le début

MUSIQUES | A peine ses trois petits tours (de Lyon, de France et du monde) estivaux terminés, le Sucre embraye sur la deuxième édition du Start Festival. Et reçoit pour l'occasion une belle brochette de bâtisseurs et un sonneur de cloche de rentrée tout trouvé. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 2 septembre 2014

Le Start Festival, ce n'est que le début

Premier temps fort de la saison, mais aussi premier paradoxe : alors que sa pyramide des âges est d'une largeur à faire se retourner Khéops dans son sarcophage, Le Sucre commencera par nous entretenir d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Une époque, qui s'étire des 70's aux 90's, au fil de laquelle Lyon s'est imposée dans une curieuse indifférence comme une plaque tournante des musiques alternatives. Le festival la fera revivre au cours d'une conférence, la première d'une série consacrée à l'underground d'ici, fut-il de pierre (comme le Palais d'hiver, l'Olympia du coin, ou le fameux Pez Ner) ou de chair (de la new wave unisexe de Marie et les garçons aux Deity Guns, cousins passagers de Sonic Youth). Cinq jours plus tard, le coup d'envoi d'un autre cycle de rencontres mettra un terme à l'événement. Sa vocation : discuter des mutations de l'espace urbain. Son invité : le controversé Rudy Ricciotti, Grand prix national d’architecture auquel on doit, entre autres réalisations, le superbe cube alvéolé abritant le Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée à

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Prochaine escale : Vénissieux

CONNAITRE | Solidement inscrite au calendrier de la ville de Vénissieux, la fête municipale Fêtes escales se mue chaque année en événement citoyen valant amuse-gueule pré-14 (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 8 juillet 2014

Prochaine escale : Vénissieux

Solidement inscrite au calendrier de la ville de Vénissieux, la fête municipale Fêtes escales se mue chaque année en événement citoyen valant amuse-gueule pré-14 juillet – jour de clôture de l'événement par un grand bal, forcément brésilien cette année, où l'on peut faire les fous avec ses concitoyens sans risquer de remontrances de la maréchaussée (mais dans le respect de la personne). Entre ateliers, animations et spectacles pour enfants, Fêtes escales fait aussi le plein de concerts où, mode dépliage de nappes sur herbe oblige, il y a forcément à boire et à manger. L'accent est généralement mis sur le festif et le bon enfant et se décline en thématiques : chanson, musiques du monde (fanfare brésilienne, charango) et "cultures urbaines" (mélangeant hip-hop et rock comme à la parade : Raistlin, Akua Naru, Oaï Star..). Les amateurs des Têtes Raides en seront par exemple pour leurs frais (soit zéro euros), mais l'on pourra également apprécier le folk français – non ce n'est pas antinomique – de l'excellente Maison Tellier et même la Maîtrise de l'Opéra de Lyon. Enfin, en guise de star de l'événement, on retrouvera le p

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Sous l’œil du PB

MUSIQUES | Pour la deuxième année consécutive, Le Petit Bulletin était invité par la Ville de Lyon à élaborer, en compagnie notamment de la reine des basses Flore (qui se (...)

Benjamin Mialot | Mardi 17 juin 2014

Sous l’œil du PB

Pour la deuxième année consécutive, Le Petit Bulletin était invité par la Ville de Lyon à élaborer, en compagnie notamment de la reine des basses Flore (qui se produira elle-même, comme l'an passé, à l'Estaminet K-nar), à la programmation de la scène électro installée au Parc des berges. Sur la grosse soixantaine de jeunes gens passés sous nos fourches caudines, une vingtaine s'en est tirée sans égratignure – au contraire des ahurissants Light Emitting Deejays, qui sont à Kraftwerk ce qu'un Jacky est à un pilote de F1. Parmi eux Steo Le Panda, qui partage avec un certain ursidé doré un goût prononcé pour les bonnets imitatifs et les arrangements zen – qu'il extirpe de son iPad avec la dextérité d'une dactylo –, Le Son Étrange, nouveau projet tout en riddims cybernétiques de l'ex-Peuple de l'Herbe DJ Stani, PCKRZ, duo dont l'électro-hip hop bien gueudin n'est pas sans rappeler les virulentes clowneries de Stupeflip, Wild Wild Waves, étonnant quatuor qui redonne du volume au trip hop à coups de vibraphone et de contrebasse, ou encore Rednik, mystérieuse formation versée dans le du

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L'été au Sucre

ACTUS | Sa pré-ouverture fut le fil rouge de l'été 2013, sa programmation pour celui de 2014 aura plutôt l'épaisseur d'un câble sous-marin. On parle bien sûr du Sucre, dont la programmation pour les beaux jours vient d'être dévoilée. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que cela ça s'annonce très chaud. Pauline Lambert

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

L'été au Sucre

Du mercredi 3 juillet au dimanche 7 septembre, le rooftop de la Confluence, fidèle à sa volonté d'être un lieu à la fois musical et ludique, consacrera pour commencer chaque mercredi soir à un tournoi de ping-pong. Le jeudi, lui, sous pavillon de l'antenne française de l'ex-radio pirate londonienne Rinse FM, fera la part belle aux disquaires (Sofa le 24 juillet, Groovedge le 7 août, Chez Emile le 14...), DJs (Palma Sound System le 31 juillet, Perrine le 21 août, la team Macadam Mambo le 28...) et initiatives (comme le Rumble Festival, qui fera étape le 10 juillet) lyonnaises qui rythment la vie électronique de la ville.   L'exploration des cultures électroniques se poursuivra avec un véritable "Tour de France" des labels français qui montent le vendredi (de Versatile avec Étienne Jaumet le 4 juillet à Construct Re-Form avec An

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Quelque chose en eux de Düsseldorf

MUSIQUES | LUCA, acronyme de Last Universal Common Ancestor, soit "dernier ancêtre commun universel", est l'organisme, inconnu à ce jour, dont descendraient tous les êtres vivants actuels. Kraftwerk est son équivalent pour la musique électronique : tous les DJs programmés à Nuits Sonores ont une dette envers lui. Ces dix-là l'ont payée avec les intérêts. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

Quelque chose en eux de Düsseldorf

Darkside L'un, Nicolas Jaar, producteur dont la nonchalance n'a d'égal que le raffinement, est à la house ce que la Nouvelle Vague fut au cinéma. L'autre, Dave Harrington, multi-instrumentiste, était jusqu’ici unsideman sans histoire. Ensemble, ils forment Darkside, nom choisi en hommage à Pink Floyd (dont les membres revendiquaient l'influence de leurs amis de Kraftwerk) mais qui aurait tout autant pu l'être en clin d’œil à la Force – voir Daftside, remix bête, méchant et in fine assez jouissif du dernier album de Daft Punk. Psychic, leur premier album, est lui, avec ses licks bluesy et ses artefacts lynchiens, un petit chef-d’œuvre d'electronica à la dérive. Nuit 1 – Halle 1 A l'Ancien marché de gros, mercredi 28 mai (23h45/00h45)

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Au fil de la performance

SCENES | A l'occasion notamment du festival de danse Spider, consacré pour une part à la performance, on s'interrogera ici sur cette forme artistique revenue sur scène après ses extravagances des années 1960-70. Assagie la performance ? Pas si sûr... Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 15 avril 2014

Au fil de la performance

Tenter de recenser ce qu'a été la performance depuis le début du XXe siècle, c'est être forcé de dresser une liste à la Prévert : les provocations de Dada ou des surréalistes (qui urinaient par exemple sur les passants du haut de l'Arc de Triomphe), les happenings de Alan Kaprow dans les années 1950 impliquant la participation du public, les prises de risque d'un Chris Burden se faisant tirer une balle dans le bras, les danses dans les espaces publics de Anna Halprin ou de Trisha Brown, les concerts déjantés de Fluxus, les rituels sanguinolents des actionnistes viennois, les paires de claques échangées entre Marina Abramovic et Ulay jusqu'à l'insupportable... Derrière ces tribulations hétérogènes qui ont touché les arts plastiques, la danse et, dans une moindre mesure, le théâtre et la musique, on peut toutefois déceler quelques idées communes : faire voler en éclats les codes de la représentation, dissoudre la frontière entre l'artiste et le public, abattre le quatrième mur. La performance naît d'une violence expressive. Elle est encore une mise à l'épreuve du corps qui n'est plus le support d'un "jeu représentatif", mais qui est pris, présenté, violenté dans

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Poètes, vos papiers !

CONNAITRE | Annoncée "au cœur des arts", l'édition 2014 du Printemps des poètes permettra plus que jamais d’approcher cette forme littéraire de manière très éclectique, tout en consacrant un des plus grands auteurs français vivants, Jacques Réda, qui s'est vu remettre cette année le prix Kowalski. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 25 février 2014

Poètes, vos papiers !

On ne change pas une équipe qui gagne : c'est une fois de plus celle de l'Espace Pandora, emmenée par Thierry Renard, tout juste décoré des insignes de l’Ordre des arts et des lettres au cours d’une cérémonie-hommage à la langue particulièrement émouvante, qui a eu la tâche de décliner cette manifestation nationale sur le territoire lyonnais. Comme chaque année, elle s'y attelée de manière inattendue. En balade, au théâtre bien sûr, mais aussi au musée, dans la rue ou des parkings, en écho à la musique électronique (au Périscope, au Lavoir) ou sous forme de flash mob : grâce à elle, la poésie sera partout du 8 au 15 mars, et les auteurs nombreux, de Michaël Glück, parrain de cette édition, à Paola Pigani, invitée d’honneur, en passant par Laure Morali, en résidence à Pandora et surtout Jacques Réda, poète d'envergure internationale (quasiment à l'instar d'Yves Bonnefoy, honoré en 2011) auquel la Ville de Lyon a décerné cette année son prix Kowalski. Réda passe par là Jacques Réda, 86 ans, s’est fait connaitre dans les années 60 avec Amen. Il a depuis publié plus de soixante-dix titres, la plupart chez Gallimard, où il est membre du comité de lecture et

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Les Trois frères - Le retour

ECRANS | De et avec Didier Bourdon, Bernard Campan, Pascal Légitimus (Fr, 1h46)

Benjamin Mialot | Mardi 11 février 2014

Les Trois frères - Le retour

«Ça va pas recommencer», maugrée Pascal Légitimus, au moment où ses demi-frangins s'apprêtent à torpiller la petite vie de gigolo servile qu'il mène auprès d'une riche rombière aux goûts à peine moins criards que ceux de Liberace. Eh si, ça recommence : dix-neuf ans après le film qui acheva de faire d'eux des piliers (de comptoir ?) du rire à la française, Les Inconnus, comme Le Splendid avant eux, cèdent à la tentation de "la suite de trop". Et c'est comme si le temps s'était arrêté entre les deux épisodes. Campan est toujours un paumé plein de bons sentiments (stand-upper sans talent, il crèche dans un airstream), Bourdon un beauf sans ambition (maqué à une caricature de vieille fille, il prétend enseigner alors qu'il gère un sex shop en ligne), Légitimus un flambeur mythomane. Bref, trois losers désargentés et en délicatesse les uns avec les autres qu'un reliquat d'héritage va contraindre à réévaluer le sens du mot "famille". Sauf que cette fois, il s'agit d'une dette, renversement prétexte à un déroulé d'une absolue fainéantise : de l'irruption d'une fille cachée à un bad trip sous MDMA en passant par les jeux de mot corporatistes (l'avocat

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Inouïs du Printemps de Bourges : le compte-à-rebours en vidéo

MUSIQUES | Jusqu'à la veille des Auditions Inouïs du Printemps de Bourges sises les 13 et 14 février au Marché Gare, découvrez chaque jour l'un des candidats de l'antenne Rhône-Alpes Tagada Tsoin Tsoin. Et en avant-première les vidéos live réalisées tout exprès pour l'occasion par les shooteurs fous de Shoot !t. Huitième et dernier épisode avec la Hip-pop de Joe Bel. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 7 février 2014

Inouïs du Printemps de Bourges : le compte-à-rebours en vidéo

Joe Bel (pop) S'il y a une artiste qui mérite le qualificatif de « découverte » sur, disons, l'année et demie écoulée, c'est bien Joe Bel. En l'espace d'une grosse poignée de mois, la jeune femme est passée de concerts en petit comité et en mode guitare-voix à des premières parties inespérées à ce stade de la compétition (Corneille, Ms Dynamite au Stade des Alpes, Ólafur Arnalds à l'Epicerie Moderne), incluant une tournée en ouverture d'Asaf Avidan conclue à l'Olympia (rien que ça). Des concerts qui se comptent par dizaines et presque autant de sollicitations médiatiques pour cette folkeuse pop à la voix soul et au feeling hip-hop. Un album arrivera très bientôt pour non pas boucler la boucle mais pour franchir une nouvelle étape, après celle d'une formule scénique qui la voit désormais se produire en groupe et, pour la première fois, dans le cadre des Inouïs, avec une batterie chargée de rajouter – s'il en fallait – encore un peu plus d'épaisseur au groove irrésistible de demoiselle Bel. Au Marché Gare, vendredi 14 février.

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La griffe des Nuits

MUSIQUES | Faire d'un quartier-étendard en plein développement une plateforme festivalière cohérente : tel est le pari que s'est lancé Arty Farty pour l'édition 2014 de Nuits Sonores en investissant la Confluence. Au-delà de l'enjeu politique, force est d'admettre, à la découverte de la teneur de de sa programmation, que l'affaire est en bonne voie. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 26 février 2014

La griffe des Nuits

Depuis l'annonce de son déménagement à la Confluence, on se demandait bien, sorti de quelques évidences, quels lieux allait concrètement investir Nuits Sonores. On sait désormais que le Lab se répartira entre l'Hôtel de région et l'Hôtel de ville, tandis que la partie purement musicale du festival se déroulera sous les halles du Marché de Gros (qui avaient déjà accueilli les éditions 2009, 2010 et 2011), à la Sucrière (NS Days et Mini sonore), à la Maison de la Confluence (pour la traditionnelle carte blanche) et au Parc des Berges (pour le "Sunday Park", un événement de clôture présenté comme un clin d’œil convivial à l'extension de Nuits Sonores à Tanger). En attendant de voir comment le Sucre s’intégrera dans ce circuit et comment les collectifs Superscript² et Looking for Architectures l'habilleront, on remarquera que la programmation des Days, scindée en trois scènes (dont une extérieure), poursuit les efforts de thématisation et de brassage démographique produits l'an passé, mais cette fois avec un vrai souci d'équilibre. Comprenez par-là qu'aucune tête d'affiche ne devrait s'accaparer le public de la Carte blanche comme Laurent Garnier et Carl Cox l'ont fait en 20

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2014 : autant en emporte le Vent…

ECRANS | Après une année 2013 orgiaque, 2014 s’annonce à son tour riche en grands auteurs, du maître Miyazaki à une nouvelle aventure excitante de Wes Anderson en passant par les vampires hipsters croqués par Jarmusch et les flics tarés de Quentin Dupieux. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 2 janvier 2014

2014 : autant en emporte le Vent…

Le Vent se lève, il faut tenter de vivre… disait le titre intégral du dernier film d’Hayao Miyazaki qui, après 25 ans au service de l’animation japonaise, a décidé de tirer sa révérence avec cette œuvre effectivement testamentaire. Réduite au seul Vent se lève pour sa sortie le 22 janvier, cette fresque narre les années d’apprentissage d’un ingénieur féru d’aviation, passion qui l’aveuglera sur la réalité de la guerre dans laquelle le Japon s’engage, mais aussi sur l’amour que lui porte une jeune fille qu’il a sauvée lors d’un spectaculaire tremblement de terre. En assumant la part la plus adulte de son cinéma et en se livrant en transparence à un troublant autoportrait en créateur obsessionnel, coupé du monde et de la vie, Miyazaki signe un chef-d’œuvre alliant splendeur plastique, force émotionnelle et intelligence du regard. Les Belles et les Bêtes Il sera le premier en cette rentrée à illuminer les écrans, mais 2014 ne sera pas en rade de grands auteurs, au contraire. On ronge bien sûr notre frein en attendant de découvrir la deuxième partie du Nymphomaniac de Lars von Trier (29 janvier), dont le

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Insomniaque - Semaine du 18 au 25 décembre

MUSIQUES | Les 3 RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : le cinquantième Puzzle Rumble à La Marquise, Haste reçoit SNTWN au Club Transbo et Nous sommes 2014 au Double Mixte. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 10 décembre 2013

Insomniaque - Semaine du 18 au 25 décembre

19.12 Puzzle Rumble #50 Comment fait-on tenir 16 DJ et 2 MC dans une péniche ? Comme on fait entrer quatre éléphants dans une 2 CV, pourrait répondre l'association Totaal Rez, qui s'est lancée ce défi insensé à l'occasion de la cinquantième de sa résidence à La Marquise. Au-delà de l'exploit, la soirée a surtout le mérite de dresser un véritable panorama de la bass music lyonnaise, de ses locomotives (le turntablist multiprimé Groove Sparkz) à ses étoiles montantes (Salaryman et sa drum'n'bass itinérante, Dual Shock et son dubstep asphyxiant) en passant par ses parrains de l'ombre (le podcasteur fouineur Freddypogo). 20.12 Haste & Friends Avant de passer les fêtes en famille, le collectif Haste fait la fête

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Trouver la voix

MUSIQUES | Si l'on excepte Woodkid et Fauve qui ont fait sauter la banque en quelques heures et ne sont plus à présenter – pour cela il faudrait que leurs fans (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 15 novembre 2013

Trouver la voix

Si l'on excepte Woodkid et Fauve qui ont fait sauter la banque en quelques heures et ne sont plus à présenter – pour cela il faudrait que leurs fans laissent un peu de places aux autres –, Nouvelles Voix est, comme son nom l'indique et avec la même régularité que le Beaujolais Nouveau, voué à la découverte d'artistes en devenir. Le tout étant de savoir où exactement est placé le curseur du "devenir". Pour le reste, Nouvelle Voix étend cette raison sociale à un champ toujours plus élargi d'esthétiques : chanson bien sûr avec Maissiat, Barcella et Sophie Maurin, rock (celui pour enfants de The Wackids et celui qui leur fait peur par Darko), pop(s) (Edward Barrow, Pegase, Puggy) et même country-folk québécois avec Lisa Leblanc, quelque part entre Linda Lemay (non, ne partez pas !) et Mama Rosin. Sans oublier la place laissée à la scène locale avec le duo du bayou jurassien Catfish, les propositions indécentes d'Erotic Market, l'inépuisable catch & shoot de Taïni & Strongs et Victor, le régional de l'étape

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Insomniaque - Semaine du 13 au 19 novembre

MUSIQUES | Les 3 RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : Brodinski au Sucre, Panteros666 au DV1 et Andrew Weatherall au Sucre. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 6 novembre 2013

Insomniaque - Semaine du 13 au 19 novembre

14.11 Brodinski & Friends «Ma grand-mè... Ahem. Gesaffelstein, que vous jouez tôt au Transbordeur !». «C'est pour mieux prolonger la soirée mon enfant !». Eh oui, les ayatollahs du dancefloor peuvent ranger leur nécessaire de lapidation : le concert du prince noir de la techno, ainsi qu'on ne le surnomme en dehors de son fief lyonnais, ne sera que la partie émergée de la célébration de la sortie de son premier album, le faramineux Aleph. La suite se déroulera au Sucre, le temps d'une after conduite par le non moins dévastateur Brodinski (c'est sur son label, Bromance, que paraît le disque).  

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Les Quatre Poptastiques

MUSIQUES | Pour un soir et pour Just Rock ?, le Transbo dégaine le plus improbable et le plus beau plateau de super-héros pop qui soit : la Grimes du Vercors, un chic type nommé Daisy, un pilote de chasse et un géant au nom de 4x4. Le résultat : sublime. Oui, grâce à nos pouvoirs magiques on y était et on vous raconte. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Vendredi 18 octobre 2013

Les Quatre Poptastiques

Imaginez un Instant T, comme le chante Peau dans son splendide clip. Il est très tard en ce 23 octobre et quatre drôle de personnages devisent timidement dans le salon Louis-Philippe qui sert de loge au Transbordeur : une fille à la Peau synthétique, un garçon nommé Daisy, un type en nage sous sa combi spatiale et son casque de pilote de Mig-28, et une armoire à glace aux traits féminins et en manteau noir capable de tout envoyer valser dans la pièce d'un simple accès de charisme («Hé ho doucement avec mes fauteuils Voltaire» s'écrie le maître de maison). Un film de David Lynch ou, ce qui revient au même, un rêve sous antihistaminique ? Non : le programme de la soirée du 23 octobre au Transbordeur. Sans doute la soirée phare de cette édition de Just Rock? : Peau, Daisy Lambert (aucun lien), Cascadeur et Rover, réunis tout exprès pour vous envoyer au 7e Ciel et qui vient d'y parvenir.   Last Aqualast

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Le Cœur des hommes 3

ECRANS | De Marc Esposito (Fr, 1h53) avec Marc Lavoine, Jean-Pierre Darroussin, Bernard Campan, Eric Elmosnino…

Christophe Chabert | Mercredi 16 octobre 2013

Le Cœur des hommes 3

Le deuxième volet était déjà atroce, mais ce troisième épisode le surclasse encore dans l’infamie. Le cœur des hommes, ici, c’est plutôt leurs «couilles», terme généreusement employé tout au long de dialogues d’une absolue vulgarité, à l’avenant de la beaufitude satisfaite de ses quatre personnages. Qui, non contents d’accueillir chaleureusement le spectateur par une charge anti-fonctionnaires sur l’air du "on les paie à rien foutre avec nos impôts", vont ensuite s’employer à démontrer, dans un chorus de phallocrates rigolards, que les femmes ne serviraient à rien s’il n’y avait pas les hommes pour donner un sens à leur vie. La preuve : quand elles font chier, la meilleure chose à faire est de les virer — du pieu ou de leur boulot — ou de leur donner une bonne petite leçon en allant voir ailleurs. Et, bien sûr, tout cela se conclut par un éloge du mariage… Décomplexé politiquement, Le Cœur des hommes 3 l’est aussi, et c’est bien le pire, vis-à-vis de la forme télévisuelle, qu’il repique sans aucune mauvaise conscience : ouvertures de séquences avec le même panoramique sur les toits de Paris, mise

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Biotop(e) pop

MUSIQUES | Ah, cette scène locale et sa fâcheuse tendance à rester figée dans ce circuit court que chérissent tant les épiciers bio, sans parvenir à mener une carrière durable au-delà du périph’. On s’en est presque fait une raison tout en ayant choisi d’en ignorer les raisons. D'autant que ce n'est qu'à moitié vrai. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 19 septembre 2013

Biotop(e) pop

C’est un fait, il y a fort longtemps que la scène pop lyonnaise ne s’est pas aussi bien portée, qualitativement comme quantitativement. Les anciens sont toujours là et n’en finissent plus de se renouveler, à l’image des Purple Lords, qu’on n’attendaient plus, avec leur splendide Slow Motion Trip d'il y a quelques mois, de Prohom dont la sortie ces jours-ci de l’album Un Monde pour soi sera fêtée le 10 novembre au Périscope, et de Denis Rivet (King Kong Vahiné) dont on avait vanté les mérites du Tout Proches. Après avoir connu les honneurs des Inouïs du Printemps de Bourges, il verra sa tournée française passer par le festival Just Rock ? en compagnie d’Emily Jane White. Le Chic Type Daisy Lambert, toujours alangui dans les bacs, y sera également à l’affiche en soutien de Cascadeur et Rover (classe !), le 23 octobre au Club Transbo. Ses camarades d’Erotic Market, eux, s’en iront érotiser le festival Nouvelles Voix en Beaujolais, et les Taïni et Strongs le "sadiser" (respectivement les 22 et 23 novembre)

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