Quelque chose en eux de Düsseldorf

MUSIQUES | LUCA, acronyme de Last Universal Common Ancestor, soit "dernier ancêtre commun universel", est l'organisme, inconnu à ce jour, dont descendraient tous les êtres vivants actuels. Kraftwerk est son équivalent pour la musique électronique : tous les DJs programmés à Nuits Sonores ont une dette envers lui. Ces dix-là l'ont payée avec les intérêts. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

Photo : Labelle - DR


Darkside

L'un, Nicolas Jaar, producteur dont la nonchalance n'a d'égal que le raffinement, est à la house ce que la Nouvelle Vague fut au cinéma. L'autre, Dave Harrington, multi-instrumentiste, était jusqu'ici unsideman sans histoire. Ensemble, ils forment Darkside, nom choisi en hommage à Pink Floyd (dont les membres revendiquaient l'influence de leurs amis de Kraftwerk) mais qui aurait tout autant pu l'être en clin d'œil à la Force – voir Daftside, remix bête, méchant et in fine assez jouissif du dernier album de Daft Punk. Psychic, leur premier album, est lui, avec ses licks bluesy et ses artefacts lynchiens, un petit chef-d'œuvre d'electronica à la dérive.

Nuit 1 – Halle 1
A l'Ancien marché de gros, mercredi 28 mai (23h45/00h45)

Daniel Avery

La musique de Kraftwerk était le reflet d'une humanité en voie de mécanisation. La techno de l'Anglais Daniel Avery pourrait être celui d'une humanité en passe d'atteindre la Singularité, ce stade d'évolution technologique si avancé qu'il est aujourd'hui inconcevable. Sur Drone Logic, le premier album de ce jeune protégé d'Erol Alkan et digne dauphin d'Andrew Weatherall – ses productions, comme celles du témoin de l'explosion acid house, débordent d'une urgence rock – on entend ainsi des divas dématérialisées, des textures aux airs d'acouphènes robotiques et des mélodies pensées comme des rêveries électriques. Et c'est souvent magnifique.

NS Days jeudi – Salle 1960
A la Sucrière, jeudi 29 mai (19h/21h)

Gold Panda

Le mot zénitude venant de faire son entrée dans les pages du Larousse, le moment est tout trouvé pour réécouter Lucky Shiner (2010), le premier long de Gold Panda. Une merveille de micro-house béate dont les mélodies ancestrales et arrangements de haute technologie peignent les contours d'une Asie où les bonsaïs seraient plus grands que les centrales nucléaires – renversement que Kraftwerk appelle de ses vœux sur Radio-activity, qu'il a même remixé en 2012 pour une commémoration de l'incident de Fukushima. Bonne nouvelle : son successeur, Half of Where You Live, est tout aussi serein et astucieux.

NS Days vendredi – Salle 1960
A la Sucrière, vendredi 30 mai (20h/21h)

Oneohtrix Point Never

Imaginer une musique futuriste à partir d'instruments datant des prémices de l'informatique, le Brooklynite d'adoption Oneohtrix Point Never ne fait que ça depuis sept ans. Son inspiration, ce n'est toutefois pas dans les épures antidatées de Kraftwerk qu'il l'a puisée, mais dans les jams fourre-tout du Mahavishnu Orchestra – la version indigeste du krautrock, d'une certaine façon. Il n'en a heureusement gardé que l'esprit d'aventure, socle d'albums à contraintes (sur Replica, en 2011, il samplait des publicités du tournant des 90's) d'une complexité et d'une beauté aussi inexplicables que ceux de Flying Lotus ou Aphex Twin.

Nuit 3 – Halle 1
A l'Ancien marché de gros, vendredi 30 mai (23h15/00h15)

Fuck Buttons

Deux Anglais qui tripotent des machines. Voilà Fuck Buttons résumé en une phrase. Même pas un petit cosplay de Tron, rien. Il faut dire qu'Andrew Hung et Benjamin John Power ont tout investi dans la maçonnerie : évoquant d'un même mouvement un peu autiste les supplices d'Aphex Twin et les élans de Mogwai – et, sur le plan rythmique, Kraftwerk avec un tour de biceps de 70 cm – les murs du son qu'ils élèvent sur scène sont d'une puissance et d'une épaisseur à faire passer Phil Spector pour François Léotard. «Pour l'amour de la planète Terre, tous les humains doivent mourir» scandent-ils au sommet de l'un d'eux. Apparemment d'une perforation tympanique.

Nuit 3 – Halle 1
A l'Ancien marché de gros, vendredi 30 mai (00h45/01h45)

Robert Hood

2000 : l'incorruptible label Underground Resistance publie une collection de remixes d'Expo 2000, jingle composé un an plus tôt par Kraftwerk pour la foire internationale du même nom. 2002 : Kraftwerk en incorpore un condensé à ses concerts. L'anecdote en dit long sur ce que Robert Hood, co-fondateur de UR avec Mike Banks et Jeff Mills, doit aux automates allemands. Elle en dit autant sur l'héritage que léguera ce génie de la techno cinématographique et hasardeuse – son dernier album, Motor, est un peu son Tour de France, avec des bagnoles et les suburbs en déréliction de Detroit à la place des vélos et de la campagne française.

Nuit 3 – Halle 1
A l'Ancien marché de gros, vendredi 30 mai (02h00/03h00)

Four Tet

A sa manière, Kieran Hebden alias Four Tet, trente-quatre ans dont seize de carrière, est un peu le Kraftwerk de sa génération. Du moins si l'on se réfère à l'empreinte monumentale que son œuvre a laissé sur ses pairs et le nombre de vocations, de volte-face aussi (Radiohead en est un exemple parmi d'autres) qu'elle aura suscitées. Et ce que l'on parle de musiques électroniques – au sens large – de pop, de rock, de folk, de jazz, de hip hop. Autant de styles auxquels il s'est lui-même nourri (de Sun Ra à Mudhoney, de Tortoise à Neu!) pour fomenter dans le secret de sa chambre sa révolution musicale et sonore, qui en laissa plus d'un sur le flanc.

Nuit 3 – Halle 2
A l'Ancien marché de gros, vendredi 30 mai (01h30/04h00)

Rustie

Rustie, de son nom de baptême Russell Whyte, est originaire de Glasgow. Pourquoi, alors, n'est-il pas programmé dans la Carte blanche dédiée à sa ville ? Peut-être parce que sa musique, d'une effronterie et d'une érudition fichtrement contemporaines, en cela qu'elle agglutine tout et n'importe quoi – R'n'B pailleté, hip hop salace, trance vidéoludique et même prog rock masturbatoire (dont le krautrock est, rappelons-le, un cousin plus porté sur la chose cérébrale) – en des hymnes à la régression aussi fascinants que douteux, aurait éclipsé ses compatriotes. A l'exception du tout aussi doué Hudson Mohawke, s'il avait été de la partie.

Nuit 3 – Halle 2
A l'Ancien marché de gros, vendredi 30 mai (04h00/05h00)

Labelle

Morgenspaziergang, le seul titre de Kraftwerk qualifiable de bucolique, déboule à la fin du bituméAutobahh comme une adventice jaillit d'un trottoir. Chez Labelle, de telles trouées organiques sont monnaie courante. Et pour cause : avec une application toute artisanale – il travaille notamment à partir des archives ethnomusicales de Radio France, qu'il découpe note par note – ce jeune Réunionnais entrelace la techno des pères fondateurs et les musiques d'émancipation de ses ancêtres (en tête le maloya), en une transe dont la majesté rivalise parfois avec celle des expérimentations tintinabulantes de Pantha du Prince. Sans doute la révélation de cette édition.

Nuit 3 – Halle 3
A l'Ancien marché de gros, vendredi 30 mai (04h00/05h00)

Trentemøller

Au Danemark, on n'a ni volcan ni glace, mais on fait comme si. Un balayage de la discographie deTrentemøller suffit à s'en rendre compte : une forêt hivernale sur la pochette de son inaugural Last Resort, une nuée ardente sur celle de son successeur, Into the Great Wild Yonger, et à l'intérieur de chaque, une musique techno-organique et syncrétique (techno donc, mais aussi dub, electronica, pop, ambient...) plus taillée pour les reliefs contrastés de l'Islande que pour les paysages quiets du pays d'Andersen. Tirant sur le rock, son dernier album en date, Lost, est à l'avenant : tour à tour aussi délicat que du Boards of Canada et menaçant comme du Nine Inch Nails. Et en tout point fantastique.

Nuit 4 – Halle 1
A l'Ancien marché de gros, samedi 31 mai (01h00/02h00)


Nuit 1

Halle 1 21h : De la montagne - Live 22h15 : ODEI - Live 23h45 : Darkside - Live 01h : KOSME - DJ set 02h30 : Marcel Dettmann - Dj set Halle 2 : Red Bull music academy présente B2B stage 21h : Benjamin Damage B2B DOC Daneeka - DJ set 22h : Jackma Ster B2B Jasper James - DJ set 00h : Roman Flügel B2B Axel Boman - DJ set 02h : Garnier B2B MCDE – DJ set Halle 3 : 21h15 : Black Luna - Live 22h30 : The Julie Ruin - Live 23h45 : Man or Astro-man ? - Live 01h : Black Lips - Live 02h15 : Halfricain - Live 03h15 : Legowelt - Live
Ancien Marché de gros Rue Vuillerme Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Nuit 3

Halle 1 – Resident advisor stage Black is black 21h : Æther - Live 23h15 : Oneohtrix Point never - Live 00h45 : Fuck buttons 02h : Robert Hood - Live 03h : Shed - Live 04h : CLFT Militia - DJ set Halle 2 : Nerds experiment house 21h : Fubar - DJ set 22h : Huercos - Live 23h30 : Floating Points - DJ set 01h30 : Four tet - Live 04h : Rustie - Live Halle 3 : 21h15 : In Æternam vale - Live 22h30 : Violence conjugale - Live 23h45 : La Colonie de vacances - Live 02h : Fulgeance - Live 03h : Lunice - Live 04h : Labelle - Live
Ancien Marché de gros Rue Vuillerme Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Nuit 4

Halle 1 21h15 : Föllak Zoid - Live 22h30 : The Ex - Live 23h45 : The Brian Jonestown Massacre - Live 01h : Trentemøller - Live 02h30 : Suuns - Live 03h30 : Brandt Brauer Frick - Dj set Halle 2 : Resident advisor stage 21h : DJ Sentiments - Dj set 22h15 : Valentin Stip - Dj set 23h45 : Efdemin - DJ set 01h30 : Agoria - DJ set 03h15 : RØDHÅD - Dj set Halle 3 : 21h : Marvin & Guy - Dj set 00h : Vakula - Dj set 02h : Actress - Live 03h : Funkineven - Live
Ancien Marché de gros Rue Vuillerme Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Omar Souleyman, dabke et bacchantes

Sono Mondiale | Le succès d'Omar Souleyman est aussi improbable que réjouissant. Quelle probabilité qu'un musicien de mariage syrien finisse par conquérir le monde en (...)

Sébastien Broquet | Mardi 20 février 2018

Omar Souleyman, dabke et bacchantes

Le succès d'Omar Souleyman est aussi improbable que réjouissant. Quelle probabilité qu'un musicien de mariage syrien finisse par conquérir le monde en pleine guerre dans sa patrie natale ? Faiblarde, la proba'. Mais Mark Gergis est passé par la Syrie circa 2004, a chopé au passage des K7 du futur pote de Four Tet, quelques-unes des nombreuses prestations live enregistrées à la bricolo durant des noces qu'il anime pour vivre depuis 1994. L'Américain en a fait une compilation pour son si précieux label Sublime Frequencies, Highway to Hassake en 2006, puis d'autres, et la théorie des dominos s'est mise en branle. Omar s'est exilé en Turquie depuis le début du conflit mais sa dabke synthétique a fait des émules, plaçant la Syrie en bonne place sur la mappemonde de la sono mondiale. Four Tet donc, mais aussi Gilles Peterson, Björk ou Damon Albarn en ont fait un chanteur arabe populaire et universel, signant désormais ses réguliers albums studio sur Mad Decent (Diplo) ou Monkeytown (Modeselektor). S'il y a moins de surprise et si la recette initiale n'évolue pas vraiment au fil des disques, le show Souleyman, bacchantes dans le vent

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Amelie Lens, DAF et Maceo Plex rejoignent la programmation de Nuits sonores

Nuits sonores | On connaît la programmation complète des Days de Nuits sonores, et c'est clairement du côté du samedi concocté par Paula Temple que se tournent les oreilles les plus curieuses : de Moor Mother à Amelie Lens, la Berlinoise a visé juste.

Sébastien Broquet | Mardi 16 janvier 2018

Amelie Lens, DAF et Maceo Plex rejoignent la programmation de Nuits sonores

Doucement, l'architecture de Nuits sonores 16e du nom commence à se dévoiler. Ce matin, l'on a appris que le festival faisait son grand retour à la piscine du Rhône, là où quelques belles pages de sont histoire se sont écrites : c'est ici que tout avait commencé, en 2003. C'est là encore que Laurent Garnier avait délivré un set mythique en 2005, qu'une Body & Soul moite s'était lovée en 2008, ou qu'un set improbable de Busy P avec Joey Starr au micro beuglant sur du dubstep nous avait laissé pour le moins perplexe en 2011... Retour dans ce lieu donc, où l'on suivra la carte blanche offerte cette année à Amsterdam dont la programmation complète sera dévoilée le 7 février prochain, comme le reste du programme de nuit (qui prendra place pour la seconde année consécutive dans les anciennes usines Fagor-Brandt). La sensation Amelie Lens On connaissait déjà les noms des quatre curateurs des Days, voici les line-ups complets qu'ils nous ont concocté. Commençons par la fin et ce samedi 12 mai de dingue programmé par la cruciale Paula Temple, activiste précieuse qui sait mettre des actes sur ses convictions profondes et

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Insomniaque : 3 soirées pour ce week-end

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 13 juin 2017

Insomniaque : 3 soirées pour ce week-end

16.06.17 > LE SUCRE LAURENT GARNIER OK, c'est déjà sold-out. Comme à chaque passage de Garnier en ville. Le maître de la techno en France perpétue son histoire d'amour avec le public lyonnais en inaugurant ce nouveau cycle estival du Sucre, L'Amicale, l'occasion d'une rencontre avec les deux jeunes pousses qui faisaient notre Une il y a peu, G'Boï & Jean-Mi, diggers fureteurs et instigateurs de La Chinerie, en pleine ascension. Copains. 16.06.17 > TRANSBORDEUR PLANETARY ASSAULT SYSTEMS Un live de Luke Slater sous son alias Planetary Assault Systems, c'est en général l'assurance de galoper dans une dimension parallèle deux heures durant : l'Anglais est un pilier solide et massif de la scène techno et il n'a pas pour habitude de faire dans la dentelle lorsqu'il s'incarne sous ce nom... Placée sous le double patronnage de Encore & Jacob, la nuit sera aussi celle de DVS1 et Milenà. Hacker.

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La programmation des Days du festival Nuits Sonores

Nuits sonores 2017 | Retour aux Subsistances, une carte blanche à Lisbonne, Derrick Carter et ESG en invités, une offre food revisitée : Nuits sonores 2017 est sur de bons rails.

Sébastien Broquet | Mardi 24 janvier 2017

La programmation des Days du festival Nuits Sonores

The Black Madonna, curatrice du Day 1 (jeudi 25 mai) dévoile un programmes des plus intéressants, conviant le légendaire Derrick Carter qui jouera 100% disco. C'est un grand retour à Lyon pour celui qui était déjà présent lors des éditions 1, 5 et 15 du festival. Beaucoup de filles sur ce line-up : la new-yorkaise Honey Dijon, adepte d'une house très Chicago ; les légendaires ESG, groupe post-punk totalement groovy échappé du Bronx et des années 80, toujours aussi efficace et classe. L'échappée de Ninjatune qu'est Throwing Shade ou encore la Coréenne installée à Berlin Peggy Gou sont aussi à l'affiche. La patronne (The Black Madonna, donc) jouera elle-même en back2back avec les écossais de Optimo, qui lui ont donné l'envie de s'engager dans ce monde du clubbing. On notera aussi la présence sur ce même programme du jeudi de Jamie 3:26, de Rahaan (une forte prédominance du son de Chicago, donc) et du

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Insomniaque

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 6 décembre 2016

Insomniaque

10>12>16 LE SUCRE DEENA ABDELWAHED Chez Infiné, l'on sait choisir avec soin les artistes que l'on signe tout en évitant soigneusement les clichés. Et avec Deena Abdelwahed, c'est peu dire que les têtes pensantes du label ont visé juste : échappée de la scène underground tunisienne, où elle a débuté comme chanteuse d'un groupe de jazz nommé So Soulfull, adepte de DJ sets et de lives électroniques épatants et novateurs, repérée aux Transmusicales, Deena s'invite au Sucre. Épicé. 10>12>16 6e CONTINENT IMHOTEP Le genre de soirée que l'on kiffe : une virée du côté de Guillotière en compagnie du maître des sons à Marseille, l'homme derrière IAM et auteur d'albums downtempo et instrumentaux renversants, dont le seul "rival" serait Doctor L... Au 6e Continent, Imhotep sortira les galettes chaudes pour ambiancer le dancefloor de suaves riddims reggae, de hip-hop non

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Les soirées du 14 au 27 octobre

MUSIQUES | 16.10 Encore Six mois ont beau s'être écoulés depuis son dernier passage (en mars, déjà au Transbordeur et déjà sous bannière Encore), on ne sait toujours pas (...)

Benjamin Mialot | Mardi 13 octobre 2015

Les soirées du 14 au 27 octobre

16.10 Encore Six mois ont beau s'être écoulés depuis son dernier passage (en mars, déjà au Transbordeur et déjà sous bannière Encore), on ne sait toujours pas prononcer le nom du duo suédois Shxcxchcxsh – "sèche-cheveux", nous propose notre correcteur orthographique. On reste en revanche intimement persuadé que la techno qu'il produit, aqueuse et inquiétante, est l'une des plus singulières du moment – et son live d'autant plus immanquable qu'il sera précédé du sensationnel Ritual de Flore et d'un concert de l'architecte post-indus Kankding Ray, principale attraction du dernier Mirage Festival.

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La rentrée musique côté électro

MUSIQUES | Pour faire un point complet sur l'actu des dancefloors, il nous aurait fallu bloquer un bon tiers de ce dossier de rentrée. À vous, donc, de le compléter via vos canaux habituels. De toute façon, c'est bien simple : il y aura cette saison encore plein de trucs bien, partout, tout le temps.

Benjamin Mialot | Mardi 22 septembre 2015

La rentrée musique côté électro

On prend quasiment les mêmes et on recommence. Avec la dissolution de Haste, une place s'est libérée au Transbordeur. Good news, ce sont les sapeurs techno de CLFT qui la récupèrent. Une fois par trimestre, ils présenteront deux artistes de leur très pointu et très offensif roster ; démarrage le 9 octobre avec les Britanniques Lee Holman et Biny, passage à la vitesse supérieure le 11 décembre avec deux autres British, Fundamental Interaction et l'ami de longue date Ben Gibson. Leurs âmes sœurs de Papa Maman, non contentes de renforcer leur présence à La Plateforme (voir page 19), continuent pour leur part d'essaimer dans la ville – après un premier essai au Petit Salon, leurs prochaines "MTR", le 2 octobre au Sucre et le 9 au Kao, permettront de constater que le genre est parfois plus spartiate et viscéral ailleurs qu'à Berlin et Londres avec l'Ukrainien Stanislav Tolkachev, le Finlandais Samuli Kemppi et l'Espagnol Oscar Mulero. Quant à leurs colocataires de l'Atelier Sumo (le QG

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L'Angleterre en force à Nuits Sonores

MUSIQUES | ​Best of de la saison qui s'achève, la programmation de Nuits Sonores 2015 est aussi la plus cosmopolite que le festival ait connue. Mais désormais, à la fin, ce sont nos voisins d'outre-Manche qui gagnent : bouillon de la bass culture à l'aune de laquelle la house et la techno n'en finissent plus de se réinventer, l'Angleterre est, par l'entremise de sa capitale, LA grande nation électronique des années 2010. La preuve en dix ambassadeurs. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 12 mai 2015

L'Angleterre en force à Nuits Sonores

Daniel Avery / Shackleton On l'a découvert de jour l'an passé, cette fois c'est de nuit que l'on pourra prendre la mesure de la versatilité du ténébreux rouquin, qui plus est sur une scène toute entière dédiée à la résidence qu'il anime à la mythique Fabric. Depuis Drone Logic, Daniel Avery n'a rien produit. Pas grave : ce premier album, classique instantané de techno charnelle (ou de rock stockable dans le cloud ?), reste un an et demi après sa parution l'une des plus belles incarnations de ce «chant de la machine» qui, chaque printemps, exerce sur nos concitoyens la même fascination que la voix des sirènes sur les marins qui croisaient jadis en mer de Sicile. Nuit 1 – Halle 2 Á l'Ancien marché de gros, mercredi 13 mai à 3h15

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Les soirées du 1er au 7 avril

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : la nuit Voyage Direct au Transbo, Teki Latex au Petit Salon et Ben Sims / Robert Hood au Sucre. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 31 mars 2015

Les soirées du 1er au 7 avril

03.04 Voyage Direct Label Night Désormais qu'on ne peut même plus faire confiance aux pilotes allemands, la façon la plus sûre de découvrir un pays est encore de s'y projeter mentalement. Ça tombe bien, c'est ce que proposent Art Feast et le Transbordeur cette semaine, le temps d'une nuit consacrée au label Rush Hour, institution néerlandaise de la house des années 2000, et plus précisément à son émanation localiste Voyage Direct. Seront aux commandes Maxi Mill, Boris Werner et surtout Tom Trago, le boss de l'imprint en question – et accessoirement l'un des plus fins connaisseurs des musiques fiévreuses (funk, disco, boogie...).

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Nuits Sonores 2015 – La programmation de nuit

MUSIQUES | Ouvert sur le monde et recentré sur la musique électronique. Tel s'annonçait Nuits Sonores 2015 à la découverte de sa programmation de jour. Tel s'affirme le festival à l'heure de dévoiler son pendant nocturne. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 11 février 2015

Nuits Sonores 2015 – La programmation de nuit

C'est quoi, être rock en 2015 ? Les lecteurs de Rock & Folk ont sans doute leur (fausse) idée sur la question. Les autres, nous sommes au regret de vous le confirmer, ne trouveront pas la réponse à Nuits Sonores cette année – à moins que le "concert spécial", pour l'instant tenu secret, ne vienne nous contredire. Grande absente de la programmation de jour, la musique électrique ne constitue en effet que la portion congrue de son homologue nocturne, bien que l'on se réjouisse des venues du polarisant Jessica93 (de ce côté-ci de l'écran, on adore sa noise pour périphérique), des intransigeants et déjantés Future of the Left, des industrieux industriels de The Soft Moon ou des Saints, a.k.a. les Ramones du pays des kangourous, à l'affiche du Circuit. Circuit d'ailleurs encore en cours de montage mais qui, outre son habituel cortège d'activistes locaux (Flore, Manoo, Kosme...), promet d'ores et déjà pas mal de dilem

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Insomniaque - Semaine du 14 au 20 janvier

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : Oscar Mulero et Robert Hood au Double Mixte, Rahaan au Kafé et Vakula au Transbordeur. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 13 janvier 2015

Insomniaque - Semaine du 14 au 20 janvier

16.01 Jacob 002 Après un premier event pour le moins chaotique (promotion agressive, préventes très inférieures aux prévisions, tête d'affiche bloquée à l’aéroport...), le groupuscule techno Jacob reprend le chemin du Double Mixte pour une deuxième soirée qui s'annonce sous de bien meilleurs augures. Ne serait-ce que du point de vue strictement musical, grâce à la présence à son affiche de deux producteurs intransigeants et bien dans leur époque (autrement dit hantés par le spectre de la crise économique) : l'Espagnol Oscar Mulero et Robert Hood, pionnier de Detroit qu'on ne présente plus. 16.01 Le Beat #2 «The beat is my native language

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Cinq jours, quatre nuits, dix valeurs sûres

MUSIQUES | Leur venue n'est peut-être pas aussi exceptionnelle que celles de Kraftwerk et de ses plus glorieux descendants, mais leurs prestations compteront sans doute parmi les highlights du festival : coup d’œil sur dix valeurs sûres de Nuits Sonores 2014. Stéphane Duchêne et Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

Cinq jours, quatre nuits, dix valeurs sûres

Garnier B2B MCDE (Nuit 1 / Halle 2) Dans le coin gauche, le tôlier, revenu cette année au sommet (mais l'avait-il seulement quitté ?) avec cinq maxis conçus comme autant de défis – à chacun son label et, par conséquent, son esthétique. Dans le coin droit, Motor City Drum Ensemble, LA relève (allemande) de la house à la mode de Chicago. Inutile de vous faire un dessin.   Black Lips (Nuit 1 / Halle 3) Tenancier d'un garage rock d'époque, les Black Lips appartiennent à cette catégorie de groupes qui p

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Poupées de son

MUSIQUES | Nuits Sonores reçoit enfin le groupe par lequel tout a commencé : Kraftwerk, quatuor allemand dont les compositions matricielles ont été aux musiques électroniques ce que les chansons des Beatles furent à la pop. Retour sur quarante ans d'une carrière visionnaire. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

Poupées de son

Dans Adieu au langage, Jean-Luc Godard (voir en page 6), équipé d'un dispositif stéréoscopique de son invention, nous fait redécouvrir le monde comme on ne sait plus le regarder. Autre bricoleur de génie, Ralf Hütter s'apprête lui à nous montrer celui de demain comme on ne l'a jamais vu, du fond d'un tout autre type de salle obscure : une halle de l'ancien Marché de gros, où il donnera ce dimanche avec Kraftwerk un concert en 3D, à la fois conclusion de Nuits Sonores 2014 et synthèse de quatre décennies d'incubation des musiques que le festival défend. Retour vers le futur Synthétiser justement, composer, donner matière à ce qui n'en a pas, est une obsession qu'a cultivée ce claviériste dès le conservatoire. Celui de Düsseldorf, où il rencontre au tournant des années 70 le flûtiste Florian Schneider dans un cours d'improvisation, pratique alors considérée comme un vecteur d'affranchissement de la pop anglo-saxonne par toute une génération de musiciens teutons – ironie du sort, c'est la presse musicale britannique qui baptisera ces expérimentations germanocentrées "krautrock

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C'est extra-fou

MUSIQUES | On aurait tort de ne voir dans les projets Extra! que des lots de consolation pour les tricards du cœur de Nuits Sonores. Si certains d'entre eux font (...)

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

C'est extra-fou

On aurait tort de ne voir dans les projets Extra! que des lots de consolation pour les tricards du cœur de Nuits Sonores. Si certains d'entre eux font effectivement figure de passe-temps pour hipsters désœuvrés, d'autres promettent de jolis pas de côtés sensoriels, à l'image du rassemblement de cantines ambulantes "All we need is trucks", du décrochage des photographies qu'expose en ce moment le Goethe Institut (voir page 8), du clin d’œil à la scène raï qui émergea de la Guillotière dans les années 80 "Arabic Tapes made in Lyon" ou de l'explicite "Bike Block Party". Mais s'il ne devait en rester qu'un, comme on dit dans les Highlands (voir ci-contre), ce serait la troisième "Balade offshore" proposée par le webzine Ocean of Noise, au cours de laquelle se produira samedi 31, au Périscope et milieu de bouteilles de vins, la Dream Team du rock garage à la française, La Secte du futur. Ou plutôt la Nightmare Team : rassemblant sous une même bannière figurant la Faucheuse à cheval un Catholic Spray, un JC Satan, un Black Bug et un Skate Gang, son deuxième album, Greetings from Youth, est si contagieux et ex

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Good evening Scotland

MUSIQUES | Après Manchester en 2005 et Londres en 2009, Nuits Sonores remet le cap vers le Royaume-Uni, direction Glasgow. Une juste reconnaissance pour cette (...)

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

Good evening Scotland

Après Manchester en 2005 et Londres en 2009, Nuits Sonores remet le cap vers le Royaume-Uni, direction Glasgow. Une juste reconnaissance pour cette ville où naquit au début des années 80 The Pastels, groupe qui est à l'indie pop ce que Bret Hart était au catch américain : «the best there is, the best there was and the best there ever will be». Mais aussi Mogwai, Primal Scream, The Jesus & Mary Chain... Bref, pas mal de jeunes gens autrement plus cultes que les exhibitionnistes peinturlurés de Braveheart. Aucun d'eux ne sera de cette Carte blanche à la Maison de la Confluence. Brilleront en revanche par leur présence le duo Optimo (jeudi 29), qui fut au tournant du siècle le principal ambassadeur de la house scottish, et Kode9 (le lendemain), le pilote d'Hyperdub, vaisseau-amiral de la frange la plus atmosphérique et séditieuse du dubstep – dont Burial est la figure de proue. Côté guitares, le tiercé dans l'ordre est le suivant : The Amazing Snakeheads, dont les prêches électriques changent l'eau en bourbe aussi sûrement que celles de The Birthday Party en son temps, leur âme sœur da

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Gare au gorille

ARTS | Carrure d'ours mal léché, tenue d'aristocrate d'un temps que les moins de cent ans ne peuvent pas connaître, barbe et chevelure cendrées, deux anneaux à la lèvre (...)

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

Gare au gorille

Carrure d'ours mal léché, tenue d'aristocrate d'un temps que les moins de cent ans ne peuvent pas connaître, barbe et chevelure cendrées, deux anneaux à la lèvre qui scintillent tels des crocs sous une Lune blême, des barbelés d'encre sur le cou et la joue gauche.. Sven Marquardt a tout ce qu'il faut là où il faut pour tenir un rôle de shérif vampire dans la série True Blood. C'est pourtant à une toute autre figure mythologique qu'on l'associe communément : le Cerbère, en sa qualité de physionomiste du Berghain, le havre de décadence électronique que le monde envie à Berlin. Quand il n'y passe pas ses week-ends à refouler tel ou tel EasyJet-setter pour des motifs connus de lui seul, Sven Marquardt prend des photos – ce qui, connaissant la politique pour le moins intransigeante de son club vis-à-vis de cette pratique, ne manque pas d'ironie. De grands et beaux portraits en noir et blanc d'anonymes aux regards noirs et aux corps bohèmes dont les contrastes gothiques se superposent aux contours de la contre-culture allemande (qu'il documente depuis la chute du Mur), exposés pour la première fois en France au Goethe Institut jusqu'au jeudi 2

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Des paroles et des acts

CONNAITRE | Au départ simple frat party réflexive pour professionnels de la profession, le European Lab est devenu au fil des ans un véritable festival dans le (...)

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

Des paroles et des acts

Au départ simple frat party réflexive pour professionnels de la profession, le European Lab est devenu au fil des ans un véritable festival dans le festival, sorte d'écho numérique et citoyen au Mode d'emploi de la Villa Gillet visant à «donner la parole à une nouvelle génération d’acteurs européens pour réinventer les modèles culturels de demain». Ce vaste programme, Arty Farty le déclinera principalement à l'Hôtel de région en conférences à géométrie variable (et en apéros et soirées au Sucre, on ne se refait pas) dont les sujets, des mécanismes de starification au potentiel d'innovation des friches en passant par le rôle de la culture dans l'agencement de l'espace urbain, ne manquent sur le papier pas d'intérêt. L’aréopage de journalistes, élus, universitaires, entrepreneurs, artistes (le cinéaste-bidouilleur Michel Gondry, l'auteur de science-fiction Alain Damasio, dont le visionnaire et polyphonique La Zone du dehors mériterait un cycle d'exégèse à lui seul) et autres figures du milieu musical (Matt Black, moitié de Coldcut et co-fondateur du label Ninja Tunes, Dan

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Insomniaque – Semaine du 28 mai au 3 juin

MUSIQUES | Trois étapes du Circuit Nuits Sonores à ne pas manquer : Grandmaster Flash au DV1, NHK'Koyxen au Sonic et Moritz Von Oswald au garage Citroën. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

Insomniaque – Semaine du 28 mai au 3 juin

29.05 I'm Grandmaster Flash Pour Nuits Sonores, le DV1 sort de sa zone de confort et remonte aux sources du hip hop. Celles, croupissantes et mêlées de sang, du Bronx, dans lesquelles aurait pu s'embourber le jeune Joseph Saddler s'il n'avait passé son temps libre le nez dans la collection de vinyles de son père et les yeux rivés sur les platines des pionniers du DJing. Des super-héros naissent de ce genre d’obsession : lui deviendra Grandmaster Flash, one-hit wonder du rap politique (The Message, 1982) et DJ à la virtuosité surhumaine (il mixe de dos, avec ses pieds...) dont l'influence traverse encore les âges. After Dark Kouhei Matsunaga n'a pas attendu que Kraftwerk entre dans la troisième dimension pour arborer de très seyantes lunettes stéréoscopiques. Les vôtres ne vous seront d'aucune utilité lorsque ce passionné d'architecture et bruitiste patenté – originaire d'Osaka, il a très tôt c

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Berlinale 2014, jour 5. La carte et le territoire.

ECRANS | Inbetween worlds de Feo Aladag. Praia do futuro de Karim Aïnouz. Stratos de Yannis Economides. Dans la cour de Pierre Salvadori. The Darkside de Warwick Thornton. Butter on the latch de Josephine Decker.

Christophe Chabert | Mercredi 12 février 2014

Berlinale 2014, jour 5. La carte et le territoire.

Dernière ligne droite pour la Berlinale 2014, avec une journée de compétition particulièrement éprouvante. Les trois films présentés dans la course à l’Ours d’or représentaient chacun un écueil du "film pour festivals", et s’il reste quelques espoirs dans les jours à venir — avec le Linklater, le Claudia Llosa et les deux films chinois dont on ne sait à vrai dire pas grand chose — on voit mal comment Anderson, Resnais et la révélation ’71 pourrait manquer au palmarès final. La guerre, calme plat Commençons par Inbetween worlds, deuxième film de Feo Aladag après L’Étrangère, qui s’était frayé un chemin dans les salles françaises il y a quelques années. Ça va sans doute être plus dur pour celui-là, tant on y décèle ni personnalité forte derrière la caméra, ni traitement original de son sujet. On y voit un contingent de soldats allemands envoyé en Afghanistan pour sécuriser une zone que se disputent Talibans et villageois résistants. Le lieutenant chargé de l’opération, Jesper, fait appel à un traducteur, Tarik, lui-même pris "entre deux mondes", rêvant de quitter l’Afghanistan où on le prend pour un traître et où on men

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La griffe des Nuits

MUSIQUES | Faire d'un quartier-étendard en plein développement une plateforme festivalière cohérente : tel est le pari que s'est lancé Arty Farty pour l'édition 2014 de Nuits Sonores en investissant la Confluence. Au-delà de l'enjeu politique, force est d'admettre, à la découverte de la teneur de de sa programmation, que l'affaire est en bonne voie. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 26 février 2014

La griffe des Nuits

Depuis l'annonce de son déménagement à la Confluence, on se demandait bien, sorti de quelques évidences, quels lieux allait concrètement investir Nuits Sonores. On sait désormais que le Lab se répartira entre l'Hôtel de région et l'Hôtel de ville, tandis que la partie purement musicale du festival se déroulera sous les halles du Marché de Gros (qui avaient déjà accueilli les éditions 2009, 2010 et 2011), à la Sucrière (NS Days et Mini sonore), à la Maison de la Confluence (pour la traditionnelle carte blanche) et au Parc des Berges (pour le "Sunday Park", un événement de clôture présenté comme un clin d’œil convivial à l'extension de Nuits Sonores à Tanger). En attendant de voir comment le Sucre s’intégrera dans ce circuit et comment les collectifs Superscript² et Looking for Architectures l'habilleront, on remarquera que la programmation des Days, scindée en trois scènes (dont une extérieure), poursuit les efforts de thématisation et de brassage démographique produits l'an passé, mais cette fois avec un vrai souci d'équilibre. Comprenez par-là qu'aucune tête d'affiche ne devrait s'accaparer le public de la Carte blanche comme Laurent Garnier et Carl Cox l'ont fait en 20

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Insomniaque - Semaine du 20 au 26 novembre

MUSIQUES | Les 3 RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : Tim Paris au Terminal, Mr Scruff au Club Transbo et Robert Hood au Sucre. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 13 novembre 2013

Insomniaque - Semaine du 20 au 26 novembre

22.11 Tim Paris Le premier album de Gesaffelstein n'est pas seulement l'équivalent musical d'un trou noir. Il l'est aussi sur le plan médiatique, condamnant au néant tous les disques d'électro made in France publiés à sa suite. Ainsi de lui celui de Tim Paris, Dancers, irrésistible précis de dance music protéiforme (post-punk romantique, indie pop dolente, disco 2.0...) et "pygmalionnienne" - on y entend notamment l'exubérante rappeuse néo-zélandaise Coco Solid et le chanteur des Suuns - que ce discret vétéran de la house (vingt ans de carrière, dont cinq aux côtés de Ivan Smagghe via

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Insomniaque - Semaine du 4 au 10 septembre

MUSIQUES | Les trois soirées à ne pas manquer cette semaine : Al'Tarba et Lord Lhus au Kafé, Dubfire au Kao et le Start Festival du Sucre. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Lundi 26 août 2013

Insomniaque - Semaine du 4 au 10 septembre

06.09 Ninja Session #01Entre le hip hop et les arts martiaux, c'est une longue histoire d'amour, écrite aussi bien dans la langue du Wu-Tang Clan que dans celle de IAM. Le label Mutant Ninja, où sont domiciliés deux des MC lyonnais les plus doués du moment, Liqid et Andy Kayes, y ajoute un chapitre avec les Ninja Sessions. La première se tiendra cette semaine Ninkasi Kafé en présence du brillant beatmaker toulousain Al'Tarba et du rappeur ricain Lord Lhus, auteurs l'hiver dernier d'un album méchamment

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Quand la ville gronde

MUSIQUES | Ne jamais employer l'expression "envoyer du gros". C'est l'une des règles élémentaires du journalisme musical. Comme toutes les règles, elle a son exception : on peut y recourir pour parler de bass music, cette frange souterraine et tonitruante des cultures électroniques, et des événements qui la promeuvent, à l'image de l'impeccable Rumble Festival. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Vendredi 1 mars 2013

Quand la ville gronde

La scène se déroule au printemps 2003, à Clermont-Ferrand. Ce soir-là, la Coopérative de Mai accueille Fred Avril, compositeur de musiques de film dont la carrière pop fut aussi honnête qu'éphémère. Sa prestation, elle, n'a rien d'extraordinaire et le public le fait savoir en éclusant bruyamment ses bières. Soudain, il se saisit d'un potard géant et le tourne d'un cran. Un monstrueux bourdonnement s'échappe des enceintes. Silence dans la salle. Les vêtements se décollent des peaux comme des masques peel off. Il le tourne d'un cran supplémentaire. Les cages thoraciques résonnent au point qu'on ne s'entend plus battre du cœur. Encore un cran. La situation devient limite supportable. Avril reprend son set. Soulagement et déception dans l'assistance, encore saisie de cette impression unique d'être à la fois en pleine conscience de soi et sur le point d'exploser tel un œuf dans un micro-ondes. Impression qu'une seule musique nous aura fait éprouver depuis : la bass music. Marée de basses Autant dire que nous n'étions pas les derniers à nous réjouir lorsque, en 2011, est né le Rumble Festival, événement tout entier consacré à cette appellation d'ori

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Le line-up du Rumble Festival 2013

MUSIQUES | "Une grosse ligne de basse, voilà mon type de silence". Si vous vous retrouvez dans cet énoncé du rappeur Dizzee Rascal, le Rumble Festival ne vous est pas (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 2 janvier 2013

Le line-up du Rumble Festival 2013

"Une grosse ligne de basse, voilà mon type de silence". Si vous vous retrouvez dans cet énoncé du rappeur Dizzee Rascal, le Rumble Festival ne vous est pas inconnu. Vous devez même trépigner tel un poussin sur une poêle à frire dans l'attente de la troisième édition de ce grand raout de la bass music (drum & bass, dubstep, dancehall, trap, bref tout ce qui provoque des séismes au niveau de la cage thoracique), qui se tiendra du mercredi 6 au dimanche 17 mars à la Marquise, au Sonic, au Marché Gare, au Kao et au Transbordeur. Ce qui suit ne va pas arranger votre cas, puisqu'il s'agit du line-up quasi-complet de ladite édition, tout juste dévoilé. Et comme suffit à en témoigner la présence à sa tête d'une certaine paire de wonderboys écossais du hip hop instrumental et des proprios de l'intarissable source house Sound Pellegrino, il promet du lourd. Prenez une grande respiration, c'est parti : Hudson Mohawke & Rustie, Andy C, Sound Pellegrino Thermal Team (Tekilatex et Orgasmic), Om Unit, Brown & Gammon, Foamo, Free The Robots, J:Kenzo, Dismantle, Mono/Poly, Kowton, Darling Fara

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Bouger avec le «post»

MUSIQUES | Rock / Issus d’une branche commune mais cousins éloignés, Gregor Samsa et Fuck Buttons sont à Lyon cette semaine. Ils y exposeront deux visions alternatives d’une troisième voie possible entre post-rock résigné et néo-prog-rock naïf. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 15 mai 2008

Bouger avec le «post»

Découverte récemment et diffusée (malheureusement) sur NRJ 12, la série Friday Night Lights doit beaucoup à sa bande son. Plutôt que d’accumuler comme de rigueur les tubes indés, Friday Night Lights est sonorisée par le pape texan du post-rock, Explosions in the Sky. Empreinte sonore qui lui confère une langueur et une moiteur peu commune, un arrière-goût tenace d’ennui existentiel. Il faut dire que la série est la chronique passionnante, et paradoxalement délicieusement chiante, du culte voué au football américain dans l’un des bleds les plus pourris du Texas profond (tout le monde tuerait père et mère pour une victoire de l’équipe star du lycée, les Dillon Panthers). Plus que jamais ici, le post-rock s’affiche comme la bande son du renoncement. Une sorte d’impasse, de fin de l’Histoire de ce rock progressif qui dans les années 70 explorait la matière des utopies musicales jusqu’à épuisement. Une impasse étrangement raccord avec la société qu’elle décrit (et décrie), dans FNL ou pas. Ce qui explique sans doute les difficultés du post-rock, A Silver Mt. Zion mis à part, à dépasser son côté « post » justement, à voir plus loin : plus loin il n’y a rien. Mais certains

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Petite musique de (boîte de) nuit

MUSIQUES | Cela faisait un bail que l'on attendait la visite lyonnaise de Four Tet, alias Kieran Hebden, prodige de la miniature électro mélodique et poétique. Ce sera fait le 14 décembre à Grnd Zéro. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 20 décembre 2006

Petite musique de (boîte de) nuit

Vous avez forcément déjà croisé le nom de Four Tet quelque part, même si vous n'avez pas ses disques sur les rayons indie-pop ou électronique cérébrale de votre CDthèque... En effet, l'homme derrière ce faux groupe, Kieran Hebden, est un des plus fameux auteurs de remixes en activité, proposant ses services pour des pointures populaires comme Radiohead, Bloc Party ou Aphex Twin. Cela posé, on a dit deux gros mots en ouverture concernant Four Tet : indie-pop et électro-cérébrale. Vilaines facilités journalistique pour une musique infiniment complexe, qui charrie autant d'énergie que d'émotion, et sur laquelle on ferait mieux d'accoler l'étiquette de «poésie musicale» ou d'«onirisme sonore». Car Kieran Hebden aime sculpter avec ses machines des paysages qui ressemblent à des rêves éveillés, suite de visions parfois cotonneuses, parfois furieuses, en tout cas aux avants-postes de ce que l'électro et la pop produisent généralement. Le tour du monde en 80 minutes Le rêve d'Hebden commence avec son premier groupe, Fridge, à la fin des années 90. L'utopie d'un rock instrumental et abstrait qui ferait passer cette musique de l'adolescence à l'âge adulte est sur le poin

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