Big Shorter

Stéphane Duchêne | Mardi 3 juin 2014

Pour fêter son quart de siècle, Fort en Jazz s'offre, en guise de climax d'une déjà belle programmation (Magic Malick, Roberto Negro, Malia, Bigre !, Médéric Collignon Quartet, Carla Bley trio...), une petite escapade du côté de l'Auditorium en compagnie de Jazz à Vienne et, surtout, du saxophoniste Wayne Shorter. Ni plus ni moins que l'un des grands maîtres de la soufflante jazz, et l'un de ceux qui font le lien entre l'ancienne génération, celle de l'âge d'or, des Miles et des Coltrane, et la nouvelle pour ne pas dire "les" nouvelles. Car Shorter affiche haut ses quatre-vingts printemps, ce qui pour un jazzman n'est guère signifiant mais le serait beaucoup plus pour un rocker.
 

Shorter, c'est donc le saxophoniste du quintette de Miles de 1964 à 1971 – où il côtoya aussi Herbie Hancock, l'un de ses grands partenaires historiques au fil des âges – dont il fut le principal maître d'oeuvre en matière de composition. Mais Shorter, c'est aussi la figure marquante d'un des monuments du jazz-rock (dont il avait au préalable déjà emprunté la voie avec Miles) : Weather Report. Le pont avec le rock ne s'arrêtera d'ailleurs pas là, puisque l'on retrouva plus tard le saxophoniste aux côtés de Joni Mitchell et Santana et même des Rolling Stones (sur Bridges of Babylon). Désormais, et c'est ainsi qu'il se produira ici, Shorter officie en quartet, et ce depuis quatorze ans, avec Danilo Perez (piano), Brian Blade (basse) et John Patitucci (batterie). Soit une courte éternité dans sa carrière au long cours.
 

Stéphane Duchêne


Wayne Shorter Quartet

A l'Auditorium, vendredi 6 juin


Fort en Jazz

A l'Iris de Francheville, jusqu'au samedi 14 juin


Soirée Blue Note

Avec Wayne Shorter 4tet
Auditorium de Lyon 149 rue Garibaldi Lyon 3e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Magic system

MUSIQUES | Depuis plus de vingt ans, Malik Mezzadri, plus connu sous le nom de Magic Malik, trimballe sa flûte traversière sur toutes les scènes du monde et (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 10 juin 2014

Magic system

Depuis plus de vingt ans, Malik Mezzadri, plus connu sous le nom de Magic Malik, trimballe sa flûte traversière sur toutes les scènes du monde et multiplie les collaborations jusqu'à la limite de la schizophrénie esthétique. Surtout, avec ou sans son Magic Malik Orchestra, le natif d'Abidjan grandi en Guadeloupe se nourrit, avec un instrument pas forcément taillé pour la légende, d'expériences musicales sans limites, entre jazz, hip hop et électro. C'est ce dernier genre que Malik explore en compagnie de DJ Oil (des Troublemakers), Gilbert Nouno et Hubert Motteau à la batterie sur Tranz Denied. Mais, on s'en doute, en appliquant son propre système de pensée, d'écriture et d'interprétation. La flûte y est toujours présente, mais Malik joue de nombreux autres instruments et chante sur ce qui relève davantage d'une plongée dans des univers musicaux multiples : pop japonaise (le très ludique Shibuyi Memories), world music et donc électro, certes, mais jouée à la manière d'une formation jazz. Tranz Denied est donc un OVNI, ambassadeur idéal de festivals de jazz qui cherchent, comme Fort

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MUSIQUES | Festival / Comme chaque année, Vienne a mis les petits plats dans les grands pour se transformer en panthéon vivant du jazz. Alors, entre ici, Jazz à Vienne avec ton terrible cortège de jazzmen cacochymes, de colosses à saxos et de monstres sacrés déglingués. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 6 mai 2011

Le panthéon du Jazz

«Que de Vienne, que de Vienne», disait le poète. Mais que de jazz surtout cette année à Vienne, pour un festival qui se plaît toujours autant à faire valser les invités pour contenter les puristes tout en élargissant les horizons. Car encore une fois, comme dirait le docteur Dukan, il y a du lourd. Citons simplement quelques noms de légende, juste comme ça pour la fine bouche : George «Give me The Night» Benson, Tom Jones, empereur des vieux beaux à la voix de velours, indémodable à force de n'avoir jamais été à la mode. Ou encore le saxophoniste Sonny Rollins, «Le Colosse», 81 ans, qui ne sort plus guère de chez lui que pour revenir à intervalles réguliers faire fondre les pierres du théâtre antique. Miles Davis n'étant plus en capacité physique de réaliser un tel exploit, ce sont pas moins de trois autres légendes qui lui offrent un Tribute clés en main en la personne de l'éternel Herbie Hancock, Wayne Shorter et Marcus Miller. Pimp de l'espaceAjoutons Al Jarreau et l'un des pères du tropicalisme brésilien, par ailleurs ancien ministre de la Culture en son pays, Gilberto Gil et le tout commence à ressembler à un véritab

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