La tête et les jambes

MUSIQUES | Qui a dit que le vélo était un sport de ringards aux jambes rasées ? Pas le festival Roulez jeunesse, qui tout au long d'un programme alliant joie de la pédale et plaisir musical entend réconcilier petite reine et rois de la hype. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 3 juin 2014

Au départ, à ce qu'on avait entendu, Roulez Jeunesse entendait célébrer le cyclisme dans ce qu'il a, sans mauvais jeu de mots, de plus "classique" : les cuissardes à peau de chamois, le Tour de France, le bronzage en T. Autant de choses qui passionnent l'un des initiateurs de l'événement : le directeur du Transbordeur, Cyrille "Guimard" Bonin, incollable sur la petite reine et la Grande Boucle.
 

On ne sait guère ce qui a rendu cet événement moins orienté sur le versant Laurent Brochard de la pédale que vers son côté hip, toujours est-il que le chemin emprunté est un peu différent. Et peut-être un peu plus cohérent avec l'idée de mariage vélo-musiques actuelles – la vérité c'est que les mecs du Tour de France n'écoutent bien souvent que de la daube entre deux soufflantes de Marc Madiot dans l'oreillette ; la vérité c'est que le cycliste pro a les goûts musicaux de Gérard Holtz.
 

Niveau vélo en effet, ce sera plus ambiance fixie (ce vélo sans dérailleur qui fait fureur chez les hipsters qui aiment à prendre les bosses en 53x12), BMX, et bike polo (du polo garanti 100% sans cheval). Reste qu'il sera quand même permis de participer à un chouette relais sur le trop méconnu vélodrome de la Tête d'or – cent-vingts tours pour fêter les cent-vingts ans de ce vélodrome – et de profiter de tout un tas de réjouissances sur le thème de la pédale et du guidon, dont le programme entier vaut feuille de route d'une étape décisive. 

Locaux de l'étape


Et puis bon, Roulez jeunesse reste aussi un festival musical à l'écoute des tendances musicales du moment et ravitailleur de bon goût. Que ce soit au rayon électro – où, dans une opposition de styles typique du cyclisme, on verra notamment se tirer la bourre deux producteurs que tout oppose, d'un côté 2080, Lyonnais né avec une manette de Megadrive dans la bouche (les Svinkels réveillaient le punk, son électro-hip hop réveille le geek), de l'autre Arnaud Rebotini, le Pascal Brutal de la techno gothique – hip hop (une soirée Klub des Loosers / Schlaasss qui devrait finir au sprint) ou pop pour jeune suceur de roue de la tendance. Des concerts qui auront lieu pour certains dans l'après midi pour ne pas se refroidir les muscles. De ce point de vue, on ne risque pas d'être déçus avec, notamment, la participation pour le titre de meilleur jeune – maillot blanc – des locaux de l'étape Alexis and the Brainbow et Taïni & Strongs.


On succombera pareillement, une fois de plus, à la pop dopante mais ligne (à l'eau) claire de The Pains of Being Pure at Heart et à celle, moins sinueuse, de Fear of Men. On retrouvera également, par exemple à l'occasion du "Prologue", de vieilles connaissances, avec Bodybeat (trio mené par celui qu'on appelait jadis Red, auteur de quelques fameux albums de folk cintré, barré aujourd'hui vers Lille et des esthétiques en zigzag) ou encore, le lendemain, Fancy et son drôle de glam toujours dans les échappées les plus farfelus. Bref, l'occasion sera trop belle de se jeter quelques bidons sous la casquette.


Roulez Jeunesse
Du vendredi 6 au dimanche 8 juin 

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Unis par la vie : les sorties cinéma du 6 et du 13 octobre à Lyon

En salles | Nul besoin d’être marié pour voguer dans un même bateau et partager les pires tempêtes : ancêtres et descendants, frère et sœur, amis et amies, collègues… Peu importent les équipiers, du moment qu’on arrive à bon port…

Vincent Raymond | Mercredi 6 octobre 2021

Unis par la vie : les sorties cinéma du 6 et du 13 octobre à Lyon

En règle générale, c’est vers la famille qu’on se tourne pour trouver du secours en cas de pépin. De préférence, la sienne. Sauf dans Tralala (le 6 octobre) des frères Larrieu où, sur un quiproquo, un chanteur vagabond est pris pour le fils prodigue d’une lignée d’hôteliers de Lourdes… On aurait bien aimé aimer la comédie musicale composée par le duo Cherhal/Belin. À demi Demy, cette histoire de double s’avère hélas bancale ; en cause, des numéros chantés-dansés manquant de fluidité ainsi qu’une intrigue éparpillée faisant regretter le visionnaire Les Derniers Jours du monde. Une fin vécue dans Petite Sœur (le 6 octobre) de Véronique Reymond & Stéphanie Chuat suivant la relation entre un comédien gravement malade et sa jumelle, dramaturge persuadée qu’un retour sur scène aura des bienfaits thérapeutiques. La distribution étourdissante (les fusionnels Nina Hoss-Lars Eidinger, enfants d’une Marthe Keller azimutée, Thomas Ostermeier en bonus…) tempère la gravité de ce drame suisse intime où le deuil se fabrique en direct. On tient là un film précieux, d’une douloureuse beaut

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Erotic Market : « être non-essentiel, c'est super ! »

Pop | Au Périscope pour présenter la version live de Boredoms & Heartstrings, revisite avec quatuor à cordes de Boredoms, Marine Pellegrini revient sur l'évolution d'Erotic Market, la genèse de ce projet mais aussi les difficultés créatives rencontrées ces derniers mois avec le Covid dans le sillage d'une dépression. Et d'un retour aux affaires qui ne va pas de soi pour tous les musiciens.

Stéphane Duchêne | Mercredi 22 septembre 2021

Erotic Market : « être non-essentiel, c'est super ! »

Tu as poursuivi en solo le projet Erotic Market il y a quelques années, après le premier album du groupe. Pourquoi avoir choisi de continuer sur le même projet ? Marine Pellegrini (Erotic Market) : Quand Lucas [Garnier, autre moitié fondatrice du duo] a décidé d'arrêter en 2016, je n'avais aucune raison esthétique de changer. Pour moi ça restait un contexte que j'aimais, un nom que j'aimais, un style qui me convenait. Je n'avais aucune raison de changer, si ce n'est de jouer le jeu du chat et de la souris avec les programmateurs et les médias, en agitant un nouveau projet. Mais Erotic Market, c'était qui j'étais. Tu t'es mise à travailler différemment ? À la base avec Lucas, je faisais les premières ébauches, texte-musique, et lui étirait tout, il arrangeait. Ça partait toujours d'idées à moi. Aujourd'hui, je travaille un peu de la même façon sauf que je vais peut-être un peu plus loin dans la composition. Mais je fais toujours appel à des gens extérieurs pour arranger, finir de dispatcher les sons. Avoir une vue d'ensemble sur les morceaux, c'est quelque chose que je n'arrive pas à faire. Sur Queend

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"Mobylette" de Frédéric Ploussard : grande brêle

Roman | Depuis l'Ardèche, où il vit désormais, l'auteur lorrain Frédéric Ploussard a commis l'un des plus terribles (et sans doute le plus drôle) romans de la rentrée littéraire. Ça s'appelle Mobylette, c'est nourri au mélange et ça pétarade sec.

Stéphane Duchêne | Vendredi 10 septembre 2021

Originaire du Clinquey, qui figure une version fictionnelle de Briey — riante cité de Meurthe-et-Moselle dont les deux plus illustres pensionnaires furent Michel Platini qui en fréquenta le collège (L'Assomption) depuis son Jœuf voisin et Francis Heaulme qui passa son enfance dans la Cité Radieuse tracée par Le Corbusier — Dominique est un homme trop grand, « un mec au-delà », qui aurait dû s'appeler Laurent mais finalement non. Dominique est éducateur spécialisé dans les Vosges, au foyer de la Dent du diable, un nom qui pose le décor. Dominique s'occupe de gamins passablement cintrés : Franck a pour hobby d'étêter des poules (« c'était notre spécimen de la catégorie chasseur-cueilleur, ce garçon. (…) Il avait joué au foot pendant une semaine avec un chat mort avant d'être exclu du club de foot. (…) Il était le seul gosse que j'avais vu mordre un chien »), Cindy aime un peu trop les flammes (« Le psychiatre du secteur n'avait rencontré Cindy qu'une fois depuis son arrivée au foyer. Quatre minutes d'entretien et il avait

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Au Boui Boui, un Réda Cheraitia bien trempé

Humour | Pour son troisième one man show, Réda Chéraitia livre un vrai-faux portrait de lui-même, ne s’épargnant pas et avec quelques piques bienvenues sur l’époque.

Nadja Pobel | Dimanche 22 août 2021

Au Boui Boui, un Réda Cheraitia bien trempé

Voilà donc qu’il est vieux. Quadra (pas plus), le comédien entame son seul en scène par une entrée physique et tonitruante qui le met à genoux. Et de décliner ce qui se déglingue dans le corps tout en assumant le vocabulaire que les natifs du XXIe siècle ne peuvent pas comprendre, du temps où l’on faisait ses courses chez Mammouth, où l’on circulait en Renault 12 et où les Roms étaient des Romanichels. De sa vie « simple », il va pourtant tordre la réalité pour tenter le gore d’une adoption de lépreux et voir jusqu’où le public peut suivre. Et ça va loin. À l’image de ce que peut jouer Blanche Gardin, que le comédien cite volontiers comme référence à l’issue de la représentation. « L’âge n’a aucune importance » lui a dit un prof de théâtre. Il s’en souvient dans ce spectacle comme de ces trois années passées au Conservatoire régional de Normandie — cette ligne de son CV revient-là comme un gimmick. Et c’est aussi une façon de montrer qu’il ne s’enferme pas dans une case, puisqu’il ne cesse d’alterner les one-man (son précédent, Stand by, créé il y a dix ans tourne encore) avec du théâtre musical comme Ceci n'est pas un

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Enrico Casarosa, réalisateur de “Luca” : « je m’identifie beaucoup à Miyazaki »

Pixar | Le réalisateur du nouveau Pixar (exclusivement visible en streaming sur Disney+) évoque quelques-unes des inspirations ayant guidé son trait et sa palette vers cet univers bariolé peuplé de monstres marins et d’une Italie idéale : celle de la Dolce Vita et des côtes. Propos rapportés.

Vincent Raymond | Jeudi 15 juillet 2021

Enrico Casarosa, réalisateur de “Luca” : « je m’identifie beaucoup à Miyazaki »

Pourquoi cette décision de réaliser le film dans un décor du littoral Italien ? Enrico Casarosa : J’ai eu la chance de grandir à Gênes. J’ai passé tous mes étés sur le littoral Italien, en compagnie de mon meilleur ami qui s’appelait vraiment Alberto. Nous avons sauté des falaises pour plonger dans la mer ensemble… Enfin, il m’a surtout poussé ! Le littoral en Ligurie a une cote particulière, très escarpée : les montagnes paraissent s’élever droit au-dessus de l’océan. Et j’ai toujours aimé tout particulièrement les Cinque Terre. On dirait que ces cinq petites villes viennent de sortir de la mer et s'accrochent à la montagne afin de ne pas tomber. C’est un lieu vraiment unique, qui me semblait l’endroit idéal pour rendre hommage à la culture italienne : la petite ville ouvrière, le bleu de la mer… C'est très particulier, et ça me rappelle mes souvenirs d’enfance, notamment cette notion autour des amitiés qui nous changent et nous font grandir qui est cœur du film. Quelles recherches avez-vous faites pour ce film ? Concernant les villes qui nous ont inspirés, il y avai

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“Luca“ : Italia belle eau

Sur Disney+ | Le dernier Pixar en date, court et beau, dispo sur Disney+.

Vincent Raymond | Vendredi 25 juin 2021

“Luca“ : Italia belle eau

Aux abord des côtes italiennes, Luca est un gentil petit monstre marin tenu à l’écart des humains par ses parents. Jusqu’à ce qu’il rencontre Alberto : celui-ci lui révèle qu'il peut prendre forme humaine sur terre. Les deux amis vont s’enfuir et s’inscrire à un concours leur ouvrant le monde… Luca tranche par la simplicité de son intrigue — ce qui ne signifie pas qu’elle soit simpliste — comme en atteste la brièveté du film. Rappelant par son esprit “entre terre et mer“ Ponyo sur la falaise ou Lou et l’île aux sirènes, l'arc dramatique principal, la quête de Luca et d’Alberto, est elle-même basique, à hauteur de rêve d’enfant (même si la Vespa symbolise davantage qu’un deux-roues, la liberté et l’émancipation de leur quotidien, l’adolescence, etc.) ; l'unité de temps (l’été), de lieu (le village façon Cinque Terre), et d’action (la préparation du concours) est par ailleurs respectée. Cette épure presque nippone s’avère aussi bienvenue : en resserrant le film sur l’essentiel, sans digression, elle permet aux plus jeunes spectateurs de mieu

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Lyon BD Festival : là où les dessins s'animent

Bande Dessinée | Officiellement, la 16e édition du Lyon BD Festival se tient les 12 et 13 juin. Mais chacun sait que, dans les faits, le rendez-vous de la bande dessinée a commencé depuis une septaine déjà. Rien à voir avec quelque éviction prophylactique : entre le off et le in, c’est tout le mois de juin qui est contaminé par le 9e art. Et aussi, surtout, l’ensemble de la vi(ll)e de Lyon…

Vincent Raymond | Vendredi 11 juin 2021

Lyon BD Festival : là où les dessins s'animent

Les éditeurs feront sans doute un peu grise mine cette année du fait de l’absence de barnum place des Terreaux accueillant les stands à leurs couleurs — et leurs auteurs. Mais le pragmatisme l’emportant toujours sur la déception, ils se consoleront vite en considérant le verre rempli à ras-bord : la tenue en présentiel d’un des plus grands festival de bande dessinée de France, avec un programme conforme en ambition, en diversité et propositions, avec ceux déployés lors des éditions précédentes — on imagine les trésors d’inventivité qu’il aura fallu mettre en œuvre ! Fidèle à sa philosophie, Lyon BD poursuit en effet cette politique du “décloisonnement“ qui a fait son succès en révélant l’infini extraordinaire des interactions potentielles entre, d’une part, un art séquentiel lui-même multiple dans ses modes d’expression, et de l’autre toutes les disciplines culturelles et/ou les lieux les abritant dans la cité. En gagnant de nouveaux à sa cause chaque année, telle la Biennale de la Danse pour cette édition. Ça repart en live ! Au-delà des dédicaces (lesquelles ont toujours cour

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Kebab de Chëf, comme à Berlin

Food | Chaque midi, une foule d’affamés attend, parfois une heure durant, de pouvoir croquer dans un kebab de Chëf (10 rue Terme, de 11h30 jusqu’à la fin des (...)

Adrien Simon | Mercredi 19 mai 2021

Kebab de Chëf, comme à Berlin

Chaque midi, une foule d’affamés attend, parfois une heure durant, de pouvoir croquer dans un kebab de Chëf (10 rue Terme, de 11h30 jusqu’à la fin des broches, fermé le dimanche). Un pain turc généreusement garni de lamelles de poitrine de veau mariné (ou de poulet, et même de seitan), d’une tonne de légumes cuits et crus (dont du chou rouge), de feta, et d’un trait de jus de citron, comme à Berlin. Ce qui fait courir les amateurs, c’est la promesse d’un 'dwich intégralement maison : du pain aux sauces, en passant par la broche assemblée sur place. Besma Allahoum, qui a mûri le projet pendant quatre ans avec son frère Redouane, jure qu’elle ne boostera pas le volume au détriment de la qualité. « On n’a même pas de congélateur » ajoute-t-elle en riant.

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Red Star : la ligne rouge

Football | Vainqueur de 5 coupes de France dans son âge d'or de l'entre-deux et de l'immédiat après guerre, champion de France en... 1911, en 124 ans d'existence, le Red Star a changé près de dix fois de nom, connu autant de fusions, failli mourir plus souvent qu'à son tour et emprunté une quarantaine de fois le proverbial ascenseur reliant les différentes divisions pro et amateur du football français. Actuellement en National, le club de Saint-Ouen fondé en 1897 par Jules Rimet, le père de la Coupe du Monde, n'en est pas moins un modèle de club populaire, historiquement ancré à gauche et... à la pointe du marketing sportif, assumant ce statut étrange de deuxième grand club d'une agglomération parisienne qui n'en compte qu'un. À l'occasion de son match du 8 avril contre l'OL en huitième de finale de la Coupe de France, focus sur LE club pas comme les autres du football français.

Stéphane Duchêne | Mardi 30 mars 2021

Red Star : la ligne rouge

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Eva Offredo : un Japon graphique pour petits et grands

Kids | Voyage en circuit court au lointain. C'est que propose la maison d’édition lyonnaise Maison Georges avec ce merveilleux ouvrage d'Eva Offredo pour enfants, pour tout savoir du Japon via les femmes qui font ce pays.

Nadja Pobel | Mardi 16 février 2021

Eva Offredo : un Japon graphique pour petits et grands

Higasa est ensableuse, Kodomo artiste chingogu, Chawan restauratrice kintsugi. Le vocabulaire n’est pas un verrou mais un délicat mystère qui se résout au fil des pages et des dessins d’Eva Offredo dans Yahho Japon (Yahho étant le « salut que s’adressent les petites filles japonaises »). À travers le portrait de huit femmes se révèle un Japon à la fois ancestral et archi contemporain, pratique et plus contemplatif. À hauteur d’enfants (dès 7 ans), l’autrice et illustratrice n’oublie pas de glisser quelques fondamentaux d’aujourd’hui, sans en faire des slogans : l’écriture inclusive qui ne concerne que quelques mots ici, une attention particulière à un personnage qui préfère moquer plutôt que déifier la surconsommation — en faisant des œuvres muséales d’une capuche à hublots ou d’un refroidisseur de nouilles. Chaque récit — une couleur monochrome attribuée à chacun d’eux — se décline en dix planches qui frayent parfois avec les poupées russes tant l’une entraîne l’autre. Ainsi, en marron, via Tsuyu, meunière et maîtresse soba, il est question

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Nova Lyon : les précisions de l'ex-directeur, Alfredo Da Silva

Médias | Suite à l'article paru sur notre site jeudi 14 janvier, révélant l'annonce de son licenciement début janvier par la direction parisienne de LNEI (le groupe possédant Radio Nova), Alfredo Da Silva — ex-directeur de Nova Lyon et toujours propriétaire de 49% des parts, les 51% restant appartenant à la SAS de Matthieu Pigasse — a souhaité publier un droit de réponse avec ses précisions.

Sébastien Broquet | Vendredi 15 janvier 2021

Nova Lyon : les précisions de l'ex-directeur, Alfredo Da Silva

« M. Da Silva souhaite démentir les propos avancés dans l'article du Petit Bulletin du 14/01/2021 au sujet de son travail, notamment la gestion dite "légère", les locaux sur la péniche, les résultats d'audience, et préciser : - La gestion budgétaire stricte en respectant le budget établi - La mise en place d'une équipe de professionnels pour l'éditorial avec l'augmentation de l'audience régulière depuis le début (cf. Médiamétrie) - Les nombreux soutiens culturels obtenus localement au moment de l'obtention de la fréquence - L'installation sur une péniche, visitée par la direction du groupe, lieu exceptionnel et emblématique pour une radio, bénéficiant d'un loyer très inférieur au prix du marché dans le quartier de la Confluence - Plus récemment, le travail sur le dossier déposé auprès de la Ville de Lyon ayant permis une aide de 25 000€ au titre du Fonds d'urgence pour la Culture, dans le cadre de la pandémie. »

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Le directeur de Nova Lyon, Alfredo Da Silva, licencié

Médias | Une nouvelle ère s'ouvre pour Nova Lyon, qui souhaite se relancer avec le licenciement de celui qui en était le directeur et avait opéré en 2017 la fusion avec l'ancienne radio associative RTU, Alfredo Da Silva.

Sébastien Broquet | Jeudi 14 janvier 2021

Le directeur de Nova Lyon, Alfredo Da Silva, licencié

La réorganisation de Radio Nova se poursuit : après l'arrivée à la direction générale du groupe LNEI (la SAS de Matthieu Pigasse possédant la station) de Emmanuel Hoog en mai 2019, puis la nomination de Mélanie Mallet — une historique de la radio fondée par Jean-François Bizot — comme directrice déléguée de Nova, après aussi le départ de Bernard Zekri en janvier 2020, c'est désormais l'antenne locale lyonnaise qui change de tête : le directeur de la station, Alfredo Da Silva, a été licencié en ce début d'année 2021. En cause, une gestion jugée trop légère et l'achat à titre personnel de la péniche amarrée quai Rambaud, où sont situés les locaux loués à la radio depuis quelques mois, sans prévenir la direction parisienne — laquelle n'a pas souhaité répondre à nos sollicitations. Pour l'instant, aucun remplaçant n'a été nommé à la direct

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Les Sète cents coups : "Jeunesse sauvage" de Frédéric Carpentier

Drame | Portrait d’une jeunesse à la marge, entre la cour de récréation et la cour des grands, à la lisière de la délinquance et du crime ; portrait d’une jeunesse à la rue et sans amour, à l’heure des choix ou de la mort. Un premier long-métrage réussi de Frédéric Carpentier.

Vincent Raymond | Vendredi 26 juin 2020

Les Sète cents coups :

Les rues de Sète. Quand il ne veille pas sur son père malade psychique SDF, Raphaël règne sur son gang avec sa gueule d’ange. Détroussant les passants, piquant des caisses, il joue volontiers du poing sans jamais aller trop loin. Pas assez pour son bras droit Kevin qui, lui, en veut plus… Quelque part entre L’Enfant sauvage vieilli et un Pickpocket contemporain, Raphaël est le héraut de cette jeunesse farouche et féroce si bien dépeinte par le titre, autant que le héros d’une épopée dont on devine dès les premières images sa trajectoire de longue fuite tragique. Redoutable de beauté solaire, inquiétant comme ces démons androgynes nés de la plume de Manara ; prénommé comme l’archange annonciateur du Jugement dernier et le peintre de la délicatesse, Raphaël est aussi un concentré de paradoxes, écartelé entre ses pulsions de conquête violente et la prescience d’une fatalité immanente. S’il donne l’impression de reprendre à son compte la phrase de Chirac « un chef doit cheffer

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Éditions Le Clos Jouve : « créer sa propre chaîne du livre »

Littérature | Fringants cinquantenaires dont les vies au croisement du militantisme, de la littérature et de la cinéphilie n'ont pas réussi à émousser les envies et les utopies, Frédérick Houdaer et Philippe Bouvier ont fondé il y a plusieurs mois à la Croix-Rousse une petite maison d'édition farouchement indépendante, Le Clos Jouve, qui fait déjà beaucoup parler. Et vient d'éditer deux textes, bijoux de concision à la résonnance politique qui n'ont pas tardé à rencontrer le succès, Le Jour où la dernière clodette est morte signé Judith Wiart et J'essaie de tuer personne de Sammy Sapin. Rencontre avec deux personnages.

Stéphane Duchêne | Mercredi 24 juin 2020

Éditions Le Clos Jouve : « créer sa propre chaîne du livre »

Est-ce bien sérieux de nos jours de monter une maison d'édition ? Frédérick Houdaer : Oh que oui, et Dieu sait que je ne découvre pas la petite édition. Dans le paysage rhônealpin, il y a des aventures éditoriales qui sont en train de se terminer. Il est vraiment temps que de nouvelles maisons prennent un risque. Pour nous deux c'était une vraie nécessité. Philippe avait déjà une expérience éditoriale en s'occupant du Grain de Sel, moi j'avais dirigé deux collections pour les éditions À plus d'un titre et Le Pédalo Ivre et beaucoup publié comme auteur dans des réalités différentes. On a tous les deux 50 ans et c'était le moment dans notre calendrier personnel de nous lancer. Philippe Bouvier : C'est aussi l'aboutissement de certains échecs dans nos vies artistique ou professionnelle mais aussi du constat qu'il y a un certain nombre de gens avec lesquels on n'a plus envie de travailler, qui affichent des valeurs et qui dans la vie se comportent comme des salopards. On a donc rompu avec ça, posé un certain nombre de règles entre nous, en pa

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Les Red Hot seront au Felyn Festival en 2021

Rock Fusion | À peine le temps d'annoncer sa naissance au Parc OL et son affiche des 19 et 20 juin (bon, on exagère un peu) que le Felyn Festival a dû rentrer dans sa (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 11 juin 2020

Les Red Hot seront au Felyn Festival en 2021

À peine le temps d'annoncer sa naissance au Parc OL et son affiche des 19 et 20 juin (bon, on exagère un peu) que le Felyn Festival a dû rentrer dans sa tanière pour se confiner, annuler et se reporter au 18 et 19 juin de l'an 2021. Mais avec qui ? Bonne question. Une réponse vient de tomber puisque les Red Hot Chili Peppers, après avoir checké leur agenda de rock stars ont confirmé qu'ils seraient bien présents à la date du 19 juin. Ainsi les détenteurs d'un ticket pour le concert initialement prévu qui, la mort dans l'âme, se dirigeaient le pas lourd vers le formulaire de remboursement en ligne, pourront conserver leur précieux sésame qui restera donc valable. On attend la suite de la reprogrammation en croisant très fort tout ce qu'on peut croiser pour qu'une chauve-souris n'attrape pas un rhume l'

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Frédéric Legros : « on a travaillé deux fois plus vite pour être prêts »

Palais Idéal du Facteur Cheval | Comme beaucoup de responsables d’institutions culturelles, Frédéric Legros se souviendra du printemps 2020 comme d’une saison non en enfer, mais au purgatoire. Le directeur du Palais Idéal du facteur Cheval se projette néanmoins avec confiance dans l’avenir…

Vincent Raymond | Vendredi 29 mai 2020

Frédéric Legros : « on a travaillé deux fois plus vite pour être prêts »

Comment s’est déroulée votre réouverture ? Frédéric Legros : Pour tout vous dire, nous nous attendions à rouvrir en juin. Et au cours d’une conférence de presse, le préfet de la Drôme a annoncé qu’il invitait les musées et différentes structures du département à rouvrir au public, dont le Palais Idéal — seule structure nommément citée. On a donc accéléré le travail en cours sur le protocole de réouverture qui passait notamment par la mise en place d’une billetterie en ligne et d’un système de réservation, ce qui n’avait jamais existé au Palais. On l’avait prévu pour juin afin de gérer les flux, et au finale on a travaillé deux fois plus vite pour être prêts. Mais c'était plutôt heureux d’avancer dans ce sens. D’autant que ça été vécu vraiment comme une bonne nouvelle, et un très bon signe. La semaine dernière j’ai fait une réunion en visio avec les différents partenaires de la Communauté de commune — 39 communes entre l’Ardèche et l

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Le Felyn Festival confirme son annulation

Festival | Le festival monté par Vivendi et l'Olympique Lyonnais prévoit une édition en 2021.

Sébastien Broquet | Mercredi 15 avril 2020

Le Felyn Festival confirme son annulation

On l'attendait, elle est arrivée : l'Olympique Lyonnais a confirmé ce mercredi après-midi l'annulation de la première édition du Felyn Festival qui devait se dérouler en juin au Parc OL, avec des têtes d'affiche comme Red Hot Chili Peppers et Bad Bunny. Loupé, le Covid-19 aura eu raison de cette première édition dont la soirée du samedi était annoncée complète, mais pas de la volonté de Jean-Michel Aulas de se lancer dans le divertissement musical : il y aura bien un Felyn Festival les 18 et 19 juin 2021. Les modalités de remboursement seront communiquées ultérieurement.

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Les mamans et les putains : "Filles de joie"

Drame | Axelle, Dominique et Conso, trois voisines du Nord de la France, franchissent la frontière belge chaque jour pour proposer leurs faveurs en maison close afin d’améliorer un ordinaire misérable. Les rêves en berne, l’usure morale le dispute à la déchéance physique et au mépris des proches…

Vincent Raymond | Mercredi 24 juin 2020

Les mamans et les putains :

Comme chez Brassens, « c’est pas tous les jours qu'elles rigolent/Parole, parole », les trois “filles“ du titre. La joie reste sous cloche dans ce film à la construction aussi subtile que décalée, rendant bien compte de la situation bancale de chacune au sein du groupe, autant que de leur individualité. Nous ne sommes pas ici dans l’habituel configuration des filières de l’Est ou du Sud et des portraits de filles réduites en esclavage par des réseaux mafieux, puisque ces travailleuses du sexe n’ont pas de souteneur. En apparence, seulement : l’argent qu’elles gagnent si péniblement ne leur profite pas, servant à nourrir la mère azimutée et les gosses de l’une, financer les extras des enfants ingrats de l’autre, alimenter les rêves chimériques d’extraction sociale de la troisième… La prostitution est rarement un choix, et le trio composé par Frédéric Fonteyne & Anne Paulicevich ne s’y adonne pas par plaisir. Ce qu’il révèle surtout d’un point de vue sociologique, c’est que le recours au commerce de son corps, jadis réservé aux plus pauvres des plus pauvres, à ce quart-

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Body Count et The Hives complètent la programmation

Felyn Festival | Le Felyn Festival dévoile de nouveaux noms, parmi lesquels Body Count emmené par Ice T.

Stéphane Duchêne | Jeudi 30 janvier 2020

Body Count et The Hives complètent la programmation

On connaissait déjà depuis novembre quelques noms de la programmation de ce drôle de "Stadium festival" que sera le Felyn en juin prochain au Parc OL. Avec les annonces de Bad Bunny, DJ Snake et Dadju (le 19 juin) le festival optait pour une orientation urban pop que venait compléter un dinosaure de la musique de stade en la personne des Red Hot Chili Peppers, icône de la fusion des années 90 taillé pour le gigantisme live, programmée le 20 juin. La deuxième vague d'annonce d'une programmation désormais complète confirme et infirme tout à la fois ces deux tendances. Avec le rap métal californien rageur du Body Count d'Ice T (autre emblème de la fusion 90's) ce sont là encore les années 90 et la touche urbaine – ainsi que la puissance de feu live – qui sont visées. D'une certaine manière on pourrait tenir

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À l'école de l'Anthropocène : Les Soucis de la terre

Réflexion | Pour sa deuxième édition, la déjà indispensable École de l'Anthropocène réinvestit les Halles du Faubourg pour passer notre ère à la question et – peut-être – sauver le monde.

Stéphane Duchêne | Mardi 21 janvier 2020

À l'école de l'Anthropocène : Les Soucis de la terre

Au vu du succès rencontré par sa première édition et du délitement toujours plus inquiétant du monde (poke l'Australie), nous voici de retour À l'école de l'Anthropocène — cette époque, la nôtre, où les activités humaines ont un impact important sur la biosphère — pour une vaste semaine de réflexion portée par l'École Urbaine de Lyon. L'idée, défendue pa son directeur Michel Lussault : « débattre des questions liées aux défis que nos sociétés vont devoir affronter en raison des effets du changement global dont les manifestations sont de plus en plus flagrantes. » « Faire école » c'est bien ici ce dont il s'agit au rythme de cours, ouverts à tous, aussi denses que passionnants, dans le sillage de spécialistes pluridisciplinaires . À celà viennent s'ajouter débats ("A-t-on eu raison d'inventer l'agriculture ?", "Faut-il attendre un post-capitalisme réparateur ?"), ateliers et

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Red Hot Chili Peppers pour clôturer le festival de l'OL

Felyn Festival | Les quatre premiers noms de la programmation du tout nouveau festival Felyn, initié par l'Olympique Lyonnais et Vivendi, ont été annoncés. Rendez-vous les 19 et 20 juin 2020.

Sébastien Broquet | Mercredi 20 novembre 2019

Red Hot Chili Peppers pour clôturer le festival de l'OL

On s'en doutait un peu, c'est confirmé : la tendance du festival Felyn, côté musical, est axée jeune et urban pop. Trois gros noms qui tournent sur les radios commerciales, dont le succès se compte au nombre de vues YouTube, ont ainsi été dévoilés : DJ Snake (proche un temps de Diplo et de sa bande de Mad Decent, producteur de quelques stars mainstream du style Lady Gaga, Justin Bieber ou plus intéressant, AlunaGeorge), Bad Bunny (du reggaeton de Porto Rico) et Dadju (le frère de Gims). Rien de bien affolant jusque-là si on a passé le cap de l'adolescence. Mais le gros morceau, c'est la venue à Lyon, pour clôturer le festival, des Red Hot Chili Peppers. Les Californiens feront au Parc OL leur seule date française — on imagine sans mal que le prix à payer côté cachet pour cette exclu, pour la première édition d'un festival qui n'a donc pas encore l'historique d'un Vieilles Charrues, s'écrit avec plusieurs zéros derrière. Formé en 1983 autour de l'emblématique chanteur Anthony Kiedis et de Flea à la basse, le groupe deviendra l'un des fleurons de ce que l'on appelait alors la fusion ; so

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La Nouvelle star Beaujolais

Festival | Si vous avez malencontreusement loupé la jeune étoile pop stéphanoise Paillette en showcase, ce mardi 19 (date de l'ouverture de Nouvelles Voix), la voilà de (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 19 novembre 2019

La Nouvelle star Beaujolais

Si vous avez malencontreusement loupé la jeune étoile pop stéphanoise Paillette en showcase, ce mardi 19 (date de l'ouverture de Nouvelles Voix), la voilà de nouveau sur scène au Centre culturel de Gléteins à Jassans-Riottier (depuis Villefranche, prendre à droite après l'Ain, la rivière), à retrouver également le 12 décembre au Théâtre de Tarare. Comme chaque année, Nouvelles Voix lève le voi(x)le sur la jeune production française tous azimuts : blues cajun de Delgres ; pop dahocompatible de Parka Valentine mais aussi la shiva rap-pop Aloïse Sauvage, clairement la prochaine grosse chose du paysage pop français ; la très alanguie Vendredi sur Mer, le hip-hop Buzz boosté de Blu Jaylah, et un autre Stéphanois, ténor du rap décloisonné Zed Yun Pavarotti. Tout cela, et d'autres choses à défricher au gré de déambulations caladoises jusqu'au 22 novembre.

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Au Réverbère, le pas au-delà

Photographie | Avec sobriété, voire humilité, l'exposition Par-delà le paysage réunit six photographes sur la thématique, toujours revisitée et toujours émouvante, du paysage.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 19 novembre 2019

Au Réverbère, le pas au-delà

Par-delà le paysage titre la nouvelle exposition collective de la galerie photo Le Réverbère. On pressent dès lors qu’il faudrait franchir le pas, aller au-delà d’une ligne d’horizon toujours éloignée et attirante, pousser le paysage à ses confins, si ce n’est lui faire rendre gorge… Et pourtant concrètement, sur les cimaises de la galerie, il n’y a que ça, des paysages. Corses avec François Deladerrière qui, même sur l’île de beauté, décale comme habituellement son regard, trébuche sur de drôles de roches découpées par une route, ou s’alanguit sur un sapin qui a rendu l’âme. Poétiques et presque abstraits avec Pierre Canaguier qui nous élève parmi les lignes blanches d’avions dans le ciel ou les taches poignantes de nuées, quand ce n’est pas dans la transparence d’une cage de foot quasi abandonnée et à travers laquelle on perçoit son unique gardien, un bosquet esseulé. En face de Canaguier,

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Deerhunter, l'a-disparition

Collapso-pop | De retour avec Why Hasn't Everything Already Disappeared ? et sur la scène de l'Épicerie Moderne, Deerhunter et son leader Bradford Cox bâtissent des merveilles de chansons-requiems sur le terreau fumant de notre monde fatigué d'agoniser.

Stéphane Duchêne | Mardi 12 novembre 2019

Deerhunter, l'a-disparition

« L’espèce humaine est sans doute la seule à avoir inventé un mode spécifique de disparition, qui n’a rien à voir avec la loi de la nature. Peut-être même un art de la disparition. » écrivait Jean Baudrillard dans Pourquoi tout n'a-t-il pas déjà disparu ?. Le voilà le problème avec l'espèce humaine, cette prétentieuse : donnez lui la possibilité de se foutre en l'air, voilà que non seulement elle fait durer le plaisir mais en plus elle en fait un art. Deerhunter, de son côté, en fait un disque qui reprend à son compte et en guise de bannière le questionnement du philosophe : Why hasn't everything already disappeared ?. Connaissant la propension de Bradford Cox à se soumettre à la torture en pressant ses états d'âme jusqu'à la dernière goutte, les tordant jusqu'à essorage, on eût pu s'attendre à une forme apocalyptique et ravageuse, millénariste et rageuse. C'est en fait tout l'inverse qui voit le protée d'Atlanta déployer une pop baroque comme un terri

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Frédéric Mitterrand annule sa venue au Radiant

Annulation | « Pour des raisons de planning le spectacle Bonsoir avec Frédéric Mitterrand programmé au Radiant le jeudi 7 novembre prochain doit être annulé sans (...)

Vincent Raymond | Mercredi 30 octobre 2019

Frédéric Mitterrand annule sa venue au Radiant

« Pour des raisons de planning le spectacle Bonsoir avec Frédéric Mitterrand programmé au Radiant le jeudi 7 novembre prochain doit être annulé sans possibilité de report ». Tel est le message lapidaire posté par la salle caluirarde sur son site. Peste ! L’ancien ministre de la Culture aurait-il été finalement élu à l’Académie française — après ses deux échecs — et retenu par une séance du jeudi ? Ou bien appelé à une nouvelle haute fonction, après la direction de la Villa Médicis et son maroquin de la rue de Valois ? À moins que son scooter ne soit tombé en panne… Il n’en est rien, rassurez-vous ! L’ex-animateur de radio et de télévision se contente ce soir-là d’une modeste carte blanche dans « la salle intimiste de 330 places » de l’auditorium du Musée d’Orsay, à Paris, en lieu et place d’un spectacle devant les 640 fauteuils du Radiant. Une preuve d’humilité, à n’en pas douter…

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Pas sages mais protégés : "Hors Normes"

Comédie | Au sein de leurs associations respectives, Bruno et Malik accueillent ou accompagnent des adolescents et jeunes adultes autistes mettant en échec les circuits institutionnels classiques. Quelques jours dans leur vie, alors qu’une enquête administrative frappe la structure de Bruno…

Vincent Raymond | Mardi 15 octobre 2019

Pas sages mais protégés :

Ceux qui connaissent un peu Nakache & Toledano savent bien que la réussite (et le succès) de leurs meilleurs films ne doit rien au hasard, plutôt à une connaissance intime de leurs sujets ainsi qu’à une envie sincère de partage : Nos jours heureux, puis Intouchables, puisaient ainsi à des degrés divers dans leur vécu commun et complice. Ainsi, Hors Normes “n’exploite pas un filon“ en abordant à nouveau la question du handicap, mais souligne l’importance que les deux auteurs accordent aux principes d’accueil et d’entraide sous-tendant (en théorie) notre société ; cet idéal républicain décliné au fronton des bâtiments publics qu’ils célèbrent film après film dans des fables optimistes et humanistes. Hors Normes est construit sous cette forme de chronique “loachienne“, tenant davantage du manifeste que de la comédie à gags : au fur et à mesure s’impose le caractère indispensable des associations investissant le secteur sanitaire et social, ainsi que leur rôle dans l’insertion. Le dernier quart d’

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Dame nature est morte à la Galerie Michel Descours

Peinture | « Je ne crois pas aux paysages. Parfaitement. » écrit, en refusant de se justifier, le poète Fernando Pessoa. Sans se justifier beaucoup plus, (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 8 octobre 2019

Dame nature est morte à la Galerie Michel Descours

« Je ne crois pas aux paysages. Parfaitement. » écrit, en refusant de se justifier, le poète Fernando Pessoa. Sans se justifier beaucoup plus, la Galerie Michel Descours a invité trois artistes contemporains sous l'égide de cet athéisme paysager. C'est curieux pour Marc Desgrandchamps qui ne fait, depuis bien des années, quasiment que cela : peindre des paysages ! Mais ça l'est moins lorsqu'on découvre concrètement ses toiles qui ne cessent de faire dégouliner les perspectives, trembler les lignes d'horizon et les motifs, rendre aussi fantomatique que vaporeuse toute réalité, qu'elle relève de dame nature ou de ses excroissances humaines. C'est aussi assez curieux pour Frédéric Khodja qui dessine, surtout, des architectures imaginaires et des espaces improbables, en ouvrant des fenêtres quasi "paysagères" ou (plutôt) cinématographiques sur le monde. L'artiste se révèle être aussi, par la bande, un post-romantique : certes moins versé vers le rendu paysager scrupuleux de l’Éco

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Cinq expositions à voir dans les galeries ces prochains mois

Bons Plans | Voici cinq petites expositions en galeries qu'il vous faut cocher sur votre agenda.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 17 septembre 2019

Cinq expositions à voir dans les galeries ces prochains mois

S'inspirer de Pessoa Je ne crois pas au paysage rassemble trois artistes à la galerie Descours. Le titre est du poète Fernando Pessoa, extrait du Livre de l'intranquillité. Une intranquillité qui sied si bien avec le travail de chacun des artistes : l'évanescence et l'incertitude ontologique des peintures de Marc Desgrandchamps, les topologies imaginaires et les géométries alternatives de Frédéric Khodja, les formes végétales incertaines entre douceur et angoisse de Mélanie Delattre-Vogt... Je ne crois pas au paysage À la galerie Michel Descours jusqu'au 31 octobre Voir enfin l'URDLA La nouvelle exposition de l'URDLA a un double intérêt : nous faire redécouvrir ce lieu atypique et nous faire découvrir un artiste méconnu, Mark Geffriaud. Le plasticien (performeur, vidéaste, sculpteur...) s'approprie les espaces du centre international de l'estampe et ses impressionnantes presses ou autres objets. Il invite le spectateur à un parcours entre fiction et réalité, objets réels et artefacts artistiques... Mark Geffriaud À l'URDLA ​jusqu'au 30 octobre

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Quatre fresques géantes vont bientôt embellir la ville

Street Art | Quatre artistes sont invités par (RED) à composer autant de fresques géantes dans la ville, en amont de la conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial qui se tiendra à Lyon le 10 octobre. Sont annoncés : Faith 47, DALeast, Add Fuel et FAILE.

Sarah Fouassier | Jeudi 26 septembre 2019

Quatre fresques géantes vont bientôt embellir la ville

Au moins quatre immenses fresques viendront embellir la ville à l’occasion de la conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial qui se tiendra à Lyon, le 10 octobre prochain. En amont de cette conférence, les figures du street art que sont la Sud-Africaine Faith 47, le Chinois DALeast, le Portugais Add Fuel et le duo new-yorkais FAILE composeront ces fresques dans divers lieux de la ville, invités par (RED). Faith 47 peindra le bâtiment F de l'hôpital de la Croix-Rousse, Add Fuel sera sur les berges du Rhône en face du 50 quai Charles de Gaulle, FAILE habillera le parking des berges sous le pont Morand du côté du quai Jean Moulin, tandis que la peinture de DALeast campera sur la façade de la halle Debourg, où a eu lieu en mai dernier le festival de street art

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Fear West : "Le Déserteur"

Thriller | Une époque indéfinie, dans l’Ouest étasunien. C’est là que Philippe s’est expatrié pour fuir son Canada et une probable mobilisation. Tirant le diable par la queue, il survit en participant à des concours de sosies de Charlie Chaplin. Mais le diable ne s’en laisse pas compter et le rattrape.

Vincent Raymond | Mardi 20 août 2019

Fear West :

N’était son image en couleur, le film de Maxime Giroux pourrait pendant de longues minutes passer pour contemporain des Raisins de la colère (1940), avec son ambiance post-Dépression poussant les miséreux à l’exil et transformant les malheureux en meute de loups chassant leurs congénères. Et puis l’on se rend compte que le temps du récit est un artifice, une construction — comme peut l’être le steampunk —, un assemblage évoquant une ambiance plus qu’il ne renvoie à des faits précis ; une ambiance qui semble ô combien familière. Aussi ne tombe-t-on pas des nues lorsque l’on assiste, après sa longue errance entre poussière et villes fantômes, à la capture de Philippe par un réseau de trafiquants de chair humaine pourvoyant de pervers (et invisibles) commanditaires. Fatalité et ironie du sort : fuir le Charybde d’une guerre pour échouer dans ce Scylla censément pacifique. Craindre d’être tué et risquer la mort plus souvent qu’à son tour ; refuser de prendre les armes pour finir par être contraint de s’en servir… Ingrédi

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Maxime Giroux : « On n’a pas appris de nos erreurs, on répète l’Histoire »

ECRANS | Après "Felix & Meira", le réalisateur québécois Maxime Giroux signe une parabole sur la férocité cannibale de la société capitaliste, qui conduit l’Homme à exploiter son prochain. Entretien avec un cinéaste guère optimiste sur le devenir de notre monde…

Vincent Raymond | Lundi 26 août 2019

Maxime Giroux : « On n’a pas appris de nos erreurs, on répète l’Histoire »

Pourquoi le titre original, La Grande Noirceur, n’a-t-il pas survécu à sa traversée de l’Atlantique ? Maxime Giroux (rires) Il faudrait poser la question à mon distributeur. Quand je fais des films, j’aime bien qu’on laisse la liberté de les faire comme je veux. Alors, quand des distributeurs me demandent de changer le titre pour sortir dans un pays X, je dis oui (rires). Je pense que La Grande Noirceur était peu trop négatif ; et puis c’était surtout une référence à une époque au Québec qui ne parlait pas au public européen. Votre histoire est une uchronie située un territoire immense, indéfini (l’Ouest sauvage tel qu’on le fantasme). Ce double flou spatio-temporel, est-ce pour atteindre à l’universel, à la métaphore ? Tout à fait. Mon but n’était pas de parler d’une époque, d’une situation ou d’une guerre précise, mais plutôt d’un système qui est inabordé à travers l’Histoire — qu’on pourrait appeler le système capitaliste ou d’un autre nom — qui est basé sur la violence, le pouvoir. Comment le début de l’écriture a correspondu à l’élection de Trump, il fall

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Je me souviens, je me rappelle : "Daniel Darc, Pieces of My Life"

Documentaire | Entre la fin de Taxi Girl (groupe iconique et phare de la scène post-punk et new wave française) et sa renaissance via le succès de l’album Crèvecœur, Daniel Darc aura connu quinze années de désert marquées notamment par la drogue et la foi. Et richement documentées par un ami proche…

Vincent Raymond | Mercredi 24 juillet 2019

Je me souviens, je me rappelle :

En peu de temps, nous sommes passés d’un extrême l’autre en terme d’images d’archives : de l’absence ou de la rareté au trop plein, l’époque actuelle débordant (pour ne pas dire dégueulant) de prises de vues le plus souvent contrôlées, fabriquées, car considérées comme faisant partie intégrante de la promotion globale. Même lorsque le sujet n’est pas une personnalité médiatique, il se met en scène pour ses réseaux sociaux. Il y a peine vingt ans, un artiste dans le trou demeurait totalement hors des radars : qui avait intérêt à documenter la galère d’un has been ? Personne, à moins de tomber sur un fan, un ami, suffisamment opiniâtre et proche pour effectuer un suivi régulier et avoir accès à l’intimité la moins glamour. Dans une carrière (et une vie) marquées par les fractures, Daniel Darc aura au moins eu cette chance d’être suivi par Marc Dufaud qui, grâce au considérable matériau accumulé pendant sa période de vie en-dehors des sunlights, peut montrer les

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L’or dur de Naples : "Piranhas"

Drame | de Claudio Giovannesi (It, int.-12ans, 1h52) avec Francesco Di Napoli, Ar Tem, Alfredo Turitto…

Vincent Raymond | Mardi 4 juin 2019

L’or dur de Naples :

Naples, années 2010. La quinzaine conquérante, Nicola trépigne d’envie devant les gangs, leur argent facile et la crainte qu’ils inspirent, autant qu’il abhorre leur manière de rançonner les gens. En se liguant avec une famille sur le carreau, il va prendre le contrôle de son quartier… Adapté d’un roman de Roberto Saviano (qui en a co-écrit le scénario), Piranhas poursuit son examen des milieux mafieux entrepris avec Gomorra, l’enquête (suivie par le film de Matteo Garrone) qui avait mis en lumière le fonctionnement de la Camorra… et lui vaut la constante protection de la police. Mais à la différence de ce précédent opus, pratiquant le patchwork, la juxtaposition de lambeaux d’événements, pour restituer l’emprise tentaculaire de l’organisation criminelle et privilégiant une forme “documentarisante”, Piranhas ne craint pas d’adopter la structure plus conventionnelle d’un récit fictionnel.

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Avec le nouveau festival Superspectives, la musique contemporaine au pluriel

Musique Contemporaine | Nouveau festival dédié aux musiques contemporaines, Superspectives entremêle musiques savantes et musiques populaires dans un cadre idyllique sur la colline de Fourvière.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 28 mai 2019

Avec le nouveau festival Superspectives, la musique contemporaine au pluriel

L'étiquette "musique contemporaine" effraie, aujourd'hui encore, beaucoup (trop) de monde, et François Mardirossian (pianiste) et Camille Rhonat (professeur de philosophie) en sont conscients. Les deux anciens camardes de lycée ont mis cette année en sourdine leurs activités professionnelles pour lancer un festival de musique contemporaine qui ferait mentir les idées reçues et décloisonnerait le genre. « Pour nous, entonne le duo, la musique contemporaine n'est pas seulement la musique classique contemporaine, mais aussi bien le jazz, les musiques du monde, l'électro... Par goût personnel, nous avons voulu mettre en avant, pour cette première édition, les compositeurs issus du courant minimaliste, les œuvres et les héritiers de John Cage, Steve Reich, Philip Glass, Moondog... ». Dont acte : une nuit blanche minimaliste aura lieu le samedi 6 juillet de 20h30 à 8h du matin (!), Stefan Lakatos et Bengt Tribukait rendront hommage, la veille, à Mo

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« Ce film est une tragédie grecque dans un sous-marin aujourd’hui »

Le Chant du loup | Auteur et scénariste de "Quai d’Orsay", Antonin Baudry s’attaque à la géopolitique fiction avec un thriller de guerre aussi prenant que documenté, à regarder écoutilles fermées et oreilles grandes ouvertes. Rencontre avec le cinéaste et ses comédiens autour d’une apocalypse évitée.

Vincent Raymond | Lundi 25 février 2019

« Ce film est une tragédie grecque dans un sous-marin aujourd’hui »

Pour une première réalisation de long-métrage, vous vous êtes imposé un double défi : signer un quasi huis clos en tournant dans des sous-marins, mais aussi donner de la visibilité au son… Antonin Baudry : C’était l’une des composantes, dans l’idée de créer un espace immersif. Il fallait d’abord reproduire le son et ensuite avoir une représentation visuelle des choses qu'on entend, et une représentation dans le son des choses qu'on voient. C’est envoûtant : on a essayé de recréer des écrans à la fois beaux et réalistes, qui jouent narrativement, politiquement également. Cela fait partie du décor, du rapport entre les êtres humains et les machines, les sonars, donc de la problématique du film. Le terme “Chant du Loup“ préexistait-il ? AB : C'est le nom que l’on donne souvent à des sonars ennemis, parce qu’il reflète cette notion de danger. Une fois, quand j'étais à bord d’un sous marin à moitié en exercice et en mission, une espèce de sirène a retenti et j'ai vu que tout le monde se crispait un peu. J’ai entendu quelqu'un qui disait : « Arrêtez ! C'est le chant du loup ! » C

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La mort dans les oreilles : "Le Chant du loup"

Drame | De Antonin Baudry (Fr, 1h55) avec François Civil, Omar Sy, Reda Kateb, Mathieu Kassovitz…

Vincent Raymond | Mercredi 13 février 2019

La mort dans les oreilles :

L'ouïe hors du commun de Chanteraide lui permet d’identifier grâce à sa signature sonore n’importe quel submersible ou navire furtif. Mais à cause d’une hésitation, l’infaillibilité du marin est remise en cause. Une crise nucléaire sans précédent va pourtant le rendre incontournable… Scénariste sous le pseudonyme d’Abel Lanzac de la série BD et du film Quai d’Orsay, le diplomate Antonin Baudry change de “corps“ mais pas d’état d’esprit en signant ici son premier long-métrage : une nouvelle fois en effet, c’est une certaine idée du devoir et de la servitude à un absolu qu’il illustre. Les sous-mariniers forment un “tout“ dévoué à leur mission, comme le ministre des Affaires étrangères l’était à sa “vision“ d’une France transcendée par sa propre geste héroïque. Mais s’il s’agit de deux formes de huis clos (l’un dans cabinets dorés du pouvoir, l’autre parmi les hauts fonds), tout oppose cinématographiquement les projets. Le Chant du loup assume l’audace rare dans le paysage hexagonal de conjuguer intrigue de géopolitique-fiction f

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Père fondateur : "Jean Vanier, le sacrement de la tendresse"

Documentaire | De Frédérique Bedos (Fr, 1h29)

Vincent Raymond | Mardi 8 janvier 2019

Père fondateur :

Fils de diplomate canadien, marin et homme de grande foi, Jean Vanier découvre à l’aube des années soixante les conditions misérables d’accueil des personnes en situation de handicap mental. Il crée alors la Communauté de L’Arche, devenue aujourd’hui institution internationale… Triste exemple de documentaire juste sur le fond, mais totalement trahi par sa forme, ce portrait mettant en lumière le parcours d’un homme bienveillant flirte dangereusement avec l’hagiographie — à se demander s’il ne s’agissait pas plutôt d’une commande de L’Arche destinée à sa communication interne. Empilant les effets de style dans un zapping déroutant (noir et blanc, couleur, entretiens posés puis en mouvement…), nappé d’une musique façon sirop lourd, ce bout à bout de conversations avec Frédérique Bedos où l’intervieweuse se met autant en valeur à l’image que son interlocuteur, se révèle en définitive d’une grande indigence visuelle : les hochements et les acquiescements souriants aux propos de Vanier ayant une plus-value signifiante nulle. L’affaire aurait pu être bouclée en un 52’ propre pour la télév

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Feu le pompier : "Sauver ou périr"

Le Film de la Semaine | Le parcours d’un pompier parisien, de l’adrénaline de l’action à la douleur du renoncement après l’accident. Une histoire de phénix, né à nouveau par le feu qui faillit le consumer, marquant (déjà) la reconstruction d’un cinéaste parti de guingois pour son premier long.

Vincent Raymond | Mardi 27 novembre 2018

Feu le pompier :

Jeune sapeur-pompier dévoué et heureux en ménage, Franck aspire à diriger des opérations sur des incendies. Hélas, sa première intervention se solde par un grave accident le laissant plusieurs mois à l’hôpital, en lambeaux et défiguré. Un lent combat pour réapprendre à vivre commence… Consacrer un film à un soldat du feu juste après avoir jeté son dévolu sur la brigade du Quai des Orfèvres ayant traqué Guy Georges (dans le très inégal L’Affaire SK1, 2014) risque de laisser penser que Frédéric Tellier donne dans le fétichisme de l’uniforme ou des agents du service public ! Pour autant, ses deux long-métrages n’ont pas grand chose en commun, si ce n’est de s’inspirer d’une histoire vraie et de bénéficier de l’appoint d’un bon co-scénariste, David Oelhoffen (auteur du réussi Frères ennemis). Tellier débute ici sans prendre de gants par une contextualisation brute et édifiante du “métier de sauver“, dans

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Hitchcock à l'honneur à l'Institut Lumière

Rétrospective Hitchcock | C’est par une œillade furtive que l’on commencera à se pencher sur la rétrospective Hitchcock que propose l’Institut Lumière ; comme un regard indiscret (...)

Vincent Raymond | Mardi 27 novembre 2018

Hitchcock à l'honneur à l'Institut Lumière

C’est par une œillade furtive que l’on commencera à se pencher sur la rétrospective Hitchcock que propose l’Institut Lumière ; comme un regard indiscret épousant celui du protagoniste de Fenêtre sur Cour (1954), Jefferies, un photographe à la bougeotte contrariée par un accident. Plâtré et cloué dans son fauteuil roulant, il en est réduit à épier ses voisins, imaginant leurs existences et suspectant l’un d’entre eux d’avoir assassiné son épouse… Mais comment enquêter quand on ne dispose que de soupçons, d’un téléobjectif et d’une charmante fiancée tête brûlée ? Adapté d’une nouvelle de Cornell Woolrish alias William Irish (auteur de La Mariée était en noir et de La Sirène du Mississippi), cet éloge du voyeurisme est un manifeste hitchcockien autant qu’un concentré de ses marottes ; à savoir créer une narration palpitante en répondant de façon à la fois élégante et audacieuse aux contraintes techniques qu’elle implique, sans priver le récit de son charme badin ou anxiogène. La quadrature du cercle, en somme, résolue dans u

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Frédéric Revol : « explorer la notion de terroir de manière jusqu’au boutiste »

Domaine des Hautes-Glaces | Pionner de la notion de terroir dans le whisky, attaché à un respect de la matière première, totalement tourné vers l'agro-écologie et l'excellence, Frédéric Revol est l'un des fers de lance de la scène whisky française actuellement en pleine ébullition. Rencontre avant sa venue au Lyon Whisky Festival pour une masterclass.

Sébastien Broquet | Mardi 20 novembre 2018

Frédéric Revol : « explorer la notion de terroir de manière jusqu’au boutiste »

Comment vous est venue l’idée de vous lancer dans le domaine du whisky et de fonder le Domaine des Hautes-Glaces ? Frédéric Revol : J’étais amateur de vin, de bouffe et du whisky, qui a un univers aromatique assez extraordinaire. C’est aussi un univers industriel, avec un savoir-faire, où l’on parle du temps, de la distillation, de l’élevage… Mais il y avait une grande oubliée dans ce qui était raconté : la matière première. Pour moi, et pour beaucoup j’imagine, ce qui se boit et se mange doit avoir un rapport fort avec sa matière première. Pour nous Français, c’est assez évident, que ce soit dans le vin, le fromage ou les produits fermentés. C’était donc une question de départ : qu’est-ce que ça donnerait un whisky, s’il était de saison, comme ce que font les Écossais, mais en lien avec sa matière première, en lien avec un terroir, un territoire ? Plus je creusais, plus ça faisait sens, au-delà du caractère agricole et de l’importance que pourraient avoir les céréales aromatiques. La France n’avait pas de tradition de whisky, mais elle avait tous les savoir-faire depuis bien lo

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Bien cuites, les baguettes : "Les Animaux fantastiques : Les Crimes de Grindelwald"

Fantastique | de David Yates (G-B-É-U, 2h14) avec Eddie Redmayne, Katherine Waterston, Dan Fogler…

Vincent Raymond | Mardi 13 novembre 2018

Bien cuites, les baguettes :

1927. Le sournois Grindelwald s’évade durant son transfert, affolant toutes les polices magiques du globe. Dumbledore expédie en secret Norbert Dragonneau sur ses traces, à Paris. Mais le collectionneur d’animaux fantastiques étant assigné à résidence sur le territoire britannique, il lui faut donc ruser… Désormais recyclée scénariste et productrice de ce cycle spin-off de Harry Potter, J. K. Rowling ne risque-t-elle pas, à force de tirer sur sa corde, de griller son aura auprès de ses plus fidèles fanatiques ? Oh, l’autrice dispose d’un confortable capital sympathie, et beaucoup de dragées surprises de Bertie Crochue seront avalées avant que ses émules ne commencent à douter de son infaillibilité, à renoncer à leur vénération pour ce gourou au sourire si doux. Prendre un tant soit peu de recul permet pourtant de constater la platitude paresseuse de cet épisode, qui pourrait tenir en deux formules de première année à Poudlard : Dillutio salsa (on rallonge la sauce) et Revelatio caudalix (on balance un vieux cliffhanger

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Poltred, tout pour la photographie

Concept store | On vous annonçait l’ouverture de Poltred à la rentrée : entre le concept store et la maison de la photographie, visite guidée de ce lieu atypique et passionné, dédié à la photographie sous toutes ses formes.

Lisa Dumoulin | Mercredi 7 novembre 2018

Poltred, tout pour la photographie

La verrière moderne de la vitrine occupe un espace étroit sur le trottoir, mais c’est un leurre : l’intérieur est immense et quasi-labyrinthique. Il fallait bien ça, pour ce lieu six en un, à la fois café, galerie, boutique, agence et studio de photographie, coworking dédié aux photographes, et laboratoire de développement ! Julien Malabry et Pauline Maret, couple de photographes, ont voulu « créer un lieu où l’on puisse travailler la photographie, développer, avoir un labo… mais aussi un lieu cool pour se retrouver et échanger autour de la photographie. Au départ on a pensé à une galerie photo mais c’est difficile d’en vivre. Puis on a pensé à une boutique pour vendre du matériel d’occasion. Un café pour se poser, discuter, travailler… » développe Julien. De fil en aiguille, tout a pris forme. Grâce un financement notamment par le crowdfunding, Poltred s’est installé dans une ancienne quincaillerie, qui s’étendait à l’époque sur tout le pâté de maison. Restée vide pendant quinze ans, il a fallu réaliser beaucoup de travaux de rénovation, d’avril à septembre. Aujourd’hui Poltred, qui signif

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Terre d'absurdie

Théâtre | Géographe, auteur, metteur en scène, acteur, Frédéric Ferrer ouvre le festival Nos Futurs en créant Borderline(s) investigation et poursuit un travail au long cours relatif aux dérèglements du monde. Rencontre.

Nadja Pobel | Mardi 30 octobre 2018

Terre d'absurdie

Ni professeur ni militant, encore moins expert ès bonne conscience ou préconisateur des bons comportements, Frédéric Ferrer est artiste. Mais sa matière unique est le réel dont il montre l'absurdité. Depuis la création de sa compagnie Vertical Détour en 2001, il vogue par cycles. Celui des Chroniques du réchauffement puis de L'Atlas de l'anthropocène (les six cartographies dont plusieurs furent déjà présentées au TNG). Voici venir les Borderline(s) investigations. Le principe des conférences théâtrales est maintenu mais Ferrer n'est plus seul en scène et compose avec trois acolytes pour une séquence d'une heure trente non-écrite. « Tout est calé avec des projections d'images précises mais le texte n'est pas figé. Je préfère les profs sans notes » confie-t-il. Chacun des sujets dont il a fait spectacles pourraient aisément se traiter sur quinze ou vingt heures ; son travail premier est bien d'extraire la moelle des publications scientifiques, enquêtes journalistiques ou au

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Credo lumineux au Couvent de la Tourette

Art Religieux | Au Couvent de la Tourette conçu par Le Corbusier, une très belle exposition est consacrée au vitrail contemporain. Avec une trentaine d'artistes d'obédiences esthétiques diverses, n'ayant qu'une foi commune : la lumière et la couleur.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 30 octobre 2018

Credo lumineux au Couvent de la Tourette

Dans les églises, le vitrail, comme bien d'autres surfaces peintes, a pour fonction habituelle de représenter et de raconter des épisodes bibliques. L'art et la beauté sont intimement liés au récit... Après la fin de la Seconde Guerre mondiale (et ce n'est peut-être pas un hasard, tant celle-ci a fait vaciller nos croyances), l'art religieux se risque au modernisme, et l'on invite en particulier des artistes comme Matisse, Fernand Léger ou Alfred Manessier à créer des vitraux. Manessier, à l’Église des Bréseux, réalise notamment les premiers vitraux non figuratifs. Depuis, les commandes publiques se sont multipliées et les ouvertures de lumière des édifices religieux ont été peintes à toutes les sauces : géométrique, figurative, minimaliste, monochrome, pop... Et signées par les plus grands noms de l'histoire de l'art récente : Vieira Da Silva, Ubac, Olivier Debré, Robert Morris, Pierre Soulages, Gérard Garouste

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Mercredi Biscuiterie, la madeleine de Proust

Goûter | Une biscuiterie qui vous rappelle les gâteaux de votre enfance, mais cuisinés maison : c'est Mercredi Biscuiterie.

Lisa Dumoulin | Mardi 16 octobre 2018

Mercredi Biscuiterie, la madeleine de Proust

Sablés dinosaures, dominos à la fleur de sel, petits beurres au chocolat, mikados, langues de chat et palmitos... ça vous évoque de tendres souvenirs ? C'est fait exprès. Le crédo de la biscuiterie et salon de thé Mercredi Biscuiterie, c'est la nostalgie. Plus précisément, les biscuits de votre jeunesse que vous preniez pour le goûter. En un peu plus gourmands, un peu plus garnis et surtout 100% fait maison à partir de produits frais et locaux. Dans une atmosphère douce et régressive parfaitement assumée, on choisit ses biscuits au comptoir : assortiment à composer soi-même parmi les biscuits du jour mais aussi les gâteaux moelleux : cake au citron, moelleux à la noisette et caramel beurre salé, roulé à la confiture ou encore l'impoli, qui n'est autre qu'un gâteau napolitain (mais si vous savez, les couches de génoise) mais le nom étant déposé, il a fallu trouver une autre appellation ! Puis on s'installe dans les accueillants fauteuils en osier et on nous apporte notre goûter sur un plateau, comme chez maman. On nous conseille aussi sur les meilleurs accords biscuits / boissons car ce n’est pas réservé qu’aux mets et aux vins ! C'est pas que pour les

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Drame de cœur à vous l’honneur : "Le Jeu"

Phone Game | de Fred Cavayé (Fr, 1h30) avec Bérénice Bejo, Suzanne Clément, Stéphane De Groodt…

Vincent Raymond | Mardi 16 octobre 2018

Drame de cœur à vous l’honneur :

Une soirée comme Vincent et Marie en organisent souvent : autour d’un bon repas entre amis. Sauf que cette fois-ci, l’idée émerge que tous les messages parvenant sur les smartphones durant le dîner soient partagés à haute et intelligible voix. Un jeu bien anodin aux effets dévastateurs… Connu du grand public grâce à des polars à force interchangeables car redondants, Fred Cavayé s’était récemment aventuré dans la comédie (Radin) ; on n’imaginait pas que tout cela le préparait à signer avec Le Jeu son meilleur thriller, une étude de mœurs aussi acide que rythmée dissimulée sous des oripeaux d’un vaudeville à la Bruel et Danièle Thompson. Remake d’un film italien à succès, Perfetti sconosciuti (jusqu’à présent inédit dans nos salles, également adapté par Alex de la Iglesia), cette fausse comédie chorale bifurque rapidement sur une voie dramatique perturbante, révélant comme dans Carnage les visages de chacune et chacun lorsque se fissurent les masques des convenances so

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Ervart en pleine confusion

Théâtre | En adaptant un texte abracadabrantesque, Laurent Fréchuret livre un spectacle poussif dans laquelle la soi-disante loufoquerie vire à la caricature malgré des comédiens de haut-vol, Vincent Dedienne et surtout Jean-Claude Bolle-Reddat.

Nadja Pobel | Mardi 9 octobre 2018

Ervart en pleine confusion

Tout commence pourtant bien. Nous sommes, nous annoncent des projections de texte, à la fois à Turin entre 1888 et 1889 avec Nietzsche mais aussi à Paris en 2001, post 11-Septembre. Deux pôles, deux récits auxquels se cognent des comédiens anglophones de la deuxième situation comprenant vite qu'ils se sont trompés de pièce. Ce décalage immédiat avec l'objet théâtral est non seulement comique mais aussi jubilatoire : bienvenue dans les arcanes de la fabrication du spectacle ! Rideau de velours rouge, portes mobiles sur roulettes, humour noir sur des enfants traités comme des bêtes et délire d'Ervart qui, fou de jalousie, mitraille à tout-va. Il attaque un peuple dont l'absence physique sur scène est remarquée par une comédienne qui cherche du travail (!). Labiche est à peine entrevu que déjà la pièce le dépasse et fait la jonction avec notre époque (les attentats ne sont pas loin). Prometteur. Ervart ou la finesse au placard Problème : le rythme de cette création, née la semaine dernière à la Comédie de Saint-Étienne et bientôt en place au Rond-Point à Paris, s'essouffle très rapidement dans des scènes surlignées voire grossières. Ervart (D

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Affaires de familles : "Frères Ennemis"

Polar | de David Oelhoffen (Fr-Bel, 1h51) avec Matthias Schoenaerts, Reda Kateb, Sabrina Ouazani...

Vincent Raymond | Mardi 2 octobre 2018

Affaires de familles :

Capitaine des stups, Driss a grandi dans une cité où il a conservé quelques contacts. Dont Imrane, qui le tuyaute sur un gros coup à venir. Quand celui-ci se fait descendre, et que tout accuse Manuel, Driss tente de renouer avec cet ancien pote dont la tête semble mise à prix… S’il ne l’avait déjà choisi en 2006 pour un excellent thiller, David Oelhoffen aurait pu prendre Nos retrouvailles pour ce polar nerveux et immersif, dont le mouvement général tranche avec celui communément observé dans ce genre auquel il se rattache. Bien souvent en effet, les films traitant de la criminalité et des bandes organisées dans les cités de banlieue s’inscrivent dans un schéma de réussite fanstamée et d’extraction du milieu originel : le banditisme semblant la seule voie pour s’en sortir vite et gagner de l’argent, ainsi que les territoires respectables de la ville. Dans Frères ennemis, ce n’est pas la sortie qui est prohibée, mais l’entrée : les personnages ne peuvent que rarement pénétrer normalement dans un logis (y compris

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Poltred, le nouveau concept store dédié à la photographie

Photographie | Plus qu’un concept store, Poltred a vocation à être une véritable maison de la photographie et des photographes à Lyon.

Lisa Dumoulin | Jeudi 13 septembre 2018

Poltred, le nouveau concept store dédié à la photographie

Alors que débute Septembre de la photographie, on a une bonne nouvelle à annoncer aux amateurs (et aux professionnels) : un lieu dédié à la photographie sous toutes ses formes vient d'ouvrir ses portes à Lyon. À la fois café, galerie (photographies d’auteur en édition limitée), boutique (appareils argentique, objectifs, pellicules, papier…), agence et studio de photographie, co-working dédié aux photographes (avec studio, laboratoire et matériel), et laboratoire de développement (argentique et numérique) ! Poltred organisera aussi un programme de workshops et ateliers autour de la photo. Inauguré le 13 septembre, c'est aussi l'occasion de découvrir le travail de Céline Villegas, photographe franco-chilienne oscillant entre photographie artistique et documentaire. Avec son exposition Balnearios Plus Ultra, elle dresse un portrait poétique de trois grandes villes où s’entremêlent l’urbain et le balnéaire, aux contextes géopolitiques ou socio-économiques parfois difficiles

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Éric Judor et Julien Guetta : « le beau ne sort que d’accidents heureux »

Roulez jeunesse ! | Pour son premier long-métrage "Roulez jeunesse", Julien Guetta a osé demander à Éric Judor de changer de registre. Cela tombe bien : celui-ci voulait glisser vers un format plus dramatique. Rencontre en deux temps et à deux voix.

Vincent Raymond | Mercredi 1 août 2018

Éric Judor et Julien Guetta : « le beau ne sort que d’accidents heureux »

Votre film flirte avec la comédie italienne et la comédie à l’anglaise… Julien Guetta : C’était une des ambitions, clairement. Comme de choisir Éric, qui fait beaucoup de comédies, pour l’emmener vers quelque chose d’autre, de plus singulier, qu’on n’a pas forcément l’habitude de voir en France. J’ai une très grande admiration pour Éric. C’est un acteur très technique, quelqu’un de très professionnel qui gère la comédie — c’est hyper agréable quand on est réalisateur — et même le drame. Et il est aussi réalisateur… D’où vient ce personnage d’Alex, l’adulte un peu enfant qu’il interprète ? JG : Je pense que j’étais comme ça quand j’ai commencé à écrire. Et que je n’aimais pas trop cette figure — c’est pour ça que je ne trouve pas le personnage complètement irresponsable non plus. C’est un bon gars maladroit, un mec trop gentil, qui sait quand même se démerder avec la vie. J’ai eu un fils pendant l’écriture du film, ça a modifié aussi mon point de vue. Avez-vous profité des capacités d’imp

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