L'électro à la fête

MUSIQUES | Bichonnée par la ville, promue par un nombre croissant d'associations, la musique électronique se taille une nouvelle fois la part de Lyon. Revue des troupes. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 17 juin 2014

Dans la plupart des communes françaises, la Fête de la musique ressemble à l'idée qu'en donne PunkÀChier, trio parisien qui, quand il n'éructe pas «Fête de la musique de merde !» pendant quatre minutes, retravaille au cutter rouillé des chansons des Spice Girls et Mylène Farmer. Rien à voir avec Lyon donc, où l'événement est une vraie occasion de faire le point sur les musiciens qui, demain, peut-être, écriront des morceaux à la gloire de Lyon pour faire croire qu'ils n'ont pas oublié d'où ils viennent, et sur ceux qui, en attendant, les aide à se faire un nom épelable au-delà de ses collines.

Dans le microcosme de la musique électronique, ces deux catégories de personne ont tendance à se confondre. Ainsi, par exemple, du Haste Crew, qui se produira sur la scène programmée par Basse Résolution place Jean Jaurès (on y verra aussi l'intrépide CLFT Militia et Leome), avant de rendre la pareille à Mojo & co. en amorce d'une soirée de son cru d'autant plus spéciale qu'elle sera la première à occuper les deux salles du Transbordeur – outre le Berlinois Call Super, dont la techno imagée et martiale donne autant envie de se rouler dans la rosée que de collectionner des rivets, s'y produiront également le platiniste hors pair Groove Sparkz et les têtes chercheuses de Dead Rec Heads, à l'affiche en décembre dernier du spin off Haste & Friends.

Effort collectif

C'est bien simple, tous les collectifs de la ville seront de la partie, des plus installés (tels Encore, rejoint par le pionnier de Detroit Kenny Larkin à la Plateforme, et Zuper, qui investira comme de bien entendu le Ninkasi Kao avec un protégé du roi de la minimal Richie Hawtin, Joop Junior, et Oblast, garant d'une house étonnamment industrielle et cendrée) aux plus modestes (à l'instar de Station Essence, qui investira la place Gailleton en compagnie d'un échappé d'Art Feast, Miimo). Même feu Ed'n Legs sera représenté, en l'occurrence par son émanation à quatre têtes Babel (Yogi, Milena, Ghost Train et SA.DU), place Voltaire. Au Parc Sutter, sur les pentes, Dolus & Dolus et Green Noise Sound renouvelleront quant à eux leur collaboration avec un plateau où se succéderont notamment les palm tree huggers de la clique Bebup (Tête de Tigre et Thug Tieg) et les diggers de Groovedge – également représenté au Pola Café aux côtés de la grande manitou de Hunkpapa, Perrine –, tandis qu'Epicuria invitera entre autres, place des Archives, un résident du so german DIY Live Station, Ludius, et l'expérimenté Pascal Roeder.

Mais s'il ne fallait retenir qu'un rendez-vous, outre celui portant notre marque (voir ci-dessous), c'est celui, inaugural, que donne Sonorama au square Sainte-Marie Perrin, avec la complicité des émissaires les plus convaincants de Happiness Therapy, The Reactivitz et DGTO – et dont on aura un avant-goût au DV1 deux jours plus tôt. Si d'aventure vous n'y parveniez pas (ce qui est probable, vu que chaque club, du Terminal à l'Ayers Rock Boat, y va aussi de son solstice sonore), pas d'inquiétude : vu les ambitions de ces nouveaux venus, on risque de vous reparler d'eux très prochainement.

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Une meute diluée au TNP

Théâtre | Dans un travail plus concret que le précédent (Nos cortèges), Perrine Gérard et Julie Guichard livrent un spectacle intéressant sur la réhabilitation d'un ancien prisonnier mais alourdissent ce récit par trop d'à-côtés factuels.

Nadja Pobel | Mardi 29 janvier 2019

Une meute diluée au TNP

Dans Meute, il est question de « fiction renseignée (car elle n'est pas documentaire) » selon l'autrice Perrine Gérard. Et effectivement, ce qu'elle a choisi de présenter est la façon dont les citoyens condamnent un coupable que la justice a déjà puni. Ainsi Damien sort de dix ans d’emprisonnement pour avoir causé intentionnellement un incendie dans une bibliothèque ayant entraîné la mort de deux personnes. Dans sa bourgade, il n'est plus le bienvenu et une vengeance se fomente contre lui. Son père sera tué lors de cette rixe. Outre ce récit-là, c'est toute la cohorte de la société qui nous est montrée : la police, les médias affamés des chaînes d'info en continu, le milieu politique, la justice. Dans un plateau qui paraît trop grand et froid, six comédiens campent une trentaine de personnages et, du bureau de police au box des accusés en passant par un espace extérieur, le défi de la metteuse en scène Julie Guichard (membre du Cercle de formation et de transmission du TNP) semble être de créer une fluidité entre tous ces lieux. Elle y parvient en les faisant se confondre. Le propos ici n'est pas d'être à tout prix da

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Des cortèges corsetés au TNP

Théâtre | Sensible à la création émergente, la direction du TNP s'ouvre cette saison à quatre jeunes metteurs en scène. Le premier d'entre eux, malheureusement, déçoit avec Nos cortèges.

Nadja Pobel | Lundi 20 novembre 2017

Des cortèges corsetés au TNP

Il faut reconnaître au TNP la place forte accordée cette saison (et les prochaines) à de jeunes artistes : de deux à quatre (!) semaines d'exploitation de leurs spectacles, à l'issue d'un accompagnement solide dans leur élaboration. C'est le rôle de transmission cher à Christian Schiaretti qui se déploie ainsi. Julie Guichard, Louise Vignaud, Baptiste Guiton en bénéficient, ainsi que Maxime Mansion dont la très belle aventure En acte(s) se prolonge ici. À chaque fois ou presque (à l’exception du Misanthrope) : des textes très contemporains, voire inédits. C'est dire la force de cet engagement, non seulement à l'égard des créateurs, mais aussi des spectateurs curieux de savoir quel regard cette nouvelle génération porte sur son époque. Raie manta L'autrice Perrine Gérard a notamment tout dernièrement collaboré au sensible projet Gris, dirigé précisément par Maxime Mansion sur le territoire de Villeurbanne, qui relatait la période de l'Occupation en plaçant le spectateur au cœur d'un dispositif quadri-frontal très pertinent avec des saynètes au cordeau. Ici, elle invente

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Pseudonym

ECRANS | de et avec Thierry Sebban (Fr, 1h14) avec Perrine Tourneux, Igor Skreblin, Simon Abkarian…

Vincent Raymond | Mardi 8 mars 2016

Pseudonym

Par quels mystères un tel polar borgne a-t-il pu jouir du soutien des producteurs Thomas Langmann (The Artist) et Gilles Podesta (Le Magasin des suicides) ? L’argument décati de ce court-métrage gonflé en long les a-t-il convaincus ? Espéraient-ils récolter du buzz sur la séquence de charcutage de lobe d’oreille à la disqueuse du comédien-réalisateur (aux tendances masochistes), entre autres joyeusetés gore, ou grâce aux chaloupements suggestifs de la sensuelle Perrine Tourneux ? S’ils ont cru à l’alibi d’une dénonciation du voyeurisme et/ou des Internets (argument passe-partout bien commode), dommage pour eux. VR

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Clubbing : les trois soirées à ne pas louper

MUSIQUES | 06.02.16 Kenny Larkin Maître du groove sur la planète techno de Détroit, pétri d’influences profondément soul voire gospel qu’il insère subtilement au (...)

Sébastien Broquet | Mardi 2 février 2016

Clubbing : les trois soirées à ne pas louper

06.02.16 Kenny Larkin Maître du groove sur la planète techno de Détroit, pétri d’influences profondément soul voire gospel qu’il insère subtilement au coeur de ses morceaux les plus dancefloors, initié par Derrick May (il signe sur son label Transmat dès 1992), remixeur hors-pairs - qui ne se souvient pas de ses relectures magistrales, tout en tension et retenue, de La Fleur ou Inner City ses dernières années ? - Kenny Larkin, grand DJ, sera au Petit Salon samedi : ne dormez pas. Mystique. 06.02.16 Black Atlantic Club Mawimbi, c’est assurément le crew à suivre de près dans les mois à venir : dégainant tout azimut, d’une création live aux dernières Transmusicales à un remix de Cerrone ces derniers jours, la bande de Paris n’en finit plus de réinventer le clubbing en fusionnant Afrique 2.0 et house nation. Deux de ses représentants, Alt et L’Enfant Loup, déboulent au Sucre pour une Black Atlantic Club en compagnie de James Stew

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Les soirées du 9 au 15 septembre

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer : Ikonika à La Marquise, la première Ravesodie au Box Boys et N1L à l'Atelier Sumo.

Benjamin Mialot | Mercredi 9 septembre 2015

Les soirées du 9 au 15 septembre

11.09 Polaar Cette fois c'est la bonne : initialement annoncé pour la fin juin, le second volet de la déclinaison vinyle du Ritual de Flore sera disponible le 22 septembre. Et audible lors de la prochaine Polaar (à La Marquise), où la dame présentera également la nouvelle signature de son label, Hoodrat, jeune Lyonnais versé dans l'art rebondissant du Jersey club (du breakbeat à casquette snapback, en gros). Olive sur la pizza champignons-fromage, c'est la Londonienne Ikonika, égérie renfrognée de l'avant-garde bass music – grâce à son approche paradoxalement très candide de la mélodie – qui complète l'affiche.

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Le Circuit Nuits Sonores 2015 en trois étapes

MUSIQUES | Trois étapes du Circuit Nuits Sonores à ne pas manquer : Warm Soda au Marché Gare, Blawan au Petit Salon et Somaticae au Sonic. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 12 mai 2015

Le Circuit Nuits Sonores 2015 en trois étapes

Étape 7 La musique à guitares n'ayant quasiment pas droit de cité dans la programmation "officielle" de Nuits Sonores cette année, c'est (notamment) du côté du Marché Gare qu'il faudra zoner pour se faire un fix d'électricité. Á l'affiche : le blues à seize chevaux-vapeur d'Harold Martinez, le post-punk du troisième type (et à effets secondaires) de I Love UFO et, surtout, le garage à moustaches et frisottis 70's de Warm Soda – emmené par l'ex Bare Wires Matthew Melton, proche du regretté Jay Reatard. Et Maria Rockmore, la plus rock'n'roll des selectas à chromosomes XX – aucun rapport avec le bon Jamie.

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Femmes minimales

ARTS | Paul Raguenes a réuni au sein de sa galerie trois artistes féminines, héritières peu ou prou du minimalisme au sens large. Et autant d'univers éthérés à découvrir... Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 27 janvier 2015

Femmes minimales

«Less is more» lâchait en une célèbre formule l'architecte Mies van der Rohe. «Moins c'est plus», donc, selon les minimalistes... A tel point qu'à la galerie Snap, on ne sait plus trop ce qui relève de l’œuvre, des lieux ou du hasard, tant les gestes artistiques se révèlent souvent discrets, jouant même sur l'idée de trace et d'absence ! Deux blocs de polystyrène se font face par exemple, creusés seulement de l'empreinte d'un os humain. «Ces pièces font partie d'une série en cours, explique Nadia Guerroui, et forment comme une archéologie du futur. Ces empreintes de clavicule et de fémur évoquent une époque fictive où les derniers os humains auraient disparu.» A proximité, la jeune artiste belge expose dans un coin de mur Beam Split, petite sculpture de papiers de couleur formant une sorte d'arc-en-ciel. Ailleurs, c'est un simple filet de pêche créé à partir d'un fil iridescent qui descend d'un plafond, à peine visible. «Je l'ai réalisé à la main comme une écriture cursive... C'est une sorte de référence à un objet insaisissable qui permet paradoxalement d'attraper d'autres objets, d'autres choses.» Mais où e

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Let the students techno

MUSIQUES | Quand ils n'usent pas leurs fonds de sous-vêtements brodés sur les bancs de leur business school, les élèves de l'EMLyon fréquentent vraisemblablement le DV1, (...)

Benjamin Mialot | Mardi 9 décembre 2014

Let the students techno

Quand ils n'usent pas leurs fonds de sous-vêtements brodés sur les bancs de leur business school, les élèves de l'EMLyon fréquentent vraisemblablement le DV1, un bon tiers du line-up de l'édition 2014 de leur raout électronique (Elekt'Rhône de son petit nom "brandé") ayant récemment honoré le club des pentes de sa présence. De quoi d'emblée partir sur de meilleures bases que la précédente, infâme gloubi-boulga de deep house à saxophone et d'électro-pop underage. Celle-ci brille au contraire par sa cohérence et son caractè

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La fête à la maison

MUSIQUES | Quel est l'idiot qui a eu cette idée folle d'inventer la fête de la musique, pour en plus la caser le même jour qu'Argentine-Iran et Nigeria-Bosnie ? Faut-il à ce point détester l'être humain ? Puisque c'est comme ça, voici une sélection des festivités avec pleins de Lyonnais dedans, même si pas assez. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Mardi 17 juin 2014

La fête à la maison

La fuite des cerveaux, qu'on appelle ça. Chaque 21 juin, on constate avec un peu plus d'amertume mêlée de joie – pour eux, surtout – que certains des meilleurs éléments de la scène lyonnaise exportent leurs talents pour aller fêter la musique avec des gens qu'on connaît même pas. Prenons (c'est une image) par exemple Erotic Market, qui déplace pour l'occasion son petit commerce amoureux à Beauvais. Même si l'on veut bien admettre qu'il est fort charitable d'apporter un peu d'érotisme bootylicious dans la vie des Beauvaisien – déjà que la Picardie pourrait disparaître –, il y a de quoi être furax de se voir lâchés au moment où on a le plus besoin de nos meilleurs éléments pour couvrir le grand vacarme populaire du musicien du dimanche entendant bien prouver que oui, la France a un incroyable talent et qu'en plus c'est lui – il sait jouer I've Got You Under My Skin avec un poireau à coulisses. Pire, certains de nos chers groupes lyonnais restent même chez eux en attendant que ça passe (ce sont les mêmes qui ne font pas la vaisselle pour la Journée de la femme, honte à eux). Folk progre

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Alterquarks

MUSIQUES | Antiparticule, un anti-quark, peut-être anti-rouge, anti-vert ou anti-bleu. Ne nous demandez pas pourquoi, on n’en sait rien, car comme disait Pascal (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 17 juin 2014

Alterquarks

Antiparticule, un anti-quark, peut-être anti-rouge, anti-vert ou anti-bleu. Ne nous demandez pas pourquoi, on n’en sait rien, car comme disait Pascal Légitimus, on n'a «pas les compétences». Mais où serait donc l’"anti" à l’œuvre chez Antiquarks ? Si l’on en croit le sociologue Philippe Corcuff, adepte des rapprochements entre pop culture et sociologie – dans La Société de Verre. Pour une éthique de la Fragilité, on croise Sylvester Stallone et Wittgenstein – Antiquarks pratiquerait une pop non seulement interterrestre – comme leurs fameux bals du même nom, dont l'un se tiendra à Oullins pour cette Fête de la musique – mais aussi altermondialiste. «Une façon d'explorer, écrivait Corcuff en 2011 sur le site Mediapart dans une lecture bourdieusienne de l’album Cosmographes, "d'autres mondes possibles" que "le monde marchandise" à partir de nos attaches aux mondes existants». À travers la tradition comme la modernité (vielle à roue et électro, pour schématiser), sans distinction. Nous aurions là une musique propre à faire craquer le point de vue intellectualiste dans un rapprochement entre raison et corps, registre savant et ambi

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Sous l’œil du PB

MUSIQUES | Pour la deuxième année consécutive, Le Petit Bulletin était invité par la Ville de Lyon à élaborer, en compagnie notamment de la reine des basses Flore (qui se (...)

Benjamin Mialot | Mardi 17 juin 2014

Sous l’œil du PB

Pour la deuxième année consécutive, Le Petit Bulletin était invité par la Ville de Lyon à élaborer, en compagnie notamment de la reine des basses Flore (qui se produira elle-même, comme l'an passé, à l'Estaminet K-nar), à la programmation de la scène électro installée au Parc des berges. Sur la grosse soixantaine de jeunes gens passés sous nos fourches caudines, une vingtaine s'en est tirée sans égratignure – au contraire des ahurissants Light Emitting Deejays, qui sont à Kraftwerk ce qu'un Jacky est à un pilote de F1. Parmi eux Steo Le Panda, qui partage avec un certain ursidé doré un goût prononcé pour les bonnets imitatifs et les arrangements zen – qu'il extirpe de son iPad avec la dextérité d'une dactylo –, Le Son Étrange, nouveau projet tout en riddims cybernétiques de l'ex-Peuple de l'Herbe DJ Stani, PCKRZ, duo dont l'électro-hip hop bien gueudin n'est pas sans rappeler les virulentes clowneries de Stupeflip, Wild Wild Waves, étonnant quatuor qui redonne du volume au trip hop à coups de vibraphone et de contrebasse, ou encore Rednik, mystérieuse formation versée dans le du

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Insomniaque - Semaine du 4 au 10 juin

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : James Murphy au Sucre, le Festival All Together et la deuxième 45°N x 4.85°E. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 3 juin 2014

Insomniaque - Semaine du 4 au 10 juin

08.06 Reality Avec LCD Soundsystem James Murphy a, en trois albums d'une classe typiquement new-yorkaise et un concert d'adieu plus proche d'un enterrement de vie de garçon que d'une mise en bière, redonné un coup de lustre aux tunnels creusés de garages en clubs par ses compatriotes des Talking Heads. En solo, quand son éternel regard hébété ne sublime pas les productions d'autres pointures indé (comme le Reflektor d'Arcade Fire dernièrement), il est un DJ d'un redoutable bon goût. On a pu le constater à Nuits Sonores en 2012. On pourra le vérifier au Sucre ce dimanche. 08.06 F.A.T. Lyon 2014 La Holi a la cote en ce moment : deux semaines avant Les Invites, c'est au tour du Festival All Together – événement littéralement œcuménique, puisqu'il est le fait d'un mouvement interreligieux – de s'appuyer sur une bataille de pigments inspirée par cette tradition indienne. Celle-ci, qui se déroulera au

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Braquage à l'anglaise

MUSIQUES | Largement responsable, avec ses soirées au Club Transbo, du dynamisme actuel de la culture club lyonnaise, Haste ambitionne maintenant de remettre la production au centre du débat. Portrait d'un collectif qui, en dépit de ce que laisse entendre son nom, ne confond pas vitesse et précipitation. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 4 février 2014

Braquage à l'anglaise

«Il y a plein de drôles d'oiseaux dans le milieu des musiques électroniques. Nous, nous sommes des corbeaux : nous sommes à l'écart, par choix et parce qu'en France et à Lyon en particulier, la culture techno fait défaut». Dressé à l'automne 2012 par l'intraitable groupuscule CLFT, ce sévère constat est depuis quelques mois battu en brèche : du fumoir tamisé du Terminal à la terrasse panoramique de La Sucrière, le 4/4 post-industriel n'a jamais autant eu le vent en poupe à Lyon. Question de contexte, son mode de consommation, pour le moins hédoniste, s'accordant particulièrement bien avec le rude climat social du moment. Question de rajeunissement du public aussi, autant le fait d'un passage de relais démographique que le signe d'une maîtrise croissante des nouveaux canaux de communication. Question de militantisme surtout. Notamment celui du collectif Haste, dont les soirées ouvrent depuis deux ans de nouvelles perspectives esthétiques et éthiques. Le cœur sur la Manche Retour au début de l'année 2011. Cela fait déjà quelques temps que le dénommé Pierre Serafini cherche un moyen de traduire scé

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Un mur dans de nouveaux murs

ARTS | Depuis plusieurs mois, les époux Freudenberg préparent minutieusement leur fuite pour Berlin Ouest. Le 7 mars 1989, sous la menace d'une patrouille de (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 4 février 2014

Un mur dans de nouveaux murs

Depuis plusieurs mois, les époux Freudenberg préparent minutieusement leur fuite pour Berlin Ouest. Le 7 mars 1989, sous la menace d'une patrouille de police, Winfried doit partir précipitamment, seul, à bord de leur ballon gonflable de fabrication artisanale. L'engin vole trop haut, trop vite et finit, après plusieurs heures, par s'écraser à l'Ouest. Winfried Freudenberg sera la dernière victime est-allemande cherchant la liberté en franchissant le Mur de Berlin, parmi plus d'une centaine...  Touchée par son histoire tragique, l'artiste lyonnaise Perrine Lacroix a créé deux pièces qui rendent hommage aux Freudenberg et prolongent son travail récent autour des thématiques de la frontière et de l'architecture. La première, Mauer, est constituée de deux cents briques disposées au sol, comme un grand mur horizontal que l'on peut décrypter comme une ombre portée et jamais atteignable. La seconde est une vidéo où l'artiste a reconstitué la toile de l'engin volant de Winfried Freudenberg, gonflée ici par le simple souffle d'un courant d'air. Cette exposition épurée

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Insomniaque - Semaine du 22 au 28 janvier

MUSIQUES | 3 RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : le collectif Haste au Terminal, Anoraak au Kao et Kasper Björke au Sucre.

Benjamin Mialot | Jeudi 16 janvier 2014

Insomniaque - Semaine du 22 au 28 janvier

23.01 DriveAprès avoir ouvert sa résidence au Club Transbo à des structures partageant son approche pointilleuse et débrouillarde du clubbing et en attendant le lancement de son label, le collectif techno Haste ne perd pas une occasion de faire de parler de lui. Cette semaine, c'est ainsi le Terminal qu'il investit, le temps d'une soirée qui verra se succéder nul autre que ses quatre piliers : le fondateur PEEV (également connu de nos services en tant que producteur d'electronica tactile sous le nom d'Opti), la vénéneuse P.I.LA.R., l'énigmatique Heblank et le cadet Owlover. Si si la famille. 24.01 AnoraakFrédéric Rivière aurait pu se satisfaire de ses rentes de berger à poneys (il est le batteur scénique des trop dociles Pony Pony

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Sur la route des expos

ARTS | Qu'ils voyagent dans des espaces fictifs ou réels, les (bons) artistes opèrent toujours chez nous un déplacement du regard. Petite sélection, non exhaustive, des expositions attendues en ce début d'année 2014. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 2 janvier 2014

Sur la route des expos

Après avoir accueilli une partie de la Biennale, le Musée d'art contemporain semble vouloir décompresser avec la curieuse et vrombissante exposition Motopoétique (du 21 février au 20 avril). Soit 200 œuvres signées par 38 artistes (BP, Alain Bublex, Ange Leccia, Xavier Veilhan...) et réunies par le critique d'art Paul Ardenne (auteur notamment du très intéressant Art, l'âge contemporain), toutes en rapport avec... la moto ! Les non bikers auront quelques doutes sur l'intérêt de ladite thématique, mais Paul Ardenne nous assure percevoir et ressentir la moto comme «un outil essentiel mis au service d'un sensualisme total». «La moto condense tout à la fois le mécanique, le viscéral, l'animal, le brut» et le critique fonceur n'hésite pas à y voir jusqu'à un «objet transitionnel» en citant le psychanalyste Winnicott ! A moto, en auto ou en bus, le photographe Bernard Plossu a depuis longtemps fait de l'errance une ligne à la fois éthique et esthétique. Après ses voyages au Mexique ou aux Etats-Unis, il présentera au Réverbère (du 18 janvier au 12 avril) des photographies glanées au Portugal et en G

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C'est dans les boîtes !

MUSIQUES | Il paraît que si le Père Noël faisait vraiment le tour du globe aussi rapidement qu'on le laisse entendre aux enfants, il se désintègrerait. Si vous prenez part à l'un des réveillons électroniques ci-dessous, il risque de vous arriver la même chose. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Vendredi 13 décembre 2013

C'est dans les boîtes !

Chaque année à cette période, c'est la même désillusion : pas grand chose à se mettre sous la semelle le soir du 31 pour l'amateur de clubbing un peu exigeant. Entre les soirées portes closes (Le Sucre, le Club Transbo et toutes les autres salles dont la transe collective n'est pas le seul fonds de commerce se plient à la trêve des confiseurs), les privatisations (le Platinium a été prêté aux petits glandeurs du programme Erasmus), les rendez-vous anti-datés (voir en page 15) et l'hégémonie des fêtes à thème (dans le genre, celle du Kao, d'inspiration brésilienne, devrait à nouveau être la moins guindée et la moins snob), le seul réveillon qui semble à portée est celui, chocolaté et emballé dans du papier doré, que l'on vend au kilo dans les dépôts interlopes du sixième arrondissement. Heureusement, trois clubs veillent au grain. C'est qui qui ? C'est Kiko D'abord le Distrikt XII. Le petit dernier des nombreux lieux de vie nocturne inaugurés la saison passée recevra Kiko, pionnier grenoblois qui, depuis ses débuts en tant qu'importateur de house à l'aube des années 90 (en duo avec Oxia, sous le nom de Phunky Data) à sa métamorphose en épigraphe de l'italo-disco

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Insomniaque - Semaine du 18 au 25 décembre

MUSIQUES | Les 3 RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : le cinquantième Puzzle Rumble à La Marquise, Haste reçoit SNTWN au Club Transbo et Nous sommes 2014 au Double Mixte. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 10 décembre 2013

Insomniaque - Semaine du 18 au 25 décembre

19.12 Puzzle Rumble #50 Comment fait-on tenir 16 DJ et 2 MC dans une péniche ? Comme on fait entrer quatre éléphants dans une 2 CV, pourrait répondre l'association Totaal Rez, qui s'est lancée ce défi insensé à l'occasion de la cinquantième de sa résidence à La Marquise. Au-delà de l'exploit, la soirée a surtout le mérite de dresser un véritable panorama de la bass music lyonnaise, de ses locomotives (le turntablist multiprimé Groove Sparkz) à ses étoiles montantes (Salaryman et sa drum'n'bass itinérante, Dual Shock et son dubstep asphyxiant) en passant par ses parrains de l'ombre (le podcasteur fouineur Freddypogo). 20.12 Haste & Friends Avant de passer les fêtes en famille, le collectif Haste fait la fête

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Orgie de sucre

MUSIQUES | Avec ses installations audio dernier cri, sa terrasse panoramique et ses ambitions next-gen, le Sucre s'est imposé en l'espace d'un demi-mois comme un incontournable de la vie nocturne lyonnaise. Une tendance que le reste de sa programmation estivale devrait confirmer. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Vendredi 12 juillet 2013

Orgie de sucre

Ça ne pouvait pas ne pas marcher. Un club perché au sommet d'une friche industrielle devenue un haut lieu de l'art contemporain, cautionné par un all-star cast de DJs (Agoria, Laurent Garnier), d'entrepreneurs (Bruno Bonnell) et de médias (Libération y a organisé une sauterie pour son 10 000e numéro) et géré par l'équipe de Nuits Sonores... Non vraiment, quand bien même le quartier environnant est encore embryonnaire – la Confluence, désertée avec fracas par le cuistot étoilé Nicolas Le Bec et le galeriste Olivier Houg – ça ne pouvait pas ne pas marcher. Nulle surprise donc à ce que Le Sucre, par ailleurs caractérisé par une jauge respirable (800 places, alors que l'endroit peut théoriquement en accueillir le double) et un confort d'écoute sans équivalent de ce côté-ci du Rhin (le son est limpide, idéalement spatialisé et supportable), affiche depuis son ouverture fin juin un taux de remplissage limite indécent. Signes avant-coureurs de diabète On ne saurait donc trop vous conseiller de réserver au plus tôt vos places pour les nombreux rendez-vous électroniques de qualité qu'hébergera le lieu tout au long de l'été. En tête ceux des 19 et 26 juillet, qui verront

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Party hard !

MUSIQUES | Le versant électronique de la Fête de la musique telle qu'on la célèbre à Lyon ressemble à un Apéro sonore à retardement (la gratuité, le réenchantement de l'espace public, l'hédonisme en partie diurne, tout ça). La programmation de qualité en moins ? Pas nécessairement. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 13 juin 2013

Party hard !

Chaque année, c'est la même question qui revient : où passer le soir du 21 juin lorsque l'on n'a d'oreilles que pour les onomatopées de synthèse ? Déjà, pas dans Lyon extramuros, où chorales et fanfares règnent quasiment sans partage. En centre-ville en revanche, au moins quatre spots valent le détour. D'abord la très populaire place Colbert, dans le premier arrondissement, où l'association Dofus Dofus proposera un plateau ghetto ascendant tropical de haute volée (avec Douster, JayWeed et

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Insomniaque - Semaine du 19 au 25 juin

MUSIQUES | Les trois soirées à ne pas manquer cette semaine. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 12 juin 2013

Insomniaque - Semaine du 19 au 25 juin

20.06 LYC 2006Pour les organisateurs de soirées aussi, l'heure de la trêve estivale approche - sauf pour ceux qui investiront le fameux Sucre, dont les portes s'ouvriront le 28 juin prochain avec une launch party du nouvel album de Siriusmo. Ainsi de Enover, qui frappera pour la dernière fois de la saison la coque de La Marquise du sigle "LYC" la veille de la Fête de la musique. L'association profitera de l'occasion pour remettre les compteurs à zéro en accueillant le Londonien Copy Paste Soul, étoile montante de la deep house qui devait à l'origine se produire en mars dernier.

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Quand la ville gronde

MUSIQUES | Ne jamais employer l'expression "envoyer du gros". C'est l'une des règles élémentaires du journalisme musical. Comme toutes les règles, elle a son exception : on peut y recourir pour parler de bass music, cette frange souterraine et tonitruante des cultures électroniques, et des événements qui la promeuvent, à l'image de l'impeccable Rumble Festival. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Vendredi 1 mars 2013

Quand la ville gronde

La scène se déroule au printemps 2003, à Clermont-Ferrand. Ce soir-là, la Coopérative de Mai accueille Fred Avril, compositeur de musiques de film dont la carrière pop fut aussi honnête qu'éphémère. Sa prestation, elle, n'a rien d'extraordinaire et le public le fait savoir en éclusant bruyamment ses bières. Soudain, il se saisit d'un potard géant et le tourne d'un cran. Un monstrueux bourdonnement s'échappe des enceintes. Silence dans la salle. Les vêtements se décollent des peaux comme des masques peel off. Il le tourne d'un cran supplémentaire. Les cages thoraciques résonnent au point qu'on ne s'entend plus battre du cœur. Encore un cran. La situation devient limite supportable. Avril reprend son set. Soulagement et déception dans l'assistance, encore saisie de cette impression unique d'être à la fois en pleine conscience de soi et sur le point d'exploser tel un œuf dans un micro-ondes. Impression qu'une seule musique nous aura fait éprouver depuis : la bass music. Marée de basses Autant dire que nous n'étions pas les derniers à nous réjouir lorsque, en 2011, est né le Rumble Festival, événement tout entier consacré à cette appellation d'ori

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Insomniaque - Semaine du 27 février au 5 mars

MUSIQUES | 01.03. I'm Kenny LarkinVendredi 25 janvier, le DV1 accueillait, pour la première d'un cycle de rendez-vous dédiés aux plus éminentes figures de la techno, (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 21 février 2013

Insomniaque - Semaine du 27 février au 5 mars

01.03. I'm Kenny LarkinVendredi 25 janvier, le DV1 accueillait, pour la première d'un cycle de rendez-vous dédiés aux plus éminentes figures de la techno, l'un des trois pères fondateurs du genre, à savoir Juan Atkins. On a encore du mal à le croire. Il va pourtant bien falloir. Car en attendant, on l'espère, de compléter le tableau en programmant Derrick May et Kevin Saunderson, c'est à Kenny Larkin, autre black de Détroit à la carrière longue comme ça et à l'influence à l'avenant, que le club des pentes a adressé une invitation. Et le bougre a répondu favorablement. Classe. 01.03 Bye Bye Boom Party«Et oui, toutes les bonnes choses ont une fin… Et Dieu, s’il existe, sait ô combien cette chose fut bonne». Ainsi débute le texte promouvant la Bye Bye Boom Party, tout dernier événement organisé par Galacticut, structure bicéphale qui, depuis cinq ans, œuvrait à l'animation des nuits lyonnaises et au développement du vivier électro locale

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En quatre lettres, y a pas mieux

MUSIQUES | Depuis 1991, l’hôpital psychiatrique de Buenos Aires possède sa propre radio, La Colifata. Elle émet une fois par semaine, fonctionne sur le mode de l'open mic, mais ne peut être captée qu'à quelques centaines de mètres à la ronde. Pas grave. Car nous, depuis 2011, nous avons CLFT, une entreprise technophile follement ambitieuse et dont les ondes se jouent des frontières avec la prestesse d'un nuage radioactif. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 20 septembre 2012

En quatre lettres, y a pas mieux

Dans l'imaginaire collectif, un journaliste a sous les yeux des bagages surtaxés et dans le sang assez de caféine pour rendre famélique Manuel Uribe (590 kg, record du monde), vit retranché dans une chambre de bonne et n'en sort que pour côtoyer des êtres d'exception (ou pour se faire séquestrer dans une cave par le mec sur lequel il se renseigne, merci Stieg Larsson). Et bien tout ça, en vérité nous vous le disons, c'est du gros bullshit. En tout cas en ce qui concerne la supposée puissance dialectique de nos interlocuteurs. La plupart des acteurs du milieu musical, par exemple, n'ont pas grand-chose à raconter, si ce n'est quelques banalités relatives à leur soi-disant ouverture d'esprit et à leur prétendue volonté de ne pas se répéter. Bien sûr, il y a des exceptions. JNPLSRC et MARCALB, les fondateurs de l'association CLFT, dont l'objet est l'élargissement du cercle d'écoute de la techno, en sont deux belles. On a même du les interviewer deux fois pour être sûrs de bien cerner leurs aspirations et leur éthique. En avoir (du chien) ou pas Cela ne tient pas (uniquement) au fait que la première session s'est déroulée autour d'une bonn

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L'électro sur son 31

MUSIQUES | Les musiques électroniques sont, dans bien des métropoles françaises, le parent pauvre de la Fête censée les célébrer. À Lyon, elles en sont plutôt l'enfant gâté. Benjamin Milaot

Benjamin Mialot | Jeudi 14 juin 2012

L'électro sur son 31

À Clermont-Ferrand, les musiques électroniques servent de jingles publicitaires à des patrons de bar plus sensibles au tintement de l'or nordique qu'au foisonnement de la scène britpop scandinave. À Grenoble, où l'on enflamme plus volontiers des bolas que des dancefloors, elles sont tout juste bonnes à raviver chez les étudiants le souvenir des soirées «désintégration» données un mois plus tôt. À Tulle, elles sont des beats de foires, qu'on fait parader au rythme trépidant d'un petit train touristique. Quid de Lyon ? Il en va tout autrement : ici, la house, la minimale et toutes leurs copines synthétiques sont autant de Grâces pour lesquelles aucun temple n'est trop beau. Cette année encore, la Ville a ainsi réquisitionné les environs du terrain de Tola Vologe, usuellement dévolu aux entrainements de l'Olympique Lyonnais, pour y installer six remorques sur et aux abords desquels se relaieront de la tombée de la nuit au petit jour des Dj's sélectionnés par des assos aussi notoires que Elektro System,

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La grande bouffe

MUSIQUES | On savait le label Gourmet Recordingz du genre à ne rien faire comme les autres. Par exemple, naître en plein acmé de la crise du disque pour servir (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 1 juin 2012

La grande bouffe

On savait le label Gourmet Recordingz du genre à ne rien faire comme les autres. Par exemple, naître en plein acmé de la crise du disque pour servir d'arrière-cuisine autoproductive à un groupe d'electro hip-hop savoureusement bouffon (Les Gourmets, of course) avant de, à peine un an plus tard, débuter l’élaboration de l'un de ces pieux et panachés catalogues dont la frange indépendante de l'industrie est féconde (on avoue un faible pour le chiptuner 2080 et pour les folkeuses barely legal de Jüne). On le savait du genre à ne rien faire comme les autres, mais à ce point... C'est vrai quoi, vous en connaissez beaucoup vous, des structures qui fêtent leurs sept ans en organisant une soirée toute entière dédiée à leurs compagnons de galère ? Avouez qu'il y a là de quoi réveiller Pierre Bourdieu et lui inspirer un addendum à La Distinction. Critique sociale du jugement. Surtout de quoi le réveiller en fait, ladite soirée affichant une programmation très Future sound of Lyon, pour reprendre le nom de l'une des scènes les plus excitantes de la dernière édition de Nuits sonores. Le Blogg, spacieux caf'conc' inauguré l'hiver dernier,

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Fragments d'un dialogue amoureux

ARTS | À droite, les photographies noir et blanc de Perrine Lamy-Quique. À gauche, celles en couleurs de Sébastien Berlendis (à la Bibliothèque du 1er (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 10 février 2012

Fragments d'un dialogue amoureux

À droite, les photographies noir et blanc de Perrine Lamy-Quique. À gauche, celles en couleurs de Sébastien Berlendis (à la Bibliothèque du 1er arrondissement, jusqu'au vendredi 17 février). Soit le dialogue amoureux de deux artistes ayant voyagé ensemble à travers l'Europe... Dialogue inscrit sous le titre des «limons» où l'on pourra entendre quelque terres et corps clairvoyants selon la formule du poète Jacques Dupin ; ou bien, pour s'amuser un peu, «mon lit», celui que partagent Perrine et Sébastien ou celui que ne peuvent partager Echo et Narcisse dans la fable pleine d'images d'Ovide. Car après tout, des lits nous en trouvons beaucoup : corps nus au milieu de draps défaits ou bien couches vides, voire grabat au milieu des gravats... L'absence, la disparition hantent le travail des deux photographes, comme l'esthétique de la ruine et du fragment. Flous, surexpositions, ciels prépondérants, trouées de lumière constituent la «palette» de Berlendis. Bougés, lèpres murales, ombres, grain, contrastes expressionnistes celle de Lamy-Quique. Le style de cette dernière semble tout droit sorti des œuvres de Michael Ackerman ou d'Antoine d'Agata qui

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ÉLECTRO

MUSIQUES | Kenny Larkin

Dorotée Aznar | Jeudi 22 octobre 2009

ÉLECTRO

Début septembre, Kenny Larkin était l’invité de marque de la soirée A Night In Detroit à Paris. Ce vendredi 30 octobre, il sera le Dj à l’honneur pour un nouvel Echo Sonore. Si pour bon nombre de technophiles, le son de Detroit reste emblématique des années 90, certains pionniers de la Motor City ont prouvé tout au long de la décennie que «le son du futur» n’appartient pas pour autant au passé. Ainsi Kenny Larkin, éminent producteur dans la veine de Carl Craig, Jeff Mills ou Juan Atkins, poursuit sa quête d’un groove esthète, s’accommodant sur son dernier album de la minimale en vogue, mais en lui insufflant son incomparable sensibilité soul-jazz. Des Keys, Strings & Tambourines qui façonnent le son de l’album éponyme, et qui promettent aux clubbers un jouvenciel retour aux racines.

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