Promenons-nous dans les bois

Benjamin Mialot | Jeudi 26 juin 2014

«La pluie a tout emporté, les canards, les oignons, / La pluie a tout emporté, nos guenilles, nos haillons.» fredonnait Thomas Fersen. L'an passé, elle a même emporté Woodstower, interrompant prématurément le highly anticipated concert de Eels. Refroidis par ce vilain coup du sort (et sans doute un peu à court d'un autre genre de liquide), ses organisateurs ont décidé de se retirer de la course à la tête d'affiche pour mieux se recentrer sur la spécificité de leur festival : ses atours de fête foraine éphémère – passés les 23 et 24 août, la nature du Grand Parc de Miribel-Jonage reprendra ses droits. D'un sound-system sous-marin à un espace rétrogaming en passant par un DJ set 100% slows, Woodstower fourmillera donc plus que jamais de rendez-vous décalés.

La programmation musicale fera quant à elle dans le hip hop aux sourcils froncés via le concasseur (et quart de Birdy Nam Nam) DJ Pone et les rimeurs impertinents d'Odezenne et, surtout, le backpacking sonore, avec le rétro-crooner américanophile Gaspard Royant, le duo Acid Arab, qui repeint la musique électronique aux couleurs vives et sableuses de l'Orient, ou encore Biga*Ranx, le plus Jamaïcain des MCs d'ici. Bref, dépaysement garanti.

Benjamin Mialot

Woodstower
Au Grand Parc Miribel Jonage, les 23 et 24 août

 

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Christophe Moulin : « Le brassage, c'est aussi mixer food, bières et musiques »

Ninkasi | Pour ses vingt ans, le Ninkasi s'est offert un lifting : rendez-vous le 16 octobre pour un lieu multiple repensé autour d'une programmation toujours plus éclectique où se croiseront jusqu'en décembre Arrested Development, The Stranglers ou encore Tété. On en parle avec Christophe Moulin, le programmateur.

Sébastien Broquet | Mardi 19 septembre 2017

Christophe Moulin : « Le brassage, c'est aussi mixer food, bières et musiques »

Quel retour feriez-vous de votre première année de programmateur du Ninkasi ? Christophe Moulin : Il y a un an, nous avons commencé les travaux, dont nous ne récoltons pas encore les fruits. C'était une année de transition, mais aussi de complication pour le public, pour les artistes - les backstages étant en travaux. On s'en excuse encore ! C'était une année d'expérimentation, sans pouvoir aller au bout du geste. Ça va vraiment démarrer le 16 octobre : là on va commencer à dérouler la machine telle qu'on l'a réfléchie il y a deux ans. Je garde de très bons souvenirs comme The Game, ou encore la Ninkasi Urban Week où l'on a pu investir l'espace urbain, notre travail sur le Mur7 avec Birdy Kids. C'est ma touche personnelle, cette porosité entre la salle et le quartier. J'ai du mal à rester en place ! C'est normal que les habitants n'entrent pas obligatoirement dans une salle de concerts qui reste un cube fermé. Mais le concert doit sortir à l'extérieur, lui.

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Rachid Taha : "Sincèrement, on vous a prévenu"

Festival 6e Continent | Rockeur adepte des sons électroniques dès la première heure, moderniste enregistrant des albums consacrés au répertoire chaabi ou raï, bringueur parfois limite ou phénomène de scène dingue d’Elvis, chroniqueur avisé de notre époque, Rachid Taha est un caméléon, une utopie et un manifeste à lui tout seul.

Sébastien Broquet | Mercredi 1 juin 2016

Rachid Taha :

Au début des années 80, quand vous avez commencé avec Carte de Séjour, vous écoutiez les Talking Heads, produits par Brian Eno, ou The Clash. Aujourd'hui, ce même Brian Eno, ou Mick Jones, vous appellent pour travailler avec vous : comment le ressentez-vous ? Je le ressens d'une manière tout à fait normale, sans être prétentieux, mais quand j'ai commencé à Lyon avec Carte de Séjour, j'étais sûr que j'allais les rencontrer, que je travaillerais avec eux un jour ou l'autre. C'est arrivé. Et l'histoire continue : j'avais très envie de bosser avec Damon Albarn. Et nous allons tourner ensemble au mois de juillet. Tous ces gens avec qui je rêvais de travailler, je les ai eu : c'est super. Brian Eno, comment s'est passé la rencontre ? Il m'a appelé. Il travaillait justement avec Damon Albarn et il voulait faire une voix avec moi, pour un album à l'occasion des Jeux Olympiques en Grèce, en 2004. Moi j'étais fan et ça faisait longtemps que je voulais le rencontrer. Comme avec Robert Plant, aussi.

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Les nuits fauves d'Acid Arab

MUSIQUES | Leur nom claque comme un slogan. Leur musique est abrasive comme… de l’acide, oui. Acid Arab incarne ce pays tel qu’on l’aime : multiple et singulier, fureteur et se foutant des conventions pour inventer - en l’occurrence un nouveau son. Hervé Carvalho, co-fondateur du groupe avec Guido Cesarsky, nous explique ça par téléphone avant leur venue au Petit Salon.

Sébastien Broquet | Mercredi 10 février 2016

Les nuits fauves d'Acid Arab

Acid Arab aurait pu naître dans un autre endroit que le quartier métissé et populaire où vous vivez à Paris ? Hervé Carvalho : Ça aurait pu naître ailleurs. Guido vit là-bas, dans le 10ème arrondissement de Paris. Mais Acid Arab, ce n'est pas la musique d’un quartier, c’est la musique de France, telle que nous voyons ce pays. Ce n’est pas juste une histoire de métissage, c’est la France actuelle - même si des gens refusent de la voir ainsi. Guido c’est beaucoup intéressé à ce quartier, il a bossé avec les patrons d’un bar kabyle, Les 9 Billards. Je viens d'une zone de brassage culturel, le Sud de la France : je suis fils d'immigrés portugais et j'ai grandi avec des Pieds-noirs, des Arabes, des mecs de l'Est... Comme tout le monde, j'ai écouté du raï commercial dans les années 90. Le projet débute dans un festival en Tunisie, Pop in Djerba : comment s’est passé cette "révélation" ayant mené à la création d'Acid Arab ? On est parti mixer avec Guido sur ce festival à Djerba, grâce à notre soirée Chez Moune : on jouait acid et disco, mais sur cette date on a préparé un set pour l’occasion, avec des morceaux du Maghr

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PNL / Odezenne : les nouveaux princes de la ville

MUSIQUES | Le Kao accueille, le même soir et à guichets fermés, les deux révélations rap françaises de l'année : d'abord les rimeurs en laisse d'Odezenne, ensuite les poètes de cage d'escalier de PNL. Attention toutefois, l'une des deux est une imposture.

Benjamin Mialot | Mardi 1 décembre 2015

PNL / Odezenne : les nouveaux princes de la ville

Tout au long du XIXe siècle et jusqu'au début du XXe, les pays européens ont rivalisé de démesure dans l'organisation d'expositions coloniales, ces zoos humains où les gens bien nés s'amusaient à se faire peur au contact de peuplades dites exotiques. De nos jours, ces reconstitutions odieusement récréatives n'ont heureusement plus cours – sauf au World Showcase du Walt Disney World Resort. Mais la fascination pour le "sauvage ", elle, demeure. La différence, c'est que ce dernier a depuis renversé à son avantage monétaire ce rapport de domination – good for him. Comment ? En faisant du rap hardcore, ce sous-genre du hip-hop qui aime à entretenir le flou entre introspection et nombrilisme avec un langage aussi fleuri qu'un nom de cité dortoir. C'est le cas en France, par exemple, de Booba, Kaaris et Graadur, dont les frasques auto-caricaturales mettent d'accord les "grands reporters" des news culturels comme les kids des quartiers dits sensibles. C'est aussi et plus encore celui de PNL, duo des Tarterêts dont les atermoiements catogan au vent sur la vie à l'ombre des tours mortes-vivantes ensorcellent tout ce que le pays compte de

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Riddim Collision 2015 : une édition d'envergure

MUSIQUES | Amis lecteurs, si vous n'avez toujours pas entendu le vol noir du corbeau sur la plaine, now is the time. Car le noir volatile vient de retrouver, à (...)

Benjamin Mialot | Mardi 3 novembre 2015

Riddim Collision 2015 : une édition d'envergure

Amis lecteurs, si vous n'avez toujours pas entendu le vol noir du corbeau sur la plaine, now is the time. Car le noir volatile vient de retrouver, à l'occasion de la dix-septième édition du Riddim Collision, dont il est l'animal totem, l'emploi d'oiseau de plus ou moins bon augure qui était le sien dans la mythologie scandinave, annonçant l'arrivée au Transbordeur d'une nuée de ses congénères aux ramages ambigus. À commencer par Ho99o9 (prononcez "Horror"), duo du New Jersey qui, à l'instar des deux chantres de la difformité présentés ici, nourrit une passion aussi captivante que dérangeante pour la difformité (son premier EP s'intitulait Mutant Freax) et la canalise en de foudroyantes décharges nihilistes mi-punk mi-hip-hop. Radical et hybride, Gum Takes Tooth ne l'est pas moins, cet autre binôme (de Londres cette fois) orchestrant à visages couverts la rencontre, forcément impressionnante, de la noise maximaliste à la Fuck Buttons (décidément)

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Les Authentiks reprennent du poil de la bête

MUSIQUES | Hors les murs depuis l'annulation de son édition 2013, le festival Les Authentiks retrouvera cet été le chemin du Théâtre antique de Vienne. Connaissant le (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

Les Authentiks reprennent du poil de la bête

Hors les murs depuis l'annulation de son édition 2013, le festival Les Authentiks retrouvera cet été le chemin du Théâtre antique de Vienne. Connaissant le climat de morosité financière dans lequel baigne le secteur culturel ces temps-ci, cette résurrection est déjà un petit miracle en soi. Sa programmation, exclusivement dédiée au hip-hop, ce sabir des peuples périphériques, offre elle aussi quelques raisons de se réjouir. À commencer par la venue de Joeystarr, qui partagera le haut de l'affiche avec les beatmakers martiaux de Chinese Man, le temps d'une "Caribbean Dandee Block Party" en bonne compagnie (derrière les platines : Cut Killer et DJ Pone) qu'on nous promet caliente. C'est toutefois en bas de la carte que se nichent les propositions les plus excitantes, à savoir les frangins BigFlo & Oli, petits prodiges d'un rap salutairement déconneur, et la pair Anton Serra/Lucio Bukowski, la plus lettrée et loyale du collectif lyonnais L’Animalerie. Reste à savoir s'ils se produiront comme prévu avec Kacem Wapalek, qui a récemment réglé ses comptes en pub

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Les Authentiks de retour

MUSIQUES | Hors les murs depuis l'annulation de son édition 2013, le festival des Authentiks retrouvera le chemin du Théâtre antique de (...)

Benjamin Mialot | Mardi 14 avril 2015

Les Authentiks de retour

Hors les murs depuis l'annulation de son édition 2013, le festival des Authentiks retrouvera le chemin du Théâtre antique de Vienne le 15 juillet prochain. Au programme, du beat et des palabres avec le collectif Chinese Man, le petit prodige electronica Fakear, Joeystarr pour un plan à trois avec Cut Killer et DJ Pone, les rappeurs léonins (au sens propre) de l'Animalerie et la pasionaria ragga Soom-T.

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Insomniaque - Soirées du 12 au 18 novembre

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : l'after du film "Eden" au Sucre, Boombass et DJ Pone au Logo et JanJelinek et Raymond IV au Croiseur. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 11 novembre 2014

Insomniaque - Soirées du 12 au 18 novembre

13.11 Lyon Techno Generators Jamais le dernier pour exalter le dynamisme de la scène techno/house/you name it locale, Le Sucre ne pouvait rester insensible à la sortie du nouveau film de Mia Hansen-Løve, Eden, biopic "truffaldien" d'un laissé-pour-compte de la French Touch. Dans la foulée de son avant-première au Comoedia, il recevra ainsi quatre DJs qui, tandis que tous les regards se braquaient sur Versailles, posèrent les fondations de la place forte qu'est devenue Lyon depuis : Rocco, St Jean, Manoo et Patrice Moore. Entrée gratuite pour les spectateurs du film – et payable en francs pour les autres ? 13.11 La 69e Puisqu'on parle de pionniers de l'électro à la française, sachez qu'en parallèle de l'after Eden se produira au Logo un authentique artisan de la French Touch : Boombass, frère de Sinclair (on choisit pas sa famille) et moi

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Woodstower boucle sa programmation

MUSIQUES | L'information vient de tomber sur nos téléscripteurs (on vit avec son temps au Petit Bulletin) : Dirtyphonics, le rockeur rétro-stylé Gaspard Royant, le (...)

Benjamin Mialot | Mardi 10 juin 2014

Woodstower boucle sa programmation

L'information vient de tomber sur nos téléscripteurs (on vit avec son temps au Petit Bulletin) : Dirtyphonics, le rockeur rétro-stylé Gaspard Royant, le producteur nomade Débruit ainsi que les locaux Wavesonik et MIIMO (en duel au grand air) rejoignent Acid Arab, DJ Pone, Odezenne et autres Casseurs Flowters à l'affiche de l'édition 2014 de Woodstower. Laquelle, rappelons-le, se tiendra les 23 et 24 août prochains, toujours au Grand Parc de Miribel Jonage.

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Insomniaque - Semaine du 16 au 22 avril

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : Eddie Fowlkes au DV1, Moodoid au Marché Gare et la troisième nuit du festival Reperkusound. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 15 avril 2014

Insomniaque - Semaine du 16 au 22 avril

18.04 I'm Eddie FowlkesL'an passé, le documentaire Twenty Feet from Stardom a rendu un peu de lumière aux choristes afro-américaines qui, dans l'ombre des Rolling Stones et de tant d'autres, ont écrit la légende de la musique populaire anglo-saxonne. Si d'aventure un réalisateur menait pareille entreprise dans le milieu de la techno, il lui faudrait accorder une place de choix à Eddie Fowlkes, DJ natif de Detroit dont l'histoire a préféré retenir qu'il a été le colocataire de Derrick May alors qu'il a offert au genre l'un de ses premiers hits (Goodbye Kiss en 1986). Justice lui sera rendue cette semaine par le DV1. 19.04 Disquaire Day 2014Dédicaces de John Densmore (le batteur des Doors), DJ sets chez une partie des disquaires participants, concerts gratuits en fin d'après-midi... Cette année, le canal lyonnais du Record Store Day a mis les petits plats dans les grands, jusqu'à ponctuer le tout d'une soirée au

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Woodstower 2014 - La programmation

MUSIQUES | On connaissait l'affiche de Woodstower 2014, on connait désormais une partie de sa programmation : pour l'instant à dominante hip hop, elle verra (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 2 avril 2014

Woodstower 2014 - La programmation

On connaissait l'affiche de Woodstower 2014, on connait désormais une partie de sa programmation : pour l'instant à dominante hip hop, elle verra notamment se succéder, samedi 23 août au Grand Parc de Miribel Jonage, les Casseurs Flowters (duo potache composé d'Orelsan et Gringe), DJ Pone (quart de Birdy Nam Nam, complice du duo précédemment mentionné et, plus généralement, figure du platinisme d'ici), Biga*Ranx (ambassadeur français du ragga) et les lettrés et corrosifs Odezenne. Le dimanche sera lui, comme à son habitude, dévolu à la détente, notamment au rythme des pitreries du duo de batteurs Fills Monkey.   Plus de détails par ici : www.woodstower.com

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L'affiche de Woodstower 2014

MUSIQUES | Cette année, Woodstower fait peau neuve : après cinq ans de bons et loyaux services graphiques, Alexandre Lagneau cède la place à Julien Saniel, auteur de (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 6 mars 2014

L'affiche de Woodstower 2014

Cette année, Woodstower fait peau neuve : après cinq ans de bons et loyaux services graphiques, Alexandre Lagneau cède la place à Julien Saniel, auteur de l'affiche ci-dessus, pour le moins colorée et sismique. A part ça, on ne sait pour l'heure rien de la teneur la seizième édition du festival, si ce n'est qu'elle se tiendra les 23 et 24 août au Grand Parc de Miribel-Jonage et qu'elle abritera, dans l'esprit du sound system sous-marin de l'an passé, plusieurs nouveaux espaces décalés et intimes.

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Biga*Ranx, comme en Jamaïque

MUSIQUES | Soyons francs : pour beaucoup d’amateurs de musique, l’image du reggae français reste douloureusement associée à des souvenirs de concerts pas terribles où (...)

Damien Grimbert | Vendredi 15 novembre 2013

Biga*Ranx, comme en Jamaïque

Soyons francs : pour beaucoup d’amateurs de musique, l’image du reggae français reste douloureusement associée à des souvenirs de concerts pas terribles où un chanteur pieds nus, dreadlocké et en guenilles enchaîne des platitudes consensuelles et démago sur un fond musical médiocre devant de jeunes post-ados se dandinant maladroitement les doigts en l’air.Si l’on ne garantit rien en terme de public, on peut en revanche vous promettre que la musique de Biga*Ranx est bien plus proche de ce que l’on peut entendre sur les ondes de Kingston que du traumatisant ersatz évoqué ici. Maitrisant à la perfection toutes les subtilités du patois jamaïcain et connaissant sur le bout des doigts la riche histoire des musiques caribéennes, ce jeune MC prodige s’est en effet attaché dès son plus jeune âge à reproduire le parcours de ses idoles : création de son propre sound system à l’âge de seize ans, nombreux voyages en Jamaïque et en Angleterre pour gagner en maturité artistique, et enchaînement de concerts jusqu’à plus soif, histoire de parfaire encore ses capacités au micro. Résultat des cou

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Une touche d'Odezenne

MUSIQUES | Odezenne. Ce pourrait être le nom d'un parfum à base d'huile de graine d'hibiscus, de concentré de jasmin et d'arômes de fleurs de cerisier, dont les notes (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 25 avril 2013

Une touche d'Odezenne

Odezenne. Ce pourrait être le nom d'un parfum à base d'huile de graine d'hibiscus, de concentré de jasmin et d'arômes de fleurs de cerisier, dont les notes fruitées et florales seraient vantées dans une publicité "clipesque" tournée par un équivalent asiatique de Baz Lhurmann (Riyuhei Kitamura, nous souffle un connaisseur) au pied du château de Nagoya. Ce pourrait, si le single le plus diffusé de ce quintette de rappeurs bordelais ne s'appelait pas Tu pu du cul. Ce pourrait aussi être, si l'on en croit son langage fleuri, son monolithisme vocal et le swing de ses instrus, le nom d'un successeur pour public averti des trop polis Hocus Pocus. Ce pourrait, si ces freestylers aguerris ne se réclamaient pas de producteurs avant-gardistes (Flying Lotus, Daedelus, Madlib) et de Radiohead, ne faisaient pas montre d'un sens de l'humour pour le moins décapant et ne troussaient pas leurs punchlines assonantes comme d'autres composent des chansons en laisse – pour un résultat à l'incontestable mordant : «T’es sémaphore / Le microphone / C’est pas ton fort / Tu parles fort / Tu fais le o

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