Cordes en voyage

MUSIQUES | En plein cœur de l’Ardèche, le Festival Cordes en Ballade prépare une seizième édition latine. Le Quatuor Debussy à la commande depuis l’origine, on s’attend à de l’inattendu, forcément ; à de l’humour et du décalage parfois ; à de la haute volée musicale toujours. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Jeudi 26 juin 2014

Le Quatuor Debussy, par tous ses projets, bouscule sans modération la chose artistique, revigore nos oreilles endormies. Le festival Cordes en Ballade, dont il a la charge, ne fait pas exception. Ses trois dernières éditions ont même impulsé une dynamique encore plus inattendue : en 2011, "On en pince pour les cordes" explorait la musique française par le biais des cordes pincées ; l'année suivante, "Welcome America !" déroulait une humoristique "Route 07" musicale, homologue ardéchoise de la fameuse Route 66 ; enfin, en 2013, Cordes en Ballade avait ébloui par un mélange subtil de musique classique, contemporaine et de jazz, sous l'intitulé "De Bach à Haydn, la musique en héritage". Pour l'édition 2014, un cran supplémentaire est franchi. Avec "Viva Latina !", c'est tout un répertoire coloré et sensuel qui nous est donné à entendre. Une programmation sur les pas des conquistadors qui nous emmènera au Portugal, en Amérique du Sud et en Espagne.

 

Métissage, éclectisme et jubilation

 

Ils exultent toujours, les Debussy, lorsqu'ils concoctent une nouvelle programmation. Cette édition les voit se lâcher un peu plus, et c'est peu dire que leur folie est contagieuse. Les festivités débuteront dans la cathédrale de Viviers. Le Quatuor Debussy ouvrira lui-même le bal avec les sonorités moites des tangos de Piazzola, avant de céder la place à Alexis Cardenas. Ce violoniste virtuose, fin connaissseur de la musique traditionnelle vénézuélienne, est également super-soliste à l'Orchestre National d'Ile de France. Autant dire que son jeu possède une envergure exceptionnelle. Quelques jours plus tard, le même Cardenas et son ensemble Recoveco interprèteront des musiques inspirées par les chants et danses populaires d'Amérique du Sud : valses, joropos, passillos… Le tout dans la somptueuse abbatiale de Cruas. Au fil du festival, le Quatuor Debussy donnera également l'opportunité à trois jeunes formations de se produire sous le label "Nouveaux talents". Jeunes formations qui proposeront un programme à l'image de ceux de leurs hôtes : audacieux, plein de virtuosité et de charme. Quant au maître de l'accordéon Richard Galliano et son Tangaria Quartet, ils se produiront dans la cour de la mairie d'Aubenas, le temps d'une soirée métissée où se répondront mélodies latines, ambiances jazz, envolées classiques et, là aussi, visions patrimoniales. C'est la grande force de Cordes en Ballade : la qualité du répertoire et de l'interprétation s'y conjugue à la flânerie sur les traces de l'histoire.

 

Cordes en Ballade
A Bourg-Sant-Andéol et environs (07), du 3 au 14 juillet 2014

 

 

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Le festival de Kahane

Pop | Il n'aura échappé à personne que Gabriel Kahane est l'un de nos chouchous, nous qui l'avions invité lors d'un Petit Bulletin Live à livrer son premier concert (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 11 février 2020

Le festival de Kahane

Il n'aura échappé à personne que Gabriel Kahane est l'un de nos chouchous, nous qui l'avions invité lors d'un Petit Bulletin Live à livrer son premier concert lyonnais en mars 2016, en compagnie du Quatuor Debussy, puis consacré une Une à son Book of Travelers, sublime auscultation itinérante de l'Amérique de Trump, qui lui avait valu de se produire deux soirs de suite au Théâtre de la Croix-Rousse en avril dernier. Depuis, l'auteur-compositeur-arrangeur, prodigieuse émanation de la génération dorée de la pop US (Sufjan Stevens, Nico Muhly, Bon Iver, Chris Thile...) a encore davantage trimballé ses galo

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Cordes à gogo

Cordes en Ballade | Cordes en ballade, 20e édition ! Toute en joie, en étonnements multiples, en convivialité : le pari initial a dépassé les espérances.

Pascale Clavel | Mardi 19 juin 2018

Cordes à gogo

Depuis 20 ans, Cordes en Ballade est devenu une référence auprès des amoureux d’une musique exigeante, diverse et subtile. La direction artistique, menée depuis l’origine par le Quatuor Debussy, reste terriblement inventive. Douze jours de balades en Ardèche au cœur d’une programmation en forme de patchwork élégant, où chaque festivalier part à la rencontre de musiques improbables. Le Teil, Viviers, Antraigues-sur-Volane, Cruas, Alba-la-Romaine, Privas… partons flâner ! Cette 20e édition s’ouvre à la cathédrale Saint-Vincent-de-Viviers avec un hommage appuyé à Claude Debussy pour le centenaire de sa mort. Suit une programmation riche en expériences décalées : nous entrons de plain-pied dans la cuisine d’Offenbach, avec un concert de parodies d’opérettes où le Quatuor Debussy et les chanteurs solistes d’Orphéon la Compagnie Vocale s’associent pour interpréter ses plus grands tubes. Pour fêter les 20 ans du festival, le Quatuor Léonis se lâche dans un spectacle fou : Éclisse totale. Les musiciens déroulent une musique dans tous ses états, passent du rock

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Petit Bulletin Festival #1 : clap de fin !

Pop Contemporaine | La première édition du Petit Bulletin Festival s'est achevé ce dimanche 29 octobre en La Chapelle de la Trinité. Une première réussie avec trois concerts complets mais surtout trois moments hors-du-temps dans la droite ligne de l'ambition du festival : proposer des concerts pas comme les autres. Ce qui fut fait et pas qu'un peu avec Cocoon, Keren Ann et Rover. Petit bilan pour la bonne bouche.

Stéphane Duchêne | Lundi 30 octobre 2017

Petit Bulletin Festival #1 : clap de fin !

Ça y est, c'est terminé et le moins que l'on puisse dire c'est que c'est passé vite. Le Petit Bulletin Festival s'est achevé dimanche soir après trois soirs de concerts vibrants en une Chapelle de la Trinité comble à chaque fois. De public, mais aussi d'émotions. Tout avait commencé le vendredi soir avec la création opérée par Cocoon et baptisée Chupee Chapel. Accompagné de la pianiste et chanteuse Thea et, sur certains morceaux, du Quatuor Debussy, c'est un Mark Daumail aux anges qui entamait le concert par un Cathedral joué au milieu du public et sans micro, avant de délivrer un mélange des classiques de Cocoon (On my way, Hummingbird, Tell me, Comets, Sushi) et d'extraits de son dernier album, W

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Keren Ann "À cœur et à cordes"

Petit Bulletin Festival | ​Dans le cadre unique de la Chapelle de la Trinité, Keren Ann honorera l'invitation du Petit Bulletin festival de venir illuminer d'arrangements pour cordes ses plus belles chansons avec la complicité de l'indispensable Quatuor Debussy. Un exercice que l'auteur-compositrice affectionne particulièrement.

Stéphane Duchêne | Mercredi 20 septembre 2017

Keren Ann

Depuis 2000, Keren Ann est l'une des grandes figures de ce qu'on appela jadis “la nouvelle chanson française”. Révélée par La Biographie de Lukas Philipsen et la chanson Sur le Fil, en même temps que par l'album Chambre avec vue, co-écrit avec Benjamin Biolay pour le vénérable Henri Salvador, énorme succès commercial et critique, la chanteuse franco-néerlandaise n'a cessé d'imposer sa patte intimiste au long une discographie qui lui a valu des comparaisons avec ses aînées Françoise Hardy ou Claudine Longet, tout autant qu'avec des figures du folk comme Joni Mitchell ou Leonard Cohen. Voyageant sans cesse entre la France, les Etats-Unis et Israël, Keren Ann l'a également beaucoup fait musicalement, s'associant avec l'Islandais Bardi Johansson pour le projet Lady & Bird et enregistrant à New-York des disques aussi importants que Nolita et l'éponyme Keren Ann, hommage sur du velours au Velvet Underground

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Cocoon « Le Quatuor Debussy, c'est la cerise sur le gâteau »

Petit Bulletin Festival | 10 ans après le succès de Chupee, tube emblématique de Cocoon jamais passé de mode, son maître d'œuvre Mark Daumail vient clore au Petit Bulletin festival la tournée de son troisième album de folk gracile et anglophone, Welcome Home, par un concert très particulier pour quatuor à cordes. Un événement baptisé Chupee Chapel que le Clermontois attend avec impatience.

Stéphane Duchêne | Mercredi 20 septembre 2017

Cocoon « Le Quatuor Debussy, c'est la cerise sur le gâteau »

Le premier album de Cocoon a dix ans cette année, le projet a connu une petite éclipse de quelques années, entrecoupée notamment de votre album solo. Le retour à Cocoon a-t-il été quelque chose de naturel ? Une sorte de retour à la maison, comme peut l'indiquer le titre de l'album, Welcome home ? Mark Daumail : Complètement. Cocoon, c'est mon projet de toujours, celui d'avant le succès. Je l'ai laissé un peu de côté avec le départ de Morgane, qui était avec moi sur les deux premiers albums. Mais en même temps, comme il y a eu un impact assez fort de Cocoon à un moment, on continuait à m'en parler beaucoup. Et puis mon fils est né pendant l'exploitation de mon album solo, malheureusement avec des problèmes de santé. Il a dû être hospitalisé et là on est parti avec mon épouse pour un tunnel d'hôpital. C'est là que je me suis retrouvé à reprendre la guitare acoustique, et sans m'en rendre compte à faire un disque de Cocoon, dans les règles

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Un festival, trois étoiles

Petit Bulletin Festival | Rosemary Standley et Dom La Nena, Benjamin Clementine, San Fermin, Alela Diane, Piers Faccini et Vincent Segal, Bruce Brubaker plays Philip (...)

La rédaction | Mercredi 20 septembre 2017

Un festival, trois étoiles

Rosemary Standley et Dom La Nena, Benjamin Clementine, San Fermin, Alela Diane, Piers Faccini et Vincent Segal, Bruce Brubaker plays Philip Glass, Gabriel Kahane, Yael Naim, The Apartments, Pedro Soler et Gaspar Claus, Chris Thile, Thomas Dybdahl... Depuis novembre 2013, ce sont pas moins de 15 concerts, organisés en partenariat avec Rain Dog Productions, qui ont régalés les spectateurs dans le cadre des Petit Bulletin live. L'idée : inviter un artiste à se produire dans un lieu exceptionnel, atypique, ou les deux : Chapelle de la Trinité, Théâtre des Ateliers, Temple Lanterne, Sucre, Subsistances ou Comédie Odéon. Des artistes confirmés ou à découvrir dans une configuration musicale parfois inédite et souvent intime. La formule a fait ses preuves et quelques heureux, à commencer par nous, mais nous avons décidé de la modifier. Après tant de concerts parsemant la saison musicale, place à un format festival dont la première édition, en collaboration avec Les Grands Concerts se t

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Cordes en Ballade, le festival vagabond

Cordes en Ballade | Pour sa 19ème édition, le festival Les Cordes en Ballade nous emmène parcourir le monde entier à la rencontre des "cultures en harmonie". Au cœur de l’Ardèche méridionale, le Quatuor Debussy, initiateur de l’évènement, a su conquérir un large public.

Pascale Clavel | Mardi 20 juin 2017

Cordes en Ballade, le festival vagabond

Ce festival de musique classique itinérant ne ressemble à aucun autre. Depuis sa création, il est poussé par une exigence de grande qualité artistique et une volonté constante d’ouvrir le répertoire classique à d’autres formes musicales. Une douzaine de concerts en dix jours dans un cadre merveilleux et souvent inattendu : en plein air, dans des églises romanes, au beau milieu d’une longue randonnée. Le Quatuor Debussy vient même d’inaugurer des siestes musicales. Dans un monde en tensions permanentes, le thème qui traverse Cordes en Ballade ne peut que séduire : "cultures en harmonie", où comment nos différences peuvent nous rapprocher, comment la musique peut casser les frontières ? Rien d’anecdotique, le tout puissamment tricoté pour offrir un moment d’harmonie et de fraternité. En ouverture du festival, dans la cathédrale Saint-Vincent de Viviers, le Quatuor Debussy et le violoniste Jasser Haj Youssef nous invitent à un moment de métissage musical, entre un orient et un occident aux sonorités chaudes, aux influences multiples. Un autre soir, à l’église Saint-Louis de Villeneuve de Berg, c’est une autre hi

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Gabriel Kahane : « Trouver le meilleur moyen de raconter une histoire »

MUSIQUES | Aussi à l'aise en balade folk qu'en musique de chambre, Gabriel Kahane, nouveau petit génie de la pépinière pop de Brooklyn, saute moins les barrières des genres musicaux qu'il ne les évite avec grâce. The Ambassador, son album consacré à l'histoire et à la géographie... de Los Angeles, sa ville natale, laisse ainsi ses talents multiples de compositeur, conteur et arrangeur exploser à la face de l'auditeur. En attendant de se présenter aux Subsistances le 24 mars en Petit Bulletin Live avec le Quatuor Debussy, l'intéressé s'est livré à une longue explication de textes.

Stéphane Duchêne | Vendredi 18 mars 2016

Gabriel Kahane : « Trouver le meilleur moyen de raconter une histoire »

Quand Philip Glass [prince de la musique répétitive et/ou minimaliste mais pas que NDLR] a commencé à sortir de son pré-carré expérimental pour se tourner vers des esthétiques plus pop, il a beaucoup été critiqué. Aujourd'hui, les choses sont très différentes. La génération musicale dont vous êtes issu, on pense à Nico Muhly, Sufjan Stevens, Ellis Ludwig-Leone de San Fermin, Bryce Dessner de The National – souvent élevés dans l'académie musicale, diplômés de formation classique – semble absolument attachée à briser les barrières entre les genres, composant indifféremment de la pop qui ressemble à de la musique de chambre, du folk, des ballets. On apprend, quand on lit vos interviews, que cette question du genre vous indiffère totalement pour ne pas dire qu'elle vous agace beaucoup. Gabriel Kahane : Absolument. L'obsession du genre à notre époque est le produit d'une vision étroite des choses. Jusqu'à l'avant-guerre, avant cette espèce de décollage de l'académisme musical, nous avons au moins trois siècles pendant lesquels les compositeurs que l'on qualifiera de classique étaient vraiment engagés sur le terrain de la musique vernaculaire et de la musique f

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L'esprit de Kahane

MUSIQUES | Virtuose aux talents multiples comme New York en a produit de bien beaux ces derniers temps, compositeur — au sens classique du terme — songwriter, storyteller, Gabriel Kahane est surtout un génie, d'une grande humilité, de la variation sur un même thème. Il le prouve sur le sublime album The Ambassador, dédié aux mystères de Los Angeles, que ce caméléon vient nous présenter en PB Live.

Stéphane Duchêne | Jeudi 31 mars 2016

L'esprit de Kahane

Dans L'Esprit de Caïn, un film mineur de Brian de Palma, le Dr Carter Nix, psychiatre et fils de psychiatre, a développé au cours de son enfance des personnalités multiples qui reviennent le hanter. Il est à la fois Carter mais aussi Josh, un garçon apeuré, Margot, et surtout Caïn, son double maléfique. Un trouble de la personnalité, certes musicale, c'est toujours ce que nous évoque cette scène new-yorkaise (Nico Muhly, Sufjan Stevens, Bryce Dessner de The National). Élevés au grain de la formation académique et de l'expérimentation tout autant qu'exposés à l'ère du temps pop, tout se passe comme si chacun d'eux, pris de schizophrénie, avait développé un "monstre" intérieur à plusieurs têtes qu'il faudrait nourrir par tous les moyens : ballet le lundi, pièce de danse le mardi, tube pop le mercredi, morceau de chambre le jeudi, concert acoustique le vendredi et avec orchestre le samedi. À bout de genre Cet Esprit de Caïn c'est aussi un peu l'Esprit de Kahane. Gabriel de son prénom. Moins connu dans nos contrées, cet autre new-yorkais ne déroge guère à la description que l'on vient de faire de ses amis. Alliant avec la m

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Yael Naim de retour en avril

MUSIQUES | Ça y est, le Petit Bulletin Live additionnel de Yael Naim et du Quatuor Debussy (le 31 janvier à la Chapelle de la Trinité) est lui aussi complet. Vous (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 18 décembre 2015

Yael Naim de retour en avril

Ça y est, le Petit Bulletin Live additionnel de Yael Naim et du Quatuor Debussy (le 31 janvier à la Chapelle de la Trinité) est lui aussi complet. Vous savez ce qu'on dit : jamais deux sans trois. Notez donc que tout cet intrépide petit monde (dont on peut entendre une première collaboration sur l'EP Older Revisited) se retrouvera le 9 avril, cette fois à la Salle Rameau, et une fois encore sous notre bannière oculaire.

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Yael Naim : c'est complet, mais...

MUSIQUES | Il y a peu, nous avions le regret de vous annoncer l'annulation du PB Live de San Fermin – le groupe ayant choisi de prendre ses distances (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 25 novembre 2015

Yael Naim : c'est complet, mais...

Il y a peu, nous avions le regret de vous annoncer l'annulation du PB Live de San Fermin – le groupe ayant choisi de prendre ses distances avec le climat menaçant qui est le nôtre en ce moment. Cette fois, nous avons le plaisir de vous faire savoir que celui scellant les retrouvailles de Yael Naim et du Quatuor Debussy le 30 janvier à la Chapelle de la Trinité est complet. Pour la peine, ils remettront le couvert le lendemain, le 31 donc, au même endroit. Au figuré hein ! http://www.petit-bulletin.fr/live/yael-naim.html

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La musique de chambre sans domicile fixe

ACTUS | ​Le lyrique a l’Opéra, le symphonique l’Auditorium, le baroque la Chapelle de la Trinité… Mais : et la musique de chambre ?

Philippe Yves | Mardi 22 septembre 2015

La musique de chambre sans domicile fixe

À Lyon, la question se pose pour les mélomanes en quête d'intimité, du plaisir d’écouter la musique en petit format, comme pour ceux qui préfèrent l’épure des sonates et quatuors aux grands raouts orchestraux. Où écouter – et dans de bonnes conditions sonores – de la musique de chambre ? L’offre de concerts est pourtant abondante et de qualité, mais les lieux pas toujours appropriés. À l’ONL, les membres de l’orchestre se produisent dans l’immensité du plateau de l’Auditorium, tandis que ceux de l’Orchestre de l’Opéra investissent le cadre sublime – mais acoustiquement discutable – du Grand Studio du Ballet. L’association Fortissimo, elle, présentera une septième saison de concerts alléchante en invitant de très beaux artistes à se produire dans le cadre peu glamour et si mal identifié du Palais de la Mutualité – Salle Édouard Herriot (vous connaissez ?) où, là encore, l’écrin n’est pas à la hauteur. Dis, Molière, quand reviendras-tu ? Et pourtant, il n’en a pas toujours été ainsi. Le joyau lyonnais de la musique de chambre, c’est assurément la Salle Molière, port idéal en tout point de la musique de chambre (600 places, acoustique cha

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Yaël Naïm et le Quatuor Debussy en PB Live

MUSIQUES | À la faveur d'un concert d'après Fourvière au Lavoir Public, le 15 juin dernier, Yael Naïm et le Quatuor Debussy (on ne présente plus ni l'un, ni l'autre) (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 15 septembre 2015

Yaël Naïm et le Quatuor Debussy en PB Live

À la faveur d'un concert d'après Fourvière au Lavoir Public, le 15 juin dernier, Yael Naïm et le Quatuor Debussy (on ne présente plus ni l'un, ni l'autre) sont tombés en amour. D'où l'idée de prolonger cette expérience de manière plus durable, plus travaillée et surtout plus publique (la capacité du Lavoir étant ce qu'elle est). La chanteuse et le quatuor baroque se retrouveront donc le 30 janvier 2016 en la Chapelle de la Trinité pour un PB Live forcément exceptionnel (ils le sont toujours) qui revisitera avec douceur – et les arrangements du Debussy – le répertoire passé et présent de Yael. Grâce lumineuse et cordes sensibles garanties. Informations et préventes : http://www.petit-bulletin.fr/live/yael-naim.html

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Cordes en Ballade - Du 2 au 14 juillet à Viviers (07)

MUSIQUES | «Le violon, de deux choses l’une ; ou tu joues juste, ou tu joues tzigane.» Cet été, Les Cordes en Ballade tordent le cou à cette chanson de Bobby Lapointe et prennent pour thème "Alla Zingarese" : à la tzigane. Philippe Yves

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

Cordes en Ballade - Du 2 au 14 juillet à Viviers (07)

Chaque été, le versatile Quatuor Debussy quitte Lyon pour faire vibrer les cordes sensibles des villages d’Ardèche lors de son festival Les Cordes en Ballade. Une quinzaine de jours durant, concerts, masterclasses et rencontres ont pour décor les églises, chapelles, cours et cloîtres du département. Les Debussy, directeurs artistiques du festival, ont beau être les instigateurs de ces ballades, ils n’oublient pas pour autant d’être partageurs et invitent à les rejoindre de brillants solistes, mais aussi des nouveaux talents, au sein d’une académie pour jeunes quatuors européens. L’âme tzigane, thème de cette édition 2015, c’est l’art du contraste : passer de l’allégresse au plus vibrant pathos en un claquement d’archet. Et le programme de cette 17e édition sera riche en contrastes, dessinant des allers-retours entre folklore, klezmer et musiques savantes. Des voyages qui s’annoncent passionnants et mettent en évidence l’influence que le folklore hongrois a exercé sur des compositeurs tels que Brahms, Dvorak, Bartok, Liszt ou les contemporains Kurtag (fil rouge du festival) et Philippe Hersant. Côté solistes, on re

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"Opus" : musique de haute voltige

SCENES | En 2013, les Nuits de Fourvière étaient illuminées par "Opus", rencontre au sommet de la compagnie Circa et du quatuor Debussy le temps d'une vision sublimée d'un art collectif. Bonne nouvelle, celles de 2015 le sont aussi. Charline Corubolo

Charline Corubolo | Mardi 9 juin 2015

René Magritte, surréaliste belge adepte de l'illusion, peignait en 1929 La Trahison des images avec au centre de la toile une pipe et en sous-titre «Ceci n'est pas une pipe». La création Opus, définie comme du cirque puisqu'il faut une case, pourrait être sous-titrée «Ceci n'est pas du cirque», tant c'est bien plus que cela. Comme le peintre susmentionné, la compagnie Circa et le quatuor Debussy, à l'origine de cette magnétique proposition, sont également adeptes de l'illusion et de l'enchantement. De peinture il n'est donc pas question ici mais d'un spectacle d'une grande virtuosité mêlant danse et nouveau cirque, dont les 14 acrobates de la compagnie australienne Circa (venue l'an passé avec le troublant et féerique Beyond) se font les fervents représentants, accompagnés par le quatuor Debussy, ensemble lyonnais qui depuis plus 25 ans réinvente la musique de chambre. C'est dans leur amour partagé pour les compositions du russe Chostakovitch que la collaboration a émergé, dont les notes mélodiques se sont transformées en narration visuelle où les corps repoussent sans cesse leurs limites dans le jeu, qu'il soit musical ou e

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Comme un poisson dans l'opéra

SCENES | Sept ans après sa création à (feu) la Biennale du Théâtre jeune public, voici revenir "Jérémy Fisher", conte lyrique sur l’altérité et le courage d’être soi. On replonge. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 3 juin 2014

Comme un poisson dans l'opéra

Le récit tient en une phrase : un couple de pêcheurs engendre un enfant aux mains palmées et qui se recouvre d’écailles en grandissant. De cette histoire tragique et fantasmagorique, écrite par Mohamed Rouabhi en 2002, Michel Dieuaide a fait, cinq ans plus tard, un conte lyrique destiné aux enfants. Les travaux d'une telle importance à l'adresse des futurs spectateurs de "grandes" pièces sont rares ; ceux qui ne les considèrent pas comme un public au rabais encore plus. Le prestigieux Quatuor Debussy et sans cesse renouvelée Maîtrise de petits chanteurs de l’Opéra sont aux commandes de celui-ci. Michel Dieuaide, ancien co-directeur de la Biennale du Théâtre jeune public et du Théâtre des Jeunes années – avant qu’il ne devienne le TNG avec Nino d’Introna – assure lui la mise en scène, organisant le plateau comme un large espace de lecture, avec un îlot central d’où est dite l’histoire et des galets parsemés tout autour comme autant de sièges pour les enfants de la Maîtrise qui, même lorsqu’ils ne chantent pas, sont totalement acteurs du spectacle. Le Quatuor n’est lui non plus pas relégué à une fosse, mais parti prenante du dispositif - au point d'être parfois pris à part

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Il pleut des cordes

MUSIQUES | Pour la quinzième édition de Cordes en Ballade, intitulée "De Bach à Haydn, la musique en héritage", le quatuor Debussy a mijoté une programmation culottée et jouissive, remplie de petits objets musicaux rares. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Mardi 18 juin 2013

Il pleut des cordes

Quinze ans que le Quatuor Debussy imagine avec Cordes en Ballade un festival pour tous, les érudits et les grands connaisseurs de musique de chambre comme les vacanciers en tongs assoiffés de beauté. Quinze ans qu'il fidélise au cœur de l'Ardèche un public toujours plus en demande et fait venir les interprètes les plus prestigieux que compte la musique contemporaine et, cerise sur les cordes, renouvelle la forme même de l'événement, fort des parti pris et de l'audace artistique qu'on lui connaît - quel que soit le projet, quel que soit le lieu, ses membres ont toujours des idées plein leur tête bien faite. Cordes en Ballade respire en effet la santé et cette édition 2013, qui déroulera le tapis rouge pour Bach et Haydn d'une façon aussi singulière que décalée et émouvante, ne devrait pas changer la donne.  Bizarre, bizarre… Dans un contrepied dont ils ont le secret, les Debussy ont invité marionnettistes, danseurs de hip hop et musiciens de jazz à magnifier les œuvres des deux maîtres du baroque aux côtés de la violoniste Hélène Schmitt et de la violoncelliste Ophélie Gaillard. La soi

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Musique de chambre avec vue

MUSIQUES | Dans le monde confidentiel de la musique de chambre, le Quatuor Debussy fait office d’ovni bienvenu. Il propose à l’infini des rencontres avec des univers artistiques étonnants : choc esthétique assuré. Depuis plus de vingt ans, les quatre instrumentistes font le bonheur des mélomanes avides de nouveautés fines et réjouissantes. Rencontre avec Christophe Collette, la force tranquille du Quatuor. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Dimanche 26 février 2012

Musique de chambre avec vue

Que dire de votre identité ? De cette pâte sonore qui vous rend si reconnaissable ?Christophe Collette : On nous a toujours dit, depuis les premières notes que nous avons jouées, que nous avions une sorte de "palette française". Certains quatuors mettent en avant une virtuosité, une puissance sonore. Notre définition du son se trouve plus dans la finesse, dans la transparence, dans l’équilibre entre les voix. Ce qui fait notre force, c’est que nous allons souvent nous confronter aux autres arts. La saison prochaine nous allons nous frotter au monde de la marionnette : nous préparons un très beau spectacle avec la Compagnie Émilie Valantin autours d’un conte de Perrault et des quatuors de Haydn. Nous allons également nous confronter au jazz, au tango, au slam, au rap. Nous avons toujours envie de décloisonner. Le changement de violoncelliste, voilà une saison, a t-il fragilisé l’identité du Quatuor ?Ce changement était volontaire et s’est fait dans la douceur puisque nous avons répété quatre mois avec les deux violoncellistes. Contrairement à ce qu’on peut penser, un changement, s’il est bien préparé, reste un enrichissement p

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L’opéra a du nez

MUSIQUES | L’Opéra de Lyon ouvre sa saison avec un Nez d’anthologie, étonnant et déconcertant, celui de Dimitri Chostakovitch, compositeur russe plus connu pour sa musique de chambre sombre et bouleversante, que le quatuor Debussy fera entendre en parallèle de l'événement. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Jeudi 29 septembre 2011

L’opéra a du nez

Le Nez, qui vient d’avoir un vif succès au Festival d’Aix cet été, arrive à Lyon et les mélomanes de tous poils vont être séduits, c’est certain. Le triomphe d’Aix n’est pas dû au hasard. Prenons un bon chef à la tête de l’orchestre de l’opéra — Kazushi Ono ; un plasticien-metteur en scène hors cadre, au regard décalé et amusé sur le monde de l’opéra — le Sud-africain William Kentridge ; et une œuvre peu connue d’un compositeur russe visible mais pas trop : vous obtiendrez un moment singulier, une expérience unique. Le Nez, c’est tout d’abord une nouvelle surréaliste de Nicolas Gogol, avant de devenir le premier opéra de Dimitri Chostakovitch, écrit lorsque le compositeur avait 24 ans. L’intrigue peut paraître simple : Platon Kovaliov découvre un matin que son nez a disparu. Passé un moment de stupeur, il part à sa recherche. Après de nombreuses et loufoques péripéties, le nez reviendra a sa place. Les audaces de cette œuvre ont vite été sanctionnées : le Nez fut interdit par le régime soviétique en 1930, juste après sa création. Sous la baguette de Kazushi Ono, l’orchestre se donne sans compter et offre avec générosité toute l’ironie et l’âpreté de la partition, montre toutes l

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Requiem de Mozart

MUSIQUES | Pendant le Festival Mozart, le très fameux Requiem va sonner, mais de manière toute particulière et déroutante. Le lundi 28 mars, dans la grande salle de (...)

Pascale Clavel | Jeudi 17 mars 2011

Requiem de Mozart

Pendant le Festival Mozart, le très fameux Requiem va sonner, mais de manière toute particulière et déroutante. Le lundi 28 mars, dans la grande salle de l’Opéra de Lyon, le Quatuor Debussy donne une transcription pour quatuor à cordes de l’œuvre vocale la plus jouée dans le monde. Scandale ? Pas du tout. Le texte n’existe plus ? Celui qui fait tout le sens religieux de l’œuvre ? Et bien le Quatuor Debussy a réussi l’impensable. Sous cette forme – et grâce à un travail de recherche très intelligent – le Requiem ne perd pas une once de spiritualité, il reste d’une puissance émotionnel rare, d’une beauté mystique étonnante. Une nouvelle lecture pleine d’esprit. PC

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