Saint-Étienne Daho aux Nuits de Fourvière

MUSIQUES | D'un coup, Etienne Daho, qu'on a cru une fois de plus au supplice, a recouvré santé et inspiration, à la faveur de ses "Chansons de l'Innocence retrouvée". Qui valent à l'invincible et imperturbable Rennais de remonter sur la scène de Fourvière avec son meilleur album depuis des lustres. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 15 juillet 2014

Photo : Richard Dumas


«Bien sûr, je connais tes plaies et tes blessures / cyanure, tes souvenirs ont la peau dure / fêlures, à chacun son chemin, chacun ses déchirures mais je les ressens comme toi». Ces quelques vers sont issus de La Peau Dure, l'un des singles extraits du dernier album d'Etienne Daho, Les Chansons de l'Innocence retrouvée. Une chanson qui aurait tout aussi bien pu donner son titre au disque tout entier, tant elle résume l'énième retour et la carrière du Rennais.

Car s'il est un constat à faire au sujet d'Etienne Daho, c'est que sa capacité de régénération et, oserait-on dire, de résurrection, confine au divin. Voilà un type que l'on a annoncé maintes fois trépassé ou pas loin, et qui toujours nous revient d'entre les mo(r)ts. Est-ce son côté Dorian Gray de la pop française ? Toujours est-il que Daho n'est jamais aussi vivant que quand on le croît clamsé. En 1995, alors qu'il est en exil artistique à Londres, on l'annonce mort du sida. Il revient en Saint Etienne Daho – en duo avec le groupe britannique Saint Etienne pour un EP baptisé Réséréction – entre trip-hop et jungle –, collector en France mais vrai carton outre-Manche

 

Nouveau Printemps

Cette fois rien de toute cela. L'éternel retour d'Etienne était bien programmé et il n'y eut point de rumeur quant à un Daho hospitalisé et mal en point. C'était vrai. Sortie repoussée. Mais ce ne fut pour le toujours jeune homme qu'une question de temps et de serrage de mâchoire avant que de pouvoir revenir finalement frais comme un gardon, et bien vite prêt à remonter sur scène pour Un nouveau printemps après avoir entrevu "l'autre rive". Album acclamé – et il faut bien le dire, contenant quelques pépites, entre accents à la Ferrat (si, si), Retour vers le futur électro-pop, collaborations classieuses (Nile Rodgers, Debbie Harry, Dominique A) –, couv' de magazines en pagaille et retour sur Terre réussi pour Saint Etienne.

 

L'icône pop de l'effervescence post-punk a la peau lisse des mythes immuables, mais surtout la Peau Dure de ceux qui ont fait la cruelle expérience de trop de Baisers du destin. Auquel il peut enfin lancer, maintenant retrouvées ces Chansons de l'Innocence chères à William Blake et qui l'ont remis d'aplomb : «Griffure, je lèche ta triste figure / Morsure, ton sang et ses éclaboussures / Roulure, les salauds qui peu à peu nous ont à l'usure / (...) / Oui, les armes de l'enfance te font le cuir et l'armure et assèchent les rivières que tu pleurais hier.»

Etienne Daho
Aux Nuits de Fourvière, vendredi 18 juillet


Etienne Daho

1ère partie : Perez
Théâtres romains de Fourvière 6 rue de l'Antiquaille Lyon 5e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Étienne Daho : « Eden m'a permis de progresser »

Pop | En plein EDENDAHOTOUR, qui accompagne la réédition d'"Eden", album de la renaissance paru en 1996, Étienne Daho fait étape à Lyon pour un concert aussi unique que spécial avec 50 musiciens de l'ONL. Il évoque pour nous cette double actualité.

Stéphane Duchêne | Mercredi 20 novembre 2019

Étienne Daho : « Eden m'a permis de progresser »

La réédition d'Eden et l'EDENDAHOTOUR ne correspondent à aucun anniversaire discographique. Pourquoi maintenant ? Étienne Daho : C'est un concours de circonstances. J'ai commencé ce travail de réédition il y a quelques années avec Pop Satori pour accompagner un concert anniversaire à l'Olympia – Les Inrocks m'avaient demandé de jouer Pop Satori pour fêter ses vingt ans. C'était une commande, mais finalement j'y ai pris goût car c'est une belle manière, je trouve, de remettre en lumière ce qui sinon aurait péri avec les années et l'obsolescence des supports physiques. J'ai donc réédité quasiment tous mes albums dans le désordre et en fonction du temps que j'avais. Je gardais Eden pour la fin parce que je savais que c'était un sujet un peu épais, qu'il y avait beaucoup de documents à restaurer. Parallèlement, la Philharmonie de Paris m'a commandé un concert particulier qui

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L'Eden, enfin

L'histoire du disque | Il y a 23 ans presque jour pour jour, le 19 novembre 1996, paraîssait Eden. Pour Étienne Daho une manière de complète résurrection, quelque mois après sa (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 19 novembre 2019

L'Eden, enfin

Il y a 23 ans presque jour pour jour, le 19 novembre 1996, paraîssait Eden. Pour Étienne Daho une manière de complète résurrection, quelque mois après sa Réserection, dont il faut ici poser le contexte. Au sortir de Paris Ailleurs, la Dahomania flambe qui consume le chanteur. Comme souvent, c'est à Londres qu'il part trouver jouvence, s'immergeant dans l'avant-garde locale, pas vraiment raccord, pas encore, avec ce qui se fait de l'autre côté de sa vie, à Paris. Là qu'il croise Saint Etienne, groupe gallois en vogue, dont la vigueur, accouplée à sa soif de nouveauté, accouche du jungle-pop Résérection, mini-album qui préfigure un disque, grandiose, irrigué par la même veine esthétique, mais élargie à la pop orchestrale et à la bossa.

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Daho : d'Etienne en Eden

MUSIQUES | Avec la réédition de son album Eden (1996) et la tournée orchestrale qui l'accompagne, Etienne Daho replonge avec bonheur dans le souvenir de l'album d'une radicale réinvention. L'occasion, avant son concert lyonnais aux côtés de musiciens de l'ONL, de se repencher sur une carrière qui ne fut qu'une suite de renaissances et de nouveaux départs dessinant une dialectique de la pop selon Daho. Rétrospective.

Stéphane Duchêne | Mardi 5 novembre 2019

Daho : d'Etienne en Eden

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Dahoditorium : Etienne Daho joue Eden avec l'ONL le 23 novembre

MUSIQUES | C'est l'histoire classique de l'album culte. Incompris, victime de la désaffection du public, chéri entre tous et malgré tout par son auteur, puis finissant (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 8 mars 2019

Dahoditorium : Etienne Daho joue Eden avec l'ONL le 23 novembre

C'est l'histoire classique de l'album culte. Incompris, victime de la désaffection du public, chéri entre tous et malgré tout par son auteur, puis finissant par prendre une place considérable dans une discographie pourtant riche. Telle fut la trajectoire d'Eden, publié en 1996 par Etienne Daho au sortir de l'immense succès de Paris ailleurs et d'une énigmatique parenthèse londonienne. Ce disque pop aux sonorités électro autant que bossa, dépourvu de tubes – ce qui expliqua son insuccès –, le chanteur rennais le porte toujours dans sa chair. Preuve en est : à peine sorti de son Blitz Tour, Daho remontera sur scène à l'automne pour une tournée de 20 dates consacré à une délivrance live d'Eden – à laquelle s'ajoutera quelques œuvres de la même époque, comme Jungle Pulse, né de sa collaboration avec le groupe Saint Etienne sur Reserection. Mieux, Etienne Daho livrera à Lyon une prestation inédite et unique le 23 novembre dans l'enceinte de l'Auditorium accompagné par des musiciens de l'Orchestre National de Lyon. Un événement à marquer d'une pierre blanche pour les dahophiles.

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Étienne Daho aux Nuits de Fourvière : éclair obscur

Pop | La soixantaine passée, Étienne Daho a décidé de passer aussi la seconde sur son album le plus rock à ce jour. Un disque sombre et brillant de mille feux que le chanteur rennais vient faire exploser sur la scène de Fourvière, l'un de ses antres fétiches.

Stéphane Duchêne | Mardi 5 juin 2018

Étienne Daho aux Nuits de Fourvière : éclair obscur

Après un passage en correctionnelle qui avait failli l'expédier une énième fois dans l'au-delà en 2013, lui qui quelques années plus tôt chantait Le Condamné à Mort de Genet, Étienne Daho avait finalement pu, non sans un léger différé, retrouver la santé et son innocence sur Les Chansons de l'Innocence retrouvée. Un disque d'ailleurs pas si innocent que cela – le titre évoquait William Blake et une plantureuse créature aux seins nus sur la pochette avait failli la faire interdire – tant il marquait un vrai retour en forme et en grâce pour le chanteur après quelques flottements. Pour ainsi dire, on n'avait encore rien vu. L'an dernier avec Blitz, énième album du retour – comme s'il s'agissait pour lui de ne cesser de revenir, y compris quand il n'est pas parti, problème des gens effacés – le Rennais désormais sexagénaire et célébré jusqu'à la Philharmonie de Paris (l'exposition Daho l'aime Pop) annonçait la couleur – on aurait pu écrire la colère – dès le titre, Blitz, donc, et

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10 concerts à ne pas louper en juin

Bons Plans | Début du festival Nuits de Fourvière et gros noms à foison, Thom Yorke en solo au Transbo, saison des festivals lancée : en juin, point d'ennui, les esgourdes ne risquent pas encore de s'ensabler.

La rédaction | Samedi 2 juin 2018

10 concerts à ne pas louper en juin

King Khan & the Shrines + Reverend Beat-Man Soyons clairs, voici probablement réunis deux des performers les plus dingos du paysage musical : un King de la soul à l'excentricité consommée (et bien connue), mêlant le groove de James Brown et la folie de Sun Ra, et un révérend, one-man band helvète souvent évoqué ici, capable de jeter un sort à n'importe quel audience avec son blues de l'enfer. Au Marché Gare le samedi 2 juin Amadeus Sorti en 1984, Amadeus, signé Miloš Forman, conte les élucubrations, parfois fantasmées, d'un certain Wolfgang Amadeus Mozart, précoce génie un brin excentrique. Bercé de louanges, le film est un classique

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Etienne Daho confirmé aux Nuits de Fourvière

Festival | C'est confirmé : Etienne Daho sera de retour en 2018 à Lyon, aux Nuits de Fourvière. Le concert est programmé pour le 11 juin. L'esthète pop sortira son (...)

Sébastien Broquet | Mercredi 15 novembre 2017

Etienne Daho confirmé aux Nuits de Fourvière

C'est confirmé : Etienne Daho sera de retour en 2018 à Lyon, aux Nuits de Fourvière. Le concert est programmé pour le 11 juin. L'esthète pop sortira son nouvel (et treizième) album, Blitz, le vendredi 17 novembre : on notera l'hommage à Kenneth Anger, la pochette signée du photographe Pari Dukovic, magnifique, s'inspirant clairement de Scorpio Rising. Parallèlement, une exposition est actuellement consacrée au chanteur à la Philharmonie de Paris et deux livres sur lui s'apprêtent à garnir les étals des libraires, dont une biographie du journaliste des Inrockuptibles Christophe Conte.

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Étienne Daho, Pop Idole

MUSIQUES | Derrière des traits à la Dorian Gray, Etienne Daho cache un quasi-sexagénaire qui n'a jamais paru aussi fringant, malgré les coups du destin. Retour sur le parcours, presque sans faute, d'une increvable icône pop, de passage à Lyon pour sa tournée "Diskönoir", depuis peu disponible sur disque. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 2 décembre 2014

Étienne Daho, Pop Idole

Chanteur réputé sans voix ni charisme, Etienne Daho a traversé pas moins de quatre décennies et quelques "condamnations à mort" plus ou moins avérées. Soit dix fois ce dont rêvent aujourd'hui certains apprentis chanteurs en quête de ventes et de gloire. De fait, pour le chanteur rennais, poussé sur scène et sur disque par ses mentors Jacno et Franck Darcel (Marquis de Sade), les choses auraient pu s'arrêter très vite. Avec Mythomane, en 1981. Le coup d'essai est un coup dans l'eau, un four sur lequel le chanteur semble livrer un programme : On s'fait la gueule, pressentiment, peut-être, de rapports compliqués avec un rock français où il fera figure d'OVNI. Pas vraiment rock donc (malgré ses influences), encore moins chanteur de variété, mais icône pop, oui, saisie très tôt par les artistes Pierre et Gilles sur la pochette de La Notte la Notte (1984), dont malgré les tubes Week-end à Rome et Le Grand Sommeil, on peine à définir le style. Sauf que le style, c'est Daho lui-même, et le succès est aussi cinglant que l'échec de Mythomane.   Voyages immobiles   Et puis le trop méconnu Arnold Turboust provoq

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Un Feu sur la langue

MUSIQUES | Rien que de très classique dans cette saison francophone. Du très bon, du bon, du moins bon, Kyo, et au milieu coule une rivière en Feu! Chatterton, inconcevable objet pop aux aspirations littéraires qui feront se gausser ou s'incliner. C'est à voir. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 23 septembre 2014

Un Feu sur la langue

Oubliez les Sébastien Tellier (le 18 octobre au Transbo), Julien Doré (le 15 décembre au Radiant) et Stromae (le 1er novembre à la Halle) qui repassent une énième fois par ici ; zappez les vingt ans des Ogres de Barback et le retour de Kyo, tous deux au Radiant (les 6 et 27 novembre), repaire de morts-vivants. Omettez ces trois grands Bretons que sont Miossec, Daho, Tiersen (19 et 5 décembre au Transbo, 16 octobre à l'Epicerie) et Emilie Simon (7 novembre au Radiant, forcément). Bon si vous aimez tous ces artistes, ce qui pour la plupart d'entre-eux est bien légitime (cherchez néanmoins l'intrus), vous pouvez tout de même vous faire plaisir en allant les voir, on ne vit qu'une fois après tout, sauf Daho et Kyo. Mais rappelez vous une chose : la next big thing, celle dont tou

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Trésor National

MUSIQUES | Si The National n'est pas le meilleur groupe du monde – méfions-nous, ce n'est pas impossible – il en est le plus fascinant. Oscillant entre blizzard glacé du détachement et orages de chaleur humaine, et trouvant au milieu un chemin de croix rock de toute beauté. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 15 juillet 2014

Trésor National

«Si les National étaient noirs, ce serait du blues. Mais c’est du cafard à la mie de pain blanc, spleen vieille Europe déracinée» écrivait l'an dernier ce brave Bayon à l'occasion de la sortie du déceptif (pas pour lui) Trouble Will Find Me. C'était aussi le cas de Joy Division, gang de blues blafard au groove épileptique dépigmenté par l'atmosphère grassement grise d'une Manchester pas encore Mad. Coincée sur la route du blues entre Chicago, Léviathan du Midwest, Saint-Louis, la porte d'entrée de l'Ouest, et le Nord-Est industriel, Cincinnati, ville natale de The National, n'a rien à envier à la cité de briques des Midlands – ce nœud fluvial a perdu la moitié de ses habitants en soixante ans du fait de l'avènement du rail. C'est une très jolie ville où personne ne va jamais et où il vaut mieux aimer le baseball. Pas le genre à valider des destins donc. De Cincinnati, rapidement évacuée à l'heure des études, d'abord par Matt Berninger et Scott Devendorf, puis par leurs cadets, Bryan Devendorf et ses potes les jumeaux Dessner, les National ont ramené un élan mauss

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Joyeux bordels

SCENES | Cette semaine à Fourvière, deux conceptions du cirque en collectif "s'affrontent". Celle, brindezingue, des Français d'Akoréacro. Et celle, harmonieuse, des Canadiens des 7 Doigts de la Main. And the winner is... Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 8 juillet 2014

Joyeux bordels

«Le football est un sport simple : vingt-deux hommes poursuivent un ballon pendant quatre-vingt dix minutes et à la fin, les Allemands gagnent». Édictée par l'avant-centre anglais Gary Lineker au sortir d'une défaite accrochée face à la RDA en demi-finale de la Coupe du monde 1990, cette loi s'est confirmée aux dépens des Bleus en quart de finale de celle qui s'achèvera ce dimanche. On pourrait en imaginer une toute aussi fantaisiste et impitoyable pour le cirque : «Le cirque est une discipline simple : une dizaine d'hommes et femmes défient la gravité pendant quatre-vingt dix minutes et à la fin, les Canadiens gagnent». C'est le cas cette semaine à Fourvière, également au détriment de Français, à savoir le collectif indrien Akoréacro. Klaxon, la création à onze têtes qu'il présente sous son propre chapiteau, ne démérite pourtant pas, notamment dans sa façon d'accorder prouesses physiques et musicales. Ici, un piano à queue sert de socle à des portés tandis que son interprète se révèle capable d'effectuer des sauts de carpe

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Vanessa Paradis revient aux Nuits de Fourvière

MUSIQUES | Après une première date à guichet fermé, Vanessa Paradis aurait dû se produire une seconde fois aux Nuits de Fourvière en compagnie des musiciens du (...)

Benjamin Mialot | Mardi 24 juin 2014

Vanessa Paradis revient aux Nuits de Fourvière

Après une première date à guichet fermé, Vanessa Paradis aurait dû se produire une seconde fois aux Nuits de Fourvière en compagnie des musiciens du Conservatoire à Rayonnement Régional - et de son compagnon et chef d'orchestre d'un soir Benjamin Biolay. C'était compter sans la gronde des intermittents qui, de mystérieuses promotions du premier album de The XX en journées de grève, entraina l'annulation de ce retour. Bonne nouvelle, Vaness' revisitera bel et bien une seconde fois ses Love Songs aux Nuits de Fourvière : ce sera le 27 juillet à 21h30. A croire que les histoires d'amour ne finissent pas toujours mal. Les billets seront en vente à partir du 27 juin à 11h.

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Quand la ligne prend corps

SCENES | A propos du tracé et du dessin, le philosophe Jean-Luc Nancy écrit : «C'est la trace d'un mouvement qui ouvre une différence des lieux et qui l'inscrit avec (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 24 juin 2014

Quand la ligne prend corps

A propos du tracé et du dessin, le philosophe Jean-Luc Nancy écrit : «C'est la trace d'un mouvement qui ouvre une différence des lieux et qui l'inscrit avec son rythme, son allure : une ligne, c'est-à-dire une incision, un écartement, un élan et une échappée». On entend là toutes les résonances que le dessin peut avoir avec la chorégraphie, cette "graphie" des corps. Dernièrement, Mathilde Monnier, François Verret, Trisha Brown, Benoît Lachambre se sont inspiré de ces échos dans leurs pièces. La chorégraphe canadienne Marie Chouinard (dont on avait vu le très beau Sacre du printemps lors d'une Biennale de la danse à Lyon) adapte, elle, les dessins et le poème d'Henri Michaux contenus dans le livre Mouvements. Ballet en un acte, Henri Michaux : Mouvements fait danser ces «mouvements à jets multiples, fête des taches, gammes des bras» avec, en arrière-plan, une projection des dessins du poète. Cette pièce sera jouée aux Nuits de Fourvière (les 30 juin et 1er juillet à l'Odéon) avec Gymnopédies, autre ballet pour douze danseurs articulé autour de la figure et des transformations du duo, sur les musiqu

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Pas de Nuits de Fourvière lundi 16 juin

CONNAITRE | Jusqu'ici épargnées par la grève des intermittents du spectacle, les Nuits de Fourvière se voient contraintes d'annuler la représentation des trois spectacles (...)

Benjamin Mialot | Dimanche 15 juin 2014

Pas de Nuits de Fourvière lundi 16 juin

Jusqu'ici épargnées par la grève des intermittents du spectacle, les Nuits de Fourvière se voient contraintes d'annuler la représentation des trois spectacles programmés demain, à savoir le concert de Vanessa Paradis avec l'Orchestre du CCR, la première d'Ignorance du Old Trout Puppet Workshop et celle de War & Breakfast par les élèves de l'ENSATT. Voici le communiqué que le festival nous a fait parvenir. Aujourd’hui à 13h, les personnels intermittents sous contrat aux Nuits de Fourvière, ont voté leur participation au mouvement national de grève du 16 juin. Le résultat de cette élection à bulletin secret avec une liste de 77 électeurs est le suivant : 80, 5% ont voté pour la grève, 14, 3% ont voté contre la grève, 5, 2% ont voté blanc. En conséquence, les Nuits de Fourvière ne seront pas en mesure de présenter les trois spectacles prévus ce même 16 juin, à savoir le concert de Vanessa Paradis avec l’Orchestre du Conservatoire à Rayonnement Régional sous la direction musicale de Benjamin Biolay au Grand Théâtre et les représentations d’Ignorance par la compagnie canadienne Old Trout Puppet Workshop au Théâtre Nouvelle

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«Une nouvelle étape»

SCENES | Le hip-hop a ses classiques. La preuve : le pionnier Mourad Merzouki propose aux Nuits de Fourvière "Répertoire #1", patchwork d'une partie de ses créations et de celles de ses camarades Bouba Landrille Tchouda, Kader Attou, Anthony Égéa et Marion Motin. A quelques heures d'une représentation de "Boxe Boxe" à Londres, il revient pour nous sur son art et sa transmission. Propos recueillis par Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 17 juin 2014

«Une nouvelle étape»

Il y a vingt ans quand on parlait de hip-hop, on nommait un phénomène de mode. Aujourd’hui c’est une danse à part entière. Le titre de votre nouvelle création, Répertoire, est à cet égard des plus limpides...Mourad Merzouki : Oui, il s’est passé plein de choses, des créations ont marqué le paysage chorégraphique français et ont été vues par un public très large. Je trouve que c’est important de valoriser ce répertoire-là, de voir ce qu’il a apporté et généré dans le monde de la danse. On oublie vite que le hip-hop peut être regardé, encouragé, soutenu comme n’importe quelle autre danse. Ce spectacle est aussi une façon de regarder devant nous pour continuer ce chemin. On pose une nouvelle étape.  C’est un spectacle que vous avez conçu sans pause. Comment l’avez-vous construit avec les autres chorégraphes ?J’ai choisi treize extraits de spectacles. Ensuite, l’idée est de faire en sorte que le spectateur puisse passer d’une écriture à une autre sans qu’il y ait un rideau, un entracte ou une quelconque interruption entre les chorégraphies. Je vais donc proposer un travail de création avec un fil rouge d’une pièce à l’au

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Le plus grand cabaret du monde

SCENES | Pour sa troisième invitation aux Nuits de Fourvière, la compagnie australienne Circa revisite l'univers fantasmagorique du cabaret. Ça s'appelle Beyond, et ça va effectivement bien au-delà de l'encanaillement pailleté. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 10 juin 2014

Le plus grand cabaret du monde

La fin de saison sera froufroutante ou ne sera pas. Après le fantasque et quasi testamentaire Et pourquoi pas la Lune ? de Cédric Marchal et tandis que les girls girondes de Tournée font tournoyer leurs tétons aux Célestins , c'est au tour de Circa de s'emparer de la dinguerie et de la volupté du cabaret avec Beyond. La compagnie australienne part av

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Haut en couleurs

SCENES | Une maison, des lumières éclatantes qui disparaissent ou surgissent d’un fond de scène tantôt bleu ciel tantôt noir : d'emblée, dans Zinnias, the Life of Clementine (...)

Nadja Pobel | Mardi 3 juin 2014

Haut en couleurs

Une maison, des lumières éclatantes qui disparaissent ou surgissent d’un fond de scène tantôt bleu ciel tantôt noir : d'emblée, dans Zinnias, the Life of Clementine Hunter, tout Bob Wilson est là. Plus heureux, moins conceptuel que la plupart de ses spectacles, cet opéra en un acte pour onze comédiens est un retour à sa première rencontre avec une artiste. Bob Wilson a douze ans lorsqu’en vacances en Louisiane, lui le Texan, visite la plantation de Melrose à Natchitoches. Il y croise Clementine Hunter, peintre autodidacte qui s’inspire dans ses toiles de son travail quotidien dans la solitude des champs de coton et dont les tableaux très colorés (un des plus fameux est justement intitulé Zinnias) sont aujourd’hui exposés dans de nombreux musées américains, dont le National Museum of African-American History and Culture qui ouvrira en 2015 à Washington – une reconnaissance que retranscrit la dernière partie du spectacle. Au-delà de l’histoire singulière de cette femme, interprétée par Carla Duren, Bob Wilson en profite pour évoquer deux siècles de musique afro-américaine. Blues, rock mais aussi gospel habitent ainsi cette création donnée pour la première

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Vanessa Paradis se dédouble à Fourvière

MUSIQUES | Rapidement complet, le concert de Vanessa Paradis (et Benjamin Biolay à la direction musicale) aux Nuits de Fourvière ne restera pas sans suite : elle (...)

Benjamin Mialot | Lundi 19 mai 2014

Vanessa Paradis se dédouble à Fourvière

Rapidement complet, le concert de Vanessa Paradis (et Benjamin Biolay à la direction musicale) aux Nuits de Fourvière ne restera pas sans suite : elle reviendra au Grand Théâtre lundi 16 juin. Ouverture de la location à partir du jeudi 22 mai, 11h.

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Nuits de Fourvière 2014 - La programmation

CONNAITRE | 65 spectacles, 170 levers de rideau, des rendez-vous au TNG, à Gadagne ou à la Maison de la danse : les Nuits de Fourvière s'annoncent plus foisonnantes que jamais. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 13 mars 2014

Nuits de Fourvière 2014 - La programmation

L'an passé, nous saluions le starpower de la soixante-huitième édition des Nuits de Fourvière. Maintenant que nous connaissons la teneur de la soixante-neuvième, nous voilà contraints de revoir notre jugement à la baisse : en termes d'éclat et de densité, la programmation de 2014 est à celle de 2013 ce que la Grande Nébuleuse d’Andromède est à la Voie Lactée. Le principal artisan de ce saut hyperspatial qualitatif n'est autre que Richard Robert, transfuge des Inrockuptibles qui semble avoir avoir définitivement trouvé ses marques de conseiller artistique. Impeccablement équilibré entre reconnaissance de phénomènes franco-belges (Phoenix,  Fauve et Stromae), concerts événementiels (un hommage à Robert Wyatt, Benjamin Biolay qui dirigera un orchestre pour sa nouvelle muse, Vanessa Paradis), rappels de la suprématie de la pop d'outre-Manche (le collectif multimédia Breton, Damon Albarn pour son premier album solo, Franz Ferdinand, Miles Kane), passages ob

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Fauve aux Nuits de Fourvière

MUSIQUES | Alors qu'il est en passe de remplir une vingtaine de fois le Bataclan, on apprend que le phénomène Fauve (dont nous avions causé à l'occasion de sa première (...)

Benjamin Mialot | Mardi 4 février 2014

Fauve aux Nuits de Fourvière

Alors qu'il est en passe de remplir une vingtaine de fois le Bataclan, on apprend que le phénomène Fauve (dont nous avions causé à l'occasion de sa première incursion en terres lyonnaises), dont le premier album vient de sortir, se produira aux Nuits de Fourvière dimanche 15 juin. Il rejoint ainsi Etienne Daho, Phoenix, les Pixies et Stromae, premières têtes d'une affiche musicale qui s'annonce colossale.

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Le Condamné à mort

SCENES | Emprisonné à Fresnes, Jean Genet (1910-1986) écrit en 1942 "Le Condamné à mort", long texte poétique et érotique, et première publication de l'écrivain. Il (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 3 juin 2011

Le Condamné à mort

Emprisonné à Fresnes, Jean Genet (1910-1986) écrit en 1942 "Le Condamné à mort", long texte poétique et érotique, et première publication de l'écrivain. Il s'inspire du personnage de Maurice Pilorge, jeune homme guillotiné en 1939 pour meurtre, autour duquel Jean Genet fantasme, digresse, invente, imagine même une amitié fictive... Ce texte superbe et puissant emprunte autant à Baudelaire ou à Rimbaud qu'aux faits divers du journal "Détective". «Soixante-six strophes de quatre à cinq vers d'un raffinement suprême et d'une extrême crudité, trouant d'insanités de somptueux alexandrins, mariant l'argot des rues à la grande langue classique, mêlant indistinctement le masculin et le féminin, le sacré et le blasphème, le sexe et la prière», résume Albert Dichy. Dans les années 1960, Hélène Martin mit en musique ce texte de Genet, et c'est sa version, avec quelques arrangements supplémentaires, que reprennent Jeanne Moreau et Étienne Daho avec ses musiciens. Le duo créé pour l'occasion (un spectacle entre concert et lecture, et un CD sorti en 2010) peut paraître surprenant, mais fonctionne en réalité à merveille avec le texte de Genet. La voix parlée, rauque et lente de Jean

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