Carrefour des inclassables

MUSIQUES | Dans la catégorie de ce que nous nommerons les inclassables, plutôt que sommairement world, jazz, blues, soul, etc., on retrouvera cette saison tout un aréopage de divas plus ou moins faunes et de grands fauves plus ou moins rugissants. Autant de personnalités musicales qui en imposent dès la première note. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 23 septembre 2014

Au premier rang des femmes puissantes – dont la touche à tout Meshell Ndegeocello le 14 novembre à l'Epicerie Moderne –, il y a bien sûr la reine Susheela Raman. Inclassable, cette grande habituée des salles lyonnaises (cette fois le Kao, le 17 octobre) l'est peut-être plus que n'importe qui. Avec Queen Between, elle joue justement les go-between avec des musiciens du Rajasthan et la tradition qawwalie.

Même constat pour une autre reine, Rosemary Standley qui, après Birds on a Wire avec Dom La Nena l'an dernier (à redécouvrir le 3 octobre à l'Atrium et le lendemain au Toboggan), vient présenter au Théâtre de Vénissieux, le 14 novembre, A Queen of Heart, un spectacle qui a déjà pris La Bastille (l'opéra parisien) et dans lequel elle se livre à un époustouflant exercice de transformisme music-hall où se croisent Purcell, Bashung, Nina Simone et l'âge d'or d'Hollywood.

Pas de quoi, sans doute, impressionner la soul-woman Sharon Jones, reine elle du label Daptone, qui revient en découdre avec ses Dap-kings au Radiant le 3 novembre.

 

Tropicalisme

Du côté de ces messieurs, Lee Fields viendra démontrer le 5 novembre à l'Epicerie Moderne qu'un digne héritier de James Brown (d'ailleurs surnommé Little JB) vaut autant si ce n'est plus qu'un biopic ; Bernhoft, le 23 novembre au Transbo, qu'on peut être danois et une idole du jazz – sans en faire complètement ; et Nosfell (Maison de la Danse le 15 novembre) qu'on peut... être Nosfell.

Bien sûr, il y a fort à parier que malgré ce casting automnal renforcé par la crème de l'Afrique – l'héritier du blues malien Vieux Farka Touré (Radiant, le 14 décembre) et ses cousins bleus du désert Tinariwen (30 novembre au Transbo) ; l'activiste ivoirien Tiken Jah Fakoly (13 novembre au Radiant) et le staff congolais Benda Bilili (le 11 décembre au Marché Gare), tous à l'écrasante popularité.

Lla star de cette rentrée, l'icône ultime de cette catégorie qui n'en est pas une, sera toutefois Gilberto Gil, en solo à l'Auditorium le 6 octobre. Une icône peut-être davantage connue aujourd'hui pour son passé de ministre de la culture brésilien sous Lula que pour la révolution tropicaliste qu'il a mise en œuvre dans la deuxième moitié des années 60 avec Caetano Veloso et quelques autres. Jetant ainsi d'immenses ponts entre musique traditionnelle, musiques dites "du monde" et pop – un bouleversement sans lequel une Flavia Coehlo (au Kao le 13 novembre) n'aurait peut-être pas le succès qui est le sien aujourd'hui ; sans lequel non plus, cette non-catégorie ne serait pas aussi riche.


Susheela Raman + Marie Modiano


Le Kao Ninkasi Gerland, 267 rue Mérieux Lyon 7e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Gilberto Gil


Auditorium de Lyon 149 rue Garibaldi Lyon 3e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Rosemary Standley

Love I Obey
Chapelle de la Trinité 29-31 rue de la Bourse Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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20 concerts pour l'automne

Nos bons plans | Sélection drastique, forcément subjective, des vingt concerts qu'il ne faut surtout pas rater en cette saison : suivez le guide.

Stéphane Duchêne | Mardi 24 septembre 2019

20 concerts pour l'automne

Baptiste W. Hamon Surprise : le plus français des countrymen, métis musical revendiqué de Townes Van Zandt et Jacques Bertin, trop méconnu à notre goût, est revenu il y a quelques mois avec Soleil, Soleil Bleu. Si l'on retrouve quelques balises country (l'ami Will Oldham / Bonnie "Prince" Billy est toujours de la partie), celles-ci jalonnent un territoire bien plus pop et orchestré. Et l'art de "l'écrivage" de chanson (le songwriting, quoi) de notre W., de prendre une nouvelle ampleur. À Thou Bout d'Chant le jeudi 3 octobre Metronomy En rentrant en Angleterre pour accoucher de Metronomy Forever, l'ex-néo-parisien Joseph Mount semble avoir retrouvé le mojo tubesque partiellement égaré sur Summer 08, celui qui l'avait vu accoucher de Love Letters, Monstruous, The Look, The Bay ou Corinne, sur ses précédentes saillies. Bonne nouvelle quand on sait que Metronomy vient livrer tout cela avec la fantaisie scénique qu'on lui connaît

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Re-Gilberto

Jazz à Vienne | En 1972, Gilberto Gil revient de son exil forcé en Grande-Bretagne et les temps ont changé au Brésil. Le tropicalisme n'ayant plus l'heur de choquer, Gil, (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 3 juillet 2018

Re-Gilberto

En 1972, Gilberto Gil revient de son exil forcé en Grande-Bretagne et les temps ont changé au Brésil. Le tropicalisme n'ayant plus l'heur de choquer, Gil, après le très beau Expresso 2222 lance sa fameuse trilogie en "Re" : Refazenda (1975), Refavela (1977) et Realce (1979). En plein milieu de cette période, lors d'un voyage au Nigéria, où il est invité au Festival Mondial d’Art et de Culture Noire, Gil rencontre le roi de l'afrobeat Fela Kuti tout en faisant la découverte du balafon, ce xylophone africain pilier de la musique mandingue, dont il fait rapidement l'un des ingrédients de quelques compositions de Refavela. En résulte une réussite absolue en ce qu'elle mêle subtilement influences afro et nonchalance urbaine au croisement du funk et de la samba, le tout subtilement arrosé de ces arrangements pop et de ce sens du chaos organisé digne du

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Le blues du désert au Musée des Confluences

Touaregs | Au sein de l'exposition actuellement en cours au Musée des Confluences, une place est accordée à la musique touarègue, emblématique d'un peuple nomade qui en a (...)

Sébastien Broquet | Mardi 29 mai 2018

Le blues du désert au Musée des Confluences

Au sein de l'exposition actuellement en cours au Musée des Confluences, une place est accordée à la musique touarègue, emblématique d'un peuple nomade qui en a fait son liant mais aussi le vecteur permanent de ses aspirations, que ce soit la révolte incarnée par Tinariwen à ses débuts, dont les cassettes tournaient de mains en mains, où les aspirations à la paix revendiquées aujourd'hui par Bombino, le plus influent des guitaristes de la nouvelle génération. Mais ils ne sont pas seuls à porter haut les couleurs de ce blues du désert, et les œuvres de Terakaft, de Tamikrest, de Toumast ou plus récemment de Imarhan sont aussi à saluer et à découvrir. Les femmes dans cette société matriarcale ne sont pas en reste et dans le sillage de Tartit, groupe à dominante féminine emmené par Fadimata Walett Oumar alias Disco, ont émergé de nouvelles pousses qui font aujourd'hui l'actualité : on pense bien évidemment aux Filles de Illighadad, trio à l'ascen

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Touaregs : au-delà des fantasmes

Ethnologie | Au Musée des Confluences, le peuple touareg se dévoile : petite exposition, grand voyage.

Sébastien Broquet | Mardi 24 octobre 2017

Touaregs : au-delà des fantasmes

C'est une toute petite exposition qui s'est inaugurée au Musée des Confluences, mais elle ouvre sur une immensité : celle d'un désert, le Sahara. Là où vit et crée un peuple, les touaregs, auquel ce parcours est consacré. Fidèle à l'esprit d'un lieu où les disciplines s'emmêlent, l'évasion débute par un clip en animation et se clôture au son de Tinariwen, dans un mini-maquis où il n'est pas interdit d'esquisser un pas de danse tant ce groupe emblématique est irrésistible et porte tout autour du monde la parole de ses semblables. Mais avant ça, c'est l'artisanat et surtout les bijoux de diverses époques, montrant l'évolution et le renouvellement constants, qui auront émerveillé par leur sens de l'harmonie et rythmé la visite au cœur de l'âme de ce peuple nomade réparti sur un vaste territoire couvrant cinq pays d'Afrique. Le raffinement et une pudique fierté s'en dégagent, que traduit aussi l'art de la poésie, venant combler par la métaphore une certaine réserve dans l'expression orale, où la mesure, l'évitement et la réserve sont la règle : ce que l'on appelle le tangält. Autant d'objets (453 bijoux et amulet

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Lee Fields, le dernier des soulmen aux Nuits de Fourvière

Soul | Cet homme a une voix d'or. Il n'est pas le plus connu des soulmen américains, pourtant son premier single date de 1969. À 66 ans, il fait figure de (...)

Sébastien Broquet | Mardi 20 juin 2017

Lee Fields, le dernier des soulmen aux Nuits de Fourvière

Cet homme a une voix d'or. Il n'est pas le plus connu des soulmen américains, pourtant son premier single date de 1969. À 66 ans, il fait figure de glorieux ancien du groove et ses performances scéniques semblent enfin attiser les désirs en Europe, quelques années après qu'il ait été sorti de l'oubli par... Martin Solveig (Jealousy, en 2006). Oubliez ce dernier et concentrez-vous sur la voix : Lee Fields est le digne héritier de James Brown, de Sam Cooke, d'Otis Redding. Un concentré d'émotions en une poignée de syllabes, qui enregistre album sur album (sur Truth and Soul Records) depuis son come-back, qui éblouit par certaines collaborations comme avec El Michels Affair où il reprend le Snake du Wu-Tang Clan. De l'or, on vous dit. Lee Fields Aux Nuits de Fourvière le samedi 22 juillet

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Le blues sans fin de Tinariwen

Sono Mondiale | Le groupe emblématique de la scène touareg s'apprête à sortir un huitième album attendu et fait une halte par l'Épicerie Moderne : écoutons Tinariwen, dont les paroles disent beaucoup du chaos règnant dans leur désert aujourd'hui.

Sébastien Broquet | Mardi 22 novembre 2016

Le blues sans fin de Tinariwen

Le blues des hommes bleus n'en finit plus d'aimanter et de cristalliser les désirs, tant il est doté par sa profondeur et sa justesse d'une vocation universelle à apaiser les âmes et ouvrir les yeux. Malheureusement, il n'en finit pas non plus de conter les affres de leur désert, torturé et violenté depuis de si longues années, affres nourrissant les uns après les autres leurs disques, où se presse encore et toujours la fine fleur du rock : après Justin Adams (qui les révéla en produisant The Radio Tisdas Sessions), Carlos Santana, les Red Hot ou Robert Plant il y a quelques années, voici venir Mark Lanegan (Queens of the Stone Age) sur le prochain, Elwan, attendu pour parution le 10 février 2017, opus sur lequel sont aussi conviés Kurt Vile et Matt Sweeney (lui était déjà présent sur le précédent). Un album d'exil, encore, concocté entre la Californie et le Maroc.

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15 concerts où emmener votre amant/e, votre petit cousin ou même votre maman

Sélection | Sortez vos agendas, montez le volume : voici 15 concerts où choper des acouphènes, siroter des mousses et accessoirement, parfaire votre culture musicale ; de la sono mondiale au hip-hop américain, en passant par l'underground finlandais, point de répit pour les esgourdes.

Gabriel Cnudde | Mardi 20 septembre 2016

15 concerts où emmener votre amant/e, votre petit cousin ou même votre maman

HD Been Dope À peine 20 ans, une dégaine d'adolescent et il est pourtant l'un des poids lourds de la scène hip-hop new-yorkaise. Lui, c'est HD Been Dope, adulé par la critique et par ses confrères depuis sa première mixtape, sortie à 16 ans seulement. Avec son flow calé sur des instrumentaux très 90's, le jeune MC veut aller chercher ce qui se faisait de meilleur pendant l'âge d'or du rap de la Big Apple. Pour le moderniser, le modeler à sa sauce et en faire de l'unique. Au Périscope le jeudi 22 septembre Ibrahima Cissokho Cet inépuisable Sénégalais chante en anglais, en wolof et en mandingue, comme pour transcender les frontières du monde. Influencé par les musiques traditionnelles sénégalaises aussi bien que par toutes les musiques qui ont un jour croisé sa route (jazz, salsa, rock), Ibrahima Cissokho livre à ses auditeurs une musique que l'on pourrait bien qualifier "d'autour du monde" tant ses prestations sont des invitations à l'ouverture. Au Périscope le jeudi

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Gil & Veloso : amicalement vôtre

MUSIQUES | «Deux amis, un siècle de musique», c'est ainsi qu'est baptisée la tournée qui réunit Caetano Veloso et Gilberto Gil. Et qui les verra monter sur scène avec (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 1 juillet 2015

Gil & Veloso : amicalement vôtre

«Deux amis, un siècle de musique», c'est ainsi qu'est baptisée la tournée qui réunit Caetano Veloso et Gilberto Gil. Et qui les verra monter sur scène avec chacun une guitare et un répertoire immense. Caetano & Gil se sont un peu les Brett Butler et Danny Wilde de la musique brésilienne, aux trajectoires individuelles marquées mais dont le destin restera irrémédiablement lié pour l'Histoire, l'esprit indissociable malgré les désaccords et les différences. Nés la même année, en 1942, et tous deux grandis à Salvador de Bahia, l'un est blanc issu d'un milieu modeste, l'autre noir et fils de médecin, les deux sont très engagés politiquement mais quand Gil est nommé ministre de Lula (premier président de gauche depuis leurs propres tribulations tropicalistes), Veloso est dubitatif avant de se raviser. Leurs caractères aussi sont rigoureusement opposés – Veloso est un hyperactif et bon vivant, Gil un gros dormeur (et c'est lui qui sera ministre) et quasiment maître zen – mais ils se complètent comme se complétaient Lennon et Macca et se sont trouvés comme on trouve l'amour, chacun vouant à l'autre une admiration sans bornes et jamais envieuse.

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Jazz à Vienne - Du 26 juin au 11 juillet à Vienne (38)

MUSIQUES | Entre éternels retours et renouvellement forcenés des talents, Jazz à Vienne continue pour sa 35e édition de puiser aux sources du jazz tout en se posant en laboratoire de la musique de demain. Stéphane Duchêne

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

Jazz à Vienne - Du 26 juin au 11 juillet à Vienne (38)

On pourrait dire cela de chacune des éditions de Jazz à Vienne, mais c'est particulièrement vrai pour celle-ci : elle marque un retour aux sources, et même plusieurs. D'abord avec une ouverture en forme d'hommage et de déclaration d'amour à la ville-mère du jazz, La Nouvelle Orléans. Où l'on croisera entre autres Dee Dee Bridgewater, mais aussi la fascinante Leyla McCalla, et dont le point d'orgue sera la présence, peu commune, du pianiste, chanteur, auteur-compositeur et surtout producteur de R'n'B originel Allen Toussaint. Comme chaque année, c'est un retour aux sources en chaîne qui s'opère derrière. Retour un peu permanent avec l'éternel comeback de figures comme George Benson ou Didier Lockwood, mais aussi de genres oubliés, avec le légendaire Golden Gate Quartet, qui prêche le gospel depuis 80 ans, et Gilberto Gil et Caetano Veloso, ce couple inspiré qui mit le feux aux poudres de la musique brésilienne (et de la musique tout court) à la fin des années 60 pour accoucher d'un mouvement qu'on appela tropicalisme. Dans le genre all-stars, ne pas manquer n

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Le Cabaret Frappé en quatre coups de cœur

MUSIQUES | Les choses ont pas mal bougé à Grenoble ces derniers mois depuis l'élection d'un maire vert. Mais pas Cabaret Frappé, festival d'été de la ville, si éco-citoyen que sa programmation semble être le fruit d'un tri de talents hautement sélectif. Exemples. Stéphane Duchêne

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

Le Cabaret Frappé en quatre coups de cœur

Sallie Ford Avec Slap Back (littéralement "gifler en retour" ou "rendre une gifle"), la rockeuse vintage à lunettes Sallie Ford a laissé de côté le revival rock fifties et ses oripeaux de Buddy Holly 2.0 à chromosomes XX pour un garage rock à fort effet décapant sur lequel elle a entièrement pris les rênes après la séparation d'avec The Sound Outside – remplacé par un groupe 100% féminin. Et c'est un peu des Breeders – et même des Pixies parfois – en mode psychédélique que l'on entend au détour de ces pop songs cinglantes.

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Gil & Veloso : une histoire du tropicalisme

MUSIQUES | Réunis pour une tournée commune très attendue qui passe par Vienne, Caetano Veloso et Gilberto Gil ont initié, à la fin des années 60 et en amont de leurs immenses carrières internationales, l'une des grandes révolutions musicales et culturelles du Brésil : le tropicalisme. Un mouvement contestataire contesté qui a durablement marqué les esprits en libérant, parfois contre leur gré, les consciences brésiliennes. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mercredi 1 juillet 2015

Gil & Veloso : une histoire du tropicalisme

Trop radicales ou trop avant-gardistes, il est des épiphanies dont on ne mesure pas immédiatement la portée. On connaît par cœur l'histoire de l'électrification de Bob Dylan qui, un soir de 1965 au festival de Newport, en dépit de l'incrédulité qu'elle suscita, changea à jamais la face du rock. C'est à peu près au même phénomène qu'ont assisté les Brésiliens en 1967, lorsque sur la scène de TV Record, Gilberto Gil, Caetano Veloso et Os Mutantes ont fait exploser ce qui était alors le canon de la musique brésilienne, à savoir la bossa nova, laissant l'acoustique et les costumes bien mis au placard au profit d'une pop à tête chercheuse arborant cheveux longs et idées pas plus courtes. Vite conspués pour cette rupture radicale avec l'ordre culturel établi, Veloso et Gil, hippies poussés dans le chaudron culturel bahianais, ne font pourtant rien d'autre qu'actualiser les principes édictés par le concept de «cannibalisme culturel» d'Oswaldo Andrade qui, en 1928, prônait la nécessité pour le Brésil d'absorber la culture internationale.

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Rosemary Standley, reine du baroque'n'folk

MUSIQUES | Ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre, Rosemary Standley change de peau musicale comme on change de costume – et ceci d'autant plus aisément (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 3 mars 2015

Rosemary Standley, reine du baroque'n'folk

Ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre, Rosemary Standley change de peau musicale comme on change de costume – et ceci d'autant plus aisément qu'elle change aussi de costume. Après Moriarty et le duo Birds on a Wire avec Dom la Nena, après A Queen of Heart, son spectacle de music hall, revoilà la chanteuse protée sous un nouvel avatar. A croire que là où beaucoup de musiciens ont un ou des projets parallèles, en sus de leur formation principale, Rosemary est son propre projet parallèle – une version chantante du Michael Keaton de Multiplicity. Certes, il s'agit toujours plus ou moins de décliner le même goût du partage et de profiter d'un palais bien formé aux mélanges folk / musique baroque – deux de ses amours – et à grands renforts de reprises – son péché mignon. Cette fois-ci, avec Love I Obey, la Standley se coltine à l'ensemble Helstroffer, qui donne dans l'instrument ancien (théorbe, clavecin, orgue, viole de gambe, serpent – l'instrument, pas la bête) et toute sa patine à un ensemble d'incunables du folk (Poor Wayfaring Stranger, Hush Bye, tiré des malles d'Alan Lomax), du baroque anglais (William Lawes, pr

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Vieux Pays

MUSIQUES | Le pays qu'évoque Boureima "Vieux" Farka Touré, à savoir le Mali, dans son album Mon Pays, sorti en 2013, n'est pas que le sien. Il est aussi et avant tout (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 9 décembre 2014

Vieux Pays

Le pays qu'évoque Boureima "Vieux" Farka Touré, à savoir le Mali, dans son album Mon Pays, sorti en 2013, n'est pas que le sien. Il est aussi et avant tout l'un des cœurs battants de la musique africaine et, par là même, de la musique mondiale, berceau de la kora et de tous ses ambassadeurs griots, des touaregs enbluesés de Tinariwen, du regretté Ali Farka Touré – son père... Un pays, petit continent culturel à lui tout seul, que la guerre civile menace et avec elle les partisans d'une interdiction pure et simple de la musique qui, si elle n'est pas une part essentielle de l'identité ou des identités maliennes (Mandingues, Peuls, Touaregs, Dogons...), ne l'est d'aucun pays. Mon Pays était donc une sorte de réponse musicale, symbolique et politique d'un Malien musulman à ceux qui seraient tentés de nier les splendeurs nées entre Tombouctou et le Niger. Ce n'est pas un hasard si, animé de cette préoccupation, Mon Pays est sans doute, devant son très intime The Secret, le meilleur album du guitariste à ce jour. Celui d'un artiste à la renommée mondiale – acclamé par la critique aux USA dès son album Fondo – qui, malgré ce geste s

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Nosfell in love

MUSIQUES | L’aborigène Nosfell a délaissé le Klokochazia et traversé plusieurs années de danse contemporaine, aux côtés du chorégraphe Philippe Decouflé pour la création Octopus, (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 12 novembre 2014

Nosfell in love

L’aborigène Nosfell a délaissé le Klokochazia et traversé plusieurs années de danse contemporaine, aux côtés du chorégraphe Philippe Decouflé pour la création Octopus, pour revenir sur Terre et déverser un nouveau son. Alors que ses précédents albums dépeignaient les aventures des personnages qui peuplent son univers légendaire, rythmés par un dialecte de son invention une musique à la croisée du funk et de la musique ethnique, Amour massif effectue un tournant radical, et résolument plus accessible. Le titre de ce quatrième album est significatif, et si Nosfell sort de sa mythologie personnelle pour courir les prairies fleuries de l’amour, il change également de cap dans l’écriture. En collaboration avec Dominique A et Dick Annegarn, le texte est abordé en français pour les ballades, tandis que l’anglais est préféré pour les chansons pop. Il est désormais possible

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Des places à gagner pour "Birds on a Wire"

MUSIQUES | Ce fut notre premier PB Live, "Birds on a Wire", l'élégant et espiègle récital baroque pop de Rosemary Standley (Moriarty) et Dom la Nena, est à l'affiche (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 3 octobre 2014

Des places à gagner pour

Ce fut notre premier PB Live, "Birds on a Wire", l'élégant et espiègle récital baroque pop de Rosemary Standley (Moriarty) et Dom la Nena, est à l'affiche demain, samedi 4 octobre, du Toboggan. Une bonne nouvelle arrivant rarement seul, nous vous offrons une trentaine de places pour y assister. Comment les gagner ? Il vous suffit de téphoner au 04 72 93 30 14 ce vendredi de 17h30 à 17h45 et samedi de 15h30 à 15h45. Pour en savoir plus, direction ce lien.

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Joyau Gilberto(s)

MUSIQUES | C'est en solo, à la guitare acoustique, que la légende Gilberto Gil, homme aux milles vies et aux mille musiques, vient faire résonner l'Auditorium de douce sambas livrées en hommage à un autre maître brésilien : Joao Gilberto. Stéphane Duchene

Stéphane Duchêne | Mardi 30 septembre 2014

Joyau Gilberto(s)

L'an dernier, le Brésil nous avait envoyé l'un des dignes successeurs de Gilberto Gil et de son compère en tropicalisme Caetano Veloso en la personne de Rodrigo Amarante. Comme ses aînés, ce dernier est un musicien de l'exil : géographique d'abord, entre Etats-Unis et France – même si le sien est un peu plus volontaire que ceux, londoniens, de Gil et Veloso, "contraints" par le contexte de la dictature militaire qui ne voyait pas d'un très bon œil ces types un peu trop libres pour être honnêtes – mais aussi musical – comme eux, il pratique un art nourri du brassage pop. Une dernière chose toutefois relie Amarante et les tropicalistes en chef : il a été le compère musical au sein de L'Orquestra Imperial de Moreno Veloso, le fils de Caetano. Or c'est ce même Moreno qui vient de produire le dernier album de Gilberto Gil. Un album qui constitue pour l'enfant du Nordeste une sorte de retour aux sources : un hommage à la samba et plus précisément à Joao Gilberto. Desafinado De la pa

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Apollo 14

MUSIQUES | Le légendaire Apollo Theater de Harlem fête quatre-vingt ans d'une histoire aussi lumineuse que chaotique. Le festival Jazz à Vienne rend un hommage appuyé à ce lieu auquel chaque amateur de musiques noires doit beaucoup. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Mardi 1 juillet 2014

Apollo 14

«Apollo Theater : where stars are born and legends are made». Dans l'histoire de la soul, de la musique noire et même de la musique tout court, une "nuit à l'Apollo" vaut quasiment garantie d'entrer dans l'Histoire. Des concerts mythiques y ont eu lieu – dont l'inoubliable Live at The Apollo Theater enregistré un soir d'octobre 1962 par James Brown et ses Famous Flames. On y a croisé Nina Simone, les Big Band de Count Basie et Duke Ellington et tout, ou presque, ce que la soul compte de noms importants, vedettes ou futures étoiles. Car le club situé au cœur de Harlem, sur la 125e rue, est aussi connu pour ses "Amateurs nights" du mercredi : Ella Fitzgerald, Billie Holiday, Marvin Gaye, Aretha Franklin, Stevie Wonder, The Jackson 5, Lauryn Hill, l'énumération des talents nés là-bas ne tiendrait pas dans une version ultra-rallongée de La Boîte de jazz de Michel Jonasz. L'Apollo est à ce point la Mecque des musiques noires, un quasi-lieu saint, qu'on y exposera comme une évidence la dépouille de James Brown en 2006, devant laquelle des milliers de fans viendront s'incliner.

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La fête à la maison

MUSIQUES | Quel est l'idiot qui a eu cette idée folle d'inventer la fête de la musique, pour en plus la caser le même jour qu'Argentine-Iran et Nigeria-Bosnie ? Faut-il à ce point détester l'être humain ? Puisque c'est comme ça, voici une sélection des festivités avec pleins de Lyonnais dedans, même si pas assez. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Mardi 17 juin 2014

La fête à la maison

La fuite des cerveaux, qu'on appelle ça. Chaque 21 juin, on constate avec un peu plus d'amertume mêlée de joie – pour eux, surtout – que certains des meilleurs éléments de la scène lyonnaise exportent leurs talents pour aller fêter la musique avec des gens qu'on connaît même pas. Prenons (c'est une image) par exemple Erotic Market, qui déplace pour l'occasion son petit commerce amoureux à Beauvais. Même si l'on veut bien admettre qu'il est fort charitable d'apporter un peu d'érotisme bootylicious dans la vie des Beauvaisien – déjà que la Picardie pourrait disparaître –, il y a de quoi être furax de se voir lâchés au moment où on a le plus besoin de nos meilleurs éléments pour couvrir le grand vacarme populaire du musicien du dimanche entendant bien prouver que oui, la France a un incroyable talent et qu'en plus c'est lui – il sait jouer I've Got You Under My Skin avec un poireau à coulisses. Pire, certains de nos chers groupes lyonnais restent même chez eux en attendant que ça passe (ce sont les mêmes qui ne font pas la vaisselle pour la Journée de la femme, honte à eux). Folk progre

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Jazz à Vienne 2014 - La programmation

MUSIQUES | Entre stars du rock, chouchous assignés à résidence et métamorphes musicaux, Vienne parvient chaque année à faire du neuf avec une formule qui n'en finit plus de faire ses preuves. A l'image d'une édition 2014 de haute volée qui s'achèvera en apothéose. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Lundi 17 mars 2014

Jazz à Vienne 2014 - La programmation

A Jazz à Vienne il y a les soirées "stars" et les soirées thématiques... dans lesquelles il y a tout autant de stars. Dans la première catégorie, il faut bien avouer que le festival isérois a frappé un grand coup en s'attirant les grâces, les foudres (c'est la même chose) et les bouclettes de Robert Plant (oui, celui-là même) et ses Sensational Space Shifters. Le même soir, on parie qu'il y aura du monde pour Ibrahim Maalouf, flashé en prime time lors des Victoires de la Musique, ce qui n'est que justice pour ce jazzman protéiforme. Autres incontournables : Jamie Cullum, Bobby McFerrin – dont Vienne est littéralement le pied-à-terre, en colocation avec Youn Sun Nah, qui sera là également en tant qu'artiste résidente et en quartet. Puis voilà les soirées thématiques, à commencer par une soirée "French Touch" garantie sans casque mais avec chapeau, celui de Manu Katché, ainsi que Richard Bona, Eric Legnini, Stefano Di Battista et le Daniel Humair Quartet. Convenons que la touche, aussi française soit-elle,

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PB Live : "Birds on a Wire" en trois extraits vidéo

MUSIQUES | Le 17 novembre dernier, Rosemary Standley, Dom La Nena et leur projet "Birds on a Wire" ont plongé la Chapelle de la Trinité dans un état de grâce absolu à l’occasion de la première de PB Live. En exclusivité mondiale, le Petit Bulletin et Rain Dog Production vous proposent de (re)vivre un peu de ces instants magiques avec trois extraits de ce concert éblouissant. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Lundi 9 décembre 2013

PB Live :

Sambinha (Dom La Nena) Sambinha fut la seule composition originale de la soirée, délicieuse petite samba brésilienne signée Dom La Nena : une jeune fille qui ne sait pas danser y tente de séduire par… la danse. Une petite douceur pleine d’humour que Rosemary et Dom font joliment entrer en résonnance avec une ballade caribéenne signée Lord Burgess et popularisée par Harry Belafonte, Jamaïca Farewell. Enchassés l’un dans l’autre les deux morceaux se font ainsi écho, à mesure que les deux jeunes femmes se répondent en une irrésistible séance d’envoûtement. Oh my love (John Lennon/Yoko Ono) Classique secondaire de John Lennon, en témoignage de son amour éperdu pour Yoko Ono, Oh my love est aussi l’un des titres les plus repris de son répertoire (Jackson Browne, Martin Gore, Fredo Viola, Susheela Raman, The Wackers…). Il pouvait pas tomber mieux que dans l’escarcelle de chansons d’amour de Dom et Rosemary. Ici cajolé avec rondeur, dans le

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Le premier PB Live, un succès

MUSIQUES | Une Chapelle de la Trinité comble, deux interprètes en état de grâce, un accueil d'une rare ferveur... Notre premier Petit Bulletin Live ne pouvait pas mieux (...)

Benjamin Mialot | Lundi 18 novembre 2013

Le premier PB Live, un succès

Une Chapelle de la Trinité comble, deux interprètes en état de grâce, un accueil d'une rare ferveur... Notre premier Petit Bulletin Live ne pouvait pas mieux tourner. Merci à tous ceux qui ont passé leur dimanche soir en notre compagnie et celle de Rosemary Standley et Dom La Nena plutôt qu'en celle de Thomas Sotto. En attendant la disponibilité de la captation du concert (quelques extraits sur notre site, une diffusion sur TLM) et des informations sur notre prochaine date, voici de quoi vous remémorer cette belle soirée.

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Le petit oiseau va sortir

MUSIQUES | Pour la première édition de PB Live, Rosemary Standley et Dom La Nena se produiront à la Chapelle de la Trinité le 17 novembre en duo violoncelle-voix. Au menu : "Birds on a Wire", un répertoire de reprises surprenantes courant de Monteverdi à John Lennon, en passant par Leonard Cohen ou Purcell. La chanteuse de Moriarty revient pour nous sur la genèse de ce projet singulier. Propos recueillis par Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Jeudi 17 octobre 2013

Le petit oiseau va sortir

Comment est né le projet "Birds on a Wire" ? Rosemary Standley : Au départ c’est une initiative de Madame Lune [producteur de concerts et du festival Les Rendez-vous de la Lune, NdlR]. J’ai commencé avec la violoncelliste Sonia Wieder-Atherton mais elle a dû arrêter et a pensé à Dom La Nena pour la remplacer. Notre première répétition a été déterminante. Dom vient du classique mais a accompagné beaucoup d’artistes pop en tant que violoncelliste : Piers Faccini, Jane Birkin, Camille… Son oreille et son ouverture dans sa façon de jouer laissaient enrevoir un très grand champ de possibilités. Vous semblez avoir une inclination particulière pour l’exercice de la reprise, que ce soit avec Moriarty [dont le récent album est un album de reprises et dont on se rappelle la version du Enjoy The Silence de Depeche Mode, NdlR] ou vos derniers spectacles [Queen of Heart à la Bastille, NdlR]... Oui, depuis toujours ça fait partie de moi. Je suis née dans une famil

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Le PB part en live

MUSIQUES | Des concerts d'artistes rares et singuliers, dans des lieux à taille humaine, et pensés comme autant d'occasions d'aller à votre rencontre, nous en avons rêvé, nous l'avons fait, avec le concours de Rain Dog Productions. Et nous vous devons quelques explications. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 17 septembre 2013

Le PB part en live

Après des semaines de teasing plus ou moins explicite, nous pouvons enfin vous l'avouer : le Petit Bulletin s'incarnera cette saison non seulement sur papier et en ligne, mais aussi dans un cycle de concerts. Nous nous sommes en effet associés à Rain Dog, une modeste et passionnée société de productions, avec laquelle nous avons imaginé une série de rendez-vous répondant aux critères suivants : rareté, originalité et intimisme. Notre idée n'était en effet pas tant d'organiser un coup promotionnel – sans quoi c'est d'une marque de parfum ou d'un opérateur téléphonique que nous nous serions rapprochés – que de vous proposer, comme nous le faisons par ailleurs avec nos Ciné Brunch, des temps d'échange. A ce titre, chacun de ces concerts sera assorti d'une discussion animée par un membre de la rédaction, d'un warm up et ou d'une after animé par nos soins et de divers autres à-côtés encore secrets.   Drôles de dames Si vous nous li

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Revenants

MUSIQUES | À force, les salles lyonnaises sont un peu comme le PMU du coin de la rue, elles finissent par avoir des habitués. Ce qui en dit long sur la qualité de l'accueil de nos salles. Ou sur le fait que Lyon soit bel et bien réapparu sur la carte de France du rock. SD

Stéphane Duchêne | Jeudi 13 septembre 2012

Revenants

Cette saison encore, quelques bienvenues impressions de déjà-vu. Qu'il s'agisse d'artistes quasi bi-annuel comme Dominique A – dont, quoi qu'il arrive, on ne se lasse pas – ou quasi-annuel comme Deerhoof ou The Wedding Present qui (re)vient tout spécialement pour jouer en intégralité l'un de ses albums mythiques Seamonsters. Il y a aussi les chouchous tels le Canadien Patrick Watson – pourtant de plus en plus déroutant – pour lequel l'Épicerie Moderne se damnerait volontiers, comme elle le ferait pour la formation hollandaise The Ex quasiment assignée à résidence, ou ses collègues bruitistes d'A Place to Bury Strangers aka «le groupe le plus bruyant de NY». Autre retours de groupe qu'on a l'impression d'avoir quittés hier : Dark Dark Dark, malheureusement programmé l'an dernier en face de The Chap, et les Caennais de Concrete Knives dont l'avenir, sur le label anglais Bella Union, s'annonce aussi glorieux que leurs hymnes pop sont foux-dingues. Tandis que ceux-ci passeront de la scène du Kafé, à celle plus p

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Summertime

MUSIQUES | «Voilà l'été, voilà l'été, voilà l'été-é-é», chantaient les Négresses Vertes. Certes, mais une fois qu'on a dit ça, comment étancher sa soif de musique estivale quand justement on n'a ni l'intention de chanter tout l'été, ni l'intention de quitter la région lyonnaise. Éléments de réponse. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 13 juillet 2012

Summertime

Chaque année, l'Onisep publie un ouvrage intitulé «Que faire sans le bac ?». C'est un peu la même vaste question qui se pose l'été venu : «Que faire l'été quand, rapport à l'augmentation de la recrudescence, à la crise, ou tout simplement du fait de l'absence de vacances, on est coincé à Lyon tel le renard dans un piège de braconnier ?». Se ronger la patte n'étant pas la solution – ce sont des choses qu'on regrette vite dès lors qu'on doit courir derrière un bus, rare en été –, l'amateur de musique aura quand même le loisir, s'il se remonte les manches, de se mettre quelques concerts sous les esgourdes. Pour cela, il peut commencer par remercier les Nuits de Fourvière qui ne remballent pas le matos avant la fin du mois de juillet. Et ô miracle, la plupart des concerts restant ne sont pas (encore) complets – exception faite de l'Éclat Final avec Brigitte et Arthur H et du hobo Charlie Winston. Summer session Voilà donc qu'il reste au programme de quoi bien combler sa fin de mois de juillet avec les bluesmen touaregs de Tinariwen (23 juillet), l'un des meilleurs groupes du monde – et on ne plaisante pas – ; l'ex-ministre de la Cu

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Fortichimmo

MUSIQUES | Très orientée «nouveaux talents» en plus de quelques valeurs sûres, Fort en Jazz joue cette année la politique de l'offre rafraîchissante et du talent juvénile qui transpire par tous les pores du jazz et de ses dérivés. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 31 mai 2012

Fortichimmo

Allez, avouez – faute avouée à moitié pardonnée comme disait mémé avant de nous coller une gifle au lieu de deux – quand on vous dit pianiste d'origine arménienne à Fort en Jazz, vous pensez immédiatement : André Manoukian. N'ayez pas honte, cela a également été notre cas. Eh bien si vous passez faire un petit tour à Francheville à l'occasion de Fort en Jazz, vous en ressortirez grandi en terme de «moi je connais un pianiste d'origine arménienne qui déchire, je peux te dire que c'est une autre came que Dédé Manoukian (qui pourtant n'est pas manchot)». Car oui, le Tigran Hamasyan dont il est question est un peu une bête de pianiste. Qui en plus, enfonce une autre idée reçue trop tenace selon laquelle le piano-jazz serait chiant à mourir (et Michel Petrucciani, il est pas mort peut-être ?). À même pas 25 ans, le jeune Tigran, passé par le Thelonious Monk Institute of Jazz et l'université de South California a remporté tout ce que le monde du jazz compte de prix et fait le tour du monde, quand d'autres peinent, à cet âge, à faire le tour du quartier. Avec son savant mélange de folklore arménien et de jazz, ce fan de rock ouvrira Fort en Jazz en conclusion d'une rés

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Touareg d'or

MUSIQUES | La coïncidence est étrange. Ou pas. À l'heure où la mitraille a redoublé sur une partie de leur territoire sans véritables frontières, les tirailleurs touaregs (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 30 septembre 2011

Touareg d'or

La coïncidence est étrange. Ou pas. À l'heure où la mitraille a redoublé sur une partie de leur territoire sans véritables frontières, les tirailleurs touaregs de Tinariwen, eux-même jadis combattants au sens propre de leur cause et de la liberté, ont remisé, à l'inverse de Dylan en son temps, l'hostilité électrique au profit de l'apaisement acoustique. Manière de déposer les armes ? D'en changer à la limite, le temps d'une parenthèse. Et depuis les débuts de l'existence de Tinariwen leur musique est toujours née sur un coin de bivouac, un instrument acoustique à la main, avant d'être tout autant électrifié qu'électrisé. À l'origine du projet Tassili, l'achat d'une guitare espagnole par Ibrahim Al Alhabib, à l'origine de la plupart des chansons de l'album, comme une clé vers de nouvelles possibilités d'expression de son propre folklore, mais pas que. Esprit d'ouverture et aura internationale obligent, les hommes sans pays (l'accès au Nord Mali, leur territoire traditionnel, leur est interdit), ont vu débarquer quelques invités de prestige échappés de Wilco ou de TV on the Radio. Sûrement pas un hasard. Car ce qui surprend le plus à l'écoute de Tassili, enregistré sur les contref

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Tinariwen

MUSIQUES | Si l'on appelle les Touaregs les «Hommes bleus», c'est sans doute aussi qu'ils ont à voir avec le blues originel. Les Tinariwen en sont la preuve (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 15 septembre 2011

Tinariwen

Si l'on appelle les Touaregs les «Hommes bleus», c'est sans doute aussi qu'ils ont à voir avec le blues originel. Les Tinariwen en sont la preuve vivante depuis une dizaine d'années qu'ils trimbalent leurs guitares électriques comme autant d'armes et d'étendards. Mais pour son cinquième album, Tassili, le groupe du Sahara a déposé les kalash électriques pour un blues acoustique, apaisé et lumineux, enregistré dans le désert de... Tassili. Par chance un coup de SiroKao envoie ces nomades en terre lyonnaise pour nous faire profiter de ce blues dont le bleu profond donne la chair de poule.

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Que Touaregs viennent...

MUSIQUES | Musique / Quel est donc ce groupe si important pour que des gens aussi vénérables que Thom Yorke, Dominique A. et Elvis Costello en vantent les louanges (...)

| Mercredi 18 avril 2007

Que Touaregs viennent...

Musique / Quel est donc ce groupe si important pour que des gens aussi vénérables que Thom Yorke, Dominique A. et Elvis Costello en vantent les louanges ? Non pas la dernière sensation venue d'Amérique, mais d'authentiques Touaregs du désert réunis sous le nom de Tinariwen... Aujourd'hui, ils figurent avec les Congolais de Konono n°1 au sommet de ce vaste fourre-tout nommé «world music». Car la musique de Tinariwen, que l'on définit hâtivement comme un «blues du désert», c'est en fait du rock, du vrai, avec des guitares incroyables capables de riffs à la puissance démesurée, un foutu sens de la mélodie, des voix à la musicalité impressionnante et surtout une énergie à déplacer les dunes ou, chez vous, à pousser les murs de l'appartement. En concert, il doit être difficile de résister à ces guerriers ayant troqué leurs armes contre des instruments et leurs cris contre des chants de paix et de réconciliation. Mais il faut aussi absolument se procurer l'album (Aman Iman) qui bénéficie d'un travail éditorial comme on en voit peu de nos jours chez les majors : chaque chanson est reproduite phonétiquement, traduite et commentée, mettant en valeur toute la richesse textuelle, poétique et

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