La Halle Tony Garnier a 100 ans

Benjamin Mialot | Jeudi 2 octobre 2014

C'était en 1914, souvenez-vous (mais si, faites un effort) : sur une commande du maire Edouard Herriot, Tony Garnier mettait la touche finale à la fameuse halle qui porte aujourd'hui son nom, censée abriter abattoirs et marché aux bestiaux. La Première Guerre mondiale en décida temporairement autrement. Réquisitionnée, elle  casernes et usine d'armement avant de retrouver sa fonction.

Devenu à terme une salle de spectacles, l'endroit fête donc ses cent ans. Et c'est nous qui sommes bien contents. Déjà parce que la Halle en profitera, comme vous le savez, pour "investir" toutes les salles qui comptent à Lyon (Breton au Marché Gare le 21 novembre, Deltron 3030 au Transbordeur le 27, Owen Pallett à l'Épicerie Moderne le 6 décembre...). Mais aussi parce que la fête se prolongera en 2015 avec l'accueil de belles pointures parmi lesquelles le duo blues-rock The Black Keys (7 mars), les vieilles gloires du nu-metal System of a Down (14 mars, date unique en France qu'on espère plus calme que celle de 2005), Ennio Morricone (18 mars) le mogul hip-hop Kanye West (4 mai) et les Foo Fighters du héros grunge Dave Grohl (octobre 2015).

Sont également annoncés Fauve# (pour une mystérieuse "nuit", le 2 avril),  Johnny Hallyday les 9 et 10 novembre, et, à des dates encore indéterminées, la reformation du duo Souchon/Voulzy, Avicii, Chris Brown et peut-être même U2.

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Thierry Pilat, nouveau directeur de la Halle Tony Garnier

Mercato | Pour succéder à l'historique Thierry Téodori, qui prendra sa retraite en juin prochain, c'est Thierry Pilat qui a été choisi par la nouvelle municipalité. Le Lyonnais, qui était jusqu'ici directeur du Fil — la SMAC de Saint-Étienne —, fait son retour sur sa terre natale en prenant en main l'avenir de la Halle Tony Garnier, dans un contexte difficile nourrissant plusieurs questions.

Sébastien Broquet | Jeudi 21 janvier 2021

Thierry Pilat, nouveau directeur de la Halle Tony Garnier

Elle aura pris son temps, la nouvelle municipalité, pour acter le choix de son candidat. Ou du moins multiplié les étapes. Il faut dire que l'enjeu est de taille : cette Halle Tony Garnier est régulièrement revendiquée comme étant le naviral amiral de la flotte des salles de l'agglomération lyonnaise. Et, bonus, elle rapporte de l'argent à la Ville. Entre 200 000€ et 400 000€ par an, selon les années. Bon, bien sûr, beaucoup moins en 2020 : et cette crise sanitaire qui a plombé les finances et vidé la salle de ses concerts et salons divers, a en plus sérieusement questionné le modèle, déjà interrogé préalablement par l'évolution du secteur du divertissement (la précédente équipe municipale se posait presque les mêmes questions il y a deux ans) : quid de la concurrence de l'Arena ? Quand reprendront les grosses tourn

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La Halle Tony Garnier ne sera pas cédée aux ogres du divertissement

Patrimoine | Grégory Doucet l'a confirmé : la Halle Tony Garnier restera dans le giron de la Ville de Lyon. Une nouvelle direction est en cours de recrutement.

Sébastien Broquet | Mardi 6 octobre 2020

La Halle Tony Garnier ne sera pas cédée aux ogres du divertissement

Aucune surprise : c'était annoncé dès la campagne électorale, et Nathalie Perrin-Gilbert l'avait répété dans nos colonnes en juin dernier : pas question de céder la Halle Tony Garnier au privé. Ce lieu emblématique de la ville, considéré par son toujours président Jean-Yves Sécheresse comme le « navire amiral des musiques actuelles à Lyon », restera donc bien dans le giron municipal comme l'a annoncé Grégory Doucet lors du conseil municipal du lundi 28 septembre. C'était l'un des dossiers très chauds pointés par son adjointe à la Culture et le maire savait qu'il ne fallait pas tergiverser plus longtemps : ce dossier traîne depuis de longs mois et Thierry Téodori, son directeur historique, avait déjà repoussé son départ à la retraite pour assurer la transition. Le calendrier est fixé : l'annonce pour le recrutement d'une nouvelle directrice ou directeur sera publiée dans quelques jours dans la presse nationale. Le choix sera fait au plus tard début décembre pour une

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Nastassja Martin : rouge baiser

Story | Dans un sublime récit baptisé Croire aux fauves, l'anthropologue Nastassja Martin raconte sa terrible rencontre avec un ours, sa reconstruction physique et psychologique et l'étrange métamorphose qu'elle induit. Un texte infiniment poétique qui est aussi une plongée dans l'intimité du travail des anthropologues, ces chamanes de notre temps.

Stéphane Duchêne | Mercredi 12 février 2020

Nastassja Martin : rouge baiser

«L’ours est parti depuis plusieurs heures maintenant et moi j’attends, j’attends que la brume se dissipe. La steppe est rouge, les mains sont rouges, le visage tuméfié et déchiré ne se ressemble plus. » Ainsi débute Croire aux fauves, sans exposition, sans les présentations d'usage, à vif, avec pour tout décor connu : la steppe. Une femme gît dans ce paysage, en sang, la mâchoire broyée et le cuir chevelu cisaillé. Elle vient de croiser un ours. De trop près. Drôle d'endroit pour une rencontre ? Plutôt deux fois qu'une : à cet endroit, sur un plateau glaciaire du Kamtchatka, d'ordinaire les ours ne s'aventurent guère – il n'y a rien pour faire bombance. Le truc, c'est que les humains non plus. Sauf ce jour-là donc, où la femme a vu l'ours et avec lui sa dernière heure arriver avant que l'animal, inexplicablement, ne se ravise. Cette femme, c'est l'autrice elle-même, Nastassja Martin, anthropologue élevée au savoir du grand Philippe Descola et spécialisée dans l'étude des peuples arctiques sur un terrain de jeu immense allant de l'Alaska à la Sibérie extrême-orientale. On avait ainsi pu lire, dans Les Âmes sauvages, le récit de son séjour chez

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La Halle Tony Garnier se cherche une nouvelle voie

Politique Culturelle | Ça va bouger du côté de la Halle Tony Garnier : la ville envisage d'en changer le mode de gestion à l'occasion du départ dans deux ans de son directeur, Thierry Téodori, et du renouvellement de la convention liant les deux parties à la fin de cette année. Comme pour la Salle Rameau, se pose aussi la question de l'intérêt de gros entrepreneurs du divertissement pour Lyon.

Sébastien Broquet | Mardi 17 avril 2018

La Halle Tony Garnier se cherche une nouvelle voie

À Lyon, point de Zénith, mais une Halle Tony Garnier devenue passage obligé des grosses tournées internationales dans l'agglomération. 115 représentations en 2017, pour 584 188 spectateurs payants et 5M€ de chiffre d'affaire : l'établissement public rapporte entre 200 000 et 400 000 euros chaque année à la Ville de Lyon, à laquelle les bénéfices sont reversés. Voilà un équipement culturel qui rapporte, ce qui n'est pas si courant... Et dont le directeur, Thierry Téodori, veille à respecter l'écosystème local en fermant ses portes en juillet et août, de manière à ne pas concurrencer les festivals (en premier lieu Nuits de Fourvière et Jazz à Vienne) ou en ouvrant ses portes au Festival Lumière. Du côté de la Ville, on parle même d'un « vaisseau amiral » chapeautant l'ensemble des salles du cru, du Kraspek Myzik au Transbordeur. Alors, tout va bien ? Oui, mais pas tout à fait, serait-on tenté de répondre. Téodori sur le départ Déjà, Thierry Téodori se prépare pour la retraite, dans deux ans. Se pose d'ores et déjà la question de sa succession, et remplacer celui qui est une figure incontestable et sans cesse consulté

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Claude Lelouch : « je crois à l’incroyable fertilité du chaos »

4 questions à... | Claude Lelouch n’en a pas fini avec l’envie de filmer. Et ce n’est pas parce qu’il tourne autour des Hospices qu’il songe à l’hospice : son truc à lui, ce serait plutôt les bons auspices…

Vincent Raymond | Mardi 14 mars 2017

Claude Lelouch : « je crois à l’incroyable fertilité du chaos »

Comment avez-vous repéré les talents d’acteur de Me Dupond-Moretti ? Claude Lelouch : C’est mon métier, je ne sais rien faire d’autre (sourire). C’est quelqu’un que j’ai admiré. J’avais l’impression de voir Lino Ventura : ce type a une force incroyable ! Si je pouvais la conserver derrière une caméra, ce serait génial. Je l’ai rencontré par un copain, on a sympathisé et il m’a invité à une audience. Sa plaidoirie a duré 1h30, le temps d’un long-métrage. J’ai regardé tous les gens qui jugeaient l’accusé et je me suis dit que c’était eux qu’il fallait juger : l’avocat général qui réclame la perpétuité, le président qui se prend pour Dieu, les gens dans la salle qui viennent pour déguster le malheur des autres, les jurés… J’ai imaginé que tous avaient des casseroles : on a tous les qualités de nos défauts, on a tous des jardins secrets. Est-ce la vie qui vous donne l’envie de faire du cinéma, ou bien le cinéma qui vous donne le plaisir de la vie ? Je vie une double histoire d’amour avec le cinéma et la vie. L’un renforce l’autre, ils sont complémentaires. La vie est le plus grand

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"Chacun sa vie" : un Lelouch treize embrouillé

ECRANS | Entièrement récoltée à Beaune, la 46e cuvée de Claude Lelouch a un goût de déjà-bu. Pas étonnant, venant d'un réalisateur ayant autant de bouteille…

Vincent Raymond | Mardi 14 mars 2017

Attendre de Lelouch qu’il fasse autre chose que du Lelouch reviendrait à espérer d’un chat et d’une souris un concert d’aboiements. Si le cinéaste s’est jadis montré capable de détonner, pour répondre à un violent désamour du public (en témoigne le singulier Roman de gare), il ferait plutôt en règle générale sien l’aphorisme de Cocteau : « Ce qu’on te reproche, cultive-le : c’est toi ». Chacun sa vie est, à cette enseigne, un parfait exemple de monoculture lelouchienne — certes “hors-sol”, puisque totalement tourné à Beaune, où le virevoltant réalisateur a installé son école de cinéma. Il troque donc ses plans de Tour Eiffel ou de Champs-Élysées contre de larges vues de la Place Carnot, microcosme valant ici pour le monde entier. La Beaune année Autour de cette esplanade noyée sous le piano-jazz ininterrompu d’un assommant festival estival gravitent donc des êtres divers, soumis aux petits ou grands tracas de la vie, qui auront pour point commun de se retrouver tous témoins, jurés, juges, défenseur ou public dans une salle d’audience lors d’un procès final… Faut-il s’étonner que les meilleurs comédiens du film

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Le café Arsène casse la croûte

Restaurant | Les anciens tenanciers de l'Escarcelle convoquent l'esprit (pas suranné mais rénové) des bistrots à la française dans un ancien atelier de bijoutier du 1er arrondissement.

Adrien Simon | Mardi 28 juin 2016

Le café Arsène casse la croûte

On avait lu que deux trentenaires — déjà connus pour leur resto sous les Chartreux : l'Escarcelle, aujourd'hui fermé — voulaient se lancer dans le « vieux café-comptoir à la française, où l'animation ne s'arrêterait jamais. » Ils annonçaient, près de l'Opéra, un vrai (de vrai) bistrot, où l'on pourrait manger un sandwich au bar en lisant la presse ; boire une pression en consultant ses mails ; tenir le crachoir auprès du patron ; avaler un plat du jour sur des banquettes en skaï. Et les patrons de convoquer l'esprit des années 20 : café Arsène, donc. Avant d'arriver, on s'imaginait un vieux zinc en reprise, à l'instar du Café du Rhône, ou du Bistrot des Fauves. Pas du tout. On a l'impression d'un grand cube creusé directement dans la pierre, s'ouvrant via une grande double-porte en bois. Au centre, un énorme comptoir, tout neuf, massif et cubique lui aussi. Autour, des tables hautes, pour boire un coup vite fait. Le long des murs, quelques banquettes en cuir encore brillantes, et au plafond (haut, le plafond) une suspension monumentale. Ok : new look, le café-comptoir. C'est l'atelier d'architecte lyonnais D

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Les Foo Fighters, prêts à emplâtrer Tony Garnier

MUSIQUES | Alors qu'il était le type à cheveux long assis au fond de la classe nirvanesque sans trop broncher – se souvenir de sa mise un peu gauche lors du fameux (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 10 novembre 2015

Les Foo Fighters, prêts à emplâtrer Tony Garnier

Alors qu'il était le type à cheveux long assis au fond de la classe nirvanesque sans trop broncher – se souvenir de sa mise un peu gauche lors du fameux unplugged – le type sur lequel on n'aurait pas forcément parié notre chemise à carreaux, Dave Grohl, est le seul véritable survivant du mythe Nirvana. D'une parce qu'il est encore vivant, lui, de deux, parce qu'il aura su rebondir plus que bien après la tragédie qui a mis fin au groupe phare du grunge. Cela il le doit autant à lui-même qu'à ses Foo Fighters, dont on n'aurait pas forcément parié non plus qu'ils seraient encore là 20 ans et huit albums plus tard, à transformer des Halle Tony Garnier, comme ce 17 novembre, en maisons de Foo. Oh, ce n'est pas que les Foo aient apporté quoi que ce soit de décisif à l'histoire du rock – surtout après Nirvana – en dehors de quelques bons albums, mais Grohl & co continuent de perpétuer une certaine idée du noise rock catchy qui semble ne jamais vouloir vieillir et tenir la vaillance pour valeur cardinale – on ne vous reparle pas de l'affaire du concert suédois terminé dans le plâtre après un passage aux urgences du chanteur. Dif

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Gerson fait son cirque

SCENES | Cette semaine au café-théâtre, on nous rejoue l'affrontement de David et Goliath – mais en match amical, d'après les intéressés. Dans le rôle du mastodonte, la (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 30 septembre 2015

Gerson fait son cirque

Cette semaine au café-théâtre, on nous rejoue l'affrontement de David et Goliath – mais en match amical, d'après les intéressés. Dans le rôle du mastodonte, la "succursale" lyonnaise de Juste pour Rire, dont nous vous détaillions ici-même le programme la semaine dernière. Dans celui du poids plume, l'Espace Gerson qui organise en frontal la troisième édition de son festival maison à la Salle Rameau. Pas sûr qu'il terrasse son "adversaire", d'autant que l'événement est cette année ramassé sur deux dates (vendredi 2 et samedi 3 octobre), mais peu importe, l'essentiel est qu'il demeure fidèle à sa vocation d'offrir de l'exposition aux humoristes en développement. Six d'entre eux prendront part au traditionnel tremplin ouvrant chaque soirée. Nos favoris : Bruce Fauveau et ses sketchs astucieusement minimalistes (un tour du monde bruité, un mime de la ponctuation d'une lettre de rupture) et Larry Benzaken, écrivain inaccompli au cynisme joliment verbeux, qui auront l'honneur d'ouvrir, respectivement, pour le procrastinateur au grand cœur Arnaud Cosson et Warren Zavatta, pet

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Rentrée musique : 20 concerts à ne pas manquer

MUSIQUES | De mémoire de rats de salle de concert, cette rentrée musicale est l'une des plus chargées que la ville ait connue. Qu'à cela ne tienne, ce ne sont pas dix concerts que nous vous avons tagués comme "incontournables" cette année, mais une vingtaine. Faites chauffer les boules Quiès.

Stéphane Duchêne | Mardi 29 septembre 2015

Rentrée musique : 20 concerts à ne pas manquer

Aline / Tigran / Jay Jay Johanson / Is Tropical Après avoir bu et dansé jusqu'à plus soif, bien profité de la belle hype initiée par Regarde le ciel, les Ex-Young Michelin ont pris la route du studio ICP de Bruxelles (temple du rock contemporain) à la rencontre de Stephen Street, mythique producteur et/ou ingénieur des Smiths (il fut le sage-femme de The Queen is Dead, t'as qu'à voir !), de Morrissey et de quatre albums de Blur. Le résultat, bien inspiré (et intitulé La Vie électrique), dégouline forcément de guitares cristallines et de rythmiques 80's dévalées en frenchy dans le texte. Quelque part entre les Smiths donc, les Triffids et un Daho d'époque moins daté. Aline est là, manquerait plus qu'elle revienne. Stéphane Duchêne Le 9 octobre au Marché Gare C'est un fait, le Tigran est un genre de prodigieux caméléon musical dont le génie serait profondément agaçant s'il n'avait pas la mansuétude d'en faire profiter les autres. Ce pianiste jazz (sur le papier uniquement), on l'a connu sous

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Foreztival, une drôle de ménagerie

MUSIQUES | Dans la forêt lointaine, on entend le hibou, d'accord. Mais dans le Forez lointain, qu'entend-on ? Cette année, principalement le Birdy Nam Nam, drôle (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

Foreztival, une drôle de ménagerie

Dans la forêt lointaine, on entend le hibou, d'accord. Mais dans le Forez lointain, qu'entend-on ? Cette année, principalement le Birdy Nam Nam, drôle d'oiseau à six pattes – depuis que DJ Pone est allé voir ailleurs si le ciel y était plus bleu – qui n'a de cesse d'emmener le hip-hop instrumental vers de nouveaux horizons, là où ses suiveurs, paresseuses poules aux œufs d'or, se contentent d'en picorer les racines black ad nauseam. Mais aussi le Fauve, inoffensive bestiole dont le cri, sorte de logorrhée de fan de Diabologum en pleine mue, a tendance à nous rendre fou de la gâchette (de fusil hypodermique, on n'est pas des bêtes). Et puis des punks en voie d'extinction (Les Sheriff), une chimère afro-funk (Vaudou Game), un ex-lion au régime strict de vers libres (Kacem Wapalek), des mélodies électroniques serpentines (charmées par Fakear) ou encore des animaux migrateurs se repérant par écholocalisation de basses fréquences (les pionniers du french dub High Tone, featuring le MC halluciné Oddateee)

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Les Foo Fighters à Tony Garnier

MUSIQUES | La date avait été annoncée précipitamment au moment de la présentation des festivités du centenaire de la Halle Tony Garnier, c'est désormais officiel : l'icône rock (...)

Benjamin Mialot | Samedi 25 avril 2015

Les Foo Fighters à Tony Garnier

La date avait été annoncée précipitamment au moment de la présentation des festivités du centenaire de la Halle Tony Garnier, c'est désormais officiel : l'icône rock Dave Grohl et ses Foo Fighters, dont le huitième album est paru à fin 2014, s'y produiront le 17 novembre (et la veille à Paris, seule autre date française de la tournée). Ouverture de la billetterie mardi 28 avril à 10h.

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System of a Down et The Prodigy : les 90's en force

MUSIQUES | ​Deux des plus belles bizarreries des années 90 se succèdent à la Halle Tony Garnier. Les néo-métalleux en djellaba de System of a Down et les punks à big beat de The Prodigy. Flashback. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 7 avril 2015

System of a Down et The Prodigy : les 90's en force

Les plus belles fleurs, dit-on, poussent sur du fumier. Par extension, ce doit être le cas des barbes fleuries. En l'occurrence celles des membres de System of a Down, quatuor californien apparu en plein boum du nu metal (en 1994), cet enfant illégitime et mal fini du hip-hop et des musiques extrêmes, et dont la discographie, au point mort depuis dix ans, impressionne encore par sa fantaisie et sa maturité. Le secret de cette longévité sonore est atavique : là où ses pairs se complaisaient dans leur jus, rivalisant de poses affectées et de slogans reproductibles à la pointe de compas, System of a Down a préféré faire macérer les racines arméniennes de ses membres, jusqu'à sonner comme une sorte de Rage Against the Machine élevé au grand air embaumé d'opium des pleines caucasiennes. Véritable derviche qui ne tourne pas rond, Serj Tankian, son frontman polyphonique, est celui qui incarne au plus près ce mélange d'engagement et de spiritualité, en particulier sur scène, bien que S.O.D. y ait toujours été précédé d'une très mauvaise réputation. Ses chansons, elles, dans leur manière pour le moins loufoque de juxtaposer blasts d'agressi

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Bruits de saison

MUSIQUES | Est-ce parce qu'on commence à être habitué à ce genre de cirque ? Toujours est-il que non, le bruit qui accompagnera la venue lyonnaise d'une Christine & the Queens au sommet du succès ne suffira pas à éclipser le reste d'une programmation de fort belle facture. Et vous savez quoi ? C'est tant mieux. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 6 janvier 2015

Bruits de saison

En matière de musique, la hate est un fruit de saison, savamment cultivée par les réseaux sociaux, par ce fléau mondial que constitue l'aigreur d'estomac – surtout en sortie de fêtes de fin d'année –, par quelques médias victimes d'hypocondrie culturelle et, il faut bien le dire, par ceux qui la provoquent. On a ainsi droit comme ça à un ou deux boucs émissaires par an cristallisant les crispations d'une certaine branchitude mal définie. On ne vous fera pas languir plus longtemps : après Woodkid, Stromae et Fauve (qui reviendra, le 2 avril, en grande surface qui plus est, puisqu'à la Halle Tony Garnier, ramasser des forêts de cœurs avec les doigts et sans doute quelques seaux de merde), c'est au tour de Christine & the Queens (4 mars au Transbordeur) d'énerver son monde sur le thème : talent fou ou blague de l'année ? Alors oui, dans ces cas-là, o

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Salaud, on t’aime

ECRANS | De Claude Lelouch (Fr, 2h04) avec Johnny Hallyday, Eddy Mitchell, Sandrine Bonnaire…

Christophe Chabert | Mardi 1 avril 2014

Salaud, on t’aime

En hommage à son ami Georges Moustaki — «qui vient de nous quitter», est-il dit deux fois dans le dialogue au cas où on ne serait pas au courant — Claude Lelouch fait entendre sur la bande-son de Salaud, on t’aime Les Eaux de mars. Jolie chanson qui dit le bonheur du temps qui s’écoule, de la nature et des plaisirs fugaces. Soit tout ce que le film n’est pas, torture ultime où en lieu et place de cascade, on a surtout droit à un grand robinet d’eau froide déversant les pires clichés lelouchiens sur la vie, les hommes, les femmes, l’amitié, le tout en version "vacances à la montagne". La vraie star du film, ce n’est pas Johnny, marmoréen au possible, mais un aigle que Lelouch filme sous toutes les coutures. Se serait-il découvert un caractère malickien sur le tard ? Pas du tout ! Cette fixette sur l’animal est une des nombreuses stratégies pour remplir cette interminable histoire de retrouvailles entre un mauvais père et ses quatre filles — qu’il a appelées Printemps, Été, Automne, Hiver ; Claude, arrête la drogue ! Son meilleur ami et médecin — Eddy Mitchell, tout content de faire du playback sur la scène chantée de Rio Bravo, et c’est

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Fauve qui peut

MUSIQUES | Il est peu de groupes cultes qui peuvent se permettre le luxe de décevoir dès leur premier album. Après le buzz grandissant né fin 2012 sur le net, un EP cinglant baptisé "Blizzard" et un véritable raz-de-marée de concerts sold out, la montagne Fauve a, avec "Vieux Frères", accouché d'une souris. "Génie" déjà essoufflé ou créature en pleine mutation ? Il faudra attendre la suite pour le savoir, annoncée pour l'automne. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Mardi 25 mars 2014

Fauve qui peut

Lors de la première venue de Fauve dans les environs, au Théâtre de Villefranche, on avait souligné dans ces pages-même l’éventualité qu’à plus ou moins court terme, de cette étincelle devenue feu de forêt il ne resterait plus qu’un paysage désolé. Piétiné par l’élan des fans, parti en torche. Fauve avait tout pour exploser en vol et on était près à souffler sur les braises, à balancer de l’essence, parce que c'est ainsi que ç'aurait été le plus beau – «Better to burn out than to fade away» chanta Neil Young, offrant ainsi bien malgré lui à Kurt Cobain la plus mauvaise des idées et la meilleure des épitaphes, éclaboussée sur un mur. C’était au moment de Blizzard, EP en forme de coups au foie et de retour d’une certaine foi. Et si au final "le phénomène Fauve", décortiqué façon papillon jusque dans les pages "Evénement" de Libération – assorti d'une courte critique écrite «du bout des doigts» – cloué aussi, au mur, au pilori, par bien d’autres - y compris dans les pages du même Libération par l’inénarrable "Bourre-paf" de Garrigos et Roberts -, parodié, moqué – bien maigre rançon de la gloire à vrai dire – connaissait la pire d

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Nuits de Fourvière 2014 - La programmation

CONNAITRE | 65 spectacles, 170 levers de rideau, des rendez-vous au TNG, à Gadagne ou à la Maison de la danse : les Nuits de Fourvière s'annoncent plus foisonnantes que jamais. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 13 mars 2014

Nuits de Fourvière 2014 - La programmation

L'an passé, nous saluions le starpower de la soixante-huitième édition des Nuits de Fourvière. Maintenant que nous connaissons la teneur de la soixante-neuvième, nous voilà contraints de revoir notre jugement à la baisse : en termes d'éclat et de densité, la programmation de 2014 est à celle de 2013 ce que la Grande Nébuleuse d’Andromède est à la Voie Lactée. Le principal artisan de ce saut hyperspatial qualitatif n'est autre que Richard Robert, transfuge des Inrockuptibles qui semble avoir avoir définitivement trouvé ses marques de conseiller artistique. Impeccablement équilibré entre reconnaissance de phénomènes franco-belges (Phoenix,  Fauve et Stromae), concerts événementiels (un hommage à Robert Wyatt, Benjamin Biolay qui dirigera un orchestre pour sa nouvelle muse, Vanessa Paradis), rappels de la suprématie de la pop d'outre-Manche (le collectif multimédia Breton, Damon Albarn pour son premier album solo, Franz Ferdinand, Miles Kane), passages ob

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Fauve aux Nuits de Fourvière

MUSIQUES | Alors qu'il est en passe de remplir une vingtaine de fois le Bataclan, on apprend que le phénomène Fauve (dont nous avions causé à l'occasion de sa première (...)

Benjamin Mialot | Mardi 4 février 2014

Fauve aux Nuits de Fourvière

Alors qu'il est en passe de remplir une vingtaine de fois le Bataclan, on apprend que le phénomène Fauve (dont nous avions causé à l'occasion de sa première incursion en terres lyonnaises), dont le premier album vient de sortir, se produira aux Nuits de Fourvière dimanche 15 juin. Il rejoint ainsi Etienne Daho, Phoenix, les Pixies et Stromae, premières têtes d'une affiche musicale qui s'annonce colossale.

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La Loi du retour

MUSIQUES | A force de la pratiquer, on le sait, la programmation musicale n’est régie par rien d’autre que les antiques lois de l’éternel retour. Nouvelle année, nouveau printemps, perpétuel recommencement. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Jeudi 2 janvier 2014

La Loi du retour

On peut, en cette période d’Epiphanie généralisée et à la manière de Nietzsche dans le Gai Savoir, voir l’«éternel retour du même» comme une malédiction ou une bénédiction. C’est tout l’enjeu de l’expérience humaine. Pour ce qui nous intéresse ici, gageons qu’il faille prendre le mouvement renouvelé des saisons musicales, la succession des «cycles de manifestation», pourrions nous-dire en tordant un concept si cher à l’essayiste Pacôme Thiellement, comme une chance de (re)vivre des instants essentiels. A ceux pour qui rater un concert équivaut à passer à côté de sa vie, quelle belle saison s’ouvre devant vous après un automne de carême : auriez-vous loupé, en vrac, le lutin démiurgique Woodkid (le 21 février à la Halle), les exorcistes de la «Mauvaise Nouvelle» Fauve («Ne crains rien, car je suis avec toi. (…) Je te fortifie, je viens à ton secours, je te soutiens de ma droite triomphante

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Trouver la voix

MUSIQUES | Si l'on excepte Woodkid et Fauve qui ont fait sauter la banque en quelques heures et ne sont plus à présenter – pour cela il faudrait que leurs fans (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 15 novembre 2013

Trouver la voix

Si l'on excepte Woodkid et Fauve qui ont fait sauter la banque en quelques heures et ne sont plus à présenter – pour cela il faudrait que leurs fans laissent un peu de places aux autres –, Nouvelles Voix est, comme son nom l'indique et avec la même régularité que le Beaujolais Nouveau, voué à la découverte d'artistes en devenir. Le tout étant de savoir où exactement est placé le curseur du "devenir". Pour le reste, Nouvelle Voix étend cette raison sociale à un champ toujours plus élargi d'esthétiques : chanson bien sûr avec Maissiat, Barcella et Sophie Maurin, rock (celui pour enfants de The Wackids et celui qui leur fait peur par Darko), pop(s) (Edward Barrow, Pegase, Puggy) et même country-folk québécois avec Lisa Leblanc, quelque part entre Linda Lemay (non, ne partez pas !) et Mama Rosin. Sans oublier la place laissée à la scène locale avec le duo du bayou jurassien Catfish, les propositions indécentes d'Erotic Market, l'inépuisable catch & shoot de Taïni & Strongs et Victor, le régional de l'étape

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J'aime (pas) la chanson française

MUSIQUES | Au Petit Bulletin nous avons cette réputation, en laquelle nous croyons parfois nous-mêmes, qui veut qu’à l’instar du titre des opus du dessinateur Luz, «[On] n'aime (toujours) pas la chanson française». La preuve que si, un peu. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 19 septembre 2013

J'aime (pas) la chanson française

On a beau eu noircir des Unes sur Françoiz Breut, la révélation Daisy Lambert, faire des ronds de jambes à Emilie Loizeau, Jean-Louis Murat, Benji Biolay, ou même ce drôle d'animal qu'on appelle Fauve – qui revient d'ailleurs déverser sa bile casse-gueule au Festival Nouvelles Voix à Villefranche – rien n'y fait. Une réputation, ça vous colle à la peau comme le pansement du Capitaine Haddock, tout ça parce qu'on n'est pas à fond sur Calogero – et ce n'est pas avec Circus, son opéra pop, que ça va s'arranger – ou que Jean-Jacques Goldman n'est pas notre français préféré. Le truc c’est qu’appréhender la notion de chanson française c’est comme essayer d’attraper un

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Les Queens of the Stone Age à Lyon

MUSIQUES | Attention, événement : Josh Homme et ses Queens of the Stone Age (autrement dit l'un des groupes de rock les plus influents du XXIe siècle) se produiront à (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 14 juin 2013

Les Queens of the Stone Age à Lyon

Attention, événement : Josh Homme et ses Queens of the Stone Age (autrement dit l'un des groupes de rock les plus influents du XXIe siècle) se produiront à la Halle Tony Garnier le 12 novembre prochain. Mise en vente des places le 21 juin - ça c'est de la Fête de la musique - à 10h. Soyez au taquet, il n'y en aura pas pour tout le monde.

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Le beau Blizzard

MUSIQUES | Passé en quelques mois du statut de buzz autogéré à celui de phénomène de foire perpétuellement sold out, le collectif Fauve redéfinit les contours du rock français à coups de spoken word qui se mord la langue. A n'écouter qu'au premier degré. Comprendre : en grelottant dans le "Blizzard", du titre de son premier EP. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 24 mai 2013

Le beau Blizzard

«Toutes choses égales par ailleurs», comme disent les sociologues, Fauve n'est égal à rien, cultive la différence jusqu'à porter le signe "≠" en blason. Quand certains clament «on boit et puis on danse», ici, on vomit d'avoir trop trinqué ; on régurgite des logorrhées dégorgées sans filtre, à ravaler comme telles au risque du dégoût ; on cristallise moins la pensée par le verbe qu'on ne la dynamite pour en ramasser les miettes. Se ramasser soi-même à la petite cuiller pour charrier des tractopelles d'illusions à retrouver. Raviver une lueur d'espoir à laquelle on s'accroche comme à la poignée d'herbe qui nous suspend à la falaise. Les influences sont pourtant là, prégnantes et avouées comme les Pixies, le Wu-Tang, Lou Reed, ou fantomatiques : on ne peut s'empêcher d'entendre là l'écho, c'est le mot, d'une formation de jeunes révoltés qui ne disait pas son nom, The Feelies. Fauve, c'est The Boy with the Perpetual Nervousness au carré.

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Vengeance

ECRANS | Cinéma / Johnnie (To) et Johnny (Hallyday) réunis avec une pléiade de stars de Hong Kong pour un polar au scénario minimaliste mais à la mise en scène flamboyante. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 18 mai 2009

Vengeance

Les derniers films de Johnnie To nous avaient laissés sur notre faim. Depuis Le sommet Election 2, il semblait vivre de projets mineurs, distractions qui rejoignaient les œuvres cosignées avec son associé Wa Ka-Fai. Vengeance, dont l'influence revendiquée est celle de Jean-Pierre Melville, augurait d'un retour aux choses sérieuses. Ce n'est pas le cas, mais ça ne l'empêche pas d'être un fort agréable film mineur. Samouraï amnésique Commençons par la grande faiblesse du film : son scénario minimaliste, d'ailleurs écrit par Ka-Fai, où un restaurateur français, qu'on devine charriant un lourd passé mafieux, débarque à Macao pour venger sa famille dessoudée par une triade chinoise. Étranger dans la ville, il devra faire équipe avec trois gangsters caractérisés avec la patte Johnnie To, et incarné par une bande de stars locales fidèles du cinéaste. C'est à peu près tout, et ce serait un peu maigre si le cinéaste ne déployait une artillerie visuelle absolument somptueuse ; sa manière de filmer Macao comme une mégalopole aux néons irisés et aux perspectives monstrueuses a quelque chose à voir avec le L.A. futuriste

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Métal hurlant

MUSIQUES | Musique / Parfois, entre la positive attitude de Lorie et les «coin-coin» de Brian Placebo, la Halle Tony Garnier se purge un peu les écoutilles en (...)

| Mercredi 13 décembre 2006

Métal hurlant

Musique / Parfois, entre la positive attitude de Lorie et les «coin-coin» de Brian Placebo, la Halle Tony Garnier se purge un peu les écoutilles en programmant du metal. Cette semaine, ce sont les monuments Trust et Tool qui viennent, coup sur coup, rappeler le temps où la Halle résonnait de cris de cochons. En plein n'importe quoi pré-présidentielles, les papys de Trust ont jugé utile de venir rebrailler un bon coup leur Anti-social. Et montrer que 26 ans plus tard, il y a toujours une ou deux raisons de perdre son sang froid. Mais si l'énergie et les convictions sont toujours là, les motivations ont changé : moins de coups de pompe dans le cul de la maréchaussée, davantage d'incitation au vote (tout le monde vieillit). Leur live, Soulagez-vous dans les urnes, s'il sonne parfois comme du Johnny, n'en agite pas moins la menace du Sarkoland, une sorte de Disneyland où le petit Nicolas serait à la fois un Mickey et complètement Dingo. Dans un autre genre, Tool a contribué depuis 1990 à polir le metal. Une touche de rock progressif à la King Crimson, un doigt (devinez lequel) de Pearl Jam, il n'en faut pas plus à Maynard James Kennan & Co pour scotcher des wagons de fans à leur metal

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