Les noces rebelles

Benjamin Mialot | Mardi 14 octobre 2014

«Aussi sûr que le fils du pauvre n'épousera pas la jeune bourgeoise» s'égosillait la semaine dernière Justin(e) sur la scène de La Marquise. N'en déplaise à nos chouchous du punk à crampons, de tels mariages de déraison ne sont pas nécessairement voués à l'échec. Ainsi de celui de Sole et DJ Pain 1. Le premier, MC au flow de lanceur d'alerte (i.e. professoral et hargneux) et à la discographie aussi tentaculaire et fuyante que le label.anticon, dont il fut l'un des huit fondateurs, est depuis le milieu des années 90 l'une des icônes du hip hop indépendant. Le second est un DJ et producteur au toucher de Midas, dont ont bénéficié aussi bien des cliques à la street credibility établie (Public Enemy) que des solitaires aux dents qui rayent le trottoir (50 Cent). Sur le papier, nonobstant le passif pour le moins aventureux de Sole – le souvenir de son Skyrider Band suffit à nous électrifier les cheveux – rien ne laissait donc présager que ces deux-là se passeraient la chevalière au doigt. Et pourtant, c'est l'été dernier que leur union fut consommée. Ou plutôt consumée. Car sous leurs airs de compromis, l'album et l'EP dont le duo a accouché sont de vrais disques de rap forward-thinking, impitoyables dans leurs propos (Fuck Google et son clip façon keynote, l'explicite Hey Liberals) et capricieux dans leur forme (des étincelles trap sur le parodique Baghdad Shake, des flambées de guitare pour l'apocalyptique Old Gods Are Dead), qui trouveront leur place sur les tables de chevet des fans de Sage Francis et Rage Against the Machine. Et de Sole donc, qui porte ici la culotte aussi bien que le keffieh.

Benjamin Mialot

Sole & DJ Pain 1 [+ Ancient Mith + Blindspot]
Au Périscope, mardi 28 octobre


Sole & DJ Pain 1 + Ancient Mith + Blindspot

Hip hop
Le Périscope 13 rue Delandine Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Le Cirque du Soleil annule toutes ses représentations de "Kooza"

Covid-19 | Le Cirque du Soleil vient d'annoncer l'annulation de l'intégralité des représentations de Kooza qui devaient se tenir au Parc OL du 19 mars au 26 avril (...)

Sébastien Broquet | Mardi 10 mars 2020

Le Cirque du Soleil annule toutes ses représentations de

Le Cirque du Soleil vient d'annoncer l'annulation de l'intégralité des représentations de Kooza qui devaient se tenir au Parc OL du 19 mars au 26 avril 2020. Le communiqué précise que « menant des opérations partout dans le monde, le Groupe Cirque du Soleil met régulièrement à jour ses procédures et applique des mesures spécifiques à chaque région du monde et à chaque projet. Bien que cette situation résulte de circonstances indépendantes de sa volonté, le Cirque du Soleil s'excuse de tout inconvénient que cette annulation pourrait causer. L’équipe de planification des tournées du Cirque du Soleil travaille dès lors à l’élaboration de la prochaine visite d’un de nos Grands Chapiteaux à Lyon. » Tous les billets seront remboursés. Le service clientèle peut être contacté au 00 800 1 548 0000.

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"Soleil vert" à l'Institut Lumière

Reprise | Année après année, le caractère dystopique de Soleil vert (1973) tend à s’éroder. En dépeignant une planète surcuite par un réchauffement climatique consécutif à l’activité (...)

Vincent Raymond | Mardi 7 janvier 2020

Année après année, le caractère dystopique de Soleil vert (1973) tend à s’éroder. En dépeignant une planète surcuite par un réchauffement climatique consécutif à l’activité industrielle, à la surpopulation, à l’épuisement des ressources, Richard Fleischer avait, hélas, extrapolé juste. Pour le reste (la question de l’asservissement des êtres humains et de leur alimentation), en est-on si éloigné ? Son film est en tout cas un immense classique à (re)voir, ne serait-ce que pour son ouverture, à méditer… Soleil vert À l’Institut Lumière ​le mercredi 8 janvier

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Toubib or not toubib ? : "Docteur ?"

Comédie | Seul SOS Médecin en service à Paris la nuit de Noël, l’aigri Serge est lui-même si peu vaillant qu’il convainc Malek, un livreur à vélo croisé par hasard, de le remplacer dans ses consultations. Pas de panique : Serge lui dira quoi faire dans l’oreillette. Hélas, Malek est capable de zèle et d’impro…

Vincent Raymond | Mardi 10 décembre 2019

Toubib or not toubib ? :

Tristan Séguéla n’est pas un débutant dans la comédie, mais il signe là sa première réussite avec ce buddy movie porté à égalité par Michel Blanc et Hakim Jemili : aucun des deux comédiens ne tirant à lui la couverture (de survie). Si l’on sourit d’entrée face au générique illisible griffonné comme une ordonnance, si l’on s’amuse franchement face au défilé des patients et à la liste hétéroclite des symptômes qu’ils présentent, on réprime un peu ses zygomatiques lorsque l’on découvre que l’auteur s’est nourri d’anecdotes authentiques. Comme souvent, le réel dépasse la fiction. La farce se fait alors plus troublante : en consentant à y prêter attention, cette nuit de garde agitée dessine en creux une cartographie humaine et sociale d’une grande ville d’aujourd’hui (avec ses classes bien déterminées, bien démarquées) et de la souffrance ordinaire. Une souffrance partagée par des praticiens en sous-effectif dont on comprend aisément qu’ils en viennent à sombrer, à l’instar de Serge, dans la dépression et l’alcool. Ryt

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Le Cirque du Soleil s'installe au Parc OL

Cirque | Aux pieds du Parc OL de Décines, le Cirque du Soleil va planter son chapiteau du 19 mars au 13 avril 2020. Le plus célèbre nouveau cirque au monde présente (...)

Nadja Pobel | Mardi 22 octobre 2019

Le Cirque du Soleil s'installe au Parc OL

Aux pieds du Parc OL de Décines, le Cirque du Soleil va planter son chapiteau du 19 mars au 13 avril 2020. Le plus célèbre nouveau cirque au monde présente Kooza, un show avec des circassiens et acrobates hors pairs comme dans toutes les productions de la compagnie montréalaise. Mais certainement aussi avec déferlement de couleurs et éclats de lumière dans tous les sens. On ira vérifier s'il reste un brin d'âme. Tarifs : de 36€ à 239€

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Baptiste W. Hamon : « changer pour ne pas rouiller »

Chanson country | Artisan d'une country marquée par l'Americana, chantée dans la langue de Barbara, Baptiste W. Hamon s'en écarte pourtant sur le très beau Soleil, Soleil Bleu, ouvert à d'autres sonorités. Il s'en explique avant son passage à À Thou bout d'chant.

Stéphane Duchêne | Mardi 1 octobre 2019

Baptiste W. Hamon : « changer pour ne pas rouiller »

À l'écoute de tes disques, il semble que tu aies grandi avec dans une oreille une radio branchée sur la chanson française à l'ancienne et dans l'autre une platine vinyle diffusant de la country... Baptiste W. Hamon : Il y a un peu de ça, en effet. J'ai commencé à écouter du folk et de la country à 17-18 ans : Johnny Cash, Townes Van Zandt, John Prine. Je découvrais un monde qui me fascinait, des poètes extraodinaires. J'ai longtemps trouvé ringarde la vieille chanson française qu'écoutaient mes parents, jusqu'à me rendre compte que l'équivalent d'un Van Zandt ou d'un John Prine en France dans les années 60-70 c'était peut-être Barbara, Moustaki ou Reggiani. Ç'a été quelque chose de très libérateur, parce qu'écrivant alors en anglais, j'étais frustré par les limites que m'imposait une langue qui n'était pas la mienne, de ne pas pouvoir pousser le texte au plus loin. Grâce à eux j'ai pu commencer à m'exprimer vraiment. Sur Soleil, Soleil Bleu, ton deuxième album, tu sembles néanmoins t'écarter

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Moteur, ça tourne ! : "J'veux du soleil"

Ciné-Tract | De François Ruffin & Gilles Perret (Fr, 1h16) avec des gilets jaunes

Vincent Raymond | Mardi 2 avril 2019

Moteur, ça tourne ! :

Peu après le 1er Acte du mouvement des gilets jaunes, le cinéaste Gilles Perret et le député de La France Insoumise François Ruffin sont partis à la rencontre des manifestants occupant les ronds-points afin d’écouter leurs histoires personnelles et de collecter leurs revendications collectives… Tels des héros d’un road-buddy-movie militant, Gilles et François sillonnent donc l’Hexagone du nord au sud dans la voiture du second — on serait taquin, on leur rappellerait que d’un point de vue géographique, ils auraient eu plus de chance d’avoir le soleil tant désiré en ligne de mire en suivant un axe est-ouest. Rythmé par des chansons nostalgiques et désuètes — quand elles ne prennent pas un tour ironique (Nationale 7, Douce France… ) —, entrecoupé d’un florilège de la morgue verbale d’Emmanuel Macron à l’endroit du peuple, ce cahier de doléances audiovisuel contient des témoignages aussi concrets que poignants donnant des visages et des corps à la crise, à la misère, à la désertification rurale, à la désespérance ordinaire. De ce

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Villefranche, 5C, Point du Jour : leurs têtes tournent

Changements | Des directrices arrivent, le Point du Jour est prêt pour sa transition. Détails.

Nadja Pobel | Lundi 10 septembre 2018

Villefranche, 5C, Point du Jour : leurs têtes tournent

Point du Jour en suspension Gwenaël Morin a rendu les clés le 15 août du Théâtre du Point du Jour, cinq ans et demi après son arrivée. Son théâtre permanent aura été une expérience en décalage complet avec la profusion et le zapping pratiqués ailleurs mais a touché ses limites. En dépit des invitations faites au Collectif X, Philippe Quesne, Nathalie Béasse et Yves-Noël Genod, ce lieu a perdu une partie de son public et n'accueillait pas d'autres artistes que ceux cités. Cette saison, les Célestins y programment huit des neuf spectacles initialement destinés à la Célestine, inondée lors des crues de décembre dernier (une navette par car est mise à disposition des spectateurs chaque jour de représentation). Début janvier, une équipe artistique sera en place pour qu'une nouvelle saison émerge à la rentrée 2019. Parmi les candidats, figure Julien Poncet (Comédie Odéon) associé à Emmanuel Meirieu.

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Amélie Casasole : « je vais amener plus d'art du mouvement »

Théâtre de Villefranche | À 43 ans, et après avoir dirigé l'Atrium de Tassin, Amélie Casasole vient tout juste de prendre ses fonctions à la tête du Théâtre de Villefranche, dont Alain Moreau a fait depuis 1992 un lieu culturel majeur de la région. Comment envisage-t-elle cette nouvelle ère ? Réponses.

Nadja Pobel | Mardi 30 janvier 2018

Amélie Casasole : « je vais amener plus d'art du mouvement »

Sur quels critères êtes-vous sortie gagnante des 56 candidatures ? Amélie Casasole : Je suis allée sur le terrain. Un projet culturel ne se décrète pas. Ce qui m’intéresse, au-delà du Théâtre de Villefranche que je connaissais bien pour y avoir été spectatrice chaque saison, c'est comment articuler ce projet au territoire. J'ai rencontré énormément de gens : les associations culturelles, les services de la ville (jeunesse, archives...). Je me suis intéressée à la manière dont les gens vivaient à Villefranche et dans l'agglomération. Il ne faut pas regarder que du côté de la programmation et de la diffusion. C'est un théâtre pluridisciplinaire avec chanson, danse, théâtre (parfois international, comme avec Ostermeier l'an dernier). Va-t-il le rester ? Oui, c'est ce qui fait la spécificité de ce théâtre et qu'il est bien identifié. Il n'y aura pas de changement pour le festival Nouvelles Voix car il fonctionne très bien et ça permet d'avoir un public de jeunes qui revient après. Par petites touches, je vais amener un peu plus d'art du mouvement (cirque, magie nouvelle...), des spectacles en

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À l’ombre du deuil : "Soleil battant"

ECRANS | de Clara & Laura Laperrousaz (Fr, 1h35) avec Ana Girardot, Clément Roussier, Agathe Bonitzer…

Vincent Raymond | Mardi 12 décembre 2017

À l’ombre du deuil :

Un couple et ses deux petites jumelles arrive dans sa résidence au Portugal pour un séjour estival. Très vite, des tensions apparaissent entre les parents et le spectre d’un drame ressurgit : quelques années plus tôt, leur fille aînée a été victime d’un accident fatal en ces lieux… Au vu de l’argument et de la dédicace finale, on devine que les sœurs cinéastes ont puisé dans une histoire vraisemblablement très proche de la leur pour composer ce long-métrage entrant de surcroît en étroite résonance avec un court précédent, Retenir les ciels (2013). Nul ne les blâmera d’user de l’art, en l’occurrence du cinéma, comme d’un médium cathartique. Esthétique, l’image l’est assurément : les plans à la composition picturale tirent parti des paysages, du moindre crépuscule rougeoyant, des nuits profondes. Quant au soleil du titre, s’il ne fait pas forcément ressentir sa morsure brûlante, ses effets sur les corps et les nerfs sont palpables : les gamines infusent dans un mélange de torpeur, d’éclats de voix et de silences. Elles ne sont pas longues a découvrir le se

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Amélie Casasole à la tête du Théâtre de Villefranche

Depêche | Amélie Casasole a été nommée ce mois-ci directrice du Théâtre de Villefranche-sur-Saône. À 42 ans, elle a été choisie parmi 56 candidats pour poursuivre la (...)

Nadja Pobel | Jeudi 19 octobre 2017

Amélie Casasole à la tête du Théâtre de Villefranche

Amélie Casasole a été nommée ce mois-ci directrice du Théâtre de Villefranche-sur-Saône. À 42 ans, elle a été choisie parmi 56 candidats pour poursuivre la programmation exigeante et pluridisciplinaire menée par Alain Moreau depuis 1992. Elle a notamment été durant sept années à la tête du Théâtre de l’Atrium à Tassin-la-Demi-Lune et prendra ses fonctions début 2018. Le festival Nouvelles Voix restera un des temps forts des saisons à venir.

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Variable à orageux : "Un beau soleil intérieur" de Claire Denis

ECRANS | de Claire Denis (Fr, 1h34) avec Juliette Binoche, Xavier Beauvois, Philippe Katerine…

Vincent Raymond | Mardi 26 septembre 2017

Variable à orageux :

Isabelle, parisienne à la quarantaine flamboyante, traverse une mauvaise passe sentimentalement parlant. Les hommes ne manquent pourtant pas dans sa vie : un amant balourd, son ex mesquin, un jeune comédien qui boit trop, un voisin fantasque. Mais aucun ne ranime sa petite flamme… Tout musicien qui se respecte éprouve, en présence d’un stradivarius, la nécessité de le faire vibrer entre ses doigts. Juliette Binoche est de ce bois dont les instruments d’exception sont faits : une source d’inspiration, de vie et de naturel à même de sauver bien des scripts défaillants ; un sauf-conduit pour film sans centre de gravité. Un beau soleil intérieur ne tient que sur (et grâce à) elle : Claire Denis se contente de la filmer dans tous ses états (une aubaine), chopant forcément des instants magiques de vérité au milieu d’un océan de pas grand chose. C’est moins ouvragé que lorsque Sautet façonnait du sur-mesure pour Romy Schneider. Le pompon du WTF revient au face-à-face final avec Depardieu jo

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"Orpheline" : critique et entretien avec Arnaud des Pallières

ECRANS | De l’enfance à l’âge adulte, le portrait chinois d’une femme jamais identique et cependant toujours la même, d’un traumatisme initial à un déchirement volontaire. Une œuvre d’amour, de vengeance et d’injustices servie par un quatuor de comédiennes renversantes.

Vincent Raymond | Mardi 28 mars 2017

Enseignante et enceinte, Renée reçoit la visite surprise dans sa classe de la belle Tara, fantôme d’autrefois. Peu après, la police l’arrête, dévoilant devant son époux médusé sa réelle identité, Sandra. Elle qui avait voulu oublier son passé, se le reprend en pleine face : sa jeunesse délinquante, son adolescence perturbée, jusqu’à un drame fondateur. Comme vivre après ça ? Il faut rendre grâce à Arnaud des Pallières d’avoir osé confier à trois actrices aux physionomies différentes le soin d’incarner les avatars successifs d’un unique personnage. Ce parti-pris n’a rien d’un gadget publicitaire ni d’une coquetterie, puisqu’il sert pleinement un propos narratif : montrer qu’une existence est un fil discontinu, obtenu par la réalisation de plusieurs “moi” juxtaposés. À chaque étape, chaque métamorphose en somme, Kiki-Karine-Sandra abandonne un peu d’elle-même, une exuvie la rendant orpheline de son identité passée et l’obligeant à accomplir le deuil de sa propre personne pour évoluer, grandir, s’améliorer. Ce qui n’est pas le cas de son vénéneux génie, l’immarcescible Tara, qui revêt les traits de Gemma Arterton. Brelan de dam

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La discrète house fondatrice d'Isolée

Clubbing | L'homme derrière Beau Mot Plage et instigateur de la micro house fait une halte par la péniche Bellona.

Sébastien Broquet | Mardi 29 novembre 2016

La discrète house fondatrice d'Isolée

Ce gars est clairement pour beaucoup le compositeur d'un seul titre, ce fameux Beau Mot Plage aux glorieux arpèges qui berça tellement de dancefloors les années suivant sa parution en 1998, symbolisant le début du passage de relais entre la french touch et la scène allemande qui allait dominer la décennie suivante. De la house filtrée nourrie au disco, l'on passait ainsi à la micro house, ce genre popularisé par quelques labels comme Perlon et Playhouse (revenu dans l'air du temps ces derniers mois), avant la grande vague minimale. Mais l'influence de Rajko Müller, alias Isolée (oui, il est francophile depuis son passage dans une école française en Algérie où il a grandi, d'ailleurs le titre de son morceau phare pourrait venir de la plage de Bomo, à Oran) ne se limite pas à ce seul morceau emblématique initialement paru sur l'excellent et suscité label Playhouse (qui signa aussi Villalobos ou Losoul), qu'il quitta quelques années plus tard pour celui fondé par DJ Koze, Pampa Records. En trois albums (Rest en 2000, We Are Monster

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Gaspar Claus : « Ce sont deux mondes qui rentrent en collision »

Flamenco | Après Barlande, Gaspar Claus et son père, Pedro Soler, sont de nouveau réunis sur Al Viento. Avec dix cordes seulement, une guitare et un violoncelle, ils réinventent le flamenco et tentent de l'offrir au plus grand nombre. Inépuisable explorateur musical, Gaspar Claus se livre sur ce projet et sa permanente volonté de décloisonnement des genres.

Gabriel Cnudde | Lundi 31 octobre 2016

Gaspar Claus : « Ce sont deux mondes qui rentrent en collision »

Après Barlande en 2011, tu retrouves ton père pour ce nouvel album, Al Viento. Gaspar Claus : L'année dernière, on parlait d'un second album. Après Barlande on a fait beaucoup de concerts. L'envie semblait être présente du côté de la maison de disque. Pedro m'a dit : « tu parles tout le temps d'un deuxième album. Il faudrait qu'on arrête d'en parler, qu'on se pose et qu'on l'écrive. » Mais en réalité, après Barlande on avait déjà commencé à créer de nouveaux morceaux. On avait déjà la matière pour faire ce second album. Il était presque prêt. C'est une écriture en permanence. Peut-être que d'ici quatre ans et sans l'avoir voulu, on aura un nouveau répertoire. On entend dire que ton père a un style "archaïque" alors que tu es souvent qualifié d'explorateur musical. C'est une vision que vous partagez ? Tout dépend de ce qu'on entend par archaïque. L'archaïsme de Pedro rejoint une extrême modernité. Il est dans une épure, dans une recherche de la qualité du son. Ce sont des points de concentration qui sont très présents dans les musiques modernes ou d'avant-garde.

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Teaser : Notre concert Petit Bulletin Live du 9 Novembre 2016

MUSIQUES | Pedro Soler & Gaspar Claus au Temple Lanterne le 09/11/2016 Dialogue empreint de finesse entre un père et son garçon, noué autour du flamenco, la (...)

Sébastien Broquet | Jeudi 20 octobre 2016

Teaser : Notre concert Petit Bulletin Live du 9 Novembre 2016

Pedro Soler & Gaspar Claus au Temple Lanterne le 09/11/2016 Dialogue empreint de finesse entre un père et son garçon, noué autour du flamenco, la rencontre musicale entre le guitariste Pedro Soler et son fils le violoncelliste Gaspar Claus tisse avec subtilité et virtuosité des liens entre l’Andalousie et les musiques improvisées : un voyage onirique, pur moment de joie nomade. Toutes les informations sur notre site Petit Bulletin Live

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Pedro Soler & Gaspar Claus, flamenco imaginaire

PB Live | Et débute une nouvelle saison de PB Live, ces concerts que Le Petit Bulletin organise en compagnie de Rain Dog Production en des lieux atypiques de la ville, avec des artistes pas communs ni connus : première salve avec Pedro Soler & Gaspar Claus.

Sébastien Broquet | Mardi 20 septembre 2016

Pedro Soler & Gaspar Claus, flamenco imaginaire

C'est une histoire de filiation, un conte de transmission, un récit de passation. L'on y croise des cordes, celles d'une guitare ibérique, légères, mélancoliques mais joyeuses ; et celles plus sombres, plus matures, solennelles d'un violoncelle. Pourtant, la jeunesse enjouée vient du père : Pedro Soler, renommé gratteur de six cordes pour quelques belles pointures du flamenco, estampillé maître du genre depuis près de cinquante printemps, disciple de Pepe de Badajoz. Et le fils, Gaspar Claus, la trentaine, est le chaleureux possesseur de ce violoncelle qu'il balade dans le monde des musiques improvisées (Jim O'Rourke, Keiji Haino, ce genre), là où les chemins de traverse sont légion mais où un seul ne menait pas à Rome mais le ramenait vers l'Andalousie natale : le flamenco. Tous deux se sont acoquinés pour imaginer des moments de douce magie au départ totalement improvisés dans un studio de New York : ce fut l'album Barlande, en 2011. Le père et le fils sont de retour avec Al Viento, nouveau sommet d'un genre que l'on aura du mal à définir mais qui puise, encore, aux racines flamenco, pour mieux instaurer l

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Pedro Soler & Gaspar Claus pour ouvrir la prochaine saison

PB Live | Dialogue empreint de finesse entre un père et son garçon, noué autour du flamenco, la rencontre musicale entre le guitariste Pedro Soler et son fils le (...)

Sébastien Broquet | Mercredi 18 mai 2016

Pedro Soler & Gaspar Claus pour ouvrir la prochaine saison

Dialogue empreint de finesse entre un père et son garçon, noué autour du flamenco, la rencontre musicale entre le guitariste Pedro Soler et son fils le violoncelliste Gaspar Claus tisse avec subtilité et virtuosité des liens entre l’Andalousie et les musiques improvisées : un voyage onirique, pur moment de joie nomade que l'on pourra savourer en PB Live la saison prochaine. Ce sera le mercredi 9 novembre, dans un cadre soigné : le Temple Lanterne, dans le 1er arrondissement. Les deux protégés du label Infiné (Bachar Mal-Khalifé, Rone, Clara Moto...) trouveront là un écrin à leur juste mesure pour dévoiler les merveilles de leur dernier album récemment paru, Al Viento, poursuivant ces échanges de cordes familiaux entamés dès 2011 avec Barlande, à l'initiative du fils, alors enregistré à New York.

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Mode d'Emploi 2015 : déboussolant Mathias Énard

CONNAITRE | En 2008, cinq ans après ses débuts littéraires (La Perfection du crime), Mathias Énard avait frappé fort et dur le monde des Lettres avec Zone, un exercice de (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 17 novembre 2015

Mode d'Emploi 2015 : déboussolant Mathias Énard

En 2008, cinq ans après ses débuts littéraires (La Perfection du crime), Mathias Énard avait frappé fort et dur le monde des Lettres avec Zone, un exercice de style tenant en une phrase longue de 500 pages. L'érudition et la maîtrise du jeune écrivain qui parle perse et arabe sont déjà vertigineuses et si ses livres sont opaques, inégaux en épaisseur comme en qualité, ils font parler et ramassent les prix comme des attrape-poussière. Le voilà pour Boussole, son dernier roman, couronné du Goncourt – ce qui fait instantanément de lui la vedette de cette édition de Mode d'Emploi. Cette érudition a transparu jusque dans les commentaires de jurés du Goncourt, reconnaissant avoir été déboussolés par le livre et n'y avoir pas tout compris – il faut, comme le personnage principal du roman, Franz, être musicologue mais aussi germanophile et incollable sur l'Orient pour s'y retrouver. Mais Boussole est bien plus qu'un roman que l'on trouve génial parce qu'il nous met face à nos lacunes – le génie attribué au bénéfice du doute en quelque sorte. Car ce prix vient notamment couronner, et c'est heureux, un courant passionnant : celui d'u

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Aux Invites, l'art fait le trottoir

CONNAITRE | Fidèles à leur ethos d'ouverture au monde et de revalorisation de la notion de citoyenneté, Les Invites fêtent l'arrivée officielle des beaux jours avec quatre jours de déambulations tragi-comiques. Suivez le guide. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 16 juin 2015

Aux Invites, l'art fait le trottoir

Treize ans que Les Invites tordaient le cou aux idées reçues sur les artistes de rue et/ou engagés – des zonards qui creusent le trou de l'intermittence, en gros. Et soudain, patatras : les mains sont moites, les réflexes peut-être émoussés, on lâche prise et on se retrouve avec un concert du Collectif 13, "super" groupe de chanson pas contente et néanmoins décontractée du dreadlock où émargent des mecs de La Rue Ketanou, de Massilia Sound System, de Tryo... Le reste de la programmation musicale de cette quatorzième édition, bien qu'il ne renoue pas avec l'exubérance des têtes d'affiche de ces dernières années (Jean-Louis Murat et son orchestre, Har Mar Superstar, SKIP&DIE, La Femme, Rachid Taha...), propose une approche heureusement beaucoup plus authentique et subtile de l'altérité culturelle. Chercheurs d'or black (l'éclectique radio host Gilles Peterson, pour un Black Atlantic Club hors les murs qui devrait faire date, les ethnomusicologues du label francfortois Analog Africa, le baroudeur de longue date DJ Oil), bluesmen passés maîtres dans l'art du désensablement d'esgourde (le qua

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Hors Cadre : l’écrit, l’écran et l’écrin

CONNAITRE | Chaque année, Hors Cadre — qui se déroulera du 3 au 5 avril au cinéma Gérard Philipe de Vénissieux — célèbre les noces de la littérature et du cinéma, que ce soit à (...)

Christophe Chabert | Mardi 31 mars 2015

Hors Cadre : l’écrit, l’écran et l’écrin

Chaque année, Hors Cadre — qui se déroulera du 3 au 5 avril au cinéma Gérard Philipe de Vénissieux — célèbre les noces de la littérature et du cinéma, que ce soit à travers des adaptations ou des évocations de romanciers, poètes et dramaturges. Cette édition 2015 débutera par l’avant-première de L’Astragale de Brigitte Sy tiré du roman d’Albertine Sarrazin, et se poursuivra avec celle de Pourquoi j’ai pas mangé mon père, le long et coûteux projet en motion capture de Jamel Debbouze, mais aussi par les reprises d’Anton Tchekhov 1890 de René Féret et du Pasolini d’Abel Ferrara — tous deux plutôt décevants. La soirée la plus excitante reste celle consacrée à Pierre Soletti, poète en résidence actuellement à Vénissieux, à qui est offerte une carte blanche où il lira des extraits des Rois ambulants d’Yves Martin, ode au cinéma pornographique, et où il présentera Laura, maître film d’Otto Preminger et écrin sublime pour Gene Tierney, fantô

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Modification horaires "Tonnerre" au Comœdia

ECRANS | Suite à une erreur de communication, les horaires du film Tonnerre, programmé au Comœdia, sont partiellement faux dans notre édition papier de cette (...)

Nadja Pobel | Lundi 3 février 2014

Modification horaires

Suite à une erreur de communication, les horaires du film Tonnerre, programmé au Comœdia, sont partiellement faux dans notre édition papier de cette semaine. Une séance à 21h20 a été ajoutée jeudi 30 et vendredi 31 janvier, ainsi que samedi 1er et mardi 4 février. En résumé, voici la programmation de Tonnerre de Guillaume Brac pour la semaine du 29 janvier au 4 février 2014 au Comœdia :   Mer, jeu, ven, sam, mar : 14h00 / 18h00 / 21h20 Dim : 14h00 / 16h00 Lun : 14h00 / 18h00 / 20h00 / 22h00

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Tonnerre

ECRANS | De Guillaume Brac (Fr, 1h40) avec Vincent Macaigne, Solène Rigot, Bernard Menez…

Christophe Chabert | Mercredi 22 janvier 2014

Tonnerre

Un rocker dépressif retourne vivre chez son père à Tonnerre, petite ville de l’Yonne connue surtout pour son vin, et y tombe amoureux d’une jeune journaliste locale, d’abord séduite, puis fuyante… Guillaume Brac, qui avait moissonné les prix avec son moyen métrage Un monde sans femmes, passe au long sans vraiment convaincre. L’idée de renouveler le boy meets girl hexagonal par le traitement quasi-documentaire d’un environnement familier à l’auteur ne crée aucune vérité à l’écran, mais souligne surtout la gaucherie, certes sympathique, des comédiens professionnels — Macaigne et Menez, dont le lien de parenté saute aux yeux, techniquement parlant. Plus l’histoire avance, plus Tonnerre ronronne dans une esthétique de téléfilm France 3 Région assez morne, où la grisaille tient lieu d’humeur monotone. Symptomatique des premiers films français, cette peur d’empoigner la matière cinématographique pour se réfugier prudemment derrière des idées depuis longtemps éculées n’est bousculée que par un dernier tiers qui s’aventure timidement sur la piste du mélodrame criminel, et plus encore par la présence, charnelle, intrigante et émouvante de Solène Rigot.

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Lulu femme nue

ECRANS | De Solveig Anspach (Fr, 1h27) avec Karin Viard, Bouli Lanners, Claude Gensac…

Christophe Chabert | Mercredi 15 janvier 2014

Lulu femme nue

Signe des temps : après Elle s’en va, voici un nouveau portrait de femme qui choisit la rupture sociale, l’errance et l’aventure au confort étouffant de sa vie bourgeoise. Là où Bercot se fourvoyait dans une vague et embarrassante pulsion ethnologique, Solveig Anspach choisit au contraire la fantaisie comique pour montrer comment Lulu se "dénude" socialement, réapprend l’amour physique puis la compassion envers autrui. La première moitié, où elle batifole avec un ancien repris de justice à qui ses deux frères un peu tarés collent en permanence aux basques, fait preuve d’un sens du croquis burlesque sans doute hérité de la BD originale. Le tandem Karin Viard / Bouli Lanners fonctionne à la perfection, et la mise en scène, qui utilise avec intelligence l’écran large pour donner de l’air aux situations, prend à revers le bâclage en vigueur dans la comédie française. La deuxième partie, autour de la vieille dame interprétée par Claude Gensac, est moins convaincante, plus attendue et moins farfelue, mais le film a pour lui sa concision et

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Classique chic

ECRANS | Le cinéma de patrimoine, par-delà le festival Lumière, va-t-il devenir le prochain enjeu de l’exploitation lyonnaise ? En attendant d’aller voir de plus près ce qui se passe en la matière, revue des classiques à l’affiche dans les mois à venir et focus sur l’intégrale Desplechin proposée au Cinéma Lumière en septembre. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 23 août 2013

Classique chic

Le succès du festival Lumière aurait-il aiguisé les appétits ? Toujours est-il qu’il semble désormais certain que l’exploitation lyonnaise, saturée de multiplexes et peinant à trouver une solution à ce qu’il faut bien appeler le "blocage Moravioff", qui laisse les CNP dans une situation de précarité extrême, empêchant ainsi une exploitation décente pour l’ensemble du cinéma d’art et essai, regarde de près ce qui se passe sur le terrain du cinéma de patrimoine. UGC Ciné Cité Confluence et le Comoedia ont développé tout l’été une politique de programmation de classiques — parfois incongrus du côté de chez UGC, comme Trois femmes de Robert Altman — et Plein soleil a eu droit à une exposition sur les écrans comme on n’en avait pas vu depuis longtemps pour un film tourné il y a près de soixante ans ! L’Institut Lumière et Thierry Frémaux n’ont jamais caché leur envie de donner un petit frère à leur cinéma Lumière de la rue du Premier film, d’autres circuits s

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Delon, de l’ombre au Plein soleil

ECRANS | Séquence émotion au cours du dernier festival de Cannes : en séance de clôture de Cannes Classics, Alain Delon vient présenter la version restaurée de Plein Soleil (...)

Christophe Chabert | Jeudi 4 juillet 2013

Delon, de l’ombre au Plein soleil

Séquence émotion au cours du dernier festival de Cannes : en séance de clôture de Cannes Classics, Alain Delon vient présenter la version restaurée de Plein Soleil — à redécouvrir cette semaine au Comœdia. On s’attend à voir l’éternel délire mégalo de l’acteur prendre toute la place mais, surprise, le voici au bord des larmes, submergé par l’émotion, évoquant René Clément comme celui sans qui sa carrière n’aurait pas été celle qu’elle est. En effet, Clément est celui qui a fait de Delon une star, le faisant basculer de son statut de second rôle dans des films populaires à celui de comédien majeur dont le magnétisme noir aspire tout sur son passage. De plus, Plein soleil inscrit à même son intrigue ce passage de l’ombre à la lumière. Delon y est Tom Ripley, mais dans les premières séquences, Tom Ripley n’est pas grand chose. Juste un petit escroc que l’on paie 5000 dollars pour convaincre Philippe, un riche héritier, de cesser sa vie de playboy sous le soleil italien pour revenir dans ses pénates familiales. Ripley fait ce qu’il peut pour accomplir sa mission, mais il est renvoyé dans les

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Luxure à Rome

SCENES | Attention OVNI. Il faut bien le reconnaître, ce que proposent les membres de la troupe Soleluna à la tête de l'Étoile Royale depuis 2006 est assez insolite (...)

Nadja Pobel | Lundi 18 février 2013

Luxure à Rome

Attention OVNI. Il faut bien le reconnaître, ce que proposent les membres de la troupe Soleluna à la tête de l'Étoile Royale depuis 2006 est assez insolite dans le paysage théâtral : du cabaret. De ce genre codé, ils font de très bons spectacles, éminemment rodés. C'était déjà le cas avec Besame Macho. Avec Orgie romaine (programmé jusq'au 24 février puis en mars), ils font de nouveau appel au dramaturge Michel Heim, pape de la comédie musicale gay friendly parisienne qui, cette fois-ci, leur a écrit un texte sur mesure. Néron fait revenir à Rome Britannicus, non pour lui piquer sa Junie de concubine mais pour lui déclarer son amour. Junie, de son côté, tombe amoureuse de la mère de Néron, Agrippine, elle-même entichée d'un esclave affranchi. Ce scénario croisé et recroisé est interprété avec vigueur et rigueur. Les parodies de tubes (empruntés à Souchon, Trénet, Bécaud, France Gall...) s'enchaînent à un rythme éffrené. Et ce n'est pas parce que le sujet est traité légèrement que le jeu est à l'avenant : le chant comme les déplacements sont plus que soignés, à l'ima

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Podcast / Débat critique sur Luca Monterastelli chez Néon et Paul Raguenes et Iain Baxter & à la BF15

ARTS | Cette table critique revient sur l’actualité de l’art contemporain à Lyon avec l’exposition de Luca Monterastelli.

Dorotée Aznar | Mercredi 20 juin 2012

Podcast / Débat critique sur Luca Monterastelli chez Néon et Paul Raguenes et Iain Baxter & à la BF15

Date de première diffusion:  19 Juin 2012 Emission n°114  Durée: 31’35 minInvités: Françoise Lonardoni, Responsable de l’artothèque de la Part-Dieu et commissaire indépendant; Patricia Creveaux, historienne de l’art et essayiste.Contenu: Cette table critique revient sur l’actualité de l’art contemporain à Lyon avec l’exposition de Luca Monterastelli jusqu’au 27 Juillet chez Néon et celle des artistes Paul Raguenes et Iain Baxyer & à la BF15 jusqu’au 28 Juillet 2012. Chroniques: Mattcoco inspirée par Paul Raguenes évoque le miroir dans Califragilistic; Solenne Livolsi a deux amours pour l’exposition parisienne à la Cité Nationale de l’Immigration. Retrouvez également : le blog des rendez-vous de la création contemporaine  Liens utiles : Le site web de la BF15.

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Podcast / Débat critique sur ‘Tell the children’ à la Salle de Bain et Chiharu Shiota à la Sucrière

ARTS | L’exposition ‘Tell the children’ conçue par l’artiste Francis Baudevin se termine le 9 Juin 2012 à la Salle de bain de Lyon

Dorotée Aznar | Jeudi 24 mai 2012

Podcast / Débat critique sur ‘Tell the children’ à la Salle de Bain et Chiharu Shiota à la Sucrière

Date de première diffusion:  22 Mai 2012 Emission n°110  Durée: 35’00 minInvité: Françoise Lonardoni, Responsable de l’artothèque de la Part-Dieu et commissaire indépendant; Jean-Emmanuel Denave, critique art et culture dans la presse écrite.Contenu: L’exposition ‘Tell the children’ conçue par l’artiste Francis Baudevin se termine le 9 Juin 2012 à la Salle de bain de Lyon; ‘Labyrinth of memories’ de la Japonaise Chiharu Shiota constitue la première exposition de la Sucrière nouvelle formule et dure jusqu’au 31 Juillet 2012. Apportons une parole critique sur ces deux événements. Chroniques: Mattcoco et ses chers bambins nous livrent la deuxième partie de leur expédition au MAC dans l’expo Combas dans Califragilistic; Solenne Livolsi cuisine son Soliloque à la sauce Centre Pompidou-Metz. Retrouvez également : le blog des rendez-vous de la création contemporaine  Liens utiles : 

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Podcast / Entretien avec Gyan Panchal

ARTS | Le sculpteur Gyan Panchal expose jusqu’au 28 Avril 2012 à Lyon dans la vitrine Bikini.

Dorotée Aznar | Mercredi 11 avril 2012

Podcast / Entretien avec Gyan Panchal

Date de première diffusion:  10 Avril 2012Emission n°105 Durée: 31’45 minInvité: Gyan Panchal, artisteContenu: Le sculpteur Gyan Panchal expose jusqu’au 28 Avril 2012 à Lyon dans la vitrine Bikini. Ce lieu d’art, aussi petit dans ses dimensions que grand dans sa programmation, nous propose une nouvelle fois de découvrir un artiste d’envergure. Entretien. Chroniques: Gwilherm Perthuis présente ‘Conversations’ de Manuel Fandat; Solenne Livolsi nous parle du photographe Malgache Pierrot Men. Retrouvez également : le blog des rendez-vous de la création contemporaine  Liens utiles : Le site de la galerie Frank Elbaz, galerie de Gyan Panchal

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Partir en quenelle

GUIDE URBAIN | Cette semaine nous serons Lyonnais jusqu’au bout de la fourchette. Car depuis quand, pour être honnêtes, n’avez-vous pas mangé une vraie quenelle ? Pas n’importe quel boudin farineux et industriel, non, mais une authentique merveille comme on en sert qu’au Café du Soleil ? Allez hop, on révise ses classiques. Stéphanie Lopez

Stéphanie Lopez | Jeudi 5 avril 2012

Partir en quenelle

Un peu d’histoire en entrée. Non seulement parce que le Café Restaurant du Soleil (théâtre de Guignol et de L’armée des ombres) est un lieu historique, mais parce que ses murs datent justement de l’époque où est née la quenelle. Vers 1830, au temps où le brochet abondait dans la Saône, le pâtissier Charles Morateur eut cette idée, fameuse, d’incorporer la chair du poisson dans une pâte à choux. Il inventa ainsi ce qui allait devenir le morceau phare de notre gastronomie. Hélas, depuis, le brochet n’abonde plus ni dans la Saône, ni dans la plupart des quenelles à molle consistance industrielle. Sauf ici. Dans la cuisine ensoleillée de Pascal Bonhomme, on moule encore le vrai cocon à la cuillère, dans une panade héritée de la tradition pâtissière. Surtout, la chair de brochet entre pour 35% dans la composition, ce qui en fait un summum de bonne chère. Dans la panade Le savoir-faire saute d’abord aux yeux, quand la fière quenelle arrive gonflée comme un Zeppelin, baignée comme un paquebot dans sa sauce Nantua (un beurre d’é

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Podcast / Entretien avec Jan Fabre

ARTS | Le Musée d’Art Moderne de Saint-Etienne expose l’artiste Jan Fabre pour une rétrospective intitulée ‘les années de l’heure bleue’

Dorotée Aznar | Mercredi 14 mars 2012

Podcast / Entretien avec Jan Fabre

Date de première diffusion:  13 Mars 2012Emission n°101 Durée: 31’32 minInvité: Jan Fabre, artiste; Pauline Faure, responsable service exposition MAMSEContenu: Le Musée d’Art Moderne de Saint-Etienne expose l’artiste Jan Fabre pour une rétrospective intitulée ‘les années de l’heure bleue’ jusqu’au 28 Mai 2012. Cette exposition propose une importante collection de pièces produites entre 77 et 92, mais aussi une nouvelle proposition pour l’entrée du musée, toutes réalisées avec des stylos BIC bleus inlassablement épuisés sur leur support plan ou sculptural. Jan Fabre a accepté de répondre à quelques questions. Chroniques: Gwilherm Perthuis se penche sur les revues de dessin, Solenne Livolsi s’attache au système des artothèques à travers la nouvelle exposition du centre photographique de Lectoure ‘L’espace de l’autre’. Liens utiles :  Vidéo amateur d’une des oeuvres les plus monumentales de l’artiste Jan Fabre lors de la Bienn

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Soleil Clément

ECRANS | La synergie entre Positif et l’Institut Lumière, devenue co-éditrice de cette excellente revue, continue avec la nouvelle programmation de la rue du (...)

Dorotée Aznar | Dimanche 29 janvier 2012

Soleil Clément

La synergie entre Positif et l’Institut Lumière, devenue co-éditrice de cette excellente revue, continue avec la nouvelle programmation de la rue du premier film. Alors que Positif publie ce mois-ci un dossier consacré à René Clément, l’Institut propose une passionnante rétrospective de son œuvre, qui ne se limite pas à ses films les plus célèbres (La Bataille du rail, Le Père tranquille, Jeux interdits ; que du très bon !). Monsieur Ripois, Les Maudits, l’étonnant La Course du lièvre à travers champs, son dernier film, introuvable et intrigant, La Baby sitter et même ses courts-métrages seront aussi présentés. Mais pour inaugurer cet hommage, c’est bel et bien un classique indémodable qui sera montré au public : Plein soleil (1960), adapté de Patricia Highsmith, où Alain Delon campe pour la première fois à l’écran (avant Dennis Hopper, Matt Damon ou John Malkovich) l’escroc séduisant et pervers Tom Ripley. Dans ce modèle de film noir, l’acteur, au sommet de sa beauté et de son charisme, ose endosser un personnage complexe, qui tue et usurpe l’identité de l’homme qu’il devait ramener au ber

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Soleil khmer

SCENES | Théâtre / En clôture de leur appétissant festival Sens interdits dédié au théâtre d’ailleurs, les Célestins accueillent une troupe de Cambodgiens qui nous entraînent dans la douloureuse histoire récente de leur pays à travers leur Roi Norodom Sihanouk. Récit de ce projet fou et détour par les répétitions à Vincennes. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Jeudi 13 octobre 2011

Soleil khmer

Il s’agit d’une fable théâtrale comme seule la Cartoucherie sait en produire ; sauf que sans l’implication des Célestins (co-producteurs et producteurs délégués), l’épilogue ne serait pas le même. La pièce qui sera présentée en première mondiale les 26, 27 et 28 octobre prochains à Lyon et au titre à rallonge — L’Histoire terrible mais inachevée de Norodom Sihanouk, roi du Cambodge — est un miracle que Patrick Penot, directeur et instigateur du festival Sens interdits, a ardemment désiré. Ce spectacle avait pourtant déjà eu une première vie. Flashback. Vincennes, 1985 En 1985, Ariane Mnouchkine et son Théâtre du Soleil créent cette pièce écrite par la collaboratrice fidèle de la troupe, Hélène Cixous, dix ans seulement après l’arrivée des Khmers Rouges dans Phnom Penh. Comme souvent à la Cartoucherie de Vincennes, le projet est démesuré. Cixous a écrit deux textes, deux «périodes» selon la terminologie de l’auteur, de cinq actes chacune. Au bout du compte : neuf heures de théâtre qui relatent l’histoire cambodgienne de 1955 (Le Roi Sihanouk cède le trône à son père) à 1979 (les Viêtnamiens font tomber le Kampuchea Démocratique

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Tous les soleils

ECRANS | De Philippe Claudel (Fr, 1h30) avec Stefano Accorsi, Clotilde Courau, Anouk Aimée…

Dorotée Aznar | Mercredi 23 mars 2011

Tous les soleils

Si Nanni Moretti voyait Tous les soleils, peut-être qu'il casserait la gueule à Philippe Claudel. Non pas pour avoir fait un énième mauvais film français (encore que), mais pour y orchestrer la victoire d'une bobocratie dépourvue de toute authentique résistance morale envers l'époque. Entre les petits problèmes d'un prof, veuf et immigré italien peinant à retrouver l'amour et voir grandir sa fille et son frère anarchiste filmé comme un sympathique bouffon fan de soap, Claudel a choisi son film. Il préfère la comédie balourde, le sentimentalisme niais, l'existentialisme petit bourgeois, pour tourner en dérision et annihiler le moindre rempart idéologique à notre décadence, ici entre autres incarnée par Berlusconi. Le pire, c'est qu'il en est très fier. Jérôme Dittmar

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Dans ses yeux

ECRANS | De Juan José Campanella (Arg-Esp, 2h09) avec Ricardo Darin, Soledad Villamil…

Christophe Chabert | Vendredi 30 avril 2010

Dans ses yeux

En 1974, le magistrat Benjamin Esposito enquêtait sur le meurtre sauvage d’une jeune femme ; 25 ans plus tard, il décide d’écrire un roman sur cette affaire, et se rapproche de celle qui, à l’époque, était sa supérieure. Juan José Campanella raconte en flashbacks et avec une certaine virtuosité d’écriture cette double enquête, l’enrichissant d’autres niveaux de lecture — notamment une réflexion sur la corruption de la justice argentine. Niveau mise en scène, le film est assez impressionnant, notamment lorsqu’il orchestre un plan-séquence époustouflant qui passe d’une vue aérienne au-dessus d’un stade de foot jusqu’à une course poursuite allant des tribunes aux coursives. Brillant, Dans ses yeux paraît pourtant un peu vain. Campanella a sûrement vu Memories of murder, mais il ne possède pas le génie de la rupture de ton de Bong Joon-ho. Par moments, on a même le sentiment que cette histoire n’est qu’un prétexte à démontrer son talent d’auteur et de réalisateur, tant le cœur battant du film — la fascination d’Esposito pour la victime — est oublié en cours de route. Comme si Campanella faisait de l’œil aux studios hollywoodiens en leur glissant sa jolie carte de v

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Amorosa Soledad

ECRANS | De Martin Carranza et Victoria Galardi (Arg, 1h16) avec Inés Efron, Nicolas Pauls…

Dorotée Aznar | Vendredi 3 juillet 2009

Amorosa Soledad

Au sortir d’une rupture, Soledad se prend en main et décide d’affronter seule les trois années à venir. Elle bouge ses meubles, tente d’ignorer son ex, de gérer son hypocondrie, son boulot, le mec suave qui lui fait des avances… Conçu comme une succession de vignettes traduisant le vide affectif de son héroïne comme sa défiance du monde extérieur, Amorosa Soledad parvient, à la grâce de son interprète attachante, à titiller une certaine forme d’empathie, assez rapidement entamée par le côté procédurier de la narration. Personnage fonction engoncé dans sa mécanique quotidienne, Soledad s’épanouit progressivement et le film avec elle – dommage que le film se repose quasi entièrement sur cet effet miroir pas vraiment original. FC

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Dick Annegarn

MUSIQUES | Soleil du soir Tôt ou tard

Christophe Chabert | Jeudi 6 novembre 2008

Dick Annegarn

Disque après disque, Dick Annegarn s’approche de l’excellence. Mais attention ! Cette excellence n’a rien à voir avec une prétention à la perfection. Ce qui est beau dans l’art de Annegarn depuis son grand retour (Approche-toi, 1997), c’est sa modestie, son côté artisanal, cette manière de fabriquer de la musique au plus près de la terre. On l’a déjà dit il y a longtemps, mais Dick Annegarn est un ultra-terrestre, et ce disque simple et bouleversant le confirme encore : il suffit d’écouter la manière dont il rend hommage à Brel (Jacques, chanson splendide) pour le comprendre. Pas de grandes envolées, pas d’emphase, mais de la simplicité, de la sincérité, de l’humour, de la tendresse. À hauteur d’homme, en sorte. Les blues rugueux et épurés qui composent l’album ont beau, de temps en temps, se parer de quelques arrangements de cordes, il n’y a rien qui distrait l’auditeur de l’essentiel. À savoir, une façon unique de parler des autres, de tous les autres (Sans famille s’adresse, avec une grande subtilité, à tous les apatrides), et de s’en faire des amis, pour la vie (Théo, belle déclaration) ou pour la musique (un trio plein de f

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Mouawad se la joue sobre

SCENES | THÉÂTRE / Le destin de trois figures légendaires raconté par l’auteur franco-libanais Wajdi Mouawad, ça donne Le Soleil ni la mort ne peuvent se regarder en face. Une bonne surprise à découvrir cette semaine à l’Hexagone. Aurélien Martinez

Dorotée Aznar | Jeudi 9 octobre 2008

Mouawad se la joue sobre

Wajdi Mouawad est un auteur bankable : son nom sur une affiche est gage d’un succès tant critique que public. L’homme est ainsi adulé - limité vénéré - par une partie du milieu théâtral voyant dans sa prose et son approche du monde contemporain si ce n’est une révolution, du moins une nouvelle dimension. Quitte à être catalogués de ringards par le premier fan de Mouawad qui passerait par là, nous n’avons pas toujours partagé cet enthousiasme délirant (fanatique ?), notamment sur certaines de ses pièces foisonnantes et indigestes. Quelle ne fut donc pas notre surprise à la découverte du Soleil ni la mort ne peuvent se regarder en face. Certes, Wajdi Mouawad n’est intervenu que sur le texte, laissant la mise en scène dans les mains de Dominique Pitoiset, directeur du Théâtre national de Bordeaux. Mais tout de même… Puzzle mythologiqueConflits, héritage, transgressions, exil : la mythologie fascine Mouawad. Sa pièce traite donc de ce thème, à travers le destin de trois figures légendaires de la lignée de Thèbes : Cadmos, Laïos et Œdipe. Le premier est contraint de fuir sa Phénicie natale – aujourd’hui le Liban, lieu de naissance de l’artiste – pour partir à la recherche de

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La Soledad

ECRANS | Deuxième film de Jaime Rosales, couvert de prix en Espagne, «La Soledad» impose une forme aride, radicale et pourtant incarnée pour raconter l’angoisse du quotidien madrilène. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 4 juin 2008

La Soledad

Dans un cinéma espagnol loué pour ses productions de genre et ses grands auteurs (d’hier — Saura, ou d’aujourd’hui — Almodovar), l’apparition de Jaime Rosales contribue à brouiller les cartes. Voilà un cinéaste dont les préoccupations formelles sont plus importantes que les sujets qu’il traite et pour qui la mise en scène permet de transcender la banalité (voulue) des situations. La Soledad récite ainsi ce défilé morose et quotidien : une mère célibataire à la recherche d’un appartement, trois sœurs se disputant la vente de la maison familiale, leur mère ouvrant chaque matin sa petite épicerie… Rosales marque tout de suite son territoire esthétique auprès du spectateur : pas de musique, de longs plans fixes et surtout une utilisation inédite du split screen ; l’écran se sépare en son milieu pour suivre la même scène sous deux angles différents. Mais l’un des deux plans reste vide, l’action se déportant d’un cadre à l’autre — parfois, le temps que le personnage arrive d’un plan à l’autre, les deux sont inoccupés. Ce dispositif qui permet d’habitude de voir plus ou mieux, crée chez Rosales comme un gouffre figuratif, une menace sourde au milieu d’une action a

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