UN CNSMD sans frontière

Pascale Clavel | Mardi 4 novembre 2014

Pour la cinquième édition de ses "nuits festives", le Conservatoire Supérieur de Musique et de Danse de Lyon entend nous faire passer une "Nuit transfrontalière" qui s'annonce étonnante. Et adresse là, en ces temps où les frontières ont plutot tendance à se fermer, un message quasi politique – qu'elle répètera à deux reprises ultérieurement dans la saison, articulant chaque soirée comme trois volets d'une seule et même œuvre.

Et qui mieux que l'inclassable violoncelliste Vincent Ségal pour s'en faire l'écho ? Véritable touche-à-tout, le prochain invité de nos PB Live (au Temple Lanterne le 28 novembre avec Piers Faccini) expérimente avec avidité tout ce qui lui tombe sous l'archet : de la pop au hip-hop, de la musique africaine à l'électro, il cherche et recherche des mélanges d'une texture toujours inattendue. Dans une première partie en forme de carte blanche, il associera ainsi les classes de violoncelle, viole de gambe et violoncelle baroque pour ce qui promet d'être un beau moment de décalage, avant de s'offrir un tête-à-tête avec le griot malien et maître de la kora à vingt-et-une cordes Ballaké Sissoko.

Les deux hommes ont beau être complices depuis longtemps, à la scène comme en studio – ils ont enregistré en 2009 un bel album de Chamber Music – on reste stupéfait par la façon dont, au-delà de leur immense technicité, ils cultivent l'art de la discussion musicale comme personne. Leurs instruments s'emmêlent dans des mélopées folles, se laissent parler l'un l'autre, se retrouvent... Et à chaque fois le public de s'évader et s'évader encore.

Pascale Clavel

Nuit transfrontalière
Au CNSMD vendredi 7 novembre


Nuit transfrontalière

Carte blanche à Vincent Segal
CNSMD 3 quai Chauveau Lyon 9e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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L'Ircam et le CNSMD se marient (pour 5 ans)

Musique | "Partenaires" de longue date dans les faits notamment via les parcours de leurs élèves respectifs passant régulièrement de l'un à l'autre, le Conservatoire (...)

Stéphane Duchêne | Dimanche 21 juin 2020

L'Ircam et le CNSMD se marient (pour 5 ans)

"Partenaires" de longue date dans les faits notamment via les parcours de leurs élèves respectifs passant régulièrement de l'un à l'autre, le Conservatoire National de Musique et Danse de Lyon (CNSMD) et l’Institut de recherche et coordination acoustique/musique (Ircam) fondé par Pierre Boulez en 1977, ont choisi, à quelques jours de la Fête de la Musique, d'officialiser leur union et de la rendre plus concrète. Les deux institutions musicales viennent ainsi de signer une convention cadre pour les cinq prochaines années académiques. Le but étant là encore de faciliter la mobilité étudiante en permettant aux étudiants de 2ème cycle du CNSMD d'intégrer le cursus de l'Ircam. Mais aussi de faciliter les échanges dans le champ de la recherche ainsi que les collaborations artistiques. Jean Geoffroy, responsable de l'Espace transversal de création du Conservatoire de Lyon, loue ainsi « une dynamique d'ouverture et de collaboration intra et extra muros » quand Philippe Langlois

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Mathieu Ferey : « il est très important de conduire un projet collectif »

CNSMD | Le Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Lyon a 40 ans. Né d’une belle utopie, il reste aujourd’hui un lieu de bouillonnement artistique, de création, de transmission où les étudiants sont formés à l’excellence. Mathieu Ferey, le nouveau directeur lève le voile sur le travail qu’il veut accomplir au sein de cette institution.

Pascale Clavel | Mercredi 27 novembre 2019

Mathieu Ferey : « il est très important de conduire un projet collectif »

Quel chemin avez-vous envie de creuser pour cette maison qu'est le CNSMD ? Mathieu Ferey : Je me pose toujours la question d’où je viens et à quoi je peux servir. Ce n’est pas la même chose d’être le cinquième directeur que d’être le premier ou le deuxième. Je ne vais pas impulser exactement les mêmes choses, je n’arrive pas sur un terrain complètement vierge. J’arrive dans un Conservatoire qui a une histoire, qui va fêter cette année ses 40 ans, qui a une identité, une couleur particulière. Il faut toujours se demander dans quel endroit on arrive. Comment définiriez-vous le CNSMD ? Ce qui me frappe beaucoup dans cet établissement, c’est sa capacité d’innovation depuis l’origine. Il a été créé sur un modèle nouveau, ouvert sur des profils de musiciens extrêmement variés, curieux de culture générale, qui réfléchissent sur le rôle de l’artiste dans la société, des musiciens dont la conception de leur art va au delà du simple fait de jouer d’un instrument ou de chanter. Très tôt, l’établissement a été ouvert sur la question de la création. Il faut se rappeler que les premiers directeurs étaient

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Vincent Segal fait salon

Nuits de Fourvière | En ouverture classieuse des Salons de musique proposés par les Nuits de Fourvière, le maître violoncelliste Vincent Segal et le label No Format unissent leurs talents à l'Odéon pour célébrer leur conception de la musique pas comme les autres, friande de rencontres et d'épure.

Stéphane Duchêne | Mardi 18 juin 2019

Vincent Segal fait salon

D'une pierre deux coups, d'un concert deux rêves, c'est ce que réalisent cette année les Nuits de Fourvière en inauguration de ces Salons de musique, qui du 23 juin au 11 juillet offriront comme un genre de programmation parallèle au festival, entre l'Odéon, la Salle Molière et l'Opéra de Lyon. D'abord, il s'agissait d'exaucer le désir du violoncelliste protée Vincent Segal (révélé avec Bumcello et capable d'accompagner Enrico Macias et Susheela Raman, M et Mayra Andrade, Blackalicious et Agnès Jaoui) de proposer un autre genre de performance que celles régulièrement livrées par lui entre les marches des deux théâtres antiques, autour de quelques amis musiciens échangistes et sans amplification. Un salon de musique en somme. Ensuite, pourquoi pas en profiter pour fêter ainsi en grande pompe mais en toute modestie, les quinze ans du label No Format, fondé en 2004 par Laurent Bizot, défenseur des musiques singulières, immatures, métissées et improvisées, qui accueillit les premiers pas en piano solo de Gonzales,

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Le Songe d'une collaboration

SCENES | C'est une première : les deux écoles supérieures d'arts vivants sises à Lyon travaillent de concert. Les musiciens du CNSMD grimpent à l'ENSATT rejoindre les (...)

Nadja Pobel | Mardi 14 février 2017

Le Songe d'une collaboration

C'est une première : les deux écoles supérieures d'arts vivants sises à Lyon travaillent de concert. Les musiciens du CNSMD grimpent à l'ENSATT rejoindre les artistes-techniciens du théâtre pour présenter Songe(s), d'après Shakespeare, sous la houlette de Dominique Pitoiset, qui transpose l'action dans le monde actuel : hôpital, accueil pour réfugiés... Ça, c'est pour la partie théâtre à voir du 13 au 24 février. Dans le même décor, une version opératique sera donnée du 14 au 17 mars de A Midsummer night'sdream.

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Terry Riley prend un ticket pour l'Africa Express

Nuits de Fourvière | Terry Riley est une figure de la musique minimaliste dont l'œuvre emblématique reste sans aucun doute la transcendante pièce In C, composée en 1964 en (...)

Sébastien Broquet | Mardi 21 juin 2016

Terry Riley prend un ticket pour l'Africa Express

Terry Riley est une figure de la musique minimaliste dont l'œuvre emblématique reste sans aucun doute la transcendante pièce In C, composée en 1964 en Californie et régulièrement interprétée depuis. Écrite pour 35 musiciens, potentiellement plus ou moins, elle est particulière dans le sens où elle laisse une grande liberté d'improvisation : elle est composée de 53 motifs qui doivent être joués dans l'ordre et répétés par tous les interprètes, mais ces derniers choisissent le nombre de fois où ils répètent chacun des phrasés, et ils doivent parfois s'interrompre pour écouter l'ensemble avant de reprendre. De plus, tous les instruments sont les bienvenus. Comme une impression d'infini, d'état onirique après des heures dans un train lancé au mitan de paysages inconnus, qui influença grandement le krautrock (cf. le E2-E4 de Manuel Göttsching). À la lecture de cette introduction, l'on saisit aisément tout l'intérêt du voyage effectué sur le continent africain par cette pièce historique : comme un retour aux sources de la m

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Journées Grame, matins calmes

MUSIQUES | La France et la Corée célèbrent cette année le 130e anniversaire de leurs relations diplomatiques. Pour l'occasion, le Grame et le CNSMD vous invitent à une balade musicale inédite où les deux cultures s’emmêlent.

Pascale Clavel | Mardi 3 novembre 2015

Journées Grame, matins calmes

C'était l’occasion rêvée pour le Grame d’être au coeur de l'actualité, visible et investi. Son directeur, James Giroudon, a en effet scellé des liens durables avec la Corée depuis fort longtemps, donnant à entendre au public lyonnais à maintes reprises la grande diversité de sa musique. Cette saison, le pari est encore plus étonnant. On connaît du Grame son foisonnement d’idées novatrices, la richesse de ses rencontres, l'exigence de ses recherches sur des mondes insoupçonnés. Pour l’année de la Corée en France, il entend mettre en perspective la culture musicale traditionnelle et la création contemporaine des deux pays. Du 6 au 20 novembre, c’est un parcours quasi initiatique qui nous est ainsi proposé, en cinq rendez-vous dans trois lieux coutumiers de ce type de décloisonnement. Contrepoint C’est au TNG -Les Ateliers que tout commence, avec Un chemin de sable blanc de Marie-Hélène Bernard. Une oeuvre singulière pour chanteuse de pansori, percussions et création vidéo pensée comme une rêverie. Genre musical emblématique de la Corée, reconnu "Patrimoine mondia

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Bruce Brubaker, San Fermin et Yael Naim ouvrent la saison 2015/2016 des PB Live

MUSIQUES | Philip Glass joué par Bruce Brubaker au Sucre, Yael Naim qui fricote pour la quasi première fois avec le Quatuor Debussy en la Chapelle de la Trinité et le retour de San Fermin au Marché Gare : cette saison, le PB Live voit triple.

Stéphane Duchêne | Mardi 22 septembre 2015

Bruce Brubaker, San Fermin et Yael Naim ouvrent la saison 2015/2016 des PB Live

On avait laissé les Petit Bulletin Live résonner sur les dernières notes du Songs of Time Lost de Piers Faccini et Vincent Segal au Temple Lanterne en novembre dernier – ces derniers y refaisant un passage le 10 décembre. Certes, le temps fut long, mais comme l'a chanté Francis Lalanne, «on se retrouvera», et ce dès le 21 octobre. Et pas avec Francis Lalanne, c'est dire si le public est gâté. Et pas que pour une seule date, mais trois. Cette année, le PB Live, après une remise en forme, s'est converti à la tactique bien connue de Jacques Anquetil et de notre précieux et enthousiaste partenaire Rain Dog Productions :«On part à fond, on accélère au milieu et on finit au sprint.» Donc on part à fond, avec du lourd et du pointu, un bon 53x12 en langage cycliste mais qui, une fois lancé, roule tout seul : Bruce Brubaker joue Glass. Au Sucre. Parce que personne ne joue mieux Glass que Brubaker, à part peut-être Glass lui-même. On y revient de toute façon très vite. Sachez simplement que, interprétées par un tel virtuose, les études pour piano solo de Philip Glass,

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Un Festival Berlioz impérial

MUSIQUES | Pas facile d’imaginer été après été un festival dédié à un même compositeur sans risquer de tourner en rond. Le Festival Berlioz réussit pourtant à surprendre avec un (...)

Philippe Yves | Mercredi 24 juin 2015

Un Festival Berlioz impérial

Pas facile d’imaginer été après été un festival dédié à un même compositeur sans risquer de tourner en rond. Le Festival Berlioz réussit pourtant à surprendre avec un programme à l’inspiration chaque fois renouvelée, grâce à une maline approche thématique. Sans oublier les tubes berlioziens tels la Symphonie fantastique, le festival nous emmène cette année sur la route Napoléon (qui relie les Alpes et la Côte d’Azur), en Corse et sous la figure impériale de… Napoléon. Bonaparte est au centre des choix musicaux des invités, dont le chef Daniel Kawka avec trois évocations napoléoniennes (Schönberg, Castérède, Honegger), ainsi que d’une création mêlant les polyphonies corses d’A Filetta et un orchestre signée Bruno Coulais. Et comme on ne saurait fêter Berlioz sans ses œuvres XXL pour masses orchestrales et chorales, le festival investira le Théâtre antique de Vienne pour une nuit autour du monumental Te Deum dirigé par François-Xavier Roth réunissant près de mille pros et amateurs. Une nuit symboliquement ouverte aux jeunes et clôturée par une relecture jazz avec Louis Sclavis,

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Piers Faccini et Vincent Segal de retour au Temple

MUSIQUES | Vous les aviez adorés au Temple Lanterne l'automne dernier en PB Live ? Vous les adorerez une seconde fois. Car le guitariste et chanteur (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 6 mai 2015

Piers Faccini et Vincent Segal de retour au Temple

Vous les aviez adorés au Temple Lanterne l'automne dernier en PB Live ? Vous les adorerez une seconde fois. Car le guitariste et chanteur anglo-italo-cévenol Piers Faccini et le violoncelliste Vincent Segal reviendront pour une halte acoustique et pleine de leur incommensurable talent pour la reprise suave (Townes Van Zandt, chanson italienne, Alain Péters...) le 10 décembre au même endroit. Croyez-nous, ça vaut bien une messe, alors une virée au Temple, même en hiver...

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Retour au Temple

MUSIQUES | Magie du Temple Lanterne ou des deux invités de cette soirée ? Les deux sans doute. Toujours est-il que vendredi soir, lors de la première de la saison 2 du (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 2 décembre 2014

Retour au Temple

Magie du Temple Lanterne ou des deux invités de cette soirée ? Les deux sans doute. Toujours est-il que vendredi soir, lors de la première de la saison 2 du PB Live avec Vincent Segal et Piers Faccini, il y eut du recueillement et de l'extase. Avec leurs reprises de chansons italiennes, de Townes Van Zandt (sublime version de Quicksilver Dreams of Maria) et d'Alain Péters (Piers chantant en créole, savoureux), présentes sur leur disque Songs of Time Lost, mais aussi quelques unes piochées dans les albums solo de Piers (Where Angels Fly, entre autres), le duo a fait exploser le Temple d'émotion. Quand l'un faisait soudain sonner son violoncelle comme un hautbois, l'autre jouait de la guitare comme on use d'une kora malienne ou se paraît d'une voix de crooner qui réchauffait les murs pierreux du lieu. Sur Dicitencello Vuje, on a même vu une vieille dame en larmes. Comme c'était complet, dans tous les sens du terme, voici pour consoler les absents une vidéo de leur prestati

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Piers Faccini & Vincent Segal, les compagnons de la chanson

MUSIQUES | En 25 ans d'une belle amitié musicale, Piers Faccini et Vincent Segal n'ont jamais cessé, dans leurs chambres ou sur scène, de revisiter les chansons des autres - mais aussi les leurs. Et viennent enfin d'en tirer un très beau disque, "Songs of Time Lost". Le violoncelliste de Bumcello se confie sur ce projet qui le lie au barde anglo-italien.

Stéphane Duchêne | Vendredi 14 novembre 2014

Piers Faccini & Vincent Segal, les compagnons de la chanson

Vous connaissez Piers Faccini depuis 25 ans et n'avez jamais cessé de vous produire avec lui. Vous avez même réalisé son premier album Leave No Trace. Pourtant, Songs of Time Lost est votre premier vrai disque ensemble. Pourquoi avoir attendu si longtemps ? Vincent Segal : Pour moi Leave no Trace a été tout aussi important. Je me suis tellement investi, en termes de composition, au niveau des idées, que même si ce n'était pas mon album, il a été très important dans ma vie de musicien. Songs of Time Lost est né d'une proposition de Laurent Bizot du label No Format. Ca faisait des années qu'il nous entendait jouer ensemble. Il venait nous voir régulièrement aux Bouffes du Nord et nous demandait sans cesse pourquoi on n'enregistrait pas un album en mode violoncelle-guitare-voix. Ca ne nous était même pas venu à l'idée tellement jouer ensemble nous était naturel, que ce soit sur une scène ou à la maison. Comment vous êtes-vous retrouvés sur le choix de ce répertoire entre ancienne

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Le Temple retrouvé

MUSIQUES | En ouverture de sa saison 2, le PB Live accueillera la rencontre soyeuse entre le violoncelliste polymorphe Vincent Segal et l'Anglo-italien aux semelles de vent et à la voix de velours Piers Faccini. Le projet pour nom "Songs of Lost time". On gagne pourtant bien plus que son temps à se pencher dessus. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Mardi 23 septembre 2014

Le Temple retrouvé

On dit parfois qu'il n'y a pas de hasard. On peut pourtant jurer que nous ne l'avons pas fait exprès, même à ceux qui pensent que le Petit Bulletin et Rain Dog Productions ont choisi d'ouvrir chaque saison du PB Live (bon, nous n'en sommes qu'à la deuxième, les conclusions sont peut-être hâtives) par un duo d'artistes franco-apatrides baladant le désormais classique violoncelle-voix sur des esthétiques vouées à faire le tour du Monde, de ses musiques et de ses langues. Et qui va même jusqu'à nous servir aussi un morceau en créole. C'est vrai, on le reconnaît à bien des égards, ce projet entre un chanteur polyglotte (également guitariste, voilà une nuance de taille) et un violoncelliste multi-tâche à la culture musicale dépliable à l'infini pourra rappeler le "Birds on a Wire" de Rosemary Standley et Dom La Nena que nous vous avions présenté en ouverture de ce que nous appellerons la saison 1 du PB Live. Et oui, quelle meilleure façon d'ouvrir cette saison deux que par un écho fut-il lointain

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La guerre des étoiles

MUSIQUES | Avec ses nuits en triptyque, déroulées sous nos oreilles et nos yeux ébahis depuis deux saisons, le CNSMD, comme à son habitude, bouge les lignes, secoue le (...)

Pascale Clavel | Mardi 30 octobre 2012

La guerre des étoiles

Avec ses nuits en triptyque, déroulées sous nos oreilles et nos yeux ébahis depuis deux saisons, le CNSMD, comme à son habitude, bouge les lignes, secoue le cocotier et par des projets décalés, surprenants et toujours de haute volée, emmène le public plus haut et plus loin. Ou, comme ce vendredi 9 novembre plus enfoncé dans la nuit. Première nuit offerte, celle des météores et sous sa voûte céleste, l’atelier XX-21 comme l’Ensemble Orchestral Contemporain proposent un double portrait de Gilbert Amy et Hugues Dufourt, tous deux compositeurs, philosophes amoureux des arts sous toutes leurs coutures. Le sens originel de Météore  est "qui est en haut" ; pour un compositeur, c’est pain béni, l’inspiration vient de là ! Cette première soirée se déroule en trois temps et multiples compositeurs  : Hugues Dufourt offre un concerto pour alto, Les Chardons d’après Vincent Van Gogh, Gilbert Amy entame un dialogue en temps réel avec Cors et cris. Autour de leurs œuvres incroyablement célestes naviguent Trois poésies de la lyrique japonaise d’Igor Stravinsky, Quatre poèmes hindous de Maurice Delage et autres petites étoiles filantes qui vont régaler

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Laisse les gondoles

MUSIQUES | Vision sérénissime / C’est Venise qu’on déroule sous nos pieds au CNSMD de Lyon pour une immersion totale et savoureuse dans la ville de tous les (...)

Pascale Clavel | Jeudi 10 novembre 2011

Laisse les gondoles

Vision sérénissime / C’est Venise qu’on déroule sous nos pieds au CNSMD de Lyon pour une immersion totale et savoureuse dans la ville de tous les fantasmes. On connaît tous le rayonnement artistique de Venise des siècles durant. L’omniprésence de la musique, ici dans les plus belles églises d’Europe, là sur les gondoles, ou encore dans les ruelles et là-bas à l’Opéra de la Fenice. Vision sérénissime proposé par le CNSMD nous conduit à travers le temps dans une ville singulière et inattendue. Après une nuit d’ouverture où musique contemporaine et musique baroque se sont emmêlées, vont se croiser jusqu’au 14 décembre des compositeurs et des œuvres de toute époque, s’entrechoquer des esthétismes divers en lien étroit avec cette ville puissamment mystérieuse. Dans ce cadre somptueux, le département de musique ancienne apporte sa joyeuse contribution : le 22 novembre, la classe de violon baroque offre une soirée "Sonates Vénitiennes" à l’issue d’une master-class de Suzanne Scholz. Des sonates à Venise et nous voilà partis pour un extraordinaire voyage musical accompagnés de Vivaldi, Scarlatti… De quoi rêver les yeux ouverts, de quoi respirer pour un instant le même air que c

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Tryptique musical

MUSIQUES | Petite balade dans trois lieux où la musique classique bouillonne, où l’innovation est un credo, où l’exigence artistique semble totale. Passez par (...)

Pascale Clavel | Jeudi 15 septembre 2011

Tryptique musical

Petite balade dans trois lieux où la musique classique bouillonne, où l’innovation est un credo, où l’exigence artistique semble totale. Passez par iciLe Festival de Musique Baroque ouvre sa 29e édition. Son directeur artistique, Eric Desnoues, peut se frotter les mains par avance. Il a su faire venir les baroqueux les plus audacieux, ceux qui savent prendre encore des risques, ceux qui osent faire quelques infidélités à la partition, ceux qui offrent généreusement des interprétations réjouissantes voire inattendues. Dès l’ouverture, grand frisson assuré avec l’Ode à Sainte Cécile de Purcell sous la baguette d’un Jean Tubéry qui impose toujours une lecture pleine de spiritualité et d’élégance aux œuvres qu’il touche. S’égrènent au fil de la saison des chefs-d’œuvres servis par des interprètes très inspirés. Un Messie de Haendel, une Fairy Queen de Purcell, une Passion selon Saint Jean de Bach. À côté de ces mastodontes, s’imposent de drôles de petits moments décalés et savoureux. Et par làDe la sérénité, de la fierté aussi pour Jérôme Chabannes, directeur artistique de Piano à Lyon. Une septième saison qui s’annonce exceptionnelle, un programme à rendre jalo

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Bim, Bam, Bum

MUSIQUES | Bumcello, alias Vincent Ségal et Cyril Atef, déroute avec son petit cirque musical. Pas d'étiquette pour ces fauves en liberté mais, dix ans plus tard, toujours le besoin vital d'improviser. Marion Quillard

Marion Quillard | Lundi 15 décembre 2008

Bim, Bam, Bum

L’un, Vincent Ségal, allure de gendre idéal, joue du violoncelle électrique ; l’autre, Cyril Atef, facétieux et débridé, manie les percussions tous azimuts. Né à Reims, de parents juifs d’origine roumaine, Vincent a fait ses armes au Conservatoire de Lyon, avant de se jeter tout à la fois dans le rock, le funk et les musiques contemporaines. Issu d’une famille franco-iranienne, Cyril a grandi entre Berlin et Los Angeles, a été cancre, «punk hardcore», avant d’étudier au Berklee College of Music de Boston. Parcours parfaitement inversé donc, pour ce couple improbable. De cette rencontre entre un percussionniste dispersé et un violoncelliste surdoué est né Bumcello, «Violoncelle clodo», une entité musicale inclassable qui, sous des dehors quelque peu foutraques, recèle de trésors mélodiques. Car le fil conducteur de leur parcours artistique est bien l’expérimentation, l’envie de mélanger, de mixer, de marier des influences musicales aussi variées que le ragga et la rumba, le rock et le rap, le dub et la variété française, le jazz et l’électro, le funk et l’afro-beat. Une question de fidélitéAu sein de ce melting-pot musical, les deux zigues exploitent et explorent leur g

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