Insomniaque - Soirées du 19 au 25 novembre

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : le lancement du magazine "Sottises", Rrose au DV1 et Fred P au Sucre. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 18 novembre 2014

20.11 Rrose

1920 : Marcel Duchamp s'invente un alter ego féminin chapeauté, Rrose Sélavy. Un demi-siècle plus tard, un mystérieux Californien lui emboîte le pas. A la différence que ce ne sont pas des aphorismes érotiques que Rrose conçoit dans le secret de sa frange, mais des chefs-d'œuvre de techno mercuriale – en cela qu'ils n'ont de cesse, de ramdams métalliques en textures sonnantes non identifiées, de monter en puissance et en sophistication, jusqu'à menacer de vous faire imploser la fiole façon Scanners. Non, il ne touchera pas non plus aux pissotières du DV1.

21.11 The Cosmic Adventure

Que la nature ait horreur du vide, le New-yorkais Fred P n'en a rien à secouer. Au contraire : c'est parce qu'il est resté fidèle aux fondamentaux de la deep (intériorisation, simplicité), non sans les nimber d'une noirceur lo-fi typique de la Grosse Pomme, qu'il est devenu l'une des figures de proue du renouveau house qui fait "bouncer" la Côte est depuis cinq ans. A l'instar de ses concitoyens Levon Vincent et Anthony Parasole, qui l'ont précédé au Sucre – où il promouvra au passage un remix réalisé pour Cosmic AD, le nouveau label du flamboyant hôte de ces «aventures cosmiques», Kosme.

 

21.11 La nuit blanche de Renart

Discrètement mais opiniâtrement, Dawn Records poursuit sont bonhomme de chemin, sur les traces de ces rares producteurs pour qui les sonorités électroniques ne sont pas des munitions comme les autres – ou alors des munitions anti-charts. VophoniQ durablement en orbite depuis sa release party au Sucre en début de saison, c'est au tour de l'autre enfant chéri du label, Renart, de faire l'actualité avec la sortie d'un EP. Il s'intitule Et le rêve des absents et renferme quatre pépites de techno ouverte aux quatre vents. Prévoyez donc une petite laine pour sa présentation au Terminal.


Renart release party + Weirdd + Diane


Terminal 3 rue Terme Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Tapage nocturne

Rroze
DV1 6 rue Violi Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


The Cosmic Adventure

Fred P + Gifted & blessed + Kosme
Le Sucre 49-50 quai Rambaud Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Holy smoke

MUSIQUES | Moins cosmico-tribal que Pethrol, moins bootylicieusement chaudard qu'Erotic Market, dans la nouvelle famille des duos électro-pop qui ont le vent en (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 16 décembre 2014

Holy smoke

Moins cosmico-tribal que Pethrol, moins bootylicieusement chaudard qu'Erotic Market, dans la nouvelle famille des duos électro-pop qui ont le vent en poupe, Holy Two fait plus que passer la tête. Il est d'ailleurs presque étrange de les voir monter sur les tréteaux d'une scène découverte – celle, toujours bien inspirée du Kafé qui couronna l'an dernier Alexis & the Brainbow – alors que la doublette Elodie/Hadrien a non seulement déjà (auto)produit un premier album mais aussi tout récemment un EP baptisé Eclipse, ce qui nous vaut un nouveau clip, Moonbeam, là encore particulièrement abouti. Sauf qu'en fin de compte, on n'est jamais assez "découvert". On pourrait d'ailleurs à l'inverse se dire que ce groupe pas bien vieux – c'est une constante des précités que d'avoir, toute proportions gardées, "explosé" assez vite – a peut être mis la charrue avant les bœufs quand l'évidence de l'émergence, cette grande notion floue, veut que l'on fasse les choses dans l'ordre. Sauf qu'en matière d'émergence, il n'y a guère d'évidence et que ce qui importe justement c'est la mati

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Lyon's Club

MUSIQUES | Qu'elle soit un concept fumeux ou pas, la scène musicale lyonnaise est là et bien là. La preuve avec ce petit passage en revue – non exhaustif – d'un automne rock'n'gone. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 23 septembre 2014

Lyon's Club

Lors d'une discussion en ligne portant sur les coiffeurs, leurs pronostics de football et l'Olympique de Marseille, un grand connaisseur du rock et de bien d'autres choses nous lâcha, magie d'un fil de discussion : «le concept de groupes lyonnais, well... ». Certes, toute personne rejetant l'idée que l'on puisse être Lyonnais juste «parce qu'on a fait sécher ses chaussettes une fois à Lyon», comme nous l'a récemment exposé notre critique cinéma maison, souscrira sans mal à cette réflexion. Mais on ne va pas faire comme si "ces gens-là" n'existaient pas puisqu'ils ne cessent de nous prouver le contraire. Telle Billie, qui nous prépare quelques remixes des titres de son album Le Baiser. L'excellent album de Denis Rivet – ex-King Kong Vahiné pour les intimes – est à venir, lui, le 30 octobre, et Denis jouera un peu partout pendant cet automne à commencer par ce même jour, le

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Seuls Two

MUSIQUES | Formation en 2012, album en 2013, pléthore de clips : en un parfait contrepied de son électro-post-pop planante et rêveuse, le duo Holy Two (Elodie et (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 17 janvier 2014

Seuls Two

Formation en 2012, album en 2013, pléthore de clips : en un parfait contrepied de son électro-post-pop planante et rêveuse, le duo Holy Two (Elodie et Hadrien dans le civil) n’a pas vraiment l’air de vouloir perdre son temps en conjectures. D’où une certaine boulimie créatrice, de morceaux originaux (neuf titres sur l’album, rien à jeter et au moins un tube, Wild Nights) en reprises joueuses et acrobatiques (Kavinsky, Woodkid, The Strokes, Alt-J et même… Roy Orbison). Assez logiquement, et pour ce que ça vaut bien entendu, les jeunes Two figurent avec sept autres Lyonnais (Colo Colo, De La Montagne, Yeast, Lauren Stuart, Alexis & the Brainbow…) parmi les 100 groupes ou artistes émergents listés par le site My Band Market (même si ici, le terme s’avère relativement élastique et volontiers oublieux) à suivre en 2014. En un an et demi, le duo s’est déjà fait beaucoup remarquer (en tant que gagnant ou finaliste de tremplins divers, multichroniqués) et la sortie de son mini-album éponyme ne devrait guère le freiner. Pour l’heure, Holy Two ouvrira pour des revenants longtemps chouchoutés par

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Une modernité en ruines

ARTS | L'Institut d'Art Contemporain de Villeurbanne consacre au méconnu Manfred Pernice sa première grande exposition monographique en France. Son parcours s'avère pour le moins déconcertant. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 11 décembre 2013

Une modernité en ruines

Dans une première salle de l'IAC, Manfred Pernice (né en 1963 en Allemagne, vivant à Berlin) présente une grande installation nommée Fiat Lux. Un «Que la lumière soit» qui convient fort mal à l'aune d'une exposition pour le moins déconcertante et floue, où l'on ne sait jamais trop ce qui relève de l'art, de l'objet, du déchet, du matériel urbain récupéré... Ce n'est pas la première fois qu'un artiste brouille ainsi les pistes, mais, ici, l'aspect bric-à-brac ou "bordel" vaguement organisé crève littéralement les yeux - Fiat Lux est aussi un mauvais jeu de mot en référence au constructeur auto, dont le toit-terrasse d'une des usines est ici reproduit à une échelle un peu réduite et que le visiteur peut arpenter à sa guise.  Ensuite, on découvre une soixantaine d’œuvres, dont beaucoup fonctionnent sur le mode de l'accumulation d'objets usités. Ainsi de ces grands socles posés au sol, dits Cassette, où l'on trouve des canettes rouillées, de vieux jouets, des emballages, des fragments d'on ne sait quoi, des chiffons... Chacun aurait un sens précis pour l'artiste, que nous serion

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Insomniaque - Semaine du 30 octobre au 5 novembre

MUSIQUES | Les 3 RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : le "barathon" du Riddim Collision, Alto Clark au Kraspek Myzik et JD Twitch au Club Transbo. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 23 octobre 2013

Insomniaque - Semaine du 30 octobre au 5 novembre

31.10 Riddim Collision Lancée le 10 octobre, la quinzième édition du Riddim Collision connaitra son acmé les 8, 9 et 10 novembre au Transbordeur. Entre temps, le festival investira les pentes de la Croix-Rousse pour une sorte de barathon, durant lequel se produiront simultanément une quinzaine de formations (au Trokson, aux Valseuses, aux Capucins, au Buffet Froid et au Kraspek Myzik). Parmi elles, le one-man-band qui en a sous la pédale d'effet Jessica93, les métalleux a

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Espace en voie de réapparition

ARTS | Que sculpture et peinture soient par définition liées à des problèmes d'espace paraît une évidence. Que l'art contemporain reprenne la question à nouveaux frais est plus excitant et essentiel. Quelques-unes des expositions de la saison 2013-14 entament le sujet... Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 13 septembre 2013

Espace en voie de réapparition

C'est en général lorsqu'on perd quelque chose qu'on lui reconnaît sa pleine importance... Ainsi de l'espace qui, avec l'accélération et la vitesse chez Paul Virilio et le simulacre chez Jean Baudrillard, se serait, sous nos yeux contemporains, réduit à la portion congrue du pixel à la surface d'un écran. À l'heure de cette disparition problématique, l'Institut d'Art Contemporain axe toutes ses expositions et événements sur l'espace : Fabricateurs d'espaces, une exposition récente, son Laboratoire Espace Cerveau, la prochaine exposition consacrée à Manfred Pernice du 6 décembre au 16 février, artiste allemand interrogeant l'espace urbain. L'occasion de saisir les enjeux du travail philosophique de Peter Sloterdijk, qui ne pose plus les traditionnelles questions «Qui  ? Comment  ?  Quand  ?» mais se demande «Où ?» se trouve l'individu humain. Et traque dans sa trilogie Sphères les espaces relationnels, les résonances, les lieux, les contacts, les espaces fragiles et poreux. Qui nous sont essentiels.

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Orgie de sucre

MUSIQUES | Avec ses installations audio dernier cri, sa terrasse panoramique et ses ambitions next-gen, le Sucre s'est imposé en l'espace d'un demi-mois comme un incontournable de la vie nocturne lyonnaise. Une tendance que le reste de sa programmation estivale devrait confirmer. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Vendredi 12 juillet 2013

Orgie de sucre

Ça ne pouvait pas ne pas marcher. Un club perché au sommet d'une friche industrielle devenue un haut lieu de l'art contemporain, cautionné par un all-star cast de DJs (Agoria, Laurent Garnier), d'entrepreneurs (Bruno Bonnell) et de médias (Libération y a organisé une sauterie pour son 10 000e numéro) et géré par l'équipe de Nuits Sonores... Non vraiment, quand bien même le quartier environnant est encore embryonnaire – la Confluence, désertée avec fracas par le cuistot étoilé Nicolas Le Bec et le galeriste Olivier Houg – ça ne pouvait pas ne pas marcher. Nulle surprise donc à ce que Le Sucre, par ailleurs caractérisé par une jauge respirable (800 places, alors que l'endroit peut théoriquement en accueillir le double) et un confort d'écoute sans équivalent de ce côté-ci du Rhin (le son est limpide, idéalement spatialisé et supportable), affiche depuis son ouverture fin juin un taux de remplissage limite indécent. Signes avant-coureurs de diabète On ne saurait donc trop vous conseiller de réserver au plus tôt vos places pour les nombreux rendez-vous électroniques de qualité qu'hébergera le lieu tout au long de l'été. En tête ceux des 19 et 26 juillet, qui verront

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Nuits Sonores 2013 - Jour 1

MUSIQUES | Après un warm up aussi vert et bon enfant qu'une réunion de fruits Oasis et une inauguration moins guindée que celle de l'an passé, Nuits Sonores 2013 est entré hier dans le vif du sujet. Retour sur une première journée qui, bien que déséquilibrée, n'a pas été avare en torgnoles soniques. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 9 mai 2013

Nuits Sonores 2013 - Jour 1

La tentation était trop grande, y céder n'a pas été sans conséquences : programmés sur la scène principale des Subsistances, l'illustre Carl Cox (qui se produisait pour la première fois au festival) et le fidèle Laurent Garnier ont vampirisé la quasi totalité du public du premier NS Days, jusqu'à imposer au personnel de sécurité l'improvisation, à l'entrée d'une verrière rapidement devenue impraticable, d'un système de file d'attente. On pourrait le déplorer. On pourrait si ces deux "dinosaures" n'avaient pas d'ores et déjà assuré deux des prestations les plus mémorables de Nuits Sonores 2013, le premier dans le registre fédérateur et bouncy qui a fait sa réputation, le second avec l’œcuménisme et la passion qu'on lui connaît depuis maintenant neuf éditions. On pourrait si ce monopole avait empêché les Bordelais de J.C.Satàn, chefs de file du renouveau garage, de livrer un concert survolté et poisseux, et les Strasbourgeois de Electric Electric de prouver qu'avec ou sans Colonie de vacances, ils comptent parmi les faiseurs de bruit les plus excitants du pays.

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