Le novo dub, l'autre French Touch

Benjamin Mialot | Mardi 9 décembre 2014

Au mitan des années 90, une petite bande de Parisiens se prend dans le casque la house de Chicago, relecture robotique de la great black music des années 50 à 70 (soul, funk, disco), et en décline une version française qui deviendra le premier produit d'exportation musicale du pays. L'histoire est connue, jusque dans ses détails les moins glorieux depuis que Mia Hansen-Løve a entrepris de raconter avec Eden la face cachée de ce safari lunaire – pour reprendre le titre de l'un des disques emblématiques du mouvement.

A la même période, se fomente une autre révolution à la française, souterraine celle-ci, au moment où des musiciens d'obédience rock se mettent en tête de faire éclater les nuages psychotropes du dub en des orages instrumentaux. Leurs groupes se nomment High Tone, Zenzile, Kaly Live Dub, Brain Damage ou encore Lab° et, les pieds ancrés au sol pentu de la Croix-Rousse (là où le label Jarring Effects gravera ses initiales dès 1993) mais les oreilles tournées vers Londres, ils ont sondé l'univers des basses fréquences bien avant qu'il ne devienne l'Eldorado de la musique électronique. Cette French Touch-là, aucun cinéaste ne l'a encore racontée. Peut-être parce que son retentissement fut inversement proportionnelle à sa longévité, la quasi-totalité des ses représentants étant encore en activité : Zenzile vient de publier un magnifique guide sonore de Berlin – inspiré par le documentaire Berlin, symphonie d'une grande ville ; High Tone est revenu, après un détour opportuniste par le dubstep, à ses premières amours spirituelles, le long d'un sixième album (Ekphrön) remarquablement intercontinental ; Guns of Brixton a fini par assumer définitivement ses pulsions post-hardcore – sur le colossal Inlandsis, en 2012...

Mais celui qui s'y essayera le fera à coup sûr au son d'Ez3kiel, à la fois la formation la plus emblématique et la plus atypique de cette scène. Mais aussi forte, à l'instar du prophète homonyme et comme on vous l'explique ci-contre, d'une capacité innée à voir venir les choses, la plus ancienne.

Benjamin Mialot


Ez3kiel + Dorian & the dawn riders


Transbordeur 3 boulevard Stalingrad Villeurbanne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Saint-Jean ou la prophétie d'Ez3kiel

ARTS | Avec son Lux tour il y a tout juste deux ans, Ez3kiel livrait au Transbordeur un de ces concerts qui vous laissent dans un état de béatitude, yeux et (...)

Nadja Pobel | Mardi 6 décembre 2016

Saint-Jean ou la prophétie d'Ez3kiel

Avec son Lux tour il y a tout juste deux ans, Ez3kiel livrait au Transbordeur un de ces concerts qui vous laissent dans un état de béatitude, yeux et oreilles baignés de rock vaporeux et de lumières chiadées sans être maniérées. On n'avait alors pas imaginé les revoir à la Fête des Lumières, de surcroît sur l'un des sites les plus visités, le plus prestigieux et donc pas celui qui est le plus prétexte à innovations : la cathédrale Saint-Jean. C'est Yann Nguema, membre du groupe tourangeau, qui va déconstruire pierre par pierre, pixel par pixel, cet édifice récemment restauré et revenir aux fondements de son édification. À l'occasion de la dernière tournée du groupe, il avait inventé avec son complice Arnaud Doucet le "Magic-Screen" composé de 48 projecteurs Magicpanel disposés sur une grande matrice. Ici, l'histoire de la cathédrale va s'écrire avec des traits en noir et blanc, peu à peu coloriés et un laser pointera, comme un stylo, les pierres numérisées. Evolutions Place Saint-Jean, Lyon 5e Du 8 au 10 décembre de 20h à minuit Dans le cadre de la Fête

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Sir Jean, Black Lyon

Portrait | Vous l’avez certainement vu sur une scène ou une autre, ces vingt-cinq dernières années : des Crazy Skankers au Peuple de l’Herbe, en passant par Meï Teï Shô, Sir Jean a été le frontman de quelques-uns des groupes les plus importants de la ville. Le Sénégalais revient cette semaine avec le NMB Afrobeat Experience.

Sébastien Broquet | Mardi 19 avril 2016

Sir Jean, Black Lyon

C’est par accident que tout est arrivé, dit-il en contant l’anecdote l’ayant amené à se saisir d’un micro la première fois. L’on parle de sa carrière de chanteur protéiformes ; même si carrière est un mot bien inapproprié pour cet homme voguant au gré des rencontres, attiré par ses semblables et toujours tourné vers l’Autre. Si pour certains cela pourrait se traduire par une forme de dilettantisme, lui n’en a cure : il a croisé sur sa route nombre de ses héros, dont l’un, le batteur de Steel Pulse, Steve "Grizzly" Nisbett, lui fit changer son regard au moment opportun. C’était avant un concert des Crazy Skankers, ce groupe de ska précurseur en France. Jean Gomis insista pour aller voir ce grizzly qui l’impressionnait tant, à défaut d’assister à son concert prévu en même temps que celui des Skankers. Il lui demanda un conseil, un seul. Steve Nisbett lui griffonna sur un bout de papier : « Love what you do. » Le papier mit longtemps à quitter la poche du chanteur, le conseil l’habite encore aujourd’hui. Car Jean Gomis, alors, n’en voulait pas de cette carrière de chanteur qui se profilait, même s’il adorait sa bande de potes bien Crazy. Lui, arrivé en F

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Un programme comme neuf pour la Fête des Lumières

Fête des Lumières | Comme prévu l'année dernière, la Fête des Lumières 2016 (raccourcie d'un jour) reprend les projets avortés de 2015. Revue de détails.

Nadja Pobel | Jeudi 5 novembre 2015

Un programme comme neuf pour la Fête des Lumières

Balayée par les tragiques attentats de novembre 2015, la Fête des Lumières aura bien lieu, du jeudi 8 au samedi 10 décembre. Un jour de moins et une amplitude horaire réduite (de 20h – au lieu de 18h – à minuit) dans un périmètre très délimité et encadré (de Bellecour aux Terreaux et un morceau du 5e arrondissement). 40 œuvres sont au programme (contre 77 annoncées l'année dernière mais les installations majeures n'ont pas changées). Dont celles-ci : Cathédrale Saint-Jean - Évolution C'est là qu'officiera le groupe Ez3kiel, réputé pour ses scénographies éblouissantes, avec une écriture mariant traits en noir et blanc et surfaces coloriées. Un laser servira de stylet et indiquera certaines parties de ce monument emblématique de la Fête dont les 12 000 pierres ont été numérisées durant trois semaines pour que le rendu soit le plus fin possible. Théâtre

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Foreztival, une drôle de ménagerie

MUSIQUES | Dans la forêt lointaine, on entend le hibou, d'accord. Mais dans le Forez lointain, qu'entend-on ? Cette année, principalement le Birdy Nam Nam, drôle (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

Foreztival, une drôle de ménagerie

Dans la forêt lointaine, on entend le hibou, d'accord. Mais dans le Forez lointain, qu'entend-on ? Cette année, principalement le Birdy Nam Nam, drôle d'oiseau à six pattes – depuis que DJ Pone est allé voir ailleurs si le ciel y était plus bleu – qui n'a de cesse d'emmener le hip-hop instrumental vers de nouveaux horizons, là où ses suiveurs, paresseuses poules aux œufs d'or, se contentent d'en picorer les racines black ad nauseam. Mais aussi le Fauve, inoffensive bestiole dont le cri, sorte de logorrhée de fan de Diabologum en pleine mue, a tendance à nous rendre fou de la gâchette (de fusil hypodermique, on n'est pas des bêtes). Et puis des punks en voie d'extinction (Les Sheriff), une chimère afro-funk (Vaudou Game), un ex-lion au régime strict de vers libres (Kacem Wapalek), des mélodies électroniques serpentines (charmées par Fakear) ou encore des animaux migrateurs se repérant par écholocalisation de basses fréquences (les pionniers du french dub High Tone, featuring le MC halluciné Oddateee)

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Ez3kiel, prophètes en leur pays

MUSIQUES | Ez3kiel fête ses vingt ans de carrière avec un album, Lux, qui allume des feux plus qu'il n'éteint des bougies. A l'occasion de la présentation de son pendant scénique cette semaine au Transbordeur, retour sur le parcours, superbement anachronique, du plus électrique des groupes de dub – ou du plus vaporeux des groupes de rock. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 9 décembre 2014

Ez3kiel, prophètes en leur pays

«La marche des vertueux est semée d'obstacles» dit le dixième verset du vingt-cinquième chapitre du livre d’Ézéchiel – celui que récite d'un ton vengeur Samuel L. Jackson dans Pulp Fiction, référence primordiale du groupe. Celle d'Ez3kiel débute logiquement de manière mouvementée, à Tours en 1993. D'abord power trio, Ezekiel (alors avec un e) s'agrandit rapidement d'un deuxième guitariste et d'une chanteuse... qui mettra les voiles en 1999, emportant avec elle l'un des fondateurs de ce qui n'est alors qu'un succédané adolescent de Rage Against the Machine et Fishbone. Ce retour circonstanciel à la case trio, Yann Nguema (basse), Matthieu Fays (batterie) et Johann Guillon (guitare) le convertissent en nouveau départ, taciturne celui-ci, ainsi que l'explique ce dernier : «Cet épisode a coïncidé avec l'achat de notre premier sampler et de notre première groovebox. La transition vers des morceaux instrumentaux s'est donc faite de manière instinctive. D'autant que derrière les musiques qu'on commençait à écouter à l'époque, il n'y avait pas de "gens

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Ez3kiel - Lux

MUSIQUES | Comme ses prédécesseurs, Lux a été pensé comme un tout. Mais comme ses prédécesseurs et au contraire des non moins étincelants Elements of Light de Pantha du (...)

Benjamin Mialot | Mardi 9 décembre 2014

Ez3kiel - Lux

Comme ses prédécesseurs, Lux a été pensé comme un tout. Mais comme ses prédécesseurs et au contraire des non moins étincelants Elements of Light de Pantha du Prince et Life Cycle of a Massive Star de Roly Porter, il n'est pas un concept album pour autant. Ou à la limite un concept album obtenu par rétro-ingénierie, cette activité qui consiste, par le désassemblage, à rendre intelligible pour un humain ce qui n'est d'ordinaire compréhensible que par une machine. Johann Guillon confirme : «Ce qu'on affectionne, c'est la recherche. Décortiquer les sons. On voit la musique comme un laboratoire». Au départ, il y a donc une hypothèse, formulée ainsi : «On avait l'envie de revenir à une formule plus resserrée. Peut-être plus frontale aussi, plus brute. On ne savait toutefois pas ce que l'on voulait faire. Juste ce qu'on ne voulait pas faire». Pas de stoner, par exemple, entre autres pistes abandonnées au cours des trois difficiles années (en raison du départ de l'historique Matthieu Fays et de l'arrivée à la basse de Sylvain Joubert) qu'aura duré l'enregistrement du successeur de Barb4ry et Battlefield, dont il est

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10 concerts à ne pas rater

MUSIQUES | Ils sont inclassables, inattendus et/ou trop beaux pour être vrais. Dans tous les cas, nonobstant toute comparaison avec ceux mentionnés par ailleurs dans ce dossier, ces dix concerts compteront à coup sûr parmi les plus mémorables de la saison. Stéphane Duchêne et Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 23 septembre 2014

10 concerts à ne pas rater

Frànçois & the Atlas Mountains La Vérité, il était temps. Depuis la sortie du splendide Piano Ombre, leur sixième album (eh oui !) à classer tout en haut de la pile des réussites discographiques de l'année, toutes catégories, nationalités, poids, sexes et habitudes alimentaires confondus, Frànçois et ses Montagnes de l'Atlas n'avaient pas encore trouvé l'occasion de venir. Fort dommageable quand on sait à quel point on a aussi affaire là à un démentiel groupe de scène. Voilà la chose doublement réparée. D'abord à Just Rock?, qu'on ne remerciera jamais assez d'avoir dégainé le premier sur ce coup-là. Ensuite, un peu plus tard, à Nouvelles Voix. La Vérité, ça fait plaisir.Le 9 octobre au TransbordeurLe 22 novembre au Théâtre de Villefranche Morrissey

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Lyon's Club

MUSIQUES | Qu'elle soit un concept fumeux ou pas, la scène musicale lyonnaise est là et bien là. La preuve avec ce petit passage en revue – non exhaustif – d'un automne rock'n'gone. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 23 septembre 2014

Lyon's Club

Lors d'une discussion en ligne portant sur les coiffeurs, leurs pronostics de football et l'Olympique de Marseille, un grand connaisseur du rock et de bien d'autres choses nous lâcha, magie d'un fil de discussion : «le concept de groupes lyonnais, well... ». Certes, toute personne rejetant l'idée que l'on puisse être Lyonnais juste «parce qu'on a fait sécher ses chaussettes une fois à Lyon», comme nous l'a récemment exposé notre critique cinéma maison, souscrira sans mal à cette réflexion. Mais on ne va pas faire comme si "ces gens-là" n'existaient pas puisqu'ils ne cessent de nous prouver le contraire. Telle Billie, qui nous prépare quelques remixes des titres de son album Le Baiser. L'excellent album de Denis Rivet – ex-King Kong Vahiné pour les intimes – est à venir, lui, le 30 octobre, et Denis jouera un peu partout pendant cet automne à commencer par ce même jour, le

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Insomniaque - Semaine du 20 au 26 février

MUSIQUES | 21.02 My Choice #1Cette semaine, c'est au tour du collectif Swarm Prod d'inaugurer un nouveau rendez-vous nocturne périodique. Son nom : My Choice. Le (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 15 février 2013

Insomniaque - Semaine du 20 au 26 février

21.02 My Choice #1Cette semaine, c'est au tour du collectif Swarm Prod d'inaugurer un nouveau rendez-vous nocturne périodique. Son nom : My Choice. Le concept : un membre dudit collectif invite à se produire un DJ «de renom» dont il estime partager la sensibilité. Pour la première, c'est Horstmeier qui s'y colle en ouvrant les portes du Platinium à Dan Caster, discret Berlinois qui, lorsqu'il n'est pas occupé à sublimer le travail de ses collègues du label Stil vor Talent (il était aux commandes du détonnant Romantic Thrills de Sacha Breamer & Niconé), produit une deep house tout ce qu'il y a de plus langoureuse. 22.02 Dub Invaders + O.B.F.On ne présente plus High Tone, figure de proue de ce dub à consonances électroniques dont Lyon a longtemps été la capitale grâce aux efforts du label Jarring Effects – dont le groupe est toujours l'une des locomotives. Dub Invaders en revanche, l'appellation sous laquel

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Quel Damage ?!

MUSIQUES | High Damage, comme son titre l'indique, c'est la rencontre, sous l'égide Jarring Effects, le choc, entre High Tone et Brain Damage. Ne pas s'attendre (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 19 avril 2012

Quel Damage ?!

High Damage, comme son titre l'indique, c'est la rencontre, sous l'égide Jarring Effects, le choc, entre High Tone et Brain Damage. Ne pas s'attendre pour autant à pertes et fracas, ni à des «damage» collatéraux dévastateurs. D'une part, parce que High Tone est habitué de ce genre de duel amical labellisé «In a dubtone session» (Kaltone avec Kaly Live Dub, Zentone avec Zenzile...). D'autre part, parce qu'on est ici dans le clash, le crash, mais au ralenti, tout en infra-basses et rythmique electro-dub traîne la patte, le tout rehaussé de filtres sur les voix, échos, reverbs et clins d'œil world jusqu'au moyen et même à l'extrême orient. Qu'est-ce qui fait dès lors que l'on reste assez imperméable à ce bon disque d'électro-dub ? Le fait qu'il soit sans surprise ? Le fait qu'il soit répétitif par essence autour de sa base électro-dub ? Le fait que le genre ait quelque peu fait son temps et vieillisse assez mal (ou est-ce nous ?) ? Le fait qu'il n'y ait guère dans ce genre précisément de juste milieu entre une musique d'ambiance à écouter chez soi en comatant, ou en live, secoué de basses et emporté par la houle ? Pour le tenants de la seconde option, ça se passe au

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Vitrine de choc

MUSIQUES | Musique / En avril, le festival Electrochoc remettra le couvert d’une programmation friande de melting-popote. En guise de before précoce (ou d’after (...)

Dorotée Aznar | Jeudi 3 décembre 2009

Vitrine de choc

Musique / En avril, le festival Electrochoc remettra le couvert d’une programmation friande de melting-popote. En guise de before précoce (ou d’after tardif, c’est selon), la scène des Abattoirs a déjà convoqué les Angevins de Zenzile, samedi 12 décembre, pour nous offrir un échantillon représentatif de ses goûts artistiques. Un groupe qui, comme sur l’affiche du festival, ne table pas sur la redite ni sur l’application d’une recette qui fait tilt, mais plutôt sur le dosage variable d’ingrédients qui font allègrement sauter le couvercle des marmites. Décloisonner le dub avec un doigt de punk, déverrouiller la pop avec une louche de world, émulsionner l’électro en lui associant un soupçon de folk… Toutes les saveurs du grand Moulinex sonore se retrouvent au menu d’Electrochoc comme sur le dernier album de Zenzile, le popisant ‘Pawn Shop’. Autant les précédents ‘Modus Vivendi’ et ‘Living In Monochrome’ avaient pris leurs auditeurs par surprise en mettant les bouchées doubles sur le rock, autant ce dernier volet laisse poindre de nouveaux hybrides dans la tambouille «pop dub» du quintet : cordes et claviers prennent les rênes de titres comme ‘Motorbremsen’, tandis que l’électro-punk d

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Zenzile de flous

MUSIQUES | Musique / Aussi bizarre que cela puisse paraître, et malgré leurs nombreux passages scéniques lyonnais, nous n'avons jamais dans ces colonnes accordé à (...)

| Mercredi 10 octobre 2007

Zenzile de flous

Musique / Aussi bizarre que cela puisse paraître, et malgré leurs nombreux passages scéniques lyonnais, nous n'avons jamais dans ces colonnes accordé à Zenzile la place qu'il méritait. Pourtant, leurs trois premiers albums représentent ce qui se fait de plus percutant en matière de dub d'ici, ex-aequo avec les régionaux de l'étape, High Tone. Mais là où les Lyonnais creusent albums après albums des sillons électro et drum'n'bass, voilà que les Angevins effectuent une petite révolution dans leur musique avec leur nouveau disque : un retour organique au rock, même si cette formule mérite d'être affinée. Derrière la pochette noir de geais où une silhouette argentée et transgenre nous renvoie discrètement notre propre reflet, Living in monochrome cache en effet une ample palette de registres proportionnels au nombre conséquent de voix invitées. Car si l'omniprésence des riffs à la basse fait le trait d'union entre le Zenzile d'hier et celui d'aujourd'hui (ainsi qu'un titre clairement dub, A quest), on sent que la mutation s'effectue au gré des rencontres : quand il s'agit de faire rugir les guitares, c'est l'impressionnant David Aldermann qui se charge de mener la cavalerie au micro (A

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