Holy smoke

Stéphane Duchêne | Mardi 16 décembre 2014

Photo : Lucie Rimey de Meille


Moins cosmico-tribal que Pethrol, moins bootylicieusement chaudard qu'Erotic Market, dans la nouvelle famille des duos électro-pop qui ont le vent en poupe, Holy Two fait plus que passer la tête. Il est d'ailleurs presque étrange de les voir monter sur les tréteaux d'une scène découverte – celle, toujours bien inspirée du Kafé qui couronna l'an dernier Alexis & the Brainbow – alors que la doublette Elodie/Hadrien a non seulement déjà (auto)produit un premier album mais aussi tout récemment un EP baptisé Eclipse, ce qui nous vaut un nouveau clip, Moonbeam, là encore particulièrement abouti. Sauf qu'en fin de compte, on n'est jamais assez "découvert".

On pourrait d'ailleurs à l'inverse se dire que ce groupe pas bien vieux – c'est une constante des précités que d'avoir, toute proportions gardées, "explosé" assez vite – a peut être mis la charrue avant les bœufs quand l'évidence de l'émergence, cette grande notion floue, veut que l'on fasse les choses dans l'ordre. Sauf qu'en matière d'émergence, il n'y a guère d'évidence et que ce qui importe justement c'est la matière à proposer, qu'on n'est pas obligé de garder par devers soi en attendant l'invitation de Michel Drucker ou la sainte signature d'une major – on n'en est plus là de toute façon, et depuis longtemps. Celle d'Holy Two, de matière, est suffisamment dense pour pouvoir être livrée sans souci de nécessaire développement : il y a déjà tout ce qu'il faut là où il faut, les morceaux, la production, et l'atmosphère posée sur la couture invisible entre dream pop brumeuse et post-rock pour "impressions de beau temps", démontrant qu'il n'y a pas de fumée sans feu.

Stéphane Duchêne

Holy Two
Au Kafé mercredi 17 décembre


Tremplin Découverte : Holy Two


Ninkasi Kafé 267 rue Marcel Mérieux Lyon 7e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Insomniaque - Soirées du 19 au 25 novembre

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Insomniaque - Soirées du 19 au 25 novembre

20.11 Rrose 1920 : Marcel Duchamp s'invente un alter ego féminin chapeauté, Rrose Sélavy. Un demi-siècle plus tard, un mystérieux Californien lui emboîte le pas. A la différence que ce ne sont pas des aphorismes érotiques que Rrose conçoit dans le secret de sa frange, mais des chefs-d’œuvre de techno mercuriale – en cela qu'ils n'ont de cesse, de ramdams métalliques en textures sonnantes non identifiées, de monter en puissance et en sophistication, jusqu'à menacer de vous faire imploser la fiole façon Scanners. Non, il ne touchera pas non plus aux pissotières du DV1. 21.11 The Cosmic Adventure Que la nature ait horreur du vide, le New-yorkais Fred P n'en a rien à secouer. Au contraire : c'est parce qu'il est resté fidèle aux fondamentaux de la deep (intériorisation, simplicité), non sans les nimber d'une noirceur lo-

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Lyon's Club

Lors d'une discussion en ligne portant sur les coiffeurs, leurs pronostics de football et l'Olympique de Marseille, un grand connaisseur du rock et de bien d'autres choses nous lâcha, magie d'un fil de discussion : «le concept de groupes lyonnais, well... ». Certes, toute personne rejetant l'idée que l'on puisse être Lyonnais juste «parce qu'on a fait sécher ses chaussettes une fois à Lyon», comme nous l'a récemment exposé notre critique cinéma maison, souscrira sans mal à cette réflexion. Mais on ne va pas faire comme si "ces gens-là" n'existaient pas puisqu'ils ne cessent de nous prouver le contraire. Telle Billie, qui nous prépare quelques remixes des titres de son album Le Baiser. L'excellent album de Denis Rivet – ex-King Kong Vahiné pour les intimes – est à venir, lui, le 30 octobre, et Denis jouera un peu partout pendant cet automne à commencer par ce même jour, le

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Seuls Two

Formation en 2012, album en 2013, pléthore de clips : en un parfait contrepied de son électro-post-pop planante et rêveuse, le duo Holy Two (Elodie et Hadrien dans le civil) n’a pas vraiment l’air de vouloir perdre son temps en conjectures. D’où une certaine boulimie créatrice, de morceaux originaux (neuf titres sur l’album, rien à jeter et au moins un tube, Wild Nights) en reprises joueuses et acrobatiques (Kavinsky, Woodkid, The Strokes, Alt-J et même… Roy Orbison). Assez logiquement, et pour ce que ça vaut bien entendu, les jeunes Two figurent avec sept autres Lyonnais (Colo Colo, De La Montagne, Yeast, Lauren Stuart, Alexis & the Brainbow…) parmi les 100 groupes ou artistes émergents listés par le site My Band Market (même si ici, le terme s’avère relativement élastique et volontiers oublieux) à suivre en 2014. En un an et demi, le duo s’est déjà fait beaucoup remarquer (en tant que gagnant ou finaliste de tremplins divers, multichroniqués) et la sortie de son mini-album éponyme ne devrait guère le freiner. Pour l’heure, Holy Two ouvrira pour des revenants longtemps chouchoutés par

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