Insomniaque - Semaines du 4 au 17 février

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer d'ici la mi-février : Superpoze au Sucre, Marcellus Pittman au Petit Salon et Ron Morelli à la Plateforme. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 3 février 2015

06.02 Superpoze + Tokimonsta

Superpoze ne tape pas sur des bambous mais sur des MPC, et c'est numéro un quand même. Du moins ce le sera quand ce jeune Caennais, révélé en 2012 par un mémento d'abstract hip-hop bienheureux (The Iceland Song, comme du Roudoudou retravaillé par Bonobo), se décidera à sortir son premier album. Pour l'heure, c'est fort de deux épatants EPs que ce fan avéré de Shigeto se produira au Sucre – au côté, d'ailleurs, d'une autre figure asiatico-américaine du beatmaking : l'enchanteresse de buildings Tokimonsta, à laquelle il dédicacera sans doute son sifflotant Monsta Mash.

07.02 Art Feast presents...

A Detroit, tout marche par trois. Forcément. Ainsi des Belleville Three, alias Juan Atkins, Derrick May et Kevin Saunderson, les pères fondateurs de la techno. Ainsi également des Three Chairs, leurs équivalents pour la house. Bon, en vrai, les Three Chairs étaient quatre, mais au contraire de Theo Parrish, Moodyman et Ricky White, Marcellus Pittman s'est fait si discret par la suite qu'on a tendance à minimiser sa contribution. Son passage au Petit Salon est l'occasion de remettre les pendules à l'heure : ce monsieur, sachez-le, est un grand de la black music électronique.

07.02 PAPA MAMAN x Touche Française

Alors que Haste et Encore remettent le couvert après un premier flirt bouillant (en recevant le 6 au Transbo le démolisseur techno Roman Lindau), PAPA MAMAN et Touche Française s'acoquinent eux aussi le temps d'une soirée à La Plateforme qui promet de faire grincer des dents. Au propre comme au figuré, puisqu'on pourra y entendre la post-techno défroquée (pas de kick, enregistrement brut) et abstraite du New-yorkais Ron Morelli, également connu pour être le fondateur de l'un des labels les moins aimables (et du coup l'un des plus nécessaires) de son temps, L.I.E.S..


Tokimonsta + Everydays + Fantastic Mr Fox + Superpoze


Le Sucre 49-50 quai Rambaud Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Prosumer + Ron Morelli + Manoo


La Plateforme 4 quai Victor Augagneur Lyon 3e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Marcellus Pittman

Le Petit Salon 3 rue de Cronstadt Lyon 7e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Les soirées du 24 au 30 juin

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : le coup d'envoi des Summer Sessions du Transbordeur, Joakim au Sucre et le Connection Festival. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 23 juin 2015

Les soirées du 24 au 30 juin

25.06 Tous en Tong birthday Cohérence estivale, quand tu nous tiens, ce sont les tôliers de l'émission radio Tous en Tong (diffusée sur la station viennoise C'rock Radio) qui donneront le coup d'envoi, forcément retentissant, des Summer Sessions du Transbordeur. Ils fêteront pour l'occasion leurs vingt ans de bons et loyaux et services envers la cause rock'n'roll avec un duel de one-man-punk-bands (Seb & The Rhâââ Dicks contre Pedro de la Hoya) qui promet de faire chauffer les cervicales ET les zygomatiques, et un concert de l'excellent trio liégeois Le Prince Harry, dépositaire d'un synthpunk hautement teigneux et camé.

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Superpoze - "Opening"

MUSIQUES | Critique du premier album du jeune producteur caennais Superpoze.

Benjamin Mialot | Mardi 21 avril 2015

Superpoze -

On se souvient de notre première rencontre avec Superpoze comme d'une apparition. C'était au printemps 2013, au festival TILT à Perpignan. Programmé en prélude à un authentique boucan d'enfer (Sebastian, Fukkk Off, Carbon Airways...), il s'était avancé sur scène tel un ange annonciateur, Gabriel de son prénom, le visage d'une innocence juvénile – il avait alors la vingtaine à peine entamée – et le corps agité de spasmes typiques d'un état de grâce, brandissant en guise de trompette une MPC (un séquenceur/sampler portatif) de laquelle il avait fait jaillir des abstractions électro-hip-hop aux airs de souvenirs. Souvenirs de quelque paradis à l'exotisme glaciaire, dont les délicats contours (cut-ups vocaux réduits à des onomatopées tribales, beats clapotant comme des ricochets sur l'eau, nappes de synthé dessinant des horizons meilleurs) épousaient ceux de From the Cold, un premier EP sur lequel il soldait un an plus tôt l'héritage des labels Warp et Ninja Tune – «des artistes comme Flying Lotus ou Bonobo furent primordiaux dans ma découverte de la composition en solitaire» reconnaît-il aujourd'hui. Deux ans et un

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L'électro à la mode de Caen

MUSIQUES | Focus sur l'effervescente scène musicale normande, dont Superpoze est l'un des ambassadeurs les plus prometteurs.

Benjamin Mialot | Mardi 21 avril 2015

L'électro à la mode de Caen

Baignant dans son jus (de pomme) depuis que Stone & Charden ont cru bon de chanter le Débarquement avec le même détachement qu'un air de colo, la Normandie s'impose ces derniers temps comme l'un des territoires sonores les plus féconds du pays – et dont l'épicentre n'est autre que la ville natale de Superpoze, Caen. Des Concrete Knives aux Lanskies en passant par Granville, c'est d'abord grâce à ses artisans pop que la région a fait parler d'elle. Aujourd'hui, ce sont ses producteurs de musique électronique qui, sur les traces de l'intrépide beatmaker Fulgeance et sous l'oreille bienveillante de Gilles Peterson, enfant du pays parti faire la pluie (surtout, climat océanique oblige) et le beau temps à la radio de l'autre côté de la Manche, lui valent toutes les attentions. Ainsi de Fakear, autre vingtenaire qui revisite l'abstraction façon Warp par le prisme du sensible (et figurait au générique de la première soirée Embrace). Ainsi du duo Beataucue, dépositaire d'une novo French Touch pour le moins vigoureuse. Ainsi, également, des techno kids qui deviendront grands Baadman et Madame. Tout un petit monde qui, s'il a choisi de r

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Superpoze : «Penser la musique en 3D»

MUSIQUES | Deux mois après une date au Sucre, Superpoze est de retour à Lyon. Entre temps, le petit prodige de la MPC, à l'avant-poste d'une scène musicale caennaise en pleine ébullition, a enfin publié son premier album. Et c'est un chef-d’œuvre d'electronica naturaliste. Propos recueillis par Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 21 avril 2015

Superpoze : «Penser la musique en 3D»

Opening, ton premier album, est nettement plus contemplatif que tes premières productions, très orientées beatmaking. Ce changement d'état d'esprit, est-il naturel ou intentionnel ? Superpoze : L'envie de faire un album a été naturelle. Quand je m'y suis mis, j'ai essayé de refaire des morceaux comme ceux de mes EPs et cela ne m'a provoqué aucune sensation. L'intention est venue du coup dans les structures. Je ne voulais plus qu'elles soient pop, au sens le plus large du terme, avec des refrains identifiables, des couplets... Je voulais envisager l'album dans son ensemble, laisser le temps à la musique, aux progressions, pouvoir me dire que si un événement n'est pas survenu dans tel morceau il pourra dans le suivant... C'est impossible quand tu travailles morceau par morceau, car tu fais seulement en sorte que chacun soit fort en lui-même. Á une époque où la musique est consommée d'une manière de plus en plus éclatée, c'est une vraie prise de risque... Le fait de prendre le temps ne devrait pas être un risque. Quand je compose, je ne me pose pas la question de la consommation de ma musiq

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Orgie de sucre

MUSIQUES | Avec ses installations audio dernier cri, sa terrasse panoramique et ses ambitions next-gen, le Sucre s'est imposé en l'espace d'un demi-mois comme un incontournable de la vie nocturne lyonnaise. Une tendance que le reste de sa programmation estivale devrait confirmer. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Vendredi 12 juillet 2013

Orgie de sucre

Ça ne pouvait pas ne pas marcher. Un club perché au sommet d'une friche industrielle devenue un haut lieu de l'art contemporain, cautionné par un all-star cast de DJs (Agoria, Laurent Garnier), d'entrepreneurs (Bruno Bonnell) et de médias (Libération y a organisé une sauterie pour son 10 000e numéro) et géré par l'équipe de Nuits Sonores... Non vraiment, quand bien même le quartier environnant est encore embryonnaire – la Confluence, désertée avec fracas par le cuistot étoilé Nicolas Le Bec et le galeriste Olivier Houg – ça ne pouvait pas ne pas marcher. Nulle surprise donc à ce que Le Sucre, par ailleurs caractérisé par une jauge respirable (800 places, alors que l'endroit peut théoriquement en accueillir le double) et un confort d'écoute sans équivalent de ce côté-ci du Rhin (le son est limpide, idéalement spatialisé et supportable), affiche depuis son ouverture fin juin un taux de remplissage limite indécent. Signes avant-coureurs de diabète On ne saurait donc trop vous conseiller de réserver au plus tôt vos places pour les nombreux rendez-vous électroniques de qualité qu'hébergera le lieu tout au long de l'été. En tête ceux des 19 et 26 juillet, qui verront

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